Bonjour à tous ! Voici un nouveau chapitre, j'espères qu'il vous plaira autant que le premier.
Merci à tous/toutes pour vos reviews ça me fais très plaisir et je me régale en vous lisant !
Bonne lecture ;)
Chapitre 2 : J'avais chaud
– T'as entendu ça toi aussi ?
– Oui, c'est de la folie ! Tu crois qu'il a perdu la tête ?
– Haha mais non, il a toujours été un peu excentrique non ?
– Ouais t'as raison, ça doit sûrement être une nouvelle technique pour draguer !
Le commandant Spock relevait pour la troisième fois la tête du microscope sur lequel il était penché depuis deux heures. Les voix derrière lui se turent. Il se retourna pour voir les deux jeunes enseignes, visiblement excitées par un évènement récent.
– Puis-je savoir ce qui vous intéresse au point de ne plus surveiller les échantillons d'ADN que je vous ai confié ?
Spock avait parlé d'un ton poli en arrêtant la centrifugeuse. Les deux hommes rougirent légèrement et l'un d'entre eux prit la parole.
– Nous pensions que vous étiez au courant monsieur. Vous êtes le Commander après tout.
Spock ne releva pas la remarque sur son grade.
– De quoi devrais-je être au courant ?
Les deux hommes se regardèrent, avant de poser les yeux sur le PADD posé devant eux. Une vidéo semblait y être diffusée.
– C'est- c'est le Capitaine Kirk monsieur.
L'enseigne lui tendis le PADD avant de lâcher un rire qu'il étouffa d'une main. De plus en plus décontenancé, Spock se tourna vers l'autre jeune homme en quête d'une réponse. Celui-ci rigolait également.
– Il est... HAHA... La... HAHA ! La fontaine !
Ce fût tout ce qu'il parvint à articuler avant d'exploser, accompagnant son camarade dans un fou rire prolongé. Voyant qu'il ne pourrait pas obtenir plus d'informations, Spock laissa les deux humains dans leur dispersion d'émotion et couru dans les couloirs de l'Enterprise à la recherche de du capitaine. Ils avaient parlé d'une fontaine. Y'en avait-il une à bord ? Spock se dirigea vers le tableau de commande le plus proche et fît une recherche ciblée sur la carte du vaisseau, en isolant les points d'eau important. L'ordinateur en localisa un qui se trouvait à l'arrière du bâtiment. Spock fixa la tache rouge pensivement. Il était possible qu'une fontaine se trouvât là-bas, après tous les moteurs bénéficiaient d'un système de refroidissement en eau, alors il était possible que les ingénieurs y aient aussi construit une fontaine dans le même temps, même si la raison lui échappait. Pour le plaisir peut-être ?
Sans plus tarder, Spock se mit en route dans la direction indiquée. Plus il avançait vers sa destination, plus les couloirs étaient occupés. Des membres de l'équipage avaient visiblement quittés leurs occupations pour voir un spectacle des plus amusant. L'officier en second pensa avec agacement que certains avaient sans doute abandonné leur poste sans autorisation. Toutefois, les hommes et les femmes présents dans les couloirs regagnèrent vite leurs places respectives au passage de l'officier scientifique, bien qu'il n'en ait pas donné l'ordre. Certains parurent même s'enfuir même en le voyant.
Poursuivant son chemin, Spock entendit bientôt des bruits d'éclaboussures et des rires joyeux. Il suivit encore trois couloirs et abouti dans une grande pièce circulaire. Il y avait au moins une vingtaine de personnes, toutes agglutinées autour de la fontaine qui existait bel et bien. Spock se fustigea de ne pas avoir appris correctement les plans du vaisseau, c'était une erreur qu'il n'aurait pas du faire. Se frayant difficilement un chemin parmi la foule, il vit enfin le spectacle que tous admiraient. Le capitaine était assis dans la fontaine avec pour seul vêtement son bas d'uniforme. Il rigolait bêtement en jouant avec l'eau qui tombait du coquillage de pierre tel un enfant qui découvre les premières joies du bain. Spock se figea face à la surprise, et mis un moment à réagir. Il observa Kirk qui essayait de tirer une des femmes de l'équipage pour qu'elle le rejoigne dans l'eau.
– Allez venez vous amuser !
La jeune femme riait tout en essayant de se dégager.
– Capitaine !
En entendant la voix, Jim s'était figé. Toutes les personnes présentes se tournèrent vers Spock. Il avait dû hausser le ton pour couvrir tous les rires et les bavardages, mais peut-être avait-il parlé trop fort. Spock était vulcain, sa voix était naturellement plus forte. Pas plus aigüe ou grave, mais elle avait simplement plus de portée. Durant ses premières années à vivre parmi les humains, il avait rapidement compris que ceux-ci pouvaient être parfois effrayés ou surpris par une telle voix, il avait donc dû adapter son volume de parole à celui de ses coéquipiers.
– Reprenez vos postes, je m'occupe de lui.
Quelques personnes ronchonnèrent mais obéirent rapidement, non sans les observer du coin de l'œil. Certains restèrent à l'affût dans les couloirs voisins. Une fois à peu près seuls, le vulcain s'avança plus près du bassin, d'une lenteur exagérée. Jim le vit et un sourire radieux illumina son visage.
– Spock !
Le commandant vit immédiatement qu'il n'était pas dans son état normal. Il avait les pupilles dilatées, leur noir dévorant la quasi totalité de ses iris. Son flux sanguin était anormalement élevé, ce qui avait pour conséquence de colorer ses joues d'un rose tout à fait charmant, et–
Qu'est-ce qu'il avait dit ?
Secouant la tête, Spock s'avança prudemment plus près du bassin. Son propre cœur battait vite, et il exhala pour tenter de le calmer.
– Capitaine, pouvez-vous m'expliquer ce que vous faites dans cette fontaine ?
Il devait y aller en douceur, le capitaine était peut-être sous l'emprise d'un médicament ou d'une drogue. Jim s'était approché de lui en quelques brasses souples et puissantes. Il sorti la tête de l'eau et s'ébroua comme un chien, ses cheveux blonds envoyant valser des gouttes d'eau qui scintillèrent dans les airs. Il s'accouda au rebord de la fontaine et leva ses yeux azur vers Spock qui n'osait plus bouger. Ce qui était totalement illogique. Il senti un long frisson le parcourir de la tête aux pieds. Il voyait bien que le capitaine n'était pas dans son état normal, mais le voir ainsi le rendait lui aussi étrange. Il était comme happé par son regard. Par le bleu surnaturel de ses yeux. Faisant un gros effort pour sortir de cette torpeur, le vulcain, sans briser le contact visuel, baissa sa main vers sa ceinture et réussit à appuyer sur le bouton de son communicateur.
– Allô, Docteur McCoy ? Ici le commandant Spock.
Il y eu un petit crépitement puis...
– Oui je vous reçois Spock. Qu'est-ce qu'il y a ?
Le médecin avait l'air vaguement ennuyé. Il ne devait pas être au courant de la petite baignade improvisée du capitaine. Spock répondit, toujours sans briser le contact visuel.
– Serait-il possible d'envoyer quelqu'un ici ? Je suis avec le capitaine, et il ne semble pas être dans son état normal.
Celui-ci c'était approché tout près de lui et leurs visages n'étaient plus très loin. Spock pouvait voir les minuscules gouttes d'eau dégouliner sur son visage et les sentait s'écraser sur sa main posée sur le rebord de pierre. Ploc. Ploc. Ploc.
– Qu'est-ce qui lui arrive ? Le médecin paraissait maintenant autant inquiet que blasé. Sans attendre de réponse, il poursuivit. Ne bougez pas, j'arrive. Où êtes-vous précisément ?
– À l'arrière du vaisseau, juste au-dessous des cargos, vers... la fontaine.
– Quoi ? La fontaine ? Bon, très bien j'arrive... heu, terminé.
Spock relâcha le bouton du communicateur. Il n'y avait à présent plus personne dans la salle, seulement le bruit apaisant de l'écoulement de l'eau de la fontaine et la respiration profonde de Jim. La même qu'adoptaient les humains lorsqu'ils dormaient.
– Capitaine, pourquoi êtes-vous là ?
Spock avait chuchoté, essayant de trouver la raison du comportement étrange de son ami sans pour autant le brusquer.
– J'avais chaud.
Cela raisonnait comme une évidence. Spock ne savait pas s'il se moquait de lui. Il était difficile pour lui de déceler le sarcasme humain. Pour son peuple, le concept même d'ironie était tout à fait incompréhensible, et le capitaine en usait souvent. Il tenta de lui en faire dire d'avantage.
– Vous aviez chaud ?
Jim s'insurgea.
– Oui, j'avais si chaud Spock ! Mais ça va mieux maintenant... je suis... depuis que vous êtes là, j'ai moins chaud...
Sa voix n'était plus qu'un murmure lorsqu'il s'enfonça dans l'eau claire. Ses yeux regardaient à présent dans le vague. Il était assis au fond de la piscine, son torse hors de l'eau. Ses mains reposaient mollement sur ses cuisses, lui donnant l'air d'un enfant.
Depuis qu'il était là ? Spock ne comprenait rien au délire de son supérieur. Au moins, il se tenait tranquille et n'avait pas l'air de souffrir, ce qui était une bonne chose. Spock n'aurait pas supporté de devoir maîtriser son capitaine seul. Non pas qu'il n'aurait pas réussi, sa force était largement supérieur à celle des humains, mais en ce moment plus que jamais le vulcain se disait que ce serait une très mauvaise idée de le toucher. Il était télépathe par contact physique, et si Jim subissait un dysfonctionnement cérébral en cet instant il ne savait pas ce qui pouvait advenir de lui si leurs peaux se touchaient. Les craintes de Spock se réalisèrent juste à cet instant, le coupant en pleine réflexion. Le "ping" sonore que fit l'ascenseur du corridor voisin sortit Jim se sa torpeur. Changeant brusquement d'attitude, il s'était avancé rapidement vers le vulcain les bras en avant afin de le faire basculer dans le bassin.
– Venez avec moi Spock ! Jim braillait à répétition. Allez ! Venez avec moi !
Son ton devenait de plus en plus suppliant et sa poigne de plus en plus forte, à tel point que Spock avait du mal à se libérer de son emprise. Heureusement, ses mains s'étaient agrippées à son uniforme plutôt qu'à sa peau. Cet état dans lequel Kirk se trouvait avait apparemment décuplé sa force, car Spock du tirer si fort sur son uniforme qu'il craqua dans un déchirement. Jim finit par le lâcher, le faisant tomber sur le sol de façon peu élégante.
– Spock ! Mais qu'est-ce que tu fais ?! Jim criait à présent. Il avait l'air de ressentir quelque chose de désagréable. Reviens ! J'ai chaud… reviens je te dis !
Le vulcain qui avait atterri sur son postérieur perdit un instant son masque d'impassibilité. Il regardait à présent Jim avec un mélange d'inquiétude, de surprise et de curiosité. Pourquoi Jim avait-il subitement abandonné le vouvoiement ? Qu'est-ce qui avait provoqué ce changement d'attitude ?
Alors qu'il remuait tout un tas de questions, Spock entendit des bruits de pas pressés venir du couloir opposé. McCoy apparu, essoufflé, accompagné de deux autres infirmières qui poussaient un brancard. Ce n'était pas une mauvaise idée, pensa Spock. Jim délirait toujours dans l'eau, et n'avait pas remarqué la présence des nouveaux venus.
– Spock ! Spock ! Reviens Spock !
McCoy s'approcha de la fontaine avec des yeux ronds tandis que le vulcain se relevait sur ses jambes.
– Mon Dieu mais qu'est-ce qu'il a ?
Le capitaine se débattait dans l'eau comme un diable en continuant à crier au vulcain de le rejoindre. Spock répondit d'une voix tout à fait neutre.
– Je l'ignore... Il a seulement dit qu'il avait chaud, et n'a pas l'air de vouloir quitter cet endroit.
McCoy soupira. Il se mit en face de lui et commença à sortir des outils d'analyse et son tricoder afin de commencer son diagnostic.
– Ses signes vitaux ont l'air normaux, mais... Il fronça les sourcils. Il a une forte fièvre.
– D'où les hallucinations.
Ce fût une affirmation plus qu'une question.
– Hm, difficile à dire… marmonna le médecin tout en sortant une seringue de son sac, ce qui n'échappa pas au regard du vulcain.
– Qu'est-ce que vous allez lui injecter ? Il a peut-être été en contact avec une drogue ou un autre produit chimique !
Il avait parlé plus fort qu'il ne l'aurait voulu. Son calme habituel semblait l'avoir quitté depuis qu'il avait pénétré cette salle et vu le capitaine dans cette fontaine. Ses barrières mentales s'effritaient, c'était anormal. McCoy lui jeta un regard noir.
– Son sang n'indique aucune anomalie à première vue. C'est juste un tranquillisant alors laissez-moi faire mon travail monsieur Spock.
Spock ne laissa rien paraître mais il s'en voulu d'avoir perdu ainsi son sang-froid. Bien sûr, le médecin était le mieux qualifié pour s'occuper de Jim en cet instant. Pourquoi l'avait-il oublié ?
Léonard prit agilement Jim par le bras et lui planta une aiguille avec précision et fermeté.
– Aouch !
Le blond écarta son bras et sembla enfin réaliser qu'il y avait quelqu'un en face de lui.
– Vous m'avez fait mal !
– Jim c'est moi.
McCoy passa une lampe dans ses iris. Le blond semblait se calmer. Il regardait autour de lui d'un air perdu et passa la main sur son visage sans avoir l'air de reconnaître son ami.
– Dis-moi comment tu te sens, est-ce que tu as mal quelque part ?
– J'ai chaud, il faut... que Spock... vienne tout de suite. Ses marmonnement était tout juste audibles. Dites-lui de venir, j'ai... si chaud…
Ses yeux se fermèrent petit à petit et il finit par s'endormir. Les deux infirmières vinrent aider McCoy à soulever Jim et à l'installer sur le brancard, avant de l'emmener en direction de l'infirmerie. Le médecin en chef se tourna alors vers Spock.
– Venez avec moi, visiblement vous avez quelque chose à voir avec son état.
– Que voulez-vous dire ?
McCoy fit une pause et l'observa.
– Eh bien… c'est vous qu'il a appelé.
Sans regarder si le vulcain le suivait, il quitta la pièce d'un pas rapide, plantant Spock sur place. Ce dernier restait figé, son esprit tournant à pleine vitesse. Il fixa encore longuement la fontaine les poings serrés, avant de s'éloigner vers la porte. Just avant de quitter les lieux, il frappa un grand coup contre le mur, creusant un trou profond dans le métal derrière lui.
/
À peine Jim ouvrit les yeux qu'il les referma aussitôt. La lumière dans la pièce était éblouissante et un mal de crâne atroce le tenaillait. Il entendait un bip régulier qui lui indiqua l'endroit où il se trouvait. Parfais, qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour qu'il finisse encore à l'infirmerie ? Une voix féminine retentit près de lui.
– Il est réveillé docteur.
– Bien.
Jim entendit des pas se rapprocher et le bruit que fit son ami en fouillant dans ses affaires médicales. Son sens de l'ouïe lui semblait beaucoup trop développé en cet instant. Léonard prit la température de Jim et vérifia son état global.
– Comment te sens-tu ?
–…
– Jim je sais que tu es réveillé, fais un effort, je t'ai remis une dose d'analgésique.
Kirk n'avait pas envie de parler. Ni d'ouvrir les yeux, ni de faire quoi se soit d'autre. Il avait l'impression de vivre la plus grosse gueule de bois de sa vie. Rien que le fait d'être conscient lui demandait un effort incroyable et le sommeil profond dans lequel il se trouvait deux minutes auparavant ne lui manquait déjà. Péniblement, il réussit à ouvrir les yeux et vit McCoy assis à côté de lui, qui le regardait. Son air grognon ne parvenait pas tout a fait à cacher son inquiétude.
– J'ai chaud...
Il arrivait à peine à articuler. Sa gorge était trop sèche. À ces mots le médecin en chef tourna son regard autre part dans la pièce.
– Pas étonnant, tu as de la fièvre.
Le docteur s'agita légèrement sur son siège et lui tendis un verre d'eau. Il semblait gêné. Jim ne se souvenait pas des événements l'ayant conduit ici et il commençait légèrement à paniquer.
– Qu'est-ce qui m'est arrivé ?
McCoy parut surpris.
– Tu ne t'en souviens pas ?
Le blond secoua la tête.
– Non... j'ai l'impression d'avoir rêvé.
– Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes ?
Jim réfléchit. Il avait tellement mal à la tête que cela lui était difficile de se concentrer. Se redressant légèrement sur ses coudes, il ouvrit un peu plus les yeux. L'infirmerie était entièrement vide, il était le seul patient. C'était bon signe, cela voulait dire qu'il n'y avait pas eu d'autres personnes impliquées. Le vaisseau n'était pas non plus en alerte.
– Eh ben…
Jim fronça les sourcils. Quelqu'un d'autre se trouvait dans la pièce, il sentait sa présence. Il tourna la tête de l'autre côté et vis Spock assis sur un des lits blancs, en retrait.
– Spock ! Vous êtes là aussi ?
Spock ne répondit pas mais acquiesça de la tête. Si on mettait de côté sa respiration, on aurait dit une statue. Quelque chose n'allait pas... mais quoi ?
McCoy se racla la gorge pour attirer son attention.
– Allez Jim, il faut que je sache à quel moment tu as perdu connaissance.
Jim se tourna à nouveau vers le docteur.
– Je... je suis allé manger avec Spock à la cafétéria.
– Hier ?
Il bafouilla, peu sûr de lui.
– N.…Non ce matin, enfin...
McCoy leva sa montre.
– Tu es resté inconscient toute la journée Jim, ainsi qu'une bonne partie de la nuit, il est 7h00.
– Quoi ?
Spock s'agita sur le lit voisin. Il avait l'air extrêmement inconfortable et n'arrêtait pas de regarder tous les endroits possibles sauf Jim. Qu'est-ce qu'il lui avait fait ? En général, Spock ne détournai pas le regard. C'était leur canal de communication favoris, les mots étaient plus souvent une perte de temps qu'autre chose, Jim et Spock s'accordaient là-dessus. Léonard s'impatienta.
– Tu es donc allé manger à la cafétéria avec Spock, bon, est ensuite ?
– Après le repas j'ai eu très chaud et je suis sorti dans le couloir, et après...
Il fronça les sourcils. Tout devenait très flou dans sa mémoire, comme si on y avait déposé un voile opaque. Le kit médical. La blancheur du vaisseau et l'odeur synthétique des bottes courant sur le sol.
– Ah ! J'ai pris ma température avec un des kits médicaux d'urgence. Et ensuite...
Tandis qu'il replongeait dans ses souvenirs, les yeux de Jim se firent plus troubles. Tout était confus. Il se souvenait avoir été comme emporté par un besoin irrépressible de soulager une chaleur intense, que son corps le démangeait d'une fièvre brutale. Comme si du feu coulait dans ses veines, telle une transformation douloureuse. Il avait aussi l'impression d'avoir rêvé. Dans ce rêve, il nageait paisiblement dans un grand bassin d'eau fraîche, la fraîcheur délicieuse avait lavé son corps et son esprit de la tourmente. Mais cela n'avait pas été suffisant, non. Il s'était senti bien dans l'eau pendant un instant, puis la sensation désagréable était revenue. D'ailleurs en ce moment même, et malgré la perfusion dans son bras, le capitaine Kirk se sentait fiévreux et... excité.
Quoi ?
Ses yeux s'agrandir avec horreur, et il regarda son entrejambe. Non ce n'était pas possible ! Pourquoi ? Cela n'avait aucun sens ! Il y eu un petit ricanement à côté de lui qui lui fît comprendre que McCoy s'en était rendu compte bien avant lui. Le salaud, il s'était bien gardé de le lui dire. Jim avait une putain d'érection, sans doute depuis son réveil, et pas une petite. S'il avait été seul avec le docteur, Jim aurait ri avec lui et ignoré ce petit incident mais il s'avérait que Spock se trouvait aussi dans la pièce. Jim commençait à sentir le rouge lui monter inévitablement aux joues. Réajustant du mieux qu'il pût les couvertures pour masquer son trouble, il voulut demander à Léonard s'il en savait plus sur son "empoisonnement" pour changer de sujet, quand il fût pris de court par Spock.
– Docteur, je crois que ma présence ici ne vous est d'aucune utilité, maintenant que j'ai vu que le Capitaine est hors de danger, je vais retourner à mon poste.
Il avait parlé plus vite que d'habitude, sa voix était même plus aigüe. L'ouïe de Jim avait été rodée depuis les derniers mois passés en la compagnie de son second. À déceler la moindre petite anomalie dans ses intonations pour mieux comprendre le vulcain. Et même si tout dans l'attitude de Spock paraissait normal aux yeux des autres, Jim savait que quelque chose n'allait pas. Il était à présent convaincu qu'il faisait exprès de ne par le regarder. Était-il lui aussi gêné par la réaction involontaire de son corps en cet instant ? En temps normal, Spock aurait levé un sourcil en signe d'exaspération devant une réaction chimique aussi humaine, sans se formaliser là-dessus. Il se leva pour quitter la pièce mais McCoy l'interpella.
– Mr. Spock, j'aurais tout de même besoin de vous ausculter plus tard.
Le vulcain s'arrêta vers la porte, se retournant à demi. Sous cet angle, le capitaine ne voyait pas son expression.
– Pourquoi ?
– Si Jim a été empoisonné en mangeant à la cafétéria au même moment que vous, il n'est pas impossible que vous soyez également infecté. De plus, j'ai quelques questions à vous poser.
Jim vit ses muscles de la mâchoire se crisper légèrement. Spock n'était jamais aussi tendu qu'en cet instant.
– Très bien.
Son ton était sec et il disparu, laissant Jim passablement choqué par son comportement.
– Qu'est-ce qui lui prend ?
McCoy grogna d'un air mauvais.
– Oh, je dirais qu'il essaie de couvrir quelque chose.
– Comment ça ?
Les narines du médecin se rétrécirent tandis qu'il inspirait, semblant peser le pour et le contre. Il triturait de l'équipement médical sans en faire grand chose.
– Nous verrons ça plus tard, tu devrais te reposer.
Mais Jim n'entendait pas les choses de la même façon. Il devait comprendre ce qui se passait.
– Dis-moi ce qu'il m'arrive Bones.
Agacé, ce dernier posa le stéthoscope sur le lit et pris un PADD qu'il ouvrit. En choisissant bien ses mots, il expliqua ses résultats.
– Écoute Jim, d'après ce que j'ai pu analyser sur ton état jusqu'à présent, ton corps démontre des symptômes similaires à ceux des animaux terriens lorsque...
Il fit une pause.
– ...Lors de la saison des amours.
Jim lâcha un rire, incrédule.
– Haha quoi ? Tu sous-entends que je suis en chaleur c'est ça ?
Était-ce pour ça qu'il avait envie de se dépenser comme un dingue ? Qu'il avait chaud en permanence et se sentait vaguement excité ? Le docteur n'avait pas l'air de trouver ça drôle.
– Grossièrement oui c'est l'idée, mais c'est impossible. À moins d'avoir été exposé à certaines drogues, comme le GHB par exemple.
Jim, redevenu sérieux, réfléchit un instant.
– Et donc, tu penses que j'ai été drogué ?
Il repensa à la présence de Spock à la cafétéria et dans l'infirmerie, le ton accusateur de McCoy... La lumière se fit soudain dans son esprit.
– Et... quoi par Spock en plus ?!
McCoy acquiesça gravement et Jim explosa d'un rire authentique.
– Quelle idée, Spock m'empoisonner ? Et puis quoi encore !
Il était vraiment sidéré par ses propos. McCoy se retourna à son PADD et tourna quelques page pour lui montrer un schéma de données sanguine sur son état physique, ainsi qu'une image de son activité cérébrale.
– Je ne sais pas Jim, c'est très étrange. Je n'ai absolument rien trouvé d'anormal dans ton sang. Le surplus d'hormones que ton corps émet semble se produire naturellement, et malheureusement, je ne peux pas l'expliquer. Tu as depuis longtemps passé le cap de l'adolescence, ça ne peut donc pas être la cause, et tu ne peux pas être enceinte pour ce que j'en sais.
Ils échangèrent un regard. Jim grogna et McCoy eut un sourire moqueur.
– L'explication serait que ça vienne d'un produit dont j'ignore encore l'existence et qui n'est pas repérable grâce aux analyses de sang dont je dispose actuellement. Ce n'est à priori ni un gaz, ni un liquide. Je dois encore attendre des échantillons sur le contenu de ton estomac.
Jim agita la tête, son ton était sans appel.
– Jamais Spock ne ferait un truc pareil.
– Je sais bien ! Lui répondit McCoy en essayant de calmer le jeu. Mais tout ceci reste très étrange... en plus…
– Quoi ?
– Non rien laisse...
Ça ne serait peut-être pas une bonne idée de parler à Jim du fait que durant sa crise, il n'avait cessé de crier le nom du vulcain.
Jim haussa les épaules et posa une main qui se voulait rassurante sur l'épaule de son ami.
– Écoute, je ne suis pas en danger de mort, si ? Tu me connais, vivre isolé sur cet engin me rend sûrement plus... tendu que d'habitude !
Le médecin ne sembla pas convaincu mais esquissa un maigre sourire. C'était mieux que rien. McCoy se racla la gorge et se leva. La pression retombée, les boutades fusèrent à nouveau.
– Mouais, le fait que tu sois un gamin qui court après tout ce qui bouge n'aide pas non plus à mon avis.
– Hé ! s'écria Kirk, faisant semblant d'être indigné.
Il se leva lentement du lit. La migraine de tout à l'heure avait complètement diminué et son petit problème matinal était redescendu, dieu merci. Il avait chaud mais il s'ennuyait déjà, il devrait être sur le pont à cette heure-ci. Bien qu'il n'y ait pas grand-chose à faire appart se rendre sur la nouvelle Vulcain, Jim voulait quand même être aux commandes avec son équipe.
Voyant le capitaine se lever discrètement de son lit, McCoy gronda.
– Où est-ce que tu crois aller comme ça ?
– Aller Bones ! Je m'ennuie déjà !
Il prit un air suppliant tout en continuant de marcher à reculons vers la sortie de l'infirmerie.
– Je vais très bien, je veux juste aller faire un petit tour sur le pont voir comment ça se passe !
Le docteur le regarda un instant en pesant le pour et le contre. Jim avait déjà quitté l'infirmerie en bien pire était mais il craignait que celui-ci ne refasse cette sorte de crise de "somnambulisme" de la soirée précédente. En même temps, s'il le gardait ici il ne pourrait pas avoir sa petite discussion avec le demi-vulcain. Il leva les mains en signe de défaite.
– Bon très bien... Tu peux y aller, mais ! Interdiction de te surmener. Tu es en congé maladie alors si je te voix bosser gamin, ça va barder !
Malgré le ton menaçant du médecin, Jim leva un pouce par-dessus son épaule et avec un large sourire, enfila un short de sport et un vieux t-shirt et quitta les lieux en trottinant sous le regard exaspéré de son ami.
Merci pour vos retours, à la prochaine !
