CHAPITRE 38
Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous.
Pas de disclaimer pour ce chapitre !
Merci pour les commentaires ! ^^
Aller bisous et bonne lecture. *roulade*
Je restais immobile dans la pénombre de ma cage lorsque je vis trois personnes pénétrer dans la salle accompagnée d'un vacarme assourdissant. C'était étrange de voir autant de monde, étant uniquement habituée à la présence des Bokoblins et de mon bourreau.
« Déjà qu'en-dehors de ces geôles, c'était pas vraiment accueillant, mais alors là. Nono, je sais pas si on peut vraiment te faire confiance... ».
Je fus d'abord, choqué, puis empli d'espoir lorsque j'entendis la voix de ce Zora. Le Prince Sidon était là ! Mais... Était-il vraiment là, où était-ce simple une hallucination provoqué par une des drogues contenu dans mon organisme ?
J'en eus la réponse en le voyant suivre le petit korogu marchant devant lui, indiquant le chemin. Mon coeur s'arrêta de battre lorsqu'une seconde voix se fit entendre :
« J-je confirme ! Cet endroit est effrayant ! J'avais jamais entendu parlé de ce truc des obscurcis et j'aurai préféré pas connaître ! Je veux rentrer ! »
Yunobo, se jeune goron impressionné par tout, était venu à ma rescousse ?... Nono se retourna pour faire face aux deux hommes derrière lui:
« Chut ! Taisez-vous ! Je vous dis qu'on y est presque ! Bande de mauviettes ! Ça peut-être qu'ici ! » Une autre voix se fit entendre et je ne pus retenir mes larmes en reconnaissant son propriétaire:
« Tu disais déjà ça pour la première salle. T'as intérêt à ce que ce soit vrai où je te brûle avec ma torche. On cherche déjà depuis des heures et ma patiente à des limites. »
Mon cœur s'arrêta de battre tandis que je n'avais pas la force de faire une quelconque réaction... Link était là lui aussi, dans la salle et je restais bouche bée alors que je les observais dans mon coin, cachée par l'obscurité. Ils possédèrent des torches éclairant un peu plus la salle me permettant de voir le visage. Nono soupira:
« J'vous ai dit que c'est d'ici que je me suis échappé ! Bon, séparez-vous et fouillez encore une fois les cellules, c'est notre dernière chance ! » Yunobo enchaîna:
« M-mais... Comment peux-tu être aussi sûr de toi ?... Tu as peut-être juste rêvé de ça ? C'est normal d'être bouleversé quand on perd quelqu'un qu'on apprécie...
-Faites moi confiance !
-Il a raison, Impa aussi à détecté son aura près de cette forêt, alors nous ne pouvons que le croire. »
Affirma Link. Ils se regardèrent avant d'acquiescer tous ensemble et de se séparer vers chaque cellule. Link prit celles du fond, Yunobo celles en faces tandis que Sidon se dirigea vers la mienne. Mon cœur m'hurlait de crier que j'étais là mais... Quant à ma raison, elle me disait de rester caché et malheureusement je l'écoutais.
Je n'en revenais pas, ils étaient là... Ils étaient venus... Me chercher ? Je sentis mon cœur s'emplir d'une joie interdite alors que je pleurai toujours, j'avais pris ma décision et je ne voulais pas souffrir plus longtemps. La porte de ma cellule s'ouvrit et Sidon balayait la salle du regard avant de décréter trop rapidement:
« Bon bah pas là non plus. » Hein ?... Il était aveugle ou quoi ?! Je suis là ! Je tentais de bouger mais mon corps ne m'obéit pas... Ne bouge pas, ou ils mourront tous... J'étais immobile dans mon coin alors qu'il s'apprêtait à refermer la porte et me laisser seule face à ma mort. Nono se dirigea vers Sidon avant de lui dire d'un ton arrogant:
« Idiot. », le prince le regarda, outré puis s'agaça un tout petit peu:
« Hey ! Qui tu traites d'idiot espèce de feuille ?! Je suis pas aveugle, il n'y a qu'un cadavre comme dans toutes les autres cellules ! »
Nono ne l'écouta pas et se dirigea vers moi passant aisément les barreaux de la cage. Je ris mentalement en pensant... Un cadavre ? Voilà donc à quoi je ressemble ? C'était tellement dommage d'en être arrivé là. Nono m'offrit un regard attentif que je lui rendus.
Le Korogu toucha ma jambe recroquevillée et je m'éloignais légèrement de son touché montrant que j'étais bel et bien en vie, il cria dans la joie:
« Hey ! Trouvé ! » Sidon prit un air suspicieux puis se retourna pour ouvrir de nouveau la porte et venir près de moi:
« Arrête, ce n'est pas parce qu'elle est blonde que c'est elle, tu disais pareil pour la première que nous avons trouvé. Toutes les femmes dans ces cellules ont les cheveux blonds et longs, comme si l'enflure se moquait de nous en jouant à cache-cache. ». J'entendis Yunobo alors qu'il pénétrait dans la cellule qu'il avait décidé d'examiner:
« Pas toutes... Celle-ci est brune... Oh déesse, je ne pensais pas voir une hylienne dans un tel état si tôt dans ma vie. ». Il semblait véritablement choqué au son de sa voix, mais je l'étais bien plus. J'avais bel et bien vue un cadavre le jour de mon arrivée... Mais j'ignorais que j'en étais encerclé depuis le début, et surtout dans cet état...
Sidon dit par la suite: « Ce lieu est semblable à un donjon pour condamnés à mort. »
Puis il dirigea son attention sur moi. Je priais cette fameuse déesse... S'il vous plaît... Qu'ils partent, si Len revenait à cet instant... Je déglutis avec peine alors que j'imaginais toutes les choses horribles qu'il pourrait leur faire. Je fermais donc les yeux et je ne contrôlais plus aucun de mes muscles pour me faire passer pour morte... Allez-vous en... Je vous en supplie, sauvez-vous. Sidon s'agenouilla devant moi à quelques centimètres et je sentis son regard pesant sur moi. Il dit d'une voix calme et défaitiste:
« Si ça se trouve... Elle n'est tout simplement plus là. Elle est peut-être déjà loin ou il l'a peut-être emmené avant que nous arrivions, mais... Celle-ci m'a l'air assez ressemblante. »
J'entendis des pas se rapprocher de moi et je devinais qu'il s'agissait de Yunobo à la lourdeur de ces derniers:
« E-Elle est vêtue, c'est déjà un exploit. Elle respire ?
-Je ne sais pas... » Nono l'interrompit en s'agaçant: « Y a pas de doute possible ! Regardez bande d'idiots ! »
Nono reposait sur ma tête encerclé par mes bras entre mes genoux, ils ne pouvaient pas voir mon visage et c'est bien la seule chose qui les empêchait de me reconnaître... À moins que je ne sois devenue complètement différente. Nono glissa de ma tête pour atterrir sur mon épaule avant de parler de mon... Ancienne tache de naissance:
« Regardez ! Elle possède la tâche de naissance ! Et elle respire ! Je vous l'assure ! Allez Kitsis ! Fait nous un signe de vie. »
Les deux autres personne près de moi ne répondirent pas avant un moment, j'en déduisis alors qu'ils réfléchissaient chacun de leurs côtés avant d'appeler le héros... Non... Pas lui... :
« Link ! Viens voir ! » Je devais l'empêcher de me voir ainsi... Je sentis mes épaules trembler légèrement alors que les sanglots reprirent. Je tentai de leur hurler ma pensée, mais elle sortit tel un murmure:
« Allez-vous en... Je vous en supplie... ». Leurs regards me cernèrent à l'unisson. Sidon se précipita pour prendre mes épaules dans ses mains, dans un geste de base affectif:
« Kitsis ?! C'est toi ?! » Le contact de sa main avec la brûlure de mon bras me fit hurler instantanément: « Sidon ! Lâche-moi ! Je t'en supplie, ne me touche pas ! » Il enleva ses mains et je pus lire de l'inquiétude sur son visage mais Yunobo la manifestait par la voix:
« Kitsis ?... Ç-ça... Ça va ?
-I-Il faut que vous partiez maintenant... Si Len revient...
-On l'affrontera. ».
La voix de Link prit place après la mienne sans que je ne puisse continuer ma requête. Il me regardait droit dans les yeux et j'aurais juré que les siens s'étaient élargis en voyant... Mon état. Il se précipita vers moi, obligeant Sidon et Yunobo à lui faire de la place pour qu'il puisse s'agenouiller face à moi.
Je fis tout pour retenir mes larmes. Il était là, je pouvais enfin revoir celui que j'aimais...
Link bat Ganon, il est à bout de forces, mais malgré tout, il sauve la princesse et celle-ci pour le remercier lui offre un baiser... Ou plus si affinité...
Mon cœur se brisa peu à peu, je priais pour que ces yeux, fixés sur moi, ne puissent pas déceler cela... Moi en tout cas, je ne pouvais plus le regarder, dans les yeux... Comment le pourrais-je désormais ? Il prit une voix étonnamment douce, que je n'avais jamais entendus depuis tout le temps que nous voyagions ensemble:
« Je suis là, si tu veux pleurer ne te retiens pas, prend tout ton temps, mais sache que, dans tous les cas, tu rentres avec moi. »
Je vis une lueur se propager dans le bleu de ses yeux après ses paroles... De la haine ? Envers moi ?... Non, impossible. Je savais envers qui il dirigeait cette haine et je la partageais. Je ne pouvais plus contenir mes larmes et mon cœur me faisait atrocement mal ainsi que tout mon corps.
Mes mains serrèrent mes genoux meurtris et toutes les blessures de mon corps décidèrent de se manifester, mais... Je trouvais un moyen pour lutter contre celles psychologiques. Je regardais l'homme face à moi avant de doucement passer mes bras autour de son cou et l'étreindre aussi que mon corps me le permettait encore... Même si je n'en ai pas le droit, même si ça ne sera jamais réciproque... Je t'aime...
Il plaça ses bras autour de moi avec beaucoup de délicatesse pour ne pas me faire mal alors que je pleurais contre son épaule. Les deux autres personnes présente dans la cellule s'en allèrent pour nous laisser seul et pendant une éternité, je gardais l'hyliens que j'aimais près de moi alors que je sanglotais:
« Merci... Merci Link, d'être venue me chercher... ».
Le héros enfouit son visage dans mes cheveux avant de chuchoter: « C'est normal, nous sommes camarades. ». Mon cœur se serra un peu, mais je savais à quel point c'était énorme pour lui de me dire ça, alors je l'acceptais sans rechigner. La fatigue ainsi que l'épuisement total de mes forces commencèrent à avoir raison de moi et je chuchotais près de l'oreille de Link:
« Pardonne-moi... Mais je ne peux plus tenir... » Mes yeux se fermèrent alors qu'ils étaient encore emplis de larmes, je ne lâchais pas une seule seconde Link. Une de ses mains se mit à caresser doucement mes cheveux et la dernière chose que j'entendis avant de m'effondrer était:
« Repose-toi, je suis là désormais. ».
Merci...
***
Tu penses pouvoir m'échapper combien de temps ? Je vais te laisser un peu de temps pour te reconstruire car je te briserais complètement la prochaine fois. Je te l'assure... Tu vas regretter de ne pas être resté avec moi. Je ferais en sorte que tu te souviennes de chacune des blessures que je t'affligerais, toutes les choses que je ferais...
« TAIS-TOI ! », un cri échappa ma gorge, avant même que je ne sois parfaitement consciente. En un battement de cils, j'étais assise dans un lit qui m'était inconnue, en sueur et effrayée. Mon cœur battait à une allure folle dans ma poitrine, ma respiration s'y accordant. Je plaçais instinctivement mes bras autour de mon corps, comme pour me protéger d'une menace qui était visiblement absente. J'étais seule... Et libre.
Je repris peu à peu mon calme en découvrant que ce n'était qu'un mauvais rêve et pourtant... Toutes les sensations que j'avais pu ressentir tout au long de ses journées de tortures me revinrent à l'esprit formant un nœud dans ma gorge. Je serrais la peau se trouvant sous mes doigts, commençant à trembler nerveusement et à perdre mon calme à nouveau. Heureusement, ma nouvelle réalité me rattrapa lorsqu'une porte s'ouvrit non loin de moi, me forçant enfin à prendre un aperçus du lieu où je me trouvais.
Tout d'abord, j'étais revêtue de ma robe blanche bien plus confortable que les vêtements que j'avais été forcé de porter. Le lit se trouvait dans une chambre simplement décoré avec une odeur d'encens embaumant agréablement la pièce. J'étais chez Impa, je reconnaissais le bois dans lequel était faites la chambre et les bougies qui brûlaient non loin de moi. Enfin, mon regard se posa sur celui ayant ouvert la porte, me regardant d'un air inquiet. Link referma la porte, ne me quittant pas du regard, puis se dirigea vers une chaise non loin du lit où je reposais, enfin, il se décida à parler:
« Tout va bien ? Je t'ai entendu hurler. »
Je clignais des yeux quelques fois, me rendant compte que lorsqu'il était entré dans la pièce toutes mes peurs s'étaient volatilisée.
Je balbutiais un peu en répondant:
« Heu... O-oui, ça va... Juste un mauvais rêve... ». Je baissais les yeux sur mes mains, honteuse et un peu... Effrayé malgré tout. C'était étrange de me retrouver ici, avec lui après je ne sais combien de temps à être enfermé et torturé. J'avais peur que tout cela ne soit qu'une illusion.
Un air sérieux s'installa sur le visage du Prodige alors qu'il se penchait vers moi en me demandant d'une voix plus grave:
« Tu te sens comment ? Tu as mal quelque part ?
-Ça va... Tout va bien maintenant. ».
Le héros se détendit sur son siège, mais son expression sérieuse ne quitta jamais son visage. Il croisa les bras puis laissa échapper un soupir de frustration, ou de colère ?
« Excuse-moi d'avance pour ce qui va suivre, mais... Tu te doutes bien que des explications vont être nécessaires.
-Oui, j'en ai conscience. ».
Je savais au fond de moi que je n'allais pas y échapper. Je devrais tout lui raconter de ce qu'il s'était passé durant ma captivité. Mais je ne sais pas si je prête à tout lui dire, pensais-je.
« J'aimerais, si me tu l'accordes, savoir qui est Len. ». Quoi ? Oh, oui c'est vrai, sa mémoire lui fait défaut... Je m'attendais à ce qu'il me demande un tas d'autres informations, mais je n'étais pas prête pour celle-ci.
« Pendant ton absence, j'ai questionné Impa à son sujet, ma curiosité à prit le dessus. J'en suis désolé, cependant, elle n'a rien voulu me dire, disant que tu m'expliquerais bien mieux qu'elle. Je pense avoir le droit de savoir qui il est, mais je ne te force pas à me raconter ce qu'il s'est passé avec lui. Certains souvenirs sont sûrement encore douloureux pour toi et je me doute que ça n'a pas été facile. Si ne rien dire peut t'éviter de revivre ces souvenirs, alors je suis d'accord avec ce silence. »
J'étais désemparé, non, impressionné ! La différence entre les deux hommes étaient flagrante et sa gentillesse me conforta dans l'idée que je pouvais me confier. Cependant, des questions flottaient dans ma tête également, alors je pris l'initiative d'instaurer une condition.
« Je te raconterais tout, mais en échange, dis-moi comment m'avez-vous retrouvé ? Pourquoi Sidon et Yunobo étaient là et où sont-ils maintenant ? ». Je n'eus pas à attendre longtemps pour obtenir une réponse. Le héros détourna simplement les yeux vers la fenêtre, regardant dehors, tout en disant:
« Quand Len t'a emmené, la cage dans laquelle j'étais retenue prisonnier à disparus. Je t'ai tout d'abord cherché dans les environs d'Ordinn, mais j'ai vite compris que tu n'étais plus là, je ne sentais plus ta présence. »
Il poursuivit, mais ses yeux rencontrèrent les miens désormais:
« J'ai cherché seul pendant quelques jours et je savais que je ne te trouverais pas ainsi. Je suis retourné à Cocorico pour demander de l'aide à Impa. Elle a réussi à te localiser précisément au début, je suis allé chercher dans la zone dont elle m'avait parler, près de la grande forêt d'Hyrule mais elle avait chaque jour un peu plus de mal à te localiser jusqu'à que ça ne devienne impossible il y a trois jours. Elle disait que c'était sûrement déjà trop tard et que tu étais sûrement... Morte. Mais je ne l'ai pas écouté et je suis allé demander de l'aide aux seules personnes à qui je pouvais en demander: Yunobo et Sidon. ».
Mon cœur battait plus fort... Il avait continué à me chercher même si Impa me pensait morte ?... Mon cœur se réchauffa au son de sa voix:
« Nous nous apprêtions à fouiller une fois de plus la zone des forêts d'Hyrule quand Nono me trouva, je ne sais comment et me dit qu'il savait où tu étais. J'ai pensé qu'il avait halluciné, mais je me suis souvenue qu'il était avec toi lorsque tu as été enlevé par cet homme. Il disait que tu n'étais pas bien et que tu devais avoir besoin d'aide, mais que tu étais en vie. Alors... ».
Il rougissait en détournant le regard avant de poursuivre:
« Nous l'avons suivi. Nous devions vraiment être désespérés pour suivre un korogu, surtout celui-ci. Après t'avoir ramené à Cocorico, Yunobo et Sidon sont partie sachant que tu étais en lieu sûr. ».
Il fit une pause, rougissant jusqu'aux oreilles, un air soulagé pris place sur son visage lorsqu'il me dit:
« Tu m'as promis de ne pas mourir et tu as tenu ta promesse. Je veux que tu puisses retrouver Son Altesse Zelda. Aussi, tu manquais beaucoup à Orbital, il était intenable quand il me voyait arriver sans toi, il refusait même de suivre Epona.
-J'irais le voir quand je le pourrais, il me manque aussi à vrai dire, mais toi aussi, tu m'as un peu manqué... »
Un grand sourire accompagné d'une forte rougeur vint couvrir mon visage. Tel un virus, le héros se mit lui aussi à rougir:
« Toi aussi, ce n'était pas aussi drôle, il n'y avait personne d'aussi maladroit que toi et tout se passait sans embûche. » En disant cela, il réussit à me soutirer un léger rire, qui s'estompa rapidement.
« Je vais tout te raconter désormais... J'aimerais te partager mes souvenirs mais... Ce n'est pas possible alors, écoute moi attentivement et s'il te plaît... »
Je le regardais avec des yeux l'implorant: « Crois-moi... ». Bien que surpris, il acquiesça légèrement, puis m'offrit toute son attention. Je me remémorais tous les souvenirs douloureux, joyeux ou triste qui avait tissés mon enfance et mon adolescence. Une fois prête, je pris une grande inspiration puis me lançais dans mon récit:
« Tu te souviens à Akkala, je t'ai parlé d'un incident ayant couvert de honte ma famille ? »
Un hochement de tête en guise de confirmation me suffit, et je poursuivis:
« Eh bien... J'ai rencontré Len à la suite de cet incident à mes huit ans. Je m'étais enfuie du château un matin pour pouvoir me balader dans les allées du marcher de la citadelle, comme à mon habitude. C'était pour moi un moment important où je pouvais arrêter de me faire disputer à chaque seconde pour des choses que je n'avais pas forcément faites. ».
Je pris une petite inspiration, sentant mon cœur commencer à se serrer:
« Je n'avais jamais eu aucun problème pendant mes sorties du château mais mon père insistait toujours pour que je porte une cape chaque matin au cas où je sortirais, mais ce jour-là je l'avais oublié et les gens pouvait me reconnaître... J'aurais tout donner pour l'avoir sur moi ce jour-là... ».
Mes mains serrèrent ma couverture tandis que les images envahirent mon esprit:
« J'étais une enfant insouciante ne connaissant pas le danger de l'extérieur ainsi que les mauvaises intentions de certaines personnes. Lorsqu'un homme assez âgé me proposa de le suivre pour me présenter à ses enfants... Je le suivis. ».
Un nœud se forma dans ma gorge, j'étais mal à l'aise, l'expression toujours aussi sérieuse de Link m'encourageait à poursuivre:
« J'ai été enlevé par cet homme alors qu'il croyait que j'étais Zelda. Seulement, lorsqu'il m'apporta dans sa cave il découvrit la tache de naissance sur mon épaule. L'horreur se répandit sur son visage quand il réalisa qu'il s'était trompé. Il avait bel et bien une princesse... Mais pas celle qui valait le plus cher. Il avait malgré tout envoyé une demande de rançon au château en envoyant une mèche de mes cheveux en guise de preuve. »
Mes mains jouèrent nerveusement avec le doux tissus contrastant avec toutes mes émotions. Même après 108 ans... Je n'arrivais toujours pas supporter cette histoire:
« Je pensais que mon père m'aimait assez pour donner la somme nécessaire pour me récupérer mais il n'a pas répondu... Jamais. Alors... L'homme à décrété que j'étais inutile, il voulait me tuer le plus rapidement possible, mais il a profité de moi a plusieurs reprise. »
Peut-être même que Link ne comprenait ce dont je parlais, je ne savais pas vraiment jusqu'où ses connaissances en la matière allait. Le stress m'enlaçait:
« Mais ça quand j'étais petite, je ne le savais pas. » La tristesse prit mon cœur en otage alors que les larmes tentèrent de se frayer un chemin sur mes joues, je poursuivis avec beaucoup de difficulté mais il fallait qu'il sache que Len n'était pas une mauvaise personne à la base:
« Je me suis rendu compte en grandissant que certaines choses qu'il m'avait faite n'était pas simplement me frapper, mais je te passe les détails, tu es capable d'imaginer cela par toi-même. ».
Je rougis dans la honte tandis que les paroles de Len me revinrent en tête, tout ce qu'il m'avait dit sur lui et Zelda... Je secouais rapidement ces souvenirs de mon esprit pour me concentrer sur d'autres:
« Le jour où l'homme à voulu mettre fin à ma vie il avait ramené un autre enfant dans cette cave. Il avait les yeux bleu et les cheveux blonds, c'était un petit garçon de mon âge. Il était pauvre, ses cheveux étaient sales et il était vêtu de haillons. Je m'en souviens parfaitement, mise à part sa pauvreté, vous étiez semblables. »
La nostalgie d'un Len au cœur pur s'empara de moi... Désormais il n'était plus qu'un monstre... Link se déplaça, venant s'asseoir près de moi sur mon lit. Il n'attendit pas ma permission et prit mes mains dans les siennes avant d'approcher légèrement son visage du mien. Désormais je paniquais complètement, tout les mauvais souvenir des moments passé avec Len revinrent, mais ce n'était pas Len, c'était Link, et il ne me ferait pas de mal... N'est-ce pas ?
Il posa délicatement son front contre le mien et je pus voir son visage devenir rouge, sa voix trahit et confirma sa gêne:
« Ne dis rien... Pense simplement. ». Je ne compris pas où il voulait en venir, mais... J'obéis, fermant doucement les yeux semblablement au Héro. Puis, mon esprit se mit à rejouer une scène vieille de plus d'un siècle.
La cave dans laquelle j'étais retenue prisonnière apparut peu à peu dans mon esprit puis devant mes yeux... Comme lors des souvenirs que Link me partageait. Le souvenir de cette salle sombre simplement éclairé par une minuscule fenêtre donnant sur la rue passante en hauteur me fit frissonner. J'avais l'impression d'y être de nouveau, mais ce n'était qu'un souvenir, heureusement.
C'était assez étrange de me revoir petite, mon corps étant jeune, je n'avais pas tant changé que ça. Mais j'étais encore plus surprise de revoir Len avec ses cheveux blonds et ses yeux bleu en tant que petit garçon. Il avait tellement changé... Je voyais aussi l'homme qui nous retenait prisonniers mais j'avais depuis longtemps supprimé son visage de ma mémoire. Len dévisageait le monstre entrain de lui parler:
« Donc... Si je comprends bien... D'après vous je me suis trompé deux fois de suite de cible ?... C'est bien ça ?... » J'entendis à sa voix qu'il devenait fou... Il allait exploser d'ici peu. Je n'osais plus parler, j'étais terrorisé et recroquevillé dans mon coin alors que Len se levait du siens pour lui tenir tête:
« Complètement, maintenant laissez moi partir ! Et elle aussi d'ailleurs ! Nous n'y pouvons rien si vous êtes un incapable monsieur ! ». Il avait un regard déterminé tandis que je tremblais comme une feuille, je savais très bien ce qui allait se passer par la suite. L'homme tremblait avant d'exploser dans un rire terrifiant tout en saisissant un bâton traînant dans la petite pièce sombre:
« T'as l'air robuste espèce d'avortons, testons ça avant que je ne te vende petit insolant ! ». Il lança un grand coup en direction de Len, ce dernier tenta vaguement de se protéger avec ses bras, mais c'était inutile. Il fut projeté contre le premier mur que son corps frêle pouvait rencontrer. Il hurla dans la douleur avant d'haleter désespérément pour de l'oxygène.
Puis, l'homme se tourna vers moi et je sentis mon cœur battre bien plus vite que précédemment. Il s'approcha en tapotant son arme entre ses doigts tout en m'observant avec dédain:
« Bon... On se sera bien amusé Princesse, mais je crois qu'il est désormais temps de te faire disparaître pour le bien d'Hyrule tout entier ! À défaut d'avoir réussi à capturer Zelda pour une rançon, peut-être que le Roi me récompensera pour avoir protégé le royaume de ce fléau que tu es ! ».
Je ne pleurais pas, je ne bougeais pas, et je ne respirais, étant tétanisé par ses menaces.
Il s'approcha jusqu'à être face à moi pour lever son arme au-dessus de sa tête prêt à me tuer, mais je vis derrière l'homme le petit garçon qu'était Len, se relever et sortir un couteau d'une poche. Je ne regardais plus du tout l'homme devant moi, mais me concentrant essentiellement sur le petit garçon qui courait dans sa direction avec un visage de rage complète. Il se jeta au cou de notre bourreau et l'assaillit de nombreux coups de couteau à la gorge.
À cet instant, je ne ressentais et ne faisais plus rien. Je ne tentais même pas de me protéger des effusions de sang au-dessus de moi venant colorer mon visage et mes cheveux. J'observais simplement la haine de Len se défouler contre l'homme voulant devenir mon meurtrier. Je reconnaissais alors la lueur dans ses yeux, c'était la même que celle qu'il possédait lorsqu'il me faisait du mal...
L'homme tomba à terre son corps dénué de tout signe de vie tandis que Len regagnait le sol, essoufflé. Je me sentis bien plus en danger après cela, je reculais à vive allure contre le mur derrière moi en mettant mes mains devant moi en signe supplication pour ma vie:
« Je... Je t'en supplie... Ne me fais pas de mal ! ». Je pleurais toutes les larmes de mon corps à cet instant. Il s'approcha, désarmé, son couteau étant resté dans le cou de l'homme. Puis s'accroupit face à moi avant de sourire et de caresser mes cheveux doucement, puis il me montra le côté de sa tête en ajoutant gaiement:
« Regarde, moi aussi j'ai les mêmes oreilles que toi ! Alors je ne te ferais pas de mal ! ». J'étais désemparé, face à son commentaire. Je me remis à pleurer encore plus fort en tentant de sourire malgré tout pour lui adresser mes remerciements:
« M-mer... Merci ! » Toute la pression dans mon corps fut relâchée, comme lorsque je vis Link dans ces geôles:
« Tu es là depuis longtemps ? Tu veux que j'te raccompagne chez toi ? Ça ne me dérange pas, tu sais, ma mère ne dira rien si j'arrive en retard ! ».
Dit-il en prenant ma main pour m'aider à me relever, souriant constamment. J'étais surprise qu'il soit aussi familier avec moi alors que nous ne connaissions pas. Les rares enfants avec lesquelles j'étais autorisé à parler étaient les héritiers et autres nobles que mon père me présentait.
« Heu... Je pense être là depuis plus d'une semaine.
-Ouah ! Si longtemps ? Tes parents doivent être drôlement inquiets ! Allez, viens je te ramène chez toi c'est décidé ! T'habites où ? »
Il me tira vers l'escalier menant à la surface, me laissant simplement choqué d'un langage si familier. Mais, j'aimais cela, mon cœur était empli d'une agréable sensation, alors je lui dis:
« Au château d'Hyrule... ». Mais très vite, la douce sensation se créant au fin fond de mon cœur fut balayée par la hantise de revoir mon père... Mais le petit garçon face à moi me sortit de mes pensées en riant:
« Très bien princesse ! Je t'emmène au château si tu veux, mais après faudra que tu m'dises où t'habites ! Après, je peux toujours demander à maman s'il elle veut bien que tu restes avec nous pour le dîner ! » Il ne perdit jamais son sourire gai, me contaminant peu à peu. Tout en lui me rappelait à quel point j'aurais voulu ne pas naître en tant que princesse. Jamais je ne partageais de repas en famille, jamais je ne pouvais inviter des amis à rester manger... Je n'en avais pas et Père m'aurait dit non de toute façon.
La scène s'assombrit me laissant croire que c'était fini, tandis que les doigts de Link s'entrelacèrent avec les miens. Cependant, d'autres images passèrent devant mes yeux. Un autre souvenir ? Un des siens ? Un des miens ? J'eus rapidement la réponse, étant donné la scène se déroulant devant mes yeux encore une fois.
J'arrivais sur le pont de pierre menant au château ou était dressé des étendards avec les armoiries de ma famille. Len tenait ma main, marchant à mes côtés vers la herse servant d'entrée au château de mon enfance. Je vis les gardes royaux devant la grande porte nous observer avant qu'un d'entre eux ne rentre dans l'enceinte du château pour se rendre je ne sais où. Nous attendions quelques minutes, mais très vite ma sœur sortit du château pour courir vers moi, poursuivit par l'autre garde qui tenta en vain de la retenir.
Ma sœur, petite, avait les cheveux courts et la revoir avec cette coiffure me rendait nostalgique tout à coup. Zelda courut vers moi et me prit dans ses bras en pleurant:
« Kitsis... Déesse, merci, tu es saine et sauve. Je pensais que tu avais complètement disparu... ». Elle sanglotait sans arrêt, me serrant encore plus fort contre elle, je la pris moi aussi dans mes bras.
Mais très vite, notre père fit son entré entourer de plusieurs gardes pour venir me voir. Zelda recula, me libérant de son étreinte, alors que mon père s'approchait de moi, visiblement en colère. Len recula un peu en voyant le Roi approcher, mais ne s'inclina pas devant lui. Il avait l'air désorienté et noyé par cette situation peu ordinaire. Mon père s'arrêta à quelques mètres de nous, me dévisageant durant de longue avant de poser ses yeux sur Len, le jugeant éperdument:
« Qui est ce jeune homme ? » Mes yeux s'élargirent, me faisant prendre conscience que je ne savais rien de lui, heureusement... Ou pas, Len répondit en s'approchant d'un air menaçant:
« Je suis Len et vous ? Vous êtes qui ? »
Un garde que je reconnus parfaitement se dirigea vers Len, se préparant à dégainer son épée en demandant à son Roi:
« Je peux m'occuper de lui Votre Majesté. » Mon père plaça un bras devant le garde hautement décoré avant de dire:
« Laissez Arn, c'est simplement un enfant mal éduqué. ». Arn... Le nom du père de Link. Je sentis mon cœur se serrer instinctivement alors que dans la réalité, Link resserra son emprise sur mes mains:
« Ma fille, j'estime que vous me devez des explications, à commencé par me dire qui est cet enfant à vos côtés.
-Père... Il est celui à qui je dois la vie... ».
Dis-je en baissant les yeux devant mon père. Le sang de Len ne fit qu'un tour et sans réfléchir ce dernier cracha:
« Hey, qui vous traitez d'enfant mal éduqué ?! Je vais vous montrer si je suis mal éduqué moi espèce de vieux débris ! » Len courut en direction de mon père, mais Arn lui barra la route l'empêchant de pouvoir attaquer le Roi d'Hyrule.
Rapidement, l'épée du garde quitta son fourreau et se prépara à rencontrer Len. Sans réfléchir des conséquences de mes actes, je me mis en travers de sa route, oubliant la peur et défiant Arn:
« Arrêtez ! Il m'a sauvé la vie, je vous dis ! Vous ne pouvez pas lui ôter la sienne ainsi ! Quand bien même vous voudriez le battre laissez lui au moins une chance de se défendre ! ». Je regardais le garde face à moi avec beaucoup de haine. Je n'avais jamais vraiment aimé Arn... Il était si... strict et il ne m'inspirait pas confiance.
Il me regarda, d'un air perplexe avant de jeter son épée sur le sol et d'appeler un garde d'un grade inférieur, celui-ci s'empressa de le rejoindre à l'écoute des ordres du plus haut des gardes royales:
« Donne une leçon à cet effronté. ». Le garde acquiesça et c'est à cet instant que je pris conscience de ma bêtise. J'avais jeté Len dans la gueule du loup.
Je souhaitai protester, mais ma sœur m'en empêcha, me faisant reculer loin du champ de bataille qui venait de se former devant nous. J'essayais de me défaire de l'emprise Zelda, en vain. Le petit garçon face à nous saisit la lourde épée de Arn et testa son poids. Je voulais voir la suite des événements, mais l'une des servantes de ma sœur vint pour nous forcer à rentrer dans l'enceinte du château. Je me retournais une dernière fois pour voir l'enfant de huit ans se battre face à un garde ayant suivi une formation militaire et la culpabilité commença à me ronger.
Mon souvenir s'estompa peu à peu et j'ouvris lentement les yeux pour rencontrer ceux de Link. Nos fronts étaient toujours collés et nos mains entrelacées, ce qui me fit rougir.
C'était sûrement la pire des tortures... Quand quelqu'un vous met sous les yeux une chose que vous êtes sûr de ne jamais avoir de toute votre vie et que pourtant vous désirez tant...
J'éloignais mon front du siens en délassant nos doigts pour récupérer un peu de liberté. Le héros tenta vaguement de couvrir la rougeur se répandant sur son visage en enfouissant son visage dans sa cape, j'avais laissé tomber depuis longtemps l'idée de masquer les nuances couvrant mon visage. Un silence quelque peu inconfortable s'installa peu à peu, je me décidai à le briser au bout de quelques instants:
« Tu... Tu as pu voir ce qu'il se passait dans ma tête ? »
Il acquiesça; ce qui me fit rougir de plus belle... Heureusement qu'aucune pensée bizarre n'avait traversé mon esprit à ce moment-là... Enfin, j'espère. Link me demanda:
« Que s'est-il passé ensuite ? ». Je me mis instinctivement à jouer avec le tissu de ma robe, une attitude nerveuse qui ne disparaissait que lorsque Link me touchait. Déesse... Je vous hais.
« Len à gagné le combat avec une facilité incroyable. J'ignore si tu étais au courant à l'époque ou même si tu t'en souviens mais... Mon père a été accusé d'avoir choisis le héros d'Hyrule bien trop vite et son choix fut remis en question par le peuple, apportant la honte sur ma famille. D'après les légendes, le héros viens de lui-même sauver Hyrule mais mon père avait choisit de te faire venir avant même de recevoir un signe des dieux.
-Donc, Len était lui aussi potentiellement le héros d'Hyrule ?
-Oui... Mon père l'a lui aussi arraché à sa famille et enfermé dans les cachots du château pour qu'il puisse purger sa peine. Il avait tué un homme et osé défier son autorité. Seulement, tous les jours il devait aller s'entraîner pour devenir potentiellement le héros de la légende. Mais le fait que mon père ait décidé d'aller à l'encontre de la volonté des dieux n'était pas le seul élément perturbateur. Je ne sais pas comment, mais, des rumeurs sur ma captivité on fuit dans le royaume et à la Cour... On savait que je n'étais plus... ».
Je n'arrivais pas à prononcer le mot fatidique, je baissais les yeux dans la douleur et la honte de dire ça à Link, alors que je me souvenais de toutes les obscénités que j'avais subies... Je tentais de poursuivre alors que ma poitrine me faisait terriblement mal et que mes yeux gonflèrent par l'afflux de larme:
« J'étais la honte de ma famille, avoir perdu cette chose si jeune faisait de moi une personne encore plus rejetée... À la coure nombreux étaient ceux m'insultant de traîné... Mais je n'étais âgée que de huit ans, je ne connaissais même pas ce genre de choses ! Comment pouvait-il croire que... j'étais d'accord avec ça ?... ».
Je pleurais de manière incontrôlée désormais et j'avais du mal à respirer... Mais je poursuivis:
« Personne ne voulait me parler, j'étais constamment montrée du doigt, ma soeur ne comprenait pas pourquoi j'étais ainsi dénigrée et elle ne me traitait pas différemment, ainsi la cour a commencé à se moquer d'elle aussi... À cause de moi... ».
Link repris mes mains dans les siennes avant de poser une autre question sûrement pour changer de sujet et libérer mon esprit de ces souvenirs douloureux:
« Pourquoi Len t'a-t-il enlevé ? ».
Les larmes cessèrent de couler, peu à peu et ma respiration reprit un rythme décent, me permettant de reprendre:
« Nous avons partagé énormément lui et moi, bien plus qu'une simple relation sauveur et sauvé... Je culpabilisai tellement qu'il ait été enlevé à sa famille par mon père que j'allais le voir tous les jours. Je lui écrivais des lettres qu'il lisait et il m'en écrivait aussi. J'allais m'entraîner avec lui, je restais des heures dans les cachots pour lui parler. Peu à peu nous avons commencé à tisser des liens et à... »
Je rougis violemment en tournant la tête pour ne pas voir son regard en disant ces mots:
« Nous sommes tombé amoureux au fur et à mesure que le temps passait, et j'ai pendant une année entière, supplié mon père chaque jour que je le pouvais pour que Len devienne mon valet et qu'il puisse sortir de cette prison. ».
J'osai enfin regarder Link, son visage stoïque, ne montrant aucune émotion, m'encouragea à poursuivre:
« À mes douze ans, il est devenu mon valet et nous passions tout notre temps ensemble, chaque seconde, chaque journée, chaque chagrin, chaque rire... ».
Je sentis les larmes couler à nouveau sur mes joues en repensant à tous les moments partager avec cet homme que j'aimais tant, mais qui désormais était devenu mon pire cauchemar. Je pris mon visage dans mes mains pour camoufler mes sanglots mais je sentis mes épaules trembler à chaque larme qui coulait sur mes mains. J'essayais malgré tout de poursuivre entre deux sanglots:
« Nous nous étions promis de nous enfuir à mes dix-sept ans pour nous marier et vivre heureux tout les deux... Mais, Ganon est arrivé et a tout gâché... À tel point qu'il a transformé celui que j'aimais en un monstre assoiffé de pouvoir. ».
Avant que je ne puisse relever la tête, Link me prit dans ses bras. Ma tête se posa contre son épaule alors que ses mains passèrent autour de moi pour caresser mon dos, sûrement dans une tentative de me calmer:
« Il veut ma mort pour que je puisse le rejoindre du côté de Ganon... C'est Ganon qui l'a rendu ainsi simplement pour me tuer et prendre mon contrôle... Link... Je ne comprends plus rien à ce qu'il se passe autour de moi... Je veux simplement m'en aller loin de tout et... ». Il me serra plus fort contre lui tout en chuchotant près de mon oreille:
« Je t'interdis de dire que tu veux mourir. Tu m'as fait une promesse, tu dois la tenir jusqu'à que tu puisses revoir ta sœur. ». Je me décidai enfin à passer mes bras autour de lui tout en lui chuchotant à mon tour:
« Je ferais de mon mieux... »
Même si c'est interdit, je t'aime...
