Pas sans toi...
Elle avait refusé toutes les visites depuis le départ de Castle. Malgré les efforts de Rick ou de Jim pour contourner cette interdiction, les médecins avaient été clair avec eux :
- Elle a besoin de temps. Il faut aller à son rythme. Laisser là prendre du recul face à la situation.
Prendre du recul ? Oh, il pouvait certainement le faire ou même le comprendre mais il s'agissait de Katherine Beckett.
La dernière fois qui lui avait laissé le temps et l'espace dont elle avait besoin , il s'était écoulé un été entier…un été de désillusion et de tristesse. Et à cette époque, Kate Beckett était sa meilleure amie, elle avait des sentiments pour lui….seulement aujourd'hui ? ….aujourd'hui , elle le déteste , elle ne sais pas combien ils sont extraordinaire ensemble…..aujourd'hui, elle est sa femme, et il ne peut plus se permettre d'attendre plus.
Il la connait, plus le temps passe, plus elle monte un mur entre eux qui sera bientôt infranchissable.
Alors, il avait négocié trois jours. Trois jours sans visite. Trois jours ou il accepterait de lui donner le temps qu'elle désirait. Mais après ce laps de temps, elle devrait faire face à quelqu'un. Si ce n'est pas lui, alors son père ou Lanie, mais il ne pouvait pas pas se permettre plus de temps. Sa femme était réveillée…
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Pendant trois jours , Kate s'était reclue dans le mutisme. Elle hochait simplement de la tête aux questions des médecins ou des infirmières et se terrait au fond de son lit lors des séances avec le psychiatre, un certain Dr Burke que Rick avait engagé.
Malgré les efforts du médecin, qu'elle connaissait apparemment, elle refusait le dialogue.
Elle était complètement démunie et sous le choc depuis son réveil. Elle n'arrêtait pas de se demander comment avait-elle pu épouser Rick Castle ? Comment avait-elle pu perdre la mémoire ? Pourquoi ….pourquoi la vie était aussi injuste.
Le fait qu'elle ne puisse pas se mobiliser comme elle le désire la retranchait un peu plus dans le mutisme. Les infirmières étaient obligées de lui accomplir les gestes de conforts et de nursing, le temps que ces muscles fonctionnent correctement. Elle avait l'impression d'être impotente et invalide et elle détestait ça.
Le ventre noué, les yeux rougis, elle ne cessait de regarder l'extérieur qui donnait sur un parc arboré avec un regard vide.
Mariée…elle était mariée.
Fermant les yeux en sentant la nausée la prendre une nouvelle fois, elle gémissait en se mordant la lèvre inférieure. Tant de choses lui manquaient encore. Elle avait encore tellement de questions mais n'osait plus demander. La première était, comment s'était déroulée l'accident dans lequel elle avait plongé dans le coma ? Etait-ce à cause de cette cicatrice au milieu de sa poitrine qu'elle avait découvert lors de la toilette avec les infirmières ?
Un tir à bout portant. Elle s'était fait abattre et cette constation lui brisa un peu plus le cœur. Elle n'en avait aucun souvenir à part des restes de stigmates qui parsemaient son corps.
La cicatrice au niveau de son bas ventre ne lui échappa pas non plus. Elle avait l'impression de ne pas connaitre son propre corps. Malgré tous ses efforts à tenter de retrouver la mémoire, elle se réveillait toujours avec les mêmes questions sans réponses chaque matin. Que lui était-il arrivé pendant ses huit années?
Seulement aujourd'hui était différent. Aujourd'hui, cela faisait trois jours que ces visites avaient été interrompus sur ces ordres mais elle savait que Castle avait exigé que la personne de son choix viendrait quoi qui l'en coûte la rencontrer aujourd'hui.
Pourquoi se prenait-il ! Elle avait le droit de rester seule si elle le désirait. Elle avait le droit de se lamenter sur son sort après avoir perdu huit années de sa vie, elle avait le droit de faire ses propres choix !
Fatiguée et irritée, elle soupira quand elle entendit le DR Shepherd entré dans sa chambre :
- Bonjour, Me Castle
- C'est Beckett, siffla-t-elle pour la centième fois au médecin
- Comment allez-vous aujourd'hui ? demanda-t-il sans tenir compte de sa remarque.
A sa question, elle tourna la tête en direction du par cet l'ignora totalement comme à chaque rencontre.
- Vous avez de la visite aujourd'hui. Je sais que vous êtes contre l'idée d'avoir des visiteurs mais pour votre rétablissement, il va falloir commencer à retrouver une vie sociale.
- Foutez-moi la paix
- La colère est normale, l'incompréhension aussi. Je peux comme je vous le disais hier, vous mettre en contact avec des personnes qui ont vécu ce que vous vivez actuellement
- Foutez-moi la paix, siffla-t-elle une nouvelle fois , les yeux noirs
Inspirant tranquillement, le médecin déposa une liste en papier sur sa table de chevet puis lui déclara :
- La kinésithérapie va débuter aujourd'hui, par des petits exercices. Cela vous demandera beaucoup d'effort et se sera douloureux. On adaptera un traitement en fonction. Si tout se passe bien d'ici deux semaines, vous pourrez vous mobiliser à l'aide des cannes et…
- Deux semaines ! fit-elle outrée et le cœur lourd
- Madame Castle, vous avez….
- C'est Beckett ! Détective Kate Beckett ! cracha-t-elle, énervée et à bout de force
- Vous avez subi traumatisme, continua le médecin sans tenir compte une nouvelle fois de sa remarque.
Après une synthèse entre médecins et le Dr Burke, ils avaient convenu de mettre Kate devant la réalité. Son psychiatre craignait qu'elle ne se retranche et qu'elle ne fuit le problème. Il était donc convenu qu'il la nommerait par son nom de femme quelque soit sa réaction pour le moment.
- Votre corps a besoin de temps pour récupérer. Vous êtes une miraculée
- Tu parles, grogna-t-elle
- Pardon ?
- Une miraculée dans un lit complètement impotente et amnésique !
- La rééducation avec le kiné va régler le problème de mobilité quand à l'amnésie , nous allons commencer le traitement dès le début de l'après-midi
- Ah oui ? Et comment ? dit-elle en levant les yeux en l'air avec ironie
Elle avait l'impression de se noyer. Elle se sentait seule et désemparée mais en même temps, elle refusait de voir du monde. Elle était en colère et complètement terrifiée depuis son réveil. Comment allait-elle redevenir le lieutenant Kate Beckett ? ou plutôt le capitaine Beckett ? Comment allait-elle faire face à son mari…à Castle , quand tout ce qui l'animait était de la rancœur et le seul souvenir de sa nuit avec Will….
- Plus vous serez en contact avec des personnes que vous connaissez, plus vos chances de retrouver la mémoire seront grande, déclara le Dr Sheperd en la sortant de ses pensées. J'ai donc laissé la liste de toutes les personnes qui souhaitaient vous rendre visite et…
- Je ne veux voir personne
- Vous avez une heure pour faire votre choix. Une seule personne de cette liste pendant une heure de visite.
- Vous vous moquez de moi ?
- Si vous ne souhaitez pas choisir, votre mari sera la première personne à entrer. On réitérera cet exercice tous les jours, jusqu'à ouvrir les visites à tout le monde en fin de semaine.
Serrant les draps avec rage, Kate sentait sa colère culminée. Ne pouvait-elle pas rester tranquille ? Ne pouvait-elle pas choisir ce qu'elle désirait ? Ce n'était pas une enfant !
Fusillant du regard son médecin, elle le vit simplement hocher de la tête avant de sortir de la chambre pour la laisser seule face à son choix.
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Le regard fixé sur les platanes à l'extérieur de sa chambre d'hôpital, Kate fulminait en se sentant traiter comme une enfant. Elle avait l'impression de n'avoir aucun contrôle de sa vie et de ne pas pouvoir prendre des décisions par elle-même .
L'heure des visites allaient bientôt démarrée, et elle sentait son estomac se noué et ses larmes réapparaître. « Ne pleure pas, ne pleure pas », se répéta-t-elle comme un mandarin usé.
Elle avait envie de crier, d'hurler mais ce sentait totalement impuissante face à la situation.
Quand la porte de sa chambre s'ouvrit pour laisser entrer la visite qu'elle avait choisie , elle ne tourna même pas la tête et resta fixé sur ces foutus platanes.
- Comment vas-tu chérie ? demanda d'une voix fatiguée et lasse son père en s'installant sur le fauteuil à sa droite.
- …
- Kathie ?
- Je suis fatiguée, avoua les larmes aux yeux Kate sans lâcher le parc de vue
- Le médecin dit que tu refuses les médicaments pour dormir
- Je…..Je….
- Oui ?
- J'aurai préféré ne jamais me réveiller, hocqueta-t-elle en sanglotant en brisant le cœur de son père par ses paroles.
Deux ans à attendre, deux à prier un réveil de sa fille et désormais il se sentait totalement démuni face à sa détresse. Doucement, il se leva pour venir l'enlacer tendrement et lui chuchota :
- Moi, je suis heureux de pouvoir enfin discuter avec toi Kathiebug
- Papa, pleura Beckett en fermant les yeux
- Tu m'as manqué…..ma petite fille m'a manqué.
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Une semaine et demi s'était déroulée depuis sa première visite. Après un plaidoyer de son père, Kate avait accepté les prises des médicaments, les séances de kiné mais à la seule et unique condition : elle pouvait choisir ou refuser ses visites.
Après moult hésitation et avec une discussion avec Rick, Jim avait accepté. Tous les deux n'étaient pas dupe, ils savaient que Beckett tenterait comme elle le pouvait d'éloigner Castle, mais son bien être primait sur les sentiments de l'écrivain.
Pendant une semaine et demi, il avait observé les gars, Lanie et Jim rendre visite tous les jours à sa femme sans pouvoir rentrer dans la chambre. Kate avait été très claire, elle ne voulait pas voir Martha, Alexis et Rick.
Attristé et blessé par la situation, Castle avait néanmoins remercié sa fille et sa mère pour leur patience. Contrairement à lui , elles comprenaient la réaction de Kate. Elles n'étaient que des étrangères pour le jeune lieutenant. Elles avaient épaulé Castle comme elle le pouvait depuis plus d'une semaine.
Kate, elle , avait fait énormément de progrès. Elle avait mit toute sa rancœur, sa colère dans sa rééducation et après plus d'une semaine et demi de kiné intensive, elle pouvait enfin se tenir debout pour des petits trajets à l'aide de cannes.
Elle n'avait posé aucune question d'ordre personnel au grand dam de Rick. Elle avait seulement demandé aux gars comment elle était devenue Capitaine ou à Lanie , si sa nouvelle vie professionnelle lui plaisait. Mais à aucun moment, elle n'avait demandé depuis combien de temps elle était mariée ou si elle était heureuse.
La seule question personnelle vint au bout de cinq jours, quand elle demanda à son père par quel genre d'accident elle avait fini dans le coma. Sans rentrer dans les détails de la naissance de Lily, Jim lui avait expliqué qu'une voiture l'avait renversé quand elle traversait avec Alexis et Lanie. Pour protéger, sa belle-fille et sans réfléchir, elle l'avait poussé hors de la chaussée et avait pris sa place.
Beckett avait hoché de la tête et avait simplement changé de sujet. Son père était complètement perdu face à ses agissements. Le médecin lui déclarait qu'elle avait juste besoin de temps pour prendre en compte la réalité, mais l'entêtement de Kate à fuir dès le premier obstacle effrayait Jim.
Elle avait une fille et elle n'en avait aucune idée. Lily méritait de connaitre sa mère. Après une semaine et demi sans la voir, la petite commençait à la réclamer à son père qui paniquait à chacune de ses demandes. Comment dire à une petite fille de deux ans que sa mère s'était enfin réveillée mais qu'elle ne pouvait pas encore aller la voir ?
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Mais aujourd'hui cela faisait une semaine et demi que Kate refusait chacune des visites de Rick ou d'un des membres de sa famille et son père commençait à perdre patience. Il s'apercevait très bien du dilemme qui devait faire rage dans la tête de sa fille. Connaitre la vérité mais sans y faire face. Elle était une détective, l'une des meilleures mais avait toujours eu du mal dans sa vie privée.
Alors aujourd'hui quand elle démarra la conversation sur sa rééducation , Jim la coupa en lui déclarant :
- Richard est dans la salle d'attente depuis des heures.
- Il peut rentrer chez lui
- Chez vous, la reprit-il en la voyant baisser le regard. Il est ton mari. Il a le droit d'être prêt de toi , surtout après l'enfer qu'il a vécu pendant deux ans, tu….
- Je ne veux pas le voir, je ne veux rien avoir à faire avec lui, cracha-t-elle apeurer à l'idée de devoir faire face à la réalité.
Pendant plus d'une semaine, elle avait observé l'alliance qui trônait, avant à son annulaire droit ,et qu'elle avait soigneusement retirer. Elle n'arrivait pas à faire face à la situation et encore moins à en discuter. Malgré toutes ses questions sur sa vie qui la taraudait, Beckett était pétrifiée. Tout ce qu'elle savait c'était qu'elle était mariée à un playboy millionnaire, que son accident avait été causé par une voiture pour sauver la vie d'Alexis et que son corps était meurtri par des cicatrices. Toutes ces données étaient accablantes et difficile à gérer pour elle en plus de sa rééducation.
Elle avait donc fait le choix de se focaliser sur la kinésithérapie, de pouvoir retrouver son indépendance avant d'attaquer une nouvelle bataille.
L'observant la regarder d'un œil noir, Jim soupira en se grattant la nuque et lui déclara :
- Tu agis comme une enfant bornée et égoïste.
- Pardon ? siffla-t-elle
- Tu m'as très bien entendu, Katherine. Tu agis comme si tu étais seule au monde. Et tu n'es pas seul. Tu as tous tes amis et tu as une famille
- Je le sais !
- Tu le sais ? Alors ou sont Martha, Alexis ou Richard ?
- Ils ne sont pas ma famille !
Sentant toute sa patience s'envoler, Jim lui annonça sans préambule :
- Martha t'a veillé pendant deux ans chaque matin, elle n'a pas arrêté de te parler , et bien avant ton coma, elle a été la mère que tu as perdu
- Non, tu…
- Alexis, …bon dieu, Kathie, tu t'es jetée devant une voiture pour cette fille ! Elle est plus que la fille de ton mari. Cette gamine a passé les deux dernières années à te faire la lecture ! Et je ne parle pas de Richard qui ressemble à une loque humaine
- Ne me parle pas de Castle
- Pourtant quelqu'un va devoir t'en parler, s'impatienta Jim. Ton mari n'a pas quitté ton chevet pendant ces deux dernières années et encore moins ces derniers jours, il est comme une sangsue devant ta chambre.
- Richard Castle n'est pas mon mari. Je n'arrive même pas à comprendre comment j'ai pu épousé ce…
- Comment tu as pu ? la coupa-t-il abasourdi par ses propos. Eh bien, laisse-moi te dire une chose jeune fille, Richard Castle est le gendre rêver, il t'aime tellement que parfois sans est écrasant. Alors si tu arrêtais un peu d'agir comme une enfant, tu verrais ce qui a juste devant tes yeux. Il est plus que cet écrivain dont tu te souviens, il est ton ami, ton partenaire et ton mari. Et si tu n'arrives pas à me faire confiance sur ce point, essai un peu de te faire confiance.
- Me faire confiance ? Hoqueta-t-elle perturbée par les remontrances peu habituelles de son père.
- Tu as toujours dit que tu n'épouserais qu'un seul homme. Que tu n'étais pas faite pour plusieurs mariages. Et c'est ce que tu as fait, Kathie….tu as épousé l'homme que tu aimais, l'homme de ta vie. Tu sais , tu ne te souviens pas de lui mais je me souviens de ce que tu m'as dit quand tu l'as épousé, …..tu m'as dit que ta vie n'avait aucun sens avant lui. Que désormais ta vie s'était lui.
Fermant les yeux aux mots de son père qui lui transperçaient le cœur, elle se demandait comment avait-elle pu aimer quelqu'un à ce point ? Comment pouvait-elle aller de l'avant quand ce quelqu'un était Richard Castle ?
Sentant ses larmes coulées sur sa joue, elle renifla puis entendit la chaise de son père grincer :
- Ce n'est pas moi qui devrait être ici….c'est lui. C'est l'homme qui n'a pas cessé un seul jour de t'aimer, celui qui t'a tenu la main même quand personne ne voulait plus y croire. C'est l'homme qui t'a tenu la main, brosser les cheveux, murmurer sans cesse des mots pendant plus de deux ans. Et il mérite tellement plus que de l'indifférence.
- C'est trop dur papa, murmura-t-elle en ouvrant les yeux pour le voir près de la porte
- Essai plus fort. Ta mère disait toujours que la vie ne donne jamais rien qu'on ne peut supporter.
- Je…
- Tu es en vie. Tu es en vie et tu n'es pas seule. Apprend à connaitre cette vie que tu as oublié et arrête de te terrer comme un animal blessé. Si tu veux retrouver ces huit années, laisse Richard t'aider.
Et sans un autre mot, il sortit de la chambre de sa fille en inspirant le cœur brisé. Il ne se souvenait pas d'avoir été un jour aussi dur envers elle. Même le jour elle avait ramené ce punk qui sentait le chien mouillé sur sa Hartley n'avait pas été pire. Il avait l'impression d'être un mauvais père. Elle avait besoin de son soutien, de son aide et tout ce qu'il avait fait été de la réprimander.
Inspirant en sentant son estomac se noué, il observa quelques secondes la porte close de sa fille et hésita sur la marche à suivre. Devait-il rentrer à nouveau et s'excuser pour ses paroles ? Ou simplement la laisser réfléchir ? Il ne savait pas plus comment agir, comment faire pour aider sa fille et son gendre. Détournant le regard, il aperçut Richard assis comme toujours dans la salle d'attente , la tête entre ses mains et les épaules affaissées. Depuis combien de temps était-il là ? Avait-il au moins dormir ou manger ?
Il avait l'impression que Richard se noyait de jour en jour. Le réveil de Kathie aurait dû être une bénédiction, une joie à célébrer, au lieu de ça, il avait hurlé sur sa fille et observer démuni son gendre perdre pied face à la situation.
Ravalant sa peine, il partit le rejoindre avec un sourire qu'il espérait authentique et le vit relever les yeux brusquement dès son arrivée :
- Comment va-t-elle ? A-t-elle encore besoin de sa canne pour marcher ou…
- Je l'ai un peu bousculée, avoua Jim en s'installant près de lui.
- Bousculée ? Elle est tombée, paniqua Rick en se relevant
- Non, Richard, calme-toi. J'ai seulement dit à ma fille d'arrêter de faire l'enfant. Espérons que sa porte ses fruits.
- De faire l'enfant ?
- Une semaine et demi…ça fait plus d'une semaine qu'elle te met à l'écart alors que…
- Je peux attendre. Le plus important c'est sa santé
- Non, tu ne peux pas attendre, tout comme Lily ne peut plus attendre. Kathie va devoir savoir tôt ou tard qu'elle est mère et…
- Elle ne veut pas de moi alors de notre enfant, soupira Castle, la boule au ventre
- Je sais, mais que se passera-t-il quand elle apprendra la vérité et qu'elle sera qu'on le lui la cacher depuis des semaines. Le médecin a dit qu'elle devait le savoir.
- Je sais, je ne sais simplement pas quoi faire….elle n'est pas …
- Elle n'est pas quoi ? demanda doucement Jim en sentant Rick abattu
- Elle n'est pas la femme que j'ai épousée, elle n'est pas celle qui souhaitait un enfant….pour le moment elle est juste le détective Beckett..et elle est effrayée…..
- Richard, je…..
- Mr Castle ? l'interrompit une infirmière qui entrait dans la salle d'attente
Levant le regard sur la soignante, Rick se leva en cherchant du regard la chambre de Kate pour voir s'il y avait un souci et répondit:
- Oui ?
- Votre femme vous réclame
- Je…Pardon ? reprit-il estomaqué alors que Jim souriait de soulagement
- Votre femme vous réclame, Monsieur.
- Vous êtes sûre ? Je veux dire…elle a dit quoi ? déglutit Castle en dévisageant l'infirmière puis Jim
Il n'en revenait pas. Il était enfin autorisé à aller la voir ! Après une semaine et demi d'attente insupportable, de doutes, de craintes et de pleurs, il pouvait aller voir Kate ?
- Elle m'a dit, « dîtes à Richard Castle que je l'attends ».
- Oh
- Je vous remercie, déclara Jim en se levant pour ajouter aussi. Je savais qu'elle n'était pas aussi butée.
- Vous le saviez ?
- Oh, eh bien, disons que je l'espérais, se reprit-il en voyant son gendre sourire, le cœur moins lourd.
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Les paroles de son père l'avaient énormément touché. Jamais encore il ne l'avait réprimandé de la sorte. Fermant les yeux en tentant assimiler chacun des mots de Jim , Kate les ouvrit brusquement face au raclement de gorge hésitant qui résonna dans sa chambre. Là, face à elle, se trouvait Rick Castle. Ses yeux étaient cernés, sa barbe n'avait pas été rasé depuis plusieurs jours et son regard semblait…..paniquer.
- Je….l'infirmière a dit que tu souhaitais me voir ? demanda timidement Rick ,les mains dans les poches et le regard craintif.
L'observant quelques instants, elle comprit la signification des paroles de son père. Rick Castle avait l'air apeuré et anéantie en même temps, il ne ressemblait en rien au Castle de ses souvenirs. Son air sûr de lui, son sourire de playboy et son regard taquin avait laissé place à un homme brisé qui avait l'air d'attendre…
Fronçant les sourcils à ce constat, elle le dévisagea encore quelques secondes avant qu'il n'ajoute fébrilement :
- De toute évidence , l'infirmière s'est trompée, je suis désolé…je ne voulais pas te déranger, je vais retourner dans la salle d'attente et…
- Restez, le coupa-t-elle en soupirant
- Je…quoi ?
- J'ai dit restez, déglutit-elle anxieusement en baissant le regard en triturant les draps de ses mains.
Elle ne savait pas pourquoi elle se sentait aussi intimider devant lui. Etais-ce à cause de cette manière totalement inconnue pour elle qu'il avait de la contempler. Il l'observait comme si elle était la septième merveille du monde et cette constation l'ébranla un peu plus.
Doucement, elle releva les yeux en se mordillant la lèvre inferieure et lui murmura en le voyant complètement stupéfait devant elle :
- Je suis prête…je vous écoute
- Tu…Heu…. Tu es prête pour quoi ? balbutia-t-il nerveusement
- Prête pour entendre l'histoire.
- L'histoire ?
- Hum….Vous savez…il y a toujours une histoire, Il y a toujours une série d'évènements qui donne un sens à chaque chose, je crois que c'est ce que vous disiez…..Alors….Je connais le début de l'histoire…la fin mais je suis prête à entendre le reste de cette histoire.
Et rien qu'avec cette simple phrase, le poids qui se situait sur les épaules de Rick Castle s'envola. Elle était prête pour l'écouter, pour une explication. Il savait que ce n'était qu'un petit pas, qu'elle n'était pas prête pour plus, pour eux…mais à cet instant, en connaissant Kate Beckett, ce petit pas qu'elle venait de faire ressemblait au monde…elle lui offrait le monde.
Souriant timidement, il s'approcha doucement d'elle avant de s'installer sur la chaise qu'avait occupé Jim et lui déclara :
- Tu as raison, il y a toujours une histoire…alors par ou souhaites-tu que je commence ?
- Heu….. par le commencement.
- Le médecin a dit que pour ne pas endommagé ta guérison, je dois simplement répondre à tes questions de façon succinctes, avoua-t-il nerveusement de peur qu'elle ne se rétracte. Je…dis moi tes derniers souvenirs et avec quelques questions, je peux te donner les éléments qui te manque.
Levant les yeux au ciel, à nouveau agacer, elle soupira. Elle n'avait pas envie de s'épancher sur ses souvenirs , elle avait toujours eu du mal à ses confier mais les paroles de son père résonnaient dans sa tête et elle marmonna :
- Tout ce dont je me souviens, c'est…enfin…..
- Dis-moi, sourit-il pour la mettre à l'aise, heureux de la voir .
Elle avait l'air tellement mieux. Elle pouvait bouger sans grimacer, ses yeux semblaient plus reposer et la façon dont elle l'observait faisait battre son cœur à mille à l'heure. Elle était époustouflante.
- Castle, je ne pense pas que soit une bonne idée. Je…
- Dis-moi, Kate, insista-t-il
- Je…ok…Mes derniers souvenirs sont avec Sorenson, chuchota-t-elle honteusement en le voyant blêmir. Je me souviens de vous avoir banni du poste et ensuite….on s'est donné une nouvelle chance avec Will…Je me souviens d'avoir été avec lui avant mon réveil…..et maintenant , je... je suis mariée…à vous. Comment est-ce possible ? Comment avons-nous pu nous marier ?
- Kate, soupira Castle en la sentant paniquer. On ne sait pas marier en quelques jours….
- Non ?
- Oh non…. si ça peut te rassurer , tu m'as fait attendre pendant quatre ans.
Fronçant les sourcils à sa déclaration, elle déglutit face à la suite de ses aveux :
- Mais on était heureux….et vraiment amoureux. Je sais que tu as cette image de playboy dans la tête….mais j'ai changé, tu m'as changé, plaida-t-il, le cœur berne. On était heureux, Kate .
- C'est juste que…..je ne sais pas comment faire, avoua-t-elle péniblement
- Comment faire quoi ?
- Comment être ta femme, la « Kate » que tout le monde attend. Je ne suis pas ta femme, Castle….. Je ne veux pas te blesser mais…..je ne sais pas si un jour, je pourrais être à nouveau ta femme.
Déglutissant à ses mots, il ferma ses yeux quelques secondes pour reprendre contenance et lui chuchota :
- Tout ce que je veux , c'est que tu ailles bien . Pour le moment seul ta rééducation compte. Le reste n'est que détail. Je ne te demande pas d'être ma femme.
- Castle
- Pas de pression…. On peut simplement être amis…..juste amis...mais s'il te plait, ne m'éloigne pas.
La détresse dans sa voix, dans sa posture rendit la nausée à Beckett. Comment l'homme de ses souvenirs avaient-ils pu devenir aussi loyale et attentionné. Elle avait l'impression d'être en monstre à cet instant….son père avait raison…..Rick Castle avait changé.
- Kate ?
- Vous pensez qu'un jour ….je pourrais me souvenir ?
- Je l'espère.
Inspirant fortement, elle se mordit la lèvre inférieure et chuchota :
- Ok, …amis…..je veux bien commencer par là
- Bien, soupira dépiter Castle.
- Alors….il y a-t-il autre chose que je devrais savoir ? sourit-elle pour alléger un peu l'ambiance pesante.
Elle se sentait plus détendue et moins sur la défensive. Les mots de Rick , son regard l'avaient en quelque sorte apaiser. Amis….ils pouvaient être amis. Elle était prête à essayer pour le moment. Son père avait raison, elle agissait comme une enfant et s'il elle souhaitait un jour récupérer ces huit années, elle devrait faire face à cette nouvelle vie…..ce qui impliquait Rick Castle et sa famille.
L'observant se tortiller à ses mots, elle fronça les sourcils et lui demanda :
- Castle ?
- Heu…..avant qu'on continue, il faut que tu saches quelque chose
- Quoi ?
- Je…. Tu…..on a…. enfin…tu…
- Allez Castle, je crois que le pire est derrière nous. Je veux dire qu'il y a-t-il de pire que de se réveiller amnésique et marier à toi...sans t'offenser, bien sûr.
- Eh bien...on a une fille…on a une fille ensemble, avoua en grimaçant Rick
- Je…pardon !
Merci à tous et toutes pour vos commentaires, je publie en coup de vents mais je tiens à tous vous remercier pour vos commentaires. Promis la prochaine fois, je vous réponds, un à un.
