Chapitre 14.


L'air était chargé d'une tension qui aurait pu faire imploser la grande Pomme en quelques secondes. Rick était figé et tentait d'assimiler les propos de Kate tout en tentant de garder son rythme cardiaque dans la limite de la normal.

« Will m'a embrassé »….. « Will m'a embrassé »..Voulait-elle réellement dire ce que cela voulait dire ?

Bien sûr idiot ! Il est une heure du matin et ta femme était avec son retour de flamme. Mon Dieu pourquoi n'avait-il pas écouter sa mère pour une fois dans sa vie ! Il serait allé ramper auprès d'elle et peut-être que….peut-être que…..

- Castle, murmura Kate la boule au ventre. Rick, dis quelque chose

- Will t'a embrassé, dit-il à haute voix comme si l'exprimer rendrait cette vérité moins douloureuse

- Je…oui, répondit-elle en serrant ses bras autour de son corps comme pour se protéger.

Serrant les poings en sentant la nausée le prendre, Castle vit sa vie maritale défiler en quelques secondes. De sa rencontre avec Kate, à cette nuit d'orage où elle l'avait rejoint, jusqu'à ses mots fatidiques. « Will m'a embrassé ».

Ouvrant puis fermer la bouche, il la dévisagea avec un regard noir. Il l'avait l'impression de ne pas connaitre la femme qui se trouvait sous ses yeux. Car rien n'avait pas de sens. Sa Kate n'aurait jamais permis ça, sa Kate ne l'aurait jamais trompé avec ce connard de Sorrenson, sa Kate…sa Kate était morte dans cet accident de voiture.

Inspirant en sentant ses entrailles se retourner, il la vit s'avancer prudemment vers lui et lui murmurer :

- Rick, je… je ne sais pas comment ça s'est passé, tenta-t-elle expliquer. Une seconde nous parlions de…

- Non, la stoppa-t-il en sifflant avec un ton sans appel.

C'était trop pour lui…il en avait assez supporté et désormais il devait l'écouter sur son amour naissant pour son ex ? Bon dieu, il avait prié son réveil pendant deux ans, tous les jours , à chaque minute et tout ça pour ça ? Pour la voir partir dans les bras d'un autre ?

Il n'avait pas besoin de son explication ou de sa confession. Il n'était pas son prêtre mais son mari ! Mari qu'elle avait oublié dans l'équation du baiser.

Reculant d'un nouveau pas, il sentit son cœur battre à tout rompre, ses entrailles se serrées et ses jambes vacillées. Comment tout ceci avait-il pu se produire ? Comment avait-elle pu embrasser un autre homme ? Quatre mois ! quatre mois à attendre qu'elle soit prête, à attendre qu'elle lui fasse confiance pour qu'elle retourne vers Sorenson au premier sourire !

Kate, elle, était désemparée devant sa réaction. Elle avait l'impression qu'il blêmissait de seconde en seconde et le regard qu'il posait sur elle était tellement colérique, qu'elle tenta d'expliquer rapidement la situation en séchant les larmes qui menaçaient de couler :

- Il m'a embrassé et….

- C'est bon j'ai très bien compris cette partie, cracha-t-il écoeurer

- Castle, j'essaie de…

- De quoi ? M'expliquer comment ta langue a fini dans sa bouche ? C'est bon , Beckett, je n'ai pas besoin de tes foutus explications ! cria-t-il en la faisant sursauter avant de se retourner pour partir dans son bureau.

Elle resta figer sur place par la dureté de leur échange. Jamais encore, il ne lui avait crié dessus avec autant de force et de véhémence.

Fatiguée, elle déglutit tout en chassant au loin une larme sur sa joue. La journée avait été longue…..trop longue et désormais elle ne savait plus comment faire. Devait-elle insister pour qu'il écoute ses explications ou simplement attendre demain qu'il se calme ?

Se frottant le visage, elle avança de quelques pas pour l'observer se servir un verre de wisky qu'il but d'une traite avant de recommencer.

Le ventre noué, elle pénétra dans son bureau et lui murmura :

- Boire n'est pas la solution

- Coucher avec un autre homme que ton mari n'est pas une solution non plus, siffla-t-il, le dos tourné en pleurs.

- Cou….coucher ? non mais attend, rembobine, s'énerva-t-elle en le voyant vider ce foutu bouteille de pure malt, ce qui avait le don de raviver de mauvais souvenir. Je n'ai jamais couché avec Will et…..

- C'est bon , Beckett, pas besoin de trouver une excuse, claqua-t-il en se tournant pour la fusiller du regard. Ton retour de flamme est revenu sur New-York et tu t'es aperçu de tes sentiments. Je ne suis pas un idiot, je sais assimiler deux plus deux.

- Je n'ai pas couché avec Sorenson, siffla-t-elle excédée

- Ah non ? Alors que faisais-tu jusqu'à une heure du matin ? Parce qu'on a passé l'âge de se tripoter jusqu'à point d'heure ! Il t'a embrassé et on sait tous les deux comment ça c'est fini !

Le fusillant du regard face à sa remarque, elle serra ses poings pour éviter de culminer encore plus. Elle avait pensé qu'il serait contrarié mais jamais elle n'aurait imaginé autant de bassesse de sa part. Elle n'avait même pas le droit de s'expliquer, qu'elle était déjà condamnée de tromperie.

- Alors, j'attends, siffla-t-il l'œil noir

- Tu attends quoi, une explication ou une raison d'hurler ? répondit-elle sur le même ton. Parce que j'ai surtout passée l'âge du sermon du soir !

- Je…

- Je pensais que tu me connaissais mieux que ça mais apparemment j'avais tort ! Je pensais même que tu avais compris depuis tous ces mois que j'essayais vraiment avec toi mais j'avais tort aussi ! Alors si tu veux savoir ou j'étais jusqu'à une heure du matin, la réponse est dehors ! J'étais dehors, dans ce fichu parc, au milieu de la nuit pour réfléchir….mais apparemment, j'ai eu tort de prendre ce temps-là pour savoir ou nous en étions parce qu'apparemment, nous sommes nulle part !

- Je te demande pardon ?! fit-il surpris par sa tirade.

Elle n'était pas avec lui ? Elle avait erré seule au milieu de la nuit ? Complètement perdu, il déglutit devant ses prochains mots.

- Si tu penses que j'ai couché avec un autre homme que toi, nous sommes nulle part Castle. Si tu n'as pas confiance en moi, je ne vois ce que nous tentons même de sauver.

- Tu n'as pas couché avec lui, murmura-il atterrer face à son regard furibond

- Non ! Mais pour qui me prens-tu ! …..Dès qu'il a posé ses lèvres sur les miennes, je l'ai repoussé

- Tu l'as repoussé

- Oui et tu le serais si tu m'avais laissé m'expliquer au lieu de me hurler dessus ou de m'accuser à tort ! Maintenant, la journée fut longue, je vais aller me coucher et je te suggère de poser cette fichue bouteille et d'en faire de même ! claqua-t-elle le cœur en berne en se rendant compte qu'il ne lui faisait pas confiance.

Sans un autre mot, elle passa devant lui et pénétra dans sa chambre en veillant bien à fermer derrière elle. Les épaules affaissées, le visage en larmes, elle se traina jusqu'à son lit ou elle s'effondra pour pleurer dans ses oreillers.

Cette soirée avait été un véritable calvaire pour elle. Elle avait pensé avoir eu la bonne habitude face à Sorenson mais apparemment elle avait eu tort. Il ne lui faisait pas confiance. Il la pensait blottie dans les bras d'un autre après toutes ces dernières semaines, après tout ce qu'ils avaient traversé. Elle était épuisée psychologiquement et physiquement mais elle était surtout blessée qu'il ne lui ai même pas laissé une chance de s'expliquer.

Fermant les yeux en gémissant, elle entendit Rick tapoter contre la porte de la chambre et de lui demander d'ouvrir. Mais elle était fatiguée et contrariée. Elle ne souhaitait pas entrer dans un nouveau combat ou pire entendre des excuses alors qu'elle savait dorénavant toute la confiance qu'il lui portait.

- Kate, je suis désolée…..vraiment…..s'il-te-plaît, ouvre-moi, il faut qu'on…..

- Va-t'en Castle

Le ventre noué, les jambes recroquevillées sur elle-même, elle laissa pleurer sa peine jusqu'aux premières lueurs du matin.

XXXXXXX

- Et maintenant, on ajoute du…

- Cocolat, sourit Lily , de toutes ses dents , dans son pyjama sur sa chaise haute alors que Kate lui donnait son petit déjeuner sous les yeux de Martha.

La matriarche était venue tôt ce matin pour garder sa petite fille et pour permettre à son nigaud de fils de retrouver Kate au commissariat. La confession de Richard hier et son refus de rejoindre sa femme, l'avait poussé à rejoindre le loft afin de permettre à Castle de passer un peu de temps avec Katherine. Mais quand elle avait fait ses premiers pas dans l'appartement, elle soupira à la vue éreintée de sa belle-fille. Des cernes sous les yeux, emmitouflés dans un peignoir et les yeux rougis, Beckett tentait de faire bonne figure devant Lily alors que Rick était toujours à l'étage, certainement entrain de dormir.

Après plusieurs minutes à tergiverser sur la manière d'aborder cette discussion, Martha décida de prendre le taureau par les cornes et déclara en buvant sa tisane, alors que Kate tartinait le pain de sa fille, sous ses yeux rieurs :

- La nuit fut longue ?

- Hum…l'enquête n'avance pas vraiment, éluda Beckett qui savait pertinemment que son accoutrement et son air fatigué éveillaient les soupçons de la matriarche

- L'enquête ou Richard ?

- Les deux, soupira-t-elle à contre cœur en donnant à Lily sa tartine. Tiens chérie.

Elle savait très bien qu'il ne servait à rien de mentir. Si elle avait compris une chose au fil de ces derniers mois s'était que Martha Rodgers n'abandonnait pas une discussion facilement.

- Ci, maman.

Se retournant pour se laver les mains et tenter de cacher les nouvelles larmes qui commençaient à arriver, elle entendit Martha lui répondre :

- Tu sais qu'il t'aime, chérie.

- Hum….Ça ne suffit pas. Parfois, l'amour ne suffit pas, murmura-t-elle toujours autant blesser par ses propos de la veille

- Balivernes, l'amour soulève des montagnes.

Observant sa belle-fille, toujours dos à elle, les épaules voûtées, Martha lui murmura sur un ton doux et amical :

- Vous allez y arrivé, il faut juste que…..

- J'ai essayé, Martha, on a essayé, mais ça ne fonctionne pas, avoua-t-elle en se retournant tout en croisant ses bras atour de son buste.

- Essayer plus fort, alors

- Martha, soupira-t-elle

- IL n'y a pas de Martha qui tienne. Vous tournez en rond. Vous n'essayez pas . On dirait des petits oscillions craintifs avant leur premier envol. Si cela était frustrant, il y a des années, cela devient pathétique dorénavant.

- Des oisillons craintifs ? répéta Beckett, en levant un sourcil

- Katherine, soupira la matriarche en déposant sa tasse sur l'ilot . Une personne sage a un jour dit « qu'à force de laisser un pas en dehors de la relation, on ne sait plus où l'on n'en est. »

- Oh, une citation du grand Rick Castle, certainement, dit-elle ironiquement en se grattant la nuque

- Oh, non, de la grande Katherine Castle, renchérit tout sourire Martha fière de sa réplique, alors que Kate déglutit en comprenant le sens de sa réponse. Et je dois dire, chérie, que tu avais raison. Il faut juste que tu appliques tes mots.

Soupirant, Kate se rapprocha de Lily en lui retirant son assiette tout en déclarant à Martha sur un ton lasse et fatiguée :

- Je n'ai pas un pied en dehors de la relation

- Ah non ? Alors pourquoi tournez autour du pot ?

- Je ne…

- « On va être ami », « on va avoir un premier rendez-vous »,« soyons partenaire »….soyons surtout réaliste, chérie, ça ne fonctionne pas. De mon temps, ces choses là se réglaient par un petit tour entre les draps et…

- Martha, s'indigna rouge de Honte Beckett en cachant les oreilles de sa fille qui riait

- Maman, cha'ouille !

- Quoi ? au moins ma solution donne plus de plaisir que de pleurs

- Oh mon dieu, soupira Kate en se disant que la mâtinée pouvait être pire qu'elle ne le pensait, tout en nettoyant le visage de Lily qui était plein de chocolat.

- Chérie, il suffit juste de sauter dans cette relation

- Hum….seulement dans cette relation, il y a une enfant et un homme avec des sentiments, je ne peux pas sauter sans réfléchir à toutes les conséquences.

- Alors tu abandonnes ? tu te dis que c'est trop compliqué ?

- Martha, souffla Beckett épuisée en prenant Lily dans ses bras, en s'apercevant qu'elle avait également tâché son pyjama. Je vais aller la débarbouiller en haut.

Observant sa belle-fille fuir cette conversation, Martha soupira et rétorqua :

- Je peux m'en occuper si tu veux aller prendre une douche ou….

- Non, je ne l'ai pas vue hier soir. J'aimerais passer un petit moment avec elle avant d'aller travailler

- Bien…..mais remet lui un pyjama et non une tenue de ville, j'ai prévue soins du visage ce matin avec ma princesse.

- Elle n'est pas trop jeune, s'étonna Kate en observant les jolis yeux bleus de sa fille et sa mine réjouie dans ses bras

- Il n'y a pas d'âge pour prendre soin de sa peau….et Katherine, l'interpella la matriarche en la voyant monter les escaliers

- Hum

- La discussion n'est pas close et comme le disais ta mère "la vie ne donne rien que l'on ne peut supporter"

- ça...c'est bas, grommela-t-elle en regagnant la chambre de Lily.

XXXXXXXXX

Allongé, les yeux rivés de fatigue face au plafond, Rick tentait de prendre son courage à deux mains et d'aller affronter cette nouvelle journée. Les mots de Kate avaient tourné dans sa tête encore et encore ainsi que le son de ses pleurs cette nuit. Il regrettait amèrement ses paroles et ses déductions. Il l'avait jugé sans lui faire confiance et sans lui laisser le temps de s'expliquer.

Il savait qu'il avait eu tort mais il ne savait pas comment réparer sa bêtise .

« Si tu penses que j'ai couché avec un autre homme que toi, nous sommes nulle part Castle. Si tu n'as pas confiance en moi, je ne vois pas ce que nous tentons même de sauver. »

Elle avait raison…tellement raison. Soupirant en se frottant énergiquement le visage, il entendit les rires de Lily dans la chambre voisine et les murmures de Kate.

Déglutissant, il se leva en se demandant comment réparer ce fiasco. Les épaules affaissées, les jambes lourdes et le visage cerné, il sortit pour découvrir les deux femmes de sa vie en train de s'amuser sur la table à langer :

- Lily Castle, arrête de gigoter, maman n'arrive pas à mettre la couche

- Plus couche, ricana la petite

- Plus couche ? Comment ça , plus couche ? s'étonna Kate en la contemplant en train de sucer son puce

- Plus couche, répéta-t-elle comme une évidence. Lily, plus couche.

- Heu…..c'est comme ça que ça marche ? un jour tu te lèves et ta fille ne veut plus de couche ? c'est aussi simple que ça ? s'interrogea-t-elle à voix haute avant de voir Rick entrer dans la pièce.

Il avait les mains dans les poches, les yeux rougis et la mine aussi éreintée qu'elle. Baissant le regard sur sa fille , elle l'entendit lui murmurer avec hésitation :

- Elle me dit ça depuis hier soir

- Quoi ? soupira Kate en comprenant pas ses mots

- Qu'elle ne veut plu de couche. Pour Alexis, j'ai dû insisté pendant plus de deux semaines…..alors, je suis assez surpris qu'elle souhaite la retirer comme ça.

- Hum…qu'est-ce que tu veux que je fasse alors ? chuchota Kate avec la couche dans la main sans lever le regard sur lui.

Déglutissant en s'apercevant qu'elle n'arrivait même pas à soutenir son regard. Rick se frotta la nuque en l'observant avant de lui répondre :

- Demain, c'est le week-end, je m'en chargerais. Je ne vais pas laisser à mère les fuites de Lily pour la journée.

- La journée ? parce que tu ne restes pas avec elle, blêmit-elle en changeant sa fille.

- Pas couche !

- Attend, chérie

Il ne restait pas à la maison ? Il allait venir au poste avec elle ? Avec cette mine de chien battu et avec Sorenson dans les parages ? Si elle pensait que la journée allait être longue ce matin , elle n'était évidemment pas arrivée au bout de ses surprises.

- J'ai appris tout le dossier hier, je pensais pouvoir aider, murmura honteusement Rick.

Prenant Lily dans ses bras pour aller lui chercher un nouveau pyjama, Kate sentit la nausée la prendre. Elle ne savait plus comment agir désormais. Il ne lui faisait pas confiance et pourtant il s'obstinait à la suivre. Elle ne comprenait pas sa démarche et elle était certainement trop fatiguée pour essayer.

- Je pense qu'un peu de temps seul à seul nous ferais du bien, avoua-t-elle

- Kate, je suis désolé, vraiment. Je n'aurai jamais dû t'accuser ainsi et…..

- Pas devant Lily, le coupa-t-elle en rhabillant la petite qui lui tirait quelques mèches de cheveux

Elle n'avait jamais aimé assister au conflit de ses parents et elle était bien décidé à préserver Lily de ce spectacle.

- Je voudrais simplement te dire que…..attend….je crois que…., balbutia-t-il en observant sa fille

- Rick, pas devant Lily, insista-t-elle éreintée en l'habillant

- Le pyjama, tu as vu le pyjama

- Quoi, le pyjama ? grommela-t-elle excéder. Ta mère veut faire un soin du visage, elle m'a demandé de la remettre dans un pyjama.

- Non….je…le pyjama est le même que les enfants sur ce dossier, chuchota-t-il penaud devant son agacement.

Inspirant fortement pour tenter de garder son calme, elle fronça les sourcils à sa remarque et se mit à observer Lily. Son vêtement était en effet similaire à celui des autres enfants. Il se différenciait simplement par sa couleur. Réfléchissant à toutes les photos qu'elle avait observé la veille, elle se rendit compte que deux des enfants disparus avaient le même style de pyjama.

N'étant pas une experte de ce genre de vêtement, elle avait pensé que ces pyjamas étaient essentiellement vendus par de grandes enseignes dans tout l'état et que le FBI avait dû s'y pencher dessus sans résultat.

Soupirant, en se frottant la nuque de fatigue, elle lui demanda sur un ton plus doux :

- Ce genre de vêtement ne se vend pas n'importe où ?

Toujours les mains dans les poches et l'air penaud, Rick s'aperçut de son changement d'attitude et s'avança doucement vers elle, pour lui répondre :

- Non….c'est ton père qui l'a offert à Lily, il y a quelques mois. Une de ces connaissances les fait à la main. Je n'avais pas remarqué hier la ressemblance mais ce matin…je…..enfin, je pense que c'est la même personne.

- Les autres enfants étaient dans des états différents, souligna-t-elle en pensant à sa théorie

- Elle peut très bien exporter sur demande

Fermant les yeux, Kate comprit qu'ils avaient peut-être une chance de trouver l'assassin et le kidnappeur de tous ses enfants grâce à la déduction de Castle. Elle allait donc devoir faire avec lui aujourd'hui pour maximiser ses chances de retrouver le petit Kyle Abott. Ouvrant les yeux pour tomber sur ceux de Lily, elle entendit sa fille lui demander :

- Dors maman ?

- Non, chérie…..maman réfléchit. Allez viens mon cœur, on va aller voir ta grand-mère, papa et maman vont devoir aller travailler.

Prenant Lily dans ses bras, elle s'avança vers Rick qui l'étudiait avec culpabilité et lui murmura :

- Si tu viens avec moi, je ne veux pas de scène au commissariat

- Quoi….je ne pourrais rien dire à Sorenson, ronchonna-t-il en la voyant plisser des yeux

- Non. Contrairement à ce que tu penses, je lui ai dit ce que je pensais et j'aimerais assez que mes soucis personnels restent personnel comme son nom l'indique.

- Mais, il t'a embrassé et….

- Ok, tu restes ici avec Lily. J'irai parlé à mon père et…..

- Non, c'est bon ; je ne dirais rien, ronchonna-t-il en la voyant l'observer

- Castle, tu…

- Je ne lui dirais rien.

- Sûr ?

- Parole de scout

Levant les yeux à sa remarque, elle commença à sortir de la chambre et lui rétorqua :

- Tu n'as jamais été scout

XXXXX

Assis tous les deux dans la crown Victoria, ils circulaient dans les rues de New York pour se rendre au poste. Kate était au téléphone avec son père pour connaitre l'identité de cette dame a qui il avait acheté de Pyjama de Lily, pendant que Rick réfléchissait à sa soirée désastreuse.

Beckett lui avait pratiquement pas parlé depuis leur descente de la chambre de Lily, elle fuyait son regard ou même sa présence alors il avait espéré aplanir un peu les choses en commençant par des excuses dès qu'ils seraient seuls , mais ses espoirs étaient tombés à l'eau quand elle avait prit son cellulaire.

Fatigué et irrité de devoir retourner au poste sans pouvoir dire ces quatre vérités à Sorenson, Castle soupira avant de murmurer à sa femme toujours au téléphone :

- Tu peux t'arrêter sur le chemin, j'ai besoin d'un café.

Avec un simple hochement de la tête, il observa Kate tenter d'assimiler les propos de son père avant de bifurquer et de se garer près d'un starbuck.

- Je dois avoir son numéro de téléphone ainsi que son adresse dans mon carnet, chérie, sourit Jim heureux de pouvoir aider sa fille

- C'est gentil , papa, répondit nerveusement Beckett en observant du coin de l'œil , Rick sortir de la voiture.

Elle savait que son comportement était puéril mais à cet instant elle ne savait pas comment réagir vis-à-vis de lui. Hier, il l'avait blessé avec ses insinuations mais Martha avait raison. Elle n'avait pas été clair avec lui. Ils n'agissaient pas comme un couple marier lambda, il était donc normal qu'il soit effrayé par la situation.

Soupirant, en le contemplant totalement peiné et perdu, elle sortie de ses pensées par son père :

- Tu as un souci, Kathie ?

- Non, non , mentit-elle bien trop vite pour être convaincante

- Tu n'as jamais su me mentir, ricana Jim

- Ce n'est pas drôle papa, ronchonna Beckett en fermant les yeux de fatigue

Comment allait-elle régler le problème tout en résolvant une affaire ? Comment allait-elle-même pouvoir rester éveiller toute la journée ?

- Qu'est-ce qui se passe Kathiebug ?

- Rien, tout va bien, commença-t-elle en observant la devanture du café. C'est juste que…., hésita-t-elle à dire.

Elle n'était pas du genre à s'épancher sur ses problèmes et encore moins sur des problèmes de cœur. Seulement les mots de Martha ce matin avaient fait mouche et elle espérait pouvoir trouver du réconfort auprès de son père.

- Juste que quoi, chérie ? répéta doucement Jim qui la sentait à fleur de peau

- Je me suis disputée avec Rick, avoua-t-elle péniblement

- A quel sujet ?

- Ce n'est même pas le sujet , finalement le cœur du problème, c'est….je…papa, tu penses que je suis investie dans mon mariage ? souffla-t-elle en repensant aux dires de Martha

- Investie ?

- Est-ce que tu penses que Castle sait que je veux réellement essayer….. je veux dire, j'ai croisé un homme, un homme que je connaissais et Rick….disons je crois qu'il ne me fait pas confiance, continua-t-elle fébrilement, en sentant son estomac se noué

- Richard, ne te fais pas confiance ? sourit-il comme si l'idée était inimaginable. Je ne connais personne qui puisse te donner autant de confiance. Il te suivrait autour du monde.

- Oui , mais…..

- Mais il est un homme, Kathie, ajouta-t-il en comprenant ou sa fille désirait en venir….…et cet arrangement que vous avez décidé à ta sortie d'hôpital est peut-être ce qui rend les choses difficiles. Ça va faire plus de quatre mois, Kathie

- Je sais

- Je pense juste que tu devrais savoir ce que tu souhaites désormais

- Et si je ne le fais pas ? demanda-t-elle , les larmes aux yeux, en le voyant sortir du magasin avec deux cafés en main. Si je ne sais toujours pas ce que je souhaite ?

- Tu ne te poserais pas toutes ses questions si tu n'avais pas de sentiments pour lui. Le plus dure parfois, ce n'est pas de savoir, c'est simplement de sauter.

- Sauter ?

- Es-tu prête à sauter dans cette relation ou non ?

Séchant une larme, elle inspira fortement pour contenir ses émotions et rétorqua d'une voix rauque et fatiguée alors que Rick ouvrait la porte de la crown Victoria :

- Merci papa…..je vais devoir te laisser.

- Si tu as besoin qu'on se voit ou…..

- C'est gentil, merci papa... mais Castle vient d'arriver et on doit retourner au poste, le coupa-t-elle pour lui faire comprendre qu'ils n'étaient plus seuls

- Très bien. Bonne journée chérie

- Bonne journée papa, souffla-t-elle en comprenant que finalement le problème sétait elle.

XXXXXX

- On l'a ! s'exclama Sorenson en sortant de la salle de conférence , un papier à la main. On a l'adresse de cette fameuse couturière. Tu viens l'interroger avec nous ?

Levant le regard sur Will puis sur Castle qui était dans la salle de repos en train de faire un nouveau café sans doute pour rester éveiller, Kate soupira. Son instinct de flic la poussait à suivre à Sorenson afin d'interroger le seul témoin potentiel sur cette affaire mais son cœur n'y était pas.

Depuis les paroles de Martha et de son père, Beckett commençait à prendre conscience de ambivalence de sa relation avec Rick et dans quelle posture elle l'avait mise. Sa colère avait laissé place à de la lassitude et à une réelle envie de s'expliquer désormais.

Après quatre mois passés à ses cotés, elle était tombée doucement sous son charme. Sa carrure de père de famille l'avait fait fondre et sa patience ainsi que sa gentillesse l'avait conduite à revoir ses positions envers lui, son père avait raison, elle avait des sentiments pour Rick et c'était certainement pour ça qu'elle avait repoussé Will.

Si le comportement de Castle, la veille n'avait pas été des plus agréables, elle pouvait désormais comprendre ses peurs et ses doutes. Elle avait été trop indécise, elle avait trop attendue et elle l'avait souffrir, Martha avait raison. Elle avait laissé un pied en dehors de la relation.

Se mordant la lèvre inférieure, elle vit Will s'approcher d'elle et lui demander :

- Tu viens ou tu préfères rester ici ?

Sorenson n'était pas non plus à l'aise avec la situation. Si hier, il s'était sentit confiant et plein d'espoir, les mots de Beckett et son refus l'avait totalement refroidi.

Le fait de devoir affronter son mari le lendemain sur son enquête était tout aussi frustrant et il espérait pouvoir terminer cette affaire au plus vite pour lécher ses blessures.

Relevant les yeux vers lui, Beckett se leva en prenant son manteau tout en lui déclarant :

- J'arrive, attend-moi en bas.

- Ok, très bien, abdiqua-t-il en claquant un doigt pour faire venir son second derrière lui ,avant de repartir.

Levant les yeux sur ce comportement plus qu'hautain, Beckett rejoignit Rick dans la salle de pause et referma derrière elle pour s'assurer un minimum d'intimité.

- Je crois que je vais sauter cet interrogatoire et t'attendre ici, rumina Castle , dos à elle, qui n'avait pas perdu une miette de son échange avec Sorenson.

Il était peiné, fatigué et se sentait coupable de la façon dont il s'était comporté la veille, mais il était aussi très frustré de ne pas pouvoir dire ses quatre vérités à cet agent du FBI. Il avait naïvement cru ce matin, que la présence de Kate a ses côtés ainsi que l'affaire apaiseraient ces maux mais dès ses premiers pas au commissariat , il avait voulu rentrer chez lui .

- Tu ne veux pas assister à l'interrogatoire ? demanda-t-elle timidement en ne sachant pas comment amorcer la conversation

- Non. Je préfère rester par là et voir si je peux donner un coup de main à Ryan ou Anderson.

- Anderson , sérieusement ? sourit-elle pour tenter d'apaiser leur échange. Tu préfères rester avec Anderson ?

- S'il faut choisir entre lui et Sorenson, le choix est vite fait, bougonna-t-il en se retournant sa tasse à la main.

Il semblait tellement affliger et peiner, que Kate soupira. Tout ceci devait cesser, tous ses pleurs, ces incertitudes pour rien. Alors, doucement, elle se rapprocha de lui et lui murmura :

- Hier…..je voulais te dire que….

- Je suis désolé pour hier, s'empressa-t-il de dire, le cœur en berne en craignant que ne l'éloigne un peu plus

- Je sais…..je suis désolée, aussi

- Tu es désolée ? Kate, c'est moi qui est…..

- Je suis désolée de ne pas t'avoir rassuré sur mes intentions. Avec le recul….je comprends ta réaction, souffla-t-elle la boule au ventre, en le voyant froncer les sourcils

- Tu…..comprends, déglutit Rick qui n'arrivait pas à en croire ses yeux.

- Hum…tout ça pour dire que….enfin je…..

- Tu ...quoi ?

Se mordant la lèvre inférieure tout en se passant une mèche de cheveux derrière les oreilles, Kate cherchait ses mots. Elle ne savait pas comment exprimer ses sentiments…C'était lui l'auteur...lui l'homme de lettres, pas elle.

- Kate ?

- Je saute, dit-elle en fronçant les sourcils sur son choix de mots

- Tu….sautes ? répéta Rick qui ne comprenait pas. Tu sautes, ou ça?

- Dans ça avec toi, déglutit-elle nerveusement en observant sa réaction. Je ne veux pas que tu sois mon ami ou mon partenaire ou encore simplement le père de ma fille. Je veux que toi…. je veux qu'on soit plus.

- Tu…veux.., balbutia-t-il pris au dépourvu par ce changement de réaction.

- Ce que j'essai de te dire, c'est que…

- Beckett ? les interrompit Ryan en entrant dans la salle de pause

- Quoi ? claqua-t-elle énervée et éreintée de ne pas pouvoir terminer ce qu'elle avait entrepris.

- Heu….Sorenson et son équipe attentent et…je vais lors dire d'attendre encore un peu, se reprit-il devant son regard noir.

Sans un autre mot, il sortit de la salle aussi vite qu'il était entré, en laissant Kate complètement paniquer par le manque de temps. Observant sa montre, elle s'aperçut qu'elle ne pouvait pas les faire attendre encore plus sans risquer de compromettre l'affaire.

- Tu devrais y aller, fit compréhensif Castle

- Mais, je…..

- La vie d'un petit garçon est en jeu…moi, je peux attendre

- Tu es sûr ? soupira -t-elle prise entre son cœur et sa raison.

- Oui, va les rejoindre, avec un peu de chance, l'enquête sera vite bouclée et on pourra discuter calmement.

- Ok..ok, abdiqua-t-elle à contre cœur en observant la porte puis Rick. Tu es certain de ne pas vouloir venir ?

- Sûr, je serais très bien avec Ryan

- Et Anderson ? sourit-elle sans le lâcher du regard.

- Et Anderson, grommela-t-il en souriant lui aussi.

Hochant simplement de la tête, elle se rappela les paroles de Martha et se demanda s'il avait bien compris ses intentions ou s'ils partaient à nouveau sur des non-dits. Soupirant, en sentant la fatigue culminée, elle se rapprocha de lui et le vit déglutir avant d'inspirer comme s'il attendait le coup de grâce.

Ne souhaitant pas partir avec de tels appréhensions de sa part, elle se rapprocha un peu plus jusqu'à sentir son souffle sur sa peau, son odeur lui chatouiller les narines et sans attendre une nouvelle interruption ou une nouvelle peur de sa part, elle lui chuchota sur le bout des lèvres :

- Juste pour être clair….ce que j'essaie de te dire….c'est que je saute

- Tu sautes ? déglutit-il en sentant ses effluves de parfum lui retourner le cœur, son souffle lui caresser la , tu l'as déjà dit.

- Je saute avec toi, Rick.

Et sans un autre mot, elle posa ses lèvres sur les siennes, sans aucune appréhension, sans aucune peur, juste avec un réel désir de goûter enfin à lui…..à eux.


Désolée pour le retard, mais pour me faire pardonner, le chapitre est plus long et il termine bien , non ?

J'espère qu'il vous aura plus et qu'il aura été à la hauteur de vos attentes.

A vos commentaires !