CHAPITRE 27
Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous.
Le prochain Chapitre sortira le Mardi 1er Mai, après, la publication reviendra à la normale (tous les Mercredi). Merci pour les reviews, n'hésitez pas à en laisser, je les lis avec beaucoup d'attention ! Et évidemment, ça donne toujours du baume au coeur !
Bonne lecture !
J'ouvris la porte du laboratoire antique et pris un nouvel aperçu de la pièce face à moi. Link prendrait sûrement du temps avant de revenir, j'allais alors en profiter pour fouiller un peu et discuter avec le Docteur Faras. Je penchai tout d'abord pour l'option fouillage et instinctivement, je me dirigeai vers les nombreuses étagères. Il y avait de nombreux livres ouverts, n'attirant que très peu mon regard. Je les parcourus tous un par un, mais aucun ne retint mon attention.
Mais à mi-chemin, je tombai sur un livre au titre intriguant : « Mémoire de Faras. ». Il a dit m'avoir vu le jour de la tragédie… Peut-être a-t-il inscrit plus de détail dans ce livre ?… Pensais-je avec un léger espoir. Ma curiosité devint trop forte et je ne pus me contenir. Heureusement, Faras était occupé à converser avec Jérine, je n'eus donc aucun remord à en profiter. Je tournai la première de couverture, tombant sur une écriture assez dure à déchiffrer, mais, avec un peu de patience et de concentration, j'y parvins :
« C'était il y a cent ans de cela. Après que le fléau eût englouti la princesse Zelda… Le professeur Pru'ha et moi plongeâmes Link dans un sommeil profond dans le sanctuaire de la Renaissance. Quelques jours s'écoulèrent. Nous décidâmes de quitter le village de Cocorico, et, par conséquent Dame Impa… Si nous étions restés là-bas ensemble, le Fléau Ganon aurait pu nous ôter la vie à tous les trois… Et plus personne n'aurait pu rapporter les dernières paroles de la princesse à Link lorsque celui-ci serait réveillé. Il fallait impérativement qu'au moins l'un d'entre nous survive. Voilà pourquoi nous dûmes tout quitter… Dame Impa… Le village de Cocorico. ».
Je tournais au fur et à mesure les pages, en apprenant plus sur ces Sheikahs expatriés, ce qui n'était absolument pas dans leurs coutumes de s'exiler loin de Cocorico. Je poursuivis ma lecture silencieuse :
« Par chance, nous détectâmes deux grandes sources d'énergie antique, une à Necluda et l'autre en Akkala. En nous installant à proximité de ces sources, nous pourrions continuer nos recherches sur le Fléau Ganon tout comme quand nous étions au château d'Hyrule. Nous tirâmes à la courte paille et le sort décida que c'était moi qui irai en Akkala. Je m'apprêtais donc à partir pour Akkala, mais c'était sans compter sur le professeur Pru'ha. M'ayant rabâché que je n'allais tout de même pas laisser une jeune femme aussi frêle qu'elle faire le voyage seule, je me résolus à l'escorter jusqu'à Necluda. Elle avait tout de la femme idéale : intelligente, cultivée, belle. Si seulement elle n'était pas aussi capricieuse… Je chargeai alors sur ma charrette la pierre guide qu'elle utilisait au château d'Hyrule. Après avoir promis à Dame Impa que nous nous reverrions, nous quittâmes finalement le village de Cocorico. ».
Je tournais de nouveau les pages et je souris bêtement en observant Faras… Pru'ha ne devait pas être facile à vivre… Ah vrai dire… Je n'étais pas non plus un cadeau et je suis sûr que Link aussi dirait que je suis capricieuse.
Je poursuivis : « Après de longues heures de route, nous atteignîmes la muraille d'Élimith. En ce lieu empreint d'histoire, Link avait combattu une orde de Gardiens jusqu'à épuisement de ses dernières forces. Épéiste virtuose, il était responsable de la protection de Son Altesse Zelda, mais aussi talentueux fut-il, il était impossible de vaincre un tel déferlement d'ennemis… Cher Link… Comme je regrette de ne pas t'avoir fourni l'arme adéquate contre les gardiens à cette époque-là. Après tout… J'étais celui qui les avait le plus étudié… Alors qui sait, peut-être que toute cette tragédie aurait pu être évitée. ».
Je passais quelques pages sans vraiment prendre soin de les lires jusqu'à atteindre une page un peu plus intéressante :
« J'atteignais enfin le phare d'Akkala et y déchargeai ma pierre guide. Un tel bâtiment me laisserait observer les déplacements des monstres. Il n'y avait finalement pas d'endroit plus sûr. Je décidai donc de m'y installer. C'est ainsi que je commençais à mener seul mes recherches. Celles-ci devaient porter sur l'équipement archéonique qui servirait à Link s'il devait se réveiller un jour. ».
Je continuais de lire les pages dans lesquelles il expliquait avoir créé un robot capable de forger seul les armures et armes archéonique sans trop de matériaux ; ce robot s'appelait Cherry, le nom de son premier amour. La pierre guide qu'il avait amené à Akkala devenait alors le robot avec lequel nous avions essayé de communiquer tout à l'heure. Je tournais les pages alors qu'il expliquait à travers ses mots comment il avait conçu Cherry ainsi que toutes ces fonctions… Ça ne m'intéressait pas vraiment… Puis je tombais de nouveau sur quelque chose d'intéressant !
« Le temps passa, et les années avec. J'avais alors plus de 90 ans quand un jour, une femme arriva chez moi. Elle s'appelait Jérine. Dame Impa l'avait envoyée m'assister après son apprentissage auprès du professeur Pru'ha. Elle se révéla très compétente. Non seulement ramener la flamme bleue du plateau Rougeoyant ne lui posa pas de problème, mais en plus, elle reprit mes plans de Cherry et les retravailla. Le fait même qu'elle ait voyagé seule de Cocorico jusqu'à Akkala prouvait qu'elle sortait de l'ordinaire. En fait, elle était si extraordinaire que nous finîmes par tomber amoureux après quelques années de vie commune et décidâmes de nous marier. ».
Il continua d'écrire à propos de son robot que Jérine eut perfectionnée jusqu'à ce qu'elle puisse parler. Mais visiblement, l'amour du professeur pour sa machine aurait attisé la jalousie de sa femme. Ils décidèrent donc de désactiver sa faculté d'expression et Jérine interdit à Faras de prononcer le nom de Cherry, il l'appela donc simplement fourneau antique.
Je ris un peu en lisant cela… Je ne savais pas qu'on pouvait être jaloux à cet âge-là… Mais j'oubliais que Jérine était bien plus jeune ; je poursuivis, voyant enfin la fin du livre :
« Plusieurs mois s'écoulèrent, et Jérine donna naissance à un magnifique garçon, le portrait craché de sa maman ! Nous le nommâmes Nad et vécûmes tous ensemble au laboratoire antique d'Akkala, nous trois et une machine, profitant de la paix éphémère que nous devions à la princesse Zelda qui empêchait le Fléau de se libérer. Je reçus, après un long moment de silence de sa part, une lettre du professeur Pru'ha. Nad allait avoir trois ans. ».
Les mémoires de Faras s'achevèrent sur la description d'une lettre envoyée par Pru'ha, au sujet des modules et de leurs améliorations. Aucune information sur ma mort… Je n'arrivais pas à me souvenir de ce qu'il s'était exactement passé et je me sentais en partie vide, à cause, de ça… Je levais les yeux du livre vers les deux scientifiques discutant toujours l'un avec l'autre, je me décidais alors à les approcher.
Faras se tourna vers moi et m'accueillit à bras ouvert, disant :
« Alors, tu te plais dans notre laboratoire ? Si tu as besoin pose moi des questions !
-Justement… J'en ai une…
-Je t'écoute ! ».
Je saisis une mèche de cheveux et jouai avec, un peu intimidé et surtout gêné de poser cette question me concernant… Je devais feindre l'ignorance, faisais croire à l'homme face à moi que je parlais d'une fille qui m'était totalement inconnue :
« Vous avez parlé de Son Altesse Kitsis… Est-ce que vous en sauriez plus à son sujet ? Enfin… Surtout à propos de sa mort. » L'homme me dévisagea avant de se frotter le menton entre deux doigts. Il me parut pensif et il plissa les yeux en se remémorant d'ancien souvenir. Il dit enfin, après une intense réflexion :
« À vrai dire, je ne saurais te parler d'elle concrètement. Je ne pourrais même pas te confirmer la façon dont elle est morte. Je me souviens l'avoir vu blessé dans l'enceinte du château d'Hyrule, une blessure sûrement mortelle, mais il se peut qu'elle ait pu en guérir et ainsi s'enfuir. ».
Il fit une courte pause fronçant les sourcils et se concentrant afin de se remémorer :
« Elle semblait avoir été transpercée par une lame au niveau de l'abdomen et son valet tentait désespérément de la garder en vie… ». Mon valet ? En effet, il aurait été le seul qui aurait prit la peine de m'aider.
« Le roi eut donné des ordres précis à tous les habitants du château si jamais Ganon venait à ressusciter. Nous étions censés la tuer. J'en ignore les raisons… Cependant, tout le monde était au courant, sauf les deux princesses évidemment. Mais je n'ai pas eu le courage de l'achever ce jour-là, je n'aurais jamais pu faire ça à cette pauvre enfant, elle ne le méritait pas. Ça m'avait beaucoup marqué d'ailleurs, mais j'ai préféré ignorer mon comportement de l'époque… Je n'ai pas osé la tuer ni l'aider… Au fond, j'ai été un lâche. Mais c'est de l'histoire ancienne tout ça, je préfère oublier. Je me dis que peut-être… Si je l'avais fait, nous ne serions pas dans cette situation aujourd'hui. Alors, laissons simplement son esprit reposer en paix. »
Mon cœur s'était arrêté de battre, j'en étais certaine. Mon père… Avait commander la mort de sa propre fille… Ce qui me fit le plus mal dans tout cela était que… Je n'étais pas étonnée, cela lui ressemblait, mais la raison pour laquelle il l'avait fait, m'échappait… Incapable d'apporter plus de réponse à son comportement, je me concentrais plutôt sur les autres détails que le Docteur Faras avait fournis…
Transpercer de par-en-par ?… Mon valet me tenant dans ses bras ?… Je ne m'en souviens absolument pas… Une main sur mon épaule me sortit de mes pensées. En me retournant, je découvris un Link à bout de souffle, trempé avec des joues rosées à cause du froid extérieur. Un autre détail attrapa mon attention, la Cherry de Faras était désormais activée. Faras s'en rendit compte lui aussi, il courut dans sa direction tel un enfant en se positionnant à ses côtés et l'observant de haut en bas :
« Hey ! Regardez ! Cherry va mieux ! Beaucoup mieux ! C'est sûrement grâce au pouvoir de l'amour ! Oui, mon amour pour elle a réactivé ma chérie Cherry ! ». Link tomba des nues alors qu'on se rapprochait du Docteur Faras. Je ris légèrement, il ne semblait pas comprendre ce dont parlait le savant fou… Alors j'expliquais pour le Docteur :
« Nan, c'est Link qui a ramené une flamme bleue. ». Il me regarda, semblant vraiment déçus avant de détourner le regard et dire, avec un soupçon de gêne : « Oui… Bon, merci. ». Il y avait tout à coup beaucoup moins d'entrain, je ne pouvais contenir un rire alors que ses paroles se dirigeaient vers Link :
« Tiens voilà pour toi. Je te suis reconnaissant de l'avoir réactivée. ». Il tendit à Link trois flèches avec une pointe visiblement rétractable… En réalité, la pointe était camouflée dans un mécanisme que je ne comprenais pas. Soit je suis définitivement une idiote, soit ces flèches sont incroyablement avancé technologiquement. Le docteur reprit :
« Ces petits bijoux sont le fruit des savoir Sheikahs ! Pour ma part je n'ai fait que les améliorer pour en faire des ANTI-FLÉAU ! C'est de l'équipement archéonique très très performant ! Et j'ai nommé ces merveilles… LES FLÈCHES ARCHÉONIQUES ! »
… Nous nous regardions avec Link un peu confus… Bof, pas super original le nom… « Ma tendre et chère Cherry peut aussi fabriquer toute sorte d'équipement archéonique ! Ça t'intéresse ? Eh bien, c'est simple ! Donne-lui donc des matériaux antiques… » Sa voix faiblit et devenant presque un chuchotement : « Et des rubis… ». Puis il reprit d'un ton normal :
« Et elle s'occupe du reste !
-Des rubis ?! » Il me regarda comme un voleur prit en flagrant délit. Après, c'était un peu ce qu'il était. Puis, il chuchota à nouveau :
« Zut… Elle m'a entendue… ». Il se gratta l'arrière de la tête et tentant de s'expliquer :
« Pardonnez-moi, mais depuis que le château d'Hyrule est tombé, nous autres, scientifiques, manquons de moyens financiers… Dites-vous que c'est un moyen de nous aider ! Alors… Donne les rubis ! Et allie-toi à nous Link pour nous débarrasser du Fléau ! ».
Il termina son discours sur la même pose stupide que tout à l'heure. J'offris un regard de détresse total au héros. Cependant, il nous ignora tous les deux et se dirigea vers la porte, nous laissant ici, sans aucune explication.
Le Docteur resta ébahit ne sachant pas comment réagir, je m'excusais alors pour le comportement du héros: « Pardonnez-le ! Il est assez spontané… ». Je m'empressai de me diriger moi aussi vers la sortie pour le suivre lorsque j'entendis le Docteur marmonner des injures dans sa barbe imaginaire alors que je traversais la charnière de la porte.
Il y avait de très nombreuses carcasses de gardiens mort dans les environs, c'était impressionnant. Comme si la guerre était venue jusqu'ici. Je pris un aperçu des alentours et découvris Link assis près du rebord de la falaise donnant sur la mer. Il pleuvait toujours, mais ça ne semblait pas vraiment le déranger pour observer l'eau à perte de vue. Je me dirigeai tranquillement vers lui puis pris place à un mètre à côté de lui alors qu'il regardait attentivement l'horizon. Je fis de même, observant en silence la mer agitée… Un peu trop agitée, j'étais bien contente d'être là où je me trouvais. Link me sortit de mes pensées en me faisant entendre le son de sa voix :
« Tu ne te souviens pas de tout toi non plus ? ». Il tourna légèrement son visage pour me regarder avant de rajouter :
« N'est-ce pas ?
-Je me souviens de quelques trucs… Mais aucune idée de comment je suis morte ni du pourquoi du comment… Je ne sais pas non plus comment ça se fait que j'ai survécu, mais… Mais… ».
Je serrais le tissu de ma robe dans mes mains alors que je pensais à la suite de ma phrase… Puis je répondis finalement: « Non rien… Laisse. ». Je retournai mon regard vers ses yeux qui eux même observait la mer. Il se tut pendant quelques minutes avant de demander :
« Pourquoi le Roi te haïssait tant ? Demander la mort de sa fille, ce n'est pas rien. Est-ce simplement parce que tu es sois disante maudite ? ».
Il ne bégaya pas une seule fois… Comme dépourvus d'émotion. Je songeais à tout ce pourquoi il aurait pu me haïr, mais une chose me venait particulièrement à l'esprit… Peut-être que je ne devrais pas lui en parler… Mais, il était visiblement curieux d'en apprendre plus et je savais à quel point ça pouvait être frustrant de ne pas obtenir de réponse; je regardai alors mes mains avec mes paumes dirigées vers le ciel, me résignant à lui dévoiler une partit de mon passé :
« Petite, je m'enfuyais énormément du château pour rejoindre la citadelle d'Hyrule, je ne m'étais jamais fait prendre sur le fait. Seulement lorsque je rentrais le soir, mon père me passait un savon et me grondait pendant des heures entières. Il m'avait formellement interdit de sortir et je savais que dans ses paroles envers moi, il n'y avait que de la haine… Alors je m'amusais à défier son autorité. Mais… Une fois… ».
Je serrai mes mains en poing, sentant mon cœur me faire atrocement mal… Je n'étais pas obligé de tout lui raconter… N'est-ce pas ?… Abrégeons ce moment délicat… :
« Un jour… Je me suis enfuie, comme à chaque fois, mais je ne suis pas rentrée ce soir-là. Un accident… Un accident ayant déshonoré ma famille et particulièrement mon père est arrivé. Le blason de la famille royale a été teinté de honte, même la destiné de ma sœur ne pouvait rien y changer. Depuis ce jour-là… Il m'a haï, plus que jamais auparavant… Pourtant, je ne désespérais pas qu'un jour, il m'aime comme il aimait et protégeait ma sœur… Mais c'était peine perdue… Je l'ai compris quelques semaines avant mes 17 ans où il m'a annoncé mes fiançailles avec un prince d'un royaume lointain. Il cherchait simplement… À se débarrasser de moi… Je savais donc que je n'avais plus rien à attendre de sa part, ma sœur aurait le droit de se marier avec l'homme qu'elle aimerait, mais… Moi… J'étais même privé de ce simple rituel censé célébrer l'amour entre deux personnes… Malheureusement ou heureusement, Ganon est arrivé et je n'ai jamais eu à me marier. ».
Je tentais de sourire malgré tous mes sentiments au fond de moi. Je devais tout garder pour moi… Link avait déjà beaucoup à gérer avec tous ses souvenirs et ses responsabilités de Prodige et de Héros d'Hyrule.
Je sentis son regard oppressant sur moi, portant une pointe de compassion. Le silence envahit notre espace, je me pressai de le briser : « Mais bon… Aujourd'hui tout ça n'est qu'un mauvais souvenir ! Je sauverais ma sœur. ».
Je regardais Link en affichant un grand sourire de façade alors que je savais très bien ce que signifiait sauver ma sœur… Je signerais mon arrêt de mort. Il me regarda tout le long avant de lever les yeux vers le ciel, disant :
« Quiconque Son Altesse Zelda épousera deviendra le roi d'Hyrule, n'est-ce pas ? ». Je fus surprise qu'il ne pose pas plus de questions sur l'accident dont je venais de lui parler. Il devait avoir compris que si j'avais omis ce détail, c'était, car je ne souhaitais pas lui en faire part. Cependant, ce qu'il dit me fit rougir sans raison apparente, mais… Mon cerveau avait compris autre chose :
« Si je me marie avec elle, je deviendrais roi ? »… Je n'y avais jamais pensé, mais… Si Link tombait amoureux de ma sœur et se mariait avec elle, il deviendrait Roi. Je rougissais follement en l'imaginant en tant que Roi d'Hyrule ! Ce serait comique et pourtant… Je sentis mon cœur se serrer violemment dans ma poitrine, mais je lui répondis sans d'émotion apparente :
« Oui… Tout homme épousant ma sœur deviendra le Roi d'Hyrule… Enfin, si Hyrule existe encore ainsi que ma sœur. ». Puis il posa ses yeux sur moi avant de dire : « Et toi ? Celui qui demandera ta main deviendra quoi au juste ? ».
Je le regardais avec des yeux un peu plus larges que d'habitude… Je connaissais la réponse que j'avais déjà donnée à l'homme que j'aimais autre fois… Mais il s'agissait de Link face à moi, je me devais de lui donner une réponse des plus formelle :
«Il deviendrait… »… Je réfléchis pendant des secondes… Puis des minutes avant de découvrir avec horreur : « En fait… Je n'en ai aucune idée… Je n'y ai jamais réfléchi. Je ne souhaitais absolument pas rester dans la noblesse toute ma vie… ». Il fit un petit « Hm » en guise de réponse. Je pensais que notre conversation s'arrêtait là, mais il ajouta:
« Il devait y avoir beaucoup d'hommes prétendant aimer la princesse Zelda juste pour le titre qu'il y avait à la clé. D'une part… Je pense que tu as de la chance d'être seulement la seconde. ». Mes yeux s'élargirent un peu à ses mots. Il n'avait pas tort, mais je n'irais pas jusqu'à parler d'une chance non plus… Mais je dois avouer que je n'étais pas tant à plaindre que cela :
« En effet, elle portait sur ses épaules les espoirs de tout un Royaume, mais aussi le stress d'être incapable de débloquer le pouvoir du sceau… En plus, elle devait t'avoir à ses côtés à chaque sortie, même dans le château des fois. Elle n'était pas vraiment libre, mais… Tu ne connais pas toute l'histoire. ».
Je me levai et me dirigeai de nouveau vers le laboratoire antique. J'entendis des pas pressés, Link me rejoignit en me regardant avec des yeux d'enfant curieux :
« Alors, raconte-la-moi ?
-Je vous trouve bien trop curieux Messire Link ! ». Je ris légèrement tout en ouvrant la porte. Il ne devait pas tout savoir de moi… Ça ne servait pas à grand-chose… Je t'en supplie Link, ne t'occupe pas de moi… Je ne veux pas de ta pitié.
Faras et Jérine travaillaient nous ignorant. Link se dirigea vers Cherry en me passant devant. Je rejoignis Jérine pour discuter un peu, attendant que le héros finisse ce qu'il avait à faire. La femme Sheikah était après regarder attentivement un livre avec une image dessiné vaguement dessus. Il s'agissait d'une sorte de diadème et je me permettais de l'observer un peu plus en me penchant vers le livre. En effet, c'était un diadème ressemblant à une couronne de laurier avec en son centre un diamant bleuté. Une très jolie couronne dont j'ignorais l'existence… Jérine remarqua ma curiosité et s'empressa de m'expliquer de quoi il s'agissait avec beaucoup d'entrain :
« Ça t'intéresse ?! C'est une vieille relique qui reposerait dans un labyrinthe un peu plus au nord à quelques kilomètres du rivage ! J'aimerais tellement la voir… Il parait qu'elle confère des pouvoirs incroyables à l'élus contre les gardiens ! Après, ce n'est qu'une vieille légende… Mais Link devrait essayer de la retrouver ! Elle pourrait lui être utile. ».
Elle me fit un clin d'œil en terminant sa phrase et je compris immédiatement où elle voulait en venir… Je vois…
Je soupirai légèrement avant de dire : « Je pense qu'il pourrait accorder un peu de son temps à la recherche de cette fameuse relique vu qu'elle a l'air si importante. ». Link se tenait près de moi désormais. Je fis rapidement le chemin jusqu'à la porte menant à la sortit, avec un héros m'emboîtant le pas. Il me questionna une fois loin d'oreilles indiscrètes :
« Une relique ?
-Oui dans un labyrinthe au nord. Fais voir ta carte. ».
Il me la tendit et j'observais cette dernière avec attention jusqu'à trouver ce qui m'intéressait. Il y avait en effet, comme décrit, à quelques kilomètres un labyrinthe au milieu des flots. Je rendis la tablette à son propriétaire pour marcher d'un pas pressé vers l'arrière de la bâtisse, en direction du Nord. On ne voyait pas grand-chose d'ici, surtout avec le brouillard et la pluie incessante, mais pour le héros, cela était suffisant.
« Je pense qu'il nous faudrait que quelques heures pour avancer dans le labyrinthe, si nous nous séparons nous aurons plus de chance de trouver ce qui nous intéresse. Enfin, si tu veux m'accompagner. ».
Mes yeux s'élargirent un peu et je me sentais comme honoré… C'est stupide, mais il me faisait confiance pour l'aider dans ces recherches… Mais il rajouta rapidement : « En même temps… C'est toi qui m'as entraîné là-dedans, alors c'est normal que tu viennes m'aider. »
Je souriais bêtement, acquiesçant en même temps alors qu'il regardait de nouveau la mer. Mais, je me rendis compte d'un petit détail… : « Link… Comment allons-nous y aller ? On ne sait pas vraiment où ça se trouve ni à quoi ça ressemble… ». Il passa ses bras autour de ma taille avant de dire : « Fais-moi confiance. ». Je rougis instantanément au contact même s'il devenait une habitude… À chaque fois que je le sentais près de moi, mon cœur accélérait…
Nous étions au bord de la falaise et je commençais à ne serait-ce que trop bien connaître cette situation… Sans me prévenir, Link nous jeta dans le vide avant de déployer sa paravoile. Je haïssais quand il faisait ça, mais… J'aimais flotter dans les airs après la chute vertigineuse que je faisais à chaque fois.
Le brouillard se dissipait au fur et à mesure que nous nous approchions d'un grand bâtiment rectangle planté au milieu de la mer déchaîné. J'étais bien heureuse de ne pas être à bord d'une barque à ce moment-là… Mais je n'appréciais pas non plus des masses la paravoile… Étant devant Link, je prenais toutes les rafales de vent dans le visage et j'entendais l'homme derrière moi rire… Vas-y rigole ! J'aimerais le voir à ma place lui !
Mais je n'eus pas le temps pour lui répondre que nos pieds prirent contact avec le sol à l'entrée de cet ÉNORME labyrinthe… Je m'empressai de récupérer un espace personnel suffisant vis-à-vis de Link avant de prendre un aperçu du lieu.
Les murs autour de nous étaient en pierre avec de nombreuses informations marqués à leurs surfaces. Ils mesuraient une bonne quinzaine de mètres de hauteur. Nous étions minuscules face à eux, nous n'arrivions même pas à voir l'autre côté du labyrinthe. Il y avait comme un hall d'accueil presque vide, mais malgré tout composé de six grands pillés. Sur les côtés, il y avait cinq sortit ou entré, je ne sais pas trop, du côté droit et quatre du gauche. Nous allions devoir nous séparer ici.
Je voulus profiter de cette petite pause pour m'étirer et réveiller mes membres engourdis, mais je n'en eus pas le temps. Link me saisit la main, m'attirant subitement derrière un des grands piliers présents. Je criais dans la surprise, puis m'apprêtai à l'engueuler, mais je découvris immédiatement la raison pour laquelle il eut interrompu mes étirements. Une grande explosion provoquée par un laser retentit là où nous étions postés auparavant.
Je déglutis avec difficultés, me rendant compte de la chance que nous avions eus. Le héros me dit d'un air sérieux :
« Il va sûrement y avoir une tonne de monstre dans ce labyrinthe et nous risquons de nous perdre. Si jamais tu es dans une situation délicate… »
Il me tendit son arc et je le pris timidement… Hein ?… Pourquoi il me le passe ?… Il détacha aussi son carquois et l'attacha à la ceinture autour de ma taille avant de poursuivre :
« Tu n'auras qu'à tirer une flèche explosive en direction du ciel et je saurais que tu es morte. Alors je poursuivrais seul. ».
HEIN ?! Mon visage devait ressembler à mélange de confusion et d'indignation ce qui eut pour effet de le faire rire : « Je plaisante. Je viendrais t'aider, mais sache que si je suis loin, je risque de mettre longtemps pour te retrouver alors il faudra que tu puisses te défendre jusqu'à que j'arrive. De même, si tu trouves quelque chose d'intéressant, tire une flèche dans le ciel. ».
Ouah quel humour ! Abrutis ! Mon cœur battait un peu plus fort… Il ne voulait pas que je meure n'est-ce pas ?… Puis la réalité me rattrapa. Kitsis… Arrête de penser à ça… Je me concentrai sur le plan, mais une question me vint à l'esprit :
« Mais… Si toi, tu as besoin d'aide, ou bien, si jamais tu trouves quelques choses d'intéressant avant moi, comment le saurais-je ? » Il me fit un petit clin d'œil et dit : « Je trouverais un moyen pour t'en tenir au courant. ». À ses mots, il se dirigeait vers le côté droit du labyrinthe tout en se préparant à une possible attaque du gardien présent dans ce hall à ciel ouvert. Je pris donc le côté gauche.
Je regardai derrière le pilier, observant le gardien qui était lui-même bien trop distrait par Link. J'en profitai pour courir en direction de la première entrée que je repérais. C'est seulement une fois entre les murs du labyrinthe que je me retournais, cherchant du regard le héros qui était désormais hors de ma vue. J'espère que je n'aurais pas à tirer une flèche dans les airs…
Je commençais donc à avancer petit à petit lorsqu'une voix dans mes cheveux m'interrompit :
« Kya ! Pas trop tôt ! ». Nono sortit de ma chevelure et se posa sur mon épaule. Je souriais tendrement… Je l'avais un peu oublié… Je lui chatouillai légèrement le ventre avant de continuer à marcher entre ces murs géants. Prions pour que tout se déroule sans encombre.
Je parcourais ma partie du labyrinthe pendant une vingtaine de minutes avant de tomber sur mon premier choix à faire… Gauche, droite ou tout droit ? Je tentais la droite en avançant doucement. Je n'étais pas tombé face à des monstres jusqu'à maintenant et j'en étais bien heureuse ! Je ne voulais pas que ça commence maintenant…
Mais il y a un début à tout. J'approchais doucement d'un virage qui n'en était pas vraiment un, mais je ne le savais pas encore. Donc j'avançai, et je vu une carcasse de gardien en très très mauvais état. Je pensais qu'il n'y avait aucune chance pour qu'il soit encore actif, mais en l'approchant pour l'observer, j'entendis Nono dire « Oh oh… ».
Puis je vus de quoi il parlait… Oups… Le gardien se réveilla et pointa directement son viseur sur moi. Heureusement, je courrais vite et je pus me cacher derrière le pilier près duquel reposait le gardien sans pattes. Il lui était impossible de se déplacer donc j'avais un avantage. Je me rendis aussi compte que le chemin tout droit n'était qu'un cul-de-sac.
Donc, au moins je savais que je devais prendre à gauche. J'entendis une explosion et me retournai pour découvrir que le gardien avait tiré à l'endroit où je me trouvais précédemment. La détonation fit écho et j'étais persuadé que même Link avait pu l'entendre. Oups. Une fois cette petite épreuve passée, je décidais reprendre ma tâche principale. Je courus pour gagner un peu de temps, mais je me dirigeais petit à petit, sans le savoir, vers un plus gros problème.
***
Je courrais depuis une demi-heure désormais et j'étais essoufflé de tous mes efforts en vin. J'avais trouvé quelques coffres avec des flèches ou des pierres précieuses, mais rien de très concluant… Si ça se trouve, je ne trouverais rien dans la partie gauche… Mais Link ne m'avait pas fait un quelconque signe qui aurait pu me certifier que lui avait trouvé quelque chose. Il devait être dans la même situation que moi. J'en profitai pour m'asseoir dans une des allées du labyrinthe, complètement épuisé. Nono sauta de mon épaule et partit à son rythme lent pour poursuivre la route tout seul. Je le regardai et dis :
« Qu'est-ce que tu fais ?
-Je pars en éclaireur ! ».
Je ris doucement avant de rajouter : « Ne pars pas trop loin ou tu risquerais de te perdre ! ». Il ne m'écouta pas et continua. Je soupirais. Il est mignon mais stupide.
Je posais mon regard sur mes jambes, me rendant compte que mes bas noirs commençaient à être trop grand. J'avais maigri ?…
Je regardais mes poignets et je commençais à devenir un peu trop mince à mon goût… J'avais toujours été fine, plus fine que ma sœur qui elle avait des formes magnifiques et bien proportionnées. J'avais été pendant bien longtemps jalouse de ce corps… Elle ressemblait tellement plus à notre mère que je ne lui ressemblais. J'étais bien trop chétive et petite par rapport à elles, vu que je suis née bien trop tôt. Ma mère était d'une grande beauté…
Elle s'appelait elle aussi Zelda, mais après la naissance de ma sœur elle a décidé de prendre « Aria » comme nom. Donc, Aria, notre mère était sûrement la plus belle femme du royaume malgré toutes les maladies auxquelles elle faisait face… Elle ne voulait pas inquiéter son peuple et elle s'assurait de toujours être présentable.
Zelda a gardé ces habitudes-là, moi, j'ai toujours été indifférente à ce genre de chose. J'aime les jolis vêtements ainsi que les bijoux, mais… Ça ne me dérangeait pas de sortir décoiffé ou mal habillé du château. Ça m'était mon père en rage et ça m'amusait d'autant plus !
Je souris tendrement, pensant à ma mère et ma sœur, mais un cri qui se rapprochait me sortit de ces douces pensées. Nono courut dans ma direction en hurlant, puis se jeta sur moi avant de dire : « J'ai fait une bêtise. ».
Il pleurait doucement dans mes mains alors que je regardais sa bêtise approcher… Je me relevais rapidement et commençais à courir : il avait réveillé un gardien capable de se mouvoir… IL EST VRAIMENT IDIOT !
Le gardien me découvrit et se mit immédiatement à me prendre pour cible tandis que je courrais dans la seule direction désormais possible : tout droit. Je pris quelques virages, mais je savais que c'était inutile. J'entendais le gardien me suivre en courant alors qu'il se cognait contre les murs étroits, mais ça ne l'empêchait pas de me rattraper… Merde… Merde… Merde ! Situation d'urgence ! Je pensais pouvoir encore m'en sortir, mais je remarquais à quelques mètres devant moi une orde de monstre… Déesse, vous voulez me tuer ?!
Je m'arrêtais entre mes deux ennemies puis dégainais mon arc… Dois-je vraiment le prévenir tout de suite ?… J'entendis un laser être tiré et je me jetais au sol derrière un mur, celui près duquel se trouvait les monstres. L'explosion retentit et un écho aussi. J'étais face à des bokoblins, des chauves-souris électriques et un Moblin… Merde…
Je reculai, mais, tombant à nouveau face au gardien qui recommença à charger son tir pour tenter de me tuer. Je pris une flèche explosive dans le carquois que m'avait passé Link et je tirais cette dernière dans les airs. Je t'en supplie… Dépêche-toi ! Je décidais de me concentrer d'abord sur le gardien. Je pris une autre flèche au moment où un Bokoblin tenta de m'attaquer, évidemment, je ratais mon tir… Saloperie va !
Je lui donnais un coup de pied dans la tête, mais j'entendis un nouveau tir être lancé dans ma direction. Je voulais me mettre à l'abri, mais un Moblin me barrait désormais la route… Au secours… Aidez-moi, je vous en supplie ! Le plus gros monstre me donna un coup et j'étais propulsé contre le mur derrière moi en étant une cible facile pour mes deux ennemies. Je voyais trouble et je pensais perdre connaissance, mais j'étais toujours là. J'essayais de me relever, mais c'était impossible et surtout trop tard…
Je vu la lueur bleu clair se diriger à toute vitesse sur moi et je pensais que mon heure était venue… Le Moblin s'approcha avec sa batte accompagnée d'une chauve-souris prête à m'électrocuter. Je sentis mon cœur s'arrêter de battre et je fis une dernière prière dans mon esprit… Hylia, soyez clémente avec ma sœur et Link, faite qu'ils réussissent leur quête…
Dans une dernière tentative désespérée, je tendais mon bras et ma main droite en direction du rayon laser s'approchant de moi à une allure terrifiante, mon bras et ma main gauche se dirigeait vers les monstres s'approchant de moi.
Je plissais fort les yeux et j'attendis que mon heure soit venue… Link n'était pas là… Il ne sera jamais là… J'aurais au moins voulu lui dire une dernière chose avant de partir… Mais… Je n'étais pas celle qu'il se devait de protéger. Je revus son sourire dans mon esprit, ses yeux bleus, ses cheveux blonds… Je sentis mon cœur s'emballer et j'espérais qu'il s'agisse de la peur de la mort…
Je criais pour expulser tous les sentiments à l'intérieur contenu dans mon esprit et mon cœur lorsque je sentis une force inhabituelle m'entourer. Elle se diffusa autour de mon corps et envahit tous mes sens. J'ouvrais les yeux, mais je ne voyais rien qu'une lueur blanche. Tout était blanc, je n'entendais plus rien autour de moi… Alors c'est ça la mort ?… Et pourtant, je respirais, mon cœur battait dans ma poitrine. Non, je n'étais pas morte, mon esprit était simplement ailleurs, mais mon cœur était bel et bien là. Je ne mourrais pas… Mais pourquoi ?…
