swangranger : Merci d'être toujours là :)

Scorpius est en we chez ses grands-parents. Maternels cela va de soit. Il refuse qu'il mette les pieds au Manoir. Son père n'a pas survécu aux années Azkaban et pour autant il craint quand même de voir son fils marcher dans les couloirs qui ont abrité… Lord Voldemort.
Il a encore du mal à prononcer son nom. Alors accepter de s'asseoir à nouveau dans le salon où a coulé tant de sang c'est au-dessus de ses forces.
Il voit sa mère. Peu certes mais il la voit. Toujours loin de la mansarde qui peuple ses cauchemars.
Mais là n'est pas le sujet.
Scorpius est en we chez ses grands-parents. Maternels donc.
Sarah passe la journée avec des amis.
Il est seul. Dans son canapé. Et il laisse divaguer son esprit. Calmement. Même s'il en a longtemps douté, les années ont fait leur travail et il a trouvé une certaine forme de sérénité qui lui permet un après-midi au calme sans ressasser des idées noires.
Partielle tout de même la sérénité si on en juge au bond qu'il fait quand il voit débarquer Blaise dans son salon. Le teint défait. Le regard flou.
Il imagine de suite le pire. Scorpius, Sarah, Hortense... Il sent l'air lui manquer et il se demande comment il arrive à prononcer cette phrase :

- Explique. Vite.

- C'est Hortense.

Il l'imagine déjà à Sainte Mangouste au mieux… Sa filleule. La première personne à qui, il a réussi à sourire. Il fait asseoir le père. Lance un « accio whisky » histoire de calmer le tremblement de ses mains en assurant une prise sur sa baguette… Et il s'empêche de hurler pour qu'on lui dise ce qu'il se passe. Après tout… il n'est « que » son parrain.

Blaise a mis sa tête dans ses mains. Et quand il daigne s'exprimer son ton est atone…

- Elle est amoureuse.

Il hésite entre l'assommer. Ou éclater de rire. Ou les deux. Bordel qu'il a eu peur… amoureuse. On en meut pas d'être amoureux. Ou du moins rarement. On survit à un cœur brisé. Et il pourra toujours briser les bras de celui qui la fera souffrir.

- Qui est l'heureux élu ?

Zabini vide son verre d'une traite et le fusille du regard

- Potter. James Potter deuxième du nom.

Il s'étrangle. Recrache la gorgée qu'il s'apprêtait à boire. Tousse dans une attitude absolument pas digne. Et avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit il se retrouve sur le banc des accusés.

- C'est de ta faute ça ! Tu m'as porté la poisse. A la naissance de Scorpius. Tu m'as dit que ma fille allait faire ses armes avec les enfants Potter. Bordel. Mais qu'est-ce que j'ai fait au monde pour mériter ça…

Il aurait bien deux trois idées sur le sujet mais il n'a pas le temps de les formuler que la sentence tombe

- Et ne t'avise surtout pas de me dire que ce n'est pas grave. Elle a 16 ans. Elle est folle amoureuse. Apparemment lui aussi. A ton avis, que va-t-il se passer quand elle apprendra que leur histoire est impossible ? parce que son père était du mauvais côté de la barrière au même âge ? Que son parrain a tenté de tuer le père de son âme sœur

- Je n'ai jamais tenté de tuer Potter je te signale.

Il essaie de minimiser mais ça le mine bien plus qu'il ne veut l'admettre. Il n'a jamais rien dissimulé. Ni à son fils, ni à sa filleule. De là à dire qu'il a clairement explicité son rôle il y a une marge… Et il sait que face à la vérité il ne fera jamais le poids… Qu'un jour son fils partagera le quotidien de Rose-peut-importe-son-vrai-nom- Granger. Et qu'il devra affronter les erreurs de son père.

Quand Sarah rentrera quelques heures plus tard elle trouvera Blaise endormi sur le canapé, ivre. Et Drago dans un état quasi similaire. Répétant en boucle qu'il est sincèrement désolé. De tout. Pour tout…


Rose est à l'étage. En train de jouer. Ou de lire plus vraisemblablement.
Sébastien est dans la cuisine.
Quant à elle, elle se laisse aller à la douceur du soleil sur sa peau. Elle aime son jardin. C'est son endroit préféré de la maison. Son petit coin à elle. Elle, l'ancienne, locataire à plein temps de la bibliothèque a désormais besoin d'air pur.

Harry la taquine souvent en lui disant que c'est leur année à camper qui l'a rendu comme ça. Même si elle nie de toutes ses forces, elle sait que quelque part il a raison. Elle se sent toujours plus en sécurité à l'extérieur. Et même si au cours des années elle a calmé les battements de son cœur, et cessé de trembler pour tout et pour rien, elle a quand même ce besoin viscéral de maîtriser les espaces.

Quand elle entre dans une pièce, elle cherche toujours les issues de secours. Elle vérifie toujours discrètement si elle peut transplaner, jauge la force des personnes sur place et ses chances en cas de bataille. Elle a beau savoir que c'est ridicule c'est désormais un réflexe. Qui lui assure une certaine forme de sérénité.

"Relative" la sérénité si on en juge par le hurlement qu'elle pousse en voyant Harry transplaner juste devant elle.
Il a le teint blafard et les cernes sous les yeux de celui qui n'a pas dormi de la nuit. Elle se refuse à imaginer le pire. D'un geste de la main elle renvoie Sébastien qui a accouru en l'entendant. Elle prend la main d'Harry et l'assoit sur la balancelle du jardin. Et elle attend. Qu'il parle en serrant de toutes ses forces sa tasse dans les mains. A peine si elle ose un

- Tu veux boire quelque chose ?

- Un whisky pure feu si tu as.

Rien que cette phrase ne lui laisse rien présager de bon. Il ne boit jamais. Surtout pas en journée. Mais elle se tait et sans le moindre bruit fait apparaître verre et bouteille devant lui. Elle ne dit plus le moindre mot et elle ne sait pas si c'est pour le laisser aller à son rythme ou parce qu'elle a peur de ce qu'il pourrait lui dire. Et soudain le silence se brise et elle se retient de le gifler pour la peur qu'il vient de lui faire

- James est amoureux.

Il remplit son verre de nouveau et elle a envie de lui expliquer que c'est normal à 16 ans ! Et absolument pas dramatique. Du moins pas au point de vider un 25 ans d'âge en pleine journée.

- D'Hortense Zabini.

Elle marque un temps d'arrêt. Louche à son tour vers l'alcool ambré. Et se contente d'un

- Oh

Dénué de classe et d'éloquence. Les mots lui manquent. Pourtant elle cherche le discours rassurant. Espère qu'il ne se souviendra pas qu'elle en avait ri à la naissance de Rose de cette hypothétique situation.
En réalité elle comprend ce qui l'angoisse… la simple idée que cela fonctionne. Qu'ils soient amenés à devoir se fréquenter en tant que parents du « jeune couple ».

Il y a un fossé immense entre se tolérer. Se croiser sur le chemin de traverse et se saluer et celui d'accepter que son enfant puisse être amené à fréquenter des gens qui furent des ennemis. Un fossé qu'il ne sont pas encore prêts, qu'ils ne seront peut être même jamais prêts, à franchir.

Et cela la ramène toujours au même point.

Rose entrera à Poudlard dans un an. En même temps que Scorpius Malefoy…