CHAPITRE 29

Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous !

Voilà deux semaines que j'ai fais l'impasse sur la publication de cette histoire, je suis désolé ! Mais les examens peuvent être très prenant malheureusement. 😅 Pour me faire pardonner, voici un chapitre comportant un petit souvenir de Kitsis, ce n'est pas l'un des plus importants, mais il peut révéler certaines choses.😉

Un grand merci à toutes les personnes qui lisent et commentent cette histoire ! Ça fait toujours plaisir. Encore désolé pour cette absence, peut-être un chapitre bonus pourrait être une bonne compensation ? N'hésitez pas à commenter si vous souhaitez connaître les possibilités concernant cette option, ou même me soumettre vos idées !

Bonne lecture !

Nous nous étions réveillé tôt... Trop tôt ! Le soleil commençait à peine à se lever que Link vint me réveiller pour partir... C'était si tôt que nous sortions aussi les chevaux de leurs sommeils... Pourquoi le héros d'Hyrule devait-il être aussi matinal ?

Cela faisait déjà quelques minutes que nous chevauchions en direction de l'Ouest, enfin, je somnolais, laissant mon cheval suivre la jument du héros. Mes paupières ne pouvaient rester ouvertes, quant à Nono, il dormait paisiblement dans mes cheveux en profitant de la chaleur de mon corps.

Mais visiblement mes cheveux ne lui convenaient plus. Il glissa tout doucement sur mon épaule, j'étais trop fatigué pour lui prêter de l'attention. Enfin, c'est ce que je pensais avant qu'il ne continue à glisser jusque dans mon décolleté pourtant très peu plongeant. Il semblait vraiment bien installé, je sentis mes joues se teinter de rouge... Il faisait froid mais c'était pas une raison pour tout se permettre !

Il prit le col de ma robe tel une couverture pour se réchauffer et j'essayais de contenir ma colère pour ne pas alerter le héros marchant un peu plus loin. Je regardais essentiellement la créature qui dormait sur ma poitrine, tentant de la réveiller en la chatouillant légèrement... Ça ne marchait pas... J'essayais alors de chuchoter pour ne pas alerter Link marchant un peu plus loin devant :

« Hey... Pssst ! Nono ! » Il ne se réveillait pas et au contraire il semblait faire de beau rêve... Aussi mignon qu'il soit je ne peux pas accepter ça. Je regardais Link, concentré sur la carte affiché sur sa tablette Sheikah. Je lâchais les rênes de mon cheval pour tenter d'extraire Nono de son petit nid douillet... Mais il s'accrocha ce qui eu pour conséquences d'attiser mon animosité:

« Putain mais tu vas lâcher oui ! ». Je le tirai d'un coup sec, ayant pour conséquence de faire voler un bouton de ma robe au même moment... Oh oh... L'homme devant moi se retourna pour regarder ce qu'il se passait alors que la créature dans mes mains hurlait: « Kyaaaa ! ».

Link détourna immédiatement ses yeux ainsi que son visage qui commençait alors à être recouvert d'une intense nuance de cramoisie... Il n'a jamais vu de décolleté ?! Le bouton qui s'était enlevé n'était pas vraiment important, on pouvait apercevoir mon soutiens-gorges en dessous de ma robe mais rien de vraiment trop osé... Enfin je crois ?... Nono me regarda avant de crier joyeusement:

« Oui ! Tout nue !

-Nan pas tout nue ! T'arrête de jouer dans ma poitrine maintenant !

-Quelle poitrine ? ». Un air complètement hébété traversa mon visage tandis que quelque chose se mit à bouillir dans mes entrailles.

Comment ça... Quelle poitrine ?... Le pire dans tout ça... C'était Link qui tentait vaguement de retenir un rire. Je pris Nono, le jetant de toutes mes forces en direction du héros. La créature se mit à crier: « Attention ! Boulet de canon ! » et Link se retourna; se prenant le korogu en pleine face.

Cette fois-ci, c'est moi qui riais, regardant le petit korogu glisser du visage du héros jusqu'à tomber sur la selle d'Epona. Mon rire ne pus cesser de retentir lorsque je pris un aperçu du visage de Link, couvert par une rougeur au niveau du front dû au coup soudain. Bien fait !

Je profitais de cet instant pour tenter de réparer rapidement mon haut et éviter d'obtenir toutes les cinq secondes un visage pivoine de la part du Prodige.

Au bout de quelques minutes de bricolage j'arrivais à peu près à cacher ma... Poitrine ! Parce que oui ! J'en avais une malgré tout ! J'entendis Nono harceler Link au loin: « Tout nue ? ». Je vus les pointes des oreilles du héros devenir rouge et il répondit avec le plus de sérieux possible:

« Non... Les Hyliens ne se baladent pas « tout nue »... Tu n'es pas non plus censé suivre une femme, aussi masculine soit-elle, quand elle va prendre son bain et tu ne dois pas non plus jouer dans sa poitrine aussi petite soit-elle. ». Il savait pour Nono à Élimith ?! Je rageais intérieurement, mais n'ayant plus rien à lui jeter, je lui criais avec autant de haine possible mes mots:

« Tu veux que je te montre si je suis une femme masculine ?! ». Je l'entendis rire, un rire qui fut accompagné par la petite voix du korogu:

« Les femmes s'énervent quand on parle d'être tout nue ?

-Pas seulement les femmes. ». Link rougit à chaque mot... Il ne devait pas vraiment connaître ce genres de choses... Nono sembla comprendre, se ravisant de poser d'autres questions. Il s'assit devant Link et profita du voyage, me laissant seule.

Je pensais que Link allait être dérangé par cette présence mais au contraire il semblait l'apprécier. Il discuta même avec l'adorable créature durant le reste du voyage. Je souris à la vue d'un héros semblant si innocent...

Link expliqua certaines choses sur le maniement de l'épée et sur d'autres trucs que j'ignorais, il semblait passionné par tous ces sujets. C'est si triste de savoir que sa passion avait été entaché par les actions de son père étant enfant, cependant, je l'admirais car malgré tout il n'avait jamais arrêté de s'entraîné. À chaque fois que je le voyais il s'entraînait, même lorsqu'il fut déclaré officiellement preux chevalier de son Altesse Zelda... Il ne se reposa pas sur ses lauriers et poursuivit ses entraînement jusqu'à tomber d'épuisement. Je l'admirais pour cela... Et pour tant d'autres choses désormais...

En peu de temps nous arrivions face à la fameuse crevasse décrite par Faras. Heureusement, il ne pleuvait pas, mais il faisait malgré tout un temps très nuageux et sombre... Je devrais profiter de la fraîcheur ambiante, car d'ici peu, elle sera remplacé par une chaleur étouffante dans la montagne de la Mort, pensais-je.

Elle portait parfaitement son nom, nombreux étaient les hyliens ayant péris en essayant d'approcher le volcan. Depuis des millénaires, seul les Gorons y vivent, ce peuple aussi solide que la roche pouvant résister à des températures extrêmes.

Je sortis de mes pensées lorsque Link et Nono descendirent d'Epona... Enfin, Nono se posa sur l'épaule de Link pour descendre. Étant face à la crevasse désormais, nous allions devoir trouver un moyen de descendre pour rejoindre la source en-dessous de nous. Link me regarda avant de me tendre sa main, je l'observais, une mine interrogatrice se dessinant sur mon visage, puis il soupira :

« On peut rejoindre la source en paravoile. Après, ça se compliquera pour remonter à moins que nous nous téléportions et appelons les chevaux une fois en dehors de cette crevasse. ». J'acquiesçais, saisissant sa main pour descendre en chute libre pendant quelques secondes.

Une fois les pieds sur terre et ayant récupéré un espace personnel acceptable je regardais autour du petit halo de pierre sur lequel nous étions positionné. Il y avait quelques colonnes de pierre autour de notre plateforme circulaire, mais elles étaient brisées depuis longtemps. Deux grosses cascades un peu plus loin dans la source s'écoulaient dans le grand bassin où en son centre se trouvait une grande statue de la déesse sur un piédestal en roche, environs 4 mètre de haut. Plusieurs petites cascades s'écoulaient tout autour de la source. Deux grands arbres poussaient dans l'eau de chaque côté du bassin avec quelques nénuphars et des lotus. Mes yeux s'élargirent devant la beauté de ce lieu... Alors, c'est à cela que rassemble les sources dans lesquels ma sœur allait ?

Link sortit sa tablette Sheikah, ne perdent pas de temps pour observer le cliché que nous avions définis comme correspondant à cette source. Il regarda attentivement les alentours puis de nouveau la photo. Impossible que l'on se soit trompé, c'était identique.

Link prit une de mes mains dans la sienne sans vraiment s'en rendre compte, il ne remarqua pas non plus mon sursaut provoquer par ce contact soudain. Il ferma les yeux, je me doutai qu'il s'agissait d'un souvenir. Je l'imitais, fermant laissant mes paupières s'abaisser pour me laisser moi aussi transporter dans le passé...

Un paysage sombre se dessina devant moi, représentant la source dans laquelle nous étions. Il faisait nuit, la lune et les étoiles se reflétaient à la surface du bassin, c'était un cadre calme, reposant et surtout magnifique. Au bout de quelques secondes, je vus ma sœur au centre de la source, ses mains jointes entrain tandis qu'elle était après prier. Ses vêtements étaient identiques à ceux qu'elle portait le jour de la tragédie...

Elle portait sa tenue de purification. L'eau lui arrivait au niveau de la taille et elle était face à la statue de la déesse. Elle baissa doucement ses mains alors qu'elle relevait la tête pour regarder en direction de cette-dernière. Ses yeux s'ouvrirent ainsi que sa bouche laissant ses mots percer le silence de la nuit :

« Le pouvoir du sceau... Il permet d'endiguer le Fléau et se transmet de mère en fille. C'est un pouvoir sacré. Éveillé par la prière. C'est ce qu'on m'a toujours répété. Pourtant... ». L'image changea de champ et je pus voir ma sœur de face et ainsi voir la plateforme où nous étions avec Link dans le présent. D'ailleurs, ce-dernier était précisément debout dessus dans le passé. Il était de dos tenant son épée contre le sol, ses mains reposant dessus. Il essayait sûrement de laisser un peu d'intimité à la princesse derrière lui. Zelda continua :

« Ma mère me parlait d'une force mystique qui l'habitait et des voix des esprits qu'entendait ma grand-mère. ». Son ton s'adoucit avant de devenir un peu plus élevé visiblement agacé :

« Mais moi... Je ne ressens ni n'entends rien de tout cela. ». Elle rejoignit ses mains afin de prier et elle cita : « Mon père m'a maintes fois réprimandée à ce sujet. « Ce n'est pas en perdant votre temps à jouer les chercheuses que vous éveillerez votre pouvoir ! » Seulement... » Ses mains frappèrent l'eau alors qu'elle les plongeait dedans pour se défouler en reprenant : « J'ai beau prier de tout mon cœur depuis l'âge le plus tendre et implorer la terre foulée par les anciens dieux... le pouvoir sacré ne s'est jamais manifesté ! » Elle baissa la tête et je ne pouvais plus voir son visage à cause de l'angle sous lequel je pouvais l'observer, mais le ton de sa voix la trahissait : « Alors, dis-moi... Que puis-je faire de plus ? Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?! » La dernière image que je vus avant que tout ne redevienne noir était Link qui se retournait pour regarder ma sœur.

Au bout de quelques seconde j'ouvris à nouveau les yeux, regardant autour de moi, le présent était de nouveau là et Link aussi. Il lâcha ma main, semblant un peu désorienté... Ça devait être un choc pour lui de revoir sa vie passé défiler sous ses yeux. Heureusement que j'avais la chance de me souvenir de la mienne...

Je sentis mon coeur se serrer dans ma poitrine, revoir ma sœur ainsi que Link dans le passé me procurait une sensation bizarre... J'étais un peu dérangé par cette vue et pourtant je voulais tant en savoir plus sur ce qu'ils étaient auparavant et ce qu'ils avaient partagé... Et pourtant je me sentais mal de les voir ensemble. Je n'avais jamais ressenti ça dans le passé. C'est sûrement dû à mon sommeil de 100 ans.

Link posa ses yeux sur moi avant de regarder en direction de la grande statue face à nous. Il parlait en observant toujours l'œuvre d'art à quelques mètres plus loin :

« Est-ce que tu as déjà pensé que tu pourrais être la détentrice du pouvoir du sceau ? ». Je fus surprise par sa question, me demandant comment il en était arrivé à ce raisonnement mais je lui répondis en baissant les yeux sur mes mains :

« Je sais que je ne suis pas la détentrice de ce pouvoir, sinon contre Ganon il se serait manifesté. Aussi je suis née trop tôt, ma mère n'aurait pas pu me le transmettre si sa grossesse n'était pas achevée comme celle de Zelda. Tu oublies aussi un détail... Je n'ai aucune marque de la triforce sur mon corps. J'ai prié longtemps avec elle étant petite sous les ordres de mon père. Tu n'es pas le premier à y avoir pensé, mais jamais je n'ai débloqué ou montré un quelconque signe de pouvoir de la déesse. ». Je baissais légèrement les yeux en repensant à mon enfance, un souvenir me vint à l'esprit alors que je regardais dans l'eau qui ondulait près de moi

Un claquement de porte ainsi que des sanglots m'alertèrent d'un événement inhabituel dans les appartements de ma sœur. J'étais dans un couloir près de ces derniers, à mes côtés se trouvait mon valet, nous marchions pour nous rendre dans mes propres appartements quand cette scène me stoppa net. Il m'offrit un regard perplexe, reflétant son incompréhension face au comportement la Première Princesse. J'haussai les épaules, ignorant autant que ce dernier la raison pour laquelle ma sœur se trouvait dans un tel état. Notre conversation silencieuse s'acheva lorsqu'il me fit signe avec un hochement de tête d'aller après elle. Je lui souris, avant d'aller toquer à la porte de ma sœur, lui demandant avec une voix plus aigüe qu'aujourd'hui. Je n'étais âgé que de 14 ans.

« Zelda ? Est-ce que tout va bien ?

-Va-t'en ! Je ne t'ai rien demander ! ». Eh bien... La colère dans sa voix était presque palpable, mais je ne désespérais pas, ouvrant la porte contre son gré. Je découvris la Princesse, recroquevillée au pied de son lit, les yeux gonflés à cause de larmes versées. Je pris soin de fermer la porte en me dirigeant vers elle, la rassurant :

« Je suis ta sœur, tu peux tout me dire tu sais... ». Elle releva sa tête, une mine haineuse s'afficha sur cette dernière :

« Vraiment ? Et qu'est-ce que cela changera ? Ce n'est pas comme si tout allait s'arranger rien qu'en me confessant !

-Mais si tu le fais, je pourrais te réconforter. ». Elle se tut, sûrement consciente que je ne lâcherai pas l'affaire. Alors elle dit avec amertume :

« Père... M'a encore disputé au sujet du pouvoir du sceau. Voilà, es-tu satisfaite ? ». Je pris une petite inspiration, similaire à un soupir, je voulus tenter de la rassurer quand elle reprit, bien plus énervé cette fois-ci :

« Il a dans l'idée de nommer un chevalier pour être à mes côtés ! Comment peut-il faire cela ? Je suis amplement capable d'assurer ma sécurité seule ! Je ne fais rien de mal ! Je suis ses ordres à la lettre, priant la déesse avec ardeur, mais rien n'y fait ! Je ne veux pas d'un valet ! Je suis allé prier durant des heures dans l'eau glacé aujourd'hui, jusqu'à ce que le froid atteigne jusqu'au plus profond de mon cœur !

-Tu sais... Ce n'est pas si terrible d'avoir quelqu'un à ses côtés. Et puis ce n'est qu'une idée, peut-être que cela se fera bien plus tard. De plus, je suis certaine que tu obtiendras tes pouvoirs un jour ou l'autre. Tu es la fille la plus impressionnante et intelligente de ce royaume ! Je sais que tu y arriveras ! ». Je lui offris un sourire, tentant de me montrer convaincante. Je n'aimais pas la voir ainsi. Mais le ton froid dans sa voix ainsi que ses paroles emplies d'amertume, firent disparaître la compassion de mon visage :

« Que peux-tu en savoir ? Cela ne te concerne même pas ! Tu as la chance d'avoir des épaules vierges de responsabilité ! Ne vois-tu pas que le sort d'Hyrule est entre mes mains ? Arrête d'agir comme une enfant Kitsis ! La vie n'est pas toute rose pour tout le monde ! Alors laisse les grands s'occuper de leurs affaires et occupe-toi de vivre ta vie au demeurant si paisible ! ». Très vite, lorsqu'elle eut fini. Les larmes firent leur apparition aux coins de mes yeux. Ce qu'elle avait dit n'était pas complètement faux... Mais elle savait parfaitement, tout autant que moi que nos souffrances étaient égales.

Link secoua légèrement mes épaules en disant : « Hey, c'est pas l'heure de dormir. ». Je concentrais mon regard sur lui et rencontrais ses yeux dans les miens avant de me rendre compte que j'étais parties bien trop profondément dans ma mémoire. Je réagis enfin affichant un bref sourire de façade : « Excuse-moi, j'étais partie bien trop loin dans mes propres souvenirs... Nous pouvons y aller désormais. ». Link m'observa un peu surpris puis il regardait de nouveau la source face à nous avant de me faire cette proposition stupide sans crier garde :

« Tu devrais prier pour ton peuple.

-Hein ? Prier ?! Dans cette source ?! Je n'en ai pas le droit c'est réservé à la princesse d'Hyrule ! » Le héros m'offrit un regard sceptique avant de dire avec un sourire ne montrant que très légèrement son amusement : « J'oubliais que vous n'étiez qu'une simple paysanne Votre Altesse. »

Ah oui... Je suis une princesse... Mais, je n'ai aucune tenue pour ça, je ne suis pas censé entrer dans un lieu pur sans l'être... Je détournais le regard pour faire mine de regarder le bassin devant nous et je dis :

« Ne me parlez pas ainsi chevalier. Je me sens oppresser par tant de protocole. ». Il sembla surpris de mes précédentes paroles puis il détourna à son tour le regard et une lueur rosée se répandit sur ses joues :

« Je n'aime pas non plus le protocole et pourtant avec son Altesse Zelda ça me semblait si naturelle de m'adresser à elle avec beaucoup de respect... Alors que toi... ». Il me regarda à nouveau et cette fois je me sentis rougir à mon tour alors que nos yeux se rencontrèrent. Je m'attendais à quelque chose de sympathique de sa part... Loupé : « Vu que tu te comportes tel un garçon je ne suis pas vraiment obligé de respecter ce protocole. ». Il sourit d'un air narquois.

Je me sentis bouillir à l'intérieure, m'empressant d'entrer dans l'eau de la source en lui tournant le dos et criant d'un air moqueur : « Je vais prier pour que tu meurs ! ». Je me retournai juste pour lui tirer la langue. Il rit un peu puis se tourna comme il l'eut fait avec ma sœur il y a de cela 100 ans. Je me demande s'ils étaient aussi proche elle et lui dans le passé...

L'eau était froide mais je m'adaptais rapidement alors que je marchais en direction de la statue de la déesse. L'eau commençais à s'engouffrer dans mes vêtements, même si mon père désapprouvait mes tenues soi-disant provocantes, elles étaient tout de même plus pratiques pour se déplacer dans l'eau que de longs jupons.

Une fois face à la structure de pierre je la regardais attentivement. Elle n'était pas différente de celle que nous trouvions dans les villages, juste une version plus grande. Je joignis mes mains devant mon visage, fermant les yeux en entament ma prière habituelle que je répétais étant enfant.

Au bout de quelques minutes j'achevais bientôt ma prière mais une voix familière revint dans mon esprit :

« Tu pries celle qui nous a abandonnée ? Ne te souviens-tu donc pas à quel point nous avons souffert ? Tu ne te souviens pas ce qu'il s'est passé il y a de cela cent neuf ans ? » Je répondis à mon esprit tel une schizophrène : « Hein ?... Mais... Qui es-tu ? Pourquoi connais-tu cela et surtout pourquoi m'en parles-tu ?! Plutôt que d'utiliser la télépathie viens me voir en face espèce de lâche !

-Tu es trop impatiente... Mais soit patiente, bientôt il sera temps. J'ai hâte... Vivement que son sang coule entre mes mains... ».

Mes yeux s'élargirent aux propos que la voix dans ma tête tenait, je plaçais mes mains devant mon visage dans l'horreur de ce que je venais de... penser ? ... Je ne sais pas trop s'il s'agissait de mes pensées ou bel et bien d'une voix. Ça me semblait si réel mais... La télépathie est impossible n'est-ce pas ?... Seulement en touchant de la corruption ce phénomène est réalisable et seulement avec Ganon. Mais ce n'est pas la même voix que dans Vah'Ruta. Non celle-ci j'avais l'impression de la connaître et pourtant il m'était impossible de mettre un nom ou un quelconque visage dessus.

Je me sentis vidé de toute énergie et j'étais persuadé d'être capable de faire ressortir le contenue de mon estomac vide. Je plaçais mes mains devant ma bouche pour empêcher ceci d'arriver.

Je ne voulais tuer personne... quand bien même je détestais comment on m'avait traité... la vengeance n'était pas la meilleure des solutions. « Pourquoi tu mens ? Pourtant... tu veux bien venger celui que tu aimais ? En quoi est-ce différent ? ». Je secouais violemment la tête pour me forcer à penser le contraire :

« C'est différent parce qu'il était mon tout... et que Ganon n'est rien. Sa mort est programmée, autant l'achevé.

-Ça ne te ressemble pas de prendre les chemins les plus simples. ». Je pris mes cheveux et les tirai avant de hurler : « Tais-toi ! ». Je dus paraître folle mais je n'en pouvais plus de cette voix qui se moquait de moi à longueur de temps ce n'était plus supportable.

Je sentis une main saisir mon épaule et je me retournais en lâchant toutes prises sur ma chevelure pour regarder le héros me ramener à moi, il était tout aussi choqué par mon comportement. Je me sentis mal à l'aise vis à vis de son regard ainsi que par mes actions... Je ne savais pas ce qui m'arrivait. Il brisa le silence entre nous : « Ça va ? Pourquoi tu hurles comme ça ? Quelque chose t'a mordu ou autre ? ».

Je regardais l'homme face à moi et j'aurais juré pendant un couple de seconde avoir vu de l'inquiétude, mais la voix dans ma tête brisa mes espoirs infondés : « Il ne s'inquiète pas pour toi, il s'en fiche. Une fois avec Zelda, lui aussi t'abandonnera. Tu seras seule comme toujours. ».

Je sentis les larmes monter... Je n'en pouvais plus de cette voix qui me harcelait et... ce qu'elle disait était si vrai... Je regardais Link avec l'envie de m'effondrer dans ses bras mais je me souvins de la distance que je devais instaurer entre nous désormais... « Parce que ce n'est pas ta destinée. ».

Je camouflai du mieux que je pus mes émotions et une dernière fois la voix s'adressa à moi avant de me laisser en paix après avoir semé le trouble : « Je suis le seul envers qui tu peux ressentir ces sentiments et je viendrais bientôt les récupérer, tu n'as pas à t'inquiéter. ».

Je détournai les yeux de Link et le seul son pouvant être entendus autour de nous était le bruit des cascades et des oiseaux qui nous entouraient. La pluie commença à tomber, faisant retentir le clapotis des gouttes contre l'eau de la source.

Je savais que Link attendait une réponse et je devais la lui donner, je tentai un sourire des plus radieux et lui dit tendrement : « Ça va. ». Je continuais de sourire alors que je me retournais pour rejoindre la plateforme où nous nous trouvions à la base. Link me suivit du regard durant tout le long avant de se déplacer lui aussi pour me rejoindre sans jamais enlever son regard de ma silhouette. J'étais trempé et j'aurais aimé prendre le temps de me reposer de mes émotions mais je ne devais pas retarder le héros, nous devions y aller.

Il se plaça à mes côtés et demanda :

« Nous partons aujourd'hui ou demain pour Ordinn ?

-Maintenant. ». Il fut légèrement désorienté avant que son regard ne devienne plus insistant. Je commençai à marcher pour m'en aller mais mon bras fut saisi, m'empêchant de m'éloigner : « Qu'est-ce qui t'arrive ? T'es différentes ! Explique-moi ! » J'enlevais lentement sa main de sur mon bras avant de plonger mon regard dans le sien :

« Link, je vais bien. Téléporte-nous jusqu'à la tour d'Akkala, là-bas nous rejoindrons la route principale pour l'Ouest et ainsi Ordinn. ». Il fut vraiment perplexe à cet instant mais il s'exécuta. Il prit ma main dans la sienne, restant là à ne rien faire durant quelques secondes avant de se décider à nous téléporter là où je le lui avais ordonné.

Nous avions rejoint la route principale depuis quelques secondes et j'étais sur le dos d'Orbital, pour une fois mon cheval marchait en tête. Link était suspicieux et il restait en retrait comme pour me surveiller... Je ne suis pas Zelda, je n'ai pas besoin d'une garde rapprochée et je ne pouvais m'empêcher de le lui dire :

« Link, tu sais je ne suis pas ma sœur, tu n'es pas obligé de me surveiller comme si j'étais en danger, maintenant passe devant avec Epona, Orbital semble perturbé. ». Il pleuvait toujours et le brouillard cachait un peu la route pour Ordinn, mais une fois Akkala dépassé je savais qu'il ferait un soleil radieux.

Je pus voir Link lever les yeux au ciel avant de me répondre : « Tant que tu me cacheras des choses je te surveillerais.

-Arrête ! Je ne te cache rien ! ». Encore un mensonge ? Ça devient une habitude. Je ne voyais juste pas l'intérêt de lui parler de mes problèmes, il devait déjà à se concentrer sur les siens. Je soupirais, ce n'était pas vraiment le moment de se disputer. Notre relation s'était bien améliorée jusqu'à maintenant... Et c'est bien ça le problème... Elle s'améliorait trop à mon goût. J'entendis Nono tenter d'apaiser les tensions :

« Arrêter de parler ! Mangeons plutôt ! » Je me retournais pour regarder la petite créature posée sur la selle d'Epona et je lui souris : « On a déjà mangé ce matin Nono, t'es trop gourmand ! ».

Je ris un peu puis me concentrais à nouveau sur la route devant nous, mais Link détourna de nouveau mon attention en parlant : « Dans combien de temps serons-nous arrivé à Ordinn ? ». Il fit accélérer Epona pour me rejoindre puis me tendit sa tablette Sheikah avec la carte incomplète affiché. Je la saisis, prenant un coup d'œil de celle-ci.

Nous étions à proximité de la frontière d'Akkala. Nous avions fait le tour de la région en peu de temps, c'était parfait. Si nous maintenions ce rythme nous pourrions finir notre quête en un mois... J'aimais être optimiste. Je répondis à la question du héros : « Nous arriverons à Ordinn dans quelques heures avec de la chance mais le brouillard va nous ralentir. Nous ne pouvons pas galoper dans ces conditions c'est trop dangereux, mais une fois près de la région d'Ordinn le temps devrait considérablement s'améliorer. » Je le regardai et il acquiesça lentement. Le voyage allait être long...

Akkala était derrière nous depuis maintenant une dizaine de minutes et la chaleur commençait déjà à se faire ressentir. La région d'Ordinn était aride mais d'une façon complètement différente du désert Gerudos. Le soleil n'était pas particulièrement fort, mais la chaleur que le volcan dégageait avait le don de chauffer entièrement la région à un point tel que les étangs et les marres devinrent des sources chaudes. L'herbe se fit rare mais, les brins qui réussirent à pousser eurent été jaunis par la chaleur. Les arbres étaient pour la plupart dépourvus de feuilles et les roches était de couleur orange. La région était pourvue de nombreux canyons aux couleurs du crépuscule et des arches en pierre créé naturellement.

Nous arrivions près d'un relais où nous laissions les chevaux se reposer avant de poursuivre notre route. De plus, il commençait à faire nuit, il fallait mieux voyager de jour dans la montagne de la Mort malgré la chaleur, les lithorok étaient assez actif dans cette région.

Nous reprîmes notre route le lendemain matin, aux aurores. Il restait peu de route jusqu'à la tour d'Ordinn, mais le village Gorons était encore loin. Cela eut le don de me déprimer légèrement.

Nous arrivions face un panneau que je pris le temps de le lire : « Montagne de la mort, 1er palier. Début du sentier. ».

Le chemin que nous empruntions menait vers le Nord de la région, c'est-à-dire, vers le volcan. Les sources chaudes entouraient la route. La vapeur qui en émanait frappa mon visage et s'était bien trop agréable pour être ignoré. Je sentais que les sources m'appelaient... Je pris un coup d'œil de Link derrière moi qui observait lui aussi les eaux semblant si accueillantes, puis il me regarda.

Je lui fis une moue qui voulait tout dire mais il secoua la tête en guise de non avant d'y ajouter des explications : « On n'a pas vraiment le temps pour se détendre. Tu reviendras une fois Hyrule sauvé. ».

Une moue légèrement déçue pris le dessus sur la précédente, même si je m'attendais à cette réponse de sa part... J'aurais bien voulue en profiter un peu... J'entendis soupirer sur mon épaule et je regardai le petit Korogu qui s'y était logé. Il ne semblait pas vraiment dans son assiette : « Ça ne va pas Nono ? » Il était visiblement dans un autre monde et son corps changeait de couleur pour jaunir... Comme un arbre en manque d'eau... Puis je réalisais... La chaleur n'est pas forcément bonne pour lui !

Je sautais d'Orbital et me dirigeais vers une des sources, nous n'avions pas beaucoup d'eau avec Link en guise de ration alors il fallait l'économiser. Je m'agenouillais près de la source au bord du chemin avec Nono entre mes mains, j'entendis derrière moi Link m'appeler :

« Qu'est-ce que tu fais ?! ». Il sauta lui aussi d'Epona pour venir me rejoindre et regarder ce que je faisais. Je plongeais à moitié Nono dans l'eau, celle-ci n'était pas brûlante donc ça allait. Il prit une grande bouffé d'eau dans sa petite bouche avant de l'avaler. Puis, il sauta de mes mains pour nager librement. Je ris un peu alors qu'il se prélassait dans le bassin. Link était derrière moi, les bras croisés, visiblement énervé... Je grattais l'arrière de ma tête un peu gêné : « Nono était après se dessécher littéralement ! Je ne pouvais pas l'abandonner ! »

Link prit le pont de son nez entre deux doigts alors qu'il soupirait avant de se retourner pour rejoindre les chevaux. Je dirigeais mon attention sur Nono et il semblait vraiment s'amuser... J'aimerais bien le rejoindre mais j'ignore si j'ai pied... songeais-je. Et Link va me tuer si jamais j'y vais.

Je soupirais dans la déception alors que je prenais un flacon dans ma sacoche pour le remplir d'eau. Nono risque à nouveau de se déshydrater et je ne pense pas que nous retomberons sur une source dans les hauteurs du volcan.

Je me penchais pour le remplir et j'entendis Link m'appeler : « Bon, qu'est-ce que t'attends ? » Je fus surprise par ses paroles mais lorsque que je tentai de tourner la tête pour le regarder, je perdis l'équilibre. Nono écarquilla grand les yeux alors que je lui tombais dessus dans un grand « Splash ! ».

L'eau se propagea dans mes vêtements ainsi que mes cheveux et je commençais à paniquer du manque d'oxygène soudain. Heureusement mes pieds entrèrent en contact avec le sol de la source et je sortis enfin la tête de l'eau. J'avais pied, déesse, merci.

Les gouttes d'eau se baladaient sur mon visage alors que la source m'arrivait au niveau des épaules. Je frottais mes yeux pour enlever l'eau qui tentait de s'y engouffrer avant d'observer autour de moi. Nono remonta à la surface, crachant tel une fontaine l'eau contenue dans sa bouche. Je riais un peu en plaçant une main devant ma bouche pour camoufler ce rire, dans mon autre main se trouvait le flacon désormais rempli, je revissais le bouchon rapidement.

J'entendis des pas se rapprocher, je me retournais pour voir Link s'accroupir devant la source et me tendre sa main avant de dire d'un air désespéré : « Je ne savais pas qu'on pouvait être aussi maladroite... ». Je le regardais un peu gêner de son commentaire. Faut qu'il se détende lui aussi ! Je pris sa main mais au lieu de me hisser en dehors de la source j'attirais Link dedans. Ses yeux exorbités ainsi son visage surpris alors qu'il tombait la tête la première dans la source me firent rire aux éclats. Je m'écartais pour ne pas risquer d'être écrasé par le héros alors que ce dernier entra dans l'eau dans une grande éclaboussure et un second « Splash ! » se fit entendre dans le canyon. Je continuais de rire de ma bêtise lorsque Link remonta à la surface.

Il réorganisa ses mèches de cheveux devant son visage avant de me lancer un regard terrifiant. Je plaçai les mains devant moi en signe de paix avant de dire : « Tu sembles tellement stressé ! Il faut te détendre un peu aussi ! ». Il soupirait tandis que je souriais niaisement, fière de moi. Nono sortit de la source et se dirigea vers les chevaux, il était temps de s'en aller. Je tentai de me hisser pour rejoindre la terre ferme mais des mains me serrèrent au niveau de la taille pour m'attirer à nouveau dans l'eau et j'entendis : « Il faut se détendre n'est-ce pas Princesse ? ». Je pouvais presque entendre son sourire malin dans sa voix alors que je retombais dans l'eau.

Une fois à la surface ; je l'éclaboussai et il me le rendit. Il riait alors qu'il s'extirpait de l'eau et m'aidait à en sortir moi aussi. La voix revint une dernière fois avant que je ne regagne la terre ferme :

« Riez... Rit héros, bientôt tu ne riras plus. »