Dernière dizaine de drabbles pour ce recueil ! C'est aussi le plus grand nombre de drabbles que j'ai écrit en un seul recueil, donc je suis assez contente.


Au cœur de Pandora X

91. Un sommeil... particulier.

Cela ne surprit pas Gilbert quand Vincent voulut rattraper le temps perdu avec lui. Lui-même voulait apprendre à véritablement connaitre son frère, après toutes ces années à ne pas le comprendre.

Sauf que cela prit des niveaux assez disproportionnés quand Vincent lui demanda de dormir avec lui. Évidemment, il avait refusé, mais Vincent était tenace et avait tellement insisté qu'au final Gilbert eut mauvaise conscience et accepta.

Ce n'était que pour une nuit après tout.

Puis la fameuse nuit vint et Gilbert regretta amèrement d'avoir céder. Il se retrouvait solidement emprisonné dans les bras de son frère, qui semblait le prendre pour une peluche géante et dormait le plus tranquillement du monde, blottit contre lui.

Maudite conscience...

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92. Transmettre un message.

— Vous allez mourir, maitre ?

— D'après toi ? Je suis allongé dans un lit, aux portes de la mort.

Vincent ne put s'empêcher de rire. Leo continuait d'être un fléau social alors que sa fin était proche. Même Vincent – ayant pourtant la côte auprès des autres, femmes comme hommes – n'avait pu lui inculquer un peu de savoir-vivre en société.

— Maitre, puisque vous allez bientôt nous quitter... Puis-je vous demander un service ?

— C'est à ma mort que tu attends pour me demander un truc ?

— Disons que c'est le moment opportun. Quand vous serez mort... vous verrez Elliot, n'est-ce pas ? Pourriez-vous lui dire que je ne tarderai pas à la rejoindre ?

À travers ses mèches, Leo le regarda avec de grands yeux surpris.

— Vincent... tu... ?

— Oui, mon heure est aussi venue, répondit doucement Vincent. Mais il me reste une dernière chose à accomplir en ce monde avant de partir. Pour Gilbert. Alors, pourriez-vous transmettre le message à Elliot ?

Leo soupira, fermant les yeux.

— Quelle stupide demande...

Vincent sourit. Cela voulait dire oui.

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93. Une maladresse à toute épreuve.

Ce fut une très mauvaise idée. Vraiment horrible. Oz s'en rendait compte à présent, et le regrettait.

— Gil ! Les rênes ! Tire sur les rênes !

— JE N'Y ARRIVE PAS ! À-À L'AIDE !

Oz soupira. Oui, cette balade à cheval était une très mauvaise idée. Il fallait le comprendre : il pensait que la maladresse de Gilbert serait compensée par son destrier, mais c'était peine perdu.

Et au lieu d'aider, Break, à ses côtés, riait. Alice n'était pas meilleure, puisqu'elle se méfiait de son cheval, occupée à le toiser du regard sans comprendre que l'animal s'en moquait éperdument.

Cela ne faisait vraiment plus aucun doute : plus jamais Oz ne proposerait de balades à cheval. Encore moins une partie de chasse.

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94. Fierté.

— Gil, tu as bientôt fini ? Je pense que ma fiancée m'attend dans la salle. Tu sais ce qui arrive quand nous sommes en retard aux bals. Surtout quand c'est moi l'hôte. Ce serait assez gênant.

— J-je me dépêche.

— Mmh ? Gil... tes mains tremblent et... tu pleures ?

Gil ne savait pas mentir alors il ne répondit rien. Oui, ses mains tremblaient alors qu'il tentait de faire soigneusement le nœud papillon terminant la tenue de son maitre.

Ce n'était pas sa faute s'il était si émotif : son jeune maitre, qu'il avait vu rester un garçon de quinze ans pendant bien longtemps, était enfin un véritable adulte et, cerise sur le gâteau, ne ressemblait pas à Jack.

En tant que valet, il était normal qu'il soit fier de ce qu'était devenu son maitre.

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95. Catastrophe.

Elliot savait jouer du piano. Il l'avait appris à Vincent. Mais l'avait-il appris à Gilbert ? Leo voulait le découvrir, alors il força le concerné à s'assoir à côté de lui pour en jouer.

— J-je sais pas en jouer ! bégaya Gilbert.

— Mais oui, bien sûr.

Vincent avait prétendu la même chose, ignorant que sa définition d'être « rouillé » n'était pas du tout la même que celle de Leo.

— L-Leo, je te dis que...

— Gilbert, joue du piano.

Ce n'était clairement pas une proposition mais un ordre. Alors Gilbert déglutit nerveusement et, résigné, posa ses doigts sur les touches.

Ce qui suivit surpris Leo.

C'était atroce. Non, clairement, Gilbert ne savait pas jouer du piano. C'était d'ailleurs peut-être mieux ainsi.

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96. Le plus fidèle ami de l'homme.

— On t'assure que ce n'est pas un chat, Gil !

— Je sais que tu mens !

— Mais enfin ! Tu as confiance en moi, non ? Je sais que j'ai souvent plaisanté à ce sujet parce que t'entendre hurler était un plaisir...

— Tu n'arranges pas ton cas, Oz !

— Bon, puisque tu insistes... Gil ! En tant que ton maitre, je t'ordonne d'ouvrir cette porte.

Oz ignora le regard trahi et abandonné que lui lança son valet. À contrecœur, Gilbert ouvrit la porte devant eux, tremblant déjà en imaginant le monstre qui s'y trouvait derrière.

Il hurla dès qu'une petite silhouette bondit sur lui, le renversant par terre.

— Ouaf.

C'était un chien. Grand et affectueux chien. Oz soupira, souriant.

— Je t'avais dit que ce n'était pas un chat !

Il n'était pas que cruel envers Gilbert, voyons.

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97. Frottement de tête.

— A-Arrêtez ça !

Elliot était surpris lorsque passa devant lui un Gilbert des plus mal à l'aise, suivit par Oz et Alice qui le regardaient avec une joie et une envie non dissimulées.

— Qu'est-ce qui leurs prends, à ceux-là ?

— C'est l'effet que je qualifierai de « Gilbert affectif ».

Elliot sursauta alors que Vincent apparut juste à côté de lui.

— D'où tu sors, toi... marmonna-t-il alors que des frissons le parcoururent. Et c'est quoi le « Gilbert affectif » ?

— Elliot, te rappelles-tu du rêve dont tu nous avais fait part, à moi et Gil ? celui-ci où quelqu'un au doux et apaisant toucher passait sa main sur tes cheveux ? Eh bien Gil n'a pas osé te le dire à ce moment, mais c'était lui. Tu faisais un cauchemar alors il a passé sa main dans tes cheveux dans l'espoir d'éloigner tes cauchemars et...

Vincent s'interrompit alors qu'il croisa le regard rempli d'étoiles d'Elliot.

— C'était Gilbert ?

Il ne perdit pas plus de temps pour rejoindre Oz et Alice dans leur harcèlement constant envers Gilbert.

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98. Avancées technologique.

Le monde avait bien changé en l'absence d'Oz et Alice. Ah ben, en plus d'un siècle...

Gilbert savait que cela serait un choc pour eux. Sauf qu'il ne s'attendait pas à ce qu'ils soient si... ébahis par tout ce qui les entourait.

— Je veux essayer ça ! C'est une voiture c'est ça ?

— Eh, tête d'algue, c'est quoi qui vole au-dessus de nous ? Un zeppelin ?

— Gil, Gil ! C'est quoi ces étranges appareils ? Pourquoi ça met des photos qui bougent toutes seules ?

Gilbert soupira. Il avait beaucoup, beaucoup d'explications à donner à Oz et Alice concernant l'époque dans laquelle ils vivaient à présent.

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99. À mon petit valet.

— Gilbert ?

Gilbert ne s'attendait vraiment pas à la visite de Leo et Vincent. D'ailleurs, l'air grave et sérieux de Leo l'inquiétait, surtout que même Vincent ne paraissait pas être de bonne humeur.

Il comprit assez vite pourquoi ils étaient comme ça, quand, assis dans le salon, Leo lui annonça qu'avant de disparaitre, Oswald lui avait demandé de transmettre un dernier message à son petit valet.

— Il te dit qu'il est désolé. Pour tout.

Gilbert savait qu'il devrait haïr son ancien maitre. Après tout, il l'avait retourné contre Oz et avait failli faire une erreur monumentale en modifiant le passé.

Sauf qu'il ne pouvait détester cet homme. Qu'importent ses erreurs, Glen – enfin, Oswald – fut le premier à prendre soin de lui et donner plus de sens à sa vie.

Alors, à ces excuses bancales, Gilbert sourit. Il espérait, qu'où qu'il soit, Oswald sache que son ancien petit valet lui pardonnait.

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100. À bientôt.

Il ne pouvait dire qu'il était triste de partir. Il se sentait en paix, comme si, enfin, son existence était complète, avait un sens et une origine.

Les larmes qui coulaient n'étaient pas emplies de chagrin, mais de bonheur. Le bonheur d'avoir vécu une telle vie, d'avoir fait de si fantastiques rencontres, d'avoir enfin compris ce qu'étaient les émotions et les sentiments.

Comment pourrait-il pleurer de tristesse alors que la vie lui avait tant offert ? Il n'avait qu'un regret : celui de devoir laisser tout cela derrière lui.

Mais Gilbert avait raison. Ils n'étaient plus à un miracle près.

Alors, main dans la main avec sa bien-aimée Alice, Oz sourit à son plus proche ami.

Ce n'était pas un adieu, parce qu'ils se reverraient.


Voilà ! Ces cent drabbles sont finis ! C'était un véritable plaisir à écrire (parce que Pandora Hearts, c'est génial). Je vous remercie d'avoir lu et peut-être à une prochaine fois si j'écris autre chose sur Pandora Hearts ?