Avant de démarrer un grand merci à Swangranger auteur de ma première review :)
Il vit seul.
Les gens ont parfois une imagination débordante… Il n'a jamais été question qu'il se marie avec qui que ce soit. Et encore moins avec Astoria. Pas qu'il ait quelque chose contre elle mais il ne s'est jamais rien passé entre eux. Ni accord de sang pur, ni passion dévorante. Ils sont juste, amis. Encore que le terme soit grandement exagéré. Disons qu'ils se côtoient et qu'à l'occasion ils apprécient de se retrouver à côté lors d'un dîner. Mais ça ne va pas au-delà.
A une certaine époque il aurait plutôt eu tendance à vouloir sa sœur. La belle Daphnée Greengrass... Mais là encore ce n'est resté que du domaine du fantasme. Contrairement aux rumeurs il n'a jamais été un tombeur de ses dames.
Un Don Juan malgré lui ? Peut-être.
Les filles ont tendance à aimer les Bad-boy. L'arrogance et la richesse font souvent bon ménage. Alors pourquoi ne pas en avoir profité à l'époque ? Pourquoi ne pas avoir fait glisser entre ses draps des jeunes filles avides d'émotions fortes ? Pour quelques détails insignifiants. Une famille menacée, menaçante, la peur de la mort de ses parents comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, un meurtre à exécuter… Si peu de choses en fait.
Ce que tu es cynique des fois…
La voix traînante de Zabini résonne dans sa tête parfois bien malgré lui. Ils sont restés amis tous les deux. Ou plutôt le sont-ils devenus réellement avec le temps. Il est un des seuls de l'époque qu'il continue de fréquenter. Il s'est éloigné des autres. A moins que les autres ne se soient éloignés de lui. Juste après la guerre peut-être aurait-il pu encore donner le change, surfer sur la vague de la rédemption, ou celle du type cassé, enchaînant les verres et exhibant la marque… Il n'y a pas pensé. A l'époque il voulait juste disparaître de la surface de la terre. Ensuite… Ensuite disons que les femmes, elles, préfèrent les hommes honorables. La disgrâce et la dépression ça n'excitent personne. Pas même lui c'est pour dire. Et puis son physique en a pris un coup aussi. Il est trop maigre. Ça durcit encore plus ses traits, ça accentue les cernes.
Peut-être que s'il parvenait à dormir normalement…
Après, contrairement à d'autres aspects de sa vie, il ne vit pas son célibat comme une contrainte. La vie de famille n'a jamais eu de résonance heureuse pour lui. Quant à vouloir faire des enfants, après ce qu'ils ont traversé il n'y arrive pas. D'ailleurs quand au détour des pages d'un journal, il a appris que la nouvelle madame Potter était enceinte, 2 ans à peine après… tout ça… il a eu comme un loupé. Que de tous, ce soit lui qui ait ouvert le bal des naissances l'a surpris. Il aurait plutôt parié sur Weasley et Granger.
Si, à l'époque il n'avait pas été en aussi mauvais état il aurait presque souri en voyant la presse se gargariser de la découverte de l'amour naissant de deux des membres du Trio d'or. Scoop en carton-pâte.
Pour tous ceux qui les avaient côtoyés dans les couloirs de Poudlard, l'issue était pourtant évidente. Le jour où le benjamin des garçons roux cesserait d'être aveugle, ces deux-là se tomberaient dans les bras l'un de l'autre. Pour la vie.
Mais là encore il avait dû revoir ses préjugés. S'il se base, toujours sur les tabloïds alors la belle histoire a posé son point final quelques mois à peine après la bataille de Poudlard. Des fois c'est la réalité plus que la guerre qui abîme tout.
Mais il n'en sait pas plus. Contrairement à grand nombre de gens, il n'a jamais cherché à entrer dans leur cercle après la guerre. Il n'a pas non plus continué à leur vouer une inimité sans limite. Ils font partis de ce passé qu'il aimerait oublier mais qu'il s'exhorte de garder en mémoire. Le garçon arrogant, violent, méprisant, haineux de l'époque est un morceau de lui. C'est surement pour cela que le sujet le met toujours un peu mal à l'aise et qu'il ne cherche pas à approfondir.
Elle est en couple.
Depuis presqu'un an déjà. Il ne sait rien du conflit. Ou du moins rien de plus que ce qu'en ont relaté les différents livres qu'il a lu. Bien plus qu'elle ne voudrait certes mais tout cela, pour lui, reste de la théorie. Il est moldu. A 100%. Il sait qui elle est. Il connait ses amis mais cela ne va pas plus loin. Elle n'utilise que peu la magie au quotidien et au final libraire dans son monde à elle ou dans son monde à lui, cela ne change pas grand-chose.
- Et si un jour il y avait de nouveau la guerre… tu retournerais te battre ?
Il a beau avoir murmuré sur le coin de l'oreiller elle en a perçu toute la tension. Et les tremblements ont repris. Elle a eu envie de crier que non. Que jamais plus elle ne vivra cela. Qu'elle en perdrait la vie ou la raison ou bien les deux. Que cela ne peut pas revenir dans leur vie. Qu'elle refuse d'y penser. Mais rien de tout cela n'est sorti. Et dans un souffle elle a seulement prononcé cette phrase
- Je ne sais pas…
Et c'est très certainement là, le drame de tout sa vie. Ce doute permanent. Cette incapacité à savoir de quoi son avenir sera fait. C'est pour cela qu'elle n'a pas embrassé de carrière juridique, qu'elle n'a pas intégré le ministère. Qu'elle n'a pas voulu la grande carrière qui semblait lui tendre les bras.
Elle n'y arrive plus. Elle a besoin du calme des livres et de leurs portes ouvertes sur l'imaginaire. Pour cela, entre autres choses, qu'avec Ron ils se sont séparés. La douleur de la mort de son frère lui a paradoxalement sauvé la vie. Parce qu'une fois qu'il a réussi à surmonter cela, le reste n'était que pures formalités. Elle est fière de ce qu'il est devenu d'ailleurs. L'ancien garçon timide, aux colères démesurées empreintes de jalousie est désormais bien loin. Là aussi la perte de Fred a beaucoup joué. Il n'a plus peur de rien. Le pire est déjà arrivé et il a survécu. Alors il affirmé sa prise sur sa baguette et est devenu un très bon aurore. Comme Harry. A chaque fois qu'elle le croise elle a comme un pincement au cœur. Elle a été amoureuse de lui toute son adolescence. L'adulte qu'elle est aujourd'hui l'est surement encore. Mais c'était plus simple ainsi. Pour lui comme pour elle.
Sa vie tranquille la rend aussi heureuse qu'elle est capable de l'être. Elle sait qu'un jour la question des enfants se posera. Mais pour l'instant elle élude. Elle cajole ceux des autres avec toujours cette peur absurde qu'ils aient un jour à vivre l'indicible. Mais elle semble être la seule à ressentir tout cela. Elle a croisé Pansy Parkinson l'autre jour avec un landau. Elle a marqué un temps d'arrêt. En face la jeune femme a détourné la tête, rapidement mal à l'aise. C'est souvent le cas d'ailleurs quand les anciens ennemis se croisent. Leurs querelles de l'époque pourraient lui sembler futiles, si elles ne traduisaient pas un mal être plus profond. Les traces d'une éducation qui a conduit à une guerre. Et en imaginant le bébé qui dort profondément dans son berceau elle prie de toutes ses forces pour que les erreurs ne se répètent pas. Que l'envie de retrouver un statut plus élevé ne soit pas assez forte pour que des groupuscules se reforment. Que la nostalgie "du bon vieux temps" ne sortent pas des murs des manoirs décrépis.
Le seul dont elle ne sait rien, dont elle ne veut rien savoir c'est Malfoy. Le passif est trop lourd et même si elle bénit Narcissa d'avoir sauvé Harry elle n'arrive pas à oublier que c'est sur le tapis de leur salon que son sang a coulé… Il y a des choses qu'il vaut mieux ne pas réveiller.
