Bonjour mes amours. Ca y est, la fin est là. Je viens à peine de terminer les notes d'auteur pour le chapitre 30 et je suis ému. C'est une troisième fic longue qui s'achève.
Merci à Lyra Verin et Mery-Alice Gilbert, du début à la fin.
Epilogue.
« I know I'm a mess and I wanna be someone
Someone that I like better
I can never forget. »
Would it matter, Skillet.
.
« Je sais que je suis une épave et je veux être quelqu'un
Quelqu'un que j'apprécie davantage
Je ne pourrai jamais oublier. »
Est-ce que ça aurait de l'importance, Skillet.
Ils avaient pris des chemins différents.
Harry Potter était allongé dans son lit, le regard sur ce plafond qu'il ne distinguait pas dans la nuit noire. Il déglutit, parce qu'il avait peur. Pratiquement six mois s'étaient écoulés depuis le départ de Drago, et il ne s'en remettait toujours pas.
Il avait mis du temps à l'admettre, mais il avait finalement réalisé qu'il ferait mieux de se faire aider. Comme le disait Hermione, il n'y avait aucun mal à cela, c'était même un choix intelligent que de suivre une thérapie quand on ressentait le besoin de se faire accompagner. Parce qu'outre ses potions anxiolytiques et antidépresseurs, il continuait à espérer le retour de Drago. Pire encore, il imaginait parfois qu'il revenait réellement. Il entendait un bruit et se figeait, aux aguets. Il attendait, mais il n'arrivait jamais.
Le plus difficile, c'était pendant la nuit, quand le vide dans l'appartement se faisait ressentir. Alors ses terreurs nocturnes débutaient. Harry luttait contre l'envie de prendre davantage de potions, craignant un nouveau séjour à Sainte Mangouste. Enfin, il craignait surtout de faire encore de la peine à Hermione. C'était d'ailleurs peut-être un peu pour elle qu'il avait décidé de voir un thérapeute. Son médicomage psychiatre l'aidait à stabiliser ses émotions, son thérapeute à en analyser le sens profond.
Puis il y avait Teddy, son filleul. Il devait être là pour lui. Avec un Souafle de retard, il avait réalisé qu'il était sa figure paternelle la plus proche. Les sorciers n'étaient peut-être pas très croyants, et Harry encore moins, mais la mission d'un parrain, c'était bien de veiller sur son filleul et sur son éducation. Il ferait de son mieux pour être un bon précepteur, à défaut d'être un bon modèle.
Dans la chambre d'à côté, un ronflement plus sonore que les autres se fit entendre et Harry sentit les larmes lui monter aux yeux. Teddy était là, avec lui, et de plus en plus fréquemment au vu de la santé d'Andromeda. Difficile de croire que quelques mois auparavant, c'était Drago qui occupait cette chambre.
Malgré sa peine, Harry avait la sensation étrange que sa vie suivait enfin un cours logique. Il savait depuis le début que ça ne pourrait pas bien se terminer avec Drago, qu'il finirait par partir. On lui avait demandé pour quelle raison il s'infligeait ce dénouement inévitable, il avait répondu qu'il sentait qu'il devait le faire. Aujourd'hui, il savait pourquoi. Il avait envie de pouvoir dire qu'il l'avait vécu. Il avait essayé. Ça en valait la peine, largement. Il s'en remettrait.
Par-dessus tout, quoi qu'il advienne, il ne voulait pas oublier. Et le tiroir de sa commode qu'il avait laissé vacant était censé en témoigner. Il saurait qu'il serait guéri le jour où il serait capable de le remplir à nouveau.
À Glasgow, Drago terminait sa période probatoire. Il avait officiellement purgé sa peine, le Magenmagot n'ayant pas pu juger d'un comportement contraire à sa remise en liberté.
De fait, après avoir obtenu ses ASPIC, il avait enchaîné avec une bourse d'études, qui lui avait permis de s'inscrire dans la faculté d'architecture dont il rêvait. Il venait à peine de commencer ses cours, mais ça lui plaisait déjà beaucoup. Il était libre.
Enfin, presque. Les médias continuaient toujours de parler de son cas. Il avait même pris connaissance de l'article rédigé par Potter, concernant la mort de sa mère. Sa gorge s'était serrée, et il ne savait pas exactement à quoi il le devait. Le fait était que oui, lire de tels propos sur elle l'avait ému, et lui avait même fait du bien. En soi, c'était un bel hommage, même si en tant que Malefoy, il n'avait jamais été très friand de mielleux. Mais le fait que ce soit Potter qui le pense lui avait définitivement fait quelque chose, surtout qu'il avait une fois de plus énoncé qu'il croyait en lui. N'empêche qu'il restait Potter le Sauveur, ce qui désespérait autant Drago que ça ne lui rappelait les sentiments qu'il lui portait. Et ça, c'était particulièrement difficile à porter au quotidien.
Il essayait d'oublier. Il espérait que quoi que Potter fasse de sa vie à présent, il était heureux. Bien sûr, rien que de l'imaginer avec d'autres hommes était un supplice. Certes, peut-être pas davantage que de se rappeler ce qu'eux avaient vécu. Paradoxalement, ses plus beaux moments étaient également les plus amers.
Petit à petit, Drago se refermait sur lui-même, un peu comme s'il se créait sa propre prison en lui-même. C'était le seul moyen qu'il avait pour retrouver la maîtrise de lui-même, nécessaire pour restaurer l'image des Malefoy et, en particulier, pour respecter sa promesse à sa mère. Il aurait évidemment voulu pouvoir tout faire en même temps, plus rapidement, puisque déjà plus de cinq ans marquaient cet engagement. Mais il était sur la bonne voie, et il avait la patience et la ténacité suffisante pour se concentrer sur une étape à la fois : d'abord ses études, ensuite un bon travail et puis il verrait…
Le problème restait l'usage de sa baguette, qui ne lui répondrait jamais totalement sans une bonne entente avec Potter. Mais pour ça également, il avait de la patience et de la ténacité. S'il fallait dix ans pour restaurer les liens, il y travaillerait pendant dix ans…
Le plus drôle dans cette situation, c'était la relation étrange qu'il avait développée avec Granger. Il avait compris à son comportement qu'elle le sentait sincère avec Potter et ça lui avait donné une sorte d'étincelles vertes pour lui transmettre les preuves de sa réinsertion. Leurs échanges s'y limitaient, par ailleurs.
Il aurait pu s'arrêter là, maintenant qu'il était libre, pourtant il le savait, il continuerait. Par son biais, il voulait montrer qu'il avançait, que Potter avait raison de croire en lui. Granger comprendrait probablement le message. Puis c'était un peu comme sa thérapie, un moyen de tenir bon. Quelque part à Londres, quelqu'un se souciait de sa réussite et le savoir lui donnait de la force.
C'était incroyable de se dire qu'il était résolu à envisager ses plans en fonction de lui, du fait qu'il soit prêt. Son objectif serait toujours de respecter sa promesse, mais les moyens d'y parvenir dépendraient largement de la bonne volonté de Potter.
Il faudrait quand même que ça se sache, un jour. Lui qui avait mis tant d'énergie à se construire un personnage de pierre, à connaître ses propres réactions mieux que quiconque pour en dominer la portée, à analyser sa personnalité sans se faire de cadeau, avec une idée précise du fonctionnement humain, était parvenu à aimer son prochain. Et pas n'importe quel prochain : Potter, son opposé.
Non, en fin de compte, il ne valait mieux pas que ça se sache.
Et voilà. Quelques petites informations, une vie qui avance et qui prend forme. L'histoire se termine et commence là, d'une certaine façon. J'y reviendrai dans les notes d'auteur que je publierai dans le courant de la journée. J'en profite pour donner rendez-vous pour un live Vae soli le dimanche 3 mars à 15h, sur ma page FaceBook. Passez me dire bonjour, me poser vos questions, échangez ! Vous pouvez également déjà m'envoyer quelques questions par email (knockturn_alley arobase outlook point fr), auxquelles je répondrai le jour J.
Je vous remercie d'ores et déjà de m'avoir suivi, reviewé, posté à chaud vos émotions et mes réflexions. Que ça soit en cours de publication ou après, c'est toujours extrêmement précieux pour moi.
A très vite, flux énergétique de scarabée sur vous,
Cai.
