Chapitre 12

PDV Jacob

Je n'avais pas vraiment l'intention de dire au revoir à mon père. Après tout, un rapide coup de fil à Sam, et la partie serait terminée. Ils m'intercepteraient, m'obligeraient à reculer. Ils essaieraient sans doute de me mettre en colère, voire de me blesser, afin de me forcer à muter pour que Sam puisse édicter un nouvel ordre de sa voix d'Alpha.

Malheureusement, Billy m'attendait, ayant deviné que je serais dans tous mes états. Il était dans le jardin, assis sur son fauteuil roulant, les yeux fixant l'endroit, même d'où j'émergeai de la forêt. En l'apercevant, je filai directement vers mon garage, à l'arrière de la maison.

—Tu as une minute, Jake ?

Je stoppai net, le regardai, me détournai.

—Allez, fils ! Au moins, aide-moi à rentrer.

À la réflexion, je jugeai qu'il risquait de me causer plus d'ennuis avec Sam si je ne prenais pas le temps de lui mentir

—Depuis quand as-tu besoin d'aide, vieux brigand ? demande-je en serrant les dents.

Il éclata de son rire rauque

—Mes bras sont fatigués. Je me suis poussé ici depuis chez Sue.

—Tu parles ! C'est une pente.

Je fis rouler son fauteuil sur la rampe que j'avais édifiée pour lui et l'installai dans le salon.

—Tu m'as eu là. Je crois que j'ai atteint les cinquante kilomètres à l'heure. C'était super.

—Quand tu auras bousillé ton fauteuil, tu seras obligé de ramper sur tes coudes, tu sais ?

—Des clous ! Je t'obligerai à me porter partout.

—Alors tu n'iras nul part.

Il se dirigea seul vers la réfrigérateur, qu'il ouvrit.

—Il reste quelque chose à manger ?

—Aucune idée. Mais comme Paul a trainé ici toute la journée, sans doute pas.

—Il va falloir que je cache nos provisions, si nous ne voulons pas mourir de faim, soupira-t-il.

—Demande plutôt à Rachel de s'installer chez lui.

Le ton de Billy perdit toute légèreté, ses yeux s'adoucirent.

—Elle n'est à la maison que depuis quelques semaines, Jake. Et nous ne l'avons pas vue depuis longtemps. C'est dur. Les filles étaient plus âgées que toi, quand votre mère est morte. Elles ont plus de mal à vivre ici que toi.

—Je sais.

Rebecca n'était pas revenue depuis qu'elle s'était mariée, mais elle avait une bonne excuse. Les billets d'avion depuis Hawaii étaient chers. L'université de l'État de Washington était assez près pour Rachel ne puisse pas s'abriter derrière ce prétexte. Elle avait continué à suivre des cours durant l'été, travaillant en prime dans un café du campus.

Sans Paul, elle serait sans doutes déjà repartie aussi sec. Voilà pourquoi Billy ne le chassait pas de la maison, j'imagine.

—Bon, j'ai du boulot, décrétai-je en gagnant la porte derrière.

—Un instant, Jake. Tu ne comptes pas me raconter ce qui s'est passé ? Faut-il que j'appelle Sam à la place ?

Je me figeai, le dos tourné afin de cacher mon visage.

—Il ne s'est rien passé. Sam les laisse filer. On doit être devenus une bande de fans des sangsues, j'imagine.

—Jake…

—Je ne veux pas en discuter.

—As-tu l'intention de repartir ?

Le silence dura quelques minutes, pendant que je cherchais une réponse.

—Que Rachel reprenne sa chambre. Je sais qu'elle déteste le matelas pneumatique.

—Elle préférerait dormir par terre plutôt que de te perdre. Moi aussi, d'ailleurs.

Je reniflai.

—S'il te plaît, Jacob. Si tu as besoin… d'une pause, prends-la. Mais reviens-nous vite.

—Pourquoi pas ? Il y aura les mariages pour ça. Je ferai une apparition à celui de Sam, puis à celui de Rachel. À moins que Jared et Kim ouvrent le bal. Il va sans doute falloir que je me dégote un costard.

—Regarde-moi, Jake.

Lentement, je me retournais.

—Quoi ?

Il me fixa un bon moment dans les yeux.

—Où vas-tu ?

—Je n'ai pas d'endroit précis en tête.

Il ne s'y laissa pas prendre.

—Vraiment ?

Nous nous toisâmes. Les secondes s'écroulèrent.

—Ne fait pas ça, Jacob, murmura-t-il d'une voix tendue. Ça n'en vaut pas la peine.

—J'ignore de quoi tu parles.

—Laisse Bella et les Cullen tranquilles. Sam a raison. Au lieu de te préoccuper des histoires de Bella, tu devrais de préoccuper de ton imprégné ! Elle a besoin de toi, elle !

Brusquement, je traversai le salon afin d'arracher la prise de téléphone.

—Au revoir, papa.

—Attends, Jake !

Quand j'ouvris la porte à la volée, soudain le temps c'était arrêter, je me retrouve face à face avec… elle … mon regard était encré dans le sien, je n'arrivais pas à m'en défaire. Mon loup avait pris le contrôle, je n'ai plus aucun contrôle sur moi.

Mon loup la trouvait magnifique, tout était parfait chez elle pour lui.

PDV Lou

À peine le temps de frapper à la porte des Black qu'elle s'ouvrit immédiatement. Je n'en croyais pas mes yeux je me retrouvai face à face avec lui, ce garçon que j'avais rencontré au mariage de Bella. Je n'avais pas trop réussi à le cerner dans le noir, mais je compris vite que ce garçon et le fils de Billy, Jacob. Il ne ressemble plus du tout à l'adolescent qu'il y avait sur la photo. C'est un homme qui ce tien devant moi maintenant enfin un homme… pour moi c'est un dieu… tout est si parfait chez lui, ses yeux d'un noir si intense, son corps si muscler, sa peau d'une couleur caramel… que tu as envie de croquer. Soudain, je rencontre son regard, impossible de m'en défaire.

Il me regardait bizarrement, je n'arrivais pas à d'écrire son regard, dans son regard il y avait du doute, de la curiosité et de l'émerveillement ?

J'avais cette impression de l'avoir connu toute ma vie…