CHAPITRE 32
Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous !
Encore une petite pause qui était malheureusement nécessaire, merci les exams (courage pour tous ceux à qui il reste des examens). Mais c'est fini ! Je vais pouvoir me consacrer à la publication de cette histoire ! Donc, je vous présente un nouveau chapitre, qui je l'espère, vous plaira ! Merci pour les commentaires, ça fait toujours plaisir !
Bonne lecture.
La dernière image que je vis fut le visage du Prodige Goron avant que tout ne devienne noir à nouveau. J'ouvris les yeux et lâchai la main de Link tandis que ce dernier observa une dernière fois le visage sculpté dans la montagne. Le vieux derrière nous reprit son histoire, ignorant notre comportement:
« Figurez-vous que ce bougre de Yunobo est un descendant du grand Daruk ! C'est pour ça qu'il peut utiliser le Bouclier de Daruk ! Du coup il se met en boule dans un canon, déploie le Bouclier et moi je tire pour l'envoyer percuter Rudania ! Parce que vous imaginez bien qu'avec des boulets de canon Ordinnaire, impossible de faire bouger ce fichu lézard... Nom d'un roc, trêve de parlotte, il est l'heure d'aller repousser ce bougre de Rudania dans son trou... OUILLE ! ».
Son dos se bloqua à nouveau et je me dirigeais vers lui pour l'aider à ne pas tomber du mieux que je pus. Il s'appuya en partie sur moi avant de poursuivre: « Ça va... ça va pas du tout les gringalets... Aïe aïe aïe aïe aïe... Nom d'une vieille caillasse, on dirait bien que je vais pas pouvoir bouger de la journée... Dîtes les gringalets, ça vous dérangerait pas d'aller dire à Yunobo qu'on va pas pouvoir s'occuper du lézard ? Il doit être du côté du pont d'Ordinn. » Je le lâchais lorsqu'un autre Goron vint aider le vieux.
Link qui commençait à se diriger vers les hauteurs du village, je me hâtais de la suivre rapidement je voulus lui parler mais il prit en premier la parole une fois loin de toutes présence au fur et à mesure que nous marchions sur le sentier grimpant:
« Comment te sens-tu ?
-Bien merci. La Gerudos s'est bien occupée de moi et je me sens en pleine forme désormais ! ». Il acquiesça simplement, continuant de marcher à rythme soutenu. La chaleur n'était qu'un mauvais souvenir alors que j'observais la lave alentour. De plus le soleil se couchant permettait de rafraîchir un tout petit peu l'atmosphère. Je brisais le silence autour de nous en le questionnant à mon tour: « Nono est avec toi ?
-Il est dans ma sacoche collé à un flacon d'eau.
-Je vois... Et... Qu'as-tu fait pendant que je me reposais ? ».
Il me regarda vaguement avant de détourner son regard sur la route: « Je suis allé libérer Yunobo qui s'avérait être coincé dans la mine du Nord suite à un éboulement. J'ai dû me servir de canon pour briser les rochers qui bloquaient l'entrée de la mine.
-Je vois... » et nous continuions de marcher en direction de ce grand pont dont parlait Buldo.
Je m'autorisais à observer Link malgré son armure m'empêchant de prendre un bon aperçu de son corps, vivement qu'il enlève cette armure... Mes joues se chauffèrent après avoir analysé ma pensée puis j'essayai de me convaincre: « Qu'il change de vêtement ! Je ne veux pas le voir sans !... Même si... NON ! Seulement dans ses vêtements habituels ! ». Je sentis la température grimper à nouveau, je posais mes mains sur mes joues pour m'assurer qu'elles n'étaient pas brûlantes, mais bien sûr la température extérieure altérait celle de mon corps.
Nous marchions pendant quelques minutes lorsque des cris provenant d'un point plus haut se firent entendre, Link me demanda, ayant peur d'être fou:
« Tu entends ?...
-Oui quelqu'un doit avoir des ennuis ! ». Nous courions en direction des cris et au fur et à mesure que nous avancions je pus apercevoir un Goron avec un bouclier de flamme identique à celui que possédait Daruk. Il était recroquevillé sur lui-même tandis que des Moblins l'attaquait. Pas de doute, il devait s'agir du fameux Yunobo.
Link sortit son épée et moi ma lance prête à faire mordre la poussière aux monstres ! Nous arrivions face à ces derniers après une course effrénée et nous découvrions deux Moblins pour être précis, un chacun. Link se chargea du premier sur lequel nous tombions, quant à moi, je courus en direction de celui-ci nous ayant pas encore remarqué. Je m'empressais de tenir ma lance pour le transpercer mais il para mon coup... Ces monstres étaient idiots mais certains savaient un peu se battre malgré tout.
Je fis quelques pas semblant aléatoire mais ayant pour but réel de le désorienter, puis je lui affligeai un coup horizontal. Il vola à quelques mètres, tentant malgré tout de se relever. Je n'eus aucune pitié pour aller le transpercer avant qu'il n'eût le temps d'être à nouveau sur ses... pattes ? Je visais en plein coeur et il fit un cri horrible avant de rendre l'âme dans un bref soupire. Je souris fière de moi avant de poser un pied sur la bestiole décédé pour enlever ma lance de sa poitrine.
Une fois fait, j'observais la lame couverte de sang... Un frisson de dégouter me traversa lorsque je rangeai ma lance. Le Prodige en avait lui aussi fini avec l'autre monstre et se dirigeait vers Yunobo. Ce dernier me dévisageait ouvertement, me mettant mal à l'aise.
Il ressemblait légèrement Daruk... Enfin surtout il portait l'écharpe de son ancêtre autour de cou tel un foulard, il avait accroché chaque extrémité du tissu à un cadenas qui pendait sur son torse, il y avait d'inscrit le symbole Goron. Il possédait des bracelets en fer identique à ceux de son aïeul ainsi que des cheveux blancs ondulés. Il était posé près d'un énorme canon et son bouclier de feu se dissipa peu à peu.
Nous nous approchions de lui alors qu'il continuait de me suivre des yeux... Qu'est-ce qu'il veut lui ? Ma tête lui convient pas ? Je le dévisageais à mon tour en soulevant un sourcil pour le juger. Il jouait nerveusement avec ses mains lorsqu'il se mit à parler:
« Je suis Kitsis et j'accompagne cet hyliens dans un long voyage.
-Ah je vois... ».
Il regarda ailleurs en se grattant l'arrière du crâne tout en disant: « Pfff... Le boss n'est toujours pas là, je me demande ce qu'il fabrique. ». Link me fit un regard disant clairement: dépêche-toi de lui dire ce pour quoi on est là. Plus couramment appelé: Bouges toi.
« Heu en fait... Le boss ne viendra pas.
-Hein ? Quoi ?! Vraiment ?! Mais pourquoi ?!
-Ces reins lui font bien trop mal. ». Il passa ses grandes mains dans ses cheveux de manière frénétique en disant:
« Les antidouleurs n'ont pas fait effet... C'est rageant ! O-On a eu tellement de mal à mettre la main dessus ! Enfin... ». Il baissa les épaules en prenant un air abattu: « Si le boss peut pas venir, ça sert à rien de l'attendre. Je vais rentrer... Tant pis... ».
J'offris un regard à la créature divine qui se baladait non loin de nous sur le volcan alors qu'une voix familière parla près de moi, je me retournais surprise de l'entendre parler à Yunobo:
« Attends.
-Hein ? Quoi ? Pourquoi ? ». Link regarda la créature divine lui aussi avant de dire: « Je veux piloter Rudania.
-Q-Q-Quoi ?! Tu veux entrer dans la créature divine ?! T-tu te prends pour le grand Daruk ma parole ! C'est b-bien trop dangereux ! Si tu parvenais à l'affaiblir tu parviendrais peut-être à pénétrer à l'intérieur, m-mais bon... Mais pourquoi ? ».
Link se mit à expliquer à Yunobo notre présence ici, je voulais écouter mais mon esprit me tourmentais et je sentis une vive migraine arriver dans mon crâne que je saisissais en tentant d'ignorer la douleur. La voix dans mon esprit était revenue...:
« Es-tu excité de me revoir ? Tiens-toi prête, ce jour est bientôt là. Je ne tiens plus en place, j'enchaîne les meurtres pour ne pas craquer avant l'heure... Vivement que je puisse à nouveau te serrer dans mes bras. ».
Mes yeux s'élargirent lorsque j'entendis les paroles qui se glisser et se répéter dans ma tête... Bientôt ?... Quand exactement ?... À chaque fois que cette voix me parle, j'ai encore moins envie de savoir qui est son détenteur... Je suis... Effrayé.
La voix de Yunobo me sortit de mon esprit à mon plus soulagement: « Hmm... Je ne comprends pas tout, mais ce que je sais, c'est que tu as tes raisons. ». Il regarda derrière nous, où se trouvait un lac de lave et un pont relevé, il était impossible de passer, il poursuivit:
« Le problème, c'est que le boss a relevé le pont d'Ordinn pour que Rudania ne vienne pas par ici. Du coup pour s'approcher de la bête, il faut d'abord abaisser le pont. D'habitude c'est le boss qui s'en charge avec son canon... Sans le boss on peut pas se servir du canon pour abaisser le pont ! On est bloqués... ». Il reprit une mine déçus sur son visage tout en regardant le sol tel un enfant.
Je m'apprêtais à prendre la même expression mais il eût un éclair de génie: « Hey mais... Maintenant que j'y pense ! Tu sais te servir du canon du boss toi, pas vrai ?! ». Il regardait Link, ce dernier acquiesça simplement. Le goron parla d'un ton plus doux:
« Alors... On pourrait se passer de lui... On va s'organiser comme on fait d'habitude avec le boss ! J-je joue le rôle du boulet... et toi tu tires !
-Ça va pas la tête ?! » Dis-je complètement choqué de sa proposition. Il me regarda avec un grand sourire en activant son bouclier au même moment:
« Je peux utiliser ce bouclier que m'a transmis mon aïeul ! Avec ça, croyez-moi, je ne crains pas les chocs ! Je peux percuter n'importe quoi, ça fait même pas mal ! Mon aïeul le grand Daruk était quelqu'un de vraiment exceptionnel ! E-enfin... C'est ce que m'a dit le boss... Et moi, ben je peux me servir de son pouvoir spécial. Donc vous en faites pas ! Il suffira à l'hylien de viser le pont d'Ordinn et de tirer ! Mais n'y va pas trop fort quand même... ».
À ses mots le goron se roula en boule en activant son bouclier et sauta dans l'extrémité du canon...
Bon, s'il disait que ça allait le faire... Autant le croire ! Link me donna un regard avec un ordre sévère: « Descends. ».
J'étais un peu surprise de sa commande soudaine mais j'obéis malgré tout. Je sautais de l'énorme rocher sur lequel reposait la canon et je m'éloignais un peu.
Link sortit sa tablette Sheikah et créa une bombe ronde qu'il glissait dans le canon avant de dégainer une grosse épée à deux mains différente de celle qu'il avait habituellement. Je reculais un peu plus, effrayer de ce qui allait se passer. Link donna un coup avec son espadon à deux mains sur le levier à côtés de lui et le rocher sur lequel nous nous trouvions auparavant se mit à se pivoter pour se trouver dans l'axe du pont et pile à ce moment précis Link fit exploser la bombe.
Instamment de la fumé jaillit du canon et Yunobo fut propulsé à l'extérieur en direction du pont relevé. Il entra en collision avec le pont d'Ordinn et ce dernier tomba immédiatement, formant un passage en direction du volcan, obstruant partiellement le lac de lave. J'entendis crier au-dessus de moi, je vis Yunobo tomber du ciel dans ma trajectoire. Je reculai, heurtant Link, ce qui me fit sursauter, je pris un peu plus d'espace par rapport au prodige. Yunobo rentra en collisions avec le sol et rebondit tel une balle à plusieurs reprises avant de se retrouver sur ses deux pieds complètement étourdis en disant:
« J'ai réussi... ! Youpi... ! Même moi... Quand je veux je peux... ! Le bouclier de mon aïeul... il est incroyablement puissant, hein... ? Aller encore une fois je veux encore faire le boulet ! Mais avant... On traverse le pont en chantant ! ». Je m'approchais de lui et passais ma main devant ses yeux... Aucune réaction. Je claquais mes doigts, toujours rien... Il me rappelait le prince Sidon lors de la fête au domaine Zora, sauf que Yunobo n'avait rien bu...
Link haussa les épaules... Bon... Je pris un doigt de Yunobo dans ma main, les Gorons avaient des mains énormes ! Je voulus le tirer vers le pont jusqu'à ce qu'il reprenne ses esprits mais mon contact avec sa peau rugueuse le ramena à la raison et il sursauta, s'éloignant de mon contact. Je pris alors un aperçu de ce qui se trouvait au-delà du pont.
Nous allions partir pour récupérer Vah'Rudania, nous étions à la moitié de notre aventure si rien n'empêchais notre progressions. Je regardais Link dans sa grosse armure ridicule et je ne pus contenir un rire. Il soupira, exaspéré, avant de passé devant moi, marchant à une allure rythmée. Mon cœur battait plus vite et je décidais de le suivre pour masquer ce tambourinement incessant dans mon esprit.
Yunobo nous suivit avec un sourire niais placardé sur son visage, il était amusant malgré tout et il ne semblait pas méchant. Il est si différent de son ancêtre, Daruk, et aussi si fière de ce-dernier, il portait fièrement les vestiges que lui avait laissé son aïeul alors que pour ma part... Je cachais la couronne de ma sœur en refusant catégoriquement de la porter. Je trouvais ça prétentieux de ma part et pourtant porter des vêtements lui étant destiné ne me faisait rien même si au fond... Je ne me sentais pas à l'aise avec cet accoutrement.
Je sortis de mes pensées alors que nous étions à mi-chemin à travers le pont pour regarder la créature divine qui se pavanait sur le versant du volcan vers lequel nous marchions. La créature en forme de reptile se redressa en levant la tête vers le ciel avant de hurler une nouvelle fois... J'avais vraiment l'impression que Rudania souffrait à cet instant même.
J'observais son architecture et je découvris sur son dos quatre plateformes qui s'ouvrirent pour laisser sortir des gardiens sentinelle. Ces derniers allèrent se placer à différents endroits sur le volcan en projetant leur lumière pour surveiller la zone.
Bien sûr... Ça aurait été trop simple sinon... Yunobo regarda la scène devant nous, en disant à voix basse: « Oh nan... Pas eux... C-ces éclaireurs sont vraiment casse-pieds... S'ils nous trouvent, ils vont alerter Rudania qui va s'exciter et faire entrer la montagne de la Mort en éruption... Ils... Ils arrivent toujours à me voir. On a déjà reçus plusieurs boules de feu sur la figure à cause de moi... ».
Il se frotta frénétiquement le crâne dans la hantise et la peur avant de poursuivre:
« Le boss, il les balais du revers de la main comme si c'était des gouttes de pluie et continue à avancer. Mais vous... s'il pleut des boules de feu vous risquer de le vivre assez mal... En tout cas, je veux pas tout faire rater, alors ce serait mieux que tu me signales quand je dois avancer ou m'arrêter. » Il s'adressa à Link avec ses dernières paroles. Le prodige acquiesça simplement. Le goron poursuivit:
« On va utiliser un signal pour ça, tu as une préférence ?
-Quand je sifflerais tu t'arrêteras ou te mettra en marche. » Et moi dans tout ça ? Je vais cueillir des fleurs pour décorer ?
Link enleva son casque et détacha les sangles du haut de son armure pour l'enlever. Il portait sa tenue du prodige dessous:
« Qu'est-ce que tu fais ?! Tu va cramer si t'enlèves ça !
-Cet armure est bien trop lourde. Si je la porte je ne serais pas assez rapide et efficace contre ces sentinelles je risque d'être repéré bien trop vite et pour la chaleur j'ai une solution. ».
Link ouvrit sa sacoche où se trouvait Nono et il prit le flacon que Buldo nous avait offert un peu plus tôt. Ah je comprends mieux. Il dévissa le bouchon avant d'avaler entièrement son contenue. Quand il eut fini, il rangea le flacon dans sa sacoche qu'il décrocha pour me la tendre. Je l'attrapais et je le regardais d'un air interrogateur avant qu'il ne m'explique:
« Nono ne supportera pas la chaleur et mes affaires risques d'encore plus me ralentir, j'ai juste besoin de ma tablette Sheikah et Mipha me soignera si nécessaire. ». Il me regarda très sérieusement, j'avais bien compris où il voulait en venir. Je mordis ma lèvre inférieure pour réprimander les pensées qui coulaient dans mon esprit avant de lui demander:
« Donc... Je reste ici ?
-Oui.
-Et je fais comment pour monter à bord de Rudania ? ».
Ses yeux s'élargirent un peu avant qu'il ne détourne le regard et ne dise: « Il vaudrait mieux que tu ne viennes pas, je pense que tu te souviens encore de ce qu'il s'est passé à bord de Vah'Ruta. ». Je me sentis bouillir de l'intérieur alors que je serrais mes mains en poing avant de lui dire le fond de ma pensée:
« Donc... Cher Héros d'Hyrule... Expliques-moi pourquoi est-ce que je dois même continuer de te suivre dans ton aventure si je ne peux même pas me battre ? ».
Link me regarda d'un air surpris et semblant bouche-bée, Yunobo ne savait plus vraiment où se mettre et il tentait de diminuer la tension environnante: « H-hey ! Ç-ça vous dit de discuter de ça p-plus tard ? ». Il sourit du mieux qu'il put alors que je lançais un regard de défis à Link:
« Yunobo à raison. Tu as pris le sérum tu dois te dépêcher d'aller accomplir ta destinée. Par contre, ta sacoche tu peux te la garder, je ne suis pas ton larbin même si ça y ressemble beaucoup. ». Je lui donnais sa sacoche après avoir récupéré Nono et l'avoir installé sur mon épaule. Je tournais les talons prête à m'en aller complètement vexé. Mon cœur battait fort et cette fois-ci ce n'était pas le sentiment habituel qui m'enivrait quand je pensais à Link.
… C'était comme de la haine. Je pensais qu'il me faisait confiance depuis le temps mais au fond… Me protéger n'est qu'une excuse pour que je ne sois pas dans ses pattes, je le retarde constamment et c'est sa façon polie à lui de me dire que je suis inutile. Très bien. Je vais m'asseoir sur un caillou et attendre, de toute façon je ne sers à rien d'autre.
Je vis Link soupirer et lever les yeux au ciel alors que je m'étais assise sur la pierre où reposait le canon qu'il avait précédemment utilisé. Je ramenais mes jambes près de ma poitrine et posais ma tête sur mes genoux alors que j'observais le héros parler avec Yunobo. Ce dernier ne cessait de regarder dans ma direction et je me sentis tel un animal mis en cage. Au fond… Même si à cet instant précis je le haïssais… Je voulais qu'il me regarde. Mais à aucun moment il ne me prêta une once d'attention. Il se tourna vers le chemin qu'ils allaient prendre à mon opposé et je les vis partir petit à petit vers l'ascension du volcan.
Yunobo se retourna une dernière fois pour me regarder avant de détourner rapidement ses yeux vers Link pour lui chuchoter quelques choses à l'oreille. Je n'aimais pas qu'on parle derrière mon dos mais actuellement je m'en fichais.
Les minutes passèrent et j'étais toujours au même endroit que précédemment. La lune montait plus haut dans le ciel au fur et à mesure que le temps s'écoulait. Je commençais à sentir mes membres s'engourdir. Je pouvais distinguer Link et Yunobo sur le volcan à certains endroits. Ils avaient réussi à faire reculer Vah'Rudania de quelques mètres vers le cratère grâce à la technique qu'ils avaient utilisée plus tôt. Je restais sagement dans mon coin en prenant soin de Nono et en débattant avec mon esprit…
À quoi bon rester ici… Il va mettre plusieurs jours à récupérer Rudania des mains de Ganon, autant retourner au village… Je ferais même mieux de m'en aller définitivement et le laisser tranquille. Mon coeur me criait d'arrêter d'être aussi puéril mais mon esprit voulait arrêter de se voiler la face. Je suis un poids comme ma soeur l'était…
Nous sommes toutes les deux tombés amoureuses et jamais il ne répondra à nos sentiments, ni elle, ni moi, ni qui que se soit. Ganon, je peux aller l'affronter dès maintenant. Je sais que je peux le faire mais… Sans Link et l'épée purificatrice, la tâche risque d'être bien plus ardue. Et d'ailleurs… Je n'avais plus aucune raison de le faire. L'homme qui était dans mon coeur avait été remplacé aussi facilement… Peut-être que je ne l'aimais pas autant que je le pensais ? Peut-être que mes sentiments pour Link sont éphémères eux aussi… Mais un de mes objectifs demeurait, je voulais revoir ma soeur.
Je me levais et regardais en direction du volcan face à moi avant de me retourner et regarder les plaines à l'horizon. Un frisson me parcourut, je pris un aperçu de mes mains. J'ai réussi à tuer un gardien à main nue… J'ai dissous des blocs de glace d'environ trois fois ma taille… Mais je suis incapable d'aider correctement le héros d'Hyrule… Je suis… inutile.
Le sol trembla violemment et me sortit de mes pensées morbides. Je regardai la créature divine sur le versant du volcan face à moi et cette dernière frappa la montagne avec sa queue à plusieurs reprises et le sol se mit à trembler plus fort. Je me tenais à un rocher près de moi et mes yeux s'élargirent alors que je vis Link et Yunobo sur volcan après l'escalader. Yunobo avait été remarqué par l'un des gardiens et comme prédit, Rudania réagit à la présence non désirée.
Une éruption ne tarda pas à arriver et Yunobo se mit à courir affolé dans tous les sens tout en s'enveloppant dans le bouclier transmis par son aïeul. Link lui était à découvert et cherchait désespérément un endroit pour se mettre à l'abri. Mon coeur accéléra et mon estomac se tordit alors que je découvris en même temps que lui qu'il n'y avait nulle part où il pouvait se mettre à l'abri. Une vague de peur ondulait dans mes veines et je serrais mes poings en observant la scène se dérouler sous mes yeux. Mes lèvres s'entrouvraient et je voulais hurler à Link de faire attention… Mais à quoi bon ? C'était inutile.
Je ne pouvais pas correctement le voir mais je pouvais distinguer qu'il ne bougeait plus et qu'il regardait attentivement le ciel en attendant l'éruption. Je joignis mes mains pour prier et je me rappelais qu'en fait… Moi aussi j'étais en danger il fallait que je me dépêche de trouver un abri mais, mes nerfs ne répondaient plus et je sentis la peur me clouer au sol. Je ne bougeais pas alors que des effusions de lave jaillirent du caractère de la montagne de la Mort.
Elles éclairaient le ciel et c'était magnifiquement terrifiant, mais pas assez distrayant pour ôter mes yeux du prodige Hylien. Il courait en direction d'un rocher que Yunobo serait en mesure de soulever. Il allait pouvoir se mettre à l'abri avec l'aide du Goron. La peur commença à me quitter peu à peu en étant soulagé de savoir qu'il allait s'en sortir… Enfin, c'était pas encore gagné. Il courut le plus vite possible pour tenter de rejoindre cet abri de fortune mais les boules de feu induit par la gravité étaient bien plus rapides.
Mes poumons suppliaient pour un apport d'air mais j'étais bien trop absorbé par la scène sous mes yeux pour penser à respirer. Link se tourna vers ma direction avant de se mettre à l'abri et… Pendant une seconde j'ai cru sentir son regard se poser sur moi. J'aurais voulu en être sûr et surtout m'assurer qu'il ne s'agissait pas de mon imagination mais la réalité me rattrapait. Il plaça ses mains autour de sa bouche pour augmenter le volume de sa voix mais je ne l'entendis toujours pas; alors il me désigna le ciel avec un doigt. Je levais les yeux et j'avais complètement oublié… CE DÉTAIL !
Je regardai les boules de feu venir vers moi et j'entendis Nono dire: « Oh oh, on est mal. » avant qu'elle ne commence à rentrer en collisions avec la terre à certains endroits.
La chaleur augmenta d'un cran alors que les sphères de flammes se rapprochèrent du sol mais mon regard retourna vers Link qui était toujours après m'observer. Ne me regarde pas, mets-toi à l'abri je hurlais dans mon esprit. Il ne bougea pas d'un poil alors Yunobo tentait désespérément de le mettre à couvert, mais il n'en fit qu'à sa tête et ne se protégea pas.
S'il te plaît Link… Tu as voulu que je reste ici. Assume tes choix et ne t'occupe pas de moi.
Un frisson d'horreur me traversa alors qu'un météore se rapprochait de plus en plus de lui, il leva les yeux vers le ciel. Se rendant alors compte du danger, il essaya de se mettre à l'abri… Mais c'était trop tard maintenant, il ne pouvait plus se cacher et mon coeur s'arrêta de battre, le monstre de flamme se rapprochait du prodige qui tentait vaguement de se protéger avec ses bras. Non… Il ne peut pas terminer ainsi ! Pas maintenant !
Il faut qu'il sache… Il faut qu'il connaisse toute la vérité ! Je tendis instinctivement la main vers la position du héros et du Goron en criant le prénom de celui qui occupait mes pensées jour et nuit: « LINK ! ». Je sentis une larme couler sur ma joue alors que le météore n'était qu'à quelques mètres de celui… que j'aimais. Mes émotions se bousculaient dans mon coeur et dans ma tête. Mon pouls augmenta considérablement dans mes veines et je ne prêtai plus aucune attention à ma situation désespéré alors que j'entendis le korogu hurler de détresse à mes côtés. Je préfère mourir à sa place, déesse. Sauvez-le !
Tout mes sens s'éveillaient les uns après les autres et ils devenaient incontrôlable. Mes cheveux dans mon cou se dressaient alors que la chair de poule devint peu à peu maîtresse de mon corps. Une douleur atroce traversa mon coeur avant que je ne ressente une sensation intense familière dans tout mon corps. La même que dans le labyrinthe…
La même qu'avec Ruta. Ma vision se troubla et tout autour de moi devint lumineux. Je ne vis plus rien pendant quelques secondes tandis que la terre tremblait sous mes pieds. Lorsque mes yeux me permettaient à nouveau de voir, j'étais dans une sphère magnétique avec des reflets bleus. Son diamètre était équivalant à ma taille. Je pouvais voir à travers, la scène autour de moi. Le météore censé me tuer fut dissous au contact de la sphère pour ne devenir que poussière. J'entendis le petit Korogu sur mon épaule dire:
« C-c'est quoi ça ?!-Je… Je n'en ai aucune idée ! ». Mon coeur se serra dans ma poitrine alors que Link revint au galop dans mes pensées. Je regardais là où il était avant que mes yeux ne décident d'être atteints de cécité. Mon coeur martela ma poitrine et je respirais de nouveau sans me rendre compte que je privais mes poumons d'oxygène depuis de longues secondes. Link était lui aussi entouré de la même sphère magnétique que celle dans laquelle j'étais, il était protégé de l'impact des boules de feu à mon plus grand soulagement.
Il est en vie… Déesse, merci ! Je souris dans la joie tandis que je sentis mon corps faiblir tout à coup. Le bouclier magnétique s'affaiblit petit à petit et je ne pus plus le maintenir. Je tombais à genoux dans la fatigue après m'être assuré que plus rien ne menaçait nos vies, puis je me rendis compte de ce qu'il venait de se passer.
J'ai sauvé… J'ai sauvé le héros d'Hyrule ? Je lui ai sauvé la vie ! Je tenais sa vie entre mes mains et je l'ai protégé, je ne l'ai pas tué ! Je pleurais de joie en essuyant rapidement mes larmes à l'aide de mes mains et un sourire se profila le long de mon visage. Je regardais le héros poursuivre sa route tout naturellement avec Yunobo.
J'ai pu protéger quelqu'un de cher à mon coeur une fois dans ma vie, je peux mourir tranquille maintenant. Je ne sentais plus aucune partie de mon corps mais mon coeur battait fort et je sentais une chaleur immense m'inonder, une douce chaleur que je n'avais jamais connue à ce jour. Je posais une main sur ma poitrine tout en baissant les yeux vers le sol: « Vas-y Link… Je sais que tu peux y arriver. ».
Puis, je tombais de fatigue au sol en entendant une voix à côté de moi avant de m'endormir, une voix familière mais ce n'était pas celle du Korogu qui m'accompagnait:
« On dirait que je suis arrivé trop tard. À une prochaine fois alors, Princesse. ». Je sentis quelque chose de chaud et humide sur ma joue lorsque je tentai d'ouvrir légèrement les yeux, tout était flou mais je distinguais un visage près de moi avant qu'il ne s'éloigne et que je ne perde connaissance.
