Nick marchait d'un pas rapide, la tête baissée. Il n'avait aucune envie de déménager. Il avait partagé cette maison avec Juliette, et quoi que Rosalee dise, il avait beaucoup de bons souvenirs dans cette endroit, et parfois il lui semblait apercevoir sa presque fiancée du coin de l'oeil et il avait l'impression que son coeur allait exploser, mais elle n'était pas là, elle n'était jamais là, plus jamais, tout ce qui lui restait d'elle était ses livres, ses vêtements, la lampe qu'ils avaient acheté ensemble pour le salon brisée en milles morceaux, les photos trop douloureuses à regarder.
Perdu dans ses pensées, le grimm failli ne pas entendre les pas qui se rapprochait derrière lui. Il pivota au dernier moment, interceptant le poing qui se dirigeait vers son visage. Il balaya la jambe de son assaillant alors qu'un second les rejoignait. Forcé de reculer, il lâcha le premier attaquant et retomba dans une position de défense, l'adrénaline chassant toutes pensées de son esprit. Ils étaient wesen, évidement, mais ils n'étaient pas hundjägers. Le plus proche hissa, dévoilant deux rangées de dents étroites et longues comme des aiguilles, son visage écailleux se plissant dans une faciès cauchemardesque. Nick lui envoya un uppercut, le wesen se pliant en deux avec un sifflement. Le grimm bloqua l'attaque de l'autre de l'avant bras, frappant vite et fort, des pieds comme des poings, laissant le flux de violence noyer ses pensées. Il sentit le bras de son attaquant se briser comme une brindille après un coup particulièrement vicieux et n'hésita pas une seule seconde à s'acharner sur la blessure, prenant ainsi l'avantage sur ses assaillants. Une voiture était passé non long d'eux, et il pouvait entendre des sirènes un peu plus bas dans la rue.
Il ne comptait pas laisser les deux wesens s'échapper. Celui qui n'avait pas encore de blessure trop importantes réussi à lui porter un coup à la tempe, l'assommant assez longtemps pour s'enfuir aussi vite qu'il le pouvait. Son partenaire ne fut pas aussi chanceux, et Nick, fou de rage, balayant ses jambes de sous lui et le frappa en plein dans les côtes, lui arrachant un hurlement alors que le wesen essayait désespérément de protéger son bras brisé et son visage.
Un voiture de police s'arrêta devant eux. Wu sortit et se précipita sur Nick, moitié tirant, moitié poussant, tandis que son partenaire se penchait sur l'homme à terre.
"Nick! Nick ça suffit!"
Le grimm cligna des yeux avant de reporter soudainement son attention sur le sergent, la bouche sèche et les yeux trop ouverts.
"Il a un complice qui s'est enfui!"
"Okay, okay." Le sergent lâcha lentement son ami et glissa quelques mots dans sa radio, envoyant des renforts à la recherche du complice. "Okay, Nick, On a une ambulance qui arrive."
"Je vais bien…"
Wu lui attrapa le bras de l'éloigna encore un peu, lui parlant à voix basse. "Non Nick, tu ne vas pas bien, parce que il y a de fortes chances que ce type ait des côtes cassées, alors il faut verrouiller la légitime défense. Ça ne te fera pas de mal de faire examiner tes mains."
Nick baissa les yeux, semblant se rendre compte qu'il avait les jointures écorchées.
"Je ne monte pas dans l'ambulance avec lui."
Le sergent retint un soupir exaspéré.
"Tu viens avec moi." Il tourna la tête vers son partenaire. "Tout va bien Miller?"
La policière blonde hocha la tête, désigna du menton l'ambulance qui arrivait.
"Bon, on se retrouve au commissariat, je te laisse prendre la déposition de celui-là."
Nick n'avait pas eu grand chose à dire à commissariat. Il marchait, ils lui étaient tombé dessus, il s'était défendu, fin de l'histoire. Sauf que tout ça ne tenait la route que s'il l'on ne l'examinait pas de trop près, et le grimm sentait que tout ceux qui étaient à portée de voix le savait. C'était frustrant. Tout ça parce qu'il e pouvait pas révéler toute la vérité. S'il avait pu simplement dire 'ce sont des wesens' ils auraient compris. Pas parce que tout les wesens étaient violent, jamais il n'aurait sous-entendu ça, mais parce qu'il était un grimm, et que beaucoup de wesen réagissaient violemment à ça. Même à Portland. Wu semblait partager une partie de ses réflexions, mais il n'en dit rien, se contentant de relire la déposition avant de lui faire signer. Au moment où ils se levèrent, un duo de costume noirs arriva dans l'open space du commissariat, puant le fédéral au point que le capitaine émergea de son bureau sans même être prévenu. Nick était prêt à le laisser lui servir de bouclier; il avait laissé Rosalee seule avec le bébé bien trop longtemps déjà, elle devait s'inquiéter. Il ramassa sa veste et l'enfila rapidement, les yeux braqué vers la sortie. Il n'écoutait pas le le capitaine; il l'avait entendu marquer son territoire assez souvent pour se le permettre. Le grimm était prêt à se glisser hors de la pièce lorsqu'il entendit son nom, et pas dans le bouche de Renard. C'était un des fédéraux. La femme, hispanique, vaguement familière. Il l'avait déjà vu quelque part. Il s'immobilisa, l'observant du coin de l'oeil. Cette histoire avec Trubel. C'était l'agent Chavez. Qu'est ce qu'elle lui voulait? Non, il n'avait pas le temps pour ça. L'inspecteur jeta un rapide coup d'oeil à son capitaine, qui lui indiqua silencieusement de déguerpir tant qu'il le pouvait. Il ne se le fit pas dire deux fois; il y avait quelque chose, à propos de l'agent Chavez, qui lui hérissait la nuque.
Il avait raison à propos de Rosalee, elle était inquiète. Assez pour faire venir Monroe en tout cas. Le blutbad failli lui tomber dessus de soulagement, se retenant maladroitement de toucher son ami dans un mélange de timidité et de gène bourrue qui réussi à arracher un sourire à Nick. Rosalee était juste derrière lui, les bras vides; à cette heure, Kelly devait être en train de dormir à poings fermés.
"Désolé pour ça Rosalee. Deux types me sont tombé dessus quand je me suis éloigné de la maison."
"Oh mon dieu!" la fuchsbau ouvrit de grand yeux avant de se reprendre en une poignée de secondes, le choc vite chassé par le pragmatisme. "Tu as une idée de qui c'était? Pourquoi?"
Monroe, qui avait disparu dans la cuisine, choisi ce moment pour réapparaître, portant un trio d'assiettes pleines. Il roula des yeux à la question de sa compagne, posant son fardeau sur la table.
"C'est un flic et un grimm, y a l'embarras du choix," il marqua une pause, l'air penaud, "Désolé Nick."
"Non, c'est vrai…"
Ils s'installèrent autour de la table. Le grimm remarqua avec une pointe d'amusement que ses amis avaient fait comme chez eux malgré la crise du moment, poussant le vice jusqu'à préparer le repas.
"Merci Monroe, pour…" Il désigna la nourriture d'un geste de la main. Le blutbad lui assura que ce n'était rien, que cuisiner l'aidait à se détendre.
De l'autre côté de la ville, Adalind était enfin autorisée à quitter l'hôpital. L'obstétricienne qui s'était occupée d'elle lui avait assuré que sa cicatrice serait discrète, toutes proportions gardée. Rien de plus qu'une césarienne normale. Comme tout si se retrouver seule devant l'hôpital après avoir accouché était normal. Elle avait déjà appelé Nick trois fois, mais il ne répondait pas. C'était typique, vraiment. La jeune femme alla s'asseoir sur un banc, son sac sur les genoux. Elle avait besoin de Nick. Pourquoi est-ce qu'il ne répondait pas à ses appels? Est-ce que son bébé allait bien? Ce petit monstre. Elle avait de nouveau tout perdu pour ce bébé. Elle avait le droit de l'élever, il ne pouvait pas lui enlever. Adalind soupira avant de carrer les épaules et reprendre son téléphone. Si Nick ne décrochait pas…
"Sean?"
"Adalind."
Il ne paraissait pas particulièrement ravi de l'avoir au téléphone. Tant pis pour lui.
"J'ai besoin de ton aide."
"Et pourquoi t'aiderais-je?"
"Sean," Elle ronronna, câline, "En souvenir du bon vieux temps."
"Pourquoi tu ne demande pas à Buckhardt?"
Buckhardt? Nick devait avoir fait quelque chose de très agaçant.
"Il ne décroche pas." L'hexenbiest fit la moue. "Et grâce à cette petite interlude avec ton cousin, je n'ai même pas l'argent pour un taxi."
"Je t'en envoie un. En souvenir du bon vieux temps." Il marqua une pause, plus pour mettre sur l'emphase sur la suite que pour réfléchir. "Je pourrait aussi envoyer un nettoyeur, en souvenir du même bon vieux temps. Penses-y avant d'utiliser ce numéro de téléphone à nouveau."
Et il raccrocha, évidement. Toujours avoir le dernier mot était un des petits jeux préférés des royaux, même bâtard. C'était très bien, c'était parfait. Elle trouverait de l'aide ailleurs. Elle trouvait toujours de l'aide…
A/N: Cette fanfic a déjà été entièrement écrite et sera publiée au rythme d'un chapitre par semaine.
