PROMPT : - Mensonges ! grinça Rusard. Il a vu ma lettre de Vitmagic !
Fred et George Weasley étaient connu pour être d'insupportables farceurs. Tous les professeurs savaient de quoi ils étaient capables et tous les professeurs avaient donné d'innombrables heures de retenue.
Le professeur Rogue les tenait particulièrement à l'œil. Il suspectait que les disparitions d'ingrédients étaient dues à leurs expériences qui finissaient régulièrement en explosions suspectes dans des salles de classe vides. Bien entendu, il n'avait pas encore réussi à les coincer. Mais, il était bien décidé à les coincer d'une manière ou d'une autre. Et ce jour-là, il faudrait des années à la maison Gryffondor pour rattraper tous les points qu'il leur retirerait.
Rogue ne l'aurait pas avoué, même sous la torture, mais il leur reconnaissait un certain génie après avoir confisqué plusieurs de leurs "inventions".
Si les jumeaux Weasley étaient redoutés des professeurs, ils étaient l'incarnation du diable pour Argus Rusard, concierge de son état. Rusard était une victime toute désignée pour leurs expériences. Et quand l'homme n'était pas leur cible, c'était sa chatte qui servait de cobaye.
Rusard passait son temps à essayer de les coincer en train de désobéir au règlement. Bien entendu, il n'y parvenait jamais, quelque soit les moyens qu'il employait.
Ce fut Rogue qui eut l'idée. Et Rusard, bien trop heureux d'avoir l'appui d'un professeur aussi prestigieux, accepta aussitôt de suivre ses instructions.
Puisqu'ils ne pouvaient pas coincer les jumeaux, ils allaient les mettre en retenue. Séparément. L'un avec Rusard, l'autre avec Rogue.
Ainsi le professeur de potions pourrait en toute discrétion tenter la légilimentie sur celui qui serait en sa compagnie, sans craindre de distraction de sa copie conforme…
Le plan du sombre professeur de potions était parfait. Réellement parfait. Mais il avait oublié un élément dans l'équation : Fred et George étaient parfaitement aptes à déjouer toutes les tentatives visant à les coincer en plein méfait. Personne au sein de Poudlard, pas même Albus Dumbledore, n'avait réussi à les surprendre alors qu'ils faisaient une farce ou en préparaient une. Ils étaient soupçonnés, leurs camarades savaient, mais les professeurs n'avaient jamais eu aucune preuve formelle…
Lorsque Rogue et Rusard firent irruption dans la salle de classe déserte où s'étaient retranchés les jumeaux, ils s'attendaient à trouver les deux rouquins diaboliques penchés au dessus d'un chaudron bouillonnant tout en ricanant. Ou à fomenter un plan visant à rendre fous encore et toujours les professeurs de cette école…
Par contre, ils ne s'attendaient certainement pas à découvrir les deux terreurs de Poudlard installés au sol, en tailleur, jouant innocemment aux… cartes.
A l'ouverture de la porte, ils levèrent la tête, nullement inquiets. Après tout, ils étaient dans une salle de classe vide, mais n'enfreignaient aucun règlement.
Rogue le savait. Bien entendu. Rusard également. Mais ni l'un ni l'autre n'allait s'attarder sur un point de détail du règlement. Après tout… Aucun professeur n'irait défendre ces deux voyous.
Rogue attrapa Fred - ou était-ce George - par le bras et le fit se lever sans ménagement. Ce dernier prit un air de chien battu.
- Je ne comprends pas ! Monsieur Rusard m'avait dit qu'il nous protégerait de vous si nous lui préparions une potion pour multiplier sa puissance magique…
Le vieux cracmol ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche choqué, alors que le regard suspicieux de Rogue le détaillait d'un air froid.
- Mensonges ! grinça Rusard. Il a vu ma lettre de Vitmagic !
George - ou bien Fred - soupira d'un air fataliste.
- D'après ce que je vois, Professeur, j'ai bien fait de refuser de vous amener cette magnifique chatte pour que vous la transformiez en ingrédients de potions !
Rogue fronça les sourcils alors que Rusard émettait un couinement de détresse.
- Ma beauté ? Il voulait ma beauté ? Ma magnifique chatte ?
Rogue grogna d'agacement, mais le concierge prit sa réaction pour du dédain quand à son inquiétude pour sa chatte si belle. Il se jeta sur le professeur de potions, en hurlant de rage.
Les jumeaux échangèrent un regard complice, se tapèrent dans la main, et sortirent tranquillement de la pièce en sifflotant. Au bout du couloir, ils croisèrent le professeur MacGonagall qui les observa avec un froncement de sourcils suspicieux.
Les deux garçons s'approchèrent d'elle et s'adressèrent à elle dans un ensemble parfait.
- Madame ! Nous avons entendu des bruits étranges dans la salle de classe là-bas. Monsieur Rusard semble vouloir faire du mal à quelqu'un sous prétexte que sa chatte aurait été… touchée.
Alors que leur sévère directrice partait en courant, l'air inquiet, les deux frères échangèrent un clin d'œil satisfait.
