Hello tout le monde ! Nouveau chapitre en ligne, j'espère qu'il aura des bons retours. Dans ce chapitre se passe enfin la fameuse conférence ;)
Bonne lecture !
Chapitre 7 : La Conférence
Lorsqu'il se réveilla, Jim eu beaucoup de mal à se souvenir de la soirée d'hier. Un mal de crâne atroce l'avait pris en se levant, et il essayait maintenant de se remémorer comment il avait bien pu finir dans cet état. Il avait le vague souvenir d'avoir dansé avec une fille, puis d'un concours de fléchettes. Il avait remporté la partie haut la main, faisant ainsi perdre 5 personnes qui avaient eu comme gage de retirer leurs uniformes. À partir de là, plus grand-chose appart le fait qu'il avait passé du temps avec la grande blonde qui avait failli le battre aux fléchettes précédemment. Chose positive, il était indéniable qu'il s'était amusé, et peut-être était-ce grâce à la couche d'alcool assez importante dans son sang, mais il n'avait pas fait de rêve étrange cette nuit.
Mais ce qui le mit de meilleure humeur, fût le fait qu'il allait enfin pouvoir revoir son officier en second. Aujourd'hui se tenait la conférence et Spock allait y participer. Il avait bien réfléchi à son comportement des derniers jours. Si effectivement Spock avait un problème d'ordre personnel et qu'il en avait parlé avec Léonard, et que celui-ci lui affirmait qu'il allait bien, Jim n'avait pas son mot à dire. McCoy n'aurait pas laissé le vulcain sortir de son enfer blanc s'il soupçonnait quelque chose de grave. Il n'empêche que, Bones avait décrété qu'il n'avait pas les connaissances suffisantes pour soigner Spock et l'avait remis entre les mains d'un médecin vulcain. N'était-ce pas un argument valable pour que Jim soit inquiet ?
Le capitaine se leva et entra dans la douche d'un geste machinal. En passant devant le miroir, il vit des cernes profondes creuser ses yeux. Génial. Il actionna la douche et régla la température le plus froid possible. Sa peau se couvrit immédiatement de chair de poule et il contracta ses muscles. Bordel que c'était froid !
En sortant de la salle d'eau Jim vit l'heure sur le réveil analogique sur la table de nuit. Mince ! Il était déjà en retard. Il s'habilla en vitesse aussi bien que possible et essayait vainement d'aplatir les cheveux sur son crâne quand il déboula dans le hall d'entrée ou la plupart des officiers attendaient.
Quittant le bâtiment dédié à Starfleet, Kirk se mis en route avec Uhura et Scotty, accompagné par deux vulcains venus les escorter. Ces deux chefs de services avaient également été invités, Uhura pour des raisons de dialecte et pour faciliter les échanges ce qui semblait évident, et Scotty pour des raisons techniques et plus particulièrement pour discuter des avancées technologiques envisageables pour l'Enterprise.
Les navettes atterrirent dans une grande place pavée de pierres blanches. L'endroit était immense. Au centre de la place se trouvait une statue gigantesque d'un vulcain tenant un livre dans ses mains, ayant les yeux fermés, laissant deviner une grande sérénité. En regardant la statue, le trac de Jim retomba. Il ne l'avait pas remarqué plus tôt, mais son ventre se tordait douloureusement au fils des minutes qui s'écoulaient.
– C'est une représentation de Surak.
Uhura venait de chuchoter à son oreille. Elle lui expliqua d'autres anecdotes en chemin. Pour une raison inconnue, Jim se senti mal à l'aise. Pourtant d'habitude il ne refusait jamais la proximité d'une femme. C'était étrange. Et tout à fait nouveau. Il s'éloigna d'elle et regarda les lieux plus attentivement, laissant passer ses collègues devant lui.
D'autres navettes étaient parquées dans la place, avec tous le beau monde de Starfleet s'agglomérant en petit groupe. La plupart des plus hauts gradés de la compagnie étaient au rendez-vous. Ces gens n'avaient pas tous un intérêt à venir ici, et Jim soupçonnait beaucoup d'entre eux d'être venu uniquement pour découvrir la nouvelle planète vulcaine par curiosité. Parmi eux se trouvaient des vétérans qui considéreraient certainement Jim comme une gamin sans expérience qui n'avait rien à faire à la tête d'un des vaisseaux les plus important de la flotte. Mais peu lui importait. Il avait prouvé qu'il méritait de diriger l'Enterprise. Et de toute manière il était bien trop occupé à discerner une silhouette en particulier parmi la foule pour prêter attention à leurs regards.
Ils entrèrent dans un grand hall. Un brouhaha assortissant y régnait, témoignant de la présence des humains, et autres races, en ces lieux. Tandis que Jim était occupé à serrer d'innombrables mains, il continuait de le chercher des yeux. Mais ou diable était passé Spock ? C'était l'être le plus ponctuel qu'il n'ait jamais connu, et il n'était pas encore là. Une voix s'éleva dans son dos.
– Capitaine Kirk !
C'était Scotty, l'air tout excité, qui lui faisait de grands signes vers la porte menant à la salle de conférence.
– Oui, j'arrive.
Il jeta un dernier coup d'œil derrière lui, mais toujours aucune trace de Spock. Déçu, il lui emboita le pas.
/
–…Et comme vous pouvez le voir, les avancements technologiques ne seront pas suffisants pour atteindre l'objectif fixé. D'après nos calculs, il nous manque une quantité de 15,2% de mains d'œuvre, qu'elles soient terriennes ou originaires d'autres planètes. Quant aux taux de rendement du trafic aérien concernant les marchandises exportées depuis notre planète, les chiffres indiquent que–
Jim soupira. Ils étaient plus de 200 personnes dans cette salle circulaire et sombre. La chaleur était étouffante. Plus les discussions et les débats avançaient, plus le jeune capitaine avait du mal à rester éveillé. Il n'était pas sûr de pouvoir tenir encore deux heures comme ça. Les vulcains avaient des choses extrêmement importantes et intéressantes à dire, mais la façon dont ils s'y prenaient pour faire passer leurs idées était tellement… ennuyeuse. Aucune intonation dans la voix, pas de pause, des chiffres à retenir à une vitesse affolante. Ajoutez à cela un débit de parole élevé et vous êtes bon pour la sieste.
En passant son regard sur d'autres visages, Kirk remarqua qu'il n'était pas le seul à penser ainsi. De nombreux hommes et femmes somnolaient dans leurs chaises, il vit même un amiral particulièrement âgé qui était en train de dormir paisiblement, le menton reposant sur son torse.
Plusieurs minutes défilèrent ainsi. Les prises de paroles passèrent d'une personne à une autre. Les discours humains ramenaient Jim sur le qi-vif, mais le temps semblait tout de même s'être arrêté. Et dire qu'il s'était préparé comme un dingue afin de ne pas avoir l'air d'un parfait idiot lors d'éventuelles négociations… Personne n'avait eu et n'aurait jamais l'intention de lui demander son avis. Cette salle était remplie d'aînés et de membres bien plus haut gradés que lui, dont le poids des paroles était beaucoup plus lourd que le sien. Il était juste le jeune et arrogant capitaine qui avait essayé de sauver une planète, et qui n'y était pas parvenu.
Jim décroisa les jambes et s'étira en se massant le cou. On lui avait pourtant indiqué que les nouveaux locaux administratifs étaient bien équipés en matière d'aération et de confort de vie. Ce genre d'espaces étaient prévus pour accueillir des visiteurs étrangers. Mais il faisait décidément trop chaud dans cette salle. Son siège était confortable. Petit à petit, le jeune homme sentit son corps s'engourdir et il ne parvint plus à garder les yeux ouverts. Spock n'était toujours pas venu. Quelque chose clochait. Son père Sarek était là, mais aucune trace du fils. Les autres membres de l'Enterprise se trouvaient deux rangées derrière lui, qui se trouvait à la rangée des capitaines. Impossible de leur en parler sans attirer l'attention sur lui.
Il cligna plusieurs fois les yeux et secouant la tête. Des gouttes de sueurs perlèrent de son front. Il déboutonna les deux premiers boutons de son uniforme, attirant l'attention d'un jeune officier en face de lui. Kirk avait la tête lourde et ne sentait plus vraiment son corps tant celui-ci était engourdi. Ses oreilles commencèrent à bourdonner lorsqu'il vit du coin de l'œil une des portes du fond s'ouvrir en grand. Une silhouette se détacha de la lumière et se glissa silencieusement dans la salle en contournant une colonne de pierre. Personne d'autre ne semblait l'avoir remarquée. Il crut reconnaître la silhouette d'un vulcain. La porte se ferma et Jim ne vit plus rien pendant un moment.
Était-ce Spock ? Jim en se releva d'un coup sur son siège, cette fois complètement éveillé. Il cligna des yeux. La silhouette se tenait à présent debout dans un coin sombre de la pièce. Jim ne parvenait pas à voir son visage, et pourtant il savait pertinemment de qui il s'agissait. C'était ce vulcain, celui qu'il voyait en rêve. Il senti comme une pierre tomber dans son estomac. L'inconnu tourna la tête dans sa direction et Jim fut paralysé. Il voulut crier, mais rien ne vint. Tout était flou et tremblait dans son champ de vision, sauf cette silhouette. Il ne pouvait plus tourner la tête pour regarder ailleurs que son visage. Pourtant il ne pouvait pas décrire ces traits avec précisions. Soudain, sa tête lui fit un mal atroce, et il senti le sol se dérober sous ses pieds. Plus rien n'avait l'air solide, tangible, excepté ce regard qui le transperçait depuis l'autre bout de la salle. Le sol, les murs, la voix des négociateurs, tout parti en fumée. Ne pouvant tenir cette pression dans son crâne, Jim pris sa tête entre ses mains, gémissant de douleur. Cette sensation… C'était la même que dans la fontaine. Le bourdonnement dans ses oreilles se fit plus grand, lorsque la voix, cette voix, s'éleva à nouveau pour lui parler.
– James Kirk.
– Que… Qui êtes-vous ?
– As-tu trouvé la réponse à ta question ?
Dans la confusion et la douleur, Jim ressentit des choses qu'il ne comprenait pas, qui n'étaient pas à lui. De la colère, de l'espoir, de la curiosité.
– Vous n'êtes pas Spock n'est-ce pas ? Arrêtez, je vous en prie !
– Spock ? répéta la voix d'un ton grave. Comment connais-tu ce nom ?
De la haine et de la peur, se mélangèrent au tourbillon.
– Je… C'est…
Mais qu'étaient-ils au juste ? Jim n'était plus sûr de rien. Un ami ? Mais les amis ne s'ignoraient pas pendant des jours et ne se cachaient pas des choses importantes. Un collègue ? Oui, ils étaient collègues, il en était à peu près certain. Spock était son second et lui son capitaine.
– Un collègue. Mon officier en second.
– Tu mens !
L'individu poussa un hurlement, envoyant vers Jim des vagues mentales foudroyantes de colère.
– C'est la vérité ! s'exclama Jim. Qu'est-ce que ça peut faire ? Qui êtes-vous, et que voulez-vous à la fin ?
Il commençait à perdre patience, et la colère montait en lui. Il en avait marre de se sentir si impuissant, de subir ces attaques mentales n'importe quand et n'importe où. Qui était ce vulcain ? que lui voulait-il ? Comment connaissait-il Spock ?
– Je suis prisonnier capitaine Kirk, et je t'ai entendu. J'ai lu en toi. Cela faisait longtemps que j'attendais que ça arrive.
– Que voulez-vous dire ?
Il ne comprenait rien. Il ne sentait plus son corps et n'avait plus conscience de l'endroit dans lequel il se trouvait. Les ténèbres l'enveloppaient, traversée par ce regard perçant et cette présence dans sa tête.
– Depuis ma prison, j'ai vu le mal qui te touchait, j'ai vu ta volonté et j'ai vu ton cœur.
Quelque chose de dur se trouvait sous lui. Était-ce le sol ?
– Les émotions. Tu provoques des émotions fortes. J'ai vu ces émotions, comme tu peux voir les miennes. Mais les tiennes sont si fortes qu'elles sont devenues tangible. Un fil auquel me rattacher. Pour revenir…
– Je ne comprends rien, qu'elles émotions ? Je n'ai rien voulu provoquer ! Dites-moi ce qui m'arrive et comment guérir !
– Une fois que le mal a commencé, rien ne l'arrête. Tu dois faire un choix, survivre ou mourir.
La pression diminua, et bientôt, ne fut plus qu'un sifflement.
– Un choix ?
Des voix. Jim entendait d'autres voix autour de lui. Il sentait à présent distinctement le sol sous son corps et compris qu'il était tombé de sa chaise. Le vulcain sortit par la porte d'où il était entré et la présence dans l'esprit de Jim disparu définitivement.
Jim ouvrit immédiatement les yeux, sans se rendre compte qu'il les avait fermés. Il les referma aussitôt. Les lumières de la salle l'avaient aveuglé. Il avait la même sensation de mal-être que lorsqu'il s'était réveillé à l'infirmerie, il y a des jours de ça.
– Capitaine ! Capitaine est-ce que ça va ?
Jim reconnu la voix de Scotty et ouvrit les yeux.
– Oh Scotty, sourit-il bêtement. Que s'est-il passé ?
Jim voyait de nombreux visages qui l'entouraient tandis qu'il gisait sur le sol. Il était bel et bien tombé de sa chaise, mais n'en gardait aucun souvenir. Les lumières avaient été allumées et il entendait au loin des pas pressés et des murmures. Il se releva avec difficulté, tentant de ne pas verser. Il avait la tête qui tournait, et la quasi-totalité des gens présents dans la salle le regardaient.
– Oh non. Vous n'avez pas appelé les secours quand même ? Qui a fait ça !
Horrifié, il vit deux hommes en tenue orange s'approcher tout en écartant la foule.
– Ce n'est rien, juste un coup de chaud !
– Vous n'avez vraiment pas l'air bien Capitaine.
Uhura s'était glissée jusqu'à lui pour l'aider à se redresser. Il vit l'inquiétude sur ses traits d'habitude neutres, chose plutôt rare. Spock avait dû déteindre sur elle.
– Vous n'aviez vraiment pas l'air d'aller bien il y a un instant.
Une fois debout, Jim scruta son visage plus attentivement. Il y avait plus que de la simple inquiétude dans son regard, il y avait de la peur. Mais qu'est-ce qu'il avait fait ? Avait-il gémi ? Avait-il crié devant des centaines de gradés de Starfleet et les plus hautes instances vulcaines ? Magnifique.
Les urgentistes vinrent le soulever pour le poser sur un brancard mais Jim refusa catégoriquement de monter dessus. Il voyait certains officiers le regarder d'un air choqué et inquiet pour beaucoup, mais quelques-uns avaient également un sourire moqueur sur le visage. Une fois de plus, il avait réussi à attirer la pire des attentions sur lui.
– Aller, venez avec nous Capitaine Kirk.
L'ordre venait d'un jeune urgentiste aux boucles brunes. Jim se dit qu'il ferait mieux de ne pas faire plus de vague et se laissa conduire en dehors du bâtiment. Il respira un peu mieux une fois à l'air libre.
– Je vous assure que je vais bien, répéta Jim en affichant son sourire le plus convaincant. J'ai eu une nuit assez rude et je supporte mal la chaleur, pas de quoi en faire une montagne !
Ses accompagnants ne parurent guère impressionnés.
– On vérifiera tout cas une fois arrivé à l'hôpital.
Ils montèrent dans une navette de secours. Jim arriva à convaincre les secouristes à le conduire au complexe où était le docteur McCoy plutôt qu'à l'hôpital de la ville. Ils arrivèrent rapidement dans le bâtiment attribué à l'équipage, et Jim fût immédiatement conduit à l'infirmerie pour se retrouver face au docteur McCoy qui leva les yeux au ciel dès qu'il le vit franchir la porte.
– Dieu du ciel Jim, est-ce qu'un jour tu seras capable de passer une semaine entière sans atterrir ici ? C'est une maladie chez toi ma parole !
– Tu sais bien que je ne peux pas me passer de cet endroit, le personnel est si agréable !
– Ce n'est pas avec des flatteries que tu vas t'en tirer mon garçon ! grogna McCoy sans pour autant parvenir à masquer son amusement.
– Je parlais des infirmières Bones.
– Espèce de sale petit–
L'urgentiste qui avait l'air blasé les interrompit en donnant un document au docteur McCoy.
– Évanouissement soudain avec hausse de la pression sanguine et accélération anormale du rythme cardiaque, ainsi que des signes manifestes d'hallucinations,
Celui-ci ouvrit grand les yeux pendant qu'il scrutait le rapport de l'état de santé de Jim.
– Hallucinations ? Qu'est-ce qui se passe Jim ?
Le capitaine attendit que l'urgentiste quitte la salle avec son collègue pour répondre. Il ne pouvait pas parler des choses qui se passaient dans son esprit. Spock Prime lui avait assuré de lui faire confiance, et bien qu'il n'ait plus eu de nouvelle du vieil homme depuis, Jim croyait encore qu'il trouvera un remède. Il lui faisait confiance.
– Je vais bien, Bones.
Il se leva de son lit, comme pour prouver ses dires.
– Il faisait chaud dans cette salle et j'ai dû m'évanouir. Simplement.
Le médecin se renfrogna.
– Je ne peux pas te laisser partir sans faire de tests et tu le sais.
– Écoutes Bones, je ne vais pas rester ici à cause d'un stupide évanouissement, qui m'a valu la pire honte de toute ma vie je pense – et je pèse mes mots quand je dis ça. J'ai beaucoup de chose à faire, je dois parler avec Spock qui ne s'est même pas pointé à la conférence et–
– Le gobelin n'est pas venu ? s'exclama McCoy.
– Non.
Léonard fronça les sourcils. Il semblait réfléchir.
– Je vois.
– Quoi ?
– Rien. Retourne au lit.
McCoy esquiva son regard inquisiteur et fit mine de chercher un hypospray dans la pharmacie. Il lui cachait des informations, c'était évident. Jim perdit son sang-froid.
– Dis-moi ce qu'il a Léonard bon sang ! Je sais qu'il ne va pas bien, et je dois lui parler de–
McCoy ferma brusquement le tiroir dans lequel il fouillait et fit face à son ami.
– Non Jim, c'est toi qui ne va pas bien, et –non, laisse-moi finir ! Tu as besoin de repos et d'un suivi psychologique.
La dernière recommandation blessa Jim dans son égo. Il resta muet.
– Ne me regarde pas comme ça Jim, des hallucinations ne doivent pas être prises à la légères.
Si tu savais, pensa Jim en son for intérieur. Il était las de tout ceci.
– Ce n'est rien Bones. Tu dois me croire, je gère.
Il ne pouvait pas parler des attaques télépathiques. Ce n'était pas du ressort de son ami et il voulait à tout prix éviter de le mettre en danger. Il ne savait pas encore les intentions du mystérieux vulcain.
– Tu gère mon œil ! Regarde ta tête, on dirait un fantôme !
Il le prit par les épaules et le regarda presque avec férocité. Jim eu un bref mouvement de recul.
– Dis-moi ce que tu as Jim.
– Dis-moi ce qu'à Spock.
Il n'allait pas capituler. Léonard lui cachait des choses sur Spock, surement à la demande de celui-ci. N'empêche que Bones lui mentait aussi et Jim ne se ferait pas avoir comme ça. Ils se défièrent du regard, et après un moment, McCoy baissa les yeux.
– Jim…
– Non Bones. Je sais que tu le couvre ! J'ai… Je vous ai entendus parler avec Uhura l'autre jour à l'infirmerie, avoua-t-il. S'il y a quelque chose, tu dois me le dire. Spock… Je n'ai pas réussi à le joindre depuis que nous sommes ici, et personne ne semble pouvoir me dire pourquoi. Je commence à trouver ça extrêmement louche, alors oui, il se peut que je sois légèrement tendu ! Mais ce n'est pas pour autant que tu dois me garder ici alors que je pourrais trouver un moyen de l'aider !
Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait haussé la voix jusqu'à crier. Il soufflait lourdement. Léonard le regardait avec un mélange de pitié et de remords.
– Je… Tu sais bien que je ne veux rien te cacher Jim.
– Je sais.
– Mais… Tu ne peux rien faire pour Spock, crois-moi.
– Comment le sais-tu ? Qu'est-ce qui lui arrive ?
McCoy soupira tristement et rangea l'hypo qu'il avait en main dans un tiroir.
– Il te le dira sûrement lui-même bientôt.
– Comment ça ?
Il avait million de questions sur le bout des lèvres.
– Fais-moi confiance Jim. Tu me promets de te reposer, et je te laisse tranquille de mon côté.
Jim ne savait plus quoi penser. Qu'est-ce que son officier en second cachait ? Léonard affichait une mine sombre. Oh. Jim senti son ventre se tordre. Ça y est. Il allait lui annoncer qu'il resterait ici, pour aider la colonie. Qu'il s'était réconcilié avec son père et qu'il allait quitter Starfleet. Qu'il allait le quitter lui.
– Il va partir ? demanda Jim, le souffle court.
McCoy se pinça les lèvres et baissa les yeux. Dans le mille.
– Je n'en sais rien. Mais s'il te plaît, sois patient. Tu sauras tout bientôt. En attendant, je te recommande de faire attention à toi et…
– Oui ?
McCoy posa sa main sur son épaule.
– Je suis désolé de ne pas tout te dire Jim, je n'aime pas ça non plus. Mais tu dois me faire confiance, Spock n'est pas en danger, et tu ne peux pas l'aider.
Il était vraiment sincère. Léonard ne mentirait pas sur l'état de Spock, encore moins si c'était important.
– D'accord.
Il capitula, et se dirigea mollement vers la porte.
– Jim ?
– Quoi ?
– Je suis là si t'as envie de parler de ce qu'il t'arrive.
Jim fit une grimace de dégoût.
– Oh pitié Bones ne fait pas ça s'il te plaît.
Le docteur souleva ses sourcils et pris un air faussement innocent.
– Faire quoi ? Mon travail ? Agir de façon raisonnable et conseiller mes patients ?
– Je ne suis pas un patient Bones ! lança Jim en sortant de l'infirmerie.
Le docteur McCoy soupira une seconde fois et se rassis à son bureau pour examiner plus attentivement le dossier de son ami. Il ne put s'empêcher de soupirer.
–… Bien sûr que si, imbécile.
/
Le capitaine Kirk souriait après avoir lu le dernier message reçu sur sa boîte mail. Depuis que Spock Prime l'avait laissé tomber sans explication, Jim s'était senti abandonné. Il était son seul allié dans toute la pagaille de ces derniers temps. Et bien qu'il se soit plus ou moins réconcilié avec Bones, Jim avait quand même placé toutes sa confiance entre les mains du vieux vulcain. Il devait sûrement préparer quelque chose, travaillant sur une solution lumineuse tirée d'un vieux manuel gardé secret dans un des recoins les plus sombre de la bibliothèque.
Sa matinée avait été ennuyeuse à souhait. Il s'était levé aux aurores pour partager une sorte de "brunch" avec certaines personnalités politiques qui étaient venues des différents systèmes voisins faisant partie de la Fédération des planètes unies. Cette réunion avait pour but de discuter des affaires marchandes sur les plateformes spatiales en périphérie du territoire de la nouvelle Vulcain. Mais plus que de répondre aux nombreuses questions des dirigeants vulcains présents, la plupart des politiciens essayèrent de se démarquer les uns des autres en multipliant les cadeaux mirobolants et les pirouettes ridicules.
Aussi, lorsque son vieil ami lui donna rendez-vous à la bibliothèque, Jim senti son humeur s'alléger considérablement. Il avait eu une nuit réparatrice, et il se sentait en bien meilleure forme que la veille. Il y avait toujours un petit creux dans sa poitrine, comme si quelque chose manquait, mais il n'y fit pas attention et sorti du campus une fois la réunion terminée. Il se fit le plus discret possible, n'étant pas d'humeur à répondre à d'éventuelles questions. Il arriva rapidement à la gare pour prendre la première rame en direction de la bibliothèque. Le soleil venait à peine de se lever, et Jim apprécia la fraicheur de l'aube sur son visage. Cela lui rappela la Terre, et il eut un petit pincement au cœur en pensant à elle. Il restait humain, et malgré son amour pour l'univers, sa planète restait l'endroit d'où il venait, son ancre dans un océan d'étoile.
Les portes en verre du turbo ascenseur s'ouvrirent dans un suintement sur la bibliothèque silencieuse. Jim crû d'abord qu'il était arrivé le premier, mais il aperçut la grande silhouette de Spock à contre-jour dans sa tenue traditionnelle vulcaine. Il se tenait dos à lui, observant le paysage prendre des couleurs dorées au fur et à mesure que le soleil se levait.
– Ah, je suis ravi de vous revoir Ambassadeur Spock !
Jim s'approcha de lui. Des tas de questions lui brûlaient les lèvres, et il avait clairement besoin d'explication quant à cette longue absence.
– J'ai des choses importantes à vous demander, où étiez-vous passé depuis tout ce temps ?
Le vulcain ne réagit pas tout de suite. Le soleil s'éleva au-dessus de l'horizon, et sa lumière éclatante explosa derrière sa silhouette lorsqu'il lui fit enfin face. La respiration de Jim s'arrêta.
Il ne s'agissait pas du vieux vulcain, mais du Spock de son univers. De son Spock. Bouche bée, Jim le vit s'avancer lentement vers lui.
– Bonjour Capitaine.
À la prochaine ;)
