CHAPITRE 31
Même en attachant mes cheveux dans une longue queue de cheval, ça ne suffisait pas à atténuer la sensation de chaleur qui traversait tout mon corps. Nous ne marchions pas depuis longtemps et nous n'avions pas forcément fourni beaucoup d'efforts, mais avec la lave avoisinante et la montée continuelle j'étais déjà complètement asséché.
Mon corps tout entier et plus particulièrement ma gorge criait pour une goutte d'eau. J'observais de temps en temps si Nono allait bien, il semblait survivre dans ma sacoche. J'aimerais être aussi petite que lui pour me glisser dans celle de Link...
En parlant de ce dernier, il marchait devant bien qu'il s'arrêtât tout juste devant un panneau nous indiquant notre position. Je m'approchais, complètement essoufflé et déshydraté, je voulais boire des litres d'eau mais je n'avais plus rien et Link n'avait plus grand-chose non plus. Nous ne parlions pas pour économiser notre salive et je lui étais reconnaissante pour cela, ma gorge et ma bouche étaient complètement à sec.
Une fois face au panneau de pierre je lisais dans ma tête: « Montagne de la Mort, 4e palier. Village Goron par ici ! ». Je souris lorsque je lus que le niveau de chaleur n'augmentait pas... Merci déesse Din pour avoir créé cet enfer sur terre !
Link et moi poursuivions au même rythme sur le chemin principal qui était désormais presque à chaque fois entouré de lacs de lave... Tuez-moi je vous en supplie. Je ne supportais plus le contact du tissu de mes vêtements contre mon corps et je m'autorisais à déboutonner un peu mon haut, de toutes façons, Link marchait devant alors il ne voyait rien de mon décolleté désormais plongeant.
Je me sentis vivre à nouveau quand l'air rencontra ma peau couverte de sueur, cependant c'était aussi une torture... L'air était chaud. Si seulement... Il pleuvait. Mais jamais il ne pleuvait sur Ordinn, c'était impossible... Qu'ai-je dit ? Il ne pleut pas . Si bien sur que si ! DES BOULES DE FEU !
Le sol se mit à trembler, après cela une pluie de météores nous fonça dessus. Mes yeux et ceux de Link se dirigèrent instantanément vers le ciel désormais rempli de flamme. Nos regards se rencontrèrent et le héros n'hésita pas, saisissant ma main puis me traînant au pas de course pour nous mettre à l'abri. Il y avait non loin une corniche qui semblait assez robuste; Link la repéra, lâchant ma main tandis qu'il se mit à courir plus vite pour la rejoindre...
Chacun pour sa gueule c'est ça ! Je donnais mes dernières forces dans cette course acharnée alors que les boules de feu se rapprochaient. Je sautais à la dernière seconde pour atteindre cet 'abri'. Je me retins de tomber au sol malgré ma fatigue pesante, je risquais de me brûler inutilement.
Je respirais fort, mettant mes mains sur mes genoux pour tenter de reprendre de l'oxygène en me baissant. Je voyais des étoiles traverser ma vision à cause de la fatigue et de la chaleur... Vivement que nous soyons arrivés ou bien je risque de crever ici ! La terre s'arrêta de trembler en même temps que les boules de feu s'évanouirent dans l'air. Je me relevais malgré mon souffle était toujours aussi saccadé, prenant un aperçu de notre environnement.
Je m'attendais à voir des effusions de feu un peu partout mais... il n'en était rien. Tout était redevenu normal, comme si rien n'était arrivé. Mon visage était un gâchis de surprise et Link ne semblait pas le moins du monde choqué. Il s'avança prudemment avant de sortir de notre abri. Le danger avait disparu. Je sortis moi aussi, partant à la poursuite du prodige qui continuait sans m'attendre.
Il était déjà loin et je me hâtais de le rattraper malgré la douleur dans les muscles de mon corps tout entier ainsi que la soif qui me tiraillait de l'intérieur. Je n'avais d'autres choix que de le suivre, alors j'avançais sur le chemin principal enivré d'une chaleur assommante.
Le soleil commençait progression à se coucher et d'ici peu le crépuscule viendrait remplacer le jour avec de nombreuses couleurs chatoyantes... Mais je ne pouvais pas vraiment profiter de ce spectacle.
Nous continuions de marcher, je sentis ma gorge crier pour une goutte d'eau toute simple, rien qu'une seule mais c'était impossible. Mes besoins primaires étaient rapidement rattrapés par un nouveau tremblement de terre qui manqua de nous faire perdre l'équilibre mais nous nous rattrapions mutuellement pour éviter de tomber sur le sol brûlant. Le tremblement s'arrêta de nouveau et nous levions tous deux nos yeux vers le ciel pour voir si une éventuelle pluie de flammes nous tombait de nouveau dessus... Mais rien ne vint jamais.
Nous nous trouvions dans une zone déjà haute en altitude et nous pouvions voir à quelques kilomètres le volcan d'Ordinn partiellement couvert de lave et crachant sa nuée ardente. C'est alors qu'un cri atroce, inhumain se mit à résonner dans toute la montagne.
Le sol se remit à trembler de manière saccadé... comme des pas sur un plancher fragile et bientôt nous découvrions de quoi il s'agissait... Sur l'un des versants du volcan, un énorme lézard déambulait en criant... Ce n'était pas exactement un lézard tout simple, en réalité c'était un robot géant... Une créature divine: Vah'Rudania. Il m'effrayait tandis qu'il marchait sur la montagne de la Mort, chacun de ses pas faisant trembler le sol dû à ses pattes couvertes de flammes.
Des frissons parcoururent mon corps tout entier à cette vue... Autant Vah'Ruta semblait un peu pacifique mais Vah'Rudania me donnait la chair de poule, je n'avais pas spécialement envie d'entrée dans cette chose. De plus Ruta était immobile alors que celle-ci se déplaçait...
Dans quoi me suis-je encore embarqué ?...
Rudania s'arrêta sur le versant face à nous avant de hurler une dernière fois en se courbant, cela aurait dû encore bien plus m'effrayer mais mon esprit traduisit se crie tel un: « au secours. ». On aurait dit qu'elle souffrait. Mais, Rudania n'était pas simplement une menace pour hyrule, il était surtout dangereux pour le village Goron et nous devions accélérer nos pas pour empêcher une nouvelle tragédie de se produire.
Nous nous regardions avec Link et je déglutis mal à l'aise, mais une bonne nouvelle vint me rassurer. Nous étions à quelques mètres de l'entrée du village symbolisée par une arche en métal entre deux rochers rouges. Je ne pus retenir un sourire niais de se répandre sur mon visage... Enfin, nous étions récompensés pour nos efforts!
Je voulus marcher d'un pas pressé en direction de cette entrée qui me parut divine, mais la fatigue eût raison de mes dernières forces. Lorsque je fis le pas de trop, je manquais de tomber, la chaleur n'était plus supportable, nous étions bien trop proches du volcan désormais.
Je pensais avoir de la fièvre tellement mon corps chauffait mais ce n'était pas dû à une quelconque maladie, je ne supportais plus la chaleur environnante et le manque d'eau. Je m'apprêtais à m'effondrer au sol mais un bras me rattrapa en se faufilant dans mon dos pour saisir ma hanche opposée. Je regardais Link qui tentait de me garder debout sur mes pieds avec ses dernières forces à lui aussi, puis il dit:
« Attends encore un peu avant de t'évanouir, tu seras inutile si tu finis en viande grillée pour t'être effondré ici. ». Je souris en passant un de mes bras autour de ses épaules pour me soutenir un peu plus.
Je sentis mes joues se chauffer alors que nous marchions en direction de l'entrée du village où nous pourrions enfin trouver de quoi boire et se reposer un peu avant d'entamer les choses sérieuses. Un garde Goron surveillait l'entrée, à notre approche, il nous accueillit:
« Bienvenue ! Tiens un hylien et une hylienne, vous avez pas l'air en très très bon état. Ô grand Link ! ».
Mes yeux s'élargirent et ceux de Link aussi... Mais, c'était impossible... Comment pouvait-il savoir qu'il s'agissait de Link ?... Enfin même si les gorons ont eux aussi une espérance de vie assez longue, ce Goron était bien trop jeune pour avoir vécu plus d'un siècle:
« Comment...
-Mais dites-moi plutôt, vous n'avez pas trop souffert tout à l'heure avec les boules de feu ? Les touristes se font rares depuis que ces fichues boules de feu nous pleuvent dessus... Je m'ennuie tellement à mon poste que je m'amuse à faire semblant d'accueillir le Prodige. Au fait « Link » c'est le nom de l'hylien qui a combattu il y a cent ans aux côtés du Prodige de notre village, Daruk. Tiens, si cette histoire vous intéresse, je vous conseille d'aller voir notre boss au bout du village. ». Nous ne prîmes pas le temps de le remercier.
Nous devions nous dépêcher d'entrer dans le village et de trouver de quoi survivre et vite ! Je commençais à ne plus sentir les extrémités de mon corps et la perte de connaissance se rapprochait petit à petit. Nous avancions dans le village d'un pas pressé mais je pris malgré tout le temps d'observer autour de nous cette nouvelle ville. Il y avait beaucoup de lave partout dans le village et un grand pont de fer central permettait de l'esquiver au maximum. Il se ramifiait en plusieurs ponts différents menant vers des parcelles de terre où se trouvaient des habitations ou bien des commerces de part et d'autre du village.
Il faisait encore plus chaud que tout à l'heure et je priais pour trouver rapidement l'auberge mais Link n'était pas vraiment de cet avis. Il continua à me supporter jusqu'à l'autre bout du village. Il nous dirigea vers un Goron très âgées avec une longue barbe séparée en quatre couettes distinctes. Un bandeau sur un de ses yeux cachait légèrement son regard mais je sentais qu'il ne nous observait pas. Il semblait pensif. En s'approchant de lui il dit:
« Nom d'un roc ! Mais quelle plaie, ce Rudania ! »
Link le regarda visiblement perplexe tandis que le Goron face à lui jurait ce qui lui passait par la tête sans nous prêter aucune attention... Eh bien... Un peu sénile celui-ci.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Dis-je. Il ne remarqua qu'à moitié notre présence en répondant à lui-même:
« Depuis que Rudania fait des siennes, les éruptions de la montagne de la Mort sont devenues plus violentes. Rudania c'est la bestiole qui rampe sur le flanc du volcan là-haut. Il y a cent ans il paraît que c'était la divinité protectrice des Gorons. Mais maintenant on peut plus miner tranquillement à cause de lui et en plus de ça, il fait fuir les touristes ! On le repousse tant bien que mal vers le cratère du volcan à coups de canon à chaque fois qu'il en sort... MAIS IL REMET ÇA À CHAQUE FOIS ! OUILLE ! »
Un grand « crack » provenant du dos du vieux Goron se fit entendre. Il plaça ses mains sur la source de ses douleurs en prenant un visage de pure douleur... Ça doit faire mal ça. Je tentai de me libérer de l'emprise de Link en essayant de m'occuper du Goron en détresse face à nous mais le héros m'en empêcha... Je ne tenais presque plus sur mes jambes et son soutien était mon seul moyen de ne pas tomber. Je m'assurais alors que le Goron aille bien de manière orale:
« Ça va aller ?...
-Oh ! mes reins me font un peu souffrir... Mais attendez une seconde qui êtes-vous bande de gringalet . Vous n'avez pas l'air très en forme. ».
Ah bah enfin, merci de le remarquer ! pensais-je.
« Des voyageurs.
-Alors comme ça... Vous avez fait la route jusqu'ici pour me saluer ?! Mon nom est Buldo ! ».
Mais oui bien sûr, juste pour ça ! Si seulement... Il poursuivit:
« C'est moi le craint, le respecté boss des Gorons, celui dont la seule vue inspire le silence aux plus bruyants marmots ! Je comptais me mettre en route pour repousser Rudania encore une fois, mais mes reins me font atrocement souffrir. ».
Il se gratta le sommet du crâne en parlant à un volume plus bas:
« Et qu'est-ce que fiche ce fichue Yunobo ? Il en met du temps à rentrer...
-Yunobo ? ». Le nom avais traversé mes lèvres sans que je m'en rendre vraiment compte. Il me répondit visiblement énerver:
« Yunobo, c'est un jeune Goron qui m'aide à repousser Rudania. Il est partis chercher des anti-douleurs pour mes vieux reins du côté de la mine abandonnée au nord, mais il ne revient pas ! ».
Il désigna avec son regard la mine dont il parlait au nord ajoutant:
« Bougre de nom d'un roc... Mais où est-ce qu'il traîne donc... Hep les gringalets ! Si vous tombez sur Yunobo, dites-lui que je le cherche, d'accord ? ».
J'acquiesçais tandis que ma vision se troublait. J'entendis un Goron un peu plus loin, ce n'était pas le vieux devant nous:
« Cette hylienne à pas l'air en très bon état Boss !
-Ah ! tu trouves ? Je n'y connais rien aux hyliens moi ! ».
Le Goron plus jeune se dirigea vers nous, me regardant attentivement:
« Ah nan j'suissûr que ça va pas ! Je me trompe mademoiselle ? ».
Je ne répondis pas, j'étais à bout de forces mais je pouvais toujours les entendre blablater:
« Boss, faut faire quoi ?
-Bah faudrait bien lui trouver de quoi résister à la chaleur mais la seule chose que je possède c'est la tenue que nous étions censé offrir à Son Altesse Zelda le jour de son couronnement en tant que Reine d'Hyrule... Je ne pense pas que je puisse l'offrir à n'importe quelle hylienne. ».
J'entendis un profond soupirer derrière nous, il provenait d'une Gerudo, qui pinçait le pont de son nez de manière désespéré. Elle se dirigea vers moi tout en parlant aux hommes... Enfin les voïs comme elles les appellent dans leurs régions:
« Les voïs sont définitivement des idiots. ». Elle s'approcha et m'observa. Les Gerudos étaient des femmes grande et très souvent musclé comme des hommes, leur peau variait mais elle était souvent mateet leurs cheveux restaient dans des tons rouges. Elles avaient des longs nez pour la plupart et elles prenaient énormément soins d'elle en mettant en avant leurs jolies courbes avec des vêtements laissant partiellement voir leurs corps. Elle donna rapidement son verdict:
« Elle va mourir de chaud si vous ne faites rien. Mais, vous semblez tous bien trop stupide, je vais m'occuper d'elle. ».
J'entendis Buldo marmonner dans sa barbe, visiblement les femmes étaient son seul point faible. Elle me prit dans ses bras, laissant un Link choqué essayant de protester mais la Gerudo ne le regardait plus. Elle me portait dans une direction inconnue en m'éloignant du Prodige et des Gorons...
En temps normal j'aurais paniqué mais j'étais si fatigué que je me laissais emmener par cette femme que je ne connaissais pas. Désolé Link on se reverra plus tard, pensais-je une dernière fois avant de tomber de fatigue et de m'endormir dans ces bras réconfortants.
Je me réveillais dans une pièce sombre avec une serviette imbibée d'eau sur mon front. Il faisait toujours chaud mais bien moins que durant notre ascension. Je tentais de me redresser mais une voix me rattrapa:
« Tu ferais mieux de rester couché pour l'instant, ton corps doit se remettre de l'hyperthermie qu'il a subit. »
C'était la voix de la femme Gerudo... Pas celle de Link. Au départ je fus déçues qu'il ne soit pas avec moi mais lorsque je découvris ma tenue je remerciai la déesse...Elle était très simple: je n'en portais pas. Je rougis instantanément, tentant de couvrir ma poitrine avec la couverture du lit sur lequel j'étais. La femme à l'autre bout de la pièce se mit à rire:
« Haha, ne t'en fais pas nous sommes toutes les deux des vaïs, il n'y a pas de voï dans les parages. ».
Même ! Je n'étais pas particulièrement exhibitionniste ! Mais elle avait raison il n'y avait aucune raison pour que je sois pudique, mais je gardais ma couverture sur mon corps. Au château j'avais l'habitude d'être habillé ou être lavé durant mon enfance mais je n'appréciais pas vraiment cela, j'ai toujours eu honte de mon corps si simple...
Je prêtais enfin attention à la pièce dans laquelle je me trouvais. J'étais dans une chambre très sombre éclairé avec quelques bougies mais les tons rouge profond des murs en pierre n'arrangeaient pas vraiment les choses. Il y avait quelques décorations très simples avec des pots en terre cuite peint avec différents motifs, la couverture sur mon corps possédait ces mêmes motifs que je qualifierais d'ethnique.
La femme présente dans la chambre me sortit de mon observation au bout de quelques secondes:
« Je ne me suis pas présenté. Je suis Labira une commerçante de la cité Gerudos au Sud-Ouest, et tu es ?
-Kitsis, simple hylienne voyageant à travers Hyrule. ».
Elle se leva du tabouret sur lequel elle était assise à l'autre bout de la pièce pour venir se poster près de moi avant de poursuivre: « Enchanté. Tu te sens comment ? ».
Oh, en effet, comment est-ce que je me sens ? La sensation de brûlure constante dans mon corps avait disparu malgré qu'il fasse toujours chaud, mais c'était à peu près supportable désormais. Je lui répondis enfin:
« Ça va beaucoup mieux, je peux enfin respirer sans me sentir oppresser et je n'ai plus soif... Je vous remercie sincèrement. ».
Elle m'observa attentivement avant de prendre le tissu sur mon front pour le plonger dans une bassine d'eau sur la table de chevet près du lit. Elle l'essora puis le posa à nouveau sur mon front tout en disant:
« Tu as échappé à la mort de peu. Tu as eu de la chance que je sois là, ces voïs n'auraient pas pu te venir vraiment en aide, ils semblaient tous aussi idiots les uns que les autres. Mais tu es bien plus stupide d'être venue jusqu'ici sans aucune protection contre la chaleur. Même moi, une Gerudos pourtant habituée à la chaleur du désert j'ai du mal à supporter la chaleur avoisinante du volcan. ».
Je baissais les yeux dans la honte... En effet j'aurais dû me protéger mieux que ça...: « Je n'ai rien trouvé qui puisse me protéger de la chaleur... Ni remède, ni tenue. ». Elle me regarda visiblement surprise avant de me désigner des vêtements pliés reposant sur une armoire en pierre:
« Le boss des Gorons a jugé bon de t'offrir cette tenue pour que tu puisses résister à la chaleur dans le domaine. Je ne sais pas vraiment à quoi elle ressemble mais apparemment elle aurait obtenu la bénédiction de la déesse Din et ainsi elle permettrait de supporter la chaleur dans la région d'Ordinn. Tu devrais l'essayer pour voir ce que ça donne. Je reviens dans quelques instants, tu dois mourir de faim, profites-en pour te changer, mais fait attention tu es encore convalescente. ».
À ces mots elle se dirigea vers la seule et unique porte présente dans la pièce celle de sortie. Mon ventre se mit à gargouiller violemment... Oui en effet j'avais faim. Je me levais et me dirigeais vers l'armoire ou reposais la petite pile de vêtement. Pour les couleurs il s'agissait principalement de ton bleu pastel légèrement foncé.
Je pris le premier élément qui me vint dans les mains et il s'agissait d'un haut... Enfin d'un corset en acier tel un plastron d'armure, il était orné en son centre d'une chaine suivant sa forme en or. Le second vêtement était un sous-pull de couleur crème plissée tel un éventail en bas. Je cherchais mes sous-vêtements dans la salle et je les trouvais plié en dessous des vêtement offert par le boos. Je les enfilais puis je mis le sous-pull. Je ne mis pas de suite l'armure car j'ignorais comme la mettre, je n'en avais jamais porté... Je pris le bas qui était un pantalon bleu pastel... Assez moulant... Comme ma soeur les aimait... Il y avait aussi une paire de bottes accompagnée de jambière en acier similaire à celui du plastron.
J'enfilais le pantalon en tentant de mettre les chaussures et les jambières avec beaucoup de difficultés. Un grand tissu bleu accompagné d'une broche en or accompagnait la tenue ainsi que des manches en acier pour parfaire l'armure et des gants dans les mêmes métaux. J'enfilais du mieux que je le pouvais le corset et Labira entra à ce moment là. Elle me regarda essayer tant bien que mal de serrer le corset moi-même et elle eût pitié de moi. Elle posa le plateau de nourriture sur mon lit et vint m'aider à le serrer.
Elle avait beaucoup de force et en peu de temps il était serré à la perfection. Je la remerciais avec un sourire puis elle m'aida à terminer de m'habiller. Elle drapa le tissu bleu claire sur mon épaule gauche et l'accrochait au niveau de ma poitrine du côté droit. Le tissu pendait élégamment sur mon côté gauche jusqu'à mes pieds, telle une longue cape. Elle m'aidait à mettre les épaulettes ainsi que les manchettes et la tenue était complète. Elle terminait de régler quelques détails partielle, comme attaché le tissu bleu dans mon dos et m'aider à enfiler les gants partiellement fait d'acier. Une fois fini elle me regarda et elle sourit avant de dire:
« Ça te va bien, seulement j'ai dû plus serrer le corset, il était un peu trop grand pour toi. Tu devrais attacher tes cheveux pour éviter qu'il ne brûle à cause des braises. ».
À ces mots je me regardai dans un miroir suspendu au mur, ma tenue anti-flamme était bien plus belle que celle de Link. Je n'avais jamais été autant couverte de toute ma vie... Ça se voyait que cette tenue était destiné à Zelda... Au niveau de la poitrine le haut était trop grand mais j'arrivais à l'arranger pour que ça passe inaperçus. C'était une tenue magnifique... Mes cheveux ne me semblèrent pas assez formel vis-à-vis de la tenue que je portais... Ils n'étaient pas aussi parfait que ceux de ma soeur et je n'arrivais pas souvent à les coiffer sauf pour des coiffures extrêmement simplistes...
Je tentais vaguement de faire un chignon mais c'était un échec total... Après plusieurs tentatives infructueuses la Gerudo eût pitié de moi et elle se plaça derrière moi pour me coiffer. Je rougis, honteuse alors qu'elle attachait la majeure partie de mes cheveux dans un chignon de ballerine serré. Certaines de mes mèches tombaient en dessous, elle les attacha dans une tresse serrée qu'elle enroula autour du chignon.
Elle finit d'attacher le tout en laissant mes mèches habituelles se balader devant mon visage pour casser malgré tout le côté formel. Une fois fini elle prit un aperçu de son chef-d'oeuvre au grand complet... Je me reconnaissais à peine, c'était trop beau et surtout trop distingué pour moi... Malgré ma vie de château durant 17 ans je ne me suis jamais habitué aux tenues que l'on me forçait à porter pour les grands événements. Une fois revêtue de cette tenue... la chaleur n'était qu'un mauvais souvenir que j'oubliais rapidement, j'étais à l'aise comme un jour de printemps dans les plaines d'Hyrule. La femme Gerudos me sourit tendrement avant de me dire:
« Tu ressembles énormément à la princesse Zelda vêtue ainsi, rare sont les hyliennes aux cheveux blonds et aux yeux bleus, tu es vraiment chanceuse. ». Je réfléchis à ses paroles alors que je me regardais une dernière fois dans le miroir:
« Oui... J'ai de la chance. ». Je détachai mon regard de mon image, allant m'assoir sur mon lit pour manger ce qu'elle m'eut apporté, une soupe. Je soufflais sur le bol pour réduire la température de ma nourriture mais c'était impossible à cause de la chaleur constante dans la pièce. Je buvais alors tranquillement en faisant attention à ne pas me brûler du mieux que je pouvais. La sensation de mon estomac se remplissant était quelque chose qui m'avait manqué et mes pensées se dirigèrent vers le voyage que je venais de faire avec Link... Link !
« Où est passé l'homme qui m'accompagnait ?!
-Il voulait rester avec toi mais je l'en ai empêché, pas de voï avec un vaï ! Donc il est parti en direction des mines du Nord. Il n'a pas voulu me dire pourquoi... En fait il ne m'a rien dit du tout, je l'ai juste observé. Mais rassure toi jeune vaï il va bien et il a pris le temps de se reposer un peu. ». Je me sentis légèrement soulagé puis la panique m'envahit à nouveau:
« Les mines du Nord ?!
-Heu... Oui il a acheté un équipement anti-feu complet et il est parti dans l'après-midi. Il fait nuit maintenant, il ne devrait pas tarder à revenir. ».
Je finissais mon breuvage et me levais du lit pour sortir, la Gerudos me regarda bizarrement alors que je récupérais mes affaires éparpillé dans la pièce. Une fois fais je me plaçais devant elle et me courbais dans une simple révérence de remerciement en joignant mes mains devant moi et en disant:
« Labira, merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Je te serais éternellement reconnaissante ! Mais je dois y aller désormais ! J'irais sûrement à la cité Gerudos plus tard, j'espère pouvoir t'y revoir !
-T'en fais pas pour ça, si j'ai pu être utile c'est l'important. ». Je lui souris une dernière fois avant d'ouvrir la porte de la chambre pour m'en aller vêtue de mes nouveaux vêtements. Je n'avais pas de temps à perdre ! Je devais retrouver le Prodige !
Je courrais dans le village et je cherchais mon compagnon dans tous les recoins possible. Beaucoup de Gorons me regardèrent pendant que je déambulais partout pour tenter de le trouver. S'il était parti depuis cette après-midi, il était censé être de retour maintenant... Enfin, j'espère. J'ouvris ma sacoche pour voir si Nono était là... Mais, lui aussi avait disparut. Où étaient-ils ? Je courus en direction du boss du village lorsque je vis un homme en armure de pierre non loin de ce dernier... Mes yeux s'élargirent, malgré l'épaisse armure, je pouvais reconnaître l'homme pour qui mon cœur battait si fort.
Il se retourna en m'entendant courir dans sa direction, ses yeux s'élargissant, je pouvais les observer malgré le gros casque qu'il portait. Il était complètement ridicule désormais et une fois à ses côtés, je ne pris pas le temps de reprendre ma respiration que j'explosais dans un fou rire incontrôlé tout en le montrant du doigt. Il portait un bas assorti à son haut et un gros casque ressemblant à une tête de Goron... Il était loin d'être attirant ainsi, s'il pouvait garder cette armure constamment, je suis sûr que mes sentiments ne progresseraient pas, même si son caractère y était pour beaucoup. Ma tenue contrastait énormément avec la sienne et j'étais instantanément heureuse d'avoir pu obtenir celle-ci plutôt qu'une tenue me faisant ressembler à un Goron comme Link.
Je le vis rougir, il détourna les yeux, visiblement gêné. Nous étions hors de porter du vieux Goron donc le héros en profita pour me parler :
« Si seulement la déesse Din avait enchanté ma tenue du prodige pour m'éviter de porter cette tenue ridicule... ». Je ris à son commentaire tandis que son regard était sur moi désormais. Il m'analysait de haut en bas et je rougissais un peu en jouant avec une de mes mèches libres en le questionnant :
« Ça ne me ressemble pas vraiment, mais c'est mieux que de mourir de chaud. » Dis-je en commentant la tenue qu'il observait. « Ça te va bien malgré tout. ».
Il rougit légèrement tandis que je sentais mes joues se teinter d'un rouge plus profond que les siennes... En même temps, ces simples mots n'avaient pas la même portés pour lui que pour moi...
Notre simple échange terminé, nous nous dirigions vers le vieux Gorons semblant très pensif. Ce dernier nous remarqua... Enfin, il remarqua le prodige et hurla: « Hey gringalet ! Yunobo m'a tout raconté ! Il m'a expliqué comment tu l'avais aidé. ». Hein ?... Comment ça ? Je ne comprends rien moi... Je lui demanderais plus tard. Le Goron face à nous tendit quelque chose à Link en lui disant :
« Tiens, prends ça en guise de récompense. Les Hyliens comme toi ont besoin de ce genre de trucs, non ? ». Link saisit ce que Buldo lui tendait et je découvris qu'il s'agissait d'un remède ignifus. Bon, c'était un peu tard... Mais ça pouvait toujours servir n'est-ce pas ?
Buldo reprit avec un air soulagé sur son vieux visage :
« Aaah, nom d'un roc ! Maintenant que j'ai pris mes antidouleurs, je vais pouvoir aller retrouver Yunobo ! Je voudrais pas manquer de respect à Daruk, mais faut qu'on aille botter les fesses à Rudania ! ». Link semblait un peu perdue, je comprenais pourquoi... Il ignorait qui était Daruk malgré qu'il l'ait déjà vue dans un souvenir, il ne s'en souvenait pas... C'était triste, mais c'était comme ça alors je dis:
« Il ne sait pas qui est Daruk...
-Quoi ?! Tu ne connais pas le grand Daruk Prodige des Gorons ?! ».
Buldo semblait outré, il regardait vers un certain point plus loin dans les hauteurs du village en disant : « Tu vois la statue là-bas ? C'est notre grand Daruk ! ». Nous nous retournions avec le héros pour observer de quoi il parlait et en effet... Le visage de Daruk était taillé dans la roche rouge du village. Mon camarade l'observait attentivement.
Je connaissais ce regard par cœur désormais... Ce regards vide qu'il faisait lorsqu'il se souvenait de quelques choses... Je ne pensais pas pouvoir partager ce souvenir avec lui et pourtant lorsqu'il saisit ma main dans la sienne ma vision se troubla instantanément et je pus découvrir moi aussi ce souvenir.
La scène prenait place sur les montagnes d'Ordinn loin du volcan à bord de Vah'Rudania. Ce dernier se déplaçait sur la montagne comme il le fait aujourd'hui encore et j'entendais la voix de Daruk dans mes oreilles : « Bon... Je saurais bientôt piloter la créature divine de main de maître ! ».
Je pouvais voir Daruk et Link sur le dos de la créature divine. Daruk faisait des exercices d'étirement avec Link l'observant. Ce dernier, il était vêtu de sa tenue du prodige habituelle. Daruk, lui, était un Gorons avec des cheveux blancs ainsi qu'une moustache et une longue barbe assortis. Sa tenue du prodige consistait en une écharpe drapée autour de son corps. Une chaîne en acier croisait son écharpe dans une diagonale inverse et au centre de cette dernière se trouvait l'emblème des Gorons. Des bracelets d'acier encerclaient ses poignets et ses bras. Il était très musclé dans mes souvenirs et au travers de celui-ci ma mémoire se confirmait.
Il continua de parler :
« C'est qu'en tant que grand champion des Gorons j'ai quand même une réputation à tenir moi ! ». Il arrêta ses exercices, se frottant le menton :
« Manquerait plus que le grand Daruk se laisse distancer par les autres Prodiges ! ». Il détournait son regard du Prodige Hylien, observant désormais les montagnes qui apparaissait dans le souvenir, il s'exclama:
« Admire un peu cette vue ! J'aime contempler ces arêtes et ces rochers rugueux... Rien que de les voir ça me met l'eau à la bouche ! Je sais pas qui est ce Ganon, mais je suis sûr d'une chose... S'il veut toucher à ces terres, il faudra déjà qu'il me passe sur le corps ! Hein petit gars ?! ». Il leva sa grande main, offrant un grand coup dans le dos de Link avant de rire.
Le Prodige hylien avança de quelques mètres en soutenant son dos dans la douleur. Mais il n'eut pas le temps de s'en remettre que Daruk l'approchait de nouveau en prenant cette fois-ci un air plus sérieux :
« Au fait, dis-moi, c'est le roi en personne qui t'a nommé chevalier servant de la princesse Zelda, pas vrai ? Eh ben ! T'en as de la chance ! C'est un honneur ! ». Il s'apprêtait à redonner un coup violant sur le dos de Link, mais déposa doucement sa main sur son dos... Main qui au passage faisait la taille du dos tout entier du héros. Daruk poursuivit :
« Bon... C'est vrai... La princesse Zelda... Comment dire... Elle a pas un caractère facile facile... Surtout avec toi. ». Daruk se gratta le crâne en regardant ailleurs. Il s'apprêtait à poursuivre son discours lorsque le sol se mit à trembler. Daruk leva les yeux au ciel disant :
« C'est quoi ça ? ». Le sol tremblait de plus en plus et peu de temps après de gros rochers se décrochèrent de la paroi de la montagne sur laquelle ils se trouvaient. Un des rochers se précipitait droit sur les Prodiges, mais Daruk joignit ses mains en direction du rocher en fermant ses poings.
Le rocher rentra en contact lors de son impact avec les poings de Daruk et autour de lui un bouclier de feu se forma tel une carapace de tortue ce qui permis de détruire la source du danger en simples poussières. Daruk reprit une pose normal en se retournant tout naturellement vers Link: « Eh ben ! C'était moins une ! Qu'est-ce qui se passe ? La montagne de la Mort est restée parfaitement calme durant des décennies... Pour que la terre tremble aussi fort, ça peut vouloir dire qu'une seule chose... » Il ferma les yeux en baissant la tête doucement :
« Non... C'est pas possible... »
