J'ai enfin commencé à lire Les Mémoires de Vanitas et pour le moment j'adore ! Franchement si vous ne connaissez pas (... ha, ha, je plaisante : tout le monde connait déjà, je suis complètement à la traine, comme d'habitude), vous devriez l'acheter. Jun Mochizuki fait un travail magnifique (comme toujours) avec ce nouveau manga.


Au cœur de Pandora IV

31. Le marchand de sable.

Gilbert était sujet aux cauchemars. Cela n'avait rien d'étonnant : même si ses souvenirs étaient enfouis dans sa mémoire, ils demeuraient présents. Vincent ne voulait pas que son grand frère souffre de cela – Gilbert endurait déjà bien trop.

Alors il avait trouvé une solution pour que Gilbert n'ait plus de cauchemars. Lorsque cela se produisait, il se glissait dans sa chambre, où son frère remuait nerveusement dans son lit.

— V-Vince ? Qu'est-ce...

— Chut...

Il posait sa main sur les yeux de son frère et, grâce au Loir, le plongeait dans un profond et paisible sommeil.

C'était le moins qu'il puisse faire, en attendant de pouvoir effacer son existence.

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32. Leçons nocturnes.

— J-jeune maitre, concentrez-vous !

— Mais c'est ennuyeux...

Gilbert soupira. Il devait admettre que ce n'était pas des plus passionnants, mais c'était obligatoire pour un noble. De plus, n'était-ce pas pour cela qu'Oz lui avait demandé de venir le soir dans sa chambre pour l'aider à réviser ses leçons ?

— Si vous ne révisez pas, peut-être devrais-je...

— Non, ne pars pas ! s'exclama Oz. Si tu ne peux pas m'aider à apprendre mes leçons, personne ne le pourra.

— M-mais n'est-ce pas le rôle de votre institutrice ?

— Elle m'ennuie...

Gilbert soupira. Peut-être faudrait-il dire à oncle Oscar qu'Oz avait besoin d'un nouveau professeur ? Même si ces séances de révisions du soir ne le dérangeaient pas tant que cela : il aimait rendre service à son maitre.

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33. Le frère renié.

— Tu as gâché ma vie !

Vincent sentit son cœur se serrer de douleur à l'entente de ces mots. Il aurait aimé détourner son regard mais n'y parvenait pas : il était obnubilé par le dégoût et la rage sur le visage de son grand frère.

— G-Gil, je...

— La ferme ! Tu as toujours été un poids, la raison de tous mes malheurs ! Alors aujourd'hui je ne vais plus faire semblant. Vincent... je te hais !

Cette phrase résonna dans son esprit alors que Vincent ouvrit les yeux, seul dans l'obscurité de sa chambre.

C'était un cauchemar. Un cauchemar si réel...

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34. Un handicap gênant.

— Aïe. Depuis quand y-a-t-il un mur ici ?

Gilbert n'en croyait pas ses yeux. Break venait de se cogner contre un mur, comme s'il ne l'avait pas vu.

— Break... ça va ?

Le chapelier tourna la tête vers lui, sauf qu'il ne le regardait pas. Ses yeux étaient ternes, lointains, vides.

— Gilbert ? Depuis quand es-tu là ? Tu t'es perdu, c'est ça ? À ton âge ?

Le concerné allait s'énerver, déjà agacé par Break mais se retient : il ne céderait pas à ses provocations.

À la place, il s'approcha du chapelier et lui attrapa le bras.

— On peut savoir ce que tu fais ? râla Break.

— Je t'aide, idiot !

— Je n'ai pas besoin d'aide.

— C'est sûr que tu n'en a pas besoin pour foncer dans les murs.

Il vit Break se préparer à lui envoyer une réplique cinglante, mais le chapelier s'arrêta et soupira.

— Pff, si ça peut te faire plaisir de te rendre utile pour une fois...

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35. Jeu d'échec.

— Ah, tu es fini, chapelier !

— Tu ferais mieux de ne pas parler trop vite, rat d'égout !

Gilbert grimaça. Oh non, Vincent et Break recommençaient à se battre... Ils ne pouvaient pas rester tranquille deux minutes ?

Gilbert se précipita vers la salle où ils se trouvaient, craignait qu'ils cassent tout en se battre. Il ouvrit brusquement la porte.

— VINCE ! BREAK ! QU'EST-CE QUE...

Gilbert s'arrêta. Vincent et Break ne se battaient pas. Enfin si, mais d'une manière très particulièrement : en faisant une partie d'échecs.

C'était vraiment très étrange...

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36. Son ange gardien.

Pour de nombreuses raisons, Gilbert Nightray était souvent la cible d'assassinats. Bien sûr, Vincent veillait sur lui, même si cela finissait par lui causer bien des torts.

Comme le jour où il avait pris le verre de vin de son frère pour le boire d'une traite. Il s'était retrouvé clouer au lit pendant trois jours durant lesquels le remède contre le poison qu'il avait bu faisait effet. Plus tard, Gilbert lui avait reproché de trop boire et de se mettre dans des états impossibles. Vincent s'était contenté de sourire, et promettre qu'il ne recommencerait plus.

Bien sûr il mentait. Il recommencerait autant de fois que nécessaire pour protéger son grand-frère et tant mieux que Gilbert ne s'en rende pas compte : ce qu'il ignorait ne pouvait pas lui faire de tort.

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37. Une admiration gênante.

Break était agacé, très agacé. La journée avait bien commencé – il avait pu se moquer de Gilbert, ce qui était une très bonne manière de commencer sa journée – mais un évènement perturbateur s'était présenté : Elliot Nightray.

Ce maudit garnement qui lui vouait une admiration sans borne, qu'importe combien de fois il se faisait remballé et prenait des coups.

Break avait tout tenté pour s'en débarrasser, sans succès. Alors, bien que cela fasse mal à sa fierté, il dut demander l'aide aux seules personnes potentiellement capable de gérer le noble exécrable.

— Oz... Gilbert... Je... J'ai besoin de vous.

Oh que cela lui écorchait la bouche...

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38. La bonne intention.

Pandora avait été démantelée. Venait alors la question concernant les propriétés de Pandora : qu'allaient-elles devenir ? devaient-elles revenir aux grandes familles de Pandora ? mais comment les répartir ? comment faire dans certains cas, comme avec les Nightray ou les Vessalius ?

— Nous pourrions les vendre ?

— N'avez-vous pas assez d'argent ? et puis à qui reviendrait cet argent ?

— Nous serions accusés d'hypocrisie, après tout ce dont Pandora est responsable...

— Il faut donc s'en servir. Mais de quelle manière ?

— Nous pourrions nous en servir comme orphelinats.

Tous furent surpris par la proposition de Vincent, sauf peut-être Gilbert et Leo.

Des orphelinats, hein ?

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39. Retrouvés.

Il les avait retrouvés par hasard, alors qu'il marchait dans la rue. C'était leurs voix qui lui avaient permis de les reconnaitre, avant qu'il ne les voit et soit certain que c'était eux. Quand cela ne fit plus aucun doute, il se précipita vers eux.

Cela faisait des années, des décennies qu'il les cherchait et finalement, il y était arrivé.

— Oz ! Alice !

Ils ne les reconnaissaient pas, mais qu'importe. Il s'agenouilla devant eux – ils étaient si petits, si jeunes...

— Je suis venu vous ramener chez vous. Quelqu'un très cher à vos cœurs vous attend là-bas.

— Qui êtes-vous ? demanda Oz.

Il sourit.

— Je suis Vincent. Vincent Nightray.

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40. Soutien.

Gilbert avait promis d'attendre le retour d'Oz et Alice. Ce n'était pas un adieu, mais un au revoir. Il était un Baskerville : il pourrait attendre. Mais pas son entourage.

Ses proches partirent les uns après les autres, sans qu'il ne puisse rien faire. La mort faisait partie de la vie. Pourtant, même en sachant qu'attendre Oz et Alice lui permettait de continuer de vivre, Vincent voyait bien la douleur qui traversait Gilbert à chaque perte.

Il était le seul à entendre ses sanglots le soir. Vincent ne pouvait lui retirer la souffrance qu'il ressentait, alors il se contentait de le soutenir. Tous le quittaient, mais pas lui.

Il ne laisserait jamais son grand-frère souffrir seul en ce monde.


Dans cette dizaine, j'ai particulièrement apprécié d'écrire l'avant-dernier. Je ne sais pas pourquoi, mais j'imagine Vincent exactement comme quand il est allé chercher Leo après la mort d'Elliot. Il n'y a aucun rapport, mais bon...