Et ça y est, voilà enfin le troisième chapitre après tout ce temps ! Encore navré pour toute cette attente, et enjoy !

Chapitre III : Interrogatoire

À des centaines de parsecs de là, dans la Bordure Extérieure, le général Grievous arriva enfin sur Utapau, la planète où s'était regroupés les leaders séparatistes ainsi qu'une colossale armée de droïdes. Ayant tout juste quitté sa navette, le cyborg se dirigea vers une salle de communication. Il avait un appel à prendre, et il était exclu de faire attendre le Seigneur Sidious. Allumant le tableau de communication, le général s'inclina alors que la silhouette bleutée du Seigneur Noir des Sith se présentait à lui.

- Oui, Seigneur Sidious ?

- Général Grievous, je vous conseille d'emmener les leaders séparatistes sur Mustafar, une fois que notre base y sera terminée.

- Ce sera fait, mon seigneur, répondit Grievous en s'inclinant à nouveau.

- La guerre sera bientôt terminée, Général.

- Mais, et la capture du Comte Dooku ?

- Sa capture, bien qu'inattendue, ne freinera pas nos plans. Considérez-le comme perdu Général, le comte n'a plus aucune utilité à notre plan.

- Oui, mon Seigneur.

- Pour le bien de la galaxie, le comte doit maintenant périr. Sa mort est une nécessité. J'aurais très bientôt un nouvel apprenti, beaucoup plus jeune, et beaucoup plus puissant. En attendant ce jour Général, restez sur Utapau, la République ne doit pas vous retrouver.

- C'est entendu, mon Seigneur. Je vous avertirait une fois que les leaders séparatistes seront sur Mustafar.

- Excellent Général. Vous pouvez disposer.

La communication coupée, le général prit le temps d'analyser ce que le Seigneur Noir avait dit. Le comte Dooku était donc rayé de la partie au profit d'un nouvel apprenti, et les leaders séparatistes devaient dès que possible rejoindre la nouvelle base de Mustafar. Quant à lui, Utapau serait sa demeure pour un temps.

Grievous doutait cependant que la République perde sa trace indéfiniment, raison pour laquelle il avait rassemblé toute son armée provenant de la Main Invisible dans un secteur de la ville. Il avait ici des millions de droïdes de combat prêts pour un affrontement. La République pouvait toujours venir, elle serait bien reçue.


Les ténèbres, froids et dénués de vie. Une voix, qui suppliait. Puis une image. Padmé, Padmé demandait de l'aide, elle l'appelait. Elle était en larmes, puis elle poussa un cri déchirant qui se perdit dans un écho terrifiant.

C'est à cet instant qu'Anakin se réveilla en sursaut, haletant et trempé de sueur. Se tournant lentement, son regard trahissant son immense inquiétude se posa sur sa femme, et il soupira de soulagement en voyant sa poitrine se soulever régulièrement. S'asseyant au bord de son lit, le jeune homme se prit la tête entre les mains. Ce cauchemar, à nouveau. Comme celui dans lequel il voyait sa mère mourir, encore et encore. Ce mauvais rêve lui ayant donné des sueurs froides, il enfila un vêtement et se dirigea vers le balcon des appartements de la sénatrice. Il avait besoin de prendre l'air après cette terrible vision. Maintenant assit sur l'un des canapés, il observait le balai incessant des véhicules qui étaient encore nombreux à cette heure tardive. Voir ce lieu qui respirait la banalité et la vie avait cette capacité de quelque peu le calmer. Alors qu'il reprenait sa respiration, les lumières du balcon s'allumèrent et la silhouette de Padmé apparu.

- Qu'est-ce qui te préoccupe ?

- Rien, répondit l'intéressé en observant le pendentif qu'elle portait toujours autour du cou. Je me souviens quand je t'ai offert ça.

Mais la réponse déplu visiblement à la jeune femme dont le regard trahissait une certaine forme de déception.

- Quand seront-nous enfin sincères l'un envers l'autre ?

- J'ai fais un rêve, se décida Anakin.

- Un cauchemar ?

- Comme celui dans lequel je voyais ma mère, confirma le jedi. Juste avant qu'elle ne meure.

Padmé comprit alors immédiatement la cause de la crainte visible de son mari.

- Raconte-moi, lui enjoignit-elle.

- Cette fois, c'était toi.

- Raconte-moi.

- Ce n'est qu'un rêve, répondit brusquement Anakin qui se releva et s'éloigna de quelques pas avant de s'immobiliser. Tu mourrais en donnant le vie.

- Et le bébé ? demanda la sénatrice en plaçant machinalement sa main sur son ventre dans un geste protecteur.

- Je ne sais pas, répondit piteusement Anakin.

- Nous sommes à Coruscant Ani, les femmes ici ne meurent pas en couche.

- Je ne sais pas si tu étais à Coruscant dans ma vision.

- Tu as raison, ce n'est qu'un rêve, tenta la sénatrice.

- Cette fois je ne laisserait pas ces visions se réaliser.

- Ce bébé va tout changer dans nos vies… La Reine ne m'autorisera pas à rester au Sénat, et si le Conseil découvre que tu es le père tu seras renvoyé…

- Je sais, je sais.

- Crois-tu… qu'Obi-wan pourrait nous aider ?

- Nous n'avons pas besoin de lui, répondit Anakin d'un ton plus sec qu'il ne l'aurait voulu.

Le jeune homme serra alors sa femme dans ses bras, se voulant rassurant. Mais il était en réalité terrifié. Il n'était pas assez fort pour sauver sa mère lorsqu'elle est morte, alors comment pourrait-il sauver sa femme et son enfant s'il ne savait même pas ce qui les menace ?


Lorsqu'il se réveilla, Jacen sortit du lit de sa compagne sans un bruit, s'habilla rapidement et en silence, et sortit calmement dans le but de retrouver son maître. C'est cependant le maître Windu qu'il rencontra au détour d'un couloir.

- Bonjour Maître Windu.

- Bonjour jeune Lorek. Félicitation pour la capture du comte Dooku.

- Merci Maître. Savez-vous où se trouve Maître Obi-wan ? demanda le padawan.

- Tu as un message à lui transmettre ?

- Plutôt une demande à vrai dire.

- Qui est ?

- Je voulais savoir si j'avais l'autorisation d'aller interroger le comte Dooku aujourd'hui. Il semblait… nerveux hier, comme s'il craignait quelque chose, ou quelqu'un.

Cette réponse surprit le maître qui sonda un instant le regard du padawan, et lorsqu'il n'y constata aucune trace de mensonge, reprit une expression neutre.

- Tu en es sûr ?

- Absolument sûr, Maître.

- Voilà quelque chose d'étrange… Très bien, tu peux y aller, mais je veux que tu répète au Conseil tout ce que Dooku te diras.

- Oui Maître.

Satisfait, le jeune homme se dirigea vers la cantine afin d'avaler quelque chose, puis il se dirigea rapidement au hangar. Prenant un vaisseau, il se dirigea vers le pénitencier militaire de la République. À la vue du bâtiment, de sombres souvenirs remontèrent malgré tout les efforts du jeune homme pour les garder enfouis.

C'était ici qu'était retenue Barriss depuis la découverte de sa trahison. Mais c'était également ici qu'avait été enfermée Ahsoka pourtant innocente. Lorsqu'il avait tenté de la voir, Jacen avait presque étranglé le commandant Fox afin de lui forcer la main. Depuis ce jour, Jacen possède une haine tenace envers l'amiral Tarkin, responsable de l'incarcération de la jeune togruta. Sa relation avec Fox, qu'il respectait par le passé, en a également prit un coup puisque les deux hommes sont maintenant en froid.


Lorsque son vaisseau se posa, le jeune jedi fut immédiatement approché par deux clones armés de la Garde de Coruscant.

- Je ne sais pas pourquoi mais j'ai un très mauvais pré-sentiment.

Arrivés à sa hauteur, un des clones l'interpella.

- Commandant Lorek, suivez-nous je vous prie.

- Où se trouve le comte Dooku ?

- Suivez-nous et vous saurez, répondit le clone.

Levant les yeux au ciel, le padawan consentit à les suivre, et entra dans la pénitencier. À l'intérieur, il se retrouva à l'accueil, où se trouvait le commandant Fox.

- Commandant Fox, le Conseil des jedi m'envoie interroger le comte Dooku.

Le clone se tourna vers lui, pianota sur son clavier et trouva l'autorisation de Mace Windu.

- Très bien, le prisonnier se trouve dans l'aile nord, bloc C. Déposez votre sabre-laser ainsi que votre communicateur.

Sans rien répondre, le jedi s'exécuta, déposant son arme et son communicateur dans un casier prévu à cet effet. D'un coup de tête, Fox ordonna ensuite à deux hommes d'escorter le jedi jusqu'au lieu indiqué. Arrivé devant la cellule en question, Jacen s'arrêta.

- Serait-il possible de nous laisser ? Merci.

Sans rien répondre, les soldats laissèrent le jedi seul, qui ouvrit la cellule, attirant l'attention du prisonnier alors en pleine méditation.

- Jacen Lorek.

- Comte Dooku.

- Que me vaut ce plaisir jeune padawan ?

- Le Conseil aimerait que je vous pose quelques questions, notamment sur votre maître… Dark Sidious. Vous aviez dis à Obi-wan que Sidious contrôlait la République et plus spécialement le Sénat, que vouliez-vous dire par là ?

- Pourquoi devrais-je te dire quoique ce soit, jeune Lorek ?

- C'est simple, vous êtes piégé ici pour un moment et vu votre grand âge, vous ne resterez pas ici très longtemps. De plus, j'ai cru comprendre que le chancelier avait très envie de vous voir mort, et votre capture l'a… consterné.

- Tu es moins stupide que la plupart des jedi de nos jours, il semblerait. Si tu me libère, je pourrais te révéler qui est Sidious, et nous le tuerons ensemble afin de sauver ta précieuse République. Tu n'as qu'à m'aider à quitter cet endroit.

- Hors de question Comte. Je ne permettrais pas que vous…

La suite de sa phrase mourut dans sa gorge alors même que celle-ci se serra inexplicablement. Quelqu'un utilisait la Force pour le tuer.

Mais ça n'était pas Dooku, car le collier qu'il portait masquait ses pouvoirs. De plus, il était lui aussi en train de se tenir la gorge. La porte de la cellule s'ouvrit alors, dévoilant un individu casqué assez mince, la main gauche levée à la hauteur du visage et à moitié fermée. Dans sa main droite, Jacen reconnu un des sabres de Ventress.

Mais ça n'était pas Ventress. Cette dernière était morte dans une opération risquée il y a près de deux mois. Bien qu'elle fut son ennemie, Jacen a toujours regretté sa mort, la considérant plus comme une femme qui se serait trompé de voie que comme un monstre à l'image de Dooku. Il avait finit par éprouvé de la peine, et une certaine sympathie à son égard.

Mais alors, qui était actuellement occupé à l'étrangler ? L'étrange assaillant ne lui laissa pas réfléchir plus longtemps, car il le projeta contre le mur de la cellule, l'assommant à moitié. Puis, il se dirigea vers le comte, toujours étranglé, et actionna la lame rouge.

- Le Seigneur Sidious vous salue Comte.

Puis la lame pénétra le noble en plein cœur, et se retira rapidement alors que l'assassin quitta la cellule. Se remettant difficilement de l'attaque, le jeune jedi peina à faire quelques pas. L'alarme retentit alors, et Jacen puisa dans la Force pour se remettre d'aplomb.

- Voilà donc le mauvais pré-sentiment.

Se mettant à courir, le jeune homme se joignit à une escouade clone qui se dirigeait vers l'accueil.

- Commandant, vous n'avez rien ?

- Non je vais bien, mais je ne peux pas en dire de même pour Dooku. Où se dirige l'assassin ?

- Il vient de sortir du pénitencier. Comment il a fait ça aussi vite ?!

- Dépêchons-nous, où il va nous échapper ! s'exclama le padawan.

Mais il était déjà trop tard. L'assassin venait de voler le vaisseau avec lequel le jeune homme était arrivé et filait déjà hors du périmètre.

- Mais c'est quoi ce délire ? Pourquoi les tourelles ne sont pas activées ?! Fox, qu'est-ce qu'il se passe au PC ?! s'écria Jacen avec un communicateur clone.

- L'assassin nous a pris de vitesse Commandant, répondit Fox. Il s'est échappé.


Fulminant, le jedi se rendit alors d'un pas pressé au PC, et sa colère redoubla lorsqu'il aperçu le commandant clone.

- Félicitations Commandant, grâce à votre incompétence, le comte Dooku est mort et son assassin est dans la nature ! Je vous félicite !

L'intéressé se tourna rapidement vers le jedi avant de s'en rapprocher.

- Si vous l'aviez affronté quand il est arrivé dans la cellule nous aurions pu l'avoir ! Vous qui possédez la Force, vous ne semblez même pas capable de vous en servir !

- Vous savez comment fonctionne la Force Fox ? Laissez-moi vous montrer, répondit méchamment Jacen en usant de la Force pour étrangler le Commandant.

La réaction des clones ne se fit pas attendre, et nombre d'entre eux pointèrent leurs armes sur le jedi. Seul le sergent Booster tenta de calmer les choses.

- Oh là oh là, doucement Commandant, calmez-vous. Nos hommes risquent d'ouvrir le feu si vous ne vous calmez pas Monsieur…

Réalisant ce qu'il était en train de faire, le padawan relâcha son emprise sur Fox qui tomba à genoux, se massant douloureusement la gorge.

- Où est la cellule de Barris ? demanda le jeune homme. Je dois la voir.

- Suivez-moi, répondit Booster d'un ton hésitant.

Arrivés dans la cellule de Barriss, Jacen remarqua plusieurs choses d'anormales : premièrement la salle contenait un étrange pylône électrifié au centre de la salle, ainsi que des menottes murales au plafond. Se tournant, il aperçu les vêtements de la jeune femme jetés dans un coin de la cellule. Une image mentale de ce qu'il se passait ici prit rapidement forme dans son esprit, et cette image lui donna envie de vomir.

- Qui ? demanda-t-il simplement. Qui ?!

- Le… le commandant Fox, Chef.

Cette réponse fit l'effet d'un catalyseur au jeune jedi qui se dirigea telle une furie vers le PC. Lorsque Fox le vit arriver, plus en colère encore que lorsqu'il était parti, le clone dégaina un blaster qui explosa aussitôt dans ses mains.

- Espèce de sale enfoiré, qu'est-ce que vous avez fait ?! s'écria Jacen en saisissant le commandant par la gorge. De quel droit vous torturez vos prisonniers ?!

- Il fallait… qu'on… qu'on interroge la… la traîtresse.

- Qui, qui vous as donné cette autorisation ?!

- Le… le chancelier.

Choqué par ce qu'il venait d'entendre, le jeune homme relâcha son emprise sur le Commandant et quitta précipitamment le PC pour rejoindre le Temple. Le Conseil devait absolument être mis au courant des agissements du Chancelier.


Anakin déambulait dans les couloirs du Temple afin de rejoindre la salle de projection ou se déroulait actuellement le rapport des conflits de la Bordure Extérieure. Malheureusement pour lui, lorsqu'il arriva le jeune jedi vit la quasi-totalité de ses pairs quitter la salle. Voilà qu'il était encore en retard. Ce fait n'échappa nullement à Obi-wan, toujours présent dans la salle.

- Tu as manqué le rapports des différents conflits de la Bordure Extérieure.

- Je suis désolé, j'ai été retenu… Je n'ai pas d'excuse.

- En résumé, les nouvelles sont excellentes, annonça le maître jedi. Saleucami est tombée, et Maître Vos s'est établit avec ses troupes sur Boz Pity.

La mine d'Obi-wan s'assombrit cependant, et Anakin comprit que quelque chose le tracassait.

- Qu'est-ce qui vous inquiète alors ?

- Le Sénat s'apprête à voter d'avantage de pouvoirs qu'il n'en a déjà au Chancelier.

- Ce qui voudrait dire plus d'action et un peu moins de paroles inutiles ? Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça. Ça ne pourra que faciliter notre victoire.

- Soit prudent avec ton ami Palpatine, conseilla Obi-wan avant de s'éloigner.

- Que voulez-vous dire par là ?

- Il a réclamé ta présence.

Tout en suivant son ancien maître dans les escaliers, le jedi s'interrogea.

- Pourquoi ?

- Il ne l'a pas dit.

- Il n'en a pas informé le Conseil ? s'étonna Anakin. C'est curieux non ?

- Tout cela est curieux en effet confirma le maître jedi en s'immobilisant. Et ce n'est pas sans m'inquiéter.

Alors que les deux jedi conversaient, Jacen choisit ce moment pour débarquer en courant, slalomant entre ses pairs.

- Maître !

- Jacen, où étais-tu passé ?

- Il faut que je vous parle, c'est urgent.

D'un signe de tête, Obi-wan autorisa Anakin à partir, ce qu'il fit rapidement.

- Qu'y a-t-il ? demanda-t-il, conscient de l'agitation de son apprenti.

- C'est à propos du chancelier Maître.


- Tu as confiance en moi, Anakin ? demanda le chancelier en tournant un regard affable vers son protégé.

- Oui, bien-sûr, répondit le jeune jedi, sans comprendre où son mentor voulait en venir.

- J'ai besoin que tu m'aides, dit-il d'un air grave.

- Comment ?

Souriant intérieurement, le seigneur noir poursuivit, tout en faisant signe à Anakin de le suivre.

- Je compte beaucoup sur toi.

- Pourquoi je ne comprends pas…

Patience jeune jedi, patience, tu ne vas pas tarder à comprendre, pensa Palpatine.

- Je veux que tu sois les yeux, les oreilles, et la voie de la République. Anakin, j'ai pris la décision de te nommer mon représentant personnel auprès du Conseil des jedi, annonça le vieil homme en accélérant le pas.

La nouvelle surpris le jedi qui s'immobilisa net.

- Moi ? Au rang de Maître ? réalisa-t-il, incrédule. Cette nouvelle me bouleverse…

Souriant intérieurement, le chancelier se félicita, la partie était gagnée.

L'Élu quant à lui était perdu. Lui, à seulement vingt-trois ans, Maître jedi et membre du Conseil jedi. Une première dans l'Ordre, et un accomplissement symbolique. Mais le Conseil allait-il l'accepter ? Immédiatement, il pensa à Obi-wan, à la fierté qu'il ressentirait en siégeant aux côtés de son ancien maître. Mais il pensa également à Mace Windu. Un jedi qu'Anakin n'appréciait pas, et cela semblait être réciproque. Le jeune homme savait que Windu n'accepterait pas de le voir siéger au Conseil. Et Windu étant un jedi très respecté, il était fort probable que sa nomination soit rejetée.

- Mais c'est le Conseil qui élit ses membres. Ils n'accepteront jamais, reprit Anakin d'un ton déçu, persuadé que ce qu'il voulait ne se produirait pas.

D'un sourire affable, Palpatine balaya ses incertitudes.

- Je crois qu'ils accepteront. Ils ont besoin de toi, plus que tu ne le crois, assura-t-il.


Obi-wan avait ramené Jacen dans ses appartements lorsque le jeune padawan lui avait annoncé avoir des révélations à faire à propos du chancelier Palpatine. Et avec ce que venait de lui révéler son apprenti, il ne savait pas vraiment quoi faire, si ce n'est en avertir le Conseil sans attendre. Jacen quant à lui se trouvait debout face à son maître, attendant sa réaction.

- Et tu es sûr de ça ?

- Absolument sûr, confirma Jacen. J'ai tout vu de mes yeux.

- Cette nouvelle n'est pas bonne, pas bonne du tout. Il va falloir réunir le Conseil et tu devras tout leur dire, sans rien omettre.

- Je devrais peut-être éviter de parler de la façon dont se servaient le clones pour interroger Barriss. Maître Luminara…

- A le droit de savoir tout autant que les autres membres du Conseil, sinon plus, le coupa Obi-wan en ouvrant la porte pour sortir.

Sans rien ajouter, Jacen suivit son maître, certain au fond de lui qu'il avait mit le doigt sur quelque chose d'anormal et d'effarant. En chemin, ils croisèrent Maître Luminara qui, après avoir écouté d'un air grave quelques paroles d'Obi-wan, fit un clin d'œil complice à l'adresse du padawan qui tenta bien difficilement de cacher son trouble. Luminara Unduli était en effet une des rares jedi à savoir que Jacen et Barriss étaient amants par le passé, et leur avait promit de garder le secret. Il sera donc encore plus ardu pour le jeune homme de lui révéler la triste vérité dans quelques minutes.

Lorsque le conseil se réunit, une demi-heure plus tard, Jacen se tint au milieu de la salle, et exposa aux onze Maîtres jedi ce qu'il avait découvert durant sa mission au pénitencier militaire. Son cœur se serra lorsqu'il vit Luminara durement encaisser la vérité concernant la torture subite par son ancienne apprentie. Lorsqu'il eut finit, le padawan se tourna vers son maître, qui lui renvoya un sourire bienveillant, lui donnant la force d'affronter les questions du Conseil.

- Hmm, très troublantes sont ces révélations, commenta Maître Yoda

- Et où se trouve Barriss maintenant ? demanda Luminara d'une voix triste, mais forte.

- Nous l'ignorons, répondit le jeune homme. Les services clones m'ont communiqué avoir retrouvé mon speeder carbonisé dans une ruelle sombre des bas-fonds de la ville, mais depuis aucune trace d'elle.

- Elle a probablement déjà quitter la planète, supposa Kit Fisto en se tournant vers Mace Windu, qui se tourna vers Yoda.

- Qu'en penses-tu, jeune padawan ? demanda le vieux maître, le regardant comme s'il savait qu'il détenait la réponse.

Et en effet, comme souvent, maître Yoda avait raison. Du fait de leur relation très intime, Jacen ressentait encore la présence de la jeun mirialan. Certes bien moins que lorsqu'ils étaient en couple, mais tout de même assez pour savoir qu'elle n'avait pas quitté la planète.

- Je pense… je sais qu'elle est toujours à Coruscant.

- Comment le sais-tu ? le questionna le jedi à la lame violette.

- Je le sais, c'est tout. Je ne saurais vous dire pourquoi, mais c'est comme si la Force me confirmait sa présence.

Consternés, plusieurs membres se regardèrent les uns les autres, sauf Maître Yoda qui regardait Jacen avec ce regard malicieux que le jeune padawan avait apprit à connaître au fil du temps.

- Bien, nous de communiquerons les nouvelles dès que nous en aurons, jeune Lorek. Et nous demanderons également au chancelier de s'expliquer sur cette affaire lors d'une entrevue à laquelle tu devras participer. Si jamais tu découvres où se trouve Barriss, nous nous attendons à ce que tu nous tienne informé sans attendre, est-ce clair ?

- Oui Maître, confirma Jacen d'un ton calme mais néanmoins inquiet.

- Dans ce cas, retourner vaquer à tes occupations tu peux jeune Jacen, le congédia Yoda. Et demander au jeune Skywalker d'entrer, tu peux.

Trop heureux de sortir de cette pièce où la tension était devenue palpable, le padawan s'inclina respectueusement et sortit de la salle, à l'extérieure de laquelle se trouvait Anakin, qui semblait frémir d'impatience mais semblait également tendu.

- Anakin, qu'est-ce qu'il y a ?

Se tournant vers son cadet, le jeune jedi lui renvoya un sourire forcé.

- Rien, rien… Pourquoi ça ?

- Tu sembles… bizarre. Tu es sûr que ça va ? lui demanda le jeune homme d'un ton proche de l'inquiétude.

- Tout va bien, répondit le jedi en posant une main amicale sur l'épaule du padawan. Je suis juste un peu stressé.

- Rien de grave j'espère ?

- Non, non pas du tout. Tu attends Obi-wan ici ?

- Non je dois… je dois aller voir quelque chose aux Archives, répondit Jacen d'un ton qui se voulait calme et nonchalant.

- Depuis quand étudies-tu avec autant de sérieux ?

Cette question amena un sourire sur les lèvres du jeune homme. Il s'était toujours très bien entendu avec Anakin, ce dernier était en quelque sorte comme un grand frère pour lui, et Anakin ne l'avait jamais laissé tombé et le soutenait toujours lors des moments difficiles.

- Tu le gardes pour toi ?

- Oui bien-sûr, répondit le jedi en retrouvant son sérieux.

- Je sens la présence de Barriss sur Coruscant. Et j'aimerais savoir pourquoi je la ressens encore alors que… enfin, tu vois ce que je veux dire.

Anakin lui répondit d'un signe de tête. Il savait que Jacen et Barriss étaient intimes avant que le jeune padawan ne tombe follement amoureux d'Ahsoka. Sachant parfaitement ce qui se passait entre la togruta et son cadet, Anakin avait décidé de ne rien dire à personne, conscient que Jacen en faisait de même à propos de sa relation avec Padmé.

- Et, comment tu la ressens ?

- C'est… compliqué. Je sais qu'elle est là, quelque part, mais je ne sais pas où.

- C'est troublant…

- Assez oui. Bon c'est pas tout ça, mais le Conseil t'attend. Bonne chance mon ami.

Et alors que son aîné entrait dans la chambre du Conseil, le jeune homme prit le chemin des Archives, où se trouveraient sans doute les réponses à ses questions.

- Jacen !

- Theron ? Comment vas-tu mon ami ?! Le questionna le padawan en étreignant son meilleur ami, qu'il n'avait pas vu depuis presque deux mois.

- Très bien mon ami, et toi alors ? J'ai entendu dire que tu avais sauvé le chancelier, c'est vraiment la classe !

Theron était un jeune jedi originaire d'Alderaan, récupéré depuis son plus jeune âge et amené au Temple à la même période que Jacen. Ayant grandis ensemble, c'est tout naturellement que les deux garçons devinrent amis.

- Oui enfin, c'était surtout une mission très délicate, et tu sais très bien que je n'apprécie pas beaucoup le chancelier. À ce propos, il y a quelque chose que je voudrais te dire.

- Je t'écoutes, répondit Theron, rendu curieux par cette annonce.

- Pas ici, allons aux Archives, je t'expliquerais tout là-bas.

- On est parti !


Il était en pleine méditation lorsqu'elle arriva enfin. Drapée de noire et deux sabres accrochés à sa ceinture, Barriss s'avança d'un pas incertain dans ce vieil entrepôt abandonné où Dark Sidious lui avait donné rendez-vous.

- Beau travail assassin, très beau travail, lui dit-il alors qu'il se tournait lentement vers la jeune mirialan.

Cette dernière, bien que calme en apparence, était littéralement morte d'inquiétude, une terreur sourde était profondément ancrée en elle, et dont le Seigneur Noir se délectait.

Sans rien répondre, Barriss s'agenouilla devant la sombre silhouette, trop inquiète quant à ce qui allait advenir d'elle.

- Alors, que penses-tu du la liberté que je t'ai offerte ? Cela vaut mieux que toutes ces horribles tortures auxquelles tu étais soumise n'est-ce pas ?

Frémissant au souvenir des tortures immorales effectuées par les clones, la jedi noire mit un temps avant de se décider à répondre.

- Oui… Monseigneur.

- Bien, fort bien. Jacen t'as-t-il reconnu ?

Jacen. Elle l'avait aimé autrefois, mais désormais elle n'éprouvait pour lui plus que de la rancœur. Il l'avait trahit pour cette garce togruta qui se prenait pour son amie, et c'était à cause de lui qu'elle s'était retrouvée enfermée au sein du pénitencier militaire, livrée à la merci de Fox et de ses interminables tortures.

Jacen Lorek. Un jedi de plus à avoir trahit sa véritable raison d'être en devenant un simple pion dans cette guerre. Une vague de ressentiment, de colère et de haine monta alors en elle, comme jamais auparavant elle ne l'avait ressentie. Cette vague de fureur n'échappa pas au Seigneur Noir.

- Oui, il t'as reconnu. Il vient tout juste de se souvenir de ton existence, et de la raison de ta présence au pénitencier. Il se souvient que toutes ces tortures que tu as subis, c'est à lui que tu les dois. Il ne faudra pas oublier de lui rappeler ce dernier point.

- Je n'oublierai pas, et lui non plus, assura la jedi noire en serrant les poings.

Palpatine jubilait. Cette idiote était encore plus facile à corrompre que prévu, s'en était presque insultant pour quelqu'un comme lui.

- Les jedi sont faibles ma jeune amie. Ils se sont vantés pendant mille ans que les Sith avaient disparus, alors que nous grandissions dans l'ombre, alors que l'Ordre des jedi dépérissait lentement, à tel point que nous avons réussis à corrompre tous les niveaux de l'infrastructure républicaine sans effort.

- Je suis d'accord, répondit Barriss en se relevant. Les jedi sont corrompus et décadents. Ils doivent être châtiés.

- Et ils le seront, répondit Sidious en retirant sa lourde capuche.

Médusée, la jeune mirialan découvrit alors que le Seigneur Noir que la République recherchait depuis maintenant treize ans était sous leurs yeux depuis le début, l'ultime preuve pour elle de la décadence de l'Ordre jedi.

Et voilà, fin du chapitre 3 ! J'espère qu'il vous a plus, si c'est le cas n'hésiter pas à laisser des reviews et des commentaires qu'ils soient positifs comme négatifs, et à bientôt pour le chapitre 4 !