Bonjour mes amours !
Je pense que vous pouvez dire à l'unanimité que j'ai été sadique sur ce coup. J'ai reçu des Beuglantes ! mouhahahah Oui, j'aime ça. Mais vous allez me pardonner... quoi que, peut-être pas tout de suite... (a)
Merci à Lyra Verin et Mery-Alice Gilbert.
Chapitre 25.
« Can you hear the silence?
Can you see the dark?
Can you fix the broken?
.
Can you feel my heart? (…)
.
I'm scared to get close and I hate being alone.
I long for that feeling to not feel at all.
The higher I get, the lower I'll sink.
I can't drown my demons, they know how to swim. »
Can you feel my heart, Bring me the horizon.
.
« Peux-tu entendre le silence ?
Peux-tu voir les ténèbres ?
Peux-tu réparer ce qui est cassé ?
.
Peux-tu sentir mon cœur ?
.
Je suis terrorisé à l'idée d'être proche et je hais être seul.
Je désire ardemment ne rien ressentir.
Au plus haut je vais, au plus bas je sombre.
Je ne peux pas noyer mes démons, ils savent comment nager. »
Peux-tu sentir mon cœur, Bring me the horizon.
Drago pouvait encore deviner la pression des lèvres de Potter sur les siennes. Son corps avait enregistré son étreinte et les frottements de sa peau, et même les caresses de sa langue. Il avait été d'une infinie douceur malgré le brasier qui les consumait. Ensuite, il avait probablement paniqué.
Littéralement parlant. Il s'était décollé d'un bond, comme piqué par un Billywig. Il avait gémi un « Je peux pas faire ça », avant de se lever, son caleçon déformé par son érection. Il s'était habillé et était parti. Tremblant et les pupilles animées d'un mouvement frénétique.
Drago s'était occupé de sa propre érection, sans que le cœur y soit. Il avait bu sa bière, puis celle de Potter, redécouvrant la sensation d'être étourdi par l'alcool. Il avait attendu, privé de tout espoir. Vu l'heure, Potter était probablement sorti avec ses amis, embrassant peut-être une ribambelle de sorciers, se régalant assurément de l'un d'eux, plus expérimenté que Drago. Et qui aurait plus que ce à quoi il venait d'avoir droit.
Drago soupira. Alois l'avait prévenu. Sitôt que Potter se sentirait étriqué, il fuirait. Cela s'était produit une première fois après la visite de Granger, et Drago avait su faire preuve de patience. Un baiser était déjà plus qu'inespéré. Le problème se situait malheureusement dans le fait que plus il goûtait à Potter, plus il en voulait. Jamais il ne l'avait désiré aussi ardemment que lorsqu'il était parti à la découverte de sa bouche, frôlant scandaleusement son ventre de sa verge gorgée de sang.
À cette idée, Drago durcit à nouveau, mais son cœur était affolé par sa détresse. Il n'était pas certain d'avoir une deuxième chance, et cela rendait son désir insoutenable. Pour ne rien arranger, l'atmosphère s'était considérablement alourdie, devenant pesante.
Si au début, il avait pensé qu'il s'agissait d'une des conséquences de leur fièvre, Drago avait rapidement dû se rendre à l'évidence : l'orage menaçait.
Et toujours installé dans le canapé, il sanglotait comme un enfant qui venait de faire un cauchemar. Si près de toucher au but, son cœur avait gonflé de bonheur… jusqu'à éclater, tombant droit dans le Styx. Il n'avait pas pu retourner dans la chambre, dans cette chambre d'enfant qui n'était pas la sienne mais qui la lui rappelait.
Ce n'était plus la bouche de Potter qui découvrait la sienne, c'était une bouche qui lui crachait des ordres froids, d'une sévérité à ne pas remettre en question. Ce n'était plus la verge de Potter sur son ventre, qui le frôlait avec impudence au gré de ses coups de reins réflexes, c'était le matelas sur lequel son propre corps frottait malgré lui. Ce n'était plus le désir qui le consumait, c'était l'habilité de celui qui l'assujettissait à sa cruauté.
Il voulait juste que ça se termine. Il brûlait vif, mais le sort de Gèle-Flamme ne pourrait rien contre ce feu invisible. De toute façon, il avait à nouveau deux ans, trois ans, quatre ans, cinq ans… Il était condamné aux Enfers. Il était devenu lui-même terre de l'Enfer. Il criait sa mère enfermée dans un autre monde, et c'était le cri de la désolation, tout espoir devenu notion abstraite.
L'orage continuait à gronder comme un ronflement de plus en plus prégnant, auquel ses hoquets faisaient écho.
Il n'entendit pas directement que Potter était rentré. La porte s'était probablement refermée sur un coup de tonnerre et, pendant que Potter maugréait dans l'entrée à propos du temps, Drago retenait son souffle. L'appartement étant plongé dans l'obscurité en dehors des éclats lumineux de la foudre, et Potter traversa les pièces à vivre sans le voir avant de s'enfermer dans la salle d'eau.
Alors Drago relâcha sa respiration bloquée, gémissant de plus belle durant de longues minutes. Il avait senti l'odeur de la transpiration, mêlée à celles de la pluie et de l'odeur musquée de Potter. Ce pouvait être n'importe quoi qui avait provoqué sa sudation, mais il avait la conviction qu'il n'avait pas passé la soirée dans le règne de la chasteté. Drago en crevait de jalousie, se refermant un peu plus sur lui-même et en lui-même.
« Drago… ? »
Les intonations inquiètes le poussèrent à ouvrir les yeux. Potter se trouvait là, face à lui, alerte. Il ne l'avait pas entendu sortir de la salle de bain, mais il pouvait à présent sentir l'odeur du propre, qui ne pouvait somme toute pas annihiler ses effluves musqués, typiquement siens.
Drago referma les yeux, ses paupières exagérément closes. Il ne voulait pas être vu dans cet état, il voulait que Potter s'en aille… et en même temps, tout son être lui criait de le tenir en un seul morceau, puisqu'il n'était même plus en mesure de préserver son âme des ténèbres.
Une poigne douce mais ferme lui attrapa la nuque, le forçant à ouvrir derechef les yeux. Son cœur battait à un rythme désordonné et Drago étouffa en décelant les pupilles émeraude si proches.
Un craquement résonna dans l'habitacle et Drago se recroquevilla sur lui-même, mu par l'instinct.
Un éclair de lucidité traversa les prunelles de Potter.
« Merde… C'est l'orage, hein… ? » lui souffla-t-il. « Si j'avais su, je… »
Un nouveau craquement se fit entendre et Drago se concentra sur l'abaissement de ses paupières, puis sur la noirceur qu'elles refermaient. Il tremblait, suait, et tout son être semblait ne faire qu'un avec son myocarde, pulsant comme des étincelles dans un monticule de cendres. Cherchant la vie dans la destruction. Tentant de la trouver dans la chaleur de la paume dans sa nuque.
« Tu vas venir te coucher avec moi », décida Potter avec douceur. « Tu ne termines pas la nuit seul dans cet état. »
Durant une fraction de seconde, Drago eut la sensation que son visage émergeait hors de l'eau, inspirant longuement la vie. Puis ses larmes de gratitude se mêlèrent au Styx. L'instant d'après, il se retrouvait dans l'étreinte de Potter, le visage dans son cou.
Il ne sut même pas comment ils parvinrent jusqu'à sa chambre. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il était à présent allongé dans son lit, respirant à plein nez son oreiller. Il l'entendit lancer un sort paratonnerre avant d'ouvrir la fenêtre.
« Il fait mourant de chaud, Drago. Je sais que c'est un peu… délicat, comme situation, mais… tu ne serais pas plus à l'aise en caleçon ? »
Il semblait s'être rapproché. Drago sortit sa tête de l'oreiller, le dévisageant. Un éclair illumina la pièce. Potter était à côté de lui, assis sur ses genoux. Il était en train de déposer sa baguette sur la table de chevet, exposant ainsi son torse à la vue de Drago. Lui-même ne portait qu'un caleçon, ce à quoi Drago n'avait même pas prêté attention.
Drago acquiesça. Il était déjà couvert de sueur, et Potter devait l'avoir sentie. Au point où il en était de toute façon…
Il déboutonna sa chemise, que Potter lui réquisitionna pour la plier, puis fit glisser son pantalon sur ses jambes, avant qu'il subisse le même sort que le haut. Le cœur battant, Drago observa Potter les déposer sur la table de nuit, puis venir le rejoindre en tirant à eux un fin drap.
« Je ne sais pas dormir sans couverture », se justifia-t-il en laissant retomber sa tête à côté de la sienne.
Mais Drago n'en avait cure. Il s'accrochait aux pupilles émeraude comme à une bouée de sauvetage, serrant les dents à chaque détonation pour ne pas pleurer, face à Potter qui n'en perdait pas une miette. Il finit par glisser une main dans sa direction, longeant sa mâchoire avec une tendresse qui lui fit fermer les yeux.
Il sentit son front se coller au sien, puis son souffle à quelques centimètres de ses lèvres, lui indiquant un calme étrangement irrégulier. Son cœur cognait dans sa poitrine, il avait peur, et en même temps tellement envie, besoin de goûter encore de Potter…
Il n'y survivrait probablement pas, mais s'il devait se trouver en enfer, autant brûler jusqu'au bout.
« Je n'aurais jamais dû te laisser tout seul… », lui murmura-t-il.
« Tu as pris peur », lui répondit Drago sur le même ton, le cœur au bord des lèvres.
Il sursauta brièvement lorsque le tonnerre gronda, notant au passage que Potter raffermissait sa prise, comme pour le rassurer sur sa présence.
« Ouais… », soupira Potter, sa paume caressant à présent son cou, d'un mouvement lent et presque aérien.
Drago retenait son souffle, attendant une suite.
« J'ai été trop loin avec toi… », continua-t-il d'une voix éteinte.
Son cœur rata un battement et une sensation de froid l'envahit. Il voulait fuir, s'échapper, tandis que les larmes manquaient de resurgir. Il tenta de se déloger de l'étreinte de Potter.
« Merde, Drago… », fit Potter en l'empêchant de se retourner. « Ce n'est pas ce que je voulais dire. Regarde-moi. »
« Va te faire foutre, Potter. »
Cependant, il ne bougea pas, gardant obstinément les paupières closes. Il n'avait tout simplement pas suffisamment d'air pour se lever, enjamber Potter et partir. Et puis pour aller où ? Il voulait surtout échapper à son regard, il ne voulait pas l'affronter alors qu'il était en vrac.
« Je suis désolé… Je ne pouvais juste pas te prendre et te jeter comme je le fais d'habitude… »
« Pourtant, c'est ce que tu as fait, au final. Tu n'as peut-être pas mis ta queue dans mon cul, mais tu m'as pris et tu m'as jeté », cracha Drago.
La vulgarité était tout ce qui lui restait pour exprimer son aigreur. Il entendit Potter soupirer, avant de sentir du mouvement. Il rouvrit les yeux, craignant soudainement qu'il s'en aille. Mais Potter s'était assis, le visage dans les mains.
Drago prit une grande inspiration et s'assit à son tour, avant de se pencher à son oreille.
« Ne raisonne pas trop la situation… On avait envie l'un de l'autre, ce n'est pas moldu, c'est aussi simple que ça en a l'air. Je ne te demande rien. »
« Par Merlin, Drago… Tout ce que je voulais, c'était t'aider. Pas te mettre dans mon pieu… »
Potter soupira à s'en fendre l'âme et Drago se sentit vaciller. Son cœur comprenait ce que sa tête ne pouvait analyser. Il le voulait lui, maintenant, et tant pis pour demain… Il était prêt à se dire qu'il avait eu tout ce qu'il était possible d'avoir de Potter. Il n'en imaginait même pas tant quelques années auparavant.
Drago comprit alors que ce ne serait pas en parlant qu'il aiderait Potter à se relâcher. Il pensait trop, il se faisait du mal, alors que c'était évident qu'il avait envie d'aller plus loin, lui aussi. Il lui avait pratiquement avoué la veille…
Au rappel de leur baiser torride, son membre érectile tressauta, se manifestant pour la première fois depuis le retour de Potter. Drago eut une idée. Dans les mots, c'était davantage dans la provocation que dans les déclarations qu'ils excellaient. Ce langage, ils le maîtrisaient tous les deux.
« Tu veux m'aider, Potter ? » lui demanda-t-il sur un ton qui appelait au défi, faisant frissonner Potter.
« Comment ? » répondit-il aussitôt, en relevant son visage pour le regarder.
Drago soutint son regard durant de longues secondes, respirant lentement, comme pour contrebalancer avec le frénétisme de son myocarde. À en croire le son que la respiration de Potter faisait, il se trouvait dans le même état que lui.
Alors seulement, il baissa les yeux en direction de la bosse formée dans son caleçon, persuadé que Potter en ferait de même. Cela ne manqua pas.
« Montre-moi comment tu tripotes les sorciers que tu ramènes », le requit-il.
« Par Godric… », réagit Potter d'une voix plaintive.
La seconde qui suivit, Potter était sur ses lèvres et le faisait basculer en arrière, et son cœur explosa littéralement de bonheur.
La fièvre s'était emparée de leurs corps, alors que les langues se cherchaient dans une lenteur désobligeante et que leurs sexes se frottaient au travers de leurs sous-vêtements, arrachant quelques gémissements à leurs propriétaires.
Drago avait tellement peur de jouir trop vite, c'était le feu d'artifice dans son ventre et il n'avait véritablement jamais rien ressenti d'aussi intense. Heureusement pour lui, Potter finit par lui laisser du répit, s'affaissant sur lui tandis qu'il reprenait son souffle, le visage dans son cou. L'air qui s'échappait d'entre ses lèvres avait quelque chose d'aphrodisiaque pour Drago, dont la peau se couvrit instantanément de chair de poule.
« Tu es sûr que c'est ce que tu veux, Drago ? »
« Je ne suis pas fait en sucre, Potter. »
Le concerné rit doucement à son oreille, lui arrachant un frisson.
Il se souleva légèrement, lui faisant ainsi face. Drago sentit sa respiration se bloquer, et il dut s'enjoindre mentalement à inspirer et expirer. Il se noyait dans une étendue verte…
« À une condition », décida Potter.
« Laquelle ? »
« Cette nuit, je m'appelle Harry. »
Drago déglutit. Il y avait tellement de significations dans ces quelques mots… Une nuit. Il avait une nuit pour être intime avec lui. Après ça, tout se terminerait.
Cette fois-ci, il prit les devants, attrapant Potter par la nuque et l'attirant à lui. Ce dernier se laissa faire, jusqu'à ce que leurs lèvres s'effleurent sans se mouvoir.
« Harry… », se plia-t-il à voix basse.
Et comme si c'était le mot magique, ses lèvres subirent la pression fiévreuse de son plus grand désir. D'abord caressante, la pression se fit ensuite plus empressée, comme s'il n'y avait plus de temps à perdre.
Potter partit à la recherche de sa langue, l'enroulant de la sienne dans une passion dévorante qui les fit panteler en moins de temps qu'il ne fallut pour le penser. Leurs souffles se mêlaient, ne faisant plus qu'un, intensifiant leur désir de l'autre. Leurs cellules semblaient exploser en toute part, se figeant dans le temps avant de fusionner, comme si elles n'appartenaient qu'à un seul et même être.
À bout de souffle, Potter se déroba à leur entremêlement pour disparaître une nouvelle fois dans son cou, y déposant cette fois des baisers, petits mais si maîtrisés que Drago aurait pu croire qu'ils avaient été étudiés précisément pour lui. Il sentait le rythme de sa respiration ralentir pour devenir plus lent, plus ample, pour se préparer à l'expression de son plaisir.
Il ne pouvait expliquer ce paradoxe : il était à la fois si vulnérable, sa concupiscence ainsi visible, et à la fois si fort de ce qui lui était offert.
Mais il était encore loin d'avoir découvert tout le potentiel de cette force. Alors que Potter commençait à suivre un chemin abstrait, zigzaguant plus bas à l'aide sa langue, Drago fut freiné dans son inspiration. Il en laissa échapper un premier gémissement, béat, qui ouvrit la porte à une toute une série d'autres, dépassant la gêne qui avait précédé le premier.
Drago avait perdu le compte, et surtout sa retenue, lorsque Potter arriva à l'élastique de son caleçon, qui ne l'arrêta pas. Il embrassa lentement chaque parcelle de son membre à travers le vêtement, et Drago trouva cela divinement tentateur.
Son estomac fit une culbute au moment où deux doigts entrèrent en contact avec sa peau, se glissant sous l'élastique, le soulevant juste ce qu'il fallait pour que la pointe de son gland rencontre un sentiment de liberté, sous la brise chaude de Potterland…
Brise chaude aux caresses des vagues labiales, qui allaient puis descendaient, en même temps que le sous-vêtement glissait le long de son membre, qui sauta bientôt entièrement en dehors.
Arrivé à la base, la langue remplaça ses lèvres, le léchant de tout son long, faisant trembler Drago. Son plaisir était presque douloureux, tant il craignait de jouir à tout instant, lamentablement, honteusement, face à l'expérience de Potter. Puis il voulait que ça dure, encore et encore…
Quand il sentit le souffle de Potter prêt à l'aspirer, il réalisa alors ce qui lui arrivait. Et le coté rationnel de son esprit, son cerveau reptilien comme l'appelait Potter, se manifesta.
« Attends », l'enjoignit-il subitement, prenant appui sur ses coudes.
Potter s'était figé, le visage à peine à quelques centimètres de sa verge érigée. Il en frémit. Il ne connaissait pas de spectacle plus excitant que celui-là…
« Il n'y a pas de risques avec la fellation ? »
« Si », admit Potter. « Tu veux un sort de protection ? »
« Oui, s'il te plaît. »
Il remonta alors en s'aidant de ses avant-bras, jusqu'à avoir le visage à sa hauteur, puis se pencha jusqu'à sa table de chevet pour attraper sa baguette. Il revint à son niveau, un sourire taquin sur le visage.
« Quoi ? » répliqua Drago.
« Rien… », fit Potter, avant de lui voler un baiser chaste, mais longuement appuyé.
Drago ferma les yeux, se laissant diriger par ses sens. Il entendit Potter jeter son sort et repartir à la conquête de son édification, le débarrassant définitivement de son caleçon.
Et Drago fit la découverte de nouvelles sensations. Une part de lui disparut dans un antre chaud et humide, tandis que son esprit était transporté par une succion scandaleusement excitante.
Comme il l'avait prédit, il ne tint pas très longtemps à ce traitement, hoquetant à une énième vague qui déborda sur les rives aux terres tremblantes. Presque étranger de son propre corps, et en même temps dans une conscience extrême de ses ressentis, Drago nota que Potter revenait à son niveau, emprisonnant doucement son visage de ses mains pour l'embrasser avec une infinie douceur, léchant, mordillant ses lèvres, puis taquinant sa langue. Il était au paradis…
Finalement, il le relâcha, avant de lancer un Tergeo ! qui nettoya les résidus de sperme, majoritairement sur son ventre.
Potter affichait un sourire victorieux qui illuminait ses iris émeraude.
« Je crois que j'ai su t'aider », s'amusa-t-il.
« À moi de te donner un coup de main », souffla Drago.
Instinctivement, sans le quitter des yeux, Drago porta la main à la bosse dans le caleçon de Potter. Il avait comme une envie de vengeance dévorante… Il la caressa doucement, faisant perdre de son sourire à Potter au profit d'une expression de ravissement.
« Oh oui, vas-y… », répondit Potter, la bouche entrouverte et les paupières mi-closes.
Pour ça, Drago n'avait pas trop peur. Il connaissait les gestes, pour les avoir maintes et maintes fois répétés sur son propre membre, avec l'image de Potter sous les yeux. Mais cette fois, il était bien réel, et c'était son intimité qu'il flattait.
« Harry, Harry… », murmura-t-il, mu par l'instinct.
Il le trouvait magnifique, ainsi offert à lui, sa respiration à la fois lente et lourde de désir. Il voulait l'entendre soupirer comme Drago lui-même l'avait fait un peu plus tôt. Sa main disparut entièrement dans le caleçon, se frayant un passage le long du membre gorgé de sang.
D'abord avec lenteur, Drago commença à faire des va-et-vient autour de sa verge, l'emprisonnant de sa poigne. Ensuite, au fur et à mesure qu'il en accélérait le rythme, la respiration de Potter accéléra également, et plus le plaisir grimpait, par vagues, plus son souffle se bloquait et plus son visage se colorait. Ses joues rougissaient sous l'effet de la chaleur.
Puis il y eut des soubresauts et Potter jouit dans un râle aigu terriblement jubilatoire.
Sans même prendre le temps de rouvrir les yeux ou de reprendre son souffle, Potter l'attrapa par la nuque et l'attira à lui, pressant leurs lèvres avec empressement. Drago était ailleurs, sans connexion avec la réalité, et pourtant, tout son organisme pulsait en même temps que son cœur.
Lorsque Potter suçota sa langue entre ses lèvres, il gémit sans retenue. Il était devenu un être de luxure, prêt à laisser à son corps entier à la merci de l'objet de tous ses désirs.
Il ne tarda d'ailleurs pas à reprendre du poil de la bête, et à en juger la forme contre sa cuisse, Potter non plus.
« Voilà ce qui s'appelle réveiller ce qui était résolu », chuchota Drago, tout contre son amant.
Les iris émeraude l'évitèrent, légèrement troublées.
« Hum, désolé », toussota Potter. « Je pourrais encore continuer, mais voilà… »
« Mais voilà quoi ? » demanda Drago, soudainement nerveux.
Potter ne répondit pas, se contorsionnant au-dessus de lui pour attraper sa baguette et nettoyer le résultat de sa propre éjaculation.
Drago sentait qu'il était mal à l'aise, ses pupilles étant évitantes.
« Tu me ménages », constata-t-il en soupirant.
« J'ai peur de te faire mal », admit Potter en dissimulant son visage dans son cou.
Son souffle chaud lui chatouillait la peau, et Drago aurait volontiers prononcé un Serment inviolable avec les Détraqueurs pour y avoir droit encore longtemps…
« Pourquoi crois-tu que tu vas me faire mal ? » voulut savoir Drago, qui n'en menait pourtant pas large.
Il n'avait aucune idée de la douleur pour laquelle il s'engageait. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il avait confiance en Potter pour être prévenant. Et si c'était une pratique largement répandue, il était plus que probablement que la sodomie soit appréciable… à minima…
« Je fais toujours attention », affirma Harry, plus posé, avant de soupirer. « C'est juste que tu sors de plusieurs années d'emprisonnement. Soit tu as pris cher, soit tu n'as rien pris… dans les deux cas, je ne suis pas certain que ça soit très agréable comme reprise. »
Comme reprise. Ainsi, Potter ne se doutait pas une seule seconde qu'il était vierge de tout rapport. Enfin… il ne l'était plus maintenant, pas à proprement parler. Mais il restait encore le grand saut, et Drago ne voyait personne d'autre pour lui faire passer le cap, bien que cette simple idée lui fasse manquer un battement.
« S'il te plaît… Harry… »
Potter ne répondit pas immédiatement. Drago sut qu'il avait gagné quand il s'anima, redessinant sa mâchoire de ses lèvres.
« Retourne-toi, je vais te préparer », souffla-t-il.
OoOoO
Lorsqu'ils descendirent Chez Annette et Thierry, le groupe était déjà réuni au grand complet. Drago ne manqua pas les regards d'Émory et d'Alois, qui convergèrent simultanément dans sa direction. Il les ignora, mais eut la sa sensation d'être sondé.
Les autres, en revanche, n'avaient pas fait attention à lui. Ils étaient tournés vers Potter, l'acclamant comme un duelliste de renom.
« Harry, Harry ! Tu l'as faite longue cette nuit », commenta Erwann, amusé.
Potter grogna en s'asseyant.
« Et toi, tu ne les fais plus ? »
« Si, mais… Je suis en couple, maintenant. Je n'ai plus envie de sortir comme avant », répliqua-t-il, rougissant.
« Tu nous abandonnes, ouais ! » râla Alois.
« Tu vois bien que je suis là. Je fais des compromis. »
« Le Kelpy d'Argent, c'est notre truc à nous, tu ne peux pas faire ça ! » renchérit Finnigan.
Ce fut la cohue pendant une dizaine de secondes, pendant laquelle Potter suivit les passes du Souaffle sans intervenir, probablement pour éviter de faire à son tour l'objet de questionnements.
« Bon les gars, ça suffit », décida Thomas. « Chacun sa vision du couple. Il est là, non ? C'est ce qui compte. »
Le silence se fit après quelques grommellements, et la gérante en profita pour passer commande. Après un moment de flottement, Drago remarqua un nouvel échange de regards entre Alois et Émory. Il devint suspicieux.
« Alors Harry, tu as fait bonne prise hier ? » l'interrogea Alois. « Tu as la gueule de celui qui n'a pas fermé l'œil de la nuit. »
Potter parut mal à l'aise. De fait, ils n'avaient pas dormi. Ils n'avaient même pas terminé, Drago tremblant comme une feuille. Sans comprendre la traîtrise de son corps, confus, il avait dû fuir la chambre pour évacuer. L'ouverture de son côlon, probablement… Et Potter lui avait dit de revenir après, au cas où, si l'orage revenait… Orage que Drago n'avait même pas entendu s'éloigner.
Ainsi, il était revenu malgré tout et, les yeux mi-clos, Potter l'avait attiré à lui. Il n'avait pas relâché son éteinte, comme il n'avait cessé pas de caresser sa nuque des heures durant, ne semblant pas se formaliser de son incompétence et de l'incongruité de la situation. Et le malaise s'était dissipé.
Un havre de tendresse qui avait pourtant ses maux. La nostalgie était prégnante, révélatrice. C'était derrière lui, c'était derrière eux.
« Non, mais Harry est parti tôt hier. Et seul, surtout. Je l'ai croisé alors qu'il sortait », révéla Émory. « Hein Harry ? »
Ce dernier grogna pour confirmer les propos de son ami.
« Tu m'as même dit que tu revenais du baisoir, à l'arrière. Que te faire sucer t'avait suffi pour la soirée », persista-t-il.
Drago encaissa. Après tout, il s'en doutait, même si ça n'en restait pas moins douloureux à entendre. Il savait dans quoi il s'engageait avec Potter. Il l'avait suffisamment pensé et repensé, il avait choisi son poison.
« Depuis quand c'est ton genre ? » releva Thomas, fronçant les sourcils. « C'est plutôt toi qui as le contrôle d'habitude. »
Potter haussa les épaules sous le regard intéressé de Drago.
« Ce qui explique mon départ précipité, j'imagine. C'était pas pour moi. »
« De ce fait, il n'y a qu'une seule personne avec laquelle tu aurais pu rester éveillé », avança Alois.
L'ensemble du groupe parut soudainement très avide de l'échange, et Alois et Émory ne furent bientôt plus les seuls à le dévisager.
« Qu'est-ce que tu sous-entends, Al' ? » répondit Potter en soutenant le regard de son ami.
« Que tu as couché avec Drago. »
Le silence se fit, tous étant dans l'attente d'une confirmation.
« Vous êtes lourds », soupira Potter. « Oui, on a couché ensemble. Vous êtes contents ? »
Les coups d'œil passèrent de l'un à l'autre, comme si chacun d'entre eux tentait de se les représenter ensemble. Puis un cri victorieux amena toute l'attention sur Émory.
« Je vous l'avais dit ! » s'écria ce dernier. « À moi les Mornilles maintenant, allez ! »
« Quoi ?! Vous avez parié sur le fait que je coucherais avec Drago ?! » s'insurgea Harry.
« Attends, attends », intervint Alois. « Rien ne dit que c'était la première fois. »
Cette fois-ci, Drago vrilla en direction de Potter, qui le remarqua et rougit. C'était déjà la deuxième personne à laisser entendre qu'il pourrait renouveler l'expérience avec lui.
« Si ça l'était. Vous allez m'expliquer maintenant ?! »
« Rien ne dit que ça n'arrivera plus », continua Alois, sourd à la requête de Potter.
« Mais si ça n'arrive plus, on continuera à attendre et le jeu ne se finira jamais. C'est de la triche ! » s'enquit Thomas.
« Vous aviez accepté dès le départ ! »
« En même temps, on ne pensait pas qu'on aurait à se poser la question », répliqua Finnigan.
« Ça, c'est parce que tu ne réfléchis pas, Amour. »
Finnigan fit une mue boudeuse et son conjoint le consola d'un baiser tendre sur la joue, tout en lui murmurant quelque chose à l'oreille, que Drago ne comprit pas.
« Hé ! Oh ! Je peux comprendre, là ?! » s'impatienta Potter.
Dans tout le tintamarre qui suivit, Drago finit par comprendre que Finnigan et Thomas avaient parié qu'il ne se passerait rien entre Potter et lui mais que, suite à sa dernière conversation avec Potter, Thomas avait revu son avis. Émory avait parié qu'il y aurait un rapprochement physique. Et, enfin, Alois avait affirmé qu'ils ne se contenteraient pas d'un seul round. Depuis, Potter semblait embêté et pensif.
« Alors Drago », l'appela Alois, le tirant hors de ses pensées. « C'est vrai que Harry est toujours un top ? »
« Parce que tu crois que j'ai fait un recensement de ses pratiques sexuelles ? Que je suis là à chaque fois ? » répliqua-t-il avec cynisme.
« J'aime bien comme vous pensez pouvoir obtenir quelque chose de Drago », grogna Potter.
« Et comme vous lui demandez à lui et pas à moi, alors que je vous dirai tout ce que vous voulez savoir ! » renchérit Émory.
Potter venait d'entrer dans le nid des Norvégiens à crête.
Et voilà, 25 chapitres pour en arriver là... Je ne sais pas si vous m'adorez ou si vous me détestez, mais ça risque de changer ahah
Mine de rien, l'histoire touche tout doucement à sa fin. Dans 5 semaines et demi, très exactement (parce que je publierai l'épilogue le dimanche qui suit le chapitre 30, pas une semaine après).
Très clairement, il faudra attendre avant d'avoir la suite, je ne suis pas très avancé. Mais je compte vous écrire quelques OS entre temps, et il faudrait vraiment que j'écrive mes deux derniers OS bonus de TALYPE... Sinon, grande nouvelle, mon OS pour la deuxième édition du concours des Chalusse d'Ebène est parti en relecture !
J'ai hâte de lire vos nouvelles Beuglantes. :p (Aimez-moi un peu quand même hein ! ahah)
Flux énergétique de scarabée sur vous,
Cai.
