Hello, comment allez vous ? Nouveau chapitre terminé, le plus long jusqu'à présent ! J'espère comme à mon habitude qu'il vous plaira !

Merci pour vos retours et bonne lecture.


Chapitre 5 : Nouvelle Vulcain

L'air chaud fouettait son visage, et Jim eu comme un flash du rêve qu'il avait fait la nuit précédente. Le désert, l'Enterprise en miette, la fontaine...

Ils furent très bien accueillis sur la planète rouge, l'ambassadeur Sarek, ainsi que l'autre Spock étaient tous deux venus pour leur arrivée. Ils avaient certainement beaucoup de chose à faire, mais Sarek n'avait pas vu son fils depuis plus d'un an, et l'autre Spock, eh bien... Jim avait comme l'impression que cet homme était capable de faire ce qu'il voulait sans que rien ni personne ne puisse l'en empêcher. Cela le fit sourire. Il leva la main en direction de Sarek.

– Bonjour Ambassadeur Sarek, je suis –il allait dire, très heureux, mais cela ne signifiera rien pour son interlocuteur– content d'être enfin arrivé dans la colonie. Je porte un intérêt sincère quant à son avenir.

– Bienvenue Capitaine Kirk.

Son ton était égal, propre à son peuple. Cela lui donnait un air ennuyé, même si Jim ne pouvait absolument pas savoir si c'était le cas.

– Nous savons que votre voyage n'a pas été des plus facile, nous vous remercions d'avoir pu venir aussi vite, poursuivit Sarek.

– Capitaine Kirk, quel plaisir de vous revoir.

L'autre Spock s'était approché de lui, les bras ouverts en signe d'accueil. Jim perçu immédiatement la différence de ton avec lequel il lui parlait, ce n'était pas aussi froid que l'Ambassadeur, c'était même presque chaleureux. Se sentant immédiatement plus à l'aise, Jim lui adressa un sourire sincère, pendant que Sarek allait saluer son fils et le reste des officiers supérieurs.

– Moi de même Spock ! Cela fait longtemps, comment allez-vous ?

– Très bien. J'ai l'impression que tu as mûri Jim.

Si les vulcains pouvaient faire des clins d'œil, Spock en aurait certainement fait un en cet instant. Il semblait réellement heureux de le voir, et c'était quelque chose d'étrange que de regarder autant de joie sur ce visage qu'il connaissait si bien. Jim se surpris à vouloir voir un jour de tels traits couvrir le visage de son officier scientifique, et non pas l'expression de peur qu'il avait vu un instant plus tôt. Il observa rapidement Spock mais son visage était tout aussi inexpressif que celui de son père, avec qui il faisait des salutations traditionnelles vulcaine. Son regard n'échappa pas à l'autre Spock qui plissa les yeux, mais se garda de dire quelque chose.

Une fois les salutations et les commodités de bienvenue terminées, un groupe d'humain et de vulcain les emmenèrent à bord de plusieurs navettes qui les mèneraient jusqu'à la ville principale. On leur expliqua en chemin que la plupart des survivants s'étaient regroupé afin de former une cité digne de celles que l'on pouvait voir autrefois sur Vulcain. Beaucoup d'humains et d'autres espèces faisant partie de la Fédération des Planètes Unies s'étaient également installées ici afin d'aider leur peuple à se reconstruire. Après tout, la logique et l'intelligence vulcaine avait fait énormément progresser beaucoup de civilisations.

Jim scruta le visage d'une femme vulcaine alors qu'elle parlait de la destruction de sa planète, de la colonisation difficile et de la reconstruction de la ville. Rien dans sa voix où sur son visage ne laissait penser que c'était bien son monde à elle qui avait été détruit.

Lorsqu'ils arrivèrent aux abords de la ville, Jim pu apercevoir d'énormes bâtiments taillés dans la pierre ocre, à la verticale, défiant littéralement la gravité, plus lourde que la terre sur cette planète. Ils avaient déjà construit une ville impressionnante, et en deux ans seulement. C'était un véritable exploit, et Jim senti son cœur gonfler en pensant à tous ces volontaires venus aider un peuple entier à se relever. C'était une bonne chose, cela prouvait qu'on pouvait se sortir du pire et tout recommencer en unissant nos forces.

Après 10 minutes de voyage, ils débarquèrent devant un grand complexe qui semblait être un mélange entre une embrassade, une université et un laboratoire. Un peu du même genre que le campus où Kirk avait fait ses classes. Ils entrèrent dans le bâtiment qui était construit en partie dans la roche mais possédait d'immenses baies vitrées qui laissaient largement passer la lumière. Le tout était à la fois exotique et moderne, c'était magnifique.

Enthousiastes, l'équipage alla explorer le bâtiment. McCoy s'éclipsa rapidement en marmonnant qu'il devait absolument aller voir le matériel dans le bâtiment médecine, Sulu et Chekov allèrent trouver les bars et les salles de repos, tandis qu'Uhura parti d'un pas léger en disant qu'elle méritait de prendre un bon bain. Elle avait découvert avec une immense joie que le site possédait des thermes. Le reste de l'équipage qui n'était pas resté sur l'Enterprise alla également de part et d'autre explorer le campus.

Sarek était venu avec eux pour la visite et s'apprêtait à partir. Jim se pencha respectueusement.

– Merci de nous offrir une telle hospitalité.

Le vulcain se tourna vers lui.

– Vos remerciements sont inutile Capitaine Kirk. Vous avez fait ce qui était en votre pouvoir pour sauver notre planète, et votre présence ici est la bienvenue.

Rien dans son intonation ne montrait que cet homme lui était bel et bien reconnaissant, mais Jim réussit tout de même à acquiescer avec un bref sourire, avant de se tourner en direction de sa nouvelle résidence temporaire.

– On m'a dit qu'il y avait une superbe salle de sport ici, vous venez Spock ?

Sans regarder si son ami le suivait, Jim ouvrit la porte du bâtiment. Il ne vit pas que Spock était resté sur place à côté de son père, telle une statue de glace.

– Monsieur Spock ? appela Jim en se retournant.

Son sourire s'effaça lorsqu'il revint sur ses pas pour scruter son visage. Spock semblait anxieux, mais aussi autre chose que Jim n'arriva pas à déceler.

– Je ne viens pas avec vous Capitaine.

Spock avait parlé froidement. Tentant de ne pas paraître trop choqué, Jim répondit.

– Comment ça ?

Spock s'approcha de quelque pas vers lui, les mains jointes dans son dos. Il avait l'air de se retenir (de faire quoi ?). Ces sourcils étaient froncés, signe d'un grand trouble, et son regard était bel et bien plus froid que d'habitude.

– Je ne vais pas loger ici, mais chez mon père, pendant notre séjour.

– Mais... pourquoi ?

Jim était un peu perdu.

– Vous faites partie de l'équipage.

– J'en ai fait la demande écrite il y a plusieurs jours Capitaine, et elle a été acceptée.

– Pourtant, je ne me souviens pas avoir approuvé quoi que ce soit dans le genre !

Il avait légèrement haussé la voix et Spock avait tiré une drôle de tête, jetant un coup d'œil rapide derrière lui pour regarder son père, avant de reporter son attention sur lui. Sarek les fixait sans rien dire.

– Vous n'étiez pas aux commandes du vaisseau lorsque ma demande a été soumise, aussi, la demande a été redirigée vers la seconde autorité la plus élevée de l'Enterprise, en d'autres termes moi.

– Mais…

Kirk ne savait plus quoi dire. Qu'est-ce qui n'allait pas chez Spock ? Qu'il veuille passer du temps avec ses semblables lui semblait tout à fait légitime, mais d'habitude il lui en aurait fait part directement.

– Je ne comprends pas où il y a un problème Capitaine, déclara Spock en reculant d'un pas.

Il le toisait avec indifférence et même avec mépris. Jim était largué. Est-ce que leur amitié avait été fausse durant tout ce temps ? Spock s'était-il montré amical juste par commodité pour que tout se passe bien dans l'espace, et maintenant qu'ils étaient de retour sur sa planète, il reprenait son vrai visage ? Toutefois ses yeux trahissaient la même peur qu'il avait exprimée avant de se téléporter sur la planète. Jim senti son ventre se tordre d'inquiétude. Il ne savait pas quoi lui dire.

Voyant que son capitaine ne disait plus rien, Spock tourna les talons avec indifférence et monta dans la navette avec son père, ne voyant pas le regard que celui-ci posa sur lui. Jim les regarda partir, son esprit tournant à plein régime, une sensation de malaise lui parcourant l'échine. Spock n'était pas quelqu'un que l'on pouvait facilement cerner, mais Jim voyait bien qu'il n'était pas dans son état normal. Résigné, il entra seul à l'intérieur.

/

Plusieurs heures s'étaient écoulées depuis le départ inexpliqué de Spock. Allongé dans son lit, Jim réfléchissait. Il ne savait pas depuis combien de temps exactement mais ses bras passés au-dessus de sa tête commençaient à être engourdis.

Il avait passé la matinée à déambuler dans leur logement d'accueil, discutant avec les membres de l'équipage çà et là. Mais ni la découverte de la salle de jeux sur la grande mezzanine ni les thermes sculptés dans le marbre ne parvinrent à l'émerveiller. Sans son ami au sang vert, tout semblait moins beau. Il aurait voulu explorer cet endroit avec lui.

Spock s'était montré si froid et distant. Ça ne lui plaisait pas du tout. Depuis quand était-il autant attaché à l'opinion que Spock avait de lui ? Peut-être parce que cela faisait longtemps qu'il voyageait à ses côtés, et qu'ils avaient passé quasiment tout leur temps en commun, matin, midi et soir. Il redoutait simplement de ne pas le voir durant une journée. Il s'était trop habitué à sa présence permanente.

Conclusion inévitable, Spock lui manquait.

C'était d'un pathétique ! Il était le Capitaine de l'Enterprise, et il se rendait compte qu'il était aussi fragile qu'un enfant qui aurait été abandonné par sa mère dans un grand supermarché.

Pour stopper le stress lui tenaillait le ventre, Jim se leva de son lit. Il n'était pas du genre à demander conseil ou à laisser les autres voir ses faiblesses, mais il se dit qu'il devrait peut-être en parler avec Uhura. Elle était quand même censée être proche de lui, elle saurait sûrement expliquer ce subit changement de comportement.

Il sortit de sa chambre pour se rendre vers celle du Lieutenant. Sur le chemin, Jim passa devant la salle commune, où plusieurs personnes discutaient. Il y avait du personnel de l'Enterprise, mais aussi d'autres scientifiques qui vivaient à plein temps dans ce grand complexe, humains où extra-terrestres. Plusieurs filles tournèrent la tête sur son passage, mais il n'y fit pas attention. Jim savait quel effet il faisait sur les gens, pas besoin de s'étaler là-dessus, surtout qu'il n'était pas d'humeur à draguer.

Lorsqu'il arriva devant la chambre de la jeune femme, il sonna deux fois et attendit. Après plusieurs minutes, il réessaya. Il n'y avait personne. Était-elle encore aux bains ? Il était déjà passé 12h00, et tout le personnel qui n'était pas déjà au réfectoire devait se trouver dans sa chambre. Il vagabonda un moment dans les couloirs, espérant la trouver, lorsqu'il entendit sa voix s'élever à l'autre bout du corridor. Jim avança et comprit qu'elle venait d'un des nombreux laboratoires qui se trouvaient au fond du bâtiment, à l'opposé des chambres et des salles communes.

– Je pensais que vous pourriez m'éclaircir sur le sujet étant donné que vous êtes ensembles. Lorsque quelqu'un ne va pas bien, son médecin demande souvent l'avis de ses proches.

C'était la voix de McCoy. Jim s'approcha un peu plus jusqu'à se trouver derrière la porte du labo. Il jeta un rapide coup d'œil par la vitre de la porte entrouverte et aperçu Uhura assise les jambes croisées sur un lit. McCoy lui faisait face. Jim sût d'instinct que c'était une conversation privée, du genre à s'arrêter immédiatement si quelqu'un les dérangeait à ce moment-là. Il savait également que si c'était privé, il n'aurait pas dû rester là. Mais quelque chose le retint.

– Je ne l'ai dit encore à personne, mais le commandant Spock et moi… n'entretenons plus de relation amoureuse, elle a pris fin il y a quelques jours.

Il n'était pas dans la nature de Jim de s'immiscer dans les affaires des autres, mais cette révélation le lui fit tendre l'oreille. Spock et Uhura n'étaient plus ensembles ? Cette nouvelle déclaration pouvait expliquer son état, enfin, en partie du moins.

– Je suis désolé, dit McCoy d'un ton bourru.

– Il ne faut pas, c'est un vulcain après tout, je savais à quoi m'attendre.

Elle ne le faisait sans doute pas exprès, mais on percevait clairement la colère au travers de ses paroles. Jim se demanda qui avait mis fin à cette relation entre les deux, et surtout pourquoi. Léonard était perplexe.

– Mais vous ne pouvez pas expliquer ce qui lui arrive ?

Uhura soupira.

– écoutez, je suis sortie avec Spock durant plus d'un an, mais je ne le connais pas plus que vous, ou même que le capitaine.

Jim vacilla. Comment pouvait-elle dire ça ? Ils avaient eu une relation relativement longue pour deux personnes travaillant ensembles et étant d'une espèce différente. Plus longue que la plupart des amourettes que Jim avait pu avoir dans sa vie. McCoy parût penser la même chose car il fronça les sourcils à cette déclaration.

– J'ai lu son dossier médical avant qu'il ne soit transféré à un autre docteur vulcain qui se trouve ici. Je ne m'y connais pas incroyablement bien dans les maladies vulcaine, mais je ne suis pas bête non plus. Je sais ce qu'est la fièvre–

– Ok, très bien ! le coupa Uhura précipitamment. Elle s'était levée, la mine sérieuse. écoutez, il m'a juré de ne le dire à personne, mais puisque vous êtes au courant... Il ne faut pas que cela s'ébruite, c'est un sujet tabou chez les vulcains et–

Soudain, le communicateur de Jim siffla. Uhura s'arrêta dans sa phrase et se tourna vivement en direction de la porte. Mince, il s'était fait griller ! Il fallait vite partir, avant qu'ils ne le voient. Jim quitta rapidement les lieux, espérant que personne n'aurait l'idée d'aller jeter un coup d'œil sur les caméras de sécurité présentes dans les couloirs. Une fois qu'il fût assez loin pour ne plus être entendu, Kirk ouvrit son communicateur. C'était un appel.

– Allô, ici Kirk.

– Jim, c'est Spock.

L'estomac de Jim eu comme un soubresaut avant qu'il ne réalise qu'il s'agissait de l'autre Spock.

– Spock, que se passe-t-il ?

– Je désire vous parlez, seriez-vous d'accord pour me retrouver demain matin dans la grande bibliothèque qui se trouve à l'Ouest de la cité ?

Sa voix tranquille fit ralentir les battements effrayés de son cœur.

– Je... Oui, avec grand plaisir. Avez-vous…

Il hésitait à lui parler de son double vulcain. Il venait d'apprendre des informations très personnelles le concernant, il avait envie d'en savoir plus. De cette "fièvre" et de ce sujet "tabou". Mais il était peut-être encore trop tôt pour en parler. Il devait mieux se renseigner avant d'engager une conversation qui pourrait lui porter préjudice.

– Jim ? appela Spock, visiblement inquiet de son long silence.

– Heu, non rien, alors c'est entendu, demain matin à la grande bibliothèque.

– J'ai hâte d'y être, dit Spock avant de fermer la communication.

Kirk rangea son appareil à sa ceinture et marcha jusqu'à sa chambre. Il n'en pouvait plus de réfléchir à toutes ces choses tournant autour de son commandant. Son esprit s'empêtrait dans un nuage de pensées encore informées, son instinct était en alerte mais il n'arrivait pas encore à comprendre pourquoi. La conférence allait bientôt avoir lieu et il fallait qu'il se prépare un minimum, qu'il fasse le vide en lui. Il s'endormit tôt ce soir-là, se demandant ce que l'autre Spock avait de si important à lui dire et de quoi pouvait bien souffrir le Spock du présent.

/

Avant même que cela ne commence, Jim su qu'il rêvait. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il était à nouveau dans ce même désert que la nuit précédente. La même chaleur, le même soleil... Cette fois cependant, il ne traversa pas l'épave de l'Enterprise, mais se trouvait déjà au pied de la fontaine, profitant de la fraîcheur de son ombre. Le vent soufflait plus fort que précédemment. S'avançant plus près, Jim remarqua plusieurs détails intrigants. La fontaine avait changé. Ce n'était plus Vénus qui tenait des coquillages d'où s'écoulait de l'eau, mais une fontaine bien plus grande et plus profonde. Taillé dans une pierre qui ressemblait à du cristal bleuté, étaient représentés des humanoïdes ailés, qui s'apparentaient à des vulcains mais en plus maléfiques. Leurs visages étaient tous différents, certain exprimaient la joie, d'autres la peur, ou encore le dégoût, l'envie… C'était inhabituel pour des vulcains d'être représentés de la sorte. Des filets d'eau s'écoulaient de leurs bouches, et, surplombant le tout, une imposante créature poilue qui ressemblait vaguement à un ours rugissait vers le ciel, avec une grosse cascade qui sortait de sa gueule immense. Le capitaine s'approcha doucement de la surface, regardant son reflet. Il n'avait jamais vu son visage en rêve, et l'expérience était extrêmement perturbante. Soudain, il y eu comme un bruit de pas dans le sable. Jim releva vivement la tête, examinant les alentours. Il sentait une présence qui l'observait.

– Qui est là ?

Seul le vent lui répondit, envoyant une grosse bourrasque de poussière dans sa direction qui le fit s'étouffer. Toussant encore, il aperçut une silhouette noire derrière la cascade d'eau. Il s'essuya les yeux pour mieux voir. La silhouette avait une taille humaine, plutôt musclé, avec des habits amples ressemblant à ceux traditionnels que l'on pouvait voir porter certain vulcain. Il crut un instant que c'était Spock.

– Qui êtes-vous ? Spock c'est vous ? Pourquoi vous cachez vous ? cria Jim en direction de la mystérieuse personne.

Pas de réponse. Kirk voulu contourner la fontaine pour pouvoir reconnaitre son visage, mais elle disparut comme par magie dans une bourrasque de vent et de sable avant de réapparaître tout aussi rapidement derrière lui. Une voix masculine s'éleva dans son dos. Ce n'était pas la voix de Spock.

– Quel est ton nom ?

Jim se retourna vivement. Il n'y avait rien derrière lui.

– Je m'appelle Jim Kirk ! Capitaine de l'USS Enterprise, montrez-vous !

Son inquiétude monta d'un cran. Ce personnage commençait sérieusement à lui faire perdre patience à jouer à cache-cache. Il fit lentement le tour de la fontaine, regardant dans chaque recoin. Il n'y avait aucune trace de pas dans le sable, pas le moindre indice.

Soudain, l'eau bouillonna au fond du bassin de la fontaine, et des bulles jaillissant de la surface. Jim s'approcha prudemment et entendit la voix s'élever à nouveau. Elle émanait de sous la surface.

– Jim Kirk...

Elle s'évanouit dans un soupir, et Jim, penché au-dessus de l'eau, se senti tiré vers l'avant. Sans qu'il puisse résister, son corps bascula et sa tête heurta la surface de l'eau.

Il revint aussitôt dans la réalité.

– Ha !

Tentant de calmer les battements rapides de son cœur, Kirk passa une main sur son visage. Il mit quelques minutes à reprendre son souffle. Encore ce fichu rêve... Est-ce que c'était normal pour quelqu'un de rêver deux fois du même endroit ? Il n'avait encore jamais vécu un rêve qui avait l'air aussi réel, tout comme le précédent. Pourquoi des fontaines ? à cause de ce qui c'était passé sur l'Enterprise ?

Jim se leva de son lit et pris une douche froide. Elle ne le réveilla pas aussi bien qu'il l'aurait voulu. Il regarda l'heure sur son réveil. 08h11. Il devait se dépêcher s'il ne voulait pas arriver en retard à son rendez-vous à la bibliothèque. Après s'être habillé en civil, il se rendit à la cafétéria. Un bon café lui ferai sans doute du bien. Il ne put s'empêcher de laisser ses pensées vagabonder vers Spock tendit qu'il prenait son petit déjeuner avec le reste de l'équipage. Avait-il lui aussi fait des cauchemars ? Que faisait-il à l'heure actuelle ? Il ne vit pas qu'Uhura le regardait avec suspicions, ni que McCoy était en train de lui parler.

– Hé gamin, tu m'écoutes ?

McCoy le regarda sévèrement.

– Hein ? Oui, oui...

Distrait, il n'avait pas écouté un mot de ce que son ami lui racontait. Il mourrait d'envie de lui demander ce qu'Uhura avait voulu garder secret, mais poser la question reviendrai à avouer qu'il les avait espionnés. Les deux concernés discutaient entre eux comme si de rien était. Bones savait ce dont Spock souffrait, et pourtant, il ne voulait pas le lui dire... Jim comprenait le principe du secret médical, mais tout de même. Il avait bien balancé son dossier complet à Spock lorsque celui-ci était venu le questionner ! Contrarié, Jim décida de partir, peut-être un peu brusquement.

– Bon, je dois y aller, à plus.

Léonard le regarda avec un air choqué mais avant qu'il n'aille le temps de lui dire quelque chose, Jim s'était enfuit par la porte de la cafétéria.

– Jim ! Jim ! Mais quelle mouche l'a piqué ? demanda-t-il à l'attention d'Uhura, qui leva les épaules pour seule réponse.

/

La bibliothèque se dressait devant Jim, immense et incroyable. Il leva les yeux, totalement fasciné. La structure était suspendue dans la roche, défiant la gravité avec une facilité déconcertante. Le soleil matinal se reflétait dans ses nombreuses vitres, lui donnant l'air d'un diamant éclatant de mille feux. Un gigantesque turbo ascenseur pouvant certainement contenir plus de 50 personnes permettait de monter en haut de l'immeuble. Jim entra dedans. Il put admirer la superbe vue qu'il avait en montant rapidement vers la bibliothèque avant d'arriver dans un grand vestibule avec une réception pour l'accueil. Il n'y avait pas de réceptionniste, juste un ordinateur avec une IA pour renseigner les éventuels visiteurs. Il n'y avait pas âme qui vive en haut de la tour. La plupart des êtres vivants ici étaient bien évidemment les vulcains rescapés de la destruction de leur ancienne planète, mais également d'ouvriers, d'ingénieurs et d'architectes, bref, pas encore assez de personne disponible pour faire l'accueil dans ce genre de lieu.

Il marcha selon le plan indiqué à l'entrée et finit par arriver dans une grande salle circulaire remplie de nombreuses bibliothèques qui touchaient pratiquement le plafond. Au centre de la salle, creusé dans le sol en pierre blanche, se trouvait un banc arrondi avec une grande table ronde. Spock était assis là, un livre électronique entre les mains. Il releva la tête quand il entendu Jim arriver et se leva pour lui faire face.

– Jim, je suis ravi de te voir.

Il lui fit le salut vulcain auquel Kirk s'efforça de répondre le plus justement possible. Il avait toujours eu du mal à le faire, ses doigts refusaient de rester collés correctement entre eux.

– Moi aussi, comment allez-vous ? Nous n'avons pas tellement eu le temps de discuter hier.

– Oui, sourit Spock. C'est pour cela que j'ai voulu te voir aujourd'hui.

Spock se déplaça jusqu'à faire face à la grande baie vitrée, regardant le paysage. Pour la première fois depuis leur rencontre, Jim se senti mal à l'aise. L'homme qui lui tournait à présent le dos le connaissait mieux que lui-même. Il avait vécu à ses côté tout une vie, dans un autre univers, et il savait sûrement des choses sur lui dont il n'avait aucune idée. Jim eu soudainement peur qu'il lise en lui tout ce qui le tourmentait en ce moment. Il n'avait pas envie d'être mis à nu.

– Cette ville est magnifique.

Spock se tourna vers lui avec comme un air moqueur.

– Oui. La reconstruction de la ville se produit en moyenne 0,2 fois plus vite que d'après nos calculs initiaux. Nous avions prévu d'avoir un bon nombre d'ouvriers humains, mais pas de leur motivation qui les fait travailler avec une telle ardeur. Cette bibliothèque est la réplique parfaite de la précédente qui se trouvait sur Vulcain, comme beaucoup d'autres bâtiments culturels. Des temples, des mausolées, des lieux sacrés qui sont important dans notre culture...

– Oui ! dit Jim avec enthousiasme. Et justement, je me demandais si...

– Tu veux que je t'apprenne plus de chose sur notre culture ?

Visiblement il n'était pas difficile à comprendre.

– Heu, oui, cela me serait d'une grande aide pour la séance à laquelle j'ai été convié. Bien que j'aie passé beaucoup de temps avec... Spock, j'en connais que très peu sur votre culture.

Cela le gênait toujours de parler à Spock de son double. Et c'était valable dans les deux sens.

– Cela ne m'étonne pas, je n'étais pas quelqu'un que les humains qualifieraient d'ouvert.

– Je, non, pas du tout ! s'exclama Jim, un peu fort. Il détourna les yeux. Au contraire. Je… je trouve qu'il est, pour un vulcain, plutôt… amical. Enfin…

Jim ne savait plus où se mettre. Parler de sa relation avec Spock avec quelqu'un d'autre était devenu difficile ces derniers temps. Le vulcain en face de lui eu un véritable sourire, un de ceux que l'on fait lorsqu'on est très amusé.

– Je vois. Vous semblez être devenus proches.

Kirk qui commençait sérieusement à rougir, se souvint de ses dernières interactions avec son ami, aussi froides que le vent du Nord. Il se tourna vers lui, avec un sourire triste sur les lèvres.

– Pas vraiment… Enfin, je le pensais aussi au début, mais depuis quelques temps, Spock semble s'éloigner… Je… Je ne saurais l'expliquer, mais ce n'est plus comme avant.

Il avait un peu honte de parler comme ça de ce qui le tourmentait, mais après tout il parlait à quelqu'un de très particulier. Son interlocuteur sembla réfléchir un instant avant de répondre d'une voix calme.

– Et depuis quand exactement as-tu remarqué de tels changements ?

Creusant dans sa mémoire, Jim ressassa les dernières semaines passées sur l'Enterprise au côté de son ami hybride. Les moments difficiles qu'ils avaient vécus lors de la destruction de sa planète, et leur amitié naissante après cette catastrophe. Il revit les attaques terroristes de Khan, de sa "mort" et des liens puissants qu'elle avait créés entre eux. Rien n'expliquait le comportement récent de Spock. À moins que…

Des souvenirs fugaces de l'accident avec la fontaine lui virent en tête. Au fond de lui, Jim savait très bien que c'était à partir de cet épisode qu'il avait pu noter quelques écarts de comportement chez son ami. D'abords anodins, puis de plus en plus réguliers jusqu'à ce que Jim le trouve parfois carrément bizarre.

– Je pense… oui, ça doit faire trois jours tout au plus. Je suis tombé malade, une sorte de "crise" et Spock… est devenu très étrange depuis. Je lui ai demandé si je lui avais dit quelque chose d'offensant, car il était présent lors de l'incident, mais il m'a affirmé que ce n'était pas le cas.

Spock du futur eut une réaction plus qu'étrange. Il se retourna vivement à l'opposé de Jim et marcha en direction de l'ascenseur. Avant qu'il ne tourne la tête cependant, Kirk crût voir ses sourcils se lever à leur maximum sur son front, et un sourire étirer son visage ridé par le temps. La nouvelle avait l'air de lui faire plaisir.

– Suis-moi.

Jim ne comprenait rien au comportement de son aîné.

– Qu'est-ce qu'il y a ? Où allons-nous ?

Il se précipita derrière lui et ils entrèrent dans l'immense ascenseur. Les portes se fermèrent dans un suintement silencieux et ils amorcèrent leur descente.

– Je vais t'aider Jim. Tu dois savoir des choses sur notre peuple, tu en as le droit.

Il l'avait déclaré avec un sérieux manifeste.

– Je… Merci Spock.

Le capitaine était largué mais il savait à quel point les vulcains restaient secrets sur leurs coutumes et leur mode de vie. On les connaissait pour leur logique, leur intelligence et le fait qu'ils soient de précieux atouts dans les rangs de Starfleet, mais peu de personne extérieure les connaissait réellement. Une fois sorti de la bibliothèque, Spock s'arrêta vers ce qui semblait être une plateforme d'arrêt. En effet, Jim vit des rails suspendus dans les airs. C'était une gare de métro aérien.

– Nous ne restons pas à la bibliothèque ? interrogea Jim, curieux.

– Non. Tu te dis qu'il serait plus logique d'y rester car c'est un regroupement d'informations concernant mon peuple ? Tu as raisons, et même le plus important de cette planète.

– Alors dans ce cas pourquoi partons-nous ?

– Je vais te montrer la ville et t'expliquer en chemin, répondit Spock en grimpant les marche de la plateforme. Je sais par expérience que tu retiens mieux les choses lorsqu'on y ajoute des éléments supplémentaires tels qu'un changement de lieu, un événement particulier, un nouveau visage…

Jim le regarda, encore une fois surpris à quel point le Spock de l'autre dimension pouvait bien le connaître. Oui, Jim avait une mémoire à "événements", il devait faire les choses pour les comprendre. Il apprenait beaucoup mieux sur le terrain qu'assis dans un fauteuil dans une bibliothèque. À quel point était-ils devenus proches tous les deux dans sa dimension pour que Spock Prime se souvienne de telles choses sur lui ? Des amis, comme il l'était avec Spock, où alors… Des meilleurs amis ? Qui faisaient des blagues entre eux et qui étaient du genre à aller prendre des verres ensembles ? Cela lui semblait peu probable. Des amants ? Haha. Mais le fait était que le Spock du futur semblait le connaître sur le bout des doigts, alors que de son côté, Jim en savait que dalle sur Spock. Jim se retint de poser les nombreuses questions qui lui brûlaient les lèvres concernant leur relation dans l'autre dimension. Il ne savait pas à quel point Spock Prime avait souffert de la perte de son double.

– Merci, dit-il simplement.

Spock lui sourit avec les yeux et ils montèrent dans la rame de métro vide.

Bien qu'il ne soit pas encore 10 heures, l'air était déjà chaud sur la planète, et Jim commençait à transpirer. Une journée pareille aurait été, sur Terre, comparable au plus beau et chaud jour de l'été. Le soleil brillait dans un ciel bleu azur des plus splendide. La rame démarra lentement, offrant à ses passager une vue imprenable sur la mer qui longeait la ville. Spock commença alors à raconter à Jim plusieurs choses sur l'environnement et les besoins des vulcains. Comme sur la première Vulcain, il n'y avait que très peu de lacs et de mers, encore moins de forêt et de prés. Mais c'était à ce climat que les vulcains s'étaient habitués, et qui convenait le mieux à leur physionomie. Jim posa de nombreuses questions, auxquelles Spock répondit sans exception. Ils n'avaient abordé qu'une infime partie du mode de vie des vulcains, mais il y avait encore tant à apprendre. Le plus dur restait tout de même d'appréhender leur culture. Jim avait beaucoup de mal avec ça car c'était une logique à l'encontre de ce que les humains apprenaient sur Terre. L'écoute des émotions était quelque chose de quasi instinctif chez lui, elles le guidaient, les vulcains renient ce genre de fonctionnement, seule la logique importe.

Le soleil était désormais haut dans le ciel et la chaleur écrasante. Décidant qu'il était temps de rompre son jeûne, Spock invita Jim à aller manger quelque chose pour midi.

Une chose que Jim savait déjà, c'est que les vulcains mangeaient végétarien. Ils ne vénéraient pas forcément les animaux de leur planète, mais ne s'estimaient pas supérieurs à eux, et donc ne les chassait pas. Tandis qu'ils marchaient le long d'une route piétonne en dégustant leurs mets, Spock et Jim arrivèrent sur une grande place de constituée pavés blancs, qui avait l'air plus fréquentée que les autres endroits de la ville qui n'étaient pas en construction. Enfin, "fréquenté" était un grand mot, il devait y avoir six ou sept personnes, maximum. Jim senti un frisson lui parcourir le corps. Il avait l'impression d'être observé.

– Voici la place T'ela, annonça Spock en désignant la place d'un large geste de la main. Elle attire beaucoup les touristes.

Jim observa la place. Le sol était couvert de pavé roses, et des arches rectangulaires envahies de plante grimpante en faisaient le tour. Il regardait avec curiosité les dessins que formaient les pavés en mosaïque lorsqu'il vit quelque chose qui le figea sur place. Au centre de ce grand espace se trouvait une fontaine immense d'où jaillissait de l'eau cristalline, reflétant les rayons du soleil. Spock vit que Jim s'était figé.

– Qu'y a-t-il Jim ?

Ce n'était pas n'importe quelle fontaine.

C'était exactement la même fontaine qu'il avait vue en rêve cette nuit.


On avance petit à petit dans l'intrigue n'est-ce pas ? Dites-moi ce que vous en avez pensé, à la prochaine !