Quand j'ai eu six ans, mas parents m'ont emmenée dans un parc d'attraction pas très loin. Environ une heure en voiture. Pendant tout le trajet, je les ai observés. Renée avait ouvert la vitre passagère et ses cheveux étaient complètement emmêlés. Charlie lui regardait droit devant lui, tendu comme un arc. Pour la première fois nous sortions en territoire inconnu un parc où des enfants se bousculeraient, riraient trop fort et pleureraient surement. Mais pour mon anniversaire ils avaient fait un effort.

Arrivés sur place, mes parents paraissaient disproportionnés face à l'immensité qui faisait face à moi. Je me souviens du gout de la glace au caramel de la vision tout en haut du plus haut manège de ma voix hurlant.

Sur le chemin du retour, je sens encore l'odeur du cuir de la voiture collée contre ma joue, des lumières de la ville nous ramenant à la réalité, des bras de ma mère me mettant au lit. Je n'ai jamais été aussi heureuse que cet après midi là. Pourtant…


Avez-vous déjà eu l'impression que l'image ne collait pas avec le son ? Ou l'inverse, bien entendu. Moi, pour ma part, ça m'arrive fréquemment.

Pour certaines personnes, ils leur suffisent de fermer les yeux pour imaginer un autre endroit ou bien une autre situation. Moi, j'écoute. Si on écoute bien, attentivement, on peut changer l'espace-temps. Je change alors mes propres situations pour d'autres qui me rassurent, me contentent.

Il suffit parfois d'une chanson quelles notes jouées à la guitare qui vous rappellent ce que c'était avant. Une odeur ? Un sourire ? Une situation un peu stressante devient alors des plus calmes, des plus douces à vos oreilles. Vous reprenez alors votre souffle, votre vie, votre voie. Ou alors, vous en changez. Vous bifurquez totalement et qu'est-ce que cela doit être bon, libérateur, jouissif ?

J'ai toujours admiré les personnes capables de se remettre en question. Ces personnes qui lorsqu'elles voient quelque chose qui ne leur plaisent pas bousculent tous les aprioris et changent du tout au tout. Ces personnes qui dans leur vague vous balayent également et vous font voir les choses différemment. Presque comme si vous pouviez voir pour la première fois. Pas une vision trouble, bornée non. Quelque chose de plus fort, de plus puissant que les mots, les discours, les convictions. Quelque chose qui vous libère en quelque sorte.

Oui, j'ai toujours admiré ces gens-là.

Ma mère faisait partie de ceux-là. Je me la représente souvent avant. Car nous avons tous deux représentations de nous-mêmes. Ceux d'avant et ceux que nous sommes ou essayons d'être aujourd'hui. Elle, elle était rayonnante. Un véritable phénomène. Du moins, du peu que je puisse m'en souvenir. Pour le reste, je me surprends à me l'imaginer.

Mais, c'était le genre de femme à ne pas s'encombrer de choses ou de personnes non essentielles. Elle vivait au jour le jour. Une mère actrice et un père absent. Voilà ce qu'était son capitale de départ. Et elle a fait avec. Elle a admirablement fait avec. Sans jamais vraiment s'arrêter, elles ont beaucoup voyagé. Ma mère. Puis, son passé lui a sauté à la gorge. L'envie de plus. Le tournant qui nous fait passé de l'autre côté. L'après. Pour certain, ce sera un mariage, un enfant, une carrière, un décès, l'âge. Peu importe car au fond, on perd cette innocence qui nous caractérisait et on devient l'autre. On passe de l'autre côté et à moins de se battre, on n'y repasse plus jamais. Pour Renée, ce fut mon père. Un homme tout ce qu'il y a de plus normal plus âgé, plus stable. L'envie d'avoir ce qu'elle-même n'a jamais pu obtenir ? Une vie stable, un couple stable.

C'est à ce moment précis qu'elle est devenue la femme, l'épouse, la mère qu'elle est aujourd'hui. On n'a plus jamais reparlé de celle d'avant. Quand j'étais enfant, elle s'est peu à peu désintégrée sous mes yeux. Plus dure, plus rationnelle, plus normale.

Et aujourd'hui, elle est parfaitement entrée dans le moule, qui pourtant n'était pas le sien au départ.

Charlie, lui, n'a plus revue cette jolie brune aux pieds nus qui l'avait abordé dans ce café. Il a vu les sourires devenir plus rares, plus faux les rires plus froids. Mais mon père était déjà passé de l'autre côté. Si en elle il avait cru apercevoir un quelconque retour en arrière, c'est plutôt lui qui a fini par l'entrainer de son côté.

J'aurais aimé les connaître quand ils étaient jeunes, insouciants. Quand ils s'en fichaient de ce que pouvaient penser les voisins ou quand on avait encore le droit d'entrer chaussures aux pieds dans la maison. Mais je suis née. Quand un enfant s'en veut d'avoir gâché la vie de ses parents, c'est plus simple. Moi, je n'ai jamais eu cette certitude. Voulaient-ils vraiment de moi ou alors faisais-je parti de l'équation parfaite dès le départ ?

Alors quand je me suis réveillée ce matin, mes mots m'ont asséné de questions sans réponses. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Mes propres lettres blanches clignotant dans mon esprit comme une guirlande la veille de Noël. Et pour la première fois depuis des années, j'ai eu mal. Pas un mal qui vous cloue sur place non un mal qui vous suit, vous persécute. J'ai eu mal en me levant mal en m'habillant mal en descendant prendre un petit déjeuner à base de protides, sur conseille d'un nouveau psy. Soit disant que les aliments peuvent avoir des effets bénéfiques sur l'humeur. Mal en écoutant ma mère parler de sa journée mal en regardant mon père lire son journal comme tous les matins, faisant comme si nous n'étions pas vraiment .

J'ai souhaitée être invisible tellement de fois que pour une fois je me suis surprise à vouloir qu'il me voit ne serait-ce que cette fois-ci, un accident de parcours, mais un accident tout de même.

« Isabella, si tu ne te dépêches pas, tu vas être en retard. »

La voix de ma mère m'a sortie de ma torpeur, juste avant qu'elle ne s'éloigne d'elle-même. J'ai regardé l'horloge, et vu qu'il était près de 8 heures. J'ai vidé mon bol dans l'évier et suis remontée dans ma chambre chercher mon sac en vitesse. Et bizarrement, avant de sortir de la pièce, je me suis arrêtée devant mon miroir.

Je n'ai pas touché à mes cheveux, non plus ajouté quoi que ce soit à mon visage pourtant un peu pâle mais je me suis arrêtée. Je me suis arrêtée. Et je me suis regardée. Pas comme d'habitude, je me sus étudiée, scrutée. Mon physique est plutôt banal, mes yeux un peu trop écarté, mon teint pâle, mes cheveux pas assez disciplinés mais pourtant pas une fois je n'ai détourné les yeux. Pas une fois.

Puis la réalité m'a rattrapée. Elle et le bruit d'un klaxon qui m'a fait sursautée. J'ai redescendu les escaliers deux à deux et suis sortie en trombe de ma maison.

« Tu es en retard princesse. » Dieu, cette voix.

J'ai juste eu le temps d'entendre le bruit de la porte claquée avant de rencontrer le sol de mon porche.

Bravo Bella. Une douleur assourdissante m'a irradié le genou et avant que je puisse m'appuyer dessus, des mains m'agrippaient. Une odeur de tabac et de menthe m'empli les narines. Son odeur.

« Tu sais, tu n'es pas obligée de tomber littéralement devant moi, hum ? »

Dans ses bras, alors qu'il était d'aussi bonne humeur, j'ai cessé d'avoir mal. Un poids s'est envolé d'au-dessus de ma poitrine, et un petit rire m'a échappé.

Qu'il est beau.

Arrête, tu ne le connais pas.

Bah si quand même ! Tu fais souvent de la moto avec des garçons que tu ne connais pas toi ?

Mais je suis toi !

« Où est-ce que tu es partie princesse ? » Hein ?

La chaleur de sa main sur ma joue fit taire mon petit monologue intérieur. Je secouais la tête, l'air renfrognée, et il rit à son tour. Bravo, maintenant il va te croire folle ! Au lieu de quoi il s'écarta et m'intima d'avancer. Nous arrivâmes au bout de l'allée où une voiture grise nous attendait.

Et Bruce ?

La moto Bella !

Bruce quoi !

« Ouais désolé, Bruce avait rendez-vous ce matin. » Comme s'il avait lu dans mes pensées.

Puis il m'ouvrit la porte passagère ou je m'engouffrais. Une odeur d'épices était prisonnière de l'habitacle. Ainsi qu'un petit cœur rose en fourrure accroché au rétroviseur.

Il est peut-être gay ?

Les gays essaient d'embrasser les filles maintenant ?

Une expérience ? Un pari ? Un retournement de cerveau d'une société secrète voulant tester les effets d'un nouveau produit sur l'homme ?

Hein ?

Il s'installa à son tour. Puis comme précédemment, il perçu mon interrogatoire interne.

« La voiture de ma cousine. Et oui la déco craint ! » Cette fois-ci nous démarrâmes tous deux le sourire aux lèvres.

Le silence ne m'a jamais dérangé. Et lui non plus car sinon nous ne serions pas là. Alors nous ne dîmes rien. Et ce fut très agréable. Il ne chercha pas à me poser des questions auxquelles je n'aurais pas été capable de répondre. Il alluma la radio et nous passâmes le trajet à écouter un vieux tube de Stevie Wonder. Puis encore un autre. Trajet qui dura 14 minutes. En comptant les feux. Et les 15 passages piétons.

Arrête de paniquer !

Je ne panique pas !

Si !

Non !

C'est quand je reconnus la grille du lycée que mes mains se firent moites. Je pouvais presque entendre aussi distinctement la voix de Stevie que les abattements de mon cœur. Il se gara près de la sortie, juste comme hier. Les élèves commençaient à se masser entre eux. Les petits groupes que j'avais tant de fois observés jacassaient, riaient, chahutaient. Comme d'habitude. Sauf que ce matin, ça n'était pas vraiment comme d'habitude.

Si nous avions été dans un film ou quelque soap de 13 heures, nous serions sortis tout sourire. Puis, serions entrés comme si de rien était Les bavardages auraient continué, la petite et insignifiante vie de ce lycée n'aurait aucunement été modifié. Lauren Mallory ne se serait pas préoccupé de quelques tourments qui auraient pu lui voler la vedette. Les gars du club de sciences ne se seraient pas mis à nous dévisager comme si nous venions tout juste de trouver un remède contre une quelconque maladie incurable.

Si nous avions été dans un film, je n'aurais pas eu cette boule au ventre avant de sortir de voiture ou bien les mains qui tremblent, les jambes qui vous répondent à peine.

Si nous avions été dans un film, je n'aurais pas eu tant à perdre. Ou à gagner.

Si nous avions été dans un film je n'aurais pas été moi.

« Si tu veux, on peut sécher ou aller se cacher quelque part où personne ne viendra nous chercher ! »

La personne près de moi n'avait pourtant pas l'air effrayée e moins du monde. Au contraire, on aurait presque dit qu'il avait fait ça toute sa vie. J'ai pourtant fait non de la tête et l'ai dépassé pour avancer.

Jamais l'allée ne m'avait paru aussi longue et silencieuse. Différente, tortueuse. Pourtant mon avancée fut stoppée nette. Brusquement. Abruptement.

Et voilà que tu recommence avec les adjectifs !

« Eddie je vais finir par croire que tu m'évites ! » Un colosse, un mont, que dis-je un géant se tenait devant moi l'air de rien et semblait connaître Edward.

Eddie ?

« Salut Emmet » lui répondit-il.

Surement un ami.

Ce ne sont pas tes affaires, baisse le regard et continues d'avancer.

Maintenant.

« Emmet voici Bella. Princesse, Emmet, u vieil ami de la famille. Plutôt insupportable dans son genre ! »

Alors que je m'apprêtais à relever la tête un bras m'encercla. Un bras, enfin pas n'importe quel bras. Son bras. Sa main se posa sur ma hanche droite, fermement. J'aurais pu décrire la forme exacte de ses doigts en contact avec mon jeans.

« Mais moi aussi je t'aime Eddie ! Bella…Bella Swan c'est ça ? La fille de notre cher chef Swan ? »

Merde, il te parle Emmet McCarty te parle. Le quaterback de notre minuscule équipe te parle. Le même mec qui t'avait demandé une fois un stylo en maths.

Parle ! Non, fait oui !

Bouge !

Alors j'ai acquiescé, et les fameux cinq doigts ont exercé une légère pression de trois millimètres sur la gauche.

Puis un groupe de filles de seconde sont passées juste à nos côtés. Enfin, pas seulement passées, non, cela aurait été trop normal. Non ?

Elles se sont postées juste à hauteur de visage et nous ont dévisagés. M'ont dévisagée.

Calme-toi.

Non.

« Au fait j'ai parlé au coach hier, si tu veux toujours passer des essais il m'a dit qu'il jetterait un œil à ton dossier. Juste il faudrait que… » Emmet continua d'expliquer pendant que mon cœur continuait d'accélérer.

Les murmures se firent plus forts, ma tête se mit à bourdonner. Détend toi, respire. D'autres petites espionnes rejoignirent les premières. Des plus grandes, des plus vilaines dans leur genre. Des plus connues.

Mais tu t'en fiches !

Respire Bella.

Pourtant rien n'y fit, ni les méthodes de prises sur soi, ni la main maintenant chaude contre moi. Mes pieds se mirent en marche d'eux-mêmes. Mes pas moyennement assurés, je détalais, traversais le chaos et pénétrais dans l'établissement.

L'univers y régnant, encore ignorant de ce qu'il venait de se passer à l'extérieur, me rassura. Je pus enfin respirer, y être de nouveau l'inconnue parfaite. Mon casier se trouvant à l'autre bout du couloir je courus presque chercher mes affaires et courus encore plus vite en classe. Une première.

Là ils risquent de penser que tu es vraiment folle. Il risque de penser que tu es vraiment folle.

Mais ne le suis-je pas ?

Non !

Le pire arriva quand la clache sonna et que le reste de ma classe pénétra. Quand il pénétra et qu'il ne m'adressa même pas un regard.

Tu l'as bien cherché en même temps.

Tais-toi.

La plupart des gens qui se trouvaient dans cette classe maintenant se trouvaient dehors tout à l'heure. Alors la chose en fit parler beaucoup. Je ravalais mes larmes et fut de nouveau invisible durant l'heure qui suivit. Et puis celle d'après.

Comme d'habitude.

Mon attention fut concentrée sur lui toute la journée. Pendant les cours. Pendant le repas, que je pris sur les gradins du stade. Pendant notre heure de libre. Toute la journée.

Qu'est-ce que tu espérais ?

Je ne sais pas.

Je vais te le dire moi ! Nous ne sommes pas prêtes pour ça ! Tu n'es aps prête !

Mon désespoir fut à son comble lorsque je bousculais Lauren en sortant de classe et que les insultes fusèrent. Mais même là c'est à lui que je pensais.

Quelle idiote tu fais !

« Ce n'est pas vrai tu ne peux pas regarder où tu vas au moins une fois ! Tu es muette, pas sourde ! » Les rires de sa suite fusèrent.

Et le temps s'arrêta. Encore une fois. J'aurais pu compter les secondes, voir une mouche s'écraser, mon cœur louper un troisième battement.

« Tu es prête princesse ? » Et cette main fut de retour. Cette main.

Nous furent deux à être muette. Es yeux de Laurent lui sortirent des orbites, sa bouche pris légèrement une teinte violacée.

« Hum ? »

Il te parle ! Ne foire pas tout !

Je levais els yeux et vis qu'il me regardait. Je lui fis signe que oui, j'étais prête, et il sourit à son tour. Il imprima une pression contre ma hanche, comme ce matin, et nous guida vers la sortie.

Je ne regardais même pas Laurent en partant, ni ses soupirants, ni les ados massivement massés près de leurs casiers. Je regardais mes pieds bien sûr, pas très glorieusement, mais tout de même autre choses que les personnes.

Et tu veux une médaille ?

Tais-toi !

La voiture était au même endroit que ce matin preuve de constance dans ce monde changeant. Le trajet se déroula plus froidement que tantôt. Le silence peut être la pire des armes, la plus tranchante à magner avec précaution.

Pourtant il est venu. Il t'a aidé, non ?

Pour mieux m'enfoncer ?

Nous arrivâmes devant cher moi e un temps record. Il regardait devant lui, me remerciant silencieusement.

Je suis désolée.

Je suis désolée.

Je suis désolée.

Dans une tribu indonésienne, il suffit de dire trois fois l'action pour qu'elle se réalise.

Dit lui alors.

A quoi ça servirait ?

Alors je sortis et refermais la porte derrière moi. Sans me retourner je parcourus mon jardin et rentrais chez moi. Ma maison me parue froide elle aussi. Mes parents travaillant encore, j'aurais la paix pour encore une petite heure.

Et tu as prévu quoi ? Une séance d'auto-apitoiement ?

Mais un bruit attira mon attention.

Un bruit aussi léger qu'une plume un bruit non désireux d'être entendu mais désirant être découvert. Un bruit du dehors qui me fit espérer.

Je me décollais de la porte et la rouvris ne m'attendant aps y découvrir ce que je souhaitais. Comme le matin de Noël où vous souhaiter réellement quelque chose et que vous avez autre chose. Mais ce n'était pas le matin de Noël. Et j'obtins ce que je voulais.

Il était là. Encore une fois. Les mains dans les poches, le dos droit, tout aussi surpris que moi que le petit bruit se soit transformé en tambour à mes oreilles. J'aurais voulu lui expliquer, lui dire. Mais comment peut-on se livrer à quelqu'un que l'on ne connaît pas ? Comment peut-on se confier sans savoir si la confidence restera minime et discrète. Je ne suis pas douée pour ça. Je suis nulle pour ça.

Des scénarios se bousculaient dans ma tête mais lui ne bougeait pas. Allait-il crier ? Se rendre compte que la petite attraction de la veille n'était qu'une barge sans aucun intérêt ? Où bien rebrousser chemin expliquant qu'il s'était trompé ?

De toutes les possibilités, la sienne fut inédite, inattendue, inavouable. Je pourrais vous la décrire dans les moindres détails, vous parlez pendant des heures de ces quelques petites minutes de ma longue et ennuyeuse vie. Ce moment précis dans les histoires où tout bascule, où vous vous demandez, pour une fois, mais que va-t-il se passer ? J'aurais été prête à tout, vraiment à tout, mais pas à ça.

L'instant où Edward Cullen me pris dans ses bras et posa ses lèvres sur les miennes fut l'instant où je me le demandais. Vraiment.

Mais que va-t-il se passer ?