Voici le chapitre 4, vous êtes de plus en plus nombreux à lire ma fic ça me fait super plaisir !

Bonne lecture à tous !


Chapitre 4 : Une miette

Il ne restait plus qu'un jour avant que l'Enterprise n'atteigne la nouvelle Vulcain. Jim s'était occupé à organiser le voyage et assigner le travail et les tâches de chaque membre sur le vaisseau tout au long de leur séjour. C'était un travail important, mais il n'était pas le seul à le faire. Il était à peu près dix-huit heure locale, lorsque Jim s'étira sur son siège en regardant l'horloge analogique au mur. Il était assis dans ce bureau depuis le matin et avait une faim de loup. Le café aidait certes, mais ça ne valait pas un bon repas chaud.

– Ok, je crois qu'on a terminé pour aujourd'hui.

Plusieurs officiers lui lancèrent un petit regard de gratitude. Bien qu'il ne soit pas un bourreau du travail, Jim aimait que rien de soit laissé de côté à bord de l'Enterprise. Il faisait généralement plus que simplement donner des ordres, et participait lui-même à des tâches qui ne lui étaient pas assignée. Il lui tenait à cœur de montrer à ses hommes qu'ils étaient et travaillaient en équipe. Cela se voyait sur leurs façons de se comporter avec lui, il y avait une ambiance certe professionnelle mais qui restait légère et amicale.

En sortant de la salle, le communicateur à sa ceinture bipa. Jim savait que c'était McCoy qui l'appelait pour qu'il vienne faire un dernier check-up à l'infirmerie. Mais après une bonne nuit de sommeil il n'avait plus ressentit aucuns symptômes désagréables ou anormaux. Il se sentait en pleine forme, sa fièvre était passée et la sensation d'étourdissement également. Il était un homme neuf. Il venait de finir son travail et qui n'avait qu'une envie, manger et se détendre. Bien sûr, la visite sur la nouvelle Vulcain n'était pas une visite de courtoisie ni des vacances, mais ce n'était pas non plus pour une mission dangereuse ou d'une importance vitale, et il comptait bien en profiter pour en apprendre plus sur ce peuple énigmatique. Depuis qu'il était ami avec Spock, son intérêt pour ses origines avait naturellement grandi, de plus, il avait hâte de revoir l'autre Spock. Il savait qu'il était parti sur la nouvelle Vulcain peu après la disparition de sa planète. Discuter avec lui était toujours une expérience gratifiante. Il ne s'habituait pas à la façon si amicale et complice de qu'avait le vulcain de se comporter avec lui. C'était tellement différent du Spock de son univers. Avec lui... tout était compliqué.

La cafétéria principale du bâtiment était bondée à cette heure-ci, et même si son grade aurait facilement permis à Jim de manger dans ses quartiers, il aimait se mêler aux autres pour prendre ses repas.

En parlant de manger seul, un certain officier scientifique était présent, l'air parfaitement à l'aise sans personne pour lui tenir compagnie. Suivant son dicton selon lequel il n'y avait rien de plus triste que de manger seul, Kirk alla rapidement se répliquer une énorme tranche de lasagne (même si le réplicateur ne leur rendait pas justice) avant de s'installer vers lui. Spock leva la tête se son plateau.

Il se tût un moment avant de prendre la parole.

– Je vous en prie Capitaine, asseyez-vous.

Jim lui offrit son plus beau sourire. Il n'était pas sûr que Spock fasse preuve d'humour, mais il était soulagé de voir qu'il ne l'ignorait pas.

– Manger seul, c'est triste...

Spock ne répondit pas.

–... et partir sans terminer une conversation n'est pas poli, ajouta-t-il en regardant Spock d'un œil accusateur.

Celui-ci n'eut toujours pas la moindre réaction notable. Mais avant que Jim ne commence à s'impatienter, il posa sa fourchette et leva les yeux vers lui, le regard scrutateur.

– Comment vous sentez-vous ?

Jim engouffra une grosse part de lasagne dans sa bouche, sans répondre. Il s'agissait d'un petit duel. Il allait lui tirer les vers du nez en premier, et il n'allait pas perdre cette-fois-ci. Il allait faire payer à Spock son entêtement à lui cacher constamment des choses. Ces taquineries le feront craquer un jour, il en était sûr.

– Capitaine ?

Le ton de son second était resté neutre. Mais le renouvellement de sa question signifiait qu'il s'inquiétait vraiment pour lui, et Kirk répondit avec un sourire narquois.

– A merveille, Mr. Spock.

Il plissa les yeux, à peu près certain que son capitaine lui mentait. Débattre sur sa santé avait été de loin l'un des premiers sujets sur lesquels Spock avait compris qu'il était inutile d'insister. Il devait changer de tactique.

–... Bien.

Ils mangèrent un moment en silence, et Jim se perdit dans ses pensées. Il n'était pas toujours sûr de ces choix en tant que capitaine, même s'il ne l'avouerait jamais à qui que ce soit. Pourtant, une chose qu'il avait appris avec le temps, c'était que les les échanges humains (et extra-terrestre) étaient une de ses spécialités. Il était presque sûr de pouvoir toujours trouver un terrain d'entente, et il était rare qu'il se retrouve interloqué, ou à court de mots. C'est sûrement pour ça qu'il appréciait autant les missions diplomatiques. Ce qui n'était pas le cas de Spock Il savait que sur le plan intellectuel il ne faisait peut-être pas le poids face à lui, mais pas au niveau de la répartie.

– À qu'elle heure devons-nous atterrir demain, Capitaine ?

Bien sûr, Jim savais que son officier en second connaissait déjà la réponse.

– Inutile de me faire la conversation pour me mettre à l'aise Spock.

– J'ai cru que c'était ce que vous vouliez, puisque vous vous êtes joint à moi pour vous restaurer.

– Vous restaurer ? Haha sérieusement Spock ?

Amusé, Jim avala une autre part de lasagne avec appétit. Elles n'étaient pas si mauvaises, finalement.

– Je vous connais assez bien pour savoir que vous aimez manger en silence, ce qui me convient parfaitement, soi-dit en passant.

– Je "n'aime" pas manger, corrigea Spock.

Jim garda un petit sourire sur les lèvres. Les deux amis finirent tranquillement de manger leur repas, puis Jim se leva pour ranger son plateau. Avant qu'il n'ait eu le temps de se mettre debout Uhura s'assit brusquement à leur table avec un air sérieux sur le visage. Elle avait jeté un coup d'œil rapide vers Spock comme pour lui demander son autorisation avant de se joindre à eux. Alors que c'était lui le capitaine ! Essayant de ne pas avoir l'air vexé, Jim la salua.

– Lieutenant Uhura, quel plaisir vous amène ?

– Bonsoir Kirk, Spock.

– Bonsoir, fit Spock d'une voix neutre.

Jim se rassit lentement. Uhura s'était assise en face de Spock et à côté de Jim. Elle se tourna vers lui, et son maintien professionnel le mit mal à l'aise. Ils n'étaient plus en service mais simplement entre amis, pas besoin de rester aussi formels.

– Uhura ?

– Je voulais vous parler du message. J'ai trouvé de qui il venait, lança Uhura.

Kirk regarda Uhura avec des gros yeux,

– Sérieusement ?

Il se tourna vers Spock, qui n'eut pas l'air très supris.

– Et vous lui en avez parlé en plus ? demanda-t-il en haussant la voix.

Jim se senti trahis. Le vulcain devait sûrement lui en vouloir de ne rien lui avoir dit. Uhura eut un air coupable mais continua sans se démonter.

– Oui, écoutez, je suis navrée, mais j'ai trouvé préférable de lui en faire part. En plus, il m'a aidée à trouver l'émetteur du message.

Surpris, Jim posa ses mains sur la table, regarda autour d'eux pour vérifier que personne ne les écoutait et se pencha vers elle. En voyant son mouvement, Uhura recula très vite, comme tirée par un fil invisible. Les deux s'arrêtèrent de bouger.

– Heu...

Jim était confus par sa soudaine froideur. La jeune femme lança un regard inquiet en direction de Spock, comme si elle attendait une réaction de sa part. Il ne s'était pas approché si près que ça. Qu'est-ce qui se passait ? Il avait une mauvaise haleine ou quoi ?

Spock ne réagissant pas, elle continua, le dos plaqué contre le dossier de sa chaise.

– C'est Spock.

– Pardon ?

Jim jeta un regard incrédule au vulcain. Spock avait envoyé le message ? Pourquoi ? L'officier en second remua la tête.

– Pas moi.

– Le Spock de l'autre dimension, expliqua Uhura.

Jim fit une pause, dans sa tête, tout tournais très vite.

– Ah, je vois... enfin non, je ne comprends pas, comment avez-vous sût ?

Les deux officiers se regardèrent brièvement.

– Je lui ai parlé, répondit platement Spock, comme si c'était une évidence.

– Ah bon ?

Jim ignorait que ces ceux-là entretenaient des discussions privées, et pour une raison inconnue, cela le frustra. Spock réajusta sa position sur sa chaise.

– Oui, il m'a contacté le jour de l'opération de sauvetage sur Tjaria pour discuter. Est-ce un problème ?

Le Capitaine secoua la tête et lui rendit sourire forcé. Il se senti soudain nerveux, et tritura les reste de lasagne encore présent dans son assiette.

– Non, pas du tout... euh, et donc vous savez pourquoi il a fait ça ?

Uhura, qui avait repris une position plus détendue, pris la parole.

– Eh bien, pour les mêmes raisons qu'il a mentionnées dans son message. Il voulait parler des détails concernant l'invitation au conseil sur la nouvelle Vulcain et sur la future sécurité du patrimoine culturel des vulcains.

C'était logique en fin de compte. Spock Prime avait simplement voulu prendre des nouvelles sur l'avancement de l'Enterprise avant la rencontre. Jim soupira.

– Nous nous sommes inquiétés pour rien alors ?

– Il semblerait, répondit la brune. Bon, je vais devoir y aller.

Nyota attendit quelques secondes avant de se lever pour partir. Elle n'avait pas adressé plus d'un regard à Spock depuis qu'elle s'était jointe à eux. Quant à ce dernier, il avait l'air comme... un vulcain finalement. Mais un vulcain qui essaie plus que d'habitude de cacher ce qu'il pense.

En fait quelque chose clochait.

– Attendez Uhura, lança Jim en croisant les mains sous son menton.

– Qu'est-ce qu'il y a ?

Il les observa tour à tour, et un éclair d'inquiétude passa dans les yeux de la belle brune.

– Comment ce message a-t-il été transmis ? On n'a toujours pas d'explications logique pour ça. Il accentua volontairement le "logique", à l'intention de Spock.

Elle jeta un regard vers Spock avant de hausser les épaules.

– En fait c'est très simple, comme l'autre Spock vient du futur, ses appareils de communications sont plus avancés que les nôtres. Technologiquement parlant. Envoyer un message jusqu'à nous, et ce, malgré les interférences, n'a pas été un obstacle pour lui.

Sur cette dernière déclaration, elle partit sans se retourner. Jim se tourna vers Spock, un air dubitatif au visage.

– C'est vrai Spock ?

Il l'observa.

– Bien sûr. Vous pensez que c'est faux ?

Jim croisa les bras sur la table d'un geste nonchalant.

–... Non, je trouvais juste cela un peu trop...facile ?

Il sourit à ce dernier mot en levant les yeux vers lui. Spock soutint son regard, indéchiffrable.

– Pourquoi voulez-vous toujours que tout soit compliqué ?

– Je ne sais pas, peut-être que j'aime bien quand c'est compliqué ? lança-t-il pour rire.

Spock ne répondit pas face à cette énième tentative d'humour, mais Jim savait que ça faisait un effet magique pour détendre l'atmosphère. Il ignorait d'où était venu cette tensions entre lui et Uhura, mais il décida qu'il était plus sage pour le moment de laisser ça de côté. Ils se levèrent pour aller ranger leurs plateaux désormais vides, et marchèrent un moment dans les couloirs avant d'arriver vers la chambre du capitaine. Jim ouvrit la porte, mais resta dehors. Spock le regardait avec patience. Il se demandait à quel moment Spock dirait quelque chose si il décidait de rester là... Peut-être pour toujours ?

– Bonsoir Spock.

– Bonne nuit Capitaine.

Jim lui sourit et entra, les portes se refermèrent silencieusement derrière lui.

/

Sa gorge le grattait atrocement. Jim se réveilla en toussant grossièrement. Il mis un moment avant de réaliser qu'il était en pyjamas, dans ce qui semblait être le milieu d'un désert en plein après-midi. La chaleur était étouffante, et il sentait sa peau brûler lentement au soleil. Il lui fallait de l'eau, et vite.

Le capitaine ignorait où est-ce qu'il avait atterri et qu'est-ce qui lui était arrivé. Cette planète, il ne l'avait jamais vue auparavant. Il pensa à Vulcain, qui avait également une étendue de désert infinis. Mais il n'y avait plus de Vulcain. Jim essaya de se lever une première fois, sans y parvenir. Ses jambes étaient faibles. Il devait à tout prix bouger d'ici pour trouver de quoi boire et se mettre à l'ombre. Jim commença à marcher avec difficulté, ses pieds s'enfonçant dans le sol à chaque pas. Il finit par arriver au sommet d'une grosse dune de sable. Ce qu'il découvrit en contre bas lui glaça le sang. Une immense carcasse qui semblait être un vaisseau ayant appartenu à la fédération était explosée dans un cratère gigantesque.

– Non !

La boule au ventre, Jim passa à côté d'un immense réacteur à moitié enseveli sous le sable. Il l'examina et rapidement. L'engin était couvert d'une rouille épaisse, et des lambeaux s'effritaient avec le vent chaud. Cela le soulagea un peu. Ces déchets spatiaux paraissaient être là depuis des décennies, il était impossible qu'il s'agisse de l'Enterprise. Le souffle court, Jim dû faire une halte pour se reposer à l'ombre d'un immense bout d'aile détachée. La température y était déjà plus supportable, mais il fallait vite qu'il trouve de l'aide. À en juger par la chaleur abominable de cet endroit, et si ce désert était comme tous les autres déserts, la nuit allait être d'un froid polaire. Jim ne pourrait pas survivre.

Il se remit donc en route et arracha le bas de son pantalon de pyjamas. Il l'enroula autour de sa tête pour se faire une protection contre le soleil. Il franchit une nouvelle dune, puis une autre et encore une... cela ne servait à rien. Du sable à l'infini. Ses jambes étaient lourdes, sa respiration rapide et douloureuse, il avait soif.

– C'est fichu... murmura-t-il en arrivant au sommet d'une énième dune.

Il était sur le point de s'écrouler au sol lorsqu'il vit quelque chose en contrebas. Il eut du mal à y croire.

C'était une fontaine.

Mais pas n'importe laquelle. La fontaine. Celle du vaisseau, celle dans laquelle il s'était jeté, avec la statue de Vénus versant de l'eau depuis le grand coquillage. C'était impossible... Glissant maladroitement la pente, Kirk s'approcha lentement du bassin avec méfiance. Il y avait de l'eau ici... Rien ne semblait réel, mais lorsqu'il plongea la main dans l'eau, tout disparu. Jim avait les yeux fermés. Il ne se souvenait pas du moment où il les avait fermés, ni de celui où il était entré dans la fontaine. Il était dans un monde bleu et paisible, se sentait léger, en paix. L'eau le transportait lentement dans son flux douillet et cajoleur et plus rien n'avait d'importance. Un écho résonna dans le profondeur, et quelque chose lui frôla la main.

Jim ouvrit les yeux.

Il n'était pas sous l'eau, mais simplement assis dans son lit. Sa respiration se calma peu à peu. Ce n'était qu'un rêve. Il sentis les draps mouillés sur son corps, et la mollesse du matelas sous lui. Un rêve, rien de plus…

Rarement Jim se souvenait d'eux, encore moins d'une façon aussi vive. Pourquoi voyait-il encore cette fontaine ? Il se leva de son lit en direction de la salle de bain. Il avait la gorge sèche et légèrement mal au crâne. Une fois bien propre et lavé, il alla enfiler un de ces uniformes cérémonial de l'académie, avec les épaulettes et les insignes militaire. Il se coiffa consciencieusement pour une fois. Ça a doit être pénible pour Spock de le faire tous les matins... Satisfait de son reflet, Jim pris une pastille contre les maux de tête et ouvrit son agenda numérique tout en se dirigeant vers le pont supérieur.

Aujourd'hui l'Enterprise allait enfin débarquer sur la nouvelle Vulcain. Jim était partagé entre la hâte et l'excitation. Il était très curieux de voir à quoi pouvait bien ressembler la planète d'accueil de son ami. Il n'était allé que quelques minutes sur la véritable feu Vulcain, avant qu'elle ne soit détruite. Comme pour beaucoup de monde, Jim ignorait tout de ses aspects plus singuliers de leur mode de vie. Les Vulcains étaient une des civilisations les plus secrètes, et rares étaient les personnes à avoir complètement intégré leur société.

Lorsque Jim atteignit la cafétéria il était déjà 08h30. La salle était bondée d'officiers bavardant joyeusement. Une bonne humeur générale semblait flotter dans l'air, et Jim savait pourquoi. Les membres de l'Enterprise n'avaient pas eu de vacances depuis bien longtemps. Ils étaient tous heureux de pouvoir se poser sur une planète amicale. Même si ce n'était pas la Terre, et même si ce n'était pas vraiment des vacances. Quelqu'un surgit derrière Jim alors qu'il se tenait dans la file menant aux réplicateur.

– Bonjour Capitaine !

C'était Sulu. Il arborait un sourie radieux et débordait d'énergie.

– Bonjour Mr. Sulu, répondit-il. En forme ?

– Oui très bien merci.

– Ah ! Bonjour ! fit une autre voix derrière eux.

C'était Uhura qui avait également enfilé quelque chose de plus seyant que d'habitude. Elle portait une longue jupe crayon noire resserrée à la taille avec un chemisier à manche courte, du même rouge que son uniforme usuel. Ses cheveux étaient impeccablement rattachés par un ruban de la même couleur. Jim la regarda plus longtemps que nécessaire avant de répondre, un peu dans la vague.

– Bonjour Uhura. Waouh, vous êtes... Magnifique !

Celle-ci eu un sourire radieux.

– Merci Capitaine. Quel plaisir de porter autre chose que ces uniformes.

Une fois leurs plats commandés et répliqués, ils allèrent s'asseoir ensembles à une table encore miraculeusement libre. En fait, une personne y était déjà attablé, mais personne n'avait eu le courage de déranger jusqu'à maintenant. Spock portait la même tenue que le capitaine à l'exception que le jaune présent sur la veste d'uniforme de premier était bleu sur l'autre. La mine espiègle, Jim se pencha sur le côté pour voir le visage de Spock.

– Bonjour Mr. Spock ! Comment allez-vous ?

Évidemment le vulcain n'eut pas la moindre réaction de surprise. Pas grave, il l'aurait un de ces jours. Spock tourna la tête vers Jim et leurs visages se retrouvèrent à une distance assez proche pour qu'il sente le souffle de celui-ci lorsqu'il lui répondit.

– Bien Capitaine, et vous ?

Jim ne répondit pas tout de suite. Il le dévisagea longuement, incapable de détourner le regard. Une voix claire le tira de sa rêverie et lui fit relever la tête.

– Bonjours Spock.

C'était Uhura. Elle s'installa avec son plateau à l'autre bout de la table, en face de Spock.

– Bonjour Commander, dit plus professionnellement Sulu tout en prenant également un siège. Il était accompagné par McCoy qui bougonna vaguement un bonjour général mais qu'il n'était pas du matin et qu'il ne fallait donc pas "lui faire chier".

– Bonjour, répondit Spock en détournant son regard du Capitaine.

Jim eu comme l'impression de pouvoir à nouveau respirer, bien que rien ne l'en empêchait avant non ?

Sulu et Uhura commencèrent à bavarder de la visite sur Vulcain et de certains détails techniques du voyage. Spock écoutait la conversation poliment et Jim était quant à lui plongé dans ses pensées. Depuis quand était-il devenu aussi maladroit ? Cela ne lui plaisait pas. Il devait être en permanence à l'écoute et attentif, c'était une mauvaise chose pour un capitaine avec autant de responsabilité d'avoir la tête dans la lune. En plus, ça ne lui correspondait absolument pas. Ennuyé, il observa discrètement le lieutenant Uhura.

Pourquoi semblait-elle ignorer Spock depuis deux jours ? Ses regards en coins, alors même qu'elle était plongée dans sa conversation avec Sulu étaient également suspects. Il tourna la tête vers Spock en quête de réponses, malheureusement celui-ci le regardait. Jim baissa immédiatement les yeux. Il venait de se faire prendre. Spock avait-il perçu son trouble ? Non pas que d'habitude Jim fuyait les situations embarrassantes (il était plutôt du genre provocateur), mais le regard de Spock était beaucoup trop lourd en cet instant. Chargé de quelque chose d'indéchiffrable. Qu'est-ce qu'il lui prenait ? Si Jim se fiait à son expérience personnelle, il aurait juré que Spock... le matait. Ridicule. Il releva doucement la tète et -Bon sang ! Spock continuait son petit manège. Il avait posé ses mains de part et autre de son assiette, le regard fixé sur son corps. De plus en plus mal à l'aise, Jim fit semblant d'écouter ce que Sulu était en train de déblatérer, tentant vainement d'ignorer le regard qui pesait sur lui.

Le petit groupe finissait gentiment leur repas lorsque la conversation à côté de Jim prit fin. Un silence s'installa. Il était en train de mâchouiller un raisin lorsqu'il se rendit compte que tous les regards de la table étaient à présent braqués sur lui.

– Mais qu'est-ce que vous avez tous à me fixer ainsi ?

Quelle mouche à bien pu les piquer ? Sulu gloussa et Uhura se leva avec un petit sourire aux lèvres.

– Surtout, ne bougez pas Capitaine.

Jim jeta un regard inquiet autour de lui. Personne ne réagit alors qu'elle s'approchait de lui de plus en plus près, avec ce un sourire en coin. Qu'est-ce qu'il se passe ? Jim sentit ses joues le brûler. Hypnotisé, il la regarda tendre sa main vers son visage. Il eut envie de fermer les yeux mais ne put s'y résoudre. La main de la jeune femme attrapa quelque chose qui se trouvait sur sa joue, et Jim frissonna au contact de ses doigts.

– Vous aviez une miette Capitaine, rigola-t-elle en voyant la tête que tirait le blond.

Elle tendit sa main pour lui montrer le bout de pain qu'elle avait ramassé.

Les autres membres de l'équipage explosèrent d'un rire commun, excepté Spock.

– Ha ! Euh… merci Uhura.

Encore confus, Jim se toucha la joue d'un air absent. Sulu s'esclaffa de plus belle avant de se lever de table. Spock quant à lui, n'avait pas bougé d'un pouce. Il ne regardait plus Jim, mais Uhura. Ses yeux semblaient plus noirs que d'habitude. Sans prévenir, il se leva de sa chaise et parla en vulcain à Uhura ce qui coupa net les rires autours d'eux. La jeune femme ne souriait plus du tout. Jim ne pigea pas grand-chose à ce qu'ils disaient, mais vu la tête que tirait Uhura cela avait l'air d'être quelque chose de sérieux. Elle lui répondit aussi en vulcain et Jim cru vaguement entendre les mots "yeux" et "arrêter". C'était sûrement un sujet privé, mais maintenant Jim mourait d'envie d'en savoir le contenu. Sans trop s'attarder, il décida de se lever. Sulu était déjà parti –ou plutôt avait fui–, pour ramener les plateaux vers la cafétéria. McCoy avait mystérieusement disparu avant que la dispute n'éclate. Jim se racla la gorge.

– Bon, eh bien j'ai encore un tas de choses à faire moi ! A plus tard !

Le couple l'ignora complètement, parlant à présent à voix basse de leur côté.

– Vous allez aussi à la passerelle Capitaine ?

C'était Sulu, qui venait de lui offrir une opportunité pour s'éclipser. Il soupira et lui sourit.

– Oui, je viens avec vous !

Ils se retournèrent dans un même mouvement en direction de la sortie, mais une voix les stoppa.

– Je viens aussi.

Spock parvint rapidement à leur hauteur, l'air de rien. Jim chercha une trace d'une quelconque émotion sur son visage, mais n'en trouva aucune. Il avait l'air parfaitement calme. Il jeta un dernier regard à Uhura qui lui fit un signe de tête tendu avant de s'en aller. Jim se senti gêné.

– Ok, bon, allons-y.

La situation était vraiment étrange. Sulu lança un regard éloquent à Jim qui le lui rendit. Il ne savait pas s'il fallait rire de la situation ou en pleurer, alors il choisit de l'oublier. Il y avait encore une flopée de détails à régler concernant leur arrivée. Ils allaient rester une douzaine de jours sur la nouvelle Vulcain, et pendant ce temps Jim allait devoir en apprendre un maximum sur la culture Vulcaine. Il allait participer à des séances concernant principalement les rapports entre leur nouvelle planète et la terre, ainsi que les liens et leur rôle dans Starfleet et leur mission d'exploration. Une fois sur le pont, les trois hommes gagnèrent leurs places respectives. Jim alla s'installer directement dans son fauteuil, sans cesser d'observer Spock. Son comportement le déroutait. Pourquoi l'avait-il fixé pendant plusieurs minutes au lieu de lui dire simplement qu'il avait une miette sur le visage ? Il lui aurait dit quelque chose en temps normal, Spock relevait absolument tout ce qui sortait de la "normale". Mais cette attitude, presque... stupide ? Et encore, si c'était le seul élément farfelu de ce dîner ! Mais Uhura avait elle-même agit bizarrement en retirant cette miette, avec son attitude presque aguicheuse ! Elle qui, en temps normal, était comme un mur infranchissable contre lequel allaient s'écraser ses avances exagérées. C'était un petit jeu amical entre lui et Nyota, tous deux savaient bien qu'il n'y aurait jamais rien entre eux, il taquinait, elle le repoussait, tout était normal. Mais pas ça. Pas ce qui venait de se produire. Elle avait eu l'air tellement sérieuse, elle ne jouait pas, consciente de l'effet qu'elle avait sur lui. Après tout, c'était la première personne de Starfleet avec laquelle il avait fait connaissance, où plutôt essayer de draguer.

Une voix de l'intercom le sorti de ses pensées.

– Dans combien de temps notre arrivée est-elle prévue Capitaine ?

C'était Scotty qui se trouvait à la salle des machines.

– Hem, selon les données que j'ai ici, dans 12 minutes environ.

– Très bien, fit l'ingénieur à l'autre bout du fil, les moteurs sont prêts.

Réajustant sa position, Jim se pencha au-dessus du communicateur pour faire une annonce générale.

– Ici le Capitaine Kirk qui vous parle. Nous allons bientôt nous poser sur la nouvelle Vulcain. Je veux que chacun et chacune respecte bien la marche à suivre qui leur a été transmise. Je vous rappelle que la température au sol est en moyenne de 40° Celsius, aussi, je vous recommande de faire le nécessaire pour ne pas succomber à cette chaleur qui va vous rendre inapte au travail. Des vêtements conçus pour garder une température convenable au corps vont être distribuées lors de votre sortie du vaisseau. N'oublier pas de bien vous hydrater. Pour ceux qui restent à bord, je vous confie l'Enterprise, prenez-en soin, Kirk terminé."

À présent, Jim devait se rendre dans la salle du téléporteur. L'équipe de la passerelle ainsi que lui-même se téléporteraient pour rejoindre la surface, mais les autres officiers allaient s'y rendre en navette, avec leurs bagages et autres matériels. L'Enterprise amorça sa descente et en quelque minutent il furent stationné dans un grand tarmac de sable ocre. Après avoir vérifié avec la base aérospatiale qu'ils pouvaient y allez, ils commencèrent les téléportations. Jim alla se mettre en place et Spock vint se mettre à ses côtés, ainsi qu'Uhura, Sulu et Chekov.

– Vous êtes tous prêts ?

Kirk balaya son équipe du regard et s'arrêta sur Spock. Celui-ci semblait calme.

– Oui Capitaine.

– Ok c'est parti.

Tendis qu'il sentait le fourmillement particulier que provoquait la téléportation, Jim pensa à ce que Spock devait ressentir à l'idée de débarquer sur la nouvelle planète de son peuple. De l'excitation ? Peut-être même de la joie. Mais ce qu'il vit fût très différent. Dans un bref instant de relâchement, Jim pu voir de la peur dans ses iris sombres, avant que son visage de disparaisse dans une lumière dorée.


Un chapitre de plus terminé ! J'attends vos commentaires et je vous dit à bientôt !