Bonjour à tous ceux qui lisent ce nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira.

J'ai été assez inspirée cette semaine, et j'espère que ça va durer (même si je n'en suis pas certaine). Bonne lecture !


Chapitre 2 : Salma

Quelques jours plus tard, Maglor m'annonça son intention d'aller au village humain, qui se trouvait à quelques kilomètres de là, pour acheter quelques menus objets. Il me proposa de l'accompagner et j'acceptai. Cela me ferait sans doute du bien de rencontrer d'autres humains – même si la seule présence de l'elfe aurait suffi, à mon humble avis – et de marcher un peu (ce qui était plus intéressant pour une amoureuse de la solitude telle que moi).

Après que j'eusse enfilé une tunique et un pantalon appartenant à l'elfe (les miens auraient trop attiré l'attention), nous partîmes et marchâmes en silence je sentais le regard de Maglor peser sur moi. Nous finîmes cependant par arriver les villageois nous dévisagèrent et il se contenta de les saluer en inclinant la tête. Il me conduisit dans une auberge et demanda au tenancier :

- « Salma est à l'étage ? » L'homme acquiesça d'un grognement peu engageant, et l'elfe grimpa les marches de bois de l'escalier. Je le suivis et nous entrâmes dans une pièce assez grande. Une vieille femme filait elle avait de longs cheveux de jais tressés et parsemés de fils plus clairs, la peau brune et ridée. Sa chevelure était recouverte d'un long voile bleu pâle, et elle était vêtue d'une longue robe de la même couleur brodée de motifs argentés. Elle leva les yeux vers nous, des yeux brun sombre qui pétillèrent en reconnaissant Maglor. Elle se leva et tendit les bras, un sourire éblouissant aux lèvres.

- « Eh bien, petit, tu en as mis du temps à revenir ! » Il eut un sourire timide, lui rendant son étreinte avec une affection toute spéciale avant de reculer et de me faire avancer.

- « Salma, je te présente Étoilée. Étoilée, voici Salma.

- Bonjour » murmurai-je, ne sachant comment me comporter – je n'avais jamais été très à l'aise avec les autres, en dehors de mes parents, ma fratrie, et mes amis les plus proches. Le sourire de Salma s'accentua et elle me serra contre elle à son tour.

- « Ravie de te rencontrer, petite ! » Pendant qu'elle ne m'observait pas, je haussai un sourcil amusé dans la direction du fils de Fëanor, qui parut soudain très intéressé par le plafond.

- « Comment vous êtes-vous rencontrés ? demanda la femme âgée.

- Elle était blessée et je l'ai soignée » répondit laconiquement le Noldo. Salma fronça les sourcils :

- « Tu n'es pas d'ici, fillette, n'est-ce pas ? » Je jetai un coup d'œil à Maglor, qui hocha la tête. Je pris mon courage à deux mains et expliqua :

- « Je viens d'un autre monde… et on ne sait pas trop comment j'ai atterri ici.

- Je vois, acquiesça-t-elle.

- Je te la laisse, dit doucement l'elfe aux boucles d'ébène. J'ai à faire. » Elle hocha la tête et Maglor disparut dans l'escalier. Salma se tourna vers moi :

- « Sais-tu filer ? » Je grimaçai.

- « Absolument pas. À vrai dire, chez moi, c'est très… différent. Si j'avais fait un bond quelques siècles en arrière, ça reviendrait au même. » Elle eut un sourire rieur :

- « Je suppose que tu ne sais ni coudre ni broder non plus ? » Je secouai simplement la tête.

- « Eh bien, c'est l'occasion d'apprendre ! » Et elle commença ainsi à me guider dans le très délicat art du filage. C'était assez intéressant, surtout qu'elle ponctuait ses explications d'anecdotes amusantes elle me promit même de m'apprendre la langue de son peuple. Je ne vis pas le temps passer. En fait, je ne m'en aperçus qu'au retour de Maglor, qui portait un sac de cuir qui semblait assez lourd. Il eut l'air amusé en nous voyant :

- « Navré, Salma, lança-t-il, mais je vais devoir te voler ton élève.

- Cruelle créature, fit mine de s'indigner la vieille femme. Comment peux-tu me faire cela, à moi, qui t'ait tant donné ?

- Je t'implore de me pardonner » rit-il. La Haradrim éclata à son tour de rire :

- « Revenez bientôt, tous les deux ! » Nous la saluâmes et rentrâmes chez l'elfe. Une fois arrivés, il posa le sac de cuir sur la table et en sortit des provisions – des légumes et des fruits frais notamment, ainsi que de la farine – quelques vêtements qu'il me tendit :

- « Ils sont pour toi, essaye-les » me dit-il. Je me dirigeai vers la pièce d'à côté, une petite salle d'eau, et enfilai les fameux vêtements. Il y avait trois tuniques et autant de pantalons, deux robes, une paire de bottes de cuir noire, une ceinture brune de la même matière, un voile blanc, un peigne glissé dans le tas de tissu et une cape noire possédant un capuchon. Les tuniques étaient respectivement noire brodée d'arabesques argent, blanche, et vert pâle ornée de myosotis. Les pantalons étaient assortis, la première robe était gris pâle et l'autre beige. Je ressortis vêtue de cette dernière. Maglor, qui avait commencé à préparer le repas, se tourna vers moi.

- « C'est parfait, merci, lançai-je. Tout.

- Tant mieux, sourit-il. J'avais un peu peur de m'être trompé. » J'ouvris un petit placard et mis le couvert, songeuse.

- « Salma est gentille, commentai-je en repensant à cet après-midi.

- Très, approuva-t-il. Je la connais depuis des années… Elle a décidé que j'étais son petit poussin, alors même que je suis né avant que les hommes ne viennent au monde. » Je souris, attendrie.

- « Elle est stérile » ajouta Maglor après un moment d'hésitation. Je me figeai, clignai des yeux.

- « La pauvre, soufflai-je. Ça n'a pas dû être facile.

- Non, en effet. » Il n'ajouta rien, et moi non plus. Je ne voulais pas ruiner notre amitié naissante avec une curiosité mal placée. Si quelqu'un souhaitait m'en parler, il le ferait. Nous mangeâmes sans parler, avant que l'elfe ne finisse par rompre le silence :

- « Veux-tu que je t'apprennes le quenya et le sindarin ? » J'ouvris la bouche, la refermai.

- « S'il te plaît, Maglor.

- Ça me plaît, s'amusa le Noldo en réponse. Et tu peux m'appeler Makalaurë.

- Merci » murmurai-je, stupéfaite. Je savais qu'il s'agissait de son prénom maternel, et que seuls les proches pouvaient l'employer. C'était incroyable qu'il m'autorise à l'utiliser. Il m'offrit un nouveau sourire avant de s'intéresser à nouveau à son bol de soupe. J'eus l'étrange impression qu'il me cachait quelque chose. Était-ce en lien avec cette lumière d'un blanc pur qui entourait sa personne lorsque je le regardais suffisamment longtemps ? Cette lumière, dont je ne connaissais ni l'origine ni la fonction, mais je n'osais pas les demander. Je me sentais gênée quand j'y pensais, sans savoir pourquoi.

Je haussai les épaules, sous le regard étonné de Makalaurë. Les réponses viendraient, tôt ou tard.