Chapitre II : Chaleureuses retrouvailles
- Anakin ! s'écria Jacen, agenouillé près de son maître inconscient. Ne fais pas ça, ça ne nous mènera à rien !
Au-dessus du comte vaincu, Anakin hésita en entendant les paroles de son ami jedi. Dooku était là, à sa merci. Il pouvait maintenant lui faire payer pour toutes ces vies qui avaient pris fin pendant la guerre. Alors qu'il doutait, le comte adressa un regard interloqué vers son maître qui lui renvoya un regard froid, et alors il comprit. Là était son utilité. Mourir pour corrompre encore un peu plus le jeune jedi. Le comte comprit trop tard qu'il n'était plus d'aucune utilité pour son maître. La trahison est la voie des sith.
- Anakin, tu peux en finir maintenant, commença Palpatine. Il est trop dangereux pour qu'on le laisse vivre, tu le sais autant que moi.
- Non Anakin, tu ne peux pas faire ça, répondit Jacen en se postant à ses côtés. Il est vaincu maintenant, c'est terminé. Mais il nous le faut vivant. N'oublie pas que ce n'est pas le seul sith dans cette histoire. Lui seul peut nous dire qui est Sidious.
À l'évocation de ce nom, le vieil homme se tourna vers le chancelier, hésitant à parler. Ce dernier semblait visiblement agacé que son contrôle sur Skywalker s'amoindrisse au fur et à mesure des paroles de son cadet jedi.
- Nous avons besoin de ce qu'il sait Anakin. Le tuer alors qu'il est désarmé est contraire à la règle jedi. S'il doit mourir, ce sera au terme d'un jugement. Et tu peux être persuadé qu'il sera condamné au vu de sa popularité dans notre camp.
Le jedi poussa alors un soupir et rétracta les lames des sabres. Il tendit alors le sabre de Dooku à son compagnon qui le regarda avec surprise.
- Alors c'est toi qui le surveille.
Puis Anakin se dirigea vers Obi-wan, toujours inconscient, et le prit sur ses épaules, le tenant fermement derrière les genoux.
De son côté Jacen libéra Palpatine, qui le gratifia d'un regard froid avant de rejoindre les deux jedi, puis il se tourna vers le comte, toujours à genoux.
- Debout Comte, on a de la route à faire.
Sur le pont de la Main Invisible, le général Grievous attendait avec impatience le message du comte Dooku signifiant que les jedi étaient morts et qu'ils pouvaient passer en vitesse-lumière loin de la capitale républicaine. Mais ce message ne venait pas et la patience du général n'était pas illimitée. Finalement il se tourna vers l'un de ses subordonnés.
- Que se passe-t-il dans la tour d'observation ?!
- Nous l'ignorons Général, les caméras de sécurité ont étés désactivées à la demande du comte Dooku.
Une pensée alarmante traversa alors l'esprit cybernétique du tueur de jedi.
- Où sont mes unités spéciales ?
- En attente d'activation.
- Activez-les, et envoyez-les au hangar principal immédiatement ! lança le général avant de quitter précipitamment la salle.
- Euh… les quarante unités mon Général ?
- Évidemment !
Grievous parti, le droïde activa alors les tristement célèbres droïdes commandos qui se rendirent rapidement au hangar principal.
De leur côté, ignorant la menace qui grondait, les jedi menaient le chancelier et leur prisonnier vers les hangars, espérant trouver une navette leur permettant de quitter le vaisseau amiral séparatiste. Dooku resta en compagnie de Jacen tout le long du trajet, non seulement parce que le jeune jedi le surveillait, mais également pour s'éloigner le plus possible de son maître qui, il n'en doutait plus, comptait le tuer dès que possible.
- Pourquoi m'avoir épargné jeune Lorek ?
- Parce que je veux la justice, pas la vengeance.
- Oh, tu crois donc tant que ça en tes dogmes jedi ? J'y ai cru aussi, autrefois.
- Et ensuite vous nous avez trahis, en devenant un sith vous avez renié tout ce que vous étiez dans le passé.
- Je n'ai fais que suivre l'exemple de cette très chère République que tu défends hargneusement mon garçon. Vois comme le Sénat grouille de corporations surpuissantes, et de politiciens corrompus. Est-ce donc cette démocratie que tu souhaites tant préserver ?
- Après la guerre terminée, nous pourrons changer tout ça. Mais c'est difficile quand une partie de ceux que l'on protège sont montés contre nous.
Dooku se retint de rire en entendant les paroles du jeune jedi. « Une fois la guerre terminée ». S'il savait qu'il ne vivrait pas assez longtemps pour voir la fin de la Guerre des Clones, ni lui ni tous les jedi d'ailleurs.
- Cela dit, vous avez bien trouvé vos partisans. Plutôt que d'affronter les difficultés, vous les fuyez en prétendant que vous n'êtes pas d'accord.
Avant qu'il ne puisse continuer, Anakin déposa Obi-wan, maintenant conscient, au sol.
- Combien de temps suis-je resté inconscient ?
- Quelques minutes à peine Maître. Nous avons capturé Dooku et nous sommes en route vers les hangars. R2 nous y attends à bord d'une navette.
- Bien, allons-y dans ce cas.
Suivant quelques coursives, la petite équipe réussit à rejoindre le hangar principal ou les attendait R2 à bord de la navette, mais également le général Grievous, accompagné de ses droïdes commandos dont les blasters étaient braqués sur eux. Jacen remarqua avec un grincement de dents que les portes du hangar étaient verrouillées.
- Général Kenobi, s'exclama Grievous. Vous allez quelque part ?
- En effet, nous comptions quitter votre bord avec le chancelier et le comte, l'accueil que vous nous avez réservé n'était guère chaleureux.
- Oh, dans ce cas laissez-moi y remédier. Abattez-les !
Le général n'eut besoin de donner l'ordre qu'une fois à ses droïdes commandos pour qu'ils interviennent, tirant avec une précision effroyable.
Rapidement les jedi dégainèrent leurs sabres dans le but de parer les tirs ennemis.
- Jacen, conduit le chancelier en lieu sûr ! ordonna Obi-wan tout en détruisant un droïde commando.
Après avoir mis le chancelier et Dooku en sécurité dans la navette, Jacen décida d'appeler des renforts.
- Cody ! Cody vous êtes là ?
- Oui Commandant, que se passe-t-il à bord du vaisseau ? Quelle est votre situation ?
- Elle est délicate Cody, on va avoir besoin de vous.
- Que doit-on faire chef ?
- Vous devez détruire la porte droite du hangar de la Main Invisible pour nous permettre d'en sortir. Attention, nous serons dans une navette séparatiste.
- Bien chef, on s'en occupe tout de suite !
La transmission se coupa alors et Jacen sortit prévenir ses compagnons qui luttaient difficilement contre les droïdes du général Grievous.
- Maître, les renforts seront bientôt là !
- Bonne nouvelle, commenta le maître jedi en détruisant un droïde.
Une dizaine de droïdes avaient étés détruis, mais ce n'était pas encore assez. Puis, quelques instants plus tard, une explosion magistrale détruisit une bonne partie de la porte droite du vaisseau. Profitant de la confusion générale qui s'ensuivit, les trois jedi embarquèrent à bord de la navette avant de quitter le hangar du vaisseau-amiral.
Furieux, Grievous donna l'ordre de partir en hyper-espace à tous ses vaisseaux, qui s'exécutèrent rapidement, laissant derrière eux quelques centaines de droïdes sur le sol républicain et un Dooku plus seul que jamais.
Jennica profitait de sa douche depuis une bonne dizaine de minutes, savourant la sensation de l'eau tiède coulant sur son corps. Rien de tel qu'une bonne douche après un combat éprouvant comme ce fut le cas aujourd'hui. La jeune femme s'était battue pendant près de quatre heures pour repousser l'assaut terrestre des Séparatistes. Elle n'avait jamais vu autant de droïdes pendant une bataille, et elle en avait vécu plus d'une. Cette bataille resterait dans les mémoires, il ne fallait pas en douter. Sortant de la douche, elle enfila un peignoir et observa le ciel embrasé par la guerre, en se demandant s'il allait bien. Elle avait apprit par l'intermédiaire du commandant Fox que le Général Kenobi était entré dans le système pour sauver le chancelier Palpatine. Et la présence d'Obi-wan ne pouvait dire qu'une chose : Jacen était là, lui aussi.
Lorsqu'elle l'avait rencontré pour la première fois il y a de nombreuses années, ils étaient dans le même cours de maître Yoda. Il n'avaient alors même pas dix ans mais elle appréciait déjà le beau garçon aux cheveux sombre qu'il était à l'époque. Lui cependant ne semblait pas s'intéresser à elle, se focalisant sur sa formation. Elle le croisa ainsi pendant plusieurs années au détour d'un couloir, mais ils n'avaient jamais vraiment engagés la conversation. Elle avait cependant réalisée, et en était restée très déçue, qu'arrivé dans l'adolescence Jacen était devenu un coureur de jupons, traquant bon nombre de jolies jeunes jedi. Il s'était ensuite intéressé peu avant la bataille de Géonosis à la jeune Barriss Offee, la jolie padawan du Maître jedi Luminara Unduli, avec qui il est resté quelques temps avant de follement tomber amoureux de la padawan d'Anakin, Ahsoka Tano.
Cependant, le jeune homme n'avait pas été bien servit côté amour, puisque Bariss trahit la République en perpétrant un attentat au sein même du Temple jedi i peine quelques mois. La jeune mirialan en avait profité pour faire accuser Ahsoka de ses crimes, à qui elle reprochait de lui avoir « volé » Jacen. La vérité fut cependant découverte grâce à la volonté du jeune homme et d'Anakin, et Barriss envoyée au sein du pénitencier militaire, où elle se trouve encore à l'heure actuelle. Cependant, ébranlée par le fait que le Conseil ne lui ait pas fait confiance, Ahsoka décida de quitter l'Ordre, laissant le padawan d'Obi-wan seul et au bord du gouffre.
C'est à cet instant que Jennica, n'écoutant que son cœur, rendit visite au garçon sur lequel elle avait des vues depuis tant d'années et le fit progressivement sortir de cette spiral de solitude dans laquelle il s'était enfermé. La jeune fille frémit en revoyant le regard sombre que le jeune homme arborait à cette période. C'était le regard d'un jedi sur le point de basculer du Côté obscur. Mais elle l'avait sauvé des ténèbres, comme il aimait lui rappeler. Parce que Jennica était comme ça. Quand elle voyait une âme en peine, elle ne résistait pas à l'envie de lui apporter de l'aide. Après tout, c'était une jedi. Ce simple dévouement aux autres est l'une des nombreuses qualités qui persuada Jacen de passer du temps avec elle. Il lui parlait beaucoup, elle écoutait avec attention, l'encourageant à se confier à elle. Et il avait de nombreuses choses à dire, pour un jeune homme d'à peine dix-huit ans. Progressivement la jeune fille apprit à le connaître mieux qu'il ne se connaissait lui-même. Plus il se confiait et plus elle l'aimait. En quelques semaines, elle était devenue son amie la plus proche et sa confidente. Elle ne devint son amante que quelques jours plus tard, après avoir réussit à le convaincre d'aller s'excuser devant le Conseil pour son comportement après le départ de la jolie togruta. Après cette épreuve, elle l'avait embrassé pour le récompenser, un baiser auquel il répondit passionnément, et la suite se déroula d'elle-même dans la chambre du jedi où elle passa la nuit.
À ce souvenir, la belle jedi porta ses doigts à ses lèvres qu'elle effleura tel une caresse. Ce baiser avait été un électrochoc pour elle, le point de départ de cette histoire, leur histoire. Lorsque son maître Raxus Lip'bio lui avait demandé des réponses au sujet de ses nombreuses absences, Jennica n'eut d'autre choix que de dire la vérité au sujet de sa relation avec Jacen. Le rodien alla en parler avec Obi-wan, et voyant l'état plus que positif du jeune homme après des semaines de noirceur, ils décidèrent de laisser les choses se faire, acceptant la relation entre les deux élèves puisqu'elle était visiblement bénéfique pour eux. Depuis ce jour, la jeune fille rayonnait malgré les temps durs de la guerre, et Jacen était redevenu ce jeune jedi plein de vie et d'enthousiasme qu'il était par le passé, bien qu'il avoua un jour à son amante qu'il était à deux doigts de quitter l'Ordre si elle n'était pas intervenue pour le sauver de lui-même.
Cela s'était passé il y a environ deux semaines maintenant, la veille du départ de Jacen pour le front, en compagnie de son maître. Les deux amants étaient dans les Jardins du Temple. Tous les deux regardaient l'étendue mécanique de la planète, observant le balai incessant des speeders qui composaient le trafic de Coruscant.
- Tu sais, commença Jacen sans la regarder, je crois que je n'aurais jamais pu me sortir de cette situation sans toi. Et je ne t'ai jamais remercié pour ça, ce que tu as fais pour moi.
- Tu n'as pas à le faire, et tu n'auras jamais à le faire. Je n'ai jamais laissé quelqu'un que je pouvais aider. Et puis, je crois que t'avoir aidé m'a permis de vivre bien plus heureuse que je ne l'ai jamais été. Ce serait donc à moi de te remercier de m'avoir laissé t'aider.
Le jeune homme sourit et la regarda dans les yeux. Elle lui renvoya son sourire, et se pencha vers lui pour l'embrasser. Ce baiser Jacen y répondit de la manière la plus naturelle au monde, comme si cela faisait partie de lui. Ils se remirent ensuite en position, quelques jedi arrivant derrière eux. Cette interruption permit au padawan de se concentrer sur ce qu'il comptait dire à son amante depuis maintenant un mois, mais par peur de sa réaction, il craignait de lui avouer ce qui le hantait si souvent alors qu'il se retrouvait seul.
- Il faut que je te parle de quelque chose. C'est quelque chose de difficile à dire alors je te demande de me laisser parler jusqu'à ce que j'ai finis.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Ça a quelque chose à voir avec nous ? demanda Jennica, soudainement inquiète.
- Non, non non non je t'assure. Mais c'est une chose que j'ai eu peur de t'avouer. Peur parce que si je te le dis, tu me verrais… différemment.
- Jamais Jacen. Je t'aime pour ce que tu es tu le sais. Je suis à toi comme tu es à moi, alors n'ai pas peur. Si ce secret te pèse, parle-moi je t'en prie…
Le jedi la regarda à nouveau dans les yeux, mais sans y voir cette lueur confiante dans son regard. Alors il prit sa décision. Il fallait qu'elle sache.
- J'ai failli franchir la limite. Lors du combat avec Taarion. J'ai failli le tuer. Je voulais le tuer, le faire souffrir atrocement. Je ne vivais plus qu'avec ma colère envers l'Ordre et plus particulièrement envers le Conseil. Je n'avais plus aucune raison de les respecter alors qu'une padawan avait réussit à tous les berner. Je ne voulais plus être associé à aucun d'entre eux, pas même Obi-wan. Et pendant la mission qui nous était confié, j'ai torturé et tué plusieurs personnes. C'était des séparatistes bien-sûr, mais ce n'étaient pas des guerriers. C'est la raison pour laquelle j'ai été rapatrié d'urgence au Temple. Le Conseil voulait me garder sous surveillance afin de vérifier mes moindres faits et gestes. J'étais devenu une menace pour eux. Et c'est alors que tu es arrivée, comme un rayon de soleil perçant les nuages orageux qu'étaient mes sombres pensées. Si tu n'avais pas été là, je serais sans doute devenu une menace avérée pour l'Ordre… et pour toi.
Jennica ne répondit pas tout de suite, interloquée par ce qu'elle venait d'entendre. Ainsi Jacen avait agit tel un monstre pendant sa dernière mission, et ça le hantait. Alors que l'intéressé restait immobile devant elle, ne sachant manifestement pas quoi faire, la jeune fille se sera contre lui de toutes ses forces. D'abord surprit, le jedi referma bien vite ses bras sur son amante.
- Peu m'importe ce que tu as fais. Tu n'es plus cette chose que tu étais en train de devenir Jacen, cette partie de toi est révolue maintenant.
- Peut-être pas.
- Que veux-tu dire ?
Cette fois il ne pouvait plus reculer. Il était temps pour elle de savoir ce qui effrayait tant son amant.
- Il m'arrive parfois d'y repenser. Souvent en réalité. À chaque fois que je suis seul. Je revois ces gens terrorisés que je torture avec la Force, ou avec mon sabre-laser. À chaque fois que ça me revient, l'histoire change, les lieux et les personnes sont différents. Et je suis plus vieux également. Crois-tu que maintenant que j'ai laissé cette part d'ombre rentrer en moi elle risque de se manifester à nouveau ? Suis-je condamné à replonger ?
La padawan releva les yeux vers Jacen et lut une terreur pure dans ses yeux. Et elle eut peur. Car elle ne l'avait jamais vu effrayé à ce point. Mais elle était malgré tout une jedi, et elle comptait bien agir comme tel.
- Il y a des risques, mais tu es quelqu'un de bon Jacen. Une fois la guerre terminée cette part de toi finira par disparaître. En attendant, concentre-toi sur la Force. Fis-toi à la Force, et rien ne te fera replonger.
Quelque peu rassuré, le jeune jedi la sera encore plus contre lui.
- Jacen, es-tu seulement en train de m'écouter ?
La main paternelle d'Obi-wan se posant sur son épaule ramena le padawan à la réalité.
- Oui maître.
- Tu es sûr ? Tu semble ailleurs, nota le maître jedi en sondant son regard.
- Oui ça va, j'étais juste pensif.
Le transport dans lequel se trouvait les trois jedi et le chancelier s'apprêtait à se poser au spatioport du Sénat où les attendait nombre de sénateurs et le maître jedi Mace Windu. Pour d'évidentes raisons, le comte Dooku avait été confié aux troupes clones qui le débarquait vers le pénitencier ultra sécurisé de la capitale. Alors que le vaisseau atterrissait doucement, tous les passagers se levèrent et attendirent que la rame s'abaisse pour pouvoir sortir. Le chancelier sortit en premier, suivit de près par Anakin et R2. Obi-wan et Jacen restèrent en arrière.
- Vous ne venez pas tous les deux ?
- Oh non, je ne suis pas de taille à affronter les politiques, et je dois informer le Conseil, affirma le maître jedi.
- Je ne tiens pas vraiment à rester au Sénat pour ma part, répondit Jacen, étrangement pressé de regagner le Temple jedi.
- Par ailleurs tu présente beaucoup mieux que moi, reprit Obi-wan.
- Non attendez, l'idée de cette mission c'est à vous qu'on la doit.
- Dois-je te rappeler que c'est toi qui m'a sauvé des vibro-droïdes qui m'attaquaient ? Que tu as vaincu le comte Dooku et que tu as sauvé le chancelier tout en me portant inconscient sur tes épaules ? énuméra Obi-wan.
- Grâce à votre enseignement, répondit l'intéressé.
- Anakin, ça ne serait pas juste, aujourd'hui c'est toi le héros. Et tu as mérité ton heure de gloire auprès des politiciens.
- D'accord, répondit Anakin d'un air résigné. Mais vous me le revaudrez, et pas parce que je vous ai sauvé une dixième fois, dit-il avec un clin d'œil en direction de Jacen, qui lui rendit son clin d'œil avec un sourire.
- Une neuvième fois, rectifia le maître jedi. Ce qui s'est passé sur Cato-Neimoïdia ça, ça ne compte pas. On se voit toute à l'heure.
Le transport releva la rame et décolla à nouveau, cette fois en direction du Temple jedi. Anakin se tourna ensuite vers l'attroupement de sénateurs, où le chancelier parlait avec maître Windu. Dans l'assemblé il reconnu sans mal le droïde protocolaire C-3PO, qu'R2 avait joyeusement rejoint. Mais il savait déjà avant de poser le pied à terre qu'elle était là. Padmé Amidala, la sénatrice de Naboo, et la femme qu'il aimait le plus au monde. Le sénateur Bail Organa se joint alors à lui.
- Skywalker, la République a une immense dette envers vous.
- Je vous remercie Sénateur, mais la guerre n'est pas encore finit. Il nous reste encore à capturer le général Grievous et maintenant que Dooku est capturé, il va rester caché un moment.
- À qui le dites-vous. Mais j'ai bon espoir, répondit le sénateur.
- Veuillez m'excuser, annonça le jedi en sentant une présence derrière lui.
- Je vous en prie.
Anakin se retourna et commença à marcher, puis finit la distance qui le séparait de sa femme à grandes enjambées avant de la serrer dans ses bras.
- Oh, Anakin…
La sénatrice poussa un long soupir de soulagement alors qu'elle serrait contre elle l'homme qu'elle avait épousé en secret voilà maintenant trois ans.
- Padmé, tu m'as manqué.
- Ils disaient tout un tas de choses sur l'Holonet.
- Je m'en suis sorti, répondit le jedi en souriant. Que se passe-t-il ? Tu trembles.
En effet la jeune femme ne semblait pas rassurée et le regardait avec appréhension. Anakin sentait qu'il se passait quelque chose, il y avait quelque chose de différent entre eux.
- J'ai une merveilleuse nouvelle à t'apprendre. Anakin, je suis enceinte.
D'abord secoué par ce qu'il venait d'apprendre, le jeune jedi prit conscience de l'importance de ces trois deniers mots. Un enfant. Padmé attendait un enfant. Bientôt il serait père. Un sourire illuminé se forma alors qu'il réalisait ce que cela voulait dire.
- C'est, c'est une merveilleuse nouvelle.
- Mais comment ferons-nous ? demanda la jeune femme dont l'angoisse n'avait baissée. Je ne pourrais plus siéger au Sénat, et si le Conseil apprend que tu es le père, tu seras…
- Chut, l'interrompit le jeune chevalier. On ne va surtout pas se faire de soucis maintenant, tu veux bien ? C'est un moment de bonheur, pour toi comme pour moi. On va se débrouiller ne t'en fais pas pour ça.
Enlaçant à nouveau sa femme, Anakin ne put calmer les battements de son cœur maintenant qu'il savait. Bientôt, très bientôt il sera l'homme le plus heureux de toute cette galaxie.
Pendant que son confrère jedi apprenait la bonne nouvelle, Jacen se dirigeait d'un pas rapide vers les quartiers de Jennica dont il sentait l'excitation monter à travers la Force. Arrivé devant la porte, il l'ouvrit d'un simple revers de la main et fut reçu par une jedi enjouée qui lui sauta dans les bras. La jeune fille l'attira dans ses quartiers et ferma la porte.
- Jacen, tu m'as tellement manqué !
- Toi aussi tu m'as manqué. J'en avais assez des lignes de front de la Bordure Extérieure.
- Alors, racontes un peu, vous avez sauvé le chancelier ?
- Et capturé Dooku en prime ! s'exclama le jeune jedi. Enfin, heureusement que j'étais là cela dit. Si je n'avais pas été présent, le cher comte aurait sans doute été décapité par Anakin.
- Oh, voilà qui est intéressant. Comment as-tu fais ?
- Ce que tu m'as conseillé de faire il y a de ça deux semaines : j'ai fais confiance en la Force, et j'ai pu raisonner Anakin. Cela n'a pas plus au chancelier d'ailleurs.
- Comment ça ? demanda Jennica, la réponse de son amant attisant sa curiosité.
- Disons que ce cher Palpatine avait très envie que Dooku soit éliminé, alors que c'est ni plus ni moins la source d'information la plus importante que l'on ait eu.
- Mais pas la plus fiable, nota le jeune fille.
- En effet, admit Jacen. Mais je suis sûr qu'il peut nous aider à découvrir qui est Sidious. Il le sait forcément, puisqu'il est son apprenti.
La jeune jedi baissa le regard, songeuse. Si Dooku coopérait, Sidious serait vite dénoncé, et avec les sith rayés de la partie, les Séparatistes ne tiendraient plus très longtemps avant de finalement signer un traité de paix qui mettrait fin à la Guerre des Clones. Mais était-ce seulement possible ? Dooku allait-il trahir son maître ?
- Tu crois qu'il trahirait vraiment Sidious ?
- Il vaudrait mieux. J'irais le questionner dès demain, annonça le padawan d'un ton décidé.
- Très bien. En attendant, je ne t'ai pas vu depuis deux semaines et je n'ai plus du tout envie de discuter, répondit la jeune fille en laissant tomber sa bure au sol.
La réaction de son amante amusa Jacen qui la prit dans ses bras avant de l'allonger sur le lit. La guerre était une chose horrible et tout moyen de l'oublier était bon à prendre. Rapidement les vêtements des deux jedi rejoignirent leur bures au sol. À cet instant, le jeune homme se recula quelque peu et contempla le corps offert de sa partenaire, gravant chacun de ses traits dans sa mémoire.
- Comment tu fais ça ? demanda Jennica.
- Comment je fais quoi ?
- Comment fais-tu pour me regarder comme si c'était la première fois que tu me voyais, comme si tu me découvrais à chacune de nos étreintes ?
- Je ne sais pas, peut-être parce qu'à chaque fois je réalise la chance que j'ai de t'avoir.
- Tu as beaucoup de chance en effet, répondit la jeune femme en soudant leurs bouches d'un baiser passionné.
Les mains de Jacen, encrées sur le visage de sa partenaire, descendirent lentement, redécouvrant chaque centimètre de peau, glissant telle une caresse. Jennica gémit lascivement alors que les mains de son amant semblaient partout, sur ses seins, son ventre, son dos, ses fesses… Elle adorait ces caresses, elle adorait se donner à lui corps et âme, comme il le faisait avec elle. Et, alors que leurs corps s'unissaient, les deux jedi gémirent longuement, profitant pleinement de cet instant où ils n'étaient plus deux jedi, mais simplement homme et femme.
