Salut me chères lectrices/lecteurs, voilà le 3ème chapitre est en ligne. Comme d'habitude j'espère qu'il vous plaira.
Merci encore pour tout vos retours ça m'a fait très plaisir !
Chapitre 3 : Grandes suspicions
Vadrouillant dans les couloirs, Jim sifflotait. Il se sentait à nouveau en pleine forme, si on enlevait cette envie dérangeante entre ses jambes et la légère fièvre. Il arriva sur le pont les joues rougies. Son corps était inhabituellement tendu, dû au trop plein d'énergie qu'il ressentait. Il aurait peut-être dû écouter son ami docteur et rester au repos. De toute manière.. Je suis trop trop nerveux pour rester couché toute la journée, se dit-il avant de pénétrer sur le pont principal.
Lorsqu'ils virent leur capitaine arriver, les membres de l'équipage se levèrent pour le saluer. Les officiers les plus proches de Jim quittèrent un instant leurs sièges pour venir prendre de ses nouvelles.
Sulu lui fit un signe de tête amical depuis son poste.
– Est-ce que ça va mieux Monsieur ? s'enquit Chekov, la mine inquiète.
– Capitaine, salua brièvement Uhura avec un sourire.
Le seul à ne pas se lever fût Spock qui était penché sur sa console affichant un air extrêmement convaincant d'intense réflexion. Il n'avait pas bougé un seul petit doigt depuis l'arrivée de Kirk et il ne sût pourquoi mais cela eu le don de l'agacer immédiatement. Une fois qu'il eut rassuré ses collègues sur son état, et rit avec eux de l'incident un peu stupide qui c'était produit dans la fontaine, il s'assit lentement sur un siège en jetant un regard discret vers le vulcain, toujours immobile. Bien sûr il ne travaillait pas aujourd'hui, ordre du docteur, mais il se sentait bien sur la passerelle, de là il pouvait intervenir rapidement si une urgence se pointait.
Le temps passa, Jim n'aurait sût dire combien, un million d'année ou peut-être 10 minutes mais c'était bien trop long pour son cerveau qui commençait sans doute sa première phase de putréfaction. Il avait eu largement le temps de remplir tous ses rapports de la dernière mission, de passer vers chacun des membres pour discuter un peu travail avec eux, et venait de regarder pour la douzième fois une vidéo prise par un membre de l'équipage lorsqu'il avait eu l'étrange idée de se jeter dans cette fontaine. Jim repassa la vidéo encore une fois. Se voir ainsi le rendait nerveux, le Jim de la vidéo ne lui ressemblait pas, il était trop... trop quoi au juste ? Trop joyeux à barboter dans l'eau ? Trop paisible et soulagé ?
Cependant, quelque chose le fascinait plus encore. Juste avant que la personne ne coupe sa caméra, on pouvait apercevoir une silhouette traverser la foule et arriver devant le bassin, faisant facilement taire le brouhaha de l'équipage. Le Spock de la vidéo ne ressemblait pas non plus à celui que Kirk avait l'habitude de voir. Sa posture était trop tendue, les poings plus serrés que d'habitude, son corps légèrement penché vers lui. Jim aurait aimé pouvoir voir l'expression de son visage, mais la distance et la qualité de la vidéo ne le permettait pas. Il aurait également voulu entendre la conversation qu'il avait eue avec le vulcain avant de se faire amener à l'infirmerie. Il n'avait pas eu le temps d'en parler avec Spock, et McCoy n'avait pas plus d'information que lui à ce sujet. En tout cas, pas question que cela lui arrive une deuxième fois, même si la sensation d'être perdu dans un rêve avait été presque agréable. Il hésita longuement, tapant du pied par terre, se rongeant les ongles, essayant de penser à tout sauf à ça, mais son esprit n'arrêtait pas de revenir à la conversation qu'il avait dû avoir avec Spock. Il voulait absolument des détails qui pourraient l'aider à comprendre ce qu'il s'était passé. Cela expliquait sûrement pourquoi Spock gardait autant ces distances. En temps normal, Spock aurait fait une "blague" sur à quel point les humains pouvaient avoir un comportement idiot, et ils en auraient ri tous les deux. Enfin, lui aurait ri et Spock aurait fait ce truc avec ses yeux qui indiquait qu'il était amusé.
Jim leva les yeux. Spock était penché sur sa console à travailler consciencieusement. Il tournait le dos au capitaine avec sa chaise et Jim ne pouvait pas voir son visage. Il aperçut par contre le Lieutenant Uhura qui l'observait discrètement de temps à autre. Il la regarda en fronçant les sourcils mais elle se contenta de l'ignorer et de poursuivre son travail.
Kirk ne tint plus et se leva pour se placer derrière son officier en second. Celui-ci l'ignora superbement et continua à travailler bien que Jim sût parfaitement qu'il l'avait entendu arriver, avec sa super ouïe vulcaine ultra puissante. Il attendit un moment, fixant sa chevelure noire. Ils avaient l'air tellement doux. Les vulcains avaient-ils tous une chevelure aussi belle, d'un noir profond comme l'univers et d'une douceur si divine ? Sans s'en rendre compte, Jim avança lentement sa main au-dessus de la tête de Spock et juste avant qu'il ne réalise ce qu'il était en train de faire, celle-ci effleura malencontreusement les cheveux ébènes. Ce qui eut pour effet de provoquer un léger sursaut chez leur propriétaire. Mince alors, il avait fait sursauter Spock !
Avant d'avoir eu le temps de réfléchir à cette réaction inédite, le vulcain s'était levé comme piqué par un insecte et Kirk cacha vite sa main dans son dos, tel un enfant pris en faute. La douceur de leur texture était encore brûlante sur ses doigts. Honteux, il baissa les yeux et bafouilla.
– Heu... Salut Spock.
Spock le regarda, sans aucune trace d'émotion apparente.
– Que se passe-t-il, Capitaine ?
Il ne savait pas trop par où commencer. Spock n'avait pas essayé de l'étrangler après ce qu'il venait de faire, alors il reprit son courage et demanda la première chose qui lui passa par l'esprit.
– Comment vous sentez-vous ?
– Mon état est satisfaisant Monsieur. Mais la question se pose plutôt à vous, vous devriez être au repos dans un lit à l'heure qu'il est, et non sur le pont principal, dit Spock avec un semblant de reproche dans la voix.
Jim sourit, heureux que son ami manifeste de l'intérêt pour lui en fin de compte. ll agita une main en signe de dénégation.
– Ne vous inquiétez pas pour moi. J'aimerais juste savoir si… Est-ce qu'on pourrait avoir une conversation à propos de ce qu'il s'est passé lorsque vous m'avez vu... vous savez, hier.
Le visage de Spock se ferma. Depuis son réveil, Jim voyait bien que le vulcain mettait volontairement plus de distance entre deux que d'habitude. Non pas qu'il voulait être proche ou quoi que ce soit d'autre, mais à une distance disons… plus satisfaisante.
– Pouvez-vous être plus précis ? demanda-t-il d'une voix monocorde.
Jim s'impatienta.
– Ne faites pas semblant de ne pas savoir à quoi je fais allusion Spock.
– Vous voulez parler de l'incident d'hier lorsque vous étiez dans la fontaine.
– Exactement.
La machoire de Spock se resserra. Voyant que le vulcain ne parlait pas, Jim poursuivit, ignorant les regards curieux qui se levaient lentement vers eux.
– Qu'est-ce que je vous ai dit ? Est-ce que je... Je vous ai offensé d'une manière ou d'une autre ?
– Absolument pas Capitaine. Vous n'étiez pas dans votre état normal, aussi, j'ai mis de côté le sens de vos paroles car cela n'aurait pas été logique de-
– Que vous ai-je dis Spock ? De quoi avons-nous parlés ?
Il n'ajouta pas "c'est un ordre", mais utilisa son ton autoritaire qu'il empruntait pour en donner. Le vulcain resta muet, le visage impassible. Quelques têtes se tournèrent vers eux. Il lui cachait quelque chose et Jim avait besoin de savoir quoi.
– Je vous en prie Spock, je dois savoir. Ne me forcer pas à vous l'ordonner.
Il n'aimait pas faire jouer son statut pour avoir des réponses de Spock, mais c'était parfois étonnamment la seule chose qui fonctionnait pour lui faire avouer quelque chose. Ses mains se décrispèrent et Spock lâcha le morceau.
– Vous m'avez appelé.
Jim resta dubitatif. C'était tout ? Mais il l'appelait sans arrêt, il était son officier en second bon sang !
– Et... c'est tout ?
– Non, vous n'arrêtiez pas de dire que "vous aviez chaud".
Sans plus d'explication, Spock tourna le dos à Jim et parti (s'enfuit ?) en direction de la porte. Le capitaine mis une seconde de trop à s'en rendre compte.
– Mais.. Où allez-vous ?
Jim se lança à sa poursuite. Il n'avait pas pu en appendre assez, Spock lui ne lui avait mentionné que des choses qu'il savait déjà. Il devait y avoir autre chose, une explication rationnelle. Jim se plaça entre les portes de l'ascenseur pour bloquer leur fermetures.
– Excusez-moi, mais le docteur McCoy m'a demandé de passer le voir pour un examen, je vais donc prendre congé à présent.
Il appuya sur le bouton pour descendre avec force et Jim n'eut finalement d'autre choix que de retirer ses mains.
– Spock, attendez !
Les portes du turbo-ascenseur se fermèrent sur le visage de Spock, insensible aux appels frustrés du capitaine.
/
Comme il ne pouvait pas mentir, (il était vulcain et se serait illogique), Spock se rendit à l'infirmerie. Il ne désirait pas être questionné par le docteur McCoy. Il était probable qu'il allait l'accuser d'avoir drogué Jim. C'était faux bien sûr, mais ce n'était pas une théorie bête, si l'on établissait une liste de suspect avec les éléments recueillis jusqu'ici. Mais Spock n'avait pas un contrôle suffisant de son esprit pour subir une nouvelle confrontation avec humain aujourd'hui. Ses barrières mentales devaient être solidifiées par une séance de méditation. C'est donc avec une certaine résignation qu'il franchi la porte de l'infirmerie. Il trouva le docteur McCoy assis à son bureau, derrière la salle d'alitement principale, visiblement en train d'analyser des données. Celles de Jim. Spock ne s'attarda pas sur les informations qu'il n'était pas censé voir et émit un léger raclement de gorge pour indiquer sa présence.
– Docteur McCoy, vous vouliez me voir.
– Ah ! Spock.
Le docteur se leva, visiblement l'air surpris de le voir débarquer de son plein gré.
– Je suis content de vous voir, asseyez-vous sur ce lit.
Le vulcain s'assit et attendit patiemment la suite. McCoy s'approcha de lui avec un hypospray à la main ainsi qu'un tricodeur médical. Il tourna un moment autour du vulcain puis lui planta l'hypospray dans le cou. Spock ne bougea pas d'un cil mais demanda :
– Pourquoi ce traitement ?
– Il se peut que vous ayez également été contaminé par la même chose que Jim, je vous ai injecté des antibactériens et anticorps de base pour vulcain.
– Avez-vous trouvé des indices à ce propos ?
Le médecin fit une grimace.
– Je ne suis pas censé parler des secrets médicaux de Jim avec vous, mais puisque vous êtes concerné... Non, je n'ai rien trouvé. Pas de trace de drogue ou d'empoisonnement quelconque.
Spock ne fit aucun commentaire et le docteur se renfrogna. À l'évidence, il attendait une explication de sa part.
– N'avez-vous vraiment aucune idée de ce qui a bien pu lui arriver ? Je n'aime pas être totalement ignorant à propos de la seule chose que je peux maîtriser ici, à savoir la santé de l'équipage. Vous n'avez rien vu ? Où fait alors... ?
– Non.
Spock avait parlé sèchement. Ils se regardèrent un instant sans rien dire. McCoy croisa les bras sur sa poitrine.
– Vous pensez que c'est à cause de moi s'il est dans cet état, n'est-ce pas docteur ?
Il n'y avait aucune animosité dans sa voix, pourtant le médecin ne pût s'empêcher de frissonner.
– Vous étiez seul avec lui avant que ça n'arrive !
Spock ne dit rien. Le docteur continua de lui faire son examens, passant divers appareils atour de son corps, sans jamais le toucher. Il repris son interrogatoire.
– Je ne sais pas moi, il s'agit peut-être d'une drogue vulcaine inconnue et indétectable ? Vous avez peut-être souhaité faire une expérience scientifique ou que sais-je ! C'est bien vous que Jim a appelé lors de cette crise !
Spock se leva de son lit, empli d'une colère mal contenue.
– Je n'ai rien fait au Capitaine, gronda Spock. Insinuer le contraire serait extrêmement illogique, il est mon supérieur, ainsi que mon ami. Je n'ai aucune raison de lui faire du mal, et je suis étonné de voir que vous pouvez penser le contraire.
McCoy se senti frémir et recula d'un pas, sentant sa résolution se dégonfler peu à peu. Bien sûr que c'était stupide de sa part de s'être imaginé une chose pareille. Spock était un vulcain bon sang, pas un taré qui en voulait à Kirk ! Il se senti rougir de honte.
– Je... Je vous prie de m'excuser. C'est en effet puéril de ma part de penser ainsi Spock.
Le vulcain réajusta son uniforme, content que le malentendu soit dissipé.
– J'accepte vos excuses et comprend que vos paroles étaient poussées par l'inquiétude qui vous tourmente.
– Hm, bien.
Tourmente était peut-être un trop grand mot, mais Spock ne faisait pas dans la modération. Il s'apprêtait à laisser le vulcain partir lorsqu'il remarqua des données étranges sur son tricodeur.
– Attendez.
Il s'approcha à grands pas de l'ordinateur et se pencha sur ses résultats sanguins. Il venait de faire une découverte troublante. D'un geste de la main, il afficha le bilan de santé de Spock à côté de celui du capitaine, affiché sur l'écran du mur. Spock avait exactement la même anomalie que lui, à 0.02 pourcentage près. La tension sanguine, pas la température puisqu'elle était plus élevée chez les vulcains, mais proportionnellement la même augmentation de température du corps, ainsi que le taux d'hormones, le pH… Léonard se tourna vers l'officier en second qui s'était arrêté sur le pas de la porte, comme ce matin. Il n'avait pas l'air de souffrir outre mesure, sa respiration semblait normale et il ne transpirait pas. Seul sont regard semblait avoir changé, il était devenu plus... animal.
– Monsieur Spock, est-ce que vous sentez bien ? demanda McCoy dans une tentative désespérée de comprendre ce qui se tramait.
– Ne vous occupez pas de mon cas docteur, le Capitaine est une priorité.
Puis il quitta les lieux sans se retourner.
/
Après avoir passé une heure de plus sur le pont principal à attendre (bouder) que son commander revienne de l'infirmerie, Kirk décida qu'il était temps d'aller le chercher pour terminer leur conversation. Parce que oui, il était un foutu capitaine de ce vaisseau, et il allait les avoir ses explications.
Pour faire simple, il avait appelé Spock pendant cette "crise", mais après ? Cela justifiait-il un comportement aussi étrange de sa part ? Il avait forcément dû se produire quelque chose de plus, quelque chose qui le mette en colère ou mal à l'aise. Jim eu soudain une sueur froide. Peut-être que… Aurait-il pu faire peur à Spock d'une certaine manière ? Il avait franchi une barrière et Spock ne voulait plus qu'il s'approche de lui par peur de plus de proximité ? Cette éventualité le fit frémir. Cela devait être ça, il avait été de plus en plus proche de Spock ces derniers temps, de par leur amitié mais aussi physiquement. Ils se côtoyaient beaucoup durant les heures de travail, parfois aussi en privé lors de leurs parties d'échecs. Était-ce une manière polie au vulcain de lui faire comprendre qu'il n'avait pas la même notion d'amitié ? Qu'il devait garder ses distances ? Dans tous les cas, Jim voulait réparer son erreur et il allait faire cracher le morceau à Spock, d'une manière ou d'une autre.
Se secouant la tête pour clarifier ses idées, le capitaine repris sa route vers l'infirmerie. Il était déjà tard et il ne fût pas surpris de voir que l'endroit était vide. McCoy aussi était parti, il ne restait plus que l'infirmière Chapel qui lui répondit que non, elle n'avait pas vu Spock, mais qu'il fallait qu'il aille se reposer et penser un peu plus à lui-même. Sur ces belles paroles de mère poule protectrice, Jim décida de faire un détour par la salle d'ingénierie. Tant pis pour ce soir, il n'allait pas lui courir après dans tout le vaisseau. Il ne voulait pas retourner directement dans ses quartiers et comme il adorait bricoler et aider aux réparations et révisions du vaisseau… L'ingénierie et l'astrophysique avaient été ses branches préférées durant ses études à Starfleet, seules quelques personnes de son entourage étaient au courant.
Il était tard et, comme pour l'infirmerie, peu de gens se trouvaient encore en service au niveau de l'ingénierie. Il ne restait que Scotty. son ami et collègue extraterrestre, ainsi que deux autres officiers qui s'occupaient de la maintenance du réacteur principal durant la nuit artificielle.
– Salut Scotty.
– Bonsoir Capitaine !
L'homme en t-shirt rouge l'accueillit avec une joie non-feinte. – Qu'est-ce qui vous amène ici aussi tard ?
Jim était heureux de l'enthousiasme avec lequel Scotty travaillait et il voyait à quel point son ami aimait être à bord de l'Enterprise. Ils se comprenaient pour ça. Ici, c'était chez eux.
– Eh bien, je me demandais s'il n'y avait pas quelque chose d'intéressant à faire ici ? Vous travaillez sur quoi en ce moment ?
Le regard de son ingénieur en chef s'alluma.
– Ah ! Vous allez être intéressé croyez-moi !
Il lui fit signe de venir vers le tableau de bord de l'ordinateur central. Il servait principalement à gérer l'ajustement entre la vitesse et le fonctionnement du moteur principal de l'Enterprise, en régulant sa température entre autres, mais également à faire tout un tas d'autres opérations de maintenance.
– Cela fait plusieurs semaines que je me penche sur un problème de protection lors de la distorsion. J'aimerai trouver un moyen d'entrer en distorsion tout en gardant les boucliers actifs à un niveau d'efficacité tel que nous l'avons normalement en vitesse de combat. J'essaie également de pouvoir faire en sorte que le vaisseau soit capable de se défendre, même en pleine distorsion.
Il avait l'air manifestement excité par ce challenge.
– Waouh, sa serait génial d'arriver à faire ça ! s'exclama Jim, admiratif.
– N'est-ce pas ? Vous voulez peut-être jeter un œil sur mes calculs ?
– Oui bien sûr !
S'en suivit une discussion animée entre les deux hommes, plutôt dure à suivre pour quelqu'un n'ayant pas certaines notions de physique, d'ingénierie spatiale ou d'astrophysique. Après un moment d'étonnement, c'est avec une grande attention ainsi qu'une admiration mal dissimulée que les deux autres enseignes virent participer à cet échange de savoir. Ils travaillèrent ensembles pendant plus d'une heure jusqu'à ce que Jim ne se souvienne de quelque chose d'important. C'était le moment idéal pour enquêter sur le message venant de la nouvelle Vulcain. Tentant une approche subtile, bien qu'il doute fortement que les hommes ici présents n'y soient pour quelque chose, il demanda :
– Au fait, l'un de vous pourrait m'expliquer ce qui est arrivé, techniquement je veux dire, au vaisseau lors de la propagation du nuage de vapeur lors du sauvetage de la planète Tjaria ?
L'une des deux enseignes, du nom d'Érik, se tourna vers lui.
– Vous n'avez pas lu le rapport ?
– Oui mais... J'aimerai que vous me l'expliquer de vive voix.
L'enseigne leva les épaules.
– Apparemment le nuage était rempli d'un composant chimique qui se trouvait dans les océans de cette planète. Ce mélange salin est plus lourd que du sel Terrien et il a endommagé les réacteurs principaux, impossible de repartir après ça.
– Je vois. Et cela a également bloqué les communications, c'est juste ? Le Lieutenant Uhura m'a dit qu'il nous était impossible de recevoir ou émettre des messages durant tout le laps de temps où le vaisseau était immobilisé.
– Ah, ça. C'est à aussi cause des nuages de gaz, répondit Scotty, se grattant l'oreille. Ils ont créé une sorte de champ magnétique autour de la planète, rendant impossible l'échanges d'ondes électromagnétiques pendant toute la durée de notre intervention.
– On ne pouvait alors recevoir aucun message ? Ni en transmettre ?
– Non aucun. Mais je pensais que vous aviez déjà rédigé le rapport à Starfleet ? demanda l'ingénieur en chef un pli suspicieux lui barrant le front.
Jim se rattrapa rapidement.
– Oui, mais pas dans les détails. J'ai dû le faire à la hâte et j'avais peur d'être passé à côté de quelque chose.
Il sourit et continua sur sa lancée. Visiblement, les hommes ici présents aimaient taper la discute.
– Et sinon, tout se passe bien à bord du vaisseau ? Vous n'avez pas vu des gens où des choses étranges ?
Les trois membres de l'équipage échangèrent un long regard avant de finalement éclater de rire. Le blond resta perplexe jusqu'à ce que l'un d'entre eux ne reprenne son souffle.
– Pour l'instant la seule chose que j'ai vu d'étrange à bords, c'était vous, Capitaine !
Jim s'abstint de lever les yeux au ciel et se joignit au rire collectif, bien qu'en son fort intérieur, il se demandait toujours ce qui avait pu lui arriver.
/
La salle circulaire où se trouvait la fontaine de Vénus (en effet, il s'avéra que la statue de pierre et les coquillages étaient bien une représentation de Vénus) était faiblement éclairée à cette heure tardive. Ce qui arrangeait fortement le Lieutenant Uhura. Elle s'était glissée dans la salle, vêtue d'un maillot de corps noir, habituellement réservé aux enseignes hors service. Ça ne la dérangerait pas de se faire repérer mais elle préférait rester tranquille pour mener ses investigations. Si quelqu'un voulait en effet mener l'Enterprise vers la nouvelle Vulcain tout en gardant son identité secrète, il ne fallait pas dévoiler quoi que ce soit des pistes qu'elle et le Capitaine allaient découvrir. Ils n'en avaient parlé qu'entre eux et c'était mieux ainsi. Même si elle n'avait rien pu tirer des membres de l'équipage qu'elle avait interrogé, elle pouvait tout de même fouiner un peu pour trouver d'éventuels indices. Et c'était bien ici qu'il s'était passé la seule chose notable depuis leur départ de Tjaria. Elle avait pu voir les vidéos prises par certains officiers lors que le Capitaine Kirk avait eu un comportement anormal, et il était vrai qu'en voyant les images, quelque chose l'avait perturbée. Kirk était un homme extravagant -c'était un euphémisme-, mais il était clair qu'il n'était pas vraiment lui dans cette vidéo.
L'endroit était extrêmement silencieux, presque paisible. Le bruissement de l'eau qui s'écoulait doucement apportait une touche naturelle qui manquait cruellement dans l'espace. Qui avait bien eu l'idée de construire une fontaine ici ? Uhura scruta le bassin à l'aide d'une lampe torche mais ne trouva rien d'intéressant. Elle fit un tour rapide de la salle, mais se redis à l'évidence qu'elle ne trouverait rien ici. Elle allait partir lorsque quelque chose dans le mur près de la sortie attira son attention. Elle s'approcha un peu plus avant de voir que le métal avait été brutalement endommagé à cet endroit. La marque était récente, sinon elle aurait déjà été réparée. Son ventre eu un sursaut lorsqu'elle retraça avec ses doigts la forme bien distincte d'un poing profondément enfoncé dans le métal. La force demandée pour infliger de tel dégâts était surhumaine. Ce coup n'a pu être fait que par une seule personne sur ce vaisseau…
– Nyota.
Cette fois se fût son cœur qui sursauta et elle se retourna brusquement pour voir la silhouette familière de Spock devant elle. Elle ne l'avait pas entendu arriver. Affichant rapidement une mine décontractée, elle s'approcha de lui.
– Spock ! Qu'est-ce que tu fais là ?
Elle essaya de ne pas avoir l'air accusateur. Comme d'habitude, le vulcain ne laissait rien transparaître.
– J'ai repéré un signal thermique qui provenait de cette salle et je suis venu voir qui cela pouvait être. Je suis étonné de te voir ici.
Nyota ne pût s'empêcher de percevoir une pointe de déception dans les intonations du commander, que lui-même n'avait sans doute pas remarqué. Elle soupira pour masquer sa peine et sourit.
– J'étais curieuse de voir à quoi ressemblait la célèbre fontaine de l'Enterprise ! mentit-elle. Quasiment personne sur le pont de commandement ne savait qu'il y en avait une à bord avant que le capitaine ne l'inaugure. Il faut dire que nous venons rarement à l'arrière du vaisseau.
Spock jeta un rapide coup d'œil derrière son épaule. Sans doute cherchait-il une autre présence que la sienne. Ce geste, pour une raison inconnue, la fit tiquer.
– Il n'est pas là.
Elle avait parlé plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu. Les yeux de Spock revinrent sur elle.
– De qui tu parles ?
La colère d'Uhura vacilla comme la flemme d'une bougie, puis s'éteint.
– Rien, laisse tomber.
Ils restèrent un moment silencieux. Depuis un certain temps, les choses étaient devenues tendues entre eux. Nyota savait qu'elle en était en partie la cause car il lui arrivait de plus en plus souvent de perdre son calme face à la logique froide du vulcain. Elle mit toutes ces tensions de côtés pour le moment. Spock avait exactement le même visage que d'habitude, mais une sorte d'alarme interne ou appelez-ça l'instinct féminin, lui disait que quelque chose n'allait pas.
– Est-ce que ça va Spock ?
Il leva les yeux vers elle.
– Très bien, je te remercie.
Sa voix s'était adoucie. Uhura s'avança un peu plus vers lui mais garda une distance qui respectait son espace vital.
– Est-ce que c'est toi qui a fait ça ?
Sa voix n'était plus qu'un murmure. Elle désigna le mur, inquiète de la réaction que Spock. En vérité elle savait très bien que c'était lui, et qu'il avait dû subir une grosse perte de contrôle lorsque c'était arrivé. Le visage de Spock ne laissa cependant rien deviner de son état intérieur lorsqu'il répondit d'une voix calme et posée.
– Oui en effet. J'ai perdu le contrôle de mes émotions momentanément. Je promets que cela n'arrivera plus. Je compte cependant sur toi pour que cette information reste entre nous.
Uhura fût soulagée.
– Oui, bien sûr Spock.
Elle s'était exprimée sur un ton rassurant et maternel qu'elle n'employait que rarement et seulement en présence de Spock. Non pas qu'elle voulait garder ça pour elle, mais c'était presque involontaire. Elle avait juste parfois l'envie de le materner. Spock se détourna pour observer la fontaine, et la jeune femme l'imita.
Bien que le capitaine l'eût avertie d'en parler à personne, elle décida de faire part de ses interrogations vis-à-vis du message à Spock. Il était après tout l'officier en second du vaisseau, et vulcain qui plus est.
– Écoute, il faut que je te parle de quelque chose à propos du message que nous avons reçu de la nouvelle Vulcain, commença-t-elle, légèrement hésitante.
L'attention de Spock se concentra immédiatement sur elle. Elle pouvait le voir à sa façon de croiser les bras derrière son dos et le très, très léger froncement de sourcil qui ne parvenait pas à masquer entièrement son inquiétude.
– Je t'écoute.
– Eh bien, il se trouve que le message n'aurait pas dû pouvoir arriver au moment où nous l'avons reçu.
– Je ne comprends pas.
– C'est à cause des champs électromagnétiques créés par les nuages de gaz en provenance de la planète Tjaria. Le message est arrivé alors que l'Enterprise était dans l'incapacité de transmettre ou de recevoir quoi que ce soit. J'en suis donc arrivé à la conclusion que–
– Le message a été envoyé de l'intérieur, coupa Spock d'une voix neutre.
– Oui.
Il y eu un petit silence tendu.
– Je suis tout de même déconcerté, reprit le vulcain. Sa posture était à nouveau raide et il s'était détourné, reportant son regard sur la fontaine.
– J'aurais aimé avoir cette information plus tôt, je suis l'officier en second de ce vaisseau, et je pensais que le capitaine m'en aurait fait part. Cela concerne également mon peuple.
Sa voix ne trahissait rien pour quelqu'un de l'extérieur mais Uhura n'était pas comme tout le monde. Elle était la petite amie de Spock et responsable des communications. Elle avait une ouïe très bien rodée à l'écoute de la moindre petite inflexion de chaque langue qu'elle connaissait et savait déceler les émotions cachées et les mensonges mieux que personne. Plus particulièrement avec Spock qui n'avait de cesse d'essayer de les masquer, et en cet instant elle l'entendit à nouveau. Cette petite touche de quelque chose que Spock avait l'habitude d'ajouter à sa voix lorsqu'il mentionnait le capitaine. Même si elle avait décidé de laisser sa rancune de côté, celle-ci était revenue au grand galop. Elle se crispa légèrement et recula d'un pas.
– Et bien, je suis le Lieutenant en chef des communications. Si le capitaine a dit qu'il ne fallait pas ébruiter cette information, alors je me plie aux ordres. Si tu as un problème avec ça , va en parler avec lui.
Elle soufflait plus fort qu'avant, ses narines se contractant sous la colère. Spock plissa les yeux.
– Alors pourquoi m'en faire part maintenant ?
Ah ! Il posait enfin les bonnes questions. Uhura inspira un grand coup pour se redonner du courage car la conversation qui allait suivre allait être des plus pénibles.
– J'ai décidé de t'en faire part car tu t'en doute déjà, mais...
Comme d'habitude n'hésitez pas à commenter le chapitre, j'ai hâte de vous lire et à bientôt !
