Salut à toutes/tous !
Le chapitre 6 est en ligne, j'ai du mal à croire que j'ai déjà écrit tout ça! Comme d'habitudes vos retours étaient adorable et je me réjouis que vous lisiez la suite!
Chapitre 6 : Qui importe le plus
Haute de plus de 5 mètres, la fontaine crachait son flot cristallin qui brillait dans la lumière du soleil de la nouvelle Vulcain. Les statues qui représentaient des créatures aux oreilles pointues étaient identiques à celles présentes dans le rêve de Jim. Tous les détails y étaient, les visages expressifs des vulcains ainsi que la grosse bête couverte d'une épaisse fourrure à son sommet. Comment était-ce possible ? Il était sûr de ne jamais avoir vu pareille fontaine par le passé.
– Monsieur Spock, quand cette fontaine a été construire ?
Spock lui indiqua que celle-ci avait été inaugurée depuis moins d'un an. Et merde.
– Mais est-ce que c'est possible qu'elle soit une réplique d'une fontaine qui se trouvait sur Vulcain auparavant ?
Le vieux vulcain fronça les sourcils, ne comprenant pas l'intérêt de Jim pour ce sujet.
– Non Jim. Elle a été construire ici après la destruction de Vulcain, elle n'a de copie nulle part dans l'univers je peux te l'assurer.
Il lui expliqua que les points d'eau étaient des lieux presque sacrés pour les vulcains étant donné le côté aride de leur environnement.
– L'eau est une ressource rare et elle apporte, comme dans beaucoup d'autre civilisation, l'espoir. La vie. Cette fontaine a été érigée afin de redonner espoir en l'avenir.
– Je vois… commenta Jim. Alors chaque fontaine à en sens particulier ?
Quelle était la signification de celle-ci dans ce cas ?
– Pas toutes, mais souvent oui, sourit Spock. Cet édifice en particulier a pour but d'aider les vulcains à trouver leur âme sœur, afin de pouvoir par la suite, créer la vie. Avant d'être marié, les plus superstitieux d'entre nous viennent ici afin de trouver leur partenaire idéal, même si beaucoup d'autre se fient aux analyses scientifiques habituelles pour trouver une correspondance parfaite.
Comme pour prouver ses dire, un jeune vulcain était assis sur un banc et regardait la fontaine d'un air vague. Il devait avoir une demi-douzaine d'années, tout au plus. Spock vit le regard incrédule de Jim et lui expliqua que les vulcains se fiançaient à un âge très jeune. Quel rapport avec ses rêves ?
Troublé plus que jamais, Jim senti son esprit s'engourdir et sa gorge s'assécher. Sans vraiment s'en rendre compte, il s'avança lentement vers la fontaine, oubliant que Spock Prime lui parlait, oubliant où il était, les gens qui l'entouraient, tout. Une brise semblable au même vent chaud de son rêve vint lui caresser doucement le visage.
Un nuage de poussière se souleva sur le sol.
La soif, cette terrible soif était revenue, comme si elle n'était jamais partie. Derrière lui, Jim ne vit pas la stupéfaction animer le visage de son ami plus âgé.
Spock Prime observa Jim pendant un instant. Il semblait subir un événement lié au sommeil humain qu'il avait déjà pu observer chez sa propre mère, le somnambulisme. Spock savait qu'en général, cet étrange phénomène frappait une mineur partie de la population et surtout, uniquement lorsque l'individu était endormi. Mais Jim était bien réveillé, et marchait droit sur la fontaine, ayant tout l'air d'avoir sombré dans une sorte d'hypnose. Il était incertain de la conduite à adopter.
– Jim ?
Le Capitaine ne semblait pas l'avoir entendu. Durant sa longue vie passée au côté de son Jim, Spock n'avait jamais vu son ami subir la moindre anomalie de la sorte. Des cauchemars, oui, mais pas en étant éveillé.
Kirk entendit vaguement qu'on l'appelait, mais cela venait d'une réalité trop floue, trop lointaine de la sienne. Il était à présent dans un monde semblable à celui des songes, son corps semblait lentement le quitter son esprit qui s'élevait, comme aspiré par une puissance supérieure.
– James Tiberius Kirk.
Une voix avait retenti. C'était la même vois masculine qu'il avait entendu cette nuit, grave et froide. Elle semblait venir de la fontaine. Sa peau le brûlait, et sa gorge était plus sèche que le désert. La fontaine l'appelait, elle allait pouvoir l'aider.
Comme en accord avec lui, le vent le poussa un peu plus vers le bassin d'eau, et Jim se retrouva bientôt immergé. L'eau était claire et si fraîche contre sa peau, comme une bénédiction sur son corps en feu. Alors qu'il se délectait enfin de cette fraîcheur, Jim ressenti plusieurs sensations. L'eau lui paraissait l'envelopper avec de vrais bras, le cajoler et apaiser son enveloppe charnelle. Mais son esprit était durement sollicité, il sentait une présence, forte et inquisitrice, qui s'insinuait lentement en lui. Il savait que c'était la même présence qu'il avait ressentie dans son rêve. Mais était-ce bien un rêve ? Où était-ce la réalité ? Il ne pouvait plus faire la différence entre les deux. La voix s'éleva à nouveau, et Jim pu cette fois distinguer clairement chaque mot prononcé par cette étrange présence.
– Qui est-tu Jim Kirk ?
La voix avait parlé, juste derrière son oreille. Retenant un frisson, Jim répondit.
– Je vous l'ai dit, l'autre fois.
Ses lèvres ne remuèrent pas. Sans s'en rendre compte, il avait parlé avec son esprit. Jim n'avait pas vraiment envie de coopérer. Il se sentait comme forcé de parler, alors que tout ce dont il avait envie était de fermer les yeux et de sombrer dans cette quiétude aquatique.
– Tu te souviens. Bien.
Jim reconnu le sentiment de contentement émaner de l'entité. Il avait la drôle sensation de ressentir des émotions qui n'étaient pas les siennes, et parallèlement, d'être lui-même mis à nu. La présence qui lui parlait était en train de l'analyser, le décortiquer.
– Tu es inquiet. Tu es… malade.
C'était une affirmation. Une boule se forma dans le ventre du capitaine. Oui, il était inquiet, en permanence. Et comment ça, malade ?
– Je peux lire en toi, Capitaine.
La voix avait été un brin moqueur sur la fin, et Kirk fut se mit sur la défensive.
– Qui êtes-vous ? s'écria-t-il, sèchement. Qu'est-ce qui m'arrive ?
Il avait de plus en plus mal à la tête, comme si la présence l'attirait dans un étau serré.
– Tu m'as appelé, Jim. Et dans les tréfonds de ton âme, je suis parvenu à te répondre.
– Je n'ai appelé personne !
Il avait crié, la colère montant depuis son ventre. Sa voix s'était apparemment trop élevée pour son interlocuteur, car il senti une main se plaquer contre sa bouche, et un poids l'immobiliser. Pris de panique, Jim baissa les yeux. La main sur son visage n'était pas là, il n'y avait que de l'eau, et pourtant, il la sentait très clairement, tout comme le souffle qui lui chatouilla la nuque lorsque l'autre parla à son tour.
– Alors nous avons un problème. Car tu m'as fait revenir de loin, James T. Kirk, et tu es le seul à y être parvenu.
La curiosité de l'individu était poussée à l'extrême. Jim était calculé, observé et analysé en profondeur. Apparemment, la mystérieuse présence sondait son esprit pour y trouver quelque chose, mais quoi ? La sensation, loin d'être agréable, le fit souffrir un peu plus.
– Arrêtez ça !
L'homme se recula et retira sa main. Jim était maintenant sûr qu'il s'agissait d'un homme.
– Un mal te touche Jim. Un mal dont tu ne pourras pas t'échapper.
– De quoi parlez-vous ?
Son cri resta sans réponse. Un tourbillon l'aspira plus profondément dans les ténèbres, la lumière décrût rapidement dans l'eau et Jim ne vit bientôt plus grand-chose.
– Qu'est-ce qui m'arrive ? Ses yeux se voilèrent un instant. Si vous savez ce que j'ai, dites-moi comment guérir.
La présence se fit soudainement moins menaçante, mais Kirk ne baissa pas sa garde. Des mains, fines et pourtant fortes, se resserrèrent autour de son crâne, tel un étau. Lentement, elles aspirèrent sa douleur. Il pouvait sentir le mal être transporté de ses tempes jusque dans cette étreinte invisible. Le mal de tête disparu, la soif et la fièvre aussi. Jim se senti soudainement bien.
– Je peux apaiser ta douleur, mais le mal reviendra, et tu ne pourras pas le vaincre seul. Il te faut quelqu'un d'autre.
– Mais qui ? répondit Jim, désespéré.
La présence relâcha son esprit, et le capitaine retrouva à nouveau ses sensations. L'eau l'écrasait de son poids et la lumière du soleil transperçait depuis la surface. Il devait donc trouver une personne pour le soigner, mais qui, un médecin ? un chaman ?
– Qui importe le plus ? demanda la voix.
Qui importe le plus ? Cette voix… plus il l'entendait, plus Jim pensait la reconnaître. Il l'avait déjà entendue, et pourtant, elle était différente. C'était Spock, n'est-ce pas ? C'était encore un de ces rituels Vulcains un peu étrange.
– Spock ? appela Jim, pensant que c'était lui qui se cachait derrière tout ça.
La présence ne comprit pas que Jim appelait son ami. Il crût à une réponse, qui n'avait pas l'air de lui plaire beaucoup. Bousculé dans tous les sens, Jim compris qu'il se noyait. La présence l'avait écrasé au fond de l'eau, le faisant suffoquer. Colère. Peur. Surprise. Jim ressenti toutes ces choses qui n'était pas les siennes pendant qu'il perdait le peu de force qui lui restait encore. Il ignorait depuis combien de temps il était sous l'eau, et pourquoi il y était d'ailleurs, mais il savait qu'il allait y rester. Spock était-il fâché au point de le tuer ? Il avait bien failli le faire, n'est-ce pas ? Il en était capable. Mais était-ce vraiment Spock ? Impensable, pourtant cette voix ressemblait beaucoup à la sienne…
Qui importe le plus ?
Soudain, le poids sur Jim disparu et il se senti tirer vers le haut. La présence meurtrière s'enfuit avec furie, soulevant l'eau du bassin dans un immense jet d'eau et d'écume, éclaboussant la place et faisant fuir les passants qui s'y trouvaient.
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Spock Prime resta en retrait en observant le comportement de Jim. Il regarda avec stupéfaction le capitaine de l'Enterprise se déshabiller entièrement et se jeter par-dessus le bord de la fontaine pour plonger dans l'eau. Heureusement, personne appart lui ne semblait l'avoir remarqué. Il courut aussi vite que son âge le permettait vers la fontaine et vit avec horreur que son ami était en train de se noyer.
– Jim !
Le capitaine submergé gesticulait dans l'eau tourbillonnante, lâchant de grosses bulles d'airs qui remontaient à la surface. Le vieux vulcain voulut plonger son bras dans le bassin afin de l'attraper, mais au moment précis où ses doigts entrèrent en contact avec le liquide un énorme jet d'eau s'éleva dans les airs tel un geyser, le faisant reculer et le mouilant de la tête au pied. Se redressant, Il entendit des crachats et des toussotements et se pencha à nouveau par-dessus le bassin à moitié vide à présent, pour aider Jim à sortir de l'eau. Il tira sur son bras et le blond bascula, se laissant aller de tout son poids contre le plus âgé. Spock l'appuya par les épaules contre le bord en pierre.
– Est-ce que ça va Jim ?
Respirant avec difficulté, le jeune homme lui répondit tout en s'ébrouant comme un chien mouillé. Il tremblait de tout son corps.
– Je… ahem, Je vais bien.
Spock Prime aida Jim à se relever et scruta son visage avec inquiétude.
– Que s'est-il passé ?
– Je… Je n'en sais rien.
Il reprit lentement sa respiration, avalant une grosse bouffée d'air chaud.
– Pourquoi n'êtes-vous pas intervenu ? J'étais à ma limite d'oxygène lorsque vous êtes venu !
Jim était plus furieux qu'il ne devrait l'être. Il avait un sentiment de malaise qui croissait dans son ventre. Il avait la désagréable sensation que Spock derrière tout ça, mais il n'avait pas pensé auquel des deux Spock ce phénomène était relié. Peut-être était-ce celui qui lui faisait face qui…
Spock le regarda, l'air de plus en plus inquiet pour sa santé mentale.
– Je ne comprends pas Jim. Tu es resté sous l'eau 16 secondes précisément, et au vu de la taille de tes poumons ainsi que ton–
– Quoi ? le coupa Kirk, confus. Cela faisait bien plus longtemps, j'ai eu le temps de parler… enfin j'y suis resté un long moment… Il me semble…
Qu'est-ce qui lui était arrivé ? C'est vrai qu'en y repensant, il n'avait pas la sensation d'avoir été asphyxié- et, malheureusement pour lui, il savait parfaitement quelle sensation ça faisait- ni mal à la gorge, alors comment ?
Spock lui serra les épaules, l'air concerné.
– Comment ça tu as eu le temps de parler ? Avec qui ?
Le blond le regarda droit dans les yeux, essayant de voir si Spock Prime feintait de ne pas comprendre la situation. Au vu du pli d'inquiétude qui se trouvait entre ses deux sourcils, il était clair qu'il n'était pas derrière tout ça. Jim voyait clairement que la seule émotion qui l'animait en ce moment était une sollicitude non-feinte. Cela le toucha en plein cœur, balayant le moindre doute.
– Je croyais que c'était vous. Lui dit-il, franchement. Enfin, l'autre vous. Mais, en y réfléchissant, appart la voix, je n'avais aucun moyen de savoir à qui je m'adressais.
Spock Prime le dévisagea, les yeux écarquillés.
– Tu dis qu'une personne t'as fait te jeter dans une fontaine juste pour te parler ?
– Oui, dans mon esprit…
Kirk commença à vaciller. La fatigue s'abattit sur ses épaules, définitivement trop lourd à supporter.
– Quelqu'un qui avait ma voix ? reprit Spock Prime, perplexe.
– Une voix qui ressemblait à la vôtre… difficile à… dire.
Il ne tenait plus. Son corps s'affaissa et le vulcain eut juste le temps de l'attraper avant que sa tête ne heurte le sol.
– Jim ?
Il leva les yeux vers lui, et Spock y lu des multitudes de sentiments l'animer. Peur, incompréhension, questionnement, inquiétude…
– Qu'est-ce que c'était, Spock ?
Sa voix était si faible que s'il n'avait pas eu une ouïe vulcaine il ne l'aurait pas entendu, puis Jim sombra dans l'inconscience.
Des sentiments envahirent brutalement le vulcain. Les années passées loin de sa principale source d'émotions, à savoir Jim Kirk, l'avaient habitué à ne plus rien ressentir. Une petite larme roula sur sa joue. Il sentait avec impuissance ses sentiments s'écraser contre sa barrière mentale, la fissurant de toutes parts, créant des brèches dans lesquelles s'engouffraient des souvenirs douloureux. Quel que soit l'univers dans lequel il se trouvait, Jim Kirk semblait toujours parvenir à atteindre son cœur avec une facilité déconcertante.
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– C'était comme si quelqu'un me parlait à l'intérieur de ma tête.
Le capitaine Kirk et l'ambassadeur Spock étaient tous deux assis autour d'une grande table ronde en inox dans la cafétéria du complexe prêté à l'équipage. Une bonne partie de la journée s'était écoulée depuis l'incident avec la fontaine, et après avoir passé une série d'examens médicaux pour voir si son corps et son esprit n'avaient pas gardé des séquelles, (exécuté par un docteur vulcain) Jim avait pu retourner presque immédiatement auprès de son nouveau professeur, afin d'obtenir des explications. Heureusement le docteur n'avait posé aucune question. Jim n'avait pas attendu les résultats, et même si l'infirmière qui s'était occupée de lui avait essayé (en vain) de le retenir, Jim étant qui il était, n'avait pas tenu compte de ses recommandations et était parti sans attendre. Spock l'avait attendu pendant tout ce temps, lui proposant d'aller s'asseoir pour en discuter. Ils avaient décidé de ne pas ébruiter l'incident. C'est pour cette raison qu'ils avaient consulté un médecin vulcain plutôt qu'un médecin de l'Enterprise. La conférence était imminente et Jim ne pouvait pas se permettre de la rater, ses supérieurs à Starfleet attendaient des retours de ce meeting important et si quelqu'un s'apercevait de ce qui se passait chez lui, autant oublier toute cette affaire et repartir tout de suite. Spock avait l'air soucieux et prenait soin de choisir ses mots.
– Je pense que tu as subi une sorte de fusion mentale Jim.
Kirk laissa tomber la baguette en plastique pour mélanger son café qu'il mâchouillait depuis plusieurs minutes sous la surprise.
– Une fusion mentale ? La même chose que vous m'avez fait la première fois qu'on s'est rencontré ?
Spock eu l'ombre d'un sourire. Cela semblait de toute évidence être un bon souvenir pour lui. Pas que Jim n'était pas content de l'avoir trouvé à cette époque, et d'ailleurs il lui avait sauvé d'un terrible danger ce jour-là, mais comme il s'était fait exilé par Spock en pleine cire sur l'Enterprise cela ne restait pas un merveilleux souvenir dans sa mémoire.
– Ce n'était pas exactement la même chose.
Il semblait hésiter à parler, alors Jim l'encouragea.
– Je sais que je vous en demande beaucoup, mais je ne vous embêterais pas avec ça si vous n'étiez pas la seule personne qui puisse m'aider à résoudre ce petit problème de… Je ne sais même pas comment appeler ça, mais je vous jure que je peux encaisser à peu près n'importe quelle révélation.
Spock eu un sourire triste.
– Si je prends le temps de peser le pour et le contre de m'autoriser à te dévoiler certaine choses Jim, ce n'est pas parce que je n'ai pas confiance en ta force, je sais que tu es l'homme le plus courageux que je n'ai jamais connu, mais c'est pour t'éviter tous danger."
Kirk le regarda, ému. Le Spock en face de lui avait toujours une si haute estime de lui que Jim se sentait presque parfois honteux. Mais la sympathie qu'il ressentait dans ces moments lui faisait oublier sa gêne. Alors il lui sourit, sincèrement heureux. Cela semble rassurer l'aîné, qui poursuivit son discours.
– Comme tu le sais les vulcains ont un pouvoir de télépathie qui s'exerce principalement par le contact, c'est en partie pourquoi nous tenons plus à nos espaces personnels que les humains.
Il fit une pause.
– Mais ce n'est pas la seule faculté que nous possédons. Nous avons, bien qu'avec certaines limites, la possibilité de suggestionner autrui, à distance. Nous sommes sensibles aux pensées puissantes et aux esprits forts.
Il lui jeta un regard en biais à la fin de sa phrase. Kirk commençait à voir où le demi-vulcain voulait en venir.
– Ainsi donc, j'aurais été la cible de phénomènes étranges à cause de… de qui je suis ? De mon esprit ?
Il n'était pas sûr que ce soit la vraie raison. Ça paraissait un peu léger comme explication.
– En partie oui. Il est indéniable que ton esprit fait partie de ceux dont les vulcains remarquent les… échos. Mais il est pratiquement impossible pour la grande majorité des vulcains de parvenir à entrer en fusion mentale avec un autre être pensant sans le toucher, et encore moins sans l'avoir déjà vu au préalable.
– La grande majorité ? souleva Jim, intrigué. Cela veut dire que certains en sont capable ?
Spock Prime était de plus en plus hésitant.
– Il y en a oui.
Il ne s'attarda pas sur ce point. Jim se retint de lui poser une autre question.
– Le plus important Jim, c'est que tu arrives à te remémorer tous les détails de ce rêve, ainsi que ceux que tu as fait par le passé.
Jim bu une gorgée de café, qui était maintenant froid. Il fit une grimace. Balayant la salle du regard, il fouilla dans sa mémoire. Il ne voyait que de brefs flashs, comme un film dont la pellicule serait abîmée.
– Je… Quand je suis plongé dans mon sommeil, je ressens et vois les choses très clairement, mais une fois éveillé… C'est très flou…
L'ambassadeur posa une main ferme sur son épaule. Ce petit geste anodin pour un humain, avait une tout autre dimension pour lui.
– Concentre-toi, tu peux y arriver.
Jim ferma les yeux. Il se remémora les paroles graves au timbre fort et puissant.
– Il m'a dit… Ce... vulcain m'a dit que je l'avais fait venir de loin, ou quelque chose dans le genre.
– Continue.
– Il m'a également dit que j'étais… oui, que j'étais… malade.
Le regard de Spock se perdit dans le vague. Jim l'avait déjà vu faire, enfin sa version plus jeune. C'était l'expression qu'il prenait lorsqu'il réfléchissait intensément.
– Et tu es malades Jim ?
– Non ! C'est ça qui est louche. Lorsque j'ai fait des examens à l'infirmerie à bord de l'Enterprise après ma première, heu, crise, j'ai eu quelques anomalies sanguines, mais dès le lendemain matin il n'y avait plus rien, et d'ailleurs le docteur McCoy est persuadé que j'ai été drogué, mais comme il n'y avait aucune trace dans le sang…
Spock se toucha le menton distraitement.
– C'est en effet préoccupant.
– Depuis quelques jours, c'est vrai que je ne me sentais pas bien…
Spock le regarda avec inquiétude.
– Mais pas de quoi être alarmé ! ajouta précipitamment Jim. J'avais quelques migraines, et, lorsque j'ai vu cette fontaine, la même que dans mon rêve, j'ai eu de plus en plus mal. En fait c'était comme si j'avais porté ce mal en moi durant tout ce temps, mais que je n'en avais jamais vraiment pris conscience. Vous savez, comme quand on marche durant des heures et on s'aperçoit qu'on a des cloques seulement en retirant nos chaussures.
Il fit une pause, regardant un peu autour de lui. Depuis l'incident de ce matin, il n'avait cessé de cogiter à ce propos et il espérait que Spock Prime lui donnerait des explications. Le demi-vulcain ne disait toujours rien, alors Jim continua.
– C'est assez flou dans ma tête, pourtant je crois bien qu'il m'a soulagé, en quelque sorte. Mais cela ne va pas durer...
– Comment ça ?
– Eh bien, j'avais mal vous comprenez ? Et je ne sais pas comment, mais il a comme aspiré ma-
– Non, le coupa Spock. Après ça.
– Quoi ? Heu, il a dit que ça ne durera pas, répéta le blond. Il a dit que le mal reviendra, et que je ne pourrai pas m'en sortir seul.
– Surprenant.
Ils arrivaient à la même conclusion.
– Je crois que cet individu sait exactement ce que j'ai.
– Oui, confirma le plus vieux d'une voix grave. Et il sait visiblement aussi comment te soigner. Es-tu sûr qu'il ne t'ait rien dit de plus concernant cette maladie ? Tout indices, même le plus maigre, pourrai nous aider à trouver une explication logique.
– Je me souviens d'une chose… C'est d'ailleurs la dernière chose que j'ai comprise.
Jim releva la tête.
– Qui importe le plus.
Les mains de Spock se crispèrent de façon étrange. Il serra tellement ses doigts que ses jointures devinrent blanche.
– Vi Nam-Tor Wuh Danik Yauluhk.
Jim ne comprit pas les mots qu'il prononça. Ses sourcils étaient montés tellement haut sur son front qu'il crût un instant avoir un humain et non un vulcain en face de lui. Spock planta son regard dans le sien, sondant son être jusqu'à le rendre mal à l'aise. Qu'est-ce que Spock Prime essayait comprendre en le regardant de la sorte ? Le demi-vulcain semblait avoir eu une sorte d'illumination. Il exprimait un étonnement pur, allant presque jusqu'à l'émerveillement. Puis soudainement, son visage se ferma.
– Je dois vérifier quelque chose. Ne m'en veut pas Jim, mais je vais devoir te laisser.
Il se leva sans plus d'explication, et pris la direction de la sortie. Jim se leva d'un bond.
– Mais où est-ce que vous allez ?
Il ne pouvait pas le laisser en plan comme ça ! Il avait encore tout un tas de questions, et l'attitude du vieil homme n'était pas normale. Il se lança à sa poursuite.
– Qu'est-ce que ces mots signifient ?
Jim cru qu'il allait l'ignorer, mais l'ambassadeur se stoppa, sans toutefois se retourner. Une habitude que Jim détestait chez son ami au sang vert.
– J'ai besoin de réfléchir Jim. Je crois avoir une idée de quoi tout ceci retourne, mais je dois vérifier une chose. Tu n'as plus besoin de t'en soucier.
– Mais…
Il allait protester, mais Spock le connaissant trop bien, ne lui ne laissa pas le temps. Il se retourna, la main en avant.
– S'il te plait Jim. Si ce que je crois savoir est vrai, alors je dois partir au plus vite.
Le vulcain se rapprocha de lui.
– Il faut que tu me fasses confiance. Je sais que tu veux des réponses, et elles viendront, mais patience.
Bien sûr, Jim lui faisait confiance. Mais c'était difficile pour lui d'être tenu dans l'ignorance, alors que son ami allait peut-être résoudre cette affaire de son côté.
– Je… Bien.
Il laissa couler pour cette fois. Il finirait bien par avoir les réponses. Si Spock avait choisi d'enquêter de son côté, il n'allait sûrement pas le faire changer d'avis. Mais cela ne l'empêcherait pas de faire des recherches de son côté.
Après un dernier salut vulcain, Spock franchit la porte et disparu. Jim soupira. Il était écarté par les deux Spock en moins de 24 heures. Un coup dur à encaisser.
Le capitaine ramassa les deux gobelets laissés sur leur table, et les jeta sans ménagement dans la poubelle, avant de sortir lui aussi de la cafétéria. Ce qui importait maintenant, c'était sa mission sur la nouvelle Vulcain, et bien sûr la séance qui allait se dérouler le lendemain matin. Il devait mettre sa rancune de côté. Son apprentissage avec Spock Prime avait tout de même été fructueux, mais le contretemps d'hier l'avait empêché de se préparer pour le lendemain. Il avait du pain sur la planche.
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L'atmosphère était détendue dans la salle commune où tous les membres de l'Enterprise ainsi que d'autres habitants du complexe étaient en train de prendre du bon temps. L'endroit était confortable et chaleureux. Les murs de briques rouges qui avaient été laissé tels quels contrastaient avec la douceur des divers canapés et moquettes colorés dispersés un peu partout dans la pièce.
Jim était accoudé au bar une bière à la main, McCoy à ses côtés. Voir son équipage s'amuser ainsi lui remonta le moral et lui fit oublier un moment tous ces soucis récents. Ils le méritaient bien, après tant de mois dans l'espace à travailler et à risquer leurs vies au quotidien. La musique battait son plein et plusieurs fûts de bière avaient déjà été vidés.
– Tire pas cette tête Jim.
Le capitaine se tourna vers son ami qui le regardait, contrarié. Il ne lui avait pas posé de question après la conversation qu'il avait surprise entre lui et Uhura. Jim se demandai toujours pourquoi le docteur continuait à lui cacher ce qu'il savait sur Spock. Ce dernier ne s'était d'ailleurs pas montré à cette soirée, ce qui n'était pas surprenant, mais l'agaçais fortement.
– Et je fais quelle tête Bones ?
– La tête d'un mec qui se demande pourquoi un autre mec n'est pas là ce soir.
Jim recracha la moitié du contenu de la bière qu'il était en train de boire à l'écoute des paroles du docteur. Celui-ci eut un rire moqueur.
– Q-Quoi ?
McCoy lui lança un regard blasé.
– Tu te demandes pourquoi Spock n'est pas là et c'est physiquement difficile de te regarder attendre quelque chose qui n'arrivera jamais.
Jim essuya avec une serviette la bière qui avait coulé sur son t-shirt.
– Je ne comprends rien à ce que tu racontes Bones. Arrête de boire.
McCoy voyait bien que son ami n'était pas dans son assiette, et l'absence de Spock était en général la raison principale de la mauvaise humer du capitaine.
– Allez gamin ! Essaie de te détendre un peu bon sang.
Il leva les mains au ciel face au mutisme de Jim. Quel enfoiré borné.
– Je vois bien que tu t'inquiètes pour Spock –et ne mens pas tu es nul pour ça–, ajouta-t-il en voyant que Jim allait protester. Mais la seule chose qui pourrait te faire du bien en ce moment, c'est de te détendre et t'amuser. On ne reçoit pas souvent ce genre d'ordre de la part de son médecin, alors profite-en.
– Je ne suis pas inquiet pour Spock.
Même Jim se rendit compte que ça sonnait faux.
– Mouais. Bah en tout cas tu n'as pas à t'en faire, je l'ai vu il y a deux jours pour une visite médicale et il va très bien, alors cesse de te tracasser ou je te cogne.
Jim grogna mais n'argumenta pas plus. Il n'avait encore rien dit au docteur à propos de nouveaux éléments concernant sa "maladie", et bien qu'il ait envie de lui en faire part, Spock Prime lui avait fait promettre de ne rien dire. Bones avait plus que raison, il devait laisser couler. Difficile, avec cette petite voix dans sa tête ne pouvait cesser de chantonner ses inquiétudes. Ou est Spock ? Qu'est-ce qu'il fait ? Pourquoi est-ce qu'il ne me seconde plus ? Pourquoi il n'est pas à mes côtés ? Est-ce que je perds la boule en ce moment ?
Pour la faire taire, Jim descendit le reste de sa bière cul sec sous le regard étonné mais ravis de McCoy.
– Je vais monter à ces gens comment faire la fête Bones ! s'exclama Kirk sur un ton dramatique avant de se lancer dans la foule.
Le docteur roula des yeux.
– J'ai hâte de voir ça !
Son regard suivit le jeune homme qui dansait à présent avec deux jolies filles, et il poussa un léger soupir. Il espérait que le capitaine prendrait garde à ne pas avoir la gueule de bois lors de la réunion de demain. Parce que cette fois, ça serait entièrement de sa faute.
Voilà, j'ose espérer que vous avez apprécié ce nouveau chapitre, on se voit bientôt pour le suivant !
