La recette pour bien commencer une journée de travail, c'est de partir à l'heure. Je déteste arriver en retard, et pourtant, me voilà en train d'insulter tous les feux rouges qui m'empêchent de rattraper mon retard sur le chemin. J'ai encore l'espoir d'arriver à l'heure, il faut juste que je trouve une place assez rapidement pour me garer et tout devrait bien aller. Mais tout le monde sait que tous les retardataires sont les plus malchanceux, je ne peux que le confirmer quand je vois une voiture me voler la dernière place sur le parking derrière le cabinet. Je fulmine intérieurement. Vindra pourrait me tuer pour un retard, et encore, ce serait la solution la moins douloureuse je pense.
Je trouve enfin une place au bout de l'avenue où le cabinet se trouve. Plus qu'un dernier sprint et j'y serai. J'arrive essoufflée mais pile à l'heure, je me félicite silencieusement pour cette prouesse digne d'un des plus grands films d'action. Je tente de récupérer mon souffle avant d'emprunter le couloir qui me mène au bureau de Vindra.
Cela fait presque une semaine que je suis ici maintenant, j'ai déjà hâte d'être à ce soir pour pouvoir profiter du week-end avec Clarke. De son côté, elle est moins emballée par l'idée du temps qui passe puisqu'elle doit commencer son stage dès lundi prochain. Elle est plutôt stressée mais je sais qu'à partir du moment où elle se retrouvera dans son élément, tout ira bien.
Je toque doucement contre la grande porte en bois et entends la voix de Vindra qui s'élève pour me signaler que je peux rentrer. Je pousse discrètement la porte après avoir enclenché la clenche. Je suis légèrement surprise d'entendre que Vindra n'est pas seule, les rendez-vous se passent, normalement, plus tardivement dans la journée. Je me retourne après avoir fermé la porte et manque l'arrêt cardiaque quand je reconnais cette tignasse rousse qui se tient fièrement aux côtés de Vindra.
" - Bonjour Alexandria ! J'ai le plaisir de vous annoncer que, désormais, vous ne serez plus seule pour gérer tous ces papiers ! Voici Luna Rivers, je suis sûre que vous allez bien vous entendre. "
Sa phrase me semble presque ironique tant cette situation, enfin, ce stage entier est absurde. Je commence sérieusement à douter de ma décision quand j'ai accepeté cette place, j'ai l'impression que tout cela s'empire de jour en jour.
Je souris tout de même pour rester polie et rentre dans le jeu en serrant la main de Luna, comme si nous ne nous connaissions pas. Je ne sais pas si elle a été mise au courant que ce serait avec moi qu'elle travaillerait mais au vu de sa tête, elle n'a pas vraiment l'air étonné.
" - Et aujourd'hui, nous allons attaquer les choses sérieuses ! S'exclame Vindra. J'ai passé la semaine à décortiquer chaque information utile et chaque dossier pouvant m'aider à comprendre ce scandale médiatique. Il nous reste encore quelques petites choses à voir mais dès la semaine prochaine, nous rentrons dans le vif du sujet ! "
Enfin. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit. Après avoir remué des centaines de papiers, je n'attendais que ça. La semaine qui arrive s'annonce être intéressante, du moins, je l'espère. Peut être que Luna n'a que de bonnes ambitions et intentions en faisant ce stage, ce qui me paraît être étrange mais je le souhaite réellement. Je compte donc sur cette affaire pour occuper les consciences qui m'entourent.
" - Alors, vous allez commencer par me classer toutes les recherches que j'ai effectuées. L'organisation est primordiale quand on veut un dossier solide et nous en avons besoin si nous voulons nous attaquer à cette affaire. "
Après cela, elle se tourne vers la grande commode qui repose au fond du bureau pour en sortir une grande pile de papier. Je vais finir par y devenir allergique. J'ai de plus en plus hâte que cette journée se termine.
" - Je vous laisse ça là, je reviendrai un peu avant votre pause déjeuner. Je compte sur vous pour bien faire avancer la chose ! "
C'est la première fois que je vois Vindra laisser son bureau sans surveillance. Du moment que j'étais seule, elle ne me lâchait pas la grappe, comme si j'allais profiter de son absence pour tout saccager.
Sans un mot de plus, Vindra quitte le bureau. Le bruit de ses talons cognant contre le parquet fut le dernier son qui habita la pièce. Je me retrouve maintenant seule avec Luna, c'est très étrange. Je ne l'avais jamais vue dans un tel contexte, elle a abandonné ses tenues de soirées que je lui connaissais si bien pour enfiler un tailleur. Elle pourrait réellement paraître sérieuse si je ne savais pas ce qu'il en est véritablement.
" - Alors... Lexa Woods, future avocate, dit-elle en rigolant alors que je fronce les sourcils. C'est pour ça que tu as abandonné nos chasses nocturnes?
- C'est surtout parce que je n'y voyais plus aucun intérêt, je te l'ai dit, je suis en couple maintenant.
- Encore?! S'offusque-t-elle. C'est réellement sérieux finalement?
- Ça l'a toujours été, Luna. Maintenant, si on pouvait se mettre au travail, je pense que ce serait bien. Tu ne veux pas voir une Vindra Harris énervée.
- Hum... Elle doit être encore plus sexy quand elle est en rogne, elle t'aurait fait tourner la tête à une époque, c'était tes préférées, non?
- Luna... S'il te plaît, restons professionnelles du moment que nous sommes là, répondé-je.
- Oh, très bien ! On sait le faire ça, dit-elle dans un clin d'œil. "
Bon, Luna restera toujours Luna. J'ai l'impression qu'elle reste bloquée dans le passé, comme si c'était la seule chose qui comptait pour elle. Comme si rien d'autre n'avait plus d'importance et pourtant, qu'est-ce que j'aimerais me débarrasser de ce passé. Je secoue la tête pour éviter d'y repenser avant de me saisir de la pile de papier que je commence à analyser.
Cela fait déjà deux heures que nous nous sommes plongées dans toute la paperasse que Vindra nous a donnée. Étrangement et à mon plus grand étonnement, Luna travaille bien et est efficace dans ce qu'elle fait. Elle a su mettre son sale caractère et ses ressentiments de côté, peut être qu'elle tient réellement à ce stage en fin de compte.
Soudainement, alors que le silence régnait dans le bureau, la porte s'ouvre. Je m'attendais à voir Vindra de retour mais c'est Costia qui fait son entrée. Cette situation est vraiment étrange. Une question, que je ne m'étais même pas encore posée, me frappe subitement. Comment Costia pouvait-elle connaître Luna? C'est elle qui a donné son nom à Vindra, pourquoi je ne l'ai pas réalisé avant?
" - Salut ! Je viens en aide, dit-elle dans un sourire en refermant la porte derrière elle. "
Luna se lève instantanément pour aller la prendre dans ses bras. Cette vision me met très mal à l'aise. Voir Luna et mon ex se prendre dans les bras, c'est très dérangeant. Je ne pensais pas que Costia pouvait fréquenter quelqu'un comme Luna, est-ce qu'elle la connaît réellement au moins? Je ne pense pas, tout comme elle ne m'a jamais réellement connue. Ou même Clarke, cette pensée me pince légèrement le cœur, je ne lui ai jamais parlé de Luna ou de ce bar.
" - Comment vous vous connaissez? "
La question m'avait échappée sans même que je ne m'en rende compte, c'est ma curiosité qui avait parlé. Je ne suis pas réellement sûre de vouloir savoir comment elle se sont connues.
Luna relâche Costia de sa longue étreinte avant de se tourner vers moi dans un sourire que je n'aime pas spécialement.
" - Je l'ai trouvée au même endroit où je t'ai rencontrée la première fois Lexa, me dit Luna. Il faut croire que je tombe toujours au bon moment. "
Son explication me glace le sang, je ne connais que trop bien cette expression qui s'accroche à son visage. J'aimerais crier à Costia de ne plus s'approcher d'elle mais je ne tiens pas non plus à m'en mêler, je ne voudrais pas affoler qui que ce soit.
" - C'est intéressant, répondé-je suspicieuse.
- Et ce n'est que le début ! Dit-elle avec toujours ce même sourire. "
Je n'aime pas trop savoir que Costia traîne avec Luna, elle ne sait pas de quoi elle peut être capable. Du moins, j'espère qu'elle ne le sait pas encore sinon cela voudrait dire qu'il est déjà trop tard. Je regarde Costia qui est habitée par son habituelle innocence qui décore son sourire. Non, elle ne se doute de rien. Je ne sais pas vraiment si je devrais l'avertir ou non, je n'ai pas vraiment envie de déranger les projets de Luna mais Costia restera toujours une personne à qui je tiens beaucoup.
" - Bon, donnez-moi quelque chose à faire et remettons-nous au travail ! Vindra est légèrement irritable en ce moment donc il ne faudrait pas la froisser, déclare Costia. "
Nous nous remettons donc au travail comme Costia l'avait si bien suggéré. Je n'arrive plus vraiment à m'intéresser à ce que je fais, la présence des deux autres filles dans ce bureau me dérange un peu.
Je souffle un grand coup quand je sors enfin du cabinet après avoir terminé cette journée. Finalement, Vindra n'était pas repassée de la journée, elle devait s'occuper d'autre chose apparemment. J'avais donc dû continuer à travailler avec Luna et Costia qui était gentiment restée avec nous pour continuer à nous aider.
Je suis alors plus qu'heureuse de pouvoir enfin quitter cette pièce, cette journée a sûrement été la plus longue et difficile de la semaine, même si nous avançons beaucoup plus rapidement ensemble. Je commence à sortir mon paquet de cigarette de la poche de ma veste, j'estime que c'est mérité après avoir survécu à cette journée.
" - Sacrée journée ! "
Cette voix me fait sursauter alors que j'allumais ma clope, je la reconnais sans aucun problème.
" - Luna... Qu'est-ce que tu fais là au juste? Demandé-je.
- Et bien, je viens tout juste de finir ma journée de travail donc je sors, tout comme toi.
- Arrête, ne fais pas semblant de ne pas comprendre. Pourquoi fais-tu un stage? Je croyais que tu ne comptais jamais reprendre les études.
- Costia me l'a proposée alors j'ai accepté tout simplement... Puis je m'en sors plutôt bien jusqu'à maintenant, tu ne trouves pas? On a toujours formé une bonne équipe de toute façon.
- Qu'est-ce que tu veux à Costia? Demandé-je en ignorant volontairement ses dernières remarques.
- Oh... Je ne sais pas trop encore, ça demande réflexion, non?
- Luna... Contente toi de faire ce stage sérieusement, ce sera bien mieux pour tout le monde, répondé-je froidement.
- Oh... Sinon quoi? "
Sa question me laisse sans réponse, premièrement parce que je ne veux absolument pas la menacer et deuxièmement, parce que cette question ne laisse plus trop de place à l'imagination quant à ses intentions.
Face à mon manque de répartie, Luna me sourit et fait quelques pas à reculons avant de se tourner et de s'éloigner. Je suis restée sans voix, j'espère vraiment qu'elle me charriait comme elle prend toujours plaisir à faire. Je n'aimerais pas qu'elle s'en prenne à Costia, je pense lui avoir déjà assez fait de mal pour que Luna vienne y rajouter sa part.
Sur le chemin pour rentrer chez moi, j'avoue démoraliser un peu. Moi qui me réjouissais de retrouver Clarke, suis un peu débordée par les émotions encore récentes de cette journée. Mais je sais que dès le moment où je croiserai les magnifiques yeux bleus de ma blonde, tout ira bien et mes problèmes resteront loin de nous.
Je retrouve l'habituel lumière flottant sous ma porte et la douce odeur du repas qui m'accueille quand je rentre. Toutes ces petites choses me font déjà me sentir mieux, je rêve de plus en plus de vivre avec Clarke pour m'assurer de retrouver ce sentiment tous les jours.
Mon cœur s'emballe quand je la vois sortir de ma chambre, qui deviendra la notre j'espère. Ses cheveux mouillés m'indiquent qu'elle a dû prendre une douche juste avant, ce spectacle est magnifique. Un sourire vient tout de suite animer son visage quand elle me voit alors que je suis encore dans l'entrée. Elle franchit rapidement la distance qui nous séparait pour venir me prendre dans ses bras. Je me laisse aller dans cette étreinte libératrice, tous mes problèmes s'effacent peu à peu comme je l'avais prédis. Ses cheveux encore humides me chatouillent agréablement. Sa peau, douce et chaude, chasse le froid extérieur qui s'était accroché à moi.
" - Je commence à m'habituer à ce charmant accueil après une longue journée de travail, chuchoté-je en enfouissant mon visage dans son cou.
- Et bien, désolée de t'apprendre que dès la semaine prochaine, ce ne sera plus pareil ! Je n'aurai plus autant de temps pour m'occuper de toi, dit-elle alors que je sens son sourire dans mon cou.
- Hum... Ça va me manquer, marmonné-je en me reculant légèrement pour pouvoir la regarder.
- Je trouverai de quoi me rattraper. "
Sa phrase avait été prononcée de sa chaude voix, ce qui déclenche instantanément en moi une explosion de frissons qui partent tous de mon bas ventre. Je la vois se mordiller la lèvre, je ne peux maintenant plus résister et fonce droit sur sa bouche pour l'embrasser et la savourer. Ce contact précipité provoque un léger gémissement chez Clarke, ce qui ne fait qu'accentuer mon envie de toujours avoir plus d'elle.
Cependant, je sens une de ses mains se poser sur le haut de ma poitrine, elle met fin à ce baiser en posant son front contre le mien. Nos souffles, encore excités, se rencontrent furieusement. Clarke s'accroche à ma nuque en tentant de reprendre contenance.
" - Il vaudrait mieux qu'on se calme maintenant si tu veux profiter du repas, murmure-t-elle difficilement.
- Mais je profite pleinement de mon repas, répondé-je taquine.
- Lex'... Me réprimande-t-elle.
- Oh, t'es injuste ! M'exclamé-je. Tu me chauffes et après tu me le reproches, dis-je plaintivement. "
Elle rigole doucement avant de revenir m'embrasser plus tendrement cette fois-ci. C'est ce que j'aime avec Clarke, je peux passer d'une folle envie de lui arracher ses vêtements au simple besoin de la sentir près de moi. Elle sait vraiment me mettre dans tous mes états, c'est à la fois frustrant et excitant.
Elle m'invite finalement à prendre place dans la cuisine après m'avoir enlevée mon manteau. Je m'installe sans aucune opposition alors qu'elle commence à nous servir le dîner. J'avoue que depuis qu'elle est là, je mange beaucoup plus sainement et régulièrement. Je n'ai jamais aimé faire la cuisine, ça a toujours représenté une perte de temps à mes yeux mais je ne refuse absolument pas quand c'est Clarke qui s'y met. Ses plats sont délicieux, je ne sais même pas comment elle arrive à faire cela quand je me revois réussir à rater un simple steak haché.
" - Tu ferais une merveilleuse femme au foyer, mon ange, lui dis-je alors que je me délectais du contenu de mon assiette.
- Ah oui? Répond-elle en rigolant. Tu serais là pour m'entretenir?
- Evidemment ! Qui d'autre voudrait s'occuper de toi sinon, déclaré-je mine de rien.
- Qu'est-ce que tu as dit? Demande-t-elle offusquée.
- Hum? Je n'ai rien dit, répondé-je en continuant à la provoquer.
- Je suis sûre que je peux trouver plus d'une personne qui se battrait pour mes fesses ! Et pour ma cuisine, puis je suis un incroyable bon coup ! Si tu crois que je ne pourrais pas m'en sortir sans toi mais alors là tu te trom- "
Elle se stoppe en plein milieu de sa phrase après que je lui ai jeté la fin de mon verre d'eau en pleine face. Elle ferme les yeux et inspire profondément, comme pour retenir la future rage que je n'arrête pas de provoquer depuis quelques minutes. Je retiens mon rire et la regarde ouvrir les yeux lentement, je pense qu'elle aurait pu me tuer avec ce regard tant il est foudroyant.
" - Dis-moi que tu n'as pas fait ça, Lexa, murmure-t-elle entre ses dents.
- De quoi? "
Je savais que de continuer à jouer l'innocence allait l'énerver d'autant plus. Je reporte mon attention sur mon assiette et recommence à manger, l'air de rien. Je sens le regard de Clarke me transperçait le crâne, je rigole intérieurement.
Soudainement et sans prévenir, elle se lève brusquement et me jette à son tour de l'eau dessus. Elle avait été beaucoup moins clémente que moi et avait carrément pris la bouteille entière pour me la vider dessus. J'avoue que j'ai légèrement été surprise mais ne perds pas de temps pour me lever rapidement et venir la prendre dans mes bras.
" - Non, non ! Arrête, t'es toute trempée ! Se met à crier Clarke.
- Oh et à cause de qui? Répondé-je en la serrant plus fort.
- C'est toi qui as commencé ! S'exclame-t-elle indignée en essayant toujours de me repousser.
- Tu racontais n'importe quoi, prononcé-je dans un rire.
- Parce qu'encore une fois, tu avais commencé !
- J'ai simplement dit que tu ferais une bonne femme au foyer.
- Oui et que personne ne voudrait de moi, arrête de jouer l'innocente, ça ne te va pas du tout, dit-elle dans un sourire.
- Personne ne voudrait de toi parce que si quelqu'un a le malheur de prétendre le contraire, je le tuerai, affirmé-je très sérieusement.
- Tu ne laisses pas beaucoup de chances aux autres de cette façon, effectivement, répond-elle en rigolant.
- Ah, parce que toi tu aimerais leur laisser une chance? La questionné-je faussement vexée.
- Hum... Pas du moment que j'ai de quoi m'occuper, chuchote-elle en agrippant mes fesses. "
Cette fois-ci, c'est moi qui me mets à rire. Encore une fois, Clarke trouve les mots justes pour stopper mes bêtises. Je viens alors soulever ses deux cuisses tandis que ses jambes s'enroulent autour de ma taille.
" - Alors, il est de mon devoir de t'occuper encore très longtemps, murmuré-je contre ses lèvres.
- Je ne demande que ça. "
Malgré mon envie de lui faire l'amour, ici et maintenant, je décide de prendre mon temps et de l'emmener dans la chambre. Je la pose délicatement sur le lit et la regarde longuement, je n'arrive toujours pas à pleinement réaliser que la meilleure personne de cette planète soit actuellement avec moi.
Nous avions pris l'habitude de faire l'amour sauvagement, comme pour assouvir au plus vite notre besoin de sentir l'autre, notre envie de fusionner dans un moment de pure extase. Mais ce soir, je voulais profiter de son corps pendant de longues heures, je voulais aimer et embrasser chaque parcelle de peau et chaque partie de ce somptueux corps. Je voulais sentir et caresser chaque forme et chaque creux que je rencontrerai, je voulais l'aimer pleinement et le plus longtemps possible.
Nous nous débarrassons vite de nos vêtements qui s'échouent aux quatre coins de la pièce alors que nous nous glissons sous les draps qui nous accueillent chaudement. Je viens à califourchon sur elle et l'embrasse langoureusement, j'explore sa bouche de ma langue et caresse ses lèvres de mes pouces quand nous reprenons notre souffle. Je fais lentement descendre mes baisers dans son cou, dessinant une ligne entre ses seins qui se dressaient déjà sous mes mains.
Elle est bien loin la Clarke plutôt timide et réservée, limite coincée, que j'ai connue quand nous nous étions rencontrées il y a de ça très longtemps maintenant. Les années avaient laissé place à cette femme sensuelle, sauvage, brûlante, impudique, qui me fait découvrir une nouvelle forme de plaisir, plus intense. L'amour. Tous les jours j'en apprends, je comprends de mieux en mieux que jamais rien ne pourra stopper ce que je ressens pour Clarke, au contraire, mes sentiments s'intensifient de plus en plus.
J'arrive enfin à son bas ventre que je continue de couvrir de baiser, je la sens déjà se tendre de désir. Je n'arrête pas ma course et arrive entre ses jambes, j'embrasse l'intérieur de ses cuisses tout en la maintenant pour calmer les spasmes de plaisir qui viennent secouer son corps.
" - Lex', gémit-elle dans un presque supplice. "
La voir dans cet état est toujours déclencheur d'un sentiment qui me possède entièrement, comme si je perdais le contrôle de tout et que ma seule volonté était de satisfaire les siennes. Je plonge alors sur son intimité et commence doucement à la titiller du bout de la langue. J'intensifie mes mouvements, accompagnant ma langue de mes doigts qui viennent doucement s'introduire en elle.
La tête renversée en arrière, les lèvres entrouvertes, les mains enserrant fortement les coins du drap, les jambes repliées, elle ne peut contenir plus longtemps le flux de sensations qui déferlent en elle. Frissonnante, le corps tendu de désir, elle se contracte sous le plaisir des caresses que lui infligent ma langue et les va-et-vient de mon poignet. Haletante, le cœur battant à tout rompre, elle tente de recouvrer ses esprits, vainement.
Je l'observe se faire submerger par l'orgasme inévitable qui la fait défaillir alors qu'un long râle dont l'écho semble pouvoir résonner à l'infini dans toute la pièce, s'échappe de sa gorge.
Je remonte progressivement depuis son bas-ventre jusqu'au creux de ses reins, glissant ma langue dans son nombril, mordillant et suçant un téton au passage pour finalement atteindre son visage. Ses yeux, encore fermés, s'ouvrent doucement et nos regards se croisent alors que nos lèvres se retrouvent. Nos langues se rencontrent à nouveau dans un baiser passionnel.
" - Que tu es belle, murmuré-je contre son souffle encore affolé. "
Il n'en fallut pas plus à Clarke pour inverser nos positions précipitamment, provoquant en moi un rire que je ne peux pas retenir face à son impatience. Elle est maintenant sur moi, je suis prise au piège. Je n'ai plus de forces tellement je ris. Un immense sourire se dessine sur sa bouche, ce sourire que j'adore. Ce putain de sourire qui fait chavirer mon cœur.
Mon visage redevient soudainement sérieux, mon sourire s'estompe et je la regarde droit dans les yeux. Elle en fait de même. Une envie irrépressible de l'embrasser naît en moi. Je me redresse légèrement alors que ses mains retiennent toujours les miennes prisonnières. Je dépose un doux baiser sur sa bouche. Nos lèvres se soudent naturellement. Encore et encore, avec une tendresse infinie que seule Clarke sait m'offrir.
Notre baiser devient de plus en plus intense, plus profond et nos langues viennent à s'enlacer dans nos bouches. Ses mains lâchent enfin les miennes et viennent se poser délicatement sur mon visage tandis que les miennes commencent à parcourir son dos. Nos lèvres ne se quittent plus, ce baiser semble durer une éternité.
Peau contre peau, corps contre corps, bouche contre bouche. Tous mes sens sont éveillés. Ses mains se dégagent de leur étreinte et commencent à explorer mon corps. Elle quitte finalement ma bouche et descend lentement sur mon cou qu'elle couvre de milliers de baisers. Sa langue dessine sur ma peau des arabesques imaginaires. Elle descend encore, ses mains caressent ma taille. Elle descend toujours et s'arrête sur mes seins, dont elle embrasse les pointes. Mon souffle se coupe à plusieurs reprises alors que quelques gémissements m'échappent.
Ses mains viennent se poser sur mes seins quand sa bouche continue de tracer cette ligne de baiser sur mon corps. Je ferme les yeux pour apprécier sa présence qui marque mon être entier. Pas une parcelle, pas un seul centimètre carré de mon corps n'échappera à ses étreintes. Je me délecte de ces sensations, de sa peau contre la mienne, de son odeur qui envahit l'espace, d'elle tout simplement.
Mes jambes s'élargissent davantage afin de laisser son corps fusionner avec le mien. Sa bouche est à présent sur mon ventre, ses mains sur mes seins qu'elles ne cessent d'aimer. Tout mon corps n'est que plaisir, tendresse, sensualité. Il commence fiévreusement à s'éveiller à l'appel de son désir. J'ai tellement envie de l'aimer que je ne lui laisse pas une seconde de répit. J'attrape son visage pour le remonter vers le mien, un besoin viscéral de l'embrasser vient me brûler de l'intérieur. Je saisis ses lèvres entre les miennes alors que ses mains continuent de torturer mon corps. Je la sens de partout.
Une de ses mains suit le chemin trempé que ses baisers ont laissé pour venir se poser sur l'antre de mon plaisir. Je sens ma respiration s'accélérer, mon souffle se saccader, j'entends monter du plus profond de mon être des petits cris de plaisir. Je sens mon désir croître sous ses caresses. Mes cris se transforment en râles alors que les mouvements de sa main accélèrent. Sa bouche tente de distraire la mienne qui n'arrive plus à contenir le plaisir que mon corps subit.
Ses doigts se crochètent et commencent leur excursion en moi. Ce qui m'arrache un nouveau cri de plaisir qui la motive à continuer, à aller au plus profond de moi. Ses caresses deviennent de plus en plus fortes, de plus en plus intenses. Mes dents pincent ses lèvres et mes râles s'intensifient. Je me délecte de tout ce qu'elle m'offre, de son essence, de tout son être…. Mes mains se crispent sur sa peau, je sens la jouissance me gagner, un dernier cri vient me libérer de ce plaisir suprême. Mon corps se cambre alors qu'elle continue de m'embrasser à pleine bouche. Je savoure quelques instants encore ce moment merveilleux tandis que mon souffle tente de retrouver un rythme normal.
Elle se laisse tomber à mes côtés alors que ses mains continuent de caresser mon corps qui essaie de retrouver contenance. Faire l'amour avec Clarke est définitivement la chose la plus extraordinaire qu'il m'ait été donnée de faire. Je me tourne légèrement sur le côté pour pouvoir lui faire face, ses yeux sont encore sombres de désir et son sourire n'a pas quitté son visage.
" - J'ai cru que tu allais exploser, murmure-t-elle doucement.
- Mais j'ai explosé, répondé-je en rigolant. "
Elle se met à rire légèrement, je me penche doucement vers elle pour l'embrasser. Mon corps revient se sceller au sien. Et à cet instant précis je me sens inexplicablement libérée, comblée, apaisée. Je sens mes jambes s'engourdir et mes paupières s'alourdir. Ma respiration avait enfin retrouvé un rythme normal. Détendue à l'extrême, j'ai de plus en plus de mal à résister à l'invitation de Morphée qui me tendait ses bras.
Toute la frustration de cette journée, toutes ces personnes qui m'ont donnée l'impression d'étouffer, tout cela est bien loin maintenant que je suis auprès de la seule femme que je veux aimer. Ma tête vient se nicher dans son cou.
" - Je t'aime, mon ange. "
