Chapitre 11

PDV Jacob

Deux semaines était passés après le mariage de Bella et de sa sangsue, Deux semaines était passés après la rencontre avec mon imprégné. Deux semaines que la meute et mon père me prenez la tête à cause de ça ! Ils essayent à chaque fois de me persuader d'aller la voir, d'accepter mon imprégnation. Mais j'en veux pas, j'ai jamais voulu imprégné moi ! Tout ce que je voulais c'étais Bella moi ! Ils me répètent sans cesse que je dois l'oublier, que je devrais être avec mon imprégné au lieu de pensé à Bella.

Alors que j'étais chez Sam et Emily avec la moitié de la meute, on entendis, très loin, et trop faible pour que quiconque sauf nous le perçoive, un hurlement monta de la forêt.

-Zut! maugréa Embry. C'est Sam.

—On iva ! continua Paul.

Je partis en courant. Délaissant le sentier entre les haies herbeuses, je coupai au plus court en direction de la forêt, sautant par-dessus les morceaux de bois flotté pour foncer dans les ronces. Les épines déchirèrent ma peau, je les ignorai. Les éraflures cicatriseraient avant même que j'aie atteint la ligne des arbres. Je passai derrière la supérette, traversai l'autoroute, où quelqu'un klaxonna. Une fois en sécurité sous les frondaisons, j'accélérai. Si j'avais galopé ainsi au vu et su de tous, les gens auraient été interloqués. Les humains normaux ne couraient pas à cette vitesse.

Dès que je fus au coeur de la forêt, loin des routes ou des habitations, je m'arrêtai et je me débarrase de mon short. Avec une rapidité acquise à force d'entraînement, je roulai le vêtement et le fixai au cordon de cuir attaché à ma cheville. Je terminais à peine la boucle que je commençai à me transformer. La brûlure envahit ma colonne vertébrale en déclenchant des petits spasmes dans mes membres. Une second suffit. La chaleur me submergea, et je sentis le miroitement silencieux qui faisait de moi quelque chose d'autre. Abattant mes grosses pattes sur le sol, je m'étirai longuement.

Je fus tout de suite joint par Sam, Paul, Leah et Embry.

Où sont Quil et Jared ? demanda Paul.

Quil s'occupait de Claire. Il la dépose chez Emily .

Bien. Emily s'en occupera.

Jared devait aller chez Kim, intervient Embry. Il risque de ne pas t'avoir entendu.

Un grognement sourd agita la meute. Y compris moi. Quand Jared finirait par débouler, il penserait encore à Kim. Or personne ne tenait à s'appuyer une rediffusion de ce qu'ils étaient en train de vivre en ce moment. Sam s'assit et lança un deuxième hurlement. Un signal et un ordre à la fois. La meute était rassemblée à quelques kilomètres à l'est de l'endroit où j'étais. Je bondis vers elle. Leah, Embry et Paul la rejoignaient également. Leah n'était pas très loin de moi, et je ne tardai pas à entendre le bruit de ses pattes. Nous avancions en lignes parallèles plutôt qu'ensemble, elle comme moi préférions cela.

En tout cas, pas questions de l'attendre toute la journée. Il devra se mettre au courant plus tard.

Que se passe-t-il, chef ? demanda Paul.

Il faut que nous discutions. Un événement s'est produit.

Les pensées de Sam mais aussi de Seth, de Collin et de Brady résonnèrent dans ma tête. Collin et Brady, les nouveaux, avaient patrouillé avec Sam aujourd'hui. Ils savaient donc à quoi il faisait allusion. J'ignore pourquoi Seth était déjà là-bas, au parfum lui aussi. Il n'était pas de garde.

Dis-leur ce que tu as appris, Seth.

J'accélérai encore, désireux d'y être. J'entendis Leah se dépêcher elle aussi. Elle n'appréciait pas du tout qu'on la dépasse. Être la plus rapide était sa seule gloire.

Gloire toi-même, crétin ! siffla-t-elle en redoublant ses effort.

Plantant mes griffent dans la terre, je m'accrochai.

Jake, Leah, arrêtez ça ! ordonna Sam, qui n'était visiblement pas d'humeur à supporter nos bêtises.

Ni elle ni moi ne ralentîmes pour autant. Sam gronda, mais n'insista pas.

- Seth?

Charlie a téléphoné partout jusqu'à ce qu'il trouve Billy chez moi. Il flippe. Figurez-vous qu'Edward et Bella sont rentrés la semaine dernière, et…

Dans ma poitrine, l'oppression s'amoindrit. Elle était vivante. Du moins, elle n'était pas encore morte. Je n'avais pas deviné la différence que cette distinction revêtirais à mes yeux. Je l'avais imaginée morte tout le temps, ce dont je ne me rendait compte que maintenant. Je n'avais pas cru un seul instant qu'il la ramènerait en vie. Ce qui n'avait pas d'importance, puisque je pressentais ce qui allait suivre.

Tu as raison, frère. Voici les mauvaises nouvelles. Charlie lui a parlé, et elle n'est pas en forme. Elle prétend être malade. Carlisle a expliqué à Charlie que Bella avait attraper une maladie rare en Amérique du Sud. Il l'a placée en quarantaine. Charlie dévient fou, parce qu'il n'est pas autorisé à la voir. Il se fiche d'être contaminé, mais Carlisle refuse. Pas de visites. D'après lui, c'est grave, même s'il fait son possible. Charlie à téléphoné à Billy pour lui annoncer que l'état de Bella.

Le silence qui suivit cette révélation fut lourd. Tous, nous en comprenions les implications. Ainsi, elle allait mourir de maladie. Nice que racontait Charlie était vrai. L'autoriserait-il à se recueillir sur son cadavre ? Le corps pâle, parfaitement immobile, ne respirant plus ? Ils ne pourraient lui permettre de la toucher car il risquerait de s'apercevoir à quel point sa peau froide serait dure. Ils devraient attendre jusqu'à ce qu'elle soit capable de rester tranquille, capable de ne pas tuer Charlie, ni les autres personnes en deuil. Combien de temps cela prendrait-il ? L'enterraient-ils ? Se sortirait-elle seule de la tombe, ou les buveurs de sang viendraient-ils la libérer ?

Les autres écoutaient mes réflexions sans intervenir. J'avais beaucoup plus réfléchi cette éventualité qu'eux mêmes.

Leah et moi arrivâmes à la clairière à peu près en même temps. Elle s'arrangea quand même pour me précéder d'un museau. Elle s'affala près de son frère, cependant que je trottais m'installer à la droite de Sam. Paul se poussa pour me laisser la place.

Je t'ai encore battu, pensa Leah.

Je lui prêtai aucune attention.

Qu'attendons-nous ? demande-je.

Personne ne répondit. Je décelai une hésitation générale.

Hé ! Le traité à été rompu !

Nous n'avons aucune preuve. Elle est peut-être vraiment malade…

Oh! Je t'en pris !

Bon, d'accord, les circonstances sont troublantes, admit Sam, lentement. N'empêche.. Es-tu sûr de toi, Jacob ?

Est-ce qu'il faut faire ? Nous savons tous ce qu'elle voulait.

Le pacte ne stipule rien au sujet des préférences de la victime !

Mais est-elle une victime ? La qualifierait-tu ainsi ?

Oui !

Ils ne sont pas nos ennemis, Jake, intervint Seth.

La ferme, le môme ! Ce n'est pas parce que tu as une espèce de vénération répugnante pour ce buveur de sang que ça change quelque chose à la loi ! Ce sont nos ennemis. Ils sont sur notre territoire. Nous les liquidons. Je me fiche que tu aies eu du plaisir à être l'allié d'Edward Cullen, autrefois.

Et que feras-tu quand Bella se battra avec eux , hein ? répliqua-t-il.

Elle n'est plus Bella.

C'est toi qui la tueras ?

Je ne pus m'empêcher de tressaillir.

Non, bien sûr que non ! poursuivit-il. Quoi, alors ? Tu chargera l'un de nous de s'occuper d'elle ? Et ensuite, tu en voudras au responsable jusqu'à la fin de ta vie ?!

Je ne…

Ben tiens ! Tu n'es pas prêt pour ce combat, Jacob.

L'instinct prit le dessus, je me plaquai au sol en grondant contre le loup couleur sable qui se tenait de l'autre côté du cercle.

Jacob ! m'invertit Sam. Seth, tais-toi une seconde, s'il te plaît.

Seth acquiesça d'un mouvement de sa grosse tête.

Flûte ! Lança Quil en arrivant à toute vitesse. Qu'est-ce que j'ai manqué ? J'ai entendu parlé de coup de fil de Charlie…

On va y aller, répondis-je. Et si tu filais chercher Jared chez Kim pour nous le rapporter par la peau du cul ? On aura besoin de tout le monde.

Viens ici, Quil ! ordonna Sam. Nous n'avons encore rien décidé.

Je grognai.

Jacob, je suis obligé de prendre en compte l'intérêt de la meute. Il faut que je choisisse la méthode qui nous protégera tous au mieux. Les temps ont changé depuis que nos ancêtres ont signé le pacte. Je… franchement, je ne crois pas que les Cullen représentent un danger pour nous. Et nous savons tous qu'ils ne resteront pas longtemps ici. Ils disparaîtront sûrement après nous avoir servi leur histoire. Et nous, nous retrouverons une vie normale.

Normale ?

Si nous les défions, Jacob, ils se défendront.

Tu as peur ?

Et toi, es-tu prêt à perdre un frère ? Ou une soeur ?

Je n'es pas peur de mourir.

Je sais. C'est la raison pour laquelle je me méfié de ton jugement.

Je le regardai fixement.

As-tu l'intention d'honorer le traité de tes ancêtres, oui ou non ?

J'honore ma meute. Je fais ce qui est le mieux pour elle.

Lâche !

Son museau frémit, ses babines se troussèrent sur ses crocs.

Ça suffit, Jacob ! Ta décision est rejetée.

La voix mentale de Sam avait pris l'étrange double timbre auquel nous n'avions pas le droit de désobéir. La voix de l'Alpha. Il interrogea des yeux l'ensemble des présents.

La meute n'attaquera pas les Cullen sans avoir été provoquée, poursuivit-il. L'esprit du pacte demeure. Ils ne menacent pas notre peuple, ni les habitants de Forks. Bella Swan a choisi en connaissance de cause. Nous ne punirons pas nos anciens alliés à cause de sa décision.

Bravos ! lança Seth, ravi.

Je croyais t'avoir dit de la boucler, Seth.

Oups ! désolé, Sam.

Où va tu, Jacob ?

Quittant le cercle, je m'étais tourné vers l'ouest, de façon à ne plus le voir.

Je vais dire au revoir à mon père. Si j'ai bien compris, il est inutile que je traîne encore longtemps ici.

S'il te plaît Jake, ne recommence pas !

La ferme, Seth ! s'écrièrent plusieurs loups à l'unions.

Nous ne voulons pas que tu partes, dit Sam, plus doux à présent.

Alors, force-moi à rester. Enlève-moi ma volonté. Fais de moi un esclave.

Tu sais que je ne m'y résoudrai pas.

Dans ce cas, il n'y a rien à ajouter.

Je m'éloignai à toute vitesse en m'enfonçant de ne pas penser à ce que je comptais faire ensuite. Pour cela, je me concentrai sur le souvenir de mes longs mois dans ma peau de loup, quand j'avais quitté mon humanité pour devoir plus animal qu'humain. Vivant au jour le jour, mangeant quand j'avais faim, dormant quand j'étais fatigué, buvant quand j'vais soif, et courant, courant pour le plaisir de courir. Des désirs simples et des réponses tout aussi simples à ces désirs. La souffrance se manifestant sous des formes faciles à gérer. Celle de la faim, celle de la glace sous mes pattes, celle de s'arracher les griffes quand la trois était impétueuse. À chaque douleur, une réponse simple, et un acte évident pour y mettre fin.

Rien à voir avec l'état d'être humain.

Pourtant, dès que j'arrivai non loin de la maison, je repris mon corps d'homme. Il fallait que je puisse réfléchir sans être dérangé. Dénouant mon short, je le remises repartis à toutes jambes chez moi.

J'avais réussi. J'avais dissimulé mes pensées, et il était désormais trop tard pour que Sam m'arrête. Il ne m'entendait plus. Il avait donné des ordres très clairs. La meute n'attaquerait pas les Cullen.

Il n'avait pas mentionné d'acte isolé.

Non, la meute ne s'en prendrait à personne aujourd'hui.

Mais moi, si.


Coucou tout le monde, merci beaucoup pour vos derniers reviews, j'espère que ce chapitre vous auras plu n'hésitez pas à laisser une petite review ça fait toujours plaisir bisous tout le monde ! Merci de m'encourager !