Mes yeux commencent lourdement à papillonner, je me réveille doucement, mais où sont ces foutus rayons de soleil qui normalement rentrent dans ma chambre? J'ouvre les yeux et comprends immédiatement quand les souvenirs de la veille refont surface. Je suis encore chez Clarke. Je mets du temps à me rappeler de ce qu'il s'est passé exactement mais je suis coupée dans ma réflexion quand je sens une masse me chatouiller le visage, il s'agit des cheveux de Clarke. Mais que fait-elle aussi prés de moi? Nos jambes sont emmêlées de façon incompréhensible, je ne m'en soucie pas, c'est souvent comme cela que ça se passe quand je dors avec Clarke.

J'essaie de me dégager de son étreinte en douceur, Clarke déteste quand on la réveille. Après de longues minutes d'acrobatie, j'arrive enfin à me lever sans déranger le sommeil de la princesse endormie. Je me dirige vers la cuisine, j'ai besoin de mon café. Une fois ce dernier prêt, je le saisis et prends la direction du balcon pour l'accompagner de mon habituelle clope matinale.

J'aurais sûrement dû me couvrir un peu plus, il fait un froid glacial et je me retrouve seulement habillée d'un tee-shirt long et d'un shorty que Clarke m'avait prêtée la veille. Bon maintenant que j'y suis, je ne vais rentrer de nouveau. Alors que j'observais la vue qui se dessinait devant moi, j'entends la baie vitrée s'ouvrir derrière moi, j'ai à peine de le temps de me retourner que je suis déjà emmitouflée dans une grande couverture chaude qui vient de se poser sur mes épaules, un vrai bonheur.

" - Déjà que je n'apprécie pas le fait que tu fumes, il faut en plus que tu sortes quasiment nue en plein hiver ! "

Bien évidemment, il s'agissait de Clarke. Je la regarde un moment, elle a encore sa tête d'endormie mais elle pense tout de même à mon confort. C'est ce que j'aime chez elle, elle est toujours au petit soin et ne manque pas de me réprimander avec une bienveillance évidente quand je fais quelque chose de stupide.

" - Désolée, c'est juste que j'avais oublié quel froid il faisait dehors et je trouvais ça inutile de retourner à l'intérieur puisque j'étais déjà bien installée, répondé-je dans un sourire.

- Tu es folle Lexa... En plus tu vas régaler tous ceux qui auront la joie de te voir en petite tenue sur mon balcon !

- Si jamais ça peut m'offrir une occasion de contaminer quelqu'un avec la Woods fever, affirmé-je en accompagnant mes dires d'un clin d'œil.

- Tais-toi un peu tu veux et rentrons, j'ai super froid et je ne veux pas que tu séduises davantage mon voisinage, c'est déjà assez gênant de savoir que tu t'es tapée la voisine du dessus !

- Elle avait besoin d'aide pour déballer ses cartons et moi je suis très gentille... "

Elle se contente de me pousser afin de me ramener à l'intérieur, toujours avec sa moue boudeuse de marmotte. Elle s'installe sur une chaise haute de sa cuisine et commence à boire le chocolat qu'elle avait dû se préparer avant de me gronder. Elle est si mignonne au réveil.

Elle me prête quelques unes de ses affaires pour que je ne remette pas mes vêtements de la veille. Pendant que je me prépare dans la salle de bain, je regarde mon téléphone que j'avais abandonné depuis hier soir. Quelques notifications inintéressantes décorent l'écran de verrouillage, au moment même où je commençais à le déposer, il se met à vibrer. Un appel entrant de la part d'Octavia, je décroche:

" - Ici Lexa Woods, pour vous servir, dis-je fièrement.

- Tu es vraiment insupportable à toute heure, répond-elle, mais effectivement j'ai besoin de tes services !

- Je t'écoute, affirmé-je avec attention.

- Il faut absolument que tu fasses en sorte de ramener Lincoln à la soirée de Raven mercredi soir ! "

Je soupire, Lincoln est mon cousin et Octavia en est raide dingue alors qu'elle n'a fait que l'apercevoir une seule et unique fois pendant que je lui faisais visiter le campus. J'ai toujours été proche de Lincoln mais nous n'avons jamais ressenti le besoin d'en faire des caisses pour se le prouver, je sais qu'il sera là quand j'en aurai besoin et vice versa. Nous ne sommes pas de grands sentimentaux dans la famille Woods. Je me reprends vite pour répondre à Octavia:

" - Octavia... Tu sais qu'il n'est pas un grand fan de soirée, surtout si c'est Raven qui l'organise.

- Oh Lexa je t'en supplie, je m'en voudrais horriblement de laisser passer une si belle occasion de faire connaissance avec cet Apollon. S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te pl-

- Ok, ok ! J'essaierai de faire en sorte qu'il se ramène, marmonné-je."

Un cri de joie accueille ma réponse avant qu'elle ne se mette à me remercier une centaine de fois jusqu'à ce que je lui raccroche au nez. Elle m'en voudra sûrement un peu mais j'ai de quoi la faire chanter jusqu'à mercredi soir maintenant. Encore étourdie par l'appel, je sursaute quand je sens deux mains se poser sur mes hanches.

" - Pousse-toi un peu Lex', tu es au milieu, dit gentiment Clarke en me souriant à travers le miroir. "

Je reste quelques secondes sans bouger, ses mains sont toujours posées sur mes hanches, je ne suis pas quelqu'un de très tactile contrairement à mes autres meilleures amies. Octavia et Raven l'ont très bien compris et essaient de réduire les contacts physiques pour respecter mon espace vital. Quant à Clarke, elle n'a jamais instauré une quelconque distance entre nous et bizarrement, je l'accepte plutôt bien même si il m'arrive parfois d'être surprise par ses approches. C'est sa voix qui me ramène à la réalité:

" - Je vais commencer à croire que tu apprécies le contact si tu continues à ne pas bouger, dit-elle en rigolant. "

Ouh Clarke, tu entres dans un terrain miné là, je suis bien plus forte que toi à ce jeu. J'aurais pu la déstabiliser et lui retirer ce sourire qui règne sur ses lèvres en moins de deux mais je n'en ai pas eu la force. Je me suis tout simplement décalée en lui rendant son sourire pour lui laisser un peu de place.

Une fois prêtes, nous rejoignons la voiture de Clarke pour aller à la fac. Elle commence une heure après moi normalement mais a insisté pour m'accompagner en me disant qu'elle s'occuperait bien en dessinant. Je m'en veux un peu de savoir qu'elle va rester une heure toute seule mais je me console vite en sachant très bien que dès lors que Clarke sort son carnet à dessin, le temps ne compte plus.

Nous arrivons et nous nous quittons devant ma salle de cours en ayant bien conscience que nous nous retrouverons à l'heure de manger avec Octavia. Raven ne venait qu'en début d'après midi vue qu'elle commençait à 14h, je l'envie énormément actuellement mais au moins je finirai plus tôt qu'elle.

La matinée de cours se passe normalement, les chaises qui me détruisent le dos sans aucune pitié et la voix monotone de mon professeur qui me berce pendant que j'essaie de lutter contre une sieste imminente. Quand midi sonne, je me dépêche de rejoindre le Grounder, lorsque j'y arrive, ni Octavia, ni Clarke n'y est. Je décide tout de même de m'installer au chaud en les attendant. Je lisais tranquillement la fiche des menus que je ne connais déjà que trop bien quand la gérante vient m'aborder:

" - Alors tu es toute seule aujourd'hui? Me questionne-t-elle.

- Normalement non, Octavia et Clarke devraient me rejoindre, répondé-je en lui souriant. "

Il est vrai que la gérante est très jolie quand on prend le temps de détailler son visage et son corps parfaitement sculpté, je me comprends mieux quand je m'imagine la raccompagner chez elle. D'ailleurs, je devrais peut être la relancer, je n'ai rien à faire ce soir après tout.

" - Dis-moi, dis-je en m'adressant à la gérante qui me regardait toujours, qu'est-ce qu-

- Ce froid est affreux ! Je suis sûre que mes orteils se détacheront de mes pieds quand j'enlèverai mes chaussures ! "

Merci Octavia pour cette magnifique interruption, je regarde la gérante d'un air désolé, elle comprend vite et se contente de prendre nos commandes avant de retourner à son comptoir. Une prochaine fois peut être me dis-je à moi-même. Je trouverai bien ailleurs en sortant ce soir. Octavia, qui n'a rien remarqué, commence à me parler de Lincoln et de sa comptabilité amoureuse avec ce dernier. Je connais déjà le discours donc je lui réponds sans grand intérêt. Je me demande seulement où est-ce que Clarke peut bien traîner, elle n'est jamais en retard quand il s'agit de manger.

C'est lorsque je dirige mon regard dehors que j'aperçois Clarke en compagnie d'une autre personne. Un garçon assez grand et plutôt sportif quand on voit la largeur de ses épaules, ils rigolent ensemble. Je ne sais pas trop pourquoi mais cette vision me retourne l'estomac, je n'aime pas quand un prédateur s'approche trop près de ma blonde. J'imagine toujours le pire et me vois déjà en train de lui arracher les yeux si jamais il ose faire du mal à ma meilleure amie.

" - Garde ton regard assassin pour toi Lexa, ce n'est que Nathan et il est très heureux avec son copain, me dit Octavia dans un rire.

- Je n'avais pas un regard assassin, j'observais juste... Tenté-je de me défendre.

- Oui et moi je tente seulement de devenir l'amie de Lincoln, balance-t-elle sur un léger ton plein de défi. "

Cette fois-ci, c'est vers elle que mon regard assassin se dirige. Ce n'est pas de ma faute si je suis aussi protectrice, ou peut être un tant soit peu possessive, enfin dans tous les cas je n'y peux rien.

Clarke nous rejoint finalement, je suis rassurée de voir que tout va bien. Je m'inquiète toujours trop vite quand il est question d'une certaine blonde. Elle s'installe en face de moi, donc à côté d'Octavia.

" - Désolée pour le léger retard, je discutais avec Nathan, nous dit-elle toujours le sourire aux lèvres.

- Oh pas de soucis mais si tu étais restée ne serait-ce que quelques secondes de plus avec lui, je pense que Lexa lui aurait sauté à la gorge ! "

Je vais la tuer. J'ai beau réfléchir, je ne vois pas d'autres moyens de la faire taire. Je me sens honteuse d'un coup, je n'ose même pas regarder Clarke. Elle connaît très bien mon caractère et sait que je montre très vite les crocs quand on s'approche trop près de l'une de mes meilleures amies mais je sens tout de même le rouge me monter aux joues.

" - Arrête de l'embêter O', je trouve ça adorable."

Je relève lentement mon regard vers elle et ne vois que son grand et rayonnant sourire. Elle a réellement l'air attendrie par mon attitude, j'avoue que je trouve ça un peu étrange quand je sais qu'elle ne rate jamais une occasion de me charrier mais je ne vais pas râler, ça me va très bien comme ça. Nous avons déjà bien entamé nos assiettes avec Octavia mais Clarke rattrape vite son retard, sa capacité à ingurgiter de la nourriture aussi vite m'a toujours impressionnée.

Comme d'habitude, nous parlons de choses futiles et n'arrêtons pas de nous taquiner pour un oui ou pour un non. J'adore ces moments passés avec elles, c'est toujours requinquant dans une journée pleine de cours. Nous finissons enfin notre repas et retournons en cours, comme toujours, j'ai hâte que cette journée se termine pour que je puisse enfin souffler. Je me suis décidée à sortir ce soir, j'ai besoin de rencontrer quelqu'un le temps d'un moment.

Quand la fin des cours arrive enfin, je rejoins le parking de la fac où je dois attendre Clarke. Elle ne veut toujours pas que je prenne le métro donc elle m'a proposée, ou forcée, je ne sais pas trop, de me ramener à mon appartement. Après un petit quart d'heure d'attente, je vois sa silhouette se dessiner au loin. Une fois à ma hauteur, nous rentrons vite nous réfugier à l'intérieur de la voiture.

" - Alors? Pas trop fatiguée? Me demande-t-elle en démarrant la voiture.

- Un petit peu mais j'ai bien repris par rapport à hier, puis je suis de sortie ce soir donc j'ai intérêt à tenir le coup !

- Tu sors? Avec qui? Et où ça? Tu sais qu'on a cours demain matin? Elle parlait beaucoup trop vite.

- Oh là ! Calme toi Clarke, dis-je en rigolant. Je vais juste sortir au bar qui se trouve dans ma rue, j'ai besoin de me détendre un peu.

- C'est les termes que tu emploies pour dire que tu pars à la recherche d'une fille qui se laissera bêtement tomber dans tes bras? Dit-elle beaucoup trop sérieusement.

- Hum oui sûrement... "

J'avoue que j'ai perdu l'envie de rire après le ton qu'elle a utilisé. J'ai bien conscience qu'elle n'aime pas quand je traîne dans les bars mais je ne m'arrêterai pas pour autant. Le trajet se termine dans le silence, c'est à peine si elle me dit au revoir en me déposant devant mon immeuble. Je suis un peu agacée de savoir qu'on me reproche constamment ce que je fais. Je suis assez grande pour connaître ce qui est bon pour moi ou non et ce soir je sortirai, je raccompagnerai une fille devant chez elle et je l'aiderai à déballer ses cartons ! Et tant pis si cela dérange quelqu'un !