Bonjour mes amours !

Je suis vraiment désolé de publier maintenant, le pire c'est que j'y ai pensé ce matin en me réveillant puis... bah j'ai oublié. Ma tête est un peu pleine pour le moment, je vous expliquerai bientôt. Quand ce sera officiel ahah (comment ça, c'est intriguant ?)

Je vous retrouve donc aujourd'hui avec le chapitre 16 (un peu en retard), et non pas des moindres. Il marque véritablement un tournant dans cette histoire ! Vous allez me dire "il était temps", mais vous n'êtes pas au bout de vos peines pour autant...

Notez que j'adore la chanson qui l'illustre, je l'écoute encore régulièrement, notamment pour faire des parallèles entre le Harry de Failles et le Harry de Vae soli... Failles étant la suite de Vae soli, rien que ça.

RARA :

Marie : Ahah c'est que ça t'a plu alors, du coup, j'en suis ravi ! Je me doute que les ateliers sont difficiles à comprendre, c'est un contexte, un plus pour celleux qui veulent approfondir, mais dans l'absolu, ça illustre ce qui se vit pour Drago, Harry ou les détenus plus généralement. Donc pas de soucis, pas besoin d'avoir fait une maîtrise en philo pour suivre mon histoire. :p Merci pour ta review et j'espère que tu verras ma réponse et la suite, alors !

Sans plus de cérémonie : le chapitre 16.

Merci à Lyra Verin et Mery-Alice Gilbert.


Chapitre 16.

« I want a lover that hates themselves

So I can pity and feel like I can help

.

It's been a minute since I've ate these words and swallowed

I keep on biting 'til I feel it

Thirsty like a wolf full of youth but I'm hollow. (…)

.

Got your body on my mind and I bite and bite (…)

.

I won't admit it but I'm not too well. »

Wolf, Boy Epic.

.

« Je veux un-e amant-e qui se déteste ellui-même

Comme ça je pourrai lae plaindre et avoir l'impression que je peux aider.

.

Ça fait un moment que j'ai mangé ces mots et dégluti

Je continue à mordre jusqu'à ce que je le sente

Assoiffé comme un jeune loup mais je suis vide. (…)

.

Ton corps dans mon esprit et je mords et mords (…)

.

Je ne l'admettrai pas, mais je ne sens pas trop bien. »

Loup, Boy Epic.


Une fois la valise de premiers secours réceptionnée, Harry prit une chaise et s'installa face à Malefoy, qui s'était lui-même assis.

Par Godric, tout s'était enchaîné si rapidement ! Ils parlaient être et néant et, dans la seconde qui avait suivi, Miles Bletchey avait lancé une bombe en direction de Drago Malefoy. Heureusement, elle n'avait pas fait trop de dégâts. Elle avait simplement explosé en milliers de petites pièces métalliques, à présent dispersées à travers la pièce... et dans le visage de Malefoy. Harry n'osait pas imaginer ce qu'il serait resté de son ancien ennemi si sa construction avait été achevée.

Soupirant, il s'intéressa au contenu de la valise, à la recherche d'une potion aseptisante cutanée. Tout plutôt que croiser à nouveau le regard de Malefoy. Pas dans l'immédiat, à tout le moins.

Il avait eu peur pour lui. Durant l'espace de quelques secondes, dans l'agitation et la confusion des sons, il l'avait cru mort. Mais Harry avait réagi à l'instinct, bondissant sur Miles dans un premier temps, afin d'écarter la source de danger des autres et de prévenir une éventuelle seconde attaque. Merlin, quelle veine de travailler en binôme ! Ainsi, Émory avait pu aller chercher du renfort pendant qu'Harry lui-même gardait un œil sur Miles.

Et seulement après, il avait pu se rapprocher de Malefoy, qui tentait, avec difficulté, de se relever. Probablement était-il un peu sonné. Pourtant, le plus perturbant, ce n'était pas sa faiblesse physique… c'était la façon dont ses pupilles s'étaient accrochées aux siennes, comme dans un réflexe de survie. Et Harry y avait vu un gouffre, si profond qu'il l'avait happé.

En cet instant, Malefoy lui avait paru si fragile. Tout son être aspirait à y plonger pour le sauver, l'en extraire, l'aider à remonter à la surface. Puis Erika était revenue, le ramenant à la réalité.

Non, mais quel idiot quand même ! Il n'avait pas rêvé, il avait vu Malefoy provoquer Miles ! Depuis quand un Serpentard risquait-il ainsi sa vie ?! C'était à se demander si Azkaban leur faisait perdre la tête. À moins que ça ne soit les quatre ans de captivité avec les Détraqueurs… Effectivement, ce n'était pas à exclure. Harry se rappelait très bien la puissance destructrice qu'ils pouvaient avoir sur l'esprit. Son parrain en avait aussi fait les frais. Il pouvait très bien imaginer à quel point Malefoy devait être abîmé, morcelé, perdu.

Avec un frisson, Harry prit son courage à deux mains et accorda son attention à Malefoy. Celui-ci ne l'avait pas quitté des yeux. Il attendait. Contenant ses émotions à l'intérieur de lui, Harry se concentra sur la plaie béante qui s'étendait littéralement sur tout le visage de son vis-à-vis, ayant même arraché une partie de son cuir chevelu au passage. Il faudrait commencer par désinfecter la plaie et, ensuite, il allait pouvoir retirer les morceaux métalliques à la pince. Assurément, Malefoy n'allait pas apprécier le traitement. Mais au moins, les dégâts devraient être insignifiants sur le long terme.

« T'as les mains froides, Potter », nota Malefoy, le faisant sursauter.

Merde, il avait oublié qu'il parlait. Ce n'était pas tant qu'il avait perdu l'usage de son ouïe qui lui avait fait penser cela, ce qui aurait été ridicule, c'était plutôt le fait qu'il avait tenté d'oublier qu'il y avait un être vivant face à lui. Malefoy l'avait trop déstabilisé par son regard pour qu'il reste concentré sur lui.

« Ça doit être la potion aseptisante », grogna-t-il, plus pour lui-même, râlant de l'effet que pouvait avoir Malefoy sur lui.

« J'imagine. »

Harry lui lança un regard interrogatif, croisant ses pupilles au passage.

« Oui, je t'entends, maintenant », ajouta Malefoy, qui affichait un air moqueur.

« Eh bien, en voilà une bonne nouvelle », fit Harry d'une voix plate, avisant de nouveau le contenu de la valise.

Il s'y perdit, cherchant ce qui pourrait faire office de désinfectant, la potion ne convenant pas sur les plaies. Pour cela, il repensait à son cours de premiers secours : du vinaigre blanc, ce serait sans doute un peu trop léger. L'alcool, ça serait rude pour Malefoy… Malheureusement, les préparations qu'il connaissait nécessitaient des ingrédients auxquels il n'avait pas accès.

« Est-ce que je dois m'inquiéter du temps que tu prends devant cette valise ? Si je me rappelle bien, tu n'étais pas très doué en potions », le railla Malefoy.

« Ah ah ah », lui répondit ironiquement Harry. « Tu ne vas pas rire bien longtemps, je n'ai que de l'alcool à 90 degrés pour désinfecter ta plaie. »

« Je ne suis pas fait en sucre, Potter. »

Ses iris anthracite, clairsemés d'éclats plus clairs comme sur une photographie en noir et blanc, s'accrochèrent aux siens. Effectivement, il était plus proche de la roche que du sucre… Harry s'éclaircit la gorge, mal à l'aise.

« Bon, j'y vais. Serre les dents. »

Il eut la pensée fugace que, même avec ses amants, il n'avait pas besoin de prévenir d'un mal. Il appliqua le chiffon sur le visage de Malefoy, dont la mâchoire se contracta sous ses doigts. Harry serra lui-même les dents, compatissant.

« O.K., maintenant, je vais essayer de retirer les pièces qui se sont figées dans ta chair », annonça-t-il.

« Mmmh ! »

Harry ne savait pas s'il rêvait, mais il crut voir Malefoy blanchir. À sa place, il ne sentirait probablement pas au mieux de sa forme non plus… Il se remit à la tâche, se disant qu'au plus vite il terminerait, au mieux ce serait pour Malefoy.

Il ne fallut pas bien longtemps pour que la première goutte de sang perle et Harry constata que l'opération serait délicate. Il devait éponger pour savoir où il pinçait. Heureusement, la première pièce céda, libérant au passage une larme, qui s'écoula le long de la narine de Malefoy.

Instinctivement, sans faire de commentaire, Harry sortit un mouchoir en papier de sa poche et le lui tendit. Le temps qu'il s'essuie à l'abri de son regard, il fit tomber la pièce dans un pot, qui provoqua un léger tintement dans sa chute.

« Ça va pour toi si on continue ? » lui demanda Harry en le regardant à peine.

« Il faudra bien toutes les sortir, non ? Alors ne repousse pas davantage l'inévitable », lui répliqua-t-il d'un ton froid.

« C'est aussi ce que tu as voulu faire en provoquant Miles ? Éviter de repousser l'inévitable ? » le confronta Harry, yeux dans les yeux.

Malefoy ne cilla pas. Il n'avait assurément pas bonne mine, entre sa plaie béante et ses cernes à faire pâlir un Inferius, mais il restait digne malgré tout.

« T'aurais dû faire Auror, Potter », ironisa Malefoy. « Et c'est quoi, cette habitude ridicule d'appeler les autres par leur prénom ? Je te rappelle que tu ne peux pas nous piffer. »

Harry ne répondit pas, se concentrant sur l'extraction d'une nouvelle pièce. Mais il sentait le regard de Malefoy sur lui, tant et si bien qu'il finit par soupirer. La vérité, c'était qu'il se rappelait très bien avoir appelé Malefoy par son prénom, le jour où il était venu présenter les ateliers, et il ne savait pas ce qui lui avait pris. Il avait juste eu une intuition que c'était le meilleur moyen de créer un sentiment de proximité avec lui, pour que tout se passe bien.

« Je n'en sais rien, honnêtement », avoua-t-il. « Je voulais attirer ton attention. Et évidemment, j'ai pensé à devenir Auror, mais… je voulais changer les choses, pas faire appliquer des lois que je trouvais injustes. »

Seul le silence se fit entendre suite à son explication bancale et Harry n'insista pas. De toute façon, il devait se concentrer sur ce qu'il faisait, pour ne pas risquer de blesser davantage son ancien ennemi.

Un glapissement à peine audible l'interrompit. Il cessa tout mouvement, mais croisa les pupilles embuées.

« Désolé », souffla-t-il.

« T'as les mains chaudes », lui signala Malefoy, avec un calme étonnant.

Sa déclaration produisit quelque chose d'étrange en lui. Une espèce de chaleur agréable… et merde, songea-t-il. Je bande.

Croisant les doigts pour que Malefoy ne remarque rien, alors qu'il se dilatait, il répondit du bout des lèvres.

« Ah ben comme ça, tu ne pourras plus dire que je ne te fais ni chaud ni froid… »

« Si je ne te savais pas hétéro, je dirais que tu viens de faire une tentative désespérée pour me draguer. »

Merlin, s'il savait ce qu'il faisait de ses vendredis soirs… Il en ferait une de ces têtes. Peut-être même qu'il refuserait qu'il le touche. Pour être honnête, Harry était incapable de dire ce que Malefoy pensait de l'homosexualité. Et il ne savait même pas pour quelle raison ça avait soudainement une importance.

Plutôt que de se vendre, il préféra lui répondre quelque chose dans la même veine.

« Et c'est celui qui se laisse tripoter qui dit ça », exposa-t-il d'une voix égale, comme si ça n'avait pas la moindre importance.

Contre toute attente, Malefoy laissa échapper un léger rire, qu'il reprit rapidement pour ne pas gêner Harry dans ses fouilles.

« Je dois admettre que ça me demande un effort de te laisser faire. Parce que j'ai le cœur durci comme celui d'un vieil homme, mais les pensées d'un gamin de dix-huit ans. »

Harry fronça les sourcils, sans pour autant cesser de tirer avec précaution sur ce qui ressemblait à un bout de vis. Il avait eu des pensées salaces, mais il était probablement bien loin des pensées réelles de Malefoy.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Je veux dire qu'une part de moi se souvient de nos querelles d'ado et préférerait t'envoyer paître avec les Sombrals plutôt que de te laisser poser tes mains sur moi. Et l'autre a pris un sacré coup de vieux et n'est plus à ça près. »

« Je vois », répliqua Harry, d'une voix morne.

Il ne comprenait pas comment Malefoy pouvait lui asséner des vérités avec un tel détachement. Il savait que la prison pouvait changer quelqu'un, mais l'homme en face de lui n'avait plus rien avoir avec l'adolescent qu'il avait connu. De l'impudence, il était passé à une sorte de taedium vitae. Drago Malefoy était un homme fatigué. Enfin, il l'était sans doute depuis le retour de Voldemort, et ce n'était pas Harry qui en douterait. Avant Azkaban, il y avait eu la guerre, et elle n'avait épargné personne.

Mais rien n'était perdu. Et c'était ce qu'Harry et Émory auraient pu exposer au groupe s'ils n'avaient pas été interrompus par l'attaque de Miles. L'être humain a un grand pouvoir : celui de faire de lui-même un homme libre… ou emprisonné. Malefoy lui aurait sans doute ri au nez s'il avait eu le temps de le dire. Mais il aurait aussi pu lui rappeler qu'on pouvait y arriver en modifiant son rapport à soi-même. C'était finalement dans l'angoisse existentielle qu'on pouvait trouver la force d'être et de se libérer.

Il faudrait qu'il prenne le temps de leur expliquer. De lui expliquer à lui…

« Il faudrait quand même que tu éclaircisses un point », l'enjoignit Malefoy, le coupant dans ses pensées.

« Mmmh ? »

« Si, moi, je n'ai pas volé ma punition, qu'est-ce que, toi, tu fiches ici ? La guerre, tu l'as gagnée. Le mal, tu ne l'éradiqueras jamais totalement. »

Harry se figea, soudainement à bout de souffle. Il s'entendit respirer, comme s'il n'était plus vraiment là, dans cette bibliothèque, en plein cœur d'Azkaban. Il était partout et nulle part à la fois, perdu dans ses pensées, elles-mêmes si loin qu'il ne pouvait pas les atteindre.

« Peut-être que j'espère encore pouvoir en sauver… », souffla-t-il, sans savoir s'il se parlait à lui-même ou s'il renseignait Malefoy.

« Ça ne te suffit pas d'être le héros de guerre ? Par Salazar, on pourrit tous ici, Potter. Tous. Tu n'y couperas pas. »

Harry inspira profondément, décontenancé par l'attitude du Serpentard. Cette fois, il était acerbe, presque désagréable. Et pourtant, Harry avait envie d'être franc avec lui.

« Des sacrifices, il en faut pour le plus grand bien. Pour protéger nos principes. »

« Tu n'es qu'un fichu Gryffondor, Potter, tu le sais ça ?! Franchement, quel est l'intérêt de sauver quelqu'un en te sacrifiant ? »

« Par espoir d'en sauver plus d'un », répliqua-t-il d'une petite voix.

Malefoy secoua instinctivement la tête, délogeant au passage, et malgré lui, la vis qu'Harry tenait dans sa pince. Il grimaça de douleur, mais ne fit aucun commentaire, tandis qu'Harry appuyait sur la plaie pour calmer l'épanchement de sang.

« T'aurais dû demander qu'on te fiche la paix à vie, Potter », grogna Malefoy.

« Ça n'aurait servi à rien », rétorqua Harry. « Tôt ou tard, je retombe moi-même dans les emmerdes. »

« Au moins, tu en es conscient. »

La vis tinta en tombant dans le pot, marquant la fin de la conversation. Après cela, ni l'un ni l'autre ne rouvrit la bouche. Harry termina d'extraire les dernières pièces détachées, avant de lui appliquer une potion cicatrisante qui faisait office de seconde peau pour l'isoler des bactéries. Puis il le laissa aux mains du Dr Peterson, qui devait encore examiner son tympan.

Ce jour-là, Harry rentra directement chez lui, exténué. Cela ne l'épargna cependant pas d'un sommeil agité.

OoOoO

Harry accueillit la fin de la semaine avec bénédiction. Il était épuisé, incapable de se concentrer plus de dix secondes sur son travail. Pourtant, il avait pris des potions de sommeil sans rêve chaque nuit depuis trois jours, afin de fermer l'œil.

Une sortie au Kelpy était plus que bienvenue. Néanmoins, il ne put pas s'échapper immédiatement, un jeune sorcier l'attendant de pied ferme à la sortie du bâtiment, un grand sourire aux lèvres.

« Tu es encore là, toi ? » lui dit-il en guise d'accueil.

« Bah oui ! Je n'allais quand même pas partir sans te dire au revoir le dernier jour de mon stage ! » s'exclama Émory, une lueur dans les yeux.

Harry ne put que lui sourire en retour. Bien qu'il n'ait pas voulu de stagiaire, il devait bien admettre qu'il avait apprécié le travail qu'ils avaient fait ensemble. La note qu'il lui avait donnée était d'ailleurs révélatrice de cette appréciation.

« C'était un plaisir, Émory », lui affirma-t-il avec sincérité. « N'hésite pas à revenir dire bonjour à l'occasion. »

« En fait », commença le plus jeune, faussement hésitant, faisant plisser Harry des paupières. « Si tu te rappelles bien, au tout début de mon stage, je t'avais demandé ce que tu faisais de tes vendredis soirs. Tu m'avais répondu que tu séparais vie privée et vie professionnelle. Maintenant, je sais ce que tu fais le vendredi soir : tu sors. Et je ne suis plus ton stagiaire. Je veux t'accompagner aujourd'hui. »

Harry s'esclaffa. Il ne manquait pas de culot, celui-là ! Mais il disait vrai. Et même, pour être tout à fait exact, il y avait longtemps qu'il était plus qu'un stagiaire : depuis qu'ils avaient manifesté de front, il était un camarade de lutte et ça, ça changeait la donne.

« Bon, eh bien, dans ce cas, rendez-vous vers vingt-trois heures devant le Kelpy. Après tout, tu as quelque chose à fêter », s'amusa-t-il.

Émory partit, enthousiaste, emportant avec lui tout entrain, toute jeunesse. Harry se sentit soudainement vieilli.

OoOoO

Harry sortit du sommeil l'esprit encore brumeux. Il percevait de la lumière de ses paupières entrouvertes, lui indiquant qu'il faisait jour. En grognant, il lorgna en direction de son réveil pour savoir s'il pouvait se rendormir avant de retrouver ses amis pour l'habituel petit-déjeuner gras du samedi. Sa vue était cependant entravée par la tête de quelqu'un, posée à même l'oreiller voisin au sien. Depuis quand s'endormait-il avant le départ de son plan cul ?!

Et soudain, il se rappela.

L'alcool qui avait coulé à flots. Le besoin de lâcher prise et d'oublier. Son effectif lâcher prise sur la piste de danse, dans des déhanchés plus que suggestifs. Il y était resté jusqu'aux petites heures, restant plus longtemps qu'à l'accoutumée, retrouvant une certaine vitalité, le conduisant à l'aphrodisie bien plus tardivement.

Le sorcier avec lequel il s'était amusé comme un gosse dans la boîte de nuit, puis dans son propre pieu, c'était Émory. Il s'était acharné, comme une bête sauvage. À chaque fois que le visage de Malefoy était apparu devant ses pupilles, tel un fantôme, il avait enfoncé ses dents dans la peau de jouvence. C'était comme un cauchemar qui se répétait en boucle dans son esprit et auquel il tentait d'échapper par tous les moyens.

Le bras d'Émory, qui pendait dans le vide, attestait de la lourdeur de son sommeil et, par la même, convainquait Harry de seconde en seconde : il s'était fichu dans de beaux draps.

« Et merde… »

Tel l'impulsif Gryffondor qu'il était, il allait devoir assumer les conséquences de ses actes. À commencer par le regard de ses amis, et en particulier celui de Dean, qui risquait de ne pas très bien prendre la rupture avec son premier principe : ne jamais mélanger sexe et amitié.

Enfin, c'était plutôt son deuxième principe, le premier étant de ne jamais coucher deux fois avec le même sorcier. Et, ça aussi, il faudrait qu'il l'explique, mais à Émory cette fois.

Il se redressa sur un coude pour lire l'heure : dix heures. Ça lui laissait tout juste le temps nécessaire pour prendre une douche avant d'affronter ses remords.

Le bruit de la douche réveilla sans doute Émory, puisqu'Harry le retrouva dans sa cuisine, face à un bol de céréales qu'il faisait croustiller sans ménagement.

« S'lut », l'accueillit-il, la bouche pleine.

« Salut », répondit machinalement Harry, avant de tirer une chaise pour s'y installer et de se racler la gorge. « Écoute, Émory… Hum. »

Face à lui, la mastication ne faiblit pas, tout juste Émory regarda dans sa direction. Harry soupira.

« Je ne sais pas comment te le dire, alors je ne vais pas y aller par quatre cheminées : je ne suis pas de ce genre de mec qui cherche une relation », lâcha Harry, sans ménagement. « Le vendredi soir, je sors, je baise un coup, et je ne revois plus jamais le type en question. Normalement, il ne reste même pas dormir. Alors n'y vois rien de personnel, mais ce qui est arrivé cette nuit, ça n'arriva plus. »

« O.K. », répondit Émory dans le plus grand des calmes, sans paraître perturbé le moins du monde.

Harry écarquilla les yeux. C'était aussi facile que ça. Vraiment ?

« C'est tout ?! » s'étonna-t-il.

« Bah oui », fit Émory en haussant les épaules. « Ça a le mérite d'être clair. Puis sérieusement, j'ai dix-neuf ans. Qu'est-ce que tu crois que je veux ? J'ai envie de m'amuser, moi aussi. Si ce n'est pas avec toi, ce sera avec un autre, hein. »

Harry s'esclaffa, soulagé.

« Moi qui croyais que tu en avais après mon cul. »

« Oui, aussi », admit Émory, qui souriait tout autant. « Et j'ai eu ce que je voulais, d'ailleurs. Enfin, à un détail près. »

Harry plissa les paupières, attendant la suite.

« De base, je voulais juste coucher avec toi, c'est vrai. Mais ça fait deux mois et demi qu'on se connait maintenant. Je t'aime bien. J'aime bien tes amis. J'ai envie d'en faire partie, moi aussi. Votre bande, elle est cool. »

Sur le coup, Harry ne sut que répondre.

« Ne le prends pas mal, mais tu n'as pas d'autres amis ? De ton âge ? »

« T'es pas beaucoup plus vieux que moi, t'sais. Puis, pour te répondre, si, j'en ai. Mais c'est pas pareil. C'est tous des hétéros, ou des meufs qui croient que je vais les accompagner faire du shopping. Sérieusement ? J'ai horreur de ça », s'exclama-t-il, d'un air exaspéré qui fit sourire Harry.

« Très bien. Alors sache déjà une chose : tu peux arrêter de manger, parce que le samedi matin, on mange tous ensemble dans le café juste en-dessous de mon appart'. »

« Oh », fit Émory, qui lâcha sa cuillère, tout en affichant un air penaud.

Harry éclata de rire, toute gaieté retrouvée. Restait à affronter Dean…

OoOoO

Une fois Émory douché, lui et Harry descendirent au café rejoindre le reste de la bande. Pour une fois, ils étaient déjà tous présents et sitôt arrivés, Harry entendit distinctement Seamus s'exclamer :

« Ah ! Je te l'avais bien dit que je les avais vu repartir ensemble ! »

La mine victorieuse, il regardait Erwann qui sourit doucement, avant de déclarer, en bon joueur :

« Je l'admets, le connaissant, je n'aurais pas cru. Salut, Harry. »

« Salut, Erwann », lança-t-il en s'asseyant nonchalamment à côté de lui, suivi par Émory, qui prit la dernière place disponible, en bout-de-table, juste à côté de Dean.

Son regard n'échappa d'ailleurs pas à Harry. Il paraissait à la fois interdit, blessé et lointain, comme s'il ne voulait pas y croire. Ça risquait d'être plus compliqué avec lui…

Le silence n'eut toutefois pas le temps de s'installer, une voix surexcitée s'élevant derrière lui.

« Oh mais il y a un petit nouveau, ici ! » s'écria Annette. « Comment tu t'appelles ? »

« Émory », répondit le concerné, qui ne savait pas trop où se mettre.

« Avec qui tu es rentré, mon grand ? » voulut-elle savoir.

L'ensemble de l'attablée rit, à l'exception de Dean, bien qu'Harry rie jaune.

« Avec Harry, c'est ça ? » continua-t-elle, en faisant la moue. « De quoi s'agit-il, cette fois ? C'est sérieux ? »

« Oh non, définitivement pas », intervint Harry. « Ni les fois précédentes, ni celle-ci, ni celles qui suivront. »

« Mmmh ! Tu admettras quand même que c'est le premier que tu ramènes ici. Bon, qu'est-ce que tu manges, Émory ? »

Harry ne suivit pas le reste de l'échange, trop occupé à suivre Dean du regard. Celui-ci s'était levé, visiblement dépassé. Il se dirigeait droit vers la sortie. Sans perdre une minute, Harry lui emboîta le pas. Il ne sut pas si c'était son but ou s'il l'avait entendu le suivre, mais Dean n'alla pas bien loin il s'arrêta à quelques pas de l'entrée, guettant son arrivée.

« Je suis désolé », révéla Harry sans plus de cérémonie.

« Pourquoi lui ? » répliqua Dean en tournant la tête dans sa direction.

Ses iris chocolat brillaient d'émotions. Comme Harry l'avait prédit, il était blessé. Il soupira.

« Lui ou un autre, ça ne change pas grand-chose. C'est juste comme ça. »

Dean secoua la tête, pas convaincu.

« Tu avais toujours dit : pas les amis. Et lui, tu le côtoies. Tu l'as invité à nous rejoindre hier et encore ce matin. Alors je me répète : pourquoi lui ? Qu'est-ce qu'il a de plus que les autres ? » insista-t-il.

« Pourquoi lui… ou pourquoi pas toi ? » se risqua Harry d'une petite voix.

Comme Dean ne réagit pas, il continua sur sa lancée.

« Je vais te dire pourquoi, Dean. Parce que ce gosse, ce matin au réveil, m'a juste répondu O.K. quand je lui ai dit qu'il était juste un coup d'un soir. Parce que ce même gosse m'a dit qu'il voulait juste être mon ami et qu'il s'en fichait. Alors que toi, tu es amoureux de moi », lui dévoila-t-il d'une traite. « Je suis désolé, Dean. Mais je suis un bordel, et dans tous les sens du terme. Je ne pourrai jamais te donner ce que tu veux, et je ne me risquerai pas à faire de toi ce que je fais de tous les autres. J'espère sincèrement que ça ne changera rien à notre amitié, mais quand bien même, je resterais sur mes positions. »

Harry patienta quelques secondes qui lui parurent incroyablement longues, avant de se résigner. Mais avant qu'il se décide à retrouver les autres, des mots franchirent la barrière de ses lèvres.

« Donne-moi juste quelques minutes. Je viendrai vous rejoindre après. Mais j'ai besoin d'un instant tout seul, là. »

Harry acquiesça, avant de s'éclipser, cette fois. Ça, il pouvait faire.

OoOoO

Le mardi suivant, à une heure où Harry aurait normalement dû donner son atelier de philosophie et de citoyenneté, Miles Bletchey était officiellement transféré dans la section adulte d'Azkaban. Après avoir passé quarante-huit heures à l'isoloir, ainsi prolongées de vingt-quatre heures en vingt-quatre heures. Il avait été jugé trop dangereux, et il avait été décidé qu'il ne réintégrerait pas l'aile des jeunes. En même temps, Harry passait devant le Magenmagot.

Il fut reconnu coupable pour l'évasion des Détraqueurs lors des manifestations du mois de novembre 2002 et pour l'attaque du moldu qui en avait résulté. Mais Harry Potter restant Harry Potter, il échappait au pire.

« Harry James Potter, au nom de la loi, je vous déclare coupable d'exposition du monde magique au monde moldu par défaut de prévoyance, aux termes de l'article 420 du Code pénal des sorciers. Au vu des faits et de leur dénouement heureux, je prononce une peine d'ordre symbolique que la loi m'autorise à prononcer pour ces mêmes faits : trente heures de travaux d'intérêt général au sein de la prison d'Azkaban, dans l'optique de rénover l'aile désertée des Détraqueurs évacués par votre incident. »

Oui, il s'en sortait bien. C'était même ironique en sachant que sa peine consistait à rendre meilleures ces conditions qui l'avaient amené à manifester, puis à se retrouver devant la Justice.


Eh bien voilà, à la semaine prochaine, salut. (Comment ça, je ne suis pas drôle ?)

Si Drago était déjà (irrémédiablement) amoureux de Harry, il semblerait qu'il commence (enfin) à perturber notre cher Harry... au point que ce dernier couche avec Emory ! Certain-e-s l'avaient vu venir, d'autres pensaient que ça mettrait plus le désordre... Disons que je lui ai trouvé une autre utilité que celle qui était initialement prévue ahah

Petit clin d'œil à Damelith qui a cru pendant quelques secondes que je mettais Harry en prison... Ma réponse ? "Oui, bien sûr, et je les mets dans la même cellule, comme ça, ils peuvent forniquer" (pauvre Barney, décidément). NB : Damelith a eu accès aux chapitres en avant-première parce qu'elle a rejoint mon équipe de relectrices pour Failles (cœur sur elle).

On se retrouve la semaine prochaine avec l'application / l'implication de cette décision de justice... (a)

Flux énergétique de scarabée sur vous,
Cai.