Cassian se sentait brumeux. Il était désorienté, et avait l'impression de sortir d'une mélasse noirâtre. Il reprenait conscience par vagues, sans parvenir à mettre le doigt sur ce qui clochait, ni savoir où il était. Il avait vaguement l'impression qu'il ressortait d'un cauchemar et qu'il aurait du être mort. Peut-être l'était-il ? Il essaya de bouger, et une vague de douleur lui traversa tout le corps. Il en eu le souffle coupé. Il entendit une sorte de râle puis comprit que c'était lui qui l'avait émit. Il se concentra sur sa respiration pour faire passer la douleur. Quand elle devint maîtrisable et que son esprit put se concentrer sur autre chose il tenta d'ouvrir les yeux.
Au début, tout fut flou, comme si la brume de son esprit était aussi à l'extérieur. Tout lui semblait blanc et lumineux. Puis il distingua une silhouette.
Jyn, croassa-t-il instinctivement.
L'image de la jeune femme s'imposa alors dans son esprit. Son visage encadré de mèches de cheveux aussi rebelles que son esprit bravache. Ses yeux ardents et son expression décidée. Il était avec elle, ça lui revenait. Dans son esprit, aussi le ciel devint lumineux. La lumière du feu venu du ciel, la mort apportée par l'Empire. L'angoisse déferla en lui avec les souvenirs. Oui, il était avec Jyn et leurs derniers instants étaient venus. Sur Scarif. Au milieu des cadavres de leurs compagnons.
Mais il était vivant, la douleur était là pour le lui rappeler. Il était complètement perdu, ne savait plus où il était, ni comment il était arrivé là. Ni où était Jyn.
Il sentit quelqu'un s'agiter auprès de lui. La silhouette, toujours floue alors qu'il rouvrait les yeux, s'était rapprochée de lui.
- Jyn ? demanda-t-il.
Il fallait qu'il sache si elle était avec lui, si elle avait survécu. Un sentiment d'effroi le glaça soudain à l'idée que ce ne fut pas le cas. Bon sang, où était-il ?
Il entendit un son de l'autre côté par rapport à lui. Une voix mécanique. Un droïde lui disait quelque chose. Un droïde ? Un essaya de forcer son regard à s'ajuster. Et de comprendre ce qu'on lui disait. La brume commençait à se dissiper un peu dans son esprit, et il reconnu un droïde médical qui s'éloignait de lui. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il lui avait dit, mais les choses commençaient à prendre du sens. C'était un droïde de l'Alliance. Il avait sans doute été rapatrié sur Yavin.
- Cassian ? Cassian, je t'en prie, est-ce que ça va ?
Les choses reprirent soudain plus clairement leur place dans son esprit et il reconnu la voix à ses côtés. Il ferma à nouveau les yeux le temps de se donner un semblant de contenance, parce que la personne qui essayait de lui parler n'était vraiment pas de celles à qui il voulait être confronté d'entrée de jeu en reprenant conscience, et surtout pas dans son état, après une mission suicide lors de laquelle il avait bien cru rester.
- Mademoiselle Erso ? Le capitaine Andor vous demande.
Les mots du droïde furent comme un électrochoc pour la jeune femme.
- Il est réveillé ?
- Il vient tout juste de reprendre conscience, et il vous a demandé. Puis-je vous accompagner à l'infirmerie ?
- Allez-y Jyn, je vous en prie, intervint Mon Mothma, pleine de sollicitude. Et revenez nous donner de ses nouvelles s'il vous plaît.
La jeune femme hocha la tête et emboîta le pas du droïde. Ou, plus exactement, elle tenta de rester à son rythme et de s'empêcher de courir. Ne serait-ce que pour se donner le temps de reprendre le contrôle de ses émotions. Bon sang que ces derniers jours avaient été éprouvants ! Elle ne se reconnaissait plus, tant elle était tiraillée dans tous les sens par ses angoisses et ses émotions. « il vous a demandée » C'était les mots du droïde. Elle repoussa dans un coin de son esprit l'effet qu'ils lui avaient fait.
- Je connais le chemin, fit-elle soudain. Je vais y aller seule. Est-ce que tu peux aller chercher Bodhi Rook ? Il doit être avec les autres pilotes.
- Dois-je lui aussi l'amener auprès du capitaine Andor ?
- Oui, tout à fait.
- Bien mademoiselle Erso.
Dès que le droïde fut parti, Jyn se mit à courir vers l'infirmerie. Elle ralenti le pas un peu avant d'arriver, histoire de ne pas paniquer tout le monde. Les droïdes médicaux n'aimaient pas l'agitation auprès de leurs patients.
C'est d'ailleurs exactement ce que l'un d'entre eux était en train de dire à la jeune femme blonde que Jyn avait supposé être la petite amie de Cassian. Elle était encadrée de deux droïdes et semblait contrariée.
- Votre présence agite le capitaine, vous devez sortir.
Quand, elle la croisa, la blonde lui adressa un regard furieux auquel Jyn ne put s'empêcher de répondre par un sourire narquois. Oui, c'était mesquin, mais bon. C'était bien le cadet de ses soucis. Elle s'approcha du sas, et pénétra dans la chambre de Cassian. Le médecin qui s'y trouvait se tourna vers elle.
- Mademoiselle Erso.
Il dit peut-être autre chose, Jyn n'en avait aucune idée. Elle regardait Cassian. Il était toujours sur ce même lit sinistre, mais cette fois, il avait les yeux ouverts. Son teint était moins blafard aussi. Il semblait épuisé, mais, il était vivant. Et, en la voyant entrer, il esquissa un sourire. Il tenta de se redresser, mais le médecin l'en empêcha. Une grimace de douleur lui échappa.
- Tu nous auras fait une belle frayeur, lança-t-elle en s'approchant du chevet du jeune officier.
Il fallait bien qu'elle dise quelque chose, tant pis si c'était n'importe quoi.
- Jyn… murmura Cassian en la regardant avec une expression d'intense soulagement.
Elle comprit qu'il venait de réaliser en la voyant qu'elle n'était pas morte. Ce fut comme un coup de poignard dans le cœur. Elle eut un peu de mal à refouler les larmes qui lui vinrent. Elle s'approcha de son chevet et lui sourit.
- Hey… fit-elle en le regardant.
- Hey… répondit-il d'un ton las, en lui rendant son regard et son sourire.
Ils restèrent un moment ainsi à se regarder en silence. Ces quelques instants apaisèrent Jyn, elle qui se sentait au bord de l'implosion depuis deux jours. Ils n'eurent pas besoin de se dire quoi que ce soit pour se comprendre. Ils étaient des survivants.
A leurs côté, le médecin toussota pour attirer leur attention.
- Vos constantes sont stables et votre état est satisfaisant capitaine Andor. Je vais pouvoir vous laisser, mais n'hésitez pas à m'appeler si besoin. Pour le moment, vous allez surtout avoir besoin de repos. Vous êtes encore très affaibli.
Après avoir hoché la tête à l'attention de Jyn, le médecin sorti de la pièce. La jeune femme reporta son attention sur Cassian et s'assit sur le bord du lit, à côté de lui. Elle hésita un instant, et posa sa main sur la sienne, enlaçant leurs doigts comme ils l'avaient fait sur le sable de Scarif. Il pensa certainement à la même chose qu'elle, car il ferma les yeux un moment, en inspirant profondément.
- Comment tu te sens ?
- J'ai mal absolument partout, répondit-il avec un sourire en coin.
Jyn ne put s'empêcher de rire en réponse.
- J'imagine. Est-ce que le médecin t'a fait la liste de tes blessures ?
- Je crois, mais j'étais trop vaseux pour comprendre.
- Et bien sache juste que ça ne m'étonne pas que tu aies mal partout.
- Ah.
Il ferma à nouveau les yeux. Il avait vraiment l'air épuisé. Elle le contempla en silence. Il était vivant. Bien amoché, mais vivant.
- Je t'avais dit que je n'étais pas habituée à ce que les gens restent quand ça va mal.
- Tu vois, ça existe, répondit-il en rouvrant les yeux pour plonger son regard dans le sien.
- Vois ce que ça t'a apporté, tu as une mine épouvantable.
- J'ai vraiment cru qu'on était morts.
- Moi aussi.
Ses yeux se fermèrent progressivement. Jyn pensa qu'il allait s'endormir, à bout de forces. Mais alors qu'elle allait lui lâcher la main et se lever, il murmura :
- Les plans de l'étoile de la mort ?
Jyn hésita. Elle savait pertinemment qu'il détesterait autant qu'elle-même qu'on lui réponde ça, mais il fallait absolument qu'il se repose.
- Ne t'en inquiètes pas. Tout va bien.
- J'ai déjà dit ça, et ce n'était pas du tout bon signe.
Il avait rouvert les yeux et la fixait, inquiet. Elle pressa légèrement ses doigts et ne put s'empêcher de tendre la main pour repousser une mèche de cheveux du front de Cassian.
- Il n'y a pas grand-chose que tu puisses faire de plus. Je te tiendrais au courant, mais pour le moment tu dois te reposer.
- On les a bien transmis, hein ?
- Oui.
Elle mit toute la conviction qu'elle put dans cette réponse, elle voulait à tout prix le rasséréner. Il sembla qu'elle y parvint, car il eut l'air de s'apaiser et ses yeux se fermèrent à nouveau. Cette fois, elle attendit d'être certaine qu'il se soit endormi pour se lever. Elle l'observa encore un instant, puis s'éloigna du lit à contrecœur. Elle aperçut alors Bodhi derrière la vitre du sas. Lui aussi arborait une expression soulagée sur le visage. Elle sorti de la pièce et le rejoignit.
- Il est réveillé ? Il va bien ?
- Ça va. Il est faible, mais ça va.
Jyn sentit les larmes rouler sur ses joues. Elle fut bien incapable de les retenir cette fois. Le soulagement et la fatigue eurent raison d'elle, et, cette fois, ce fut Bodhi qui l'attira contre lui pour la réconforter.
- Viens-là petite sœur, murmura-t-il à son oreille en la serrant dans ses bras. Tu as bien le droit de craquer un peu toi aussi.
Elle se laissa bercer dans l'étreinte de Bodhi alors que ses larmes coulaient, incontrôlables. Quand elles commencèrent à se tarir, elle se redressa et s'écarta de la poitrine du pilote.
- J'ai bien cru qu'il ne se réveillerait jamais, reconnu-t-elle.
- Alors que tu m'assurais le contraire, hein ? la taquina Bodhi. Tu es vraiment un phénomène toi. Mais moi aussi j'étais très inquiet pour lui. Après avoir perdu les autres et être rentrés tous les trois, je n'aurais pas supporté qu'il meure comme ça.
- Ouais… marmonna Jyn en tournant la tête dans la direction du lit où Cassian s'était rendormi.
- Mais ça va aller maintenant. J'ai parlé avec le médecin quand il est parti. Il est tout à fait optimiste maintenant.
Jyn leva le visage vers Bodhi. Il lui souriant, l'encourageait. Elle lui rendit son sourire et hocha la tête. Elle se sentait soudain très lasse, vidée. Elle avait envie de se reposer. Elle comprit que c'était en partie son inquiétude vis-à-vis de Cassian qui l'avait maintenue dans l'état de stress où elle était, et, la tension se relâchant, son organisme lui réclamait des comptes.
- Je dois aller donner des nouvelles de Cassian à Mon Mothma.
Bodhi décida de l'accompagner. Il y a deux jours, elle avait été pour lui le roc sur lequel s'appuyer, mais aujourd'hui c'était à son tour à elle de se reposer sur lui. Elle n'était vraiment pas habituée à tisser ce genre de liens avec les gens, et la vitesse avec laquelle elle s'était mise à considérer Bodhi comme un ami l'effrayait. Sans parler de Cassian, avec qui elle aurait pourtant juré ne jamais pouvoir s'entendre de prime abord. S'attacher, c'était s'exposer à souffrir, c'était une leçon qu'elle avait apprise à la dure et qu'elle avait appliquée scrupuleusement depuis. Malgré tout, aujourd'hui, elle n'avait plus la moindre envie de repousser ceux qui lui avaient accordé leur confiance. Ceux qui étaient restés quand tout allait mal.
Cassian dormit par vagues entrecoupées de brefs moments de conscience. Parfois, c'était la douleur qui le réveillait, auquel cas un droïde s'empressait de traficoter quelque chose au niveau de ses perfusions, et, très vite il se sentait mieux. Mais il détestait ça. Être ainsi relié à des machines, à la merci du bon vouloir du personnel médical le mettait très mal à l'aise. Il n'avait plus aucun contrôle sur quoi que ce soit, et il considérait ça comme la situation la plus angoissante qui soit.
Tout était paisible dans l'infirmerie, et la plupart des lumières étaient éteintes. On devait être la nuit. Il perdait toute notion du temps, incapable de dire s'il avait été éveillé une minute ou une heure avant de sombrer à nouveau dans l'inconscience. Ses pensées étaient confuses, et, s'il essayait de réfléchir, des images de guerre lui venaient. Il les repoussait obstinément, ne se sentant pas capable de les affronter pour le moment, ni de réfléchir à ce qu'elles impliquaient. Il se raccrochait à la pensée que Jyn était vivante. Il l'avait vue, il lui avait parlé. Elle s'était assise à ses côtés. Elle lui avait même pris la main, contact qui avait grandement contribué à le convaincre qu'il ne rêvait pas.
Le médecin lui avait dit qu'il avait été dans le coma pendant deux jours. Deux jours pendant lesquels l'Alliance aurait en théorie pleinement eu le temps de décider comment utiliser les plans de l'étoile de la mort. Or Jyn était restée évasive, et il savait très bien que c'était mauvais signe. Mais pour le moment personne n'était en mesure de répondre à ses questions à ce sujet. Si c'était la nuit, autant dormir et se reposer. Il tentait d'être pragmatique, de se baser sur ses réflexes de survie et de prendre les problèmes les uns après les autres. Tout en faisant abstraction de son état, et de la frustration qu'il éprouvait d'être ainsi cloué au lit.
L'aube était bien avancée quand il reprit à nouveau conscience. Un médecin était à ses côtés, examinant les écrans des moniteurs de contrôle auquel il était relié.
- Alors, je vais comment ?
Le médecin sursauta et se tourna vers lui.
- Capitaine Andor, vous revoilà parmi nous. Il semblerait que vous alliez aussi bien que possible compte tenu de votre état, ajouta-t-il. Les rapports que je vois indiquent qu'il a quand même fallu vous administrer quelques sédatifs et des antidouleurs pour vous permettre de prendre du repos.
- J'aimerais autant l'éviter à l'avenir.
- Parce que vous êtes du genre à préférer souffrir en silence ?
- Parce que je suis du genre à préférer savoir où j'en suis sans être drogué.
- Ah, oui, j'aurais dû m'en douter.
Le médecin se concentra un moment encore sur le dossier de son patient, avant de reporter son attention sur lui.
- Comment vous sentez-vous ? Quelles sont les blessures les plus douloureuses ce matin ?
Cassian réfléchit un moment, faisant un peu le point de ses sensations avant de répondre.
- Je me sens globalement vaseux, mais moins que lors de mon premier réveil. Je suis moins léthargique. J'ai un peu mal à la poitrine quand je respire. J'imagine que j'ai des côtes cassées ? J'ai aussi une douleur lancinante dans le dos et dans la hanche droite. C'est cette dernière je crois qui m'a réveillé dans la nuit, mais là, elle est supportable. Et sinon, ça me lance au niveau de l'épaule droite. Et mon flanc me brûle un peu, là où je me suis fait tiré dessus.
- Tout ce que vous me décrivez correspond à vos fractures. Ce n'est qu'une question de temps et de cicatrisation. Vos blessures internes se sont bien remises, mais c'est sur elles que nous avons surtout porté notre attention à votre arrivée, ce sont elles qui rendaient votre état critique. Quand à votre faiblesse générale, elle est à imputer à votre perte de sang.
- Tout va bien alors, ironisa Cassian.
- On peut dire ça comme ça. Tout est normal en tous cas. J'envisageais donc pour vous une immersion en cuve bacta, pour vous aider à cicatriser de vos fractures. Mais je ne le ferais pas sans vous infliger des antidouleurs, car bouger risque de vous faire souffrir le martyr compte tenu de vos lésions.
- Ah. Tout de suite les négociations.
- C'est pour votre bien capitaine.
Cassian soupira et hocha la tête. Le médecin donna alors ses instructions au droïde médical qui attendait à ses côtés, puis prépara ses injections. Pendant qu'il observait ces préparatifs, le jeune homme retint la question qui lui brûlait les lèvres. Il n'avait pas le moindre souvenir de son retour sur Yavin. Il avait vraiment cru mourir sur Scarif. Mais Jyn et lui était là. Ils avaient sans doute été ramassés par un vaisseau de l'Alliance qui s'enfuyait ? Étaient-ils d'autres à avoir survécu ? Ça lui semblait bien improbable compte tenu de la mission suicide dont il avait chargé ses hommes. Leur diversion avait déclenché des combats conséquents. Avant même que l'étoile de la mort n'arme son tir, les représailles impériales avaient dû être terribles. Les probabilités que le médecin ait d'autres survivants de Rogue One à soigner étaient bien faibles. La culpabilité fut un choc violent sur sa conscience. Il s'était lui-même salit les mains un nombre non négligeable de fois, mais c'était une chose que de choisir ses actes, mais c'en était une autre d'envoyer des gens à la mort.
- Vous êtes prêt capitaine Andor ?
Cassian se contenta à nouveau de hocher la tête. Il savait qu'il avait levé un lièvre dans son esprit. Les fantômes et les remords n'étaient pas prêts de le lâcher à présent. Ça faisait longtemps qu'il pensait avoir maîtrisé ce genre d'états d'âmes. Sans doute qu'œuvrer seul n'était qu'une façon de contourner le problème. Alors que le médecin lui faisait une première injection, il pensa à Jyn. Elle au moins était vivante, et il l'avait aidée à honorer la mémoire de son père. Cette pensée l'apaisa. Il tenta de rester focalisé dessus, tout en repoussant ses inquiétudes au sujet du devenir des plans de l'étoile de la mort. Autant dire une rude tâche.
Elle avait vraiment dormi comme une masse cette fois, ce que le droïde lui confirma en lui disant qu'elle avait dormi près de 11h d'affilée. Jyn pensa que ça ne lui était peut-être jamais arrivé avant. Toujours était-il que ça lui avait fait du bien. Elle se sentait réellement mieux cette fois. Et elle mourrait de faim, ce qui était là encore plutôt bon signe. Dans un élan d'optimisme, Elle se dit que le général Draven aurait peut-être même des nouvelles de ce qui se tramait sur Tatooine. Néanmoins ses pas la portèrent automatiquement vers le sas médical où était soigné Cassian. Le reste attendrait.
Cette fois, non seulement il était éveillé, mais il avait repris des couleurs et il se tenait redressé contre la tête du lit, plus assis que couché. Le voir plus alerte lui mit du baume au cœur et elle sentit un sourire irrépressible lui venir aux lèvres. Quand il l'aperçu à travers la vitre, il lui sourit en retour. Elle ne prit donc pas la peine de frapper ou de s'annoncer et vint directement auprès de lui. Comme la veille, elle s'assit sur le bord du lit.
- Tu as l'air d'aller beaucoup mieux.
- Je sors d'un traitement au bacta. Et je suis sous antidouleur, ajouta-t-il avec une grimace.
- Tu nous as fait très peur.
A ces mots, une ombre torturée passa dans le regard de Cassian. Jyn fronça les sourcils, étonnée de sa réaction. Puis elle comprit, et elle explicita son propos.
- Bodhi et moi étions inquiets à ton sujet.
- Bodhi ? Bodhi est vivant lui aussi ? s'écria Cassian d'un air incrédule.
- Oui. Il a failli y rester quand une grenade a été lancée dans le Rogue One, mais il est parvenu miraculeusement à la jeter hors du vaisseau et à le faire décoller. Il nous a vu au moment où il allait partir, alors que l'étoile de la mort apparaissait dans le ciel. Mais il n'y a que nous qu'il est parvenu à sauver, ajouta-t-elle tristement. C'est un peu flou dans mon esprit, j'imagine que tu ne dois pas vraiment t'en souvenir.
- La dernière chose dont je me souvienne, répondit Cassian d'une voix un peu rauque et en détournant les yeux, c'est d'avoir pensé mourir. Avec toi, ajouta-t-il en plongeant à nouveau son regard dans le sien.
- C'est aussi le dernier souvenir qui soit net dans mon esprit, répondit-elle en soutenant son regard, bien qu'elle eut le sentiment que son cœur faisait le yoyo dans sa poitrine à l'évocation de ce moment qu'ils avaient partagé.
- Jyn… murmura Cassian avec l'air de ne plus trop être sûr de ce qu'il voulait dire.
Elle se pencha vers lui pour le prendre dans ses bras, prenant garde à ne pas le serrer trop fort et à faire attention à sa clavicule et à ses côtes cassées. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais c'était plus fort qu'elle, elle avait besoin de ce contact, trop bouleversée par le souvenir qu'ils avaient ranimé tous les deux. Et à la façon dont elle sentit les bras de Cassian sur son dos et ses épaules, elle sût qu'il en était de même pour lui.
- Nous sommes vivants, murmura-t-elle à son oreille. Ça me semble presque incongru, c'est inespéré, et ça peut sembler injuste, mais nous sommes vivants.
- C'est… c'est un bon résumé.
Quand ils se séparèrent, elle aurait dû se douter qu'il ne mettrait pas longtemps pour revenir dans le vif du sujet.
- Les plans de l'étoile de la mort ?
Jyn se rassit et poussa un soupir. Elle regarda Cassian un moment, se demandant par quel bout lui présenter les événements qui lui avaient échappés pendant qu'il était inconscient. L'anxiété de Cassian était palpable alors qu'il attendait, tendu comme un arc, et Jyn avait des scrupules à lui révéler ce qu'elle savait, sachant qu'il serait incapable de rester tranquille après ça. Et pourtant, dans son état, c'était la seule chose dont il avait besoin. Mais elle savait aussi qu'ils étaient trop semblables tous les deux pour qu'il tolère plus longtemps d'être tenu à l'écart.
- Nous les avons transmis, mais ensuite, ça s'est gâté.
Cassian l'écoutait, silencieux, dans l'attente. Seule sa mâchoire serrée trahissait sa tension.
- Le vaisseau du général Raddus a été attaqué par le bras droit de l'empereur.
- Darth Vador ?
- Oui. La suite demeure confuse. Un vaisseau a été arraisonné par Vador, celui de la princesse Leia semble-t-il. Les informations récoltées depuis laissent à espérer qu'elle a réussi à transmettre à son tour les plans, sans que nous soyons sûrs d'où ils se trouvent actuellement. Mais hier, une activité impériale suspecte autour de la planète Tatooin laissait à penser qu'ils pourraient être là. Je ne suis pas retournée voir Mon Mothma et Draven depuis, mais ils ont certainement envoyé une équipe là-bas en plus des agents qui étaient déjà dans le secteur.
- Si je situe bien Tatooin, fit Cassian d'un ton las en se passant la main sur le visage, il doit y avoir deux missions Bothan dans le secteur actuellement. J'imagine que ce sont eux qui ont relayé les informations. Il faut que j'aille voir le général Draven.
- Non.
Cassian leva un regard surpris vers elle.
- Non, insista Jyn avec fermeté. Tu n'es pas en état, tu dois te reposer si tu veux être bon à quoi que ce soit rapidement. Je te tiendrais informé de tout, mais à condition que tu te tiennes tranquille, ajouta-t-elle, bien qu'ayant peu d'espoir que le chantage fonctionne. Sur elle, en tous cas, ça n'aurait pas marché.
- Ce n'est pas le moment que je joue les malades, il faut que j'aille voir le général Draven, insista Cassian, buté.
Il commençait à faire mine d'essayer de se lever, à moitié empêtré dans ses perfusions, s'appuyant maladroitement sur un bras qui tremblait tant il était encore faible. Sans qu'elle put réellement s'expliquer pourquoi, Jyn se mit en colère. Elle le repoussa sans ménagements sur son lit, lui arrachant une grimace de douleur qui lui fit comprendre qu'il n'avait pas vraiment les moyens de ses ambitions.
- Tu vas rester tranquille, articula-t-elle d'un ton menaçant. Je te tiendrais scrupuleusement informé. À moins que tu n'aies toujours pas suffisamment confiance en moi pour ça, ajouta-t-elle.
- Bien sûr que si Jyn. J'ai plus confiance en toi qu'en n'importe qui d'autre, reconnu-t-il avec un peu de difficulté. C'est juste que… je n'ai pas l'habitude de… je me sens complètement inutile. Mais j'ai confiance en toi. Je ne t'aurais pas suivie sans cela.
Il la regardait droit dans les yeux, sincère, avec ce même regard qu'il avait lorsqu'il était venu la trouver après l'entretien calamiteux avec le conseil, quand il lui avait dit qu'il voulait l'aider à mener à bien cette mission, et qu'il avait amené des volontaires avec lui. Ce regard la désarmait complètement, se rendait-elle compte alors que sa colère était instantanément balayée.
- Bien, fit-elle alors d'un ton satisfait. On fait comme ça alors.
Cassian lui coula un regard en biais, et, bien qu'il cachât toujours très bien ses sentiments, elle sût qu'il avait l'impression de s'être fait avoir. L'arrivée de Bodhi coupa court à une éventuelle discussion.
- Cassian, tu es réveillé !
- Bodhi, tu es vivant ! répondit Cassian, ironique.
Bodhi marqua un temps d'arrêt, se demandant si Cassian avait décidé de remplacer K2 et ses réparties cinglantes. Mais le sourire du capitaine était cordial, et le pilote vint se placer à côté de lui, près de son chevet.
- Content de te voir, lui dit Cassian en posant la main sur son avant-bras.
Bodhi se contenta de hocher la tête en pressant légèrement l'épaule de l'officier.
- Je suis venu te voir hier soir, après ton réveil, mais tu t'étais déjà rendormi quand je suis arrivé, et, ce matin, tu étais en immersion bacta quand je suis passé. En tous cas, tu as l'air beaucoup mieux. Enfin par rapport à ton état initial je veux dire, ajouta-t-il en se faisant la réflexion que les traits tirés et l'attitude affaiblie de Cassian ne respiraient pas encore tout à fait l'énergie.
- Je crois que j'ai vraiment eu de la chance de m'en sortir sur ce coup, et c'est grâce à vous deux. Je ne serais jamais parvenu à sortir de cette maudite tour si tu ne m'avais pas soutenu, Jyn. Et de toutes évidences, Jyn et moi serions morts sur cette plage si tu n'avais pas été là Bodhi.
- Je ne comprends même pas comment tu as réussi à monter jusqu'au sommet de la tour, dans l'état où tu étais, fit Jyn en secouant la tête. Mais sans ça, c'est moi qui ne serait pas là, ajouta-t-elle.
Ils restèrent tous trois silencieux un moment. Ils ne s'en étaient sortis qu'ensemble et cette pensée les liait, bien qu'elle fût très étrangère à leur façon de vivre jusqu'à présent. Ils étaient tous trois des solitaires, et Scarif leur avait appris à quel point ils pouvaient être plus forts ensemble. Si disparate fut leur équipe. Mais les rangs de celle-ci avaient toutefois été décimés, et le poids des fantômes se faisait oppressant. C'est sans doute pour cela que Bodhi rompit le silence.
- Je me suis engagé au sein de l'Alliance Rebelle.
- Pour de bon ? demanda Cassian.
- Oui. A vrai dire en y repensant, je n'ai pas énormément d'autres alternatives, en tant que déserteur de l'Empire, je veux dire. Mais après ce que nous avons fait, je ne vois pas comment je pourrais abandonner le combat.
Cassian hochait la tête. Il n'osa pourtant pas demander à Jyn quelle décision elle avait prise de son côté. Le choix était sans doute plus épineux pour elle. Entre son passé avec Saw, l'héritage de son père, la voie de hors la loi qu'elle s'était tracée, sans parler de ses tendances indépendantes et insubordonnées… mais son esprit rebelle était l'essence même de ce pourquoi ils étaient tous là au sein de l'alliance. Le refus de plier devant l'Empire, la volonté de marcher la tête haute quoi qu'il arrive et quoi qu'il en coûte. Il souhaitait qu'elle reste, elle serait un élément de valeur pour l'Alliance, mais en même temps il n'était pas non plus convaincu qu'elle soit capable de rentrer suffisamment dans le rang pour ça. Par contre, s'il était sûr d'une chose, c'est que, tant qu'ils ne sauraient pas ce qu'il était advenu des plans de l'étoile de la mort, elle ne lâcherait pas le morceau.
Un médecin entra alors dans le sas médical. Il vint vérifier les constantes de son patient, puis il mit les visiteurs à la porte, assurant que Cassian avait encore besoin de repos. Ce dernier laissa ouvertement transpirer sa contrariété, mais ne contesta pas. Jyn et Bodhi prirent congé, lui assurant qu'ils repasseraient le voir dans la soirée.
Je te tiendrais au courant, assura Jyn, faisant allusion à leur conversation.
Quand Jyn retrouva Cassian et Bodhi, quelques heures plus tard, elle avait effectivement des nouvelles.
- Les rapports indiquent que les forces impériales ont pris en chasse un vaisseau qui a quitté Tatooine dans la précipitation. Le vaisseau n'a pas été identifié, mais une équipe Bothan mène son enquête sur la planète pour en savoir plus. Draven avait envoyé une autre équipe en relais, et elle a pour mission d'essayer de suivre la trace du vaisseau non identifié et du croiseur.
- Ça tient de la gageur, fit remarquer Cassian. Ils vont arriver bien après tout le monde, comment pourraient-ils deviner où le vaisseau est allé ? Il va falloir surveiller les déplacements de tous les croiseurs impériaux dans un périmètre accessible raisonnablement via l'hyperspace, et ce n'est déjà pas une mince affaire.
Il réfléchissait à la façon dont il procéderait, se concentrant sur les informations qu'il avait de ce secteur, les indicateurs possibles… pour se rendre compte de l'air amusé de Jyn. Il soupira. Bien sûr, il était cloué au lit et complètement impuissant, mais c'était plus fort que lui, il se projetait forcément sur la façon de régler ce problème. Ce qui, à son avis, était beaucoup plus constructif que de remâcher la bataille de Scarif et la perte de leurs compagnons.
- J'imagine que c'est ce qu'ils vont faire, hasarda Bodhi, conscient que quelque chose venait de lui échapper.
- Bien sûr. Ce sont certainement aussi les instructions du général Draven.
- Et de ton côté, comment ça se passe Bodhi ?
- On m'a fait m'entraîner un peu au pilotage des chasseurs, pour voir ce que je valais, mais je serais probablement affecté au transport de fret ou au pilotage d'engins plus lourds. C'est quelque chose avec lequel je suis à l'aise.
- Pas sûr, fit Cassian. On n'a jamais assez de pilotes de chasseurs. Si tu t'en es sorti honorablement, il n'est pas exclu que tu te retrouves en X-wing.
Le regard de Cassian se fixa soudain derrière eux, vers la vitre du sas. Jyn et Bodhi se tournèrent à l'unisson pour découvrir que la cantinière blonde était de retour. Jyn eut l'impression d'une douche froide sur sa colonne vertébrale. Elle s'efforça pour autant de garder une contenance, mais ne put s'empêcher de laisser transparaître son hostilité. Elle se tourna à nouveau vers Cassian, dont le visage était impénétrable.
- Tu préfères sans doute qu'on te laisse ?
- Absolument pas, répondit-il alors qu'elle commençait à se lever du bord du lit où elle avait déjà pris l'habitude de s'asseoir. Jyn interrompit son mouvement, perplexe.
- Tu ne souhaites pas rester seul avec ton… amie ?
- Si possible, j'aimerais l'éviter.
Jyn se sentait confuse. Elle fronça les sourcils, et se décida à prendre le taureau par les cornes et mettre les choses au clair.
- Mais, ce n'est pas ta petite amie ?
- Parce que c'est ce qu'elle t'a dit ? lui demanda Cassian en haussant un sourcil.
- Heu… non… enfin c'est ce que je me suis dit. Enfin elle laissait à penser que…
Jyn était vraiment gênée. Et Bodhi se sentait désolé pour cette fille un peu dérangée. Mais il se mettait aussi à la place de Cassian, et comprenait qu'il ne soit pas franchement désireux de gérer ce problème à ce moment.
- Je vais aller lui dire de s'en aller, décida-t-il en quittant le chevet du jeune capitaine pour sortir de la pièce
- Merci Bodhi. Elle est…
- Oui je sais, dit-il en hochant la tête avant de sortir.
Jyn de son côté reprenait une contenance. Elle se sentait soulagée, et préférait ne pas trop réfléchir à ses propres réactions.
- Ce n'est pas très correct de ne pas même lui adresser la parole, mais là, je n'ai vraiment pas le courage.
- Tu te cherches des excuses ? demanda Jyn, perplexe.
- Non, c'est plutôt un constat. Elle n'est pas méchante, mais elle n'est pas toute seule dans sa tête, et, par moment, elle a… des obsessions on va dire. Et des fois, c'est moi, grimaça-t-il.
Cette histoire le mettait très mal à l'aise depuis longtemps. Lui qui n'avait déjà pas l'habitude de se lier avec les gens, il avait été complètement guéri de ce type de rapprochements au sein de la base. Trop compliqué, avait-il conclu. Les autres y arrivaient visiblement, et il savait qu'il avait aussi eu une certaine malchance de tomber sur cette fille-là précisément, mais il n'était de toutes façon pas doué du tout pour gérer les relations humaines en général, et intimes en particulier. Il s'était donc depuis contenté de la compagnie de K2 pour ce qui était du soutien et de la conversation, et pour le reste, de ce qu'il trouvait sur sa route, pourvu qu'il s'agisse de quelqu'un dont il ne recroiserait jamais le chemin. Il croisa alors le regard de Jyn et se demanda soudain avec une certaine inquiétude de la façon dont il allait gérer la nouvelle composante qu'elle représentait dans sa vie. Jusque-là, il n'avait pas eu le temps d'y penser. Les événements s'étaient enchaînés très vite, au début, ce n'était qu'une mission. Mais après l'avoir suivie jusqu'au bout, après être revenue la chercher un certain nombre de fois, après qu'ils se soient mutuellement sauvés la vie et accordé leur confiance, après qu'ils aient crus mourir dans les bras l'un de l'autre, c'était un euphémisme de dire que les choses avaient changé.
- On dirait que Bodhi sait s'y prendre avec elle, constata Jyn qui regardait leur ami s'éloigner avec la jeune femme.
- Elle est pourtant du genre têtu.
Jyn, toujours assise sur le bord de son lit, se tourna à nouveau vers lui. La situation lui sembla complètement ridicule et elle éclata de rire. Cassian ne put s'empêcher de sourire devant cet éclat. Il n'avait encore jamais entendu Jyn rire de la sorte et ce son éminemment vivant avait quelque chose de réconfortant. Elle rit un moment avant de parvenir à reprendre le contrôle d'elle-même.
- Je ne sais même pas vraiment pourquoi je ris, avoua-t-elle. C'est juste que tout ça m'a semblé tellement… drôle. Surtout l'idée de te savoir embarrassé avec une histoire de ce genre, toi qui semble toujours vouloir tout garder sous contrôle.
Là, elle l'avait vexé, pensa-t-elle. Il avait froncé les sourcils et la toisait sans rien dire. Elle eut de nouveau envie de rire.
- La preuve, insista-t-elle avec un sourire narquois, tu es vexé, et tu ne le reconnaîtras pas.
- Ferme-la, bougonna Cassian en lui mettant un léger coup de poing dans l'épaule.
- Oh tu sais bien que je ne sais pas quand me taire.
- J'en suis conscient oui. Un peu comme K2 en fait.
La pensée pour son droïde lui avait échappé, et il sût que Jyn avait vu juste en disant qu'il voulait toujours tout garder sous contrôle. Il se tût, se demandant quel genre de pauvre type il était devenu pour être aussi attaché à un droïde.
- Tu n'as pas une sauvegarde de sa mémoire ?
- Je… pas que je sache, répondit-il en réfléchissant. Il faudrait qu'il en ait fait une de son propre chef, mais je n'en ai aucune idée en fait.
- Ça vaut le coup de vérifier, non ?
- Il faudrait regarder dans l'ordinateur de mes quartiers. Mais je ne l'ai jamais vu faire ce genre de choses. D'ailleurs, ajouta-t-il, ravi de changer de sujet, je vais te donner les coordonnées de mes quartiers si tu n'as pas été affectée quelque part. Je crains d'être coincé ici encore quelques jours, et, autant Bodhi a dû être installé avec les pilotes, autant il faudra sans doute un peu plus de temps pour toi. Alors, si tu veux, tu peux t'y installer en attendant.
- Ça ne te dérangerait pas ? demanda Jyn, soudain sur le qui-vive. Parce qu'il ne faudra pas me le dire deux fois. Je ne supporte plus la vue des murs de cette infirmerie, et j'ai déjà frappé trois droïdes médicaux.
- Je m'en doutais, répondit Cassian en riant. Oui, oui, il n'y a pas de problème.
C'est ainsi que Jyn se retrouva, ce soir-là, à s'installer dans les quartiers de Cassian. Elle hésita un instant devant la plaque marquée « Capitaine Cassian Andor » puis tapa le code sur le système de verrouillage. La porte s'ouvrit, lui permettant d'entrer dans une cabine tout ce qu'il y avait de plus spartiate. Aucun effet personnel ne meublait la pièce d'aucune sorte. Même chez lui, Cassian ne laissait aucune trace. C'est sans doute pour cela que ça ne le dérangeait pas le moins du monde qu'elle s'y installe quelques jours. Elle entra dans la pièce. Une couchette toute simple, une tablette avec un ordinateur, une chaise et un placard. Pas de fenêtres. C'était presque du luxe aux yeux de quelqu'un comme Jyn. Elle s'en accommoderait bien pensa-t-elle.
Elle jeta un coup d'œil dans le placard, où quelques vêtements de rechange prouvaient que la pièce était bien habitée par Cassian en temps normal. Près du placard, une autre porte donnait sur une cabine de toilette privative. Elle hocha la tête, satisfaite. Elle serait beaucoup mieux là qu'à l'infirmerie, sans aucun doute. Comme elle était maintenant bien remise, les médecins n'avaient fait aucune objection au fait qu'elle rende son lit.
Elle n'avait pas pensé être spécialement fatiguée, au vu du nombre d'heure de sommeil de sa dernière nuit, mais quand elle s'assit sur la couchette, elle se sentit soudain très lasse. Elle avait beau être à peu près remise de ses blessures, son organisme aurait encore besoin d'un peu de temps pour recouvrer pleinement ses forces. Elle ôta sa veste et ses bottes et s'allongea. Alors qu'elle posait la tête sur l'oreiller et fermait les yeux, elle s'aperçut qu'elle s'était trompée en pensant qu'il n'y avait rien de Cassian ici. Au contraire, elle sentait son odeur, et ressentait sa présence d'une certaine manière. Cette ambiance la mit à l'aise, et, en quelques minutes, elle fut profondément endormie.
Et voilà, le second chapitre. Pour info, tout est écrit, donc je vais pouvoir publier les chapitres à un bon rythme, c'est juste une question de mise en forme. Je l'ai commencée peu après avoir vu le film, je l'avais laissée de côté, et là, ça m'a pris de la terminer, donc la voilà.
Finalement la cantinière n'aura pas posé trop de problème. J'ai failli enlever ce truc là, parce que c'était pas très utile, puis finalement je l'ai laissé.
Donc maintenant, Cassian est réveillé.
Je ne le dépeins pas comme quelqu'un de complètement sombre et fermé, parce que c'est pas le ressenti que j'en ai. À mon sens, ce n'est pas ce que Diego Luna apporte au personnage, et d'ailleurs Gareth Edward a dit qu'il ne voyait pas l'intérêt des personnages qui sont juste sombres et ténébreux, qui font la gueule et ne disent rien, d'où son choix d'acteur.
