Le cœur de Pandora III

21. Le seul.

Vincent n'aimait les Nightray. Trop prétentieux, orgueilleux, narcissiques. Ils n'avaient accueilli Vincent et Gilbert que dans leurs propres intérêts, les traitants comme des moins que rien. Et Gilbert, trop gentil Gilbert, ne s'en plaignait pas plus que ça.

Une fois que Gilbert acquerra Raven, les Nightray regretteront leur comportement envers Gilbert et Vincent se chargerait personnellement de leurs cas.

Tous, sauf pour une exception : Elliot. Vincent prit cette décision quand il vit Elliot forçant Gilbert à jouer avec lui. Son grand frère souriait avec honnêteté. Il était heureux avec Elliot, alors Vincent l'épargnerait.

Parce qu'il était le seul Nightray à faire sourire son grand frère. Pour cette raison, Vincent l'appréciait.

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22. Sous la neige.

Dans l'Abysse, les saisons n'existaient pas. Alors Alice les découvrit dans le monde d'Oz. Ce fut l'hiver qui l'émerveilla le plus, lorsque la neige se mit à tomber. De l'avis d'Oz, Alice ressemblait à une enfant le soir de Noël, alors il ne put résister lorsqu'elle dit vouloir aller dehors.

Bien sûr, ils entrainèrent Gilbert avec eux.

— O-Oz, met une écharpe ! s'écriait Gilbert, horrible de voir son maitre dehors dans le froid. Et toi, abruti de lapin, tu n'as même pas de manteau ! Met un... aïe !

Il fut interrompu lorsqu'Alice lui envoya une boule de neige en plein visage.

— MAIS ÇA VA PAS ? TU...

Il fut de nouveau coupé, cette fois par Oz. C'est ainsi qu'une bataille de boule de neige commença, avec Vincent qui s'invita, pour soutenir son grand frère.

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23. Le chapeau de Gilbert.

Gilbert était déprimé. Il avait perdu son haut-de-forme et on avait beau l'avoir cherché dans tout le manoir, aucune trace de lui. Même Break s'y était mis, prétextant que c'était parce qu'il n'aimait pas les voir s'agiter dans tous les sens.

Sauf que le chapeau ne fut pas retrouvé.

— Tu ne peux pas juste en acheter un autre, tête d'algue ? se plaignit Alice.

— J-JAMAIS ! s'écria Gilbert, les larmes aux yeux. C'est miss Ada qui m'en a fait cadeau.

— Gilbert ?

Tous se tournèrent vers Elliot, qui venait d'entrer dans la salle. Avec dans ses mains, un chapeau... le haut-de-forme de Gilbert.

— Tu avais oublié ton chapeau au manoir. Comme tu sembles y tenir, je me suis dit que je te le ramènerai.

Elliot ne comprit pas pourquoi son grand frère adoptif voulut lui faire un câlin pour le remercier.

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24. La carie de Break.

C'était prévisible. À force de manger des sucreries, c'était à attendre. Pourtant Break, en plus d'être de mauvaise humeur, paraissait ne pas comprendre pourquoi cela lui arrivait, à lui.

— Ha, ha, cela t'apprendra, stupide clown !

— Alice, ne soit pas méchante...

— La ferme, stupide lapin ! Tu ne vois pas que tu déranges ?

Alice maronna une insulte à l'encontre de Gilbert, celui-ci occupé à poser une poche de glace sur la joue meurtrie de Break, celui-ci ennuyé – et embarrassé – comme jamais par la situation.

Il fit semblant de ne pas voir le sourire amusé de miss Sharon alors qu'il espérait que Reim ne le voit pas dans un tel état : soigné par Gilbert et incapable de croquer dans la moindre sucette...

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25. Semblables.

Gilbert détestait Jack. Du fond du cœur, pour tout ce qu'il avait fait à l'encontre d'Oz. Pourtant, qu'importe combien cela le frustrait et l'énervait, un horrible sentiment s'emparait de lui à chaque fois qu'il pensait au Vessalius : de la compréhension.

Jack avait perdu l'esprit à cause de la mort de Lacie. Gilbert ne pouvait que le comprendre : de quoi serait-il capable, si son cher maitre – celui qui avait donné du sens à sa vie – mourrait ?

Il s'était emparé de Raven, avait rejoint Pandora, supporté Break – et ce n'était pas une mince affaire –, trahi les Baskerville, et sacrifié son bras gauche pour Oz. Ce alors qu'Oz était vivant.

Mais si Oz était mort, se serait-il contenter de pleurer sa perte ? Probablement pas.

Il continuerait toujours à haïr Jack, mais cela ne l'empêcherait pas de trouver qu'ils étaient semblables.

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26. Soulagement.

Vincent était inquiet. Gilbert était toujours fâché contre lui pour son plan d'effacer son existence. Tout cela à cause de ce maudit chapelier qui s'était interposé... le pire, c'était que Vincent lui en était reconnaissant.

Gilbert ne lui avait adressé la parole qu'une fois depuis leur retour, lui demandant de le rejoindre dans sa chambre. Vincent ne se doutait pas qu'il allait se faire engueuler comme jamais. Cela n'était pas grave : il était habitué.

Alors, il se rendit à la chambre de son frère.

Il s'attendait à des cris assourdissants et des leçons de morales, mais pas à une paire de bras l'enlaçant.

— G-Gilbert ?

— Tu es vraiment le pire des demeurés, Vince... Comme si j'allais gentiment accepter que tu disparaisses de ma vie !

Vincent ne put s'empêcher de sourire : oui, il était vraiment un crétin fini.

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27. Un cadeau cruel.

Gilbert était suspicieux. Break venait vers lui, guilleret. C'était très mauvais signe, un Break heureux. Surtout qu'il cachait quelque chose dans son dos. Un couteau, peut-être ?

Non, Break n'était pas normal, mais pas au point d'être un meurtrier sanguinaire.

— Ah, Gilbert, tu tombes bien ! s'exclama Break en tendant vers lui une boite. J'ai un cadeau pour toi !

— U-un cadeau ?

Break était devenu fou ? ou alors il s'était acheté une conscience ?

— Eh bien ? pourquoi me regardes-tu comme ça ? Tu crois que c'est un piège ?

Oui, mais Gilbert n'osa pas vexer le chapelier. Alors, à contrecœur, il prit la boite et l'ouvrit.

— Miaou.

Gilbert poussa un cri et s'enfuit en courant, loin du monstre démoniaque qu'était le chat dans la boite, sous les rires de Break.

— BREAK ! crièrent en cœur Oz, Sharon et Reim.

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28. Une colère... incontrôlable.

Contrairement à ce que l'on pouvait croire, Gilbert avait beaucoup de colère refoulé en lui. Bon, en fait, tout le monde le connaissant un tant soit peu le savait. Mais, ce qui était moins connu, c'était la manière dont il se défoulait.

Gilbert était trop gentil pour faire mal physiquement à quelqu'un simplement pour se défouler, et ne réfléchissait pas vraiment avant d'agir.

Alors il brisait des miroirs, se rendait compte de l'énorme bêtise qu'il faisait en voyant sa main ensanglantée et se retrouvait avec Vincent – le seul qu'il pouvait mettre dans la confidence concernant ces... incidents – soignant ses blessures.

Il fallait vraiment qu'il trouve une solution pour gérer sa colère.

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29. Une matinée particulière.

Cela aurait pu être une matinée ordinaire, calme et paisible. Sauf que ce ne fut pas le cas et, pour une fois, ce n'était pas la faute de son personnel. Non, cette fois, le problème était tout autre.

— OZ ! Réveillé-toi, dormeur ! Tu as dit qu'on visiterait, alors debout !

— Tais-toi, maudit lapin ! Tu vas réveiller Oz !

— C'est le but, tête d'algue.

— Je m'en fiche ! La ferme !

— Oh, Alice et Gilbert ! Vous êtes déjà debout ?

Ciel Phantomhive soupira, reposant sa tasse de thé.

Il détestait vraiment recevoir des invités : beaucoup trop bruyant. D'ailleurs pour cette fille – qui n'avait rien d'une lady – lui avait demandé s'ils avaient de la viande pour le petit-déjeuner ?

Des gens si étranges...

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30. Son petit valet.

Lorsque Gilbert était rentré à son service, Oswald l'avait attentivement observé.

Gilbert ne mangeait que très peu, laissant toujours de la nourriture de côté, comme s'il comptait donner sa part à quelqu'un. Il était sans cesse aux aguets, veillant à ce qu'il disait et bégayant comme s'il craignait qu'on ne le frappe s'il disait une bêtise. Quant à ses cicatrices, Oswald ne se doutait pas d'où elles venaient, mais s'inquiétait plutôt de comment elles étaient soignées.

Alors il prit le jeune garçon à part et, faisant semblant de ne pas voir le visage de Gilbert se décomposé lorsqu'il lui demanda de retirer sa chemise, se mit à soigner ses blessures. Gilbert était silencieux, et c'était tant mieux : Oswald n'était pas certain de pouvoir contenir sa rage contre ceux ayant infligés ça au jeune garçon.

Il n'était sûr que d'une chose : il ne laisserait jamais plus son petit valet se retrouver dans une telle situation.


Comme vous l'avez constaté, j'ai remis un cross-over avec Black Butler. Je vous l'ai dit : ces deux univers vont très bien ensembles ! Et j'ai fait réapparaître Oswald, parce qu'il me manquait. J'aime imaginer la vie de Gilbert et Vincent avec lui.