CHAPITRE 37

Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous.

Disclaimer: Si vous êtes sensible et peu à l'aise face à la torture, la mort, la phlébotomie et plein d'autres choses dégueux, je vous déconseille fortement ce chapitre. Même si rien n'est explicitement dit, enfin, presque. Promis, après celui-ci c'est fini. (OU PAS)

Info peu intéressante: Je parle de brûlures dans ce chapitre, juste pour préciser qu'une brûlure fait mal seulement et uniquement si elle est du 1er ou du 2ème degré (2ème degré superficiel). Les brûlures du 2ème degré profond et du 3ème degré sont indolores, car les nocicepteurs (nerf de la douleur en gros) sont brûler, donc plus de douleur. Pour ça qu'elle a pas SI mal que ça. Voilà.

Merci de lire cette histoire, merci les commentaires.

Aller bisous, bonne lecture.

La nuit avait été agitée et d'ailleurs... Je n'avais pas dormi, pensant au choix que j'allais devoir faire. Mourir aujourd'hui et vivre en paix avec l'homme que j'aimais depuis toute petite, mais apporter un sort incertain à Hyrule... Ou résister et prier pour un miracle qui je savais, ne viendrait jamais. Je me demandais quel serait les conséquences de ma mort... Est-ce qu'il y en aura même une seule ? Est-ce que je manquerais à quelqu'un ? Orbital peut-être un peu... Nono aussi ? J'espère. Le prince Sidon ? Yunobo ? Je n'en sais trop rien... Ma sœur ?... Elle m'a sûrement oublié.

Je jouais nerveusement avec le bas de ma robe blanche et je me souvenais que tous mes vêtements avaient brûlé dans un grand feu de joie. La tenue offerte par le Roi Dorefah, celle offerte par le boss Buldo, celle par Impa, ma sœur et la femme du relais. Tout était parti en cendre... Tout... J'espérais qu'il ne s'agisse que d'un mensonge visant à me faire souffrir, mais je me doutais qu'il ne mentait pas. La couronne de ma sœur avait peut-être résisté, mais après tout... Ce n'est qu'un vieux bijou.

Je regardais mes bras et mes jambes couverts de contusions laides et de légères plaies pas tant inquiétante de prime abord, mais assez douloureuses malgré tout. Chaque mouvement était une torture et chaque pensée me rappelait mon dilemme du jour. Je n'avais pas touché à ma ration quotidienne, comme d'habitude et si Len ne me tuait pas aujourd'hui, il y avait de grande chance pour que je meurs de faim. Si je mourais aujourd'hui, j'irais avec lui au château d'Hyrule et je pourrais revoir ma sœur, une dernière fois avant de m'en aller avec Len. J'espère sincèrement que Link pourra la sauver et lui offrir un avenir des plus radieux. Je veux qu'elle puisse vivre heureuse et lui aussi d'ailleurs.

Le grincement habituel de la porte du cachot me sortit de mes pensées, je regardai mon bourreau entrer dans la pièce vêtue différemment aujourd'hui. Il portait une tenue noble, on aurait dit la tenue de cérémonie des gardes royaux. Une partie de ses cheveux était tiré vers l'arrière dans une queue-de-cheval tandis que seulement une partie de ses mèches habituelles retombaient sur son visage. Il était... Beau et je pensais le reconnaître un peu plus désormais.
Il siffla un de ses serviteurs qui vint prestement le rejoindre avec une pile de vêtements contenue difficilement dans ses bras.

Un autre serviteur ouvrit la porte de ma cellule et le bokoblins portant les vêtements se dirigea vers moi avec, Len le suivant derrière. Le bokoblins déposa la pile de vêtement à côté de moi avant de s'en aller en fermant la porte de la cellule derrière lui, puis tous les bokoblins sortirent de la pièce. Je regardais Len, surprise par leurs comportements inhabituels, mais lui sembla tout à fait d'accord avec ça... Bon et bien... Laissons faire.

Il me regarda attentivement avant de regarder le plateau de nourriture remplie puis il reposa encore ses yeux sur mon corps avant de dire: « Si tu ne manges rien j'ai peur que tu ne sois pas très efficace aujourd'hui. » Je souris en regardant mes mains ainsi que mon sort droit dans les yeux:

« Je me briserais plus facilement ainsi... ». Len sembla vaguement surpris puis reprit un air stoïque en laissant reposer son dos contre le mur derrière lui tout en me regardant avec insistance. Quoi ? Quelques choses ne va pas avec ma tête ? Il regarda la pile de vêtements à mes côtés avant de dire sans la moindre gêne au monde: « Change-toi. » Mes yeux s'élargirent et mon cœur sauta un ou deux battements :

« H-hein ?! I-Ici ? D-Devant toi ?! » Il soupira, agacé par mon comportement, cela me rappelait quelqu'un... On dirait Link... Puis il poursuivit :

« Je t'ai déjà vue entièrement nue et dans des situations bien plus gênantes alors si tu ne veux pas que je m'en charge moi-même t'as plutôt intérêt à obéir. Je veux que tu sois belle pour le jour de ta mort. »

Bien... Je me levais du lit avant de retirer doucement et avec beaucoup d'appréhension ma robe blanche. Je sentais mes joues chauffer alors que son regard se posait sur mon corps presque nue, ce n'était pas la première fois certes... Mais je n'aimais pas cela pour autant, si c'était encore de la torture psychologique et bien elle fonctionnait à merveille.

Je regardais la pile de vêtements à côtés de moi et je dépliais rapidement la plus grosse partie de celle-ci que je reconnus comme étant une robe noire courte. Les manches étaient de simple bretelles tombant lâchement sur les épaules. Je mis sans attendre la robe pour me cacher de son regard un peu trop insistant à mon goût. La robe était très serrée au niveau du buste puis évasée après avoir passé mes hanches.

Le décolleté était trop plongeant et dévoilait l'espace entre mes seins, heureusement, c'est tout ce qu'elle laissait entrevoir. Au niveau de la taille, il y avait des petites roses l'encerclant et un voile rouge transparent tombait sur le jupon noir en dessous. Le bas de la jupe possédait des motifs rouge rappelant les roses au-dessus. Je regardais le reste des vêtements que je devais mettre, il s'agissait d'un collier ras de cou avec un nœud papillon que je décidais de mettre du côté dorsal et une paire d'escarpins noir simple. Je regardais Len et il me fit signe de les mettre. Je m'exécutais et rapidement, je me sentais de plus en plus mal à l'aise... Je ne le sens pas du tout...

Une fois complètement vêtue, Len se décida enfin à faire une autre action que simplement me regarder, il s'approcha de moi avec un cercle d'or dans ses mains, un cercle d'or qui faisait la taille de mon crâne, je me mis à appréhender ses prochains gestes... Déesse non... Il se plaça devant moi et s'apprêta à déposer le cercle fin sur ma chevelure alors que je reculais brusquement en l'évitant. Agacé de mon mouvement soudain, il soupira en disant:

« Tu n'as pas vraiment ton mot à dire, tu es de sang royal, tu es censé porter ce genre de bijoux. Obéis et profite de ces derniers moments de répits avant qu'il ne s'achève pour l'éternité. »

Je déglutis avec difficulté avant de gentiment abaisser ma tête pour le laisser déposer la couronne d'or sur mes cheveux presque assortis. Une fois son chef d'œuvre terminé il me regarda attentivement avant d'acquiescer d'un air satisfait. J'étais devenue sa poupée maintenant mais... Après ça, je mourrais et je le rejoindrais de l'autre côté et je n'aurais plus à subir tout ça... N'est-ce pas ?

Il s'approcha encore un peu et tout à coup me prit dans ses bras, ce qui eu pour conséquence de me faire hurler dans la surprise. Il me portait tel une princesse. Je passais instinctivement mes bras autour de son cou pour me sentir un peu plus en sécurité avant qu'il ne claque deux doigts et ne nous téléporter vers un lieu que je ne connaissais que trop bien désormais.

Nous réapparaissions dans la salle de torture toujours aussi peu éclairer et aussi peu décorer, seul des instruments de torture que je trouvais toujours plus nombreux chaque jour ornaient la pièce. Je m'attendais à ce que Len me dépose à terre pour que je puisse tenter désespérément de lui échapper comme d'habitude, mais cette fois-ci il me déposa sur la table au centre de la pièce. Mon cœur battait en signe de danger et mon cerveau me disait de faire quelque chose ! Mais ma raison savait que ça ne servait à rien... J'étais prise au piège et ainsi destinée à mourir aujourd'hui... Alors autant le laisser faire de moi ce qu'il voulait.

Mes bras tombèrent lourdement de chaque côté de mon corps alors que Len me sanglait à l'aide de ceinture liées au meuble sous moi, je le regardais faire sans rechigner... De toute façons, ça ne servait plus à rien de résister, j'étais condamné alors autant le laisser me briser le plus rapidement possible pour que je puisse m'enfuir de ce monde obscur et regagner la lumière aux côtés de celui que j'aime... Mes pensées allaient pour Len tandis que mon cœur battait pour... Link... Je ne pouvais pas oublier tous ces sentiments que j'avais eus pour lui aussi facilement... Je ne pouvais décidément pas me voiler la face.

Une fois bien attaché à la table sous moi Len se dirigea vers des placards contenant habituellement les ustensiles que je connaissais désormais si bien. Il sortit des poignards, des seringues, des sérum, des ciseaux et plein d'autre choses dont je ne connaissais pas les noms, mais dont je connaissais désormais l'utilité. Puis il sortit une grande barre de fer avec une croix à son bout, celui-là, je ne le connaissais pas. Len se dirigea vers moi avec d'abord un poignard, il me regardait avec un air triste qui fut rapidement chasser par sa nature désormais sadique. La plaie dans ma cuisse commençait tout juste à se refermer et il allait prendre un malin plaisir à l'ouvrir de nouveau... Je fermais les yeux en attendant mon heure et en le laissant faire de moi son jouet, je n'aimais pas ça... Mais je n'avais pas le choix... La déesse m'avait oublié depuis de nombreuses années désormais...

Une heure passait dans les cris et la souffrance alors que la torture augmentait un peu plus à chaque minute. Je pensais commencer à craquer au fond de moi... Mais rien. Je ne ressentais rien d'autre que les douleurs infligés à mon corps par les nombreux ustensiles. Ma peau se couvrait de sang un peu plus chaque minute et les plaies s'accumulaient, Len jouait avec à chaque seconde.

Il s'amusait à mettre toutes sortes de substances visant à empirer la douleur, mais il voyait aussi bien que moi que je ne craquais pas... Et pourtant je voulais craquer... Je voulais me briser pour mourir et être libre une fois dans ma vie... Mais impossible.

Len prit alors le dernier objet qu'il n'avait pas encore utilisé et il s'agissait de la fameuse barre de fer avec la croix en « X » qu'il le plaça au-dessus des flammes d'un petit feu allumé dans un coin de la pièce. Enfin, c'est ce que j'imaginais, je ne voyais pas vraiment d'où j'étais. Puis, il revint me voir les mains vides. J'étais toujours attaché et je ne pouvais rien faire. Il s'adossa à un mur avant de commencer une nouvelle étape de son plan machiavélique: la torture psychologique.

« Qu'as-tu fait du ruban que je t'avais offert à notre rencontre ? » Entre deux gémissements de souffrance j'arrivais à lui répondre:

« J-je... Je l'ai perdue... » Je tentais de supporter la douleur qui se propageait dans mes nerfs et qui vint harceler mon cerveau à chaque instant, mais Len ne me laissait pas une seconde de répit:

« Tu l'as perdue ? C'est si simple de dire cela. Tu n'aurais pas fait exprès de le perdre pour montrer à Link que tu étais libre ? » Mon cœur s'arrêta lorsqu'il eut prononcé son nom, je me sentis tellement indigne de penser à lui dans un moment pareil... J'étais si... impure à cet instant précis... Je mordis ma lèvre inférieure avant d'essayer de lui répondre tant bien que mal:

« Nan... J-je l'ai perdue sur Vah'Rudania... Je te le promets... ». Je plissais fort mes yeux alors qu'une nouvelle vague de douleur m'envahissait et je criais encore une fois. Len poursuivit en regardant ses ongles comme s'il s'agissait de la seule chose pouvant accaparer son attention:

« Et dis-moi... Tu veux bien me le montrer ce pouvoir ? » Mes yeux s'élargirent, ma pensée prenant le pas sur la douleur.

« Je... ne sais pas comment le déclencher... » Len sembla déçu de ma réponse; il se dirigea vers moi en se penchant au-dessus de moi avant de dire:

« Donc... Link a le droit de le voir... Mais, moi... Celui que tu aimes, n'est même pas autoriser à ne serait-ce que le toucher ? Il faut que tu te sentes en danger extrême pour le déclencher ? Très bien, je vais arranger cela. ». À ses mots, il se pencha vers moi pour m'embrasser, un baiser presque chaste; puis il se dirigea vers la barre de fer qu'il avait laissé au-dessus du feu. Le « X » à son bout était devenu rouge signifiant que le fer était en fusion et mes yeux s'élargirent alors que je comprenais ce qu'il allait me faire.

Mon cœur battait follement et pour la première fois depuis un petit moment... J'avais peur. Très peur, il allait me marquer au fer... Comme du bétail ! Il s'approchait de moi en regardant attentivement la partie rouge avant de me regarder:

« Alors... Où vais-je te marquer pour que ton pouvoir apparaisse ?... Hum j'ai le choix... Mais je pense que cet endroit sera le plus approprié...
-ARRÊTE ! Je t'en supplie ! Tout sauf ça ! »

Il me regarda puis se mit à rire, il retira une larme menaçant de couler sur sa joue à cause de son précédent fou-rire:

« J'ai le droit de faire tout ce que je veux... Je vais te libérer de ces liens qui t'entravent depuis ta naissance alors... Sois gentille et montre moi ton pouvoir. » Il plaçait le fer brûlant face à mon bras, là où se trouvait ma tache de naissance.

J'essayais de tout faire pour m'écarter de la source de chaleur mais en vain et je criais jusqu'à m'époumoner. Il approcha encore un peu le fer en faisant le décompte:

« 3... » Il le rapprochait encore et je hurlais bien plus fort alors que je sentais les larmes couler le long de mes joues. Mes mains se serrant en poings et mon corps tout entier se contractant:

« 2... ». Je priais pour que le pouvoir que j'avais déjà eu plusieurs fois se manifeste à cet instant pour qu'il me laisse en paix mais... Rien n'y faisait. J'étais condamné depuis ma naissance:

« 1. ».

Le fer brûlant rencontra ma peau marquée et j'hurlais dans la douleur insupportable rendant mon corps tout entier en feu. Petit à petit, la douleur au centre de la plaie disparu, le fer brûlant mes terminaisons nerveuses. Seulement, la périphérie de cette dernière était toujours incroyablement douloureuse. Len riait à travers mes hurlements de détresse mélangée à mes sanglots... Malgré toute la souffrance... La voix de ma mère résonnait dans mon esprit:

« La différence n'est pas nécessaire un défaut, elle peut être un atout. Ce qui nous constitue nous rend uniques et il suffit d'un peu de courage, de sagesse et de force pour faire comprendre cela au reste du êtes sûrement différente de votre sœur, mais vous comprendrez, quand vous serez plus grande que vos différences sont vos forces. »

Mère... J'aimerais tellement vous croire, mais regardez moi, où que vous soyez, dites moi ce que vous voyez... Je crois avoir perdue la raison tandis que tout ce que vous m'avez dit tente de se frayer un chemin à travers la souffrance. C'est bien encore une fois, ma différence qui me fait souffrir...

La liberté est là, devant moi, elle rit de ma souffrance et elle me tend les bras pour que je la rejoigne et je veux me fondre dans cette étreinte dont je rêve depuis si longtemps mais... Rien ne se brise au fond de moi. Je me fissure peu à peu mais rien n'éclate, je suis toujours consciente et je peux toujours penser. Je peux encore me battre alors que je veux déposer les armes et m'en aller et pourtant... La voix de Link résonne dans ma tête comme une mélodie dont j'aurais abusée: « Ne meurs pas. » Je suis désolé... Mais dans tous les cas je mourrais.

***
Je m'étais évanouie dans la douleur de la torture comme à plusieurs reprises et je priais pour ne jamais me réveiller, je priais pour partir loin et qu'on en finisse de toutes ces blessures ainsi que de toutes ces larmes versé en vain.

Mais, je me réveillais dans le lit peu confortable de ma cellule austère, mon corps entier me faisait mal, chaque mouvement était comme remuer un couteau dans une plaie, mais une chose de sûre, j'étais en vie et je n'avais toujours pas cédé.

Je pris un rapide aperçu de mon corps endolori de part la douleur, mais aussi l'absence de gestes depuis plusieurs heures. Les ecchymoses avaient élu domicile sur presque toute la surface de ma peau ainsi que les nombreuses coupures ou plaies.

Étrangement, la douleur de mon bras était moindre. Je le regardais pour voir ma tache de naissance couverte par la croix bordeaux former par mon sang. Je n'osais plus bouger d'un pouce par peur de rouvrir toutes mes plaies et aussi en appréhendant que certain de mes os ne soit briser. Il n'y était pas allé de main morte, déterminé à me faire craquer, mais j'avais beau me laisser faire, j'avais résisté contre mon grès. Pourquoi Hylia... Pourquoi me maintenir en vie ? À quoi puis-je bien servir ?

J'entendis une voix m'appeler à l'autre bout de la pièce et je levais les yeux en sa direction: Len. Il était appuyé contre le mur de ma cellule:

« C'est pas trop tôt. J'ai bien cru que ça allait être fini pour aujourd'hui, mais tu n'as pas encore craqué. Je ne voulais pas partir pour le château sans toi, alors j'ai attendu ton réveil sagement. » Je m'agenouillais vaguement sur le lit en laissant mes mains soutenir en partie mon poids, mais mon bras me faisait bien trop mal, il remarqua ma grimace et me questionna:

« Comment c'est... De ne plus être marqué par le destin ? » Je le foudroyais du regard en lui rétorquant: « Tu m'as bien plus marqué en faisait ça...Et toi alors ? Tu possèdes toujours la marque. ». Il prit un air outré.

Je détournais le regard lorsqu'il enleva son haut devant moi, je ne pus m'empêcher de rougir violemment... Pourquoi les hommes sont-ils tous aussi spontané ? Il terminait d'enlever son haut avant de le jeter dans un coin de la pièce. Il me montra son épaule où était inscrit le même signe que moi et il l'avait lui aussi barré d'un « X », la plaie ne semblait pas être cicatrisé, il devait l'avoir fait très récemment, voir même il y a quelques heures, comme moi:

« Tu vois, je ne porte plus ce stupide signe. Je me suis levé contre mon sort et j'ai décidé de prendre mon destin en main. En t'imposant la même marque, ainsi, je suis sûr que tu partageras mon avenir. Tu n'es plus simplement la seconde princesse d'Hyrule désormais, tu peux être la première si tu le veux. Je ne suis plus le second meilleur chevalier d'Hyrule... Ça, je sais que je suis le premier. » Il sourit, fière de lui alors que mon cerveau le vit comme un fou:

« Len, tu sais que c'est faux ! Nous serons toujours condamné à être des ombres et c'est pour cela qu'on s'était promis de briller tous les deux ! Nous ne pouvons pas oublier le passé... Mais nous pouvons arranger l'avenir, il faut qu'on accepte notre sort... » Je baissais les yeux sur ma tache de naissance que je haïssais tant depuis mon enfance, mais j'avais appris à n'être que la n°2 et... Je mentirais si je disais que ça ne me dérangeait pas.

Len s'approcha de moi en disant: « Tu acceptes d'être la n°2 ? Alors tu acceptes d'être la seconde dans le coeur de celui que tu aimes ? » Mes yeux s'élargirent mais mon cœur se serra, mais je savais qu'il avait raison alors, je lui dis, le cœur lourd:

« Je l'ai toujours accepté, c'est ainsi. » Il s'approcha de moi avant de s'asseoir près de moi, se permettant de caresser ma joue, je m'éloignais instantanément de son touché, comme s'il avait la peste:

« Donc, ça ne te dérange pas si je te décris tout ce qu'il va se passer entre eux ? Tu l'acceptes ?
-Arrête Len... C'est différent, ça me dégoûte, je n'ai pas besoin de savoir ce genre de choses.
-Oh... Tu te voiles encore la face n'est-ce pas ?
-Non, alors arrête de parler de ça, je ne veux juste pas entendre ce genre de chose sur ma sœur ou sur le héros d'Hyrule. »

Il s'agenouilla près de moi tout en prenant mon menton entre deux doigts avant de s'approcher dangereusement de mes lèvres et de dire:

« T'as raison, je vais arrêter de parler... Autant agir, ce sera plus concret. »

Mes yeux s'élargirent en alerte alors que mon esprit me criait de m'enfuir lorsque je compris de quoi il parlait. Je reculais le plus loin possible de son toucher jusqu'à ce que mon dos rencontre le mur contre lequel était mon lit. Je me sentis pris au piège encore une fois; je tentais de le convaincre de ne pas faire ça:

« Len... Tu connais mon passé, tu ne peux pas me faire ça ! Je t'en supplie ! Je te laisserais me frapper ou me torturer autant que tu le veux mais pas ça ! ». Je plaçais mes mains devant moi pour tenter de le repousser alors qu'il saisissait une nouvelle fois mon menton pour me forcer à le regarder dans les yeux:

« Oui, je connais ton passé, je sais tout ce qu'il t'est arrivé et ainsi je sais que c'est le seul moyen pour te briser. » Il m'embrassa avec passion après avoir dit ses mots et rapidement ses mains allèrent sur mes cuisses pour commencer à les remonter. Je tentais de le repousser avec mes pieds et mes bras, cependant, il était bien plus fort que moi. Je réussis malgré tout à lui donner une gifle que j'allais regretter d'ici peu. Je me levais en catastrophe, tentant de m'enfuir de ce lit se transformant peu à peu en enfer. Je courus vers la porte de ma cellule dans un espoir qu'elle soit restée ouverte, mais lorsque mes mains rencontrèrent les barreaux glacés, je savais que... C'était fermé.

Je me retournais, Len s'approchait de moi en tenant une main sur sa joue récemment meurtris. Ma fréquence respiratoire augmenta, je ne pouvais me contenir, je ne pouvais cacher mes émotions alors que la peur me traversait toutes entières et me faisait frissonner. Len claqua deux doigts et mes mains se retrouvèrent liées par une chaîne familière... Lâche jusqu'au bout. Il m'approcha, je tentais en vain de lui échapper une nouvelle fois jusqu'à ce qu'il saisisse mes mains désormais captives et pose son front contre le mien en respirant lourdement:

« N'agis pas comme si tu en avais peur, ce n'est pas la première fois. » Je ne pouvais retenir mes pleurs alors qu'il me prit dans ses bras pour me porter jusqu'à l'enfer.

Il me déposa sur le lit de fortune et je tentais encore une fois de m'échapper mais il plaça une main puissante sur mon ventre et l'autre sur ma nuque pour me maintenir en place. Il m'embrassait sans vergogne et me caressait tandis que je hurlais pour une quelconque aide qui ne viendrait jamais. Chaque toucher était l'équivalent d'une brûlure et je pleurais à chaudes larmes à chaque fois qu'il déposait ses lèvres sur mon corps. Je... Je ne voulais pas que ça recommence, pas encore... J'étais plus grande maintenant, mais j'étais incapable de me défendre contre mon sauveur. Déesse... Je veux mourir.

Il continua à me torturer et je sentis que le moment était venu pour lui de m'achever, mais... Alors que je m'attendais à ce qu'il me fasse tout ce qu'il était censé me faire je vis son visage être rincé d'une grande tristesse. J'haletais alors que ses mains reposaient sur mes cuisses, et depuis longtemps mes joues étaient devenues des lacs de larmes. Par la suite, je m'attendais à tous les discours du monde, sauf celui-ci:

« Je... Je ne peux pas te faire ça... Pas à toi... » À ses mots il se redressa et enleva ses mains de mon corps pour se lever du lit sur lequel nous étions. Je le regardais tout en prenant instinctivement la légère couverture de mon lit pour me couvrir, même si j'étais encore habillé... Je me sentais nue et incroyablement sale. Len commença à s'en aller sans demander son reste mais... Je ne pus retenir ma haine de quitter ma bouche:

« Je te hais ! Je te déteste ! Je te laisserais jamais me briser et quand bien même ça devrait arriver... Jamais, ô, grand, jamais je ne m'unirais à toi ! Jamais tu m'entends ?! Je préfère crever et ne jamais revivre ! Parce que... »

Ma voix devint entachée de tristesse au fur et à mesure, je me persuadais que j'étais courageuse, que je pouvais finir et pensée tout ce que je lui dis:

« Je brillerais seule dans les ténèbres, sans toi, sans ma sœur... SANS QUI QUE CE SOIT S'IL LE FAUT ! » Je m'étais recroquevillé contre le mur et je reposais ma tête dans mes genoux pour laisser toutes les larmes de mon corps me quitter peu à peu. J'entendis une dernière fois la voix de Len avant qu'il ne s'en aille: « Je comprends... Mais un jour, tu me pardonneras. »

Je pensais alors qu'il s'en allait: « Plutôt crever que te pardonner... »

***
Les menottes avaient disparu en même temps que Len et désormais j'étais libre dans ma cellule... Quelle ironie. Len ne reviendrait pas avant quelques jours mais... Lorsqu'il reviendra, je sais qu'il s'exécutera cette fois et je devais m'enfuir ou trouver un moyen de lui échapper. Je m'étais effondré dans la fatigue et la douleur que subissait mon corps pour dormir je ne sais combien de temps, mais je me réveillais encore plus fatigué que si je ne mettais pas reposé. Je me sentais complètement sale et pourtant... Je n'avais pas la force de me nettoyer, j'étais propre... Mais je me voyais couverte de saleté que ses mains avaient laissés sur mon corps. Je ne cessais de passer mes doigts sur les parties de mon corps qu'il avait touché comme si ça allait les soigner. Les plaies de mon corps avaient du mal à se refermer tandis que la faim commençait à se saisir de mes tripes.

Heureusement pour moi, ma ration quotidienne arriva et j'allai tenter de manger sans tout vomir après, chose compliquée. Le bokoblin déposa la plaque devant moi alors que j'étais toujours recroquevillé au même endroit qu'hier. Il s'en alla prestement et j'étais à nouveau seule dans ce lieux froid et dépourvus de vie, il était empli de mort.

Je pris le bol dans lequel se trouvait un potage pas vraiment appétissant... Mais c'était mieux que rien. Je devais déjà m'estimer heureuse d'être nourris, bien d'autres personnes n'avaient pas cette chance... Je l'apportais à mes lèvres en soufflant légèrement dessus avant d'en boire une petite gorgée, c'était passable... Je mangeais et buvais tout ce qui se trouvait sur mon plateau avec appétit et pour une fois, je n'avais pas vomi. Je me félicitais pour cela.

En reposant le bol en porcelaine sur le plateau, je remarquais sa composition et je me demandais pourquoi donner un tel bol dans un matériau aussi fin à une prisonnière. Je l'observais attentivement avant de repenser à tout ce qu'il s'était passé ces derniers jours... À ce qu'il s'était passé hier, à la marque qu'il avait apposée sur mon corps, sur mon passé ainsi que mon avenir. Je sentis la tristesse et la rage me remplir et dans un excès de colère je pris le bol pour le balancer contre le mur le plus proche.

Il se brisa en différents morceaux avant de rejoindre le sol dans une cacophonie. Si seulement je pouvais me briser ainsi moi aussi...

Je pleurais en plaçant ma tête dans mes bras alors qu'une idée horrible me vint en tête. Si je meurs sans être brisé... Ganon ne pourra pas prendre mon contrôle et ainsi... Je n'aurais plus à voir Len ? Je pourrais être... Libre ? Mais... je n'avais rien pour me suicider dans les parages, pas de quoi me pendre et la couverture était bien trop abîmé pour tenter de me stranguler. Mais... Mes yeux se posèrent sur les morceaux de porcelaine brisés près de mon lit. Je peux toujours... Mourir ainsi ?

Len n'était pas là pour me surveiller alors... Je pouvais essayer. Je me dirigeais à quatre pattes jusqu'aux morceaux blanc et tranchant avant de me recroqueviller contre le mur le plus proche en prenant un bout assez imposant pour me permettre de mettre fin à ma vie. Je testais le bout de porcelaine sur un de mes doigts et il marchait à la perfection. Mon cœur accéléra alors que je me rendais compte de ce que j'étais sur le point de faire... J'allais mourir ? Enfin ? Je pouvais me suicider et mourir en paix, libérer ce royaume de ma présence ?...

Je regardais le bout blanc devenant peu à peu rouge alors que le sang se déversait dessus. Je suis comme le sang et ma sœur la porcelaine... Une tâche qu'on tente toujours de cacher sur le beau service... Et bien Zelda, j'ai enfin trouvé le moyen de nettoyer cette satanée tache venant tout gâcher de ton avenir si radieux.

J'approchais l'objet tranchant près des veines de mon poignet et je me préparais à ouvrir ma peau pour laisser sortir mon liquide vital qui ne devait plus vraiment couler à flots depuis le temps et les nombreuses tortures. Je repensais une dernière fois aux personnes que j'aimais et heureusement la liste était courte désormais, Len l'avait quitté. Seule ma sœur restait dans cette liste... Je me forçais à chasser Link pour mourir la conscience tranquille, mais... Il me rattrapait:

« Ne meurs pas. » Je pleurais en regardant mon geste désespéré et en repensant aux yeux bleus et tendres du héros... Je secouais violemment la tête pour m'enlever cette image de ma tête alors que je pressais le bout tranchant contre ma peau, mais alors que je m'apprêtais à détruire ma vie...

La porte du cachot s'ouvrit dans un fracas et je sursautais, lâchant immédiatement le bout coupant pour qu'il s'échoue sur le sol. Je pensais que Len était rentré plus tôt que prévu et mon cœur commença à s'emballer dans la hantise... Mais... Ce n'était pas lui.