Bonsoir à tous ! J'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture.


Chapitre 3 : Une importante discussion

Je fronçai les sourcils en m'habillant. Les poils de mes bras semblaient plus courts, presque invisibles, et ceux de mes jambes avaient totalement disparu alors qu'ils commençaient à repousser quelques jours auparavant. Mes oreilles semblaient avoir une forme moins ronde, plus effilée. C'était étrange, mais je décidai d'attendre avant d'en parler à Maglor.

Je sortis de la petite maison pour aller sur la plage. Makalaurë était encore à l'intérieur, occupé à je ne sais trop quoi, il n'avait pas voulu me le dire. Apparemment, c'était un cadeau pour moi – c'était ce qu'il avait dit lorsqu'il avait pris une goutte de mon sang nécessaire selon lui aux préparatifs.

Pieds nus, vêtue seulement d'une ample tunique blanche sans manches, j'avançai jusque dans la mer et commençai à nager. C'était l'un des rares sports que j'aimais. Environ une demi-heure plus tard, je sortis de l'eau. Maglor était assis sur le sable, les vagues caressant ses pieds nus. Il portait une jolie tunique bleu pâle et tenait dans la main un bracelet doré, du type de ceux qu'on enroule plusieurs fois autour du poignet. Il baissa les yeux, les joues délicatement teintées de rose, et je me sentis rougir en réalisant que l'eau avait rendu mon vêtement totalement transparent. Je m'emparai de la serviette qu'il me tendait et m'en enveloppai avec soulagement. Il me regarda à nouveau, et je m'assis à côté de lui. Le bel elfe me tendit le bracelet qu'il tenait :

- « C'est pour toi.

- Merci, murmurai-je.

- Je ne peux te renvoyer dans ton monde, mais je peux te permettre de récupérer ce qui t'appartient. Mets-le autour de ton poignet. » J'obéis, surprise.

- « Dis "mélamar". » À nouveau, je fis ce qu'il me demandait et je me retrouvai brutalement chez moi, dans ma maison. Les vêtements que je portais le jour où j'étais arrivée en Terre du Milieu et mon sac de cours étaient posés près de la porte d'entrée. Stupéfaite, je me promenais dans toute la maison. Tout était là. Mais lorsque j'essayais de sortir, je me rendis compte que ma maison semblait se trouver dans une sorte de vide intersidéral. Je ne peux te renvoyer chez toi.

- « Oh, Makalaurë » murmurai-je, ce qui me renvoya sur la plage. L'elfe me souriait timidement. Je me jetai à son cou et le serrai contre moi.

- « Merci, merci, merci ! » m'exclamai-je. Il me rendit maladroitement mon étreinte.

- « De rien.

- Comment as-tu réussi ? m'exclamai-je. C'est… c'est incroyable !

- De la même manière que je t'ai sauvé la vie, Elennírë.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Larme d'étoile.

- C'est joli, merci.

- De rien, répondit-il.

- Et pourrais-je savoir comment tu m'as sauvée ? » Il ne répondit pas, évitant mon regard, gêné. Le silence nous enveloppa de longues minutes.

- « Contrairement à la rumeur qui s'est répandue, je n'ai pas jeté le Silmaril dans les flots. J'ai sauté avec lui mais je ne l'ai pas lâché. Je voulais me noyer, je voulais mourir, mais je n'ai pas réussi. J'ai échoué sur une plage. Puisque la mort ne voulait pas de moi, j'ai erré pendant des années au bord de la mer, chantant et pleurant. Un jour, je suis arrivé ici, j'ai construit cette maison et j'y ai dissimulé le Silmaril et mes quelques possessions. Quelques jours plus tard, alors que je cherchai de quoi me nourrir, j'ai été capturé par des Haradrim. J'ai été vendu comme esclave, j'ai subi ça pendant longtemps, avant de finalement rencontrer Salma. C'est elle qui m'a aidé à m'enfuir nous avions le même maître. Nous sommes partis ensemble, je la considère comme ma sœur. Nous sommes retournés ici, elle s'est installée au village humain et je suis retourné dans cette maison. » Je ne savais pas quoi dire, ni comment réagir.

- « C'est triste que tu aies subi tout ça » murmurai-je. Il haussa les épaules.

- « Je l'avais mérité.

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Ouvre les yeux, Étoilée ! J'ai assassiné des centaines d'elfes, j'ai enlevé des enfants, tout ça pour trois malheureuses pierres brillantes ! » Il fondit en larmes et se recroquevilla, le regard désespéré. Je serrai les mâchoires et relevai son menton, le forçant à me regarder dans les yeux.

- « Et tu penses que c'est en t'apitoyant sur toi-même que ça changera ? Tu n'es pas un monstre, sinon tu n'aurais pas de remords. Tu ne méritais pas ce qui t'est arrivé. Personne, j'ai bien dit personne, ne mérite d'être réduit en esclavage, quelques soient ses actes passés. Tu as besoin d'être pardonné mais tu as surtout besoin de te pardonner. Sinon, tu n'avanceras jamais. »

Il m'offrit un sourire ému et je jetais mes bras autour de ses frêles épaules. Ce dont avait besoin Maglor, c'était quelqu'un qui l'écoute, c'était une main compatissante sur son épaule. Son regard semblait tout d'un coup moins douloureux.

Je lui caressai tendrement les cheveux et nous restâmes ainsi un moment, avant qu'il ne me demande de le laisser seul. Je lui souris et rentrai prendre un bain chaud. J'enfilai ma chemise de nuit – une vieille tunique de Maglor – avant de ranger mes derniers vêtements et de m'installer sur mon lit en chantant une de mes chansons préférées :

Amour parfait, tu t'es donné à la croix pour tout effacer.

De mes péchés, tu t'es chargé, sur le bois.

C'est par ta grâce, ta grâce seule que je suis pardonné(e).

C'est par ta grâce, ta grâce seule que tu m'as racheté(e).

Oh, merci pour la croix, ton amour pour moi.

Oh, ta grâce ne faillit pas.

Rien ne pourrait me justifier, ton pardon est immérité.

Tous mes efforts ne suffiraient à me sauver.

C'est par ta grâce, ta grâce seule que je suis pardonné(e).

C'est par ta grâce, ta grâce seule que tu m'as racheté(e).

Oh, merci pour la croix, ton amour pour moi.

Oh, ta grâce ne faillit pas.

Oh, merci pour la croix, ton amour pour moi.

Oh, ta grâce ne faillit pas.

Ta grâce justifie,

Ta grâce m'affranchit,

Ta grâce purifie,

Ta grâce m'offre la vie,

Ta grâce m'a sauvé,

Ta grâce a pardonné,

Ta grâce m'a comblé,

Ta grâce m'a libéré.

Ta grâce justifie,

Ta grâce m'affranchit,

Ta grâce purifie,

Ta grâce m'offre la vie,

Ta grâce m'a sauvé,

Ta grâce a pardonné,

Ta grâce m'a comblé,

Ta grâce m'a libéré.

Ta grâce justifie,

Ta grâce m'affranchit,

Ta grâce purifie,

Ta grâce m'offre la vie,

Ta grâce m'a sauvé,

Ta grâce a pardonné,

Ta grâce m'a comblé,

Ta grâce m'a libéré.

Alors que ma voix s'éteignait doucement, je remarquai la présence de Makalaurë, appuyé contre la porte.

- « C'est très beau, dit-il doucement. Tu viens manger ? » J'acquiesçai doucement et le suivis. Il avait préparé de la soupe pour ce midi. Nous mangeâmes, puis nous retournâmes sur la plage. Je nageai longtemps et il me rejoignit. Après environ une heure, il ressortit de l'eau, et je ne pus résister à la tentation de l'asperger. Il se retourna vers moi, trempé, et haussa un sourcil. J'explosai de rire et me précipitai pour le serrer dans mes bras. Il leva un deuxième sourcil et me rendit mon étreinte.

- « Ne fais pas cette tête, Makalaurë ! » ris-je. Il secoua la tête en soupirant mais un doux sourire avait fleuri sur ses lèvres. Elles semblaient si douces, si… Mais qu'est-ce qui me prenait ? Je l'aimais, oui, mais pas comme ça ! Non ? Si ? Je ne comprenais pas ce que je ressentais.

- « Et que pourrais-je faire selon toi pour me racheter ? » demanda-t-il, me faisant cligner des yeux. Il avait un don pour sauter du coq à l'âne, celui-là.

- « Aider les elfes pendant la guerre qu'il y aura ?

- Comment ?

- En essayant de rejoindre Elrond, déjà, et ensuite… On verra.

- Elrond est vivant ?

- Oui.

- Et Elros ? » Je secouai doucement la tête.

- « Il a choisi une existence mortelle, je suis désolée.

- Une existence mortelle ?

- Les demi-elfes ont le choix entre une existence mortelle et une existence d'elfe. Elros a choisi la première, Elrond la seconde. » Les yeux argentés de Makalaurë s'écarquillèrent et il s'effondra à genoux sur le sable en sanglotant doucement. Je le pris tendrement dans mes bras, le berçant lentement alors que ses pleurs redoublaient.

- « Ça va aller, ça va aller, murmurai-je pour l'apaiser. Elrond est vivant et va bien. Tout ira bien. Tu pourras même rencontrer ses enfants et les descendants d'Elros.

- Tu crois ? bredouilla-t-il en relevant la tête.

- Au moins les enfants d'Elrond et le descendant principal d'Elros, souris-je.

- Tant mieux » fut sa réponse alors qu'il enfouissait à nouveau son visage dans mon cou. On aurait dit un chaton en manque de câlins, ce qu'il était – en manque de câlins, je veux dire, il n'était pas un chaton, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, quoique… Non. Bref.

- « Que fait-on ? demandai-je.

- Je voudrais dire adieu à Salma, après quoi, nous partirons.

- Bien, chef ! » Il leva les yeux au ciel et j'éclatai à nouveau de rire avant de redevenir sérieuse.

- « Makalaurë ?

- Oui ?

- La lumière blanche autour de toi… Qu'est-ce que c'est ? Et pourquoi est-ce que mon corps se modifie ? » Il se figea brutalement.


À suivre ! J'espère que ça vous aura plu. Pour info, la chanson est Seule ta grâce (Sola Gratia) du groupe Impact. Voilà, voilà.