Les gardes les entraînent vers la grande salle au centre du palais. De grandes portes de bois sombre s'ouvrent sur une pièce aux couleurs marbrées. Une table rectangulaire décore le centre de la salle, entourée de nombreuses chaises, deux commodes se font face, chacune contre un des murs prolongeant la pièce. Le père de Nami est là-bas, près de la grande fenêtre qui donne une vue splendide sur toute la ville toujours plongée dans le noir, un peu surélevé par rapport au sol. Les soldats traînent les deux amis jusqu'à l'estrade, mettant le brun à genoux et Nami à sa droite, debout mais les mains prisonnières dans le dos, tout deux face au gouverneur. Celui-ci fixe d'abord le voleur, le regard assombri de colère. Luffy ne baisse pas les yeux, le défiant. Puis, le père tourne la tête vers sa fille, non sans un air de dédain visible au fond de ses prunelles.
« Tu as désobéis…
- Mais père, je…
- Silence ! Regarde la fille indigne que tu es devenue ! Ta mère serait tellement déçue.
- Ne parle pas de maman ! Jamais ! hurla-t-elle, des larmes coulant sur ses joues rosies.
- La ferme ! Ne lève jamais le ton avec moi, petite peste ! »
Il s'approche du jeune homme puis lui attrape les cheveux, les tirants vers le haut pour mieux discerner son visage. Soudain, son visage se déforme, reconnaissant le garçon. Il le lâche et recule doucement.
« Toi…
- Bonjour monsieur. réplique-t-il, apparemment satisfait de l'effet produit sur le gouverneur.
- Comment peux-tu… Etre encore en vie ?
- Ravie de vous revoir également.
- Espèce de vaurien ! Je ne veux plus te voir t'approcher de ma fille, est-ce bien clair ? Emmenez-le ! Je ne veux plus le voir ! Quant à toi, tu es consignée dans ta chambre. Si je te vois circuler dans les couloirs du château, je t'attache ! Compris ? »
Les gardes obéirent sur le champs et Luffy fut transporté jusqu'aux geôles sous le palais. La jeune rouquine se libera de l'emprise du soldat derrière elle et courut jusqu'à sa chambre, aveuglée par le flot de larme se déversant sous ses yeux. Elle claqua la porte de sa chambre et dans un soupire de tristesse, se laissa tomber en arrière sur son matelas, cachant honteusement ses yeux inondés. Quelqu'un vint s'asseoir près d'elle, lui caressant doucement les cheveux.
« Ça va aller, ne t'en fais pas… Ça va s'arranger…
- C'est de ma faute, Robin… Il s'est fait prendre par ma faute… pleura la rousse.
- Mais non… Respire, allez. Tout va finir par s'arranger, je te le promets…
- Comment peux-tu en être si sur ? »
Elle se leva brusquement, faisant face à sa meilleure amie qui la regardait dans les yeux.
« Tu vas aller le voir, et tout ira bien.
- Je ne peux pas ! Tu le sais bien, non ? Il va être enfermé dans les prisons du sous-sol !
- Et que sait-on sur les prisons du sous-sol ?
- Mais… »
Elle se stoppa d'un coup. Mais bien sur ! Le garde ! Elle le connaissait depuis qu'elle était petite. Il avait, d'ailleurs, été bien plus présent pour elle que son propre père. Il acceptera de la laisser voir Luffy !
« Genzô ! »
Les lèvres de Robin s'étirèrent en un sourire satisfait. Nami la pris dans ses bras dans une étreinte fraternelle en lui soufflant un « merci » emplis de sincérité puis se leva en un bond. Elle essuya ses larmes d'un coup de poignet et se dirigea vers la salle de bain. Elle prit une douche fraîche pour remettre de l'ordre dans sa tête. Il fallait qu'elle s'excuse auprès du brun, c'était évident, mais plus que tout, elle voulait des réponses. La boite à musique et son symbole familier, la berceuse, son enfance, sa mère… Et son père avait l'air plus que surprit de le voir. Il fallait qu'elle découvre la vérité. C'est donc avec des questions plein la tête et un ravissement non dissimulé qu'elle entrouvrit sa porte, vérifiant qu'aucuns gardes n'était dans les environs et, après un dernier sourire à son amie, sortie de sa chambre pour se diriger furtivement jusqu'à l'escalier menant au sous-sol. Elle descendit les marches de pierres grisâtres et froides avant d'atteindre l'étage où était retenu son ami. Elle aperçu deux gardes assis sur des caisses en bois près de l'entrée des cachots. Elle grogna un instant avant de se rendre compte d'un détail qui allait la faire passer sans problème. Elle avança donc d'un pas léger vers eux. Ils se levèrent en la voyant s'avancer, formant une croix avec leurs lances pour l'empêcher de passer.
« L'accès est interdis, même pour vous mademoiselle.
- Vous allez me laisser passer. Je ne crois vraiment pas que le gouverneur appréciera de savoir que ses soldats boivent du saké lors de leur tour de garde, n'êtes-vous pas d'accord avec moi ? »
Les deux gardes se regardèrent avec intérêt avant de laisser le passage libre à la rouquine qui leur sourit, vainqueur. C'est après quelques minutes de marche dans les couloirs sombres des douves qu'elle croisa Genzô.
« Genzô !
- Nami ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ?
- Ecoute… J'ai vraiment besoin que tu me laisse parler à Luffy !
- Lu-qui ?
- Le… Le prisonnier Genzô.
- Le gamin aux cheveux noir ? Il est au fond. Mais pourquoi est-ce que tu veux le voir ?
- C'est… Compliqué. Je t'expliquerais tout mais pour l'instant j'ai vraiment besoin de le voir !
- Nami… Ton père m'a interdis ne serais-ce que de l'approcher. Imagine ce qu'il fera lorsqu'il s'apercevra que sa propre fille lui parle.
- Je t'en prie… Fais cette petite entorse à la règle pour moi. Rien qu'une fois. S'il te plaît… J'ai vraiment besoin de lui parler…
- Um… Bien, c'est d'accord. Mais ça reste entre nous.
- Merci beaucoup Genzô ! »
Elle enlaça son père d'adoption et se précipita vers le fond du couloir. Elle finit par arriver devant la cage où son ami était prisonnier. Il ne l'avait pas entendue. La rouquine s'approcha doucement des barreaux, leva sa main droite et enlaça quelques barres en métal qui les séparaient de ses doigts. Il était assit contre le mur du fond, la tête penchée vers l'avant, l'empêchant de distinguer son visage. Elle ne savait pas s'il dormait… On lui avait enlevé ses vêtements du haut, laissant apparaître des marques rougeâtres et des blessures cicatrisantes sur son torse que les geôliers lui avaient sans doute fait plus tôt. Elle entendait son souffle rauque faire vibrer l'air. Il était épuisé.
« Luffy… »
L'appel de son prénom lui fit lever la tête vers la jeune femme. Lorsqu'il l'aperçut, il ne pu s'empêcher de sourire. Nami se demanda alors comment pouvait-il encore sourire après tout ce que les gardes lui avaient fait subir.
« Heureux de te voir, princesse… »
Il toussa sèchement. Nami voulu lui dire qu'elle était désolée, que tout était de sa faute, que si elle n'avait pas été capricieuse, ou plus attentive, tout ceci ne serait jamais arrivé. Et ils danseraient encore ensemble au bar de Makino, entraînes par la mélodie de jazz entourée de mystères qu'elle voulait résoudre à tout pris. Mais elle n'y parvint pas. Tout ce qu'elle réussit à faire, c'est de prononcer un « je » quasi-inaudible et de s'agenouiller près de la cage en sanglotant.
« Eh… Nami, qu'est-ce qu'il y a ? »
Il s'était rapproché, réceptif à la détresse de la rousse. Ils étaient maintenant face à face, uniquement séparer par les ligaments de fer.
« Je suis… Désolée… Pardonne-moi Luffy, tout… Tout est de ma faute… bégayai-t-elle.
- Nami… Je t'en pris, arrête de pleurer… Rien n'est de ta faute. »
Il posa sa main sur la sienne qui tenait encore fermement les barreaux de la prison et, petit à petit, enlaça ses doigts aux siens. Doucement, les larmes de la rouquine cessèrent de couler, ses sanglots laissèrent place à une respiration lente et calme et son front vint se poser sur la grille, rejoint rapidement par celui du brun de l'autre côté de la barrière. Ils restèrent ainsi de longues minutes, profitant de cette proximité, sachant qu'elle ne durerait surement pas. Car si Nami s'était mise à pleurer, ce n'était pas parce que l'état du brun lui avait fait peur, ni parce qu'elle était désolée. C'était à cause de la cage. Celle où sa mère avait été enfermée dix ans plus tôt. La cage des condamnés à mort.
Bien... Alors ? (°^°)
Je suis un peu... Voir beaucoup méchante de vous laisser sur ça...
Mais bon... C'est la vie me direz-vous ('3')
Erm... Pourquoi j'ai l'impression que des regards malfaisants se tournent vers moi ('~')
On se retrouve au prochain chapitre !
Hugs !
