À la fin de la journée, Ariel revient du Manoir Black avec Azzo dans ses bras. Elle le dépose au sol et regarde son père assis à la table au Square Grimmaurd.

- Papa, je peux te parler?

- Bien sûr mon bébé. J'ai toujours du temps pour toi.

Ariel le guide donc vers le 3e étage et lui prend la main pour entrer dans la bibliothèque.

- Comme tu le sais, maman est plus là et je n'ai aucune confiance en Mme Weasley. Mais si tu n'es pas à l'aise de parler de ça avec moi, je comprends.

- Dis moi de quoi tu veux parler avant de me donner des intentions que je n'ai peut-être pas, propose le Maraudeur.

- Et bien… je me demandais… comment ça se passe quand on… quand on se pratique à augmenter la population sorcière, dit Ariel en rougissant comme une pivoine.

- Oh! Je vois. Et bien, je ne sais pas si je suis la meilleure personne pour t'expliquer le point de vue féminin sur le sujet. Est-ce que Seavus l'a déjà fait?

- On en a jamais parlé, avoue Ariel. Mais je suis pas mal certaine que oui. Mais moi, je n'ai jamais vécu ça, avec qui que se soit. Et si ça faisait mal, et si il aimait pas ça avec moi… et si j'étais pas douée.

- Mon bébé, calme toi, dit Sirius en la prenant par les épaule pour la regarder dans les yeux. Le sexe, c'est comme la magie, c'est en pratiquant qu'on devient meilleur, dit-il en riant. La première fois, on sait pas trop dans quoi on s'embarque, on en a entendu parlé, on pense qu'on s'y connait. Mais quand c'est le temps, on se sent un peut démuni et c'est normal. Est-ce que tu as confiance en Seavus?

- Absolument, dit Ariel sans hésiter une fraction de seconde.

- Dans ce cas, relaxe et suis ton instinct. Ressent les choses et si tu n'aimes pas, tu dois le dire. C'est très important, Seavus est brillant, mais il est pas devin. Et il faut que tu te respectes, mon bébé. Je ne sais pas si tu as l'intention de faire ça bientôt ou non, mais peut importe l'âge qu'on a la première fois, quand on souhaite le faire, c'est toujours autant stressant qu'excitant.

- Mais j'ai peur aussi, dit la jeune femme les yeux empli de larmes. À chaque fois que j'y pense, je revois maman avec ces gens dégoutants sur elle qui la force à…

- Ariel, mon bébé, soupir Sirius en la prenant dans ses bras avec force. Tu n'es pas obligé de faire quoi que se soit. Tu le sais, n'est-ce pas?

- Et il y a aussi ça, dit-elle en levant son chemisier du côté droit pour montrer ses cicatrices à son père. Si il trouve ça repoussant? Si ça le dégoûte?

- Tu lui as déjà montré?

- Oui, une fois, dit-elle en se mordant la lèvre inférieure.

Elle lui explique la réaction de Seavus et elle voit le soulagement dans le regard de son père. Il essaye de lui expliquer que son fiancé est quelqu'un de bien et que ces cicatrices veulent seulement dire pour lui qu'il sait qu'elle a souffert et qu'il ne l'oubliera pas.

- Tu as l'air bien sûr de toi, lui dit Ariel avec un sourire en coin.

- Je le suis. Et si tu le souhaites, je suis certain que ma cousine accepterait d'en discuter avec toi.

- Je n'ai pas trop envie de parler de ça avec Nymphadora, dit-elle avec un sourire amusé.

- Pas cette cousine là, mon bébé. Je parlais de Cissa.

- Je crois… Je crois que j'aimerais beaucoup.

- Parfait, passe moi ce miroir que je discute un moment avec elle, lui demande l'animagus canin avec un sourire victorieux.

Ariel le sort de sa poche et le tend à son père avant de sortir de la bibliothèque avec lui. Elle lui propose de le réintégrer dans la famille Black s'il le souhaite. Il lui dit qu'il va y réfléchir avant de partir vers sa chambre avec le miroir dans la main gauche.

Ariel va s'affaler dans l'un des divans du salon sans aucune grâce et lâche un soupir à fendre l'âme.

- « Qu'est-ce que tu as? » demande Azzo en sautant sur le sofa où elle est.

- « C'est compliqué. »

- « Et moi je suis intelligent, alors essaye de m'expliquer. »

- Tu es aussi plein d'humilité, rigole la jeune fille en donnant un baiser sur le front du petit fauve.

- « Une qualité de plus, je suis vraiment le chat idéal! »

- Le chat parfait, corrige la jeune fille avec un sourire en coin.

Elle se calle un peu plus dans le divan et pose Azzo sur son ventre en le caressant d'un air absent.

- « J'ai seulement quelques… appréhendions concernant notre future vie conjugale. »

- « Tu veux m'en parler? » propose le Maître des Potions.

- « J'en ai parlé un peu à papa. Il m'a proposé d'en discuter avec Narcissa. Trucs de filles dont il pense ne pas pouvoir m'aider. Même s'il l'a fait dans une certaine mesure. »

- « Amour, tu sais que je ne t'obligerai jamais à quoi que se soit. »

Le chat s'approche de son visage et caresse sa joue avec la sienne.

- « Amène moi à la bibliothèque, s'il te plait. Je ne veux pas avoir cette discussion avec toi avec ma forme de chat. »

Perplexe, Ariel prend délicatement Azzo avant de se lever et se rendre au 3e étage. Une fois dans la bibliothèque, Seavus reprend forme humaine, prend la main de Ariel et la guide vers le laboratoire. Il s'installe dans un fauteuil et tire sa fiancée sur ses genoux avant d'enrouler ses bras puissant autour d'elle.

- Amour, qu'est-ce qui t'inquiète le plus?

- En fait, plein de choses m'inquiètent et me font peur. J'ai peur d'avoir mal, j'ai peur que tu n'aimes pas, j'ai peur de revoir ce qui est arrivé à ma mère pendant que je suis avec toi. J'ai peur de ne pas être à la hauteur, j'ai peur que tu me trouves repoussante en me voyant nue avec cette cicatrice qui défigure mon corps…

- Shhhhh, respire mon amour. Regarde moi, s'il te plait.

C'est avec hésitation qu'elle arrête la contemplation de ses doigts qui s'entortillent les uns aux autres pour encrer son regard dans celui de Seavus. Il passe ses grandes mains dans le dos de la jeune fille et pose son front sur le sien en la regardant dans les yeux.

- Tu sais, moi aussi je suis inquiet.

- Toi? Pourquoi?

- Serte, j'ai peut-être plus d'expériences que toi sur l'acte en tant que tel. Mais je ne l'ai jamais fait avec une personne que j'aime. J'ai eu des amantes d'un moment, c'était… hygiénique, mécanique. Mais rien d'engagent émotionnellement. De plus, j'ai peut-être une nouvelle apparence qui plait à ces deux pestes de Gryffondor, mais pour moi seul ton avis compte. Et si tu ne voyais dans ton esprit que mon ancienne apparence et que tu ne me désires plus? Si tu avais peur de moi sans que je puisse y faire quoi que se soit?

- Sev! Arrêtes! Même si tu avais la même apparence qu'avant, nous aurions exactement la même discussion et j'aurais les mêmes appréhendions. Je te trouvais déjà séduisant dans tes robes de Maîtres des Potions avec ton regard transperçant, tes gestes précis et élégants, le front plissé par la concentration ou la contrariété. Je n'en ai rien à faire que tu sois blond, roux ou chauve, que tu ais 50 ou 18 ans, que tu sois homme ou femme. Que tu sois recouvert de cicatrices ou la peau lisse. C'est toi que je veux. Je veux ton sarcasme et tes remarques cassantes, je veux l'humour derrières chaque remarque dure. Je veux tes réflexions toujours justes et intelligentes. Je veux ton rictus amusé quand une personne dit quelque chose de stupide. Je veux ce caractère bien trempé qui n'est qu'à toi. Je veux ce sentiment de sécurité que je ressens quand je suis dans la même pièce que toi depuis que j'ai 11 ans. Je veux que tu acceptes que je t'aime, avec ou sans promesse de 300 ans. Je veux…

Mais elle ne peux finir sa phrase, ses lèvres sont soudainement trop occupées par celles de Seavus. Le Maître des Potions passe ses mains sous le chemisier de mousseline noire de la jeune fille pour caresser son dos et constate une fois de plus qu'elle ne porte aucun soutien-gorge. Il passe ensuite ses mains délicatement sur les flancs de sa fiancée en guettant sa réaction. Elle passe alors ses bras autour du cou du jeune homme et s'installe à califourchon avec ses jambes de chaque côté des cuisses de Seavus.

- Je n'irai jamais plus loin que là où tu es prête à aller, murmure Seavus contre ses lèvres.

- Je t'aime Sev, répond Ariel avant de glisser sa langue dans la bouche de son compagnon.

Seavus continu alors ses caresses pendant que sa compagne embrasse sa mâchoire pour descendre vers sa gorge. Il lève la tête pour lui laisser plus d'accès. Ses pouces frôle les seins de la jeune femme qui lâche un soupir de plaisir, ce qui met le feu au poudre de l'ancien directeur de Serpentard. Il empoigne Ariel par les fesses et se lève du fauteuil avec la jeune femme dans ses bras qui s'accroche à ses épaules dans un cri de surprise suivie d'un éclat de rire cristallin. Il métamorphose le fauteuil en lit double et y dépose Ariel avec tendresse et dévotion. Elle le regarde avec un sourire en coin en plissant les yeux d'interrogation. Seavus visse son regard dans le sien avant de détacher lentement les boutons de la chemise en soie noire. Ariel lève un fin sourcil noir, elle qui a retrouvé sa vraie couleur de pilosité le matin même. La chemise finit rapidement au sol. Elle voit les nombreuses cicatrices sur le torse de Sev et comprend ce qu'il a voulu faire. La mettre à l'aise en exposant son propre corps. Elle s'assoit donc sur le bord du lit et retire son chemisier en regardant son fiancé dans les yeux. Une fois que le vêtement à rejoint la chemise, Seavus lui tend la main et l'aide à se mettre debout. Il la regarde avec des yeux gourmands et appréciateurs.

- Tu es… tu es magnifique, murmure le Maître des Potions en ne la lâchant pas des yeux.

Sans dire un mot, la Serdaigle s'approche de lui et pose doucement ses mains sur son torse. Elle trace le chemin de l'une des cicatrices avec une légère caresse d'un doigt de la main gauche et dépose un baiser sur la poitrine de son compagnon avant de se blottir dans ses bras. Seavus l'entraine jusqu'au lit et les deux s'y couchent dans les bras l'un de l'autre. Ariel s'endore rapidement, la tête sur le torse du jeune homme.

Seavus est satisfait de ce moment. Au moins, Ariel sait maintenant qu'elle n'a plus à complexer sur ses cicatrices et aussi qu'il attendra le temps qu'il faut pour qu'elle soit sûre d'elle. C'est les doigts de la main droite dans la chevelure de Ariel et la gauche sur le bras droit de la jeune fille sur son ventre plat, qu'il la suit dans le sommeil.

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- Mère, où est ma fille? Demande Sirius à la toile de l'entrée.

- Dans le laboratoire avec son chat, selon ton père, répond le portrait.

Il va sans dire que la relation entre Sirius et le souvenir sur toile de sa mère s'est énormément améliorée depuis qu'il n'est sous aucun sort ou potion de Dumbledore.

- Merde! Comment je fais pour aller la chercher? Je ne peux plus y entrer! Narcissa a accepté de discuter avec elle de… trucs de femmes. Maintenant qu'elle est en couple, elle a des craintes où je ne peux rien faire.

- C'est très prévenant de ta part, mon enfant, sourit Mme Black. Je suis heureuse de voir que tu es enfin le bon père que tu as toujours dû être. Je vais demander à Orion de lui dire de venir.

Elle sort de la toile pour rejoindre celle de son époux dans le bureau.

- On dirait nous à une époque, murmure Orion à sa femme dans la toile au fond du laboratoire.

- En effet, je vais aviser notre fils de ne plus chercher Ariel.

- Il est redevenu notre fils, maintenant? Demande Orion en levant un sourcil.

- Tu n'es pas d'accord?

- Ne te méprend pas ma chérie, j'en suis très heureux. Mais temps que Dumbledore pourra passer le pas de cette maison, j'aurai toujours peur de perdre notre fils une autre fois.

- Ce garçon, Remus, ne le lâche pas d'une semelle. Jamais Sirius ne sera seul avec cet imposture d'homme de la lumière.

Une fois avoir dit à Sirius que Ariel s'est endormit dans le labo avec son chat, il avise Narcissa qu'elle ne la verra que le lendemain.

- Sirius, je peux te voir en privé? Demande Remus.

Sirius le suit jusque dans sa chambre et met une batterie de sorts pour être tranquille.

- J'ai eu une idée pour mettre l'Ordre dehors, dit Remus sans préambule.

- Je suis tout ouïe.

- On aurait besoin des Gobelins et de Ariel. Le fait que tu as été renié va nous aider. Ariel est la véritable propriétaire, elle peut annuler le sort de Fidelitas de Dumbledore, les Gobelins les mettre à la porte. Toi, théoriquement, tu ne peux rien faire puisque tu as été renié.

- C'est pas fou. Il faut juste en parler à Ariel quand elle se réveillera.

- Je vais aller la voire, lui propose Remus.

- Oublies ça, mère m'a dit qu'elle dort dans le labo. Je pense qu'elle dort mal avec Hermione et Ginny dans la même chambre qu'elle. Je pense que si Azzo n'était pas avec elle, elle ne dormirait juste pas.

- Mais Sirius, ce ne sont pas les chambres qui manquent. Donne lui en une juste pour elle. Elle dormirait probablement mieux. Et je me demandais autre chose.

Remus explique à son ami que c'est évident que Ariel et Seavus sont fous l'un de l'autre. Peut-être que les marier avant la rentrée ou pendant les vacances de Yule serait une bonne idée. Sirius lui répond que c'est une bonne idée, mais qu'ils doivent en parler aux concernés avant de faire quoi que se soit.

- Parles-en à Seavus en premier, propose Remus. Comme ça il pourra lui demandé lui-même.

Le lendemain matin, Ariel se réveille au chaud et bien reposée. Elle s'étire comme un chat dans le laboratoire frais. Elle ouvre les yeux rond quand elle sent des bras se resserrer autour de sa taille.

- Mmmmmm, amour ne bouge pas. C'est bon de dormir avec toi dans mes bras, murmure la voix grave et suave de Seavus.

- Et bien, si tu dormais moins en chat, on serait bien au réveil plus souvent, rigole Ariel en glissant ses doigts dans les cheveux noirs de son fiancé.

- Si cet endroit n'était pas sous Fidelitas, il y a longtemps que j'aurais fait vertes de jalousie ces deux intrigantes avec ma nouvelle apparence, qui soit dite en passant, t'est entièrement réservée. Close de fidélité ou non. Mais comme c'est le cas, nous devons nous contenté du chat.

- Et si on dormait ici à partir de maintenant? Je n'ai qu'à amener la malle ici. Personne ne pourra nous surprendre. Mais si tu n'en as pas envie, oublie. Je sais que ça doit faire un changement immense dans ta vie depuis que tu es obligé de vivre en chat… Je suis désolée, je sais que j'en demande beaucoup…

Seavus lève les yeux au ciel en soupirant et approche la jeune femme à moitié nue contre lui. Il la serre fermement contre lui en posant sa joue sur la tête de Ariel en fermant les yeux.

- Amour, si je pouvais passer ma vie dans ce lit avec toi, je le ferais sans hésiter. Mais ce n'est pas possible. Alors passons y au moins les nuits, propose Seavus avec un sourire.

- Je t'aime, merci! Dit Ariel en caressant son torse de ses doigts fins.

Presque deux heures plus tard, Ariel arrive dans le laboratoire avec sa malle et son chat. Seavus reprend forme humaine et métamorphose quelques objets inutiles en meubles pour que le coin lecture du laboratoire devienne la nouvelle chambre du couple.

- Dormir au milieu des livres, un fantasme intellectuel que tu me permets de vivre sans aucun remord. Tu sais que je t'aime toi, dit la jeune fille avec un sourire éclatant.

- Je suis heureux que ça te plaise, amour. Je meurs de faim par contre. On va manger?

- Ouvre moi le chemin, Azzo, rit Ariel en regardant le chat sortir du laboratoire avant elle.