Bonjour mes amours !

Après un premier chapitre du point de vue de Drago, je vous laisse découvrir celui de Harry.

Merci à Lyra Verin et Mery-Alice Gilbert.


Chapitre 2.

« Nous sommes de ceux qui ont tout fait comme il faut, mais qui y arrivent pas

Des ratés modernes, des semi-défaites, des victoires sans panache

Nous sommes de ceux qui tiennent pas la pression

Nous sommes de ceux qui se font balayer à répétition

(…) Et pourtant

Nous sommes de ceux qui ne renoncent pas, des chiens enragés,

Des teigneux, des acharnés. »

De ceux, Fauve.

.

Harry remontait rapidement l'allée, le pas de plus en plus lourd au fur et à mesure de son ascension. Devant lui se dressait l'immensité de la tour d'Azkaban, sombre et terrifiante.

À chaque fois, l'effet était identique : il se sentait épié, observé. Il suffisait de se rapprocher de la prison pour se sentir hors-la-loi. Il avait cette impression d'être lui-même un criminel et qu'ils le savaient, n'attendant qu'un faux pas pour le coincer. Il se sentit soudainement à l'étroit, comme confiné dans un étau invisible. La nausée, acide et âcre, remonta dans sa gorge.

Harry dut s'arrêter, le temps de respirer à nouveau plus aisément, le temps de quelques inspirations et expirations. L'air frais lui fit du bien.

Après plus d'un an à remonter cette allée plusieurs fois par mois, il ne s'y habituait toujours pas. C'était comme si, passé un champ d'énergie, il n'y avait plus d'espace pour la paix intérieure. Certes, il y avait la présence des Détraqueurs, au dernier étage de la tour, l'aile des Mangemorts. Mais c'était autre chose. Une force invisible, insaisissable, mais puissante et destructrice.

Malgré tout, Harry s'obligeait à continuer dans cette voie. Il se l'était promis, au nom de tous ceux qui devaient endurer cela chaque jour, chaque heure, chaque minute et chaque seconde de leur existence. C'était là son seul pouvoir d'action.

Enfin, il pénétra le bâtiment et présenta son badge à l'officier derrière sa vitre en plexiglas.

« Erika, il y a le travailleur social pour les visites », lança-t-il, sans même accorder un regard à Harry.

« Je m'en occupe », répondit l'intéressée.

Moins de dix secondes plus tard, elle se plantait devant Harry, lui tendant la main pour la serrer. Erika Kimball, surveillante pénitentiaire de sa fonction, était une jeune femme dynamique et excentrique. Le crâne rasé, toujours une gomme à mâcher dans la bouche, elle faisait partie de ces personnes qu'on ne voulait pas provoquer, mais qui inspirait malgré tout de la sympathie. Elle était d'un naturel désarmant au premier abord.

« Mr Potter, venez avec moi pour le contrôle », dit-elle d'une voix douce, avant de hurler après son collègue, dissimulé dans les bureaux, d'où elle-même sortait. « Franck, t'amènes ton fion ? Faut que tu fasses la fouille. »

« Je dois faire ma ronde, je peux pas tout faire en même temps ! » répondit-il sur le même ton.

« J'en ai rien à foutre, tu t'amènes puis c'est tout », répliqua-t-elle sans se démonter. « Ça prend deux minutes, je fais tout le reste. Tu vas pas faire chier pour si peu. »

Elle indiqua alors une porte à Harry, qui l'emprunta sans tergiverser. Il avait l'habitude, c'était la procédure, presque un rituel.

Erika lui présenta un casier, dans lequel il déposa sa baguette magique, ses clefs et son téléphone portable, objet devenu indispensable, même dans le monde sorcier. Il avait toujours l'impression d'être dépossédé d'une partie de lui-même quand il faisait ça, mais c'était nécessaire. Même si un bouclier empêchait l'usage de la magie à l'intérieur d'Azkaban, on n'était jamais trop prudent.

Il passa alors dans le portique, d'où s'écoulait un liquide semblable à de l'eau, et duquel il ressortit parfaitement sec, preuve qu'aucune dissimulation ou métamorphose magique n'avait été détectée.

« O.K. Parfait », conclut Erika, qui avait également terminé de fouiller sa sacoche et la lui rendait. Elle hurla à travers la paroi, s'adressant cette fois à son collègue. « Bon, Franck, j'ai fini, qu'est-ce que tu fous ?! »

« Ce n'est pas nécessaire », intervint alors Harry, sur un ton pressant. « Ça ne me dérange pas si vous vous en occupez. »

Erika tourna la tête vers lui, le dévisageant d'un air circonspect. Sa gomme se décolla de ses dents dans un foisonnement de salive, accompagné d'un bruit sec.

« Croyez-moi bien que ça ne me dérangerait pas non plus. Qui ne rêve pas de toucher Harry Potter ? » lui assura-t-elle, ses pupilles scrutatrices révélant ses pensées osées. « Mais la Loi, c'est la Loi. Les hommes fouillent les hommes, les femmes fouillent les femmes. C'est comme ça. »

Elle semblait déçue. Harry, quant à lui, déglutit. Il était toujours mal à l'aise lorsqu'une femme exprimait son attirance envers lui. L'annonce de son homosexualité par des journalistes, avares de scoops, n'avait en rien entaché sa popularité. Au contraire, nombreux étaient les sorciers – et les sorcières – à se permettre d'être plus amicaux, intrusifs, comme si cette révélation les avait rapprochés. Harry, lui, aurait préféré éviter les familiarités : il s'agissait de sa vie privée.

Un homme, plus grand qu'Harry et ventru, fit son entrée dans la pièce de contrôle, mettant ainsi fin au moment gênant. Franck, la cinquantaine, le crâne dégarni, se posta devant Harry en soupirant.

« Bon ! À nous, M'sieur Potter. Vous connaissez la suite », déclara-t-il sur un ton bourru et las.

Les années en prison l'avaient visiblement blasé. Il effectuait son travail parce qu'il fallait le faire. Et surtout, parce qu'il était payé pour le faire.

Écartant bras et jambes, Harry laissa les paumes inquisitrices faire leur travail, à la recherche d'un objet interdit. Travailleur social ou pas, il devait s'y plier. À chaque visite. Tout était dans la réduction maximale du risque, tout était dans la sécurité.

« O.K. C'est bon. Je vais faire ma ronde », signala-t-il, plantant sa collègue, qui se voyait ainsi chargée de conduire Harry à travers le dédale de couloirs.

Celle-ci ne tarda pas. Elle était d'un tempérament plus tranquille que Franck, mais elle avait aussi du travail. À deux surveillants pour l'après-midi, il n'était pas difficile de comprendre que le Ministère de la Magie mettait peu de moyens à disposition pour Azkaban.

Comme toujours, le sang d'Harry se glaça lorsque la lourde porte en métal se referma derrière eux, les séparant définitivement du monde extérieur, de la liberté qui cessait d'exister à l'instant même où le crissement annonçait l'horreur. La première porte d'une longue série.

Erika l'emmena dans une petite pièce, compartimentée en deux espaces par une vitre en plexiglas avec, pour tout mobilier, deux chaises et une table. Son interlocuteur l'y attendait déjà.

« Bonjour, Mr Smith », commença Harry en s'installant face à lui. « Comment est-ce que vous allez aujourd'hui ? »

« Ça va, ça va », dit-il en soupirant, contredisant ses paroles. « On m'a dit que l'juge avait refusé ma demande de sortie avec la Trace. J'voulais sortir. Sérieux, j'suis trop déçu. »

Harry acquiesça, sortant ses documents de sa sacoche. Il connaissait bien Barney Smith. Il le suivait depuis qu'il travaillait au Service d'Aide Sociale aux Détenus, il y avait de cela quatorze mois. Il était incarcéré pour banditisme, sans faits de violence. C'était juste un homme perdu, sans éducation, sans revenus. Un déchet de la société, en somme. Pourtant, il était de ceux auxquels Harry s'attachait, malgré lui.

« En effet, c'est étonnant, parce que tout portait à croire, au vu de votre dossier, que le jugement irait en votre faveur. Pourtant, le Magenmagot a décidé qu'il était dans votre intérêt de poursuivre à fond de peine », lui expliqua Harry, les yeux rivés sur ses notes.

« On voit bien qu'il n'a jamais mis les pieds dans une cellule pour dire ça. Genre, c'est dans mon intérêt de croupir comme un rat au fond d'un trou ? Ils sont malades », grommela Barney.

Harry était bien d'accord avec lui. Il exécrait cette société qui ne portait aucune considération pour ceux qu'elle enfermait. Ils étaient les cancrelats, les cancers qu'on éjectait de l'humanité et dont le sort ne les intéressait plus ensuite. Et, encore, dans sa misère, Barney Smith faisait partie des chanceux : il appartenait à l'aile des jeunes, lui donnant accès à la bibliothèque et à la salle de sport treize heures par jour, c'est-à-dire en dehors des heures de repos et de la fermeture des cellules pour la nuit. Il pouvait aussi travailler. Ça restait malgré tout dérisoire et plus proche de l'enfer que de la vie.

« Bon, et du coup, c'était quoi, ses arguments ? Parce que je veux bien, moi, mais il doit justifier toutes ses conneries », continua Barney.

Il avait raison. Bien que le Mangenmagot ne respectait pas suffisamment les droits humains aux yeux d'Harry, il était tout de même tenu par quelques obligations sous peine de nullité et, notamment, le fait de motiver un jugement rendu.

« Il estime que vous devriez apporter une preuve plus tangible de votre réinsertion », lui apprit Harry.

Pour ça non plus, il n'était pas d'accord. C'était un non-sens total d'opérer une rupture nette avec la société, puis d'exiger un rattachement pour justifier une sortie sous surveillance… Néanmoins, personne ne protestait, mis à part les détenus. Qui s'inquiétait de leur sort, après tout ?

« Ça veut dire quoi, ça ? » fit le détenu, fronçant les sourcils.

« Ça veut dire que vous devez prouver que vous avez un lien à l'extérieur. Un contrat de travail, un stage, un projet de formation… »

« Il est comique, lui. Je fais comment d'ici, moi ? »

Harry grimaça. Il n'avait pas beaucoup de possibilités, en effet. Leurs pensées se rejoignaient.

« Vous aviez entamé une procédure pour passer vos ASPIC ici, non ? » tenta-t-il.

Barney secoua la tête.

« Nan, j'ai même pas encore mes BUSE. Mais on m'a dit que je pouvais aussi. Vous avez des papiers pour ça ? Que je demande aux matons de m'inscrire aux cours, là. J'ai vraiment envie de sortir d'ici. Pis y paraît que les patrons, à la sortie, ils aiment bien ça, hein ? »

Harry termina son entretien une vingtaine de minutes plus tard, passablement épuisé et impuissant.

Le plus drôle dans tout ça, c'était qu'il menait la vie qu'il avait choisie. Il avait étudié au Canada, obtenu un diplôme d'intervenant social spécialisé dans les forces du Mal. Il était revenu au pays, postulant au premier poste disponible qui touchait de près à Azkaban. Il l'avait obtenu et, dans la foulée, il avait présenté un programme de réinsertion avec l'aide d'Hermione, qui travaillait comme Manitou pour le Ministère.

Pourtant, il n'était pas satisfait. Chaque jour paraissait plus noir que le précédent. Il s'enlisait dans la monotonie du quotidien, dans la violence institutionnelle de la prison, perdant peu à peu l'espoir d'un lendemain meilleur. Son projet n'avait certainement pas de grandes chances d'être rendu exécutif, le Ministère ne se préoccupant pas le moins du monde du caractère contradictoire de son régime. Il jaunissait probablement dans le fond d'un tiroir.

Il avait tout pour être heureux, mais il vivait dans un monde dont il n'aimait pas le fonctionnement. C'était injuste, l'humanité n'était pas divisée entre les bons et les mauvais ! Lui, il en était convaincu. Il l'avait vu pendant la guerre. Il le voyait tous les jours avec ses suivis. Il craignait le jour où sa colère exploserait sous le poids du ras le bol.

Il revint à la réalité en entendant le crissement de la grande porte métallique qui, cette fois, le séparait de la vie carcérale. Encore cette étrange impression de retrouver une vie qui tournait sans lui. Il retrouvait les grands espaces, la liberté, le monde s'ouvrait à lui. Il respirait mieux, à présent.

Le monde lui paraissait plus ouvert, bien que toujours aussi morne, alors qu'il transplanait jusqu'à son lieu de travail.

Lorsqu'il arriva dans les bureaux de son service, il n'eut pas le temps de saluer ses collègues que son patron l'intercepta.

« Harry, ton stagiaire est là », lui annonça-t-il.

Richard Tolma était le genre de patron que l'on appréciait. Il supervisait ses employés, avec distance, mais disponibilité. Il lui arrivait de leur remonter les bretelles, surtout quand le Ministère lui tombait dessus, mais il parvenait toujours à voir le positif en chacun. Puis on ne l'avait pas sur le dos, ce qui n'était pas négligeable.

« Mon stagiaire ?! » s'étonna Harry. « Depuis quand j'ai un stagiaire ? »

« Depuis aujourd'hui », rétorqua-t-il, gentiment, mais sur un ton qui n'admettait aucune contestation. « Tu lui signes sa paperasse, puis tu lui montres un peu comment tu travailles. Rien de très sorcier. »

Il avait formulé les derniers mots, clin d'œil à l'appui. Ce n'était pas très sorcier, en effet. Le travail presté par Harry n'exigeait aucune magie en tant que telle, même si la connaissance de la magie, du fonctionnement du Ministère et des forces du Mal était des indispensables.

« O.K. Juste : pourquoi moi ? Je suis le plus jeune ici, il y a certainement d'autres intervenants bien plus qualifiés que moi », voulut savoir Harry.

Il aimait bien travailler seul, perdu dans ses pensées. La présence de ses collègues, qui discutaient autour de lui, ne le dérangerait pas. Mais de là à montrer son travail, le décortiquer, l'enseigner… Il n'était pas formé pour ça.

Son patron l'observait avec un léger sourire.

« Tu es justement le plus qualifié pour ça. Et tu as suivi tes études au Canada ! Crois-moi bien qu'ici, ça impressionne beaucoup de monde. Tu feras très bien ça », lui assura-t-il.

Harry abdiqua et alla retrouver son stagiaire, qui l'attendait sur une chaise de bureau, expressément rajoutée pour lui. En voyant Harry arriver, il sauta immédiatement sur ses pieds, lui présentant une main.

« Mr Potter ! » s'exclama-t-il avec un immense sourire, tandis qu'ils échangeaient une poignée de main. « Je suis Émory Meyer, votre nouveau stagiaire. Et je suis super content de travailler avec vous ! »

« Tu peux m'appeler par mon prénom et me tutoyer », le corrigea Harry, qui n'était pas très à l'aise avec l'idée d'être hiérarchiquement au-dessus de quelqu'un. « À partir de maintenant, nous sommes collègues. »

L'éclat dans les yeux d'Émory démontra sa joie à l'idée d'être considéré comme un égal. S'asseyant derrière son bureau, Harry en profita pour le détailler. Il était brun, paraissait jeune, ce qui n'était pas spécialement étonnant puisqu'il était étudiant même si ça ne signifiait rien en soi. Il lui donnait l'impression d'être monté sur ressort, comme s'il allait finir par rebondir dans toute la pièce à force de contenir sa joie. Harry ne put s'empêcher de sourire. Il était définitivement enthousiaste à l'idée de travailler ici.

« Qu'est-ce que tu fais comme études ? » lui demanda Harry, s'intéressant à lui.

« Intervenant social. Je suis en deuxième année », l'informa-t-il.

« Du coup, tu as déjà fait un stage ? »

Émory confirma d'un hochement de tête.

« Oui, l'année dernière. Je travaillais avec des enfants placés par le Magenmagot. »

Le jeune sorcier le dévorait littéralement des yeux. Harry devait admettre que lui non plus n'était pas vilain. Il était même plutôt agréable à regarder. Mais ce n'était sans doute pas une bonne idée d'avoir ce genre de relation avec son stagiaire. Il aurait bien le temps ce weekend pour ce genre d'amusement.

« Ton stage a été imposé ou tu l'as choisi ? » poursuivit-il.

« Je l'ai choisi. En fait, dès que j'ai su que tu travaillais ici, je voulais venir pour mon stage », révéla-t-il, un air de défi sur le visage.

Harry ne retint pas un nouveau sourire. « O.K., ce gamin sait ce qu'il veut », pensa-t-il.

« Ne perdons pas de temps alors. Tu as des documents à me faire signer ? »

« Oui, j'ai un contrat de stage. Il faut qu'on définisse ensemble les tâches qu'on va faire. Je veux bien faire n'importe quoi », lui assura-t-il, une lueur dans les yeux.

« Voyons voir ça », fit Harry, en lisant le document. Il tâchait de rester professionnel, malgré l'audace d'Émory. Il songea qu'il avait très certainement fait sa scolarité chez les Gryffondor pour afficher aussi ouvertement son attirance dans un tel contexte, sans gêne aucune.

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Contrat de stage

Entre l'étudiant,

MEYER Émory, né le 13 novembre 1983 à Londres, qui effectuera un stage de 380h dans le cadre de sa formation d'intervenant social à l'École Supérieure de Sociomagie et d'Action Sociale (ESSAS).

Et l'institution, représentée par

, qui occupe la fonction de … au sein de l'organisation…

Pour approbation,

Signature de l'étudiant - Signature du maître de stage

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Harry remplit les champs requis, notant au passage que la date de naissance indiquée était la date du jour. Émory avait dix-neuf ans ce jour-là.

« Joyeux anniversaire », le félicita-t-il alors qu'il signait le document, avant de tendre sa plume au stagiaire, afin qu'il puisse signer à son tour.

« Merci », répondit ce dernier, toujours aussi ravi. « Pour les tâches, on note quoi ? »

« Vas-y, je te dicte. »

Émory s'exécuta, tournant les pages jusqu'à celle correspondant à la description du travail.

« Traitement des dossiers des détenus », commença Harry, marquant une pause pour qu'il ait le temps de noter. « Entretiens avec les détenus, analyse de la demande et suivi des dossiers. Rapports d'expertise devant le Magenmagot. Et concertation avec les autorités publiques. »

« Trop cool », commenta Émory lorsqu'il eut terminé d'écrire. « Tu travailles sur combien de dossiers pour le moment ? »

« Là, j'en ai quinze. Je reviens justement d'un entretien à Azkaban, avec un jeune qui demandait une mise en liberté surveillée. Tu pourras consulter son dossier, si tu veux, et me poser toutes les questions que tu souhaites. Puis on envisagera ensemble des pistes », lui suggéra Harry.

« Ouais, carrément ! » répondit immédiatement Émory, avant de se reprendre. « Enfin, je veux dire : oui, ça me dit bien de procéder comme ça. »

Harry lui sourit, indulgent. On ne pouvait pas dire que sa familiarité le dérangeait. Il avait l'habitude. Ce n'était pas vraiment la bienséance qu'il exigerait de ses collègues ou même de son stagiaire. Ce dernier aurait l'occasion d'en voir d'autres, des pires. Ce serait ridicule de l'inciter à modifier son langage. Il le ferait de lui-même, sur le terrain. La pratique, il n'y avait que cela de vrai pour apprendre.

« Juste une chose. Je suppose que tu es au clair avec ça, mais je préfère m'en assurer : tu es tenu au secret professionnel. Je ne suis pas chiant, mais je ne dérogerai pas sur ce point », l'avertit Harry.

« Ça va de soi », lui assura le jeune. « On nous rabâche assez les oreilles avec ça à l'école. »

« Alors au travail », conclut Harry.

Il déposa le lourd dossier devant son nouveau stagiaire, en se demandant dans quoi il venait de s'embarquer.

Au moins, ça bouleversait un peu son quotidien.


Ouf ! On respire, les chapitres "Harry" sont un peu plus légers. Est-ce que vous imaginiez qu'il serait rentré en Angleterre ? Ou vous pensiez qu'il serait encore au Canada ? Et vous vous faites quelle idée d'Émory ?

Je vous laisse envisager la suite avec ces bases qui se mettent doucement en place.

A jeudi avec le chapitre 3 !

Flux énergétique de scarabée sur vous.