Ça y est, voilà enfin le quatrième chapitre de cette première fanfic ! Je suis vraiment désolé pour cette attente de plusieurs mois, j'ai été pas mal occupé ^^. Enfin voilà, sans plus attendre, la suite des aventures de Jacen
Chapitre IV : Relique
Anakin sortait tout juste de la salle du Conseil. S'éloignant à grands pas, le jedi fulminait, tant et si bien qu'il ne fit pas attention à Obi-wan qui le rattrapait.
- Anakin, attends !
- C'est complètement absurde. On m'accepte au Conseil, et on me refuse le rang de Maître ?! C'est une première dans l'histoire des jedi, c'est une insulte ! s'exclama le jeune homme.
- Calme-toi Anakin c'est un immense privilège qui t'es accordé. Être admit au Conseil à ton âge, on avait encore jamais vu ça. La véritable explication c'est que tu es trop lié au chancelier. Le Conseil des jedi ne tolérera en aucune façon qu'il intervienne dans ses affaires.
- Je vous l'assure, je n'ai pas demandé à faire partie du Conseil.
- Mais c'est pourtant ce que tu voulais. Ton amitié avec le chancelier Palpatine semble avoir porté ses fruits.
- Ça n'a rien à voir, se défendit le jedi.
- Si le Conseil a accepté ta nomination, c'est parce que tu as la confiance du chancelier, expliqua Obi-wan, conscient d'être sur un terrain glissant.
- Mais encore ?
Le Maître jedi marqua une pause avant de répondre. Anakin était impulsif, trop pour être un jedi calme et réfléchit. C'était cette raison qui poussait le Conseil à se méfier de lui, et la proximité du jeune homme avec Palpatine qui semblait s'intéresser de plus en plus aux affaires internes à l'Ordre n'était un bon point pour lui.
- Anakin je suis de ton côté et je regrette de devoir te mettre dans cette situation.
- Quelle situation ? demanda l'intéressé d'un ton perplexe.
- Le Conseil veut que tu le tienne informé de tous les agissements du chancelier, avoua Obi-wan après une pause. Ils veulent tout savoir de ses projets.
Conscient que leur discussion devenait confidentielle, les deux hommes s'approchèrent du côté extérieur du couloir où ils évoluaient.
- Ils veulent que j'espionne le chancelier, comprit Anakin. Ce serait de la trahison.
- Nous sommes en guerre Anakin, répliqua son ancien maître.
- Mais pourquoi on ne m'a pas assigné cette mission pendant la réunion ?
- Il s'agit d'une mission tout à fait officieuse.
Mais Anakin ne pouvait pas faire cela, il ne le voulait pas.
- Le chancelier n'est pas un homme malhonnête Obi-wan. Il me traite en ami, il m'a toujours témoigné une grande affection.
- C'est ce qui te désigne pour cette mission. Anakin, nous sommes au service du Sénat, pas à celui d'un dirigeant qui a fait en sorte de se maintenir en place quand son mandat a expiré.
- Il est resté à la demande des sénateurs.
Ciel, ne voyait-il rien ? Tout cela lui semblait-il chose courante ou même acceptable ?
- Fais appel à ton intuition Anakin, il se passe des choses anormales.
L'intéressé se détourna de son interlocuteur et fit face à une grande vitre qui trônait là, lui dévoilant le ciel de la capitale. Fixant un point visible de lui seul, Anakin se décida à répondre.
- Vous attendez de moi que j'agisse en contradiction avec le code des jedi. Contre la République. Contre un mentor, un ami. C'est ça qui n'est pas normal. Pourquoi m'en demandez-vous tant ? demanda-t-il en se retournant face à Obi-wan.
- Le Conseil le demande, répondit son ancien maître avec une certaine fatalité dans la voix.
Puis il s'en alla, laissant derrière lui Anakin seul, et perdu entre ce qui lui semblait être ni plus ni moins que deux camps.
Jacen et Theron recherchaient des informations dans les Archives depuis plus de vingts minutes et pourtant ils n'avait toujours rien trouvé. Les Archives jedi étaient pourtant réputées pour contenir les savoirs de plusieurs centaines de générations jedi, aussi cela paraissait très surprenant de ne pas trouver ce que l'on cherchait qui ait un rapport, même minime, avec la force.
- Mais enfin c'est à peine croyable, ce sont des Archives qui sont vieilles de plusieurs milliers d'années, et pourtant on ne trouve rien ?
- Reste là, je vais chercher Jocasta, elle doit pas être bien loin cette vieille chouette, elle vit dans les Archives ! plaisanta Theron avant de disparaître.
Sans autre choix que d'attendre, le jeune apprenti d'Obi-wan resta assit sur sa chaise, la tête entre ses mains. Mais soudain il sentit quelqu'un… non, quelque chose. Se tournant dans la direction d'où venaient les bruits, il écouta encore ces sons incompréhensibles avant de réaliser que personne d'autre ne semblait les entendre.
Poussé par la curiosité, le padawan se leva et se dirigea vers l'endroit d'où provenaient, selon lui, ces sons à la fois curieux et inquiétants. Le jeune homme s'arrêta quelques instants lorsqu'il arriva à la hauteur de la statue représentant le comte Dooku, et y lança un regard à mi-chemin entre le regret et la colère, avant de reprendre sa route. Arrivé dans un coin, le jeune homme poussa ses sens au maximum, laissant la Force inonder chaque partie de son être. Et alors il vit. Il y avait un passage derrière ce mur. Avec un mécanisme permettant d'y accéder. Sans hésiter, Jacen poussa la pierre et, sans vraiment comprendre comment, il se retrouva de l'autre côté.
Il n'y avait pas grand-chose dans cette salle. Elle-même n'était pas très grande, mais ce qui s'y trouvait attira grandement l'attention de l'apprenti. Une armure sur un mannequin. Cette armure était si ancienne, qu'elle aurait pu avoir été entreposée ici il y a plus de mille ans. Un détail l'arrêta cependant et concentra toute son attention : le masque que portait le mannequin. Il se souvenait de ce type de masque plat, doté de cette visière horizontale. C'était là un antique masque du peuple de la planète Mandalore. Jacen n'avait aucun doute là-dessus, puisqu'il était originaire de cette planète, aussi étonnant que cela puisse paraître au vu de sa couleur de cheveux. En effet les mandaloriens étaient surtout connus pour être des gens de couleurs claires, aussi il devait être le seul enfant de la capitale mandalorienne à posséder des cheveux noirs et des yeux marrons. Toujours était-il qu'en tant que mandalorien, il avait fait beaucoup de recherches sur sa planète d'origine. Mais alors, si ce masque était mandalorien, qui pouvait bien en être le propriétaire ?
Sa curiosité s'étant décuplée, Jacen tendit la main pour ne serait-ce que toucher ce masque qui l'attirait inexplicablement. Mais à la seconde où il ses doigts entrèrent en contact avec la froideur métallique, tout devint sombre autour de lui.
Il faisait sombre lorsque Jacen se releva. Un bref coup d'œil autour de lui suffit à lui faire comprendre qu'il n'était plus au Temple Jedi. À bien regarder il se trouvait à l'extérieur, sur une planète qui lui était étrangère et où le soleil avait fait place à la nuit depuis quelques instants. C'est alors que le jeune homme entendit des bruits pas loin. Se demandant où donc il se trouvait, il marcha quelques instants pour trouver un important rassemblement au bord de la mer. La plupart d'entre eux portaient des bures de couleurs bleues, rouges et marrons, sans doute pour déterminer leur rôle. Mais leur rôle dans quoi ? Alors qu'il s'apprêtait à les interpeller un détail arrêta le padawan : la plupart de ces hommes portaient des sabres laser. Des jedi ! Évoluant parmi eux, il comprit rapidement que ce n'était qu'une vision, ils ne pouvaient ni le voir, ni l'entendre.
- C'était ici Maîtres, annonça un homme encapuchonné. Il y a douze ans maintenant. Toute la population de Cathar a été massacrée ici. Par les mandaloriens. Par ceux que je combat et que vous devez combattre également.
Cathar… Cathar… Ce nom lui disait quelque chose, mais quoi ? Le jedi avait parlé d'un génocide commit par les mandaloriens, mais il n'en avait pas vraiment entendu parlé.
- Chevalier, tout cela est navrant, vraiment, commença l'un des hommes à la bure bleue. Mais c'est la guerre, et en temps de guerre, les massacres sont courants. Nous ne pouvons pas risquer l'intégrité de l'Ordre en nous engageant dans ce conflit parce que vous nous montrez un charnier parmi tant d'autres.
Comment ? Un génocide ce n'était rien de spécial ? Jacen suffoqua de colère envers ces inconnus qui se prétendaient Maîtres jedi. La guerre était violente, le jeune jedi ne le savait que trop bien. Mais défendre les opprimés était un des devoirs sacrés de l'Ordre.
- Vous allez maintenant disperser vos forces, et cet ordre prend effet immédiatement, si vous ne voulez pas finir exclus de l'Ordre, vous et tous ceux qui vous suivent.
C'est alors que le jeune jedi qui menait les Maître se pencha pour ramasser un casque mandalorien laissé au sol. Au moment-même où il le porta à son visage, une étrange sensation envahit Jacen, sensation visiblement partagée par les jedi présents. Tout autour d'eux se trouvaient… des spectres ? Des échos du passé ? Le jedi n'en savait rien. Il était trop occupé, comme les jedi physiquement présents, à observer cet étrange apparition.
Des mandaloriens, grands, forts, et nombreux. Ils rassemblaient la population Cathar vaincue sur la plage où les jedi se trouvaient actuellement, puis, sur ordre du commandant mandalorien, les regroupèrent dans la mer, avant d'ordonner purement et simplement la vaporisation du peuple Cathar. Apeurés, de l'eau jusqu'à la taille, les Cathars eurent la surprise de voir une des guerrières mandaloriennes rompre le rang et se placer entre les envahisseurs et les locaux.
- Cassus… attends ! Ils sont vaincus ! On a pas besoin de faire ça !
Pour toute réponse, le leader mandalorien sortit son blaster et tira dans la ventre de la guerrière, qui s'écroula dans un cri de douleur.
- Puisque tu aimes tant ces moins-que-rien, tu partageras leur sort !
Et sans autre forme de procès, l'ordre de tirer fut donné. Au-dessus des Cathars, les vaisseaux mandaloriens tirèrent des salves de laser par centaines, réduisant à néant les vaincus dont les cris de terreur et de douleur hanteront Jacen pendant un long moment.
Constatant ainsi la vaporisation d'innocents dans une mer rouge sang devenue brûlante à cause des tirs, Jacen se sentit mal à l'aise, et en colère contre la violence et la sauvagerie de ses ancêtres qu'il avait toujours cru nobles et courageux. Son attention se focalisa alors sur le jedi énigmatique qui s'était saisit du masque.
- Je ne connais pas ton nom… mais j'embrasse ta cause. Je ne retirerais pas ton masque avant que justice soit faite…
Le masque enfilé, le jedi se saisit de son sabre, conscient que cet événement sera crucial.
- …Avant que les mandaloriens aient étés vaincus une fois pour toute. Ainsi le jure… Revan ! s'exclama-t-il haut et fort en dégainant sa lame violette, l'arme en l'air.
Mais à peine le jedi avait-il parlé que Jacen fut brutalement éjecté de sa vision, se retrouvant sur le sol. Reprenant ses esprits, le jeune homme se releva péniblement, les yeux rivés sur le masque toujours posé sur le mannequin. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait l'impression d'avoir découvert quelque chose d'interdit, et d'important. Quelque chose l'avait attiré vers ce masque, et maintenant il sentait une certaine connexion entre lui et cette antique relique. Mais alors… quelle était la raison pour l'amener ici ? Était-ce la volonté de la Force ? Le jedi n'en savait rien. Au loin il entendit Theron l'appeler. Il était temps de partir, être vu ici risquait de poser des problèmes. Mais malgré tous ces mystères, l'apprenti d'Obi-wan était sûr d'une chose : il passerait beaucoup plus de temps au sein des Archives désormais. Ainsi Jacen quitta cette salle secrète, sans imaginer que dans ses quartiers, Maître Yoda sortit soudainement de sa méditation, troublé par ce qu'il venait de sentir dans la Force.
Deux jours après, Jacen apprit le départ de Yoda, accompagné de Luminara Unduli et du jedi Quinlan Vos, pour Kashyyyk, où ils défendront la résistance wookie contre les Séparatistes avec l'appui du 41ème Corps d'élite, sous la direction du Commandant Gree. Il apprit également la nomination d'Anakin au Conseil. Une bonne chose, si cela avait été sans l'impulsion du Chancelier, qui s'immisçait de plus en plus dans les affaires de l'Ordre. Le jeune homme n'était pas dupe, il y avait une tension de plus en plus palpable entre le Conseil et Palpatine, et c'était alarmant. Les jedi étaient de moins en moins populaires à mesure que la guerre durait, contrairement à Palpatine qui récoltait les lauriers au Sénat.
Depuis sa découverte de la pièce secrète, le padawan n'arrêtait pas de penser à ce qu'elle contenait. Pourquoi conserver les effets personnels d'un Seigneur Sith mort des siècles plus tôt ? Cette question lui brûlait les lèvres, mais il ne pouvait la poser sans que des questions fâcheuses surviennent. Il lui faudrait donc se documenter aux Archives. Bien qu'il ait toujours apprécié les missions sur le terrain, il aimait beaucoup se documenter dans cette gigantesque bibliothèque. Tout ce savoir accumulé au fil du temps l'impressionnait plus qu'il ne voulait l'admettre. Aussi, s'il voulait des renseignements sur Revan, c'était ici qu'il en trouverait.
C'est donc sans tarder qu'il s'y rendit, et tomba sur la gardienne des archives, la vieille Jocasta, qui se tourna vers lui avec un sourire bienveillant.
- Ah mais que voilà mon padawan favori ! En quoi puis-je t'être utile cette fois, Jacen ?
- Bonjour Jocasta, j'aurais besoin de renseignements sur l'organisation des jedi il y a environ quatre mille ans.
- Et bien, qu'est-ce qui peut t'intéresser à cette époque ? L'Ordre jedi n'a pas beaucoup évolué depuis ce temps-là tu sais ? La seule différence notable est l'organisation via la couleur de notre sabre-laser.
- Comment ça ?
Jacen savait que la couleur représentait quelque chose par le passé, mais il espérait en apprendre quelque chose sur le violet, propre à Revan dans sa vision.
- Et bien, le bleu était attribué aux jedi gardiens, qui se concentraient avant tout sur les combats au sabre. Les jedi consulaires, privilégiant la négociation au combat, étaient reconnaissables à la couleur verte de leur lame, ainsi qu'à leur spécialisation diplomatique. Le jaune était quant à lui la couleur des jedi sentinelles, qui se concentraient sur la maîtrise de la Force. Ils étaient réputés pour posséder un don différent avec la Force.
- Y avait-il d'autres couleurs, comme le violet ?
Le jeune homme avait posé cette question le plus innocemment possible, mais espérait de tout cœur une réponse afin d'en apprendre un peu plus sur Revan. Jocasta le regarda un instant, pensive.
- Oh, difficile à trouver le violet. Le cristal qui donne cette couleur est rare, très rare. Pourquoi me pose-tu cette question Jacen ?
- Et bien, je m'étais toujours posé la question lorsque je voyais Maître Windu, et je me demandais si cette couleur était plus répandue autrefois.
- Malgré mon grand âge, je serais bien incapable de te répondre. Demander à Maître Windu ne serait pas une mauvaise idée, mais je penserais à faire des recherches pour toi, conclu la vieille jedi avec un sourire.
- Merci Jocasta, répondit le padawan avant de s'éloigner.
Il fit quelques pas, avant de finalement faire demi-tour et de poser la fameuse question qui lui restait en tête depuis son entrevue avec le Conseil.
- Jocasta ? J'ai… une autre question à vous poser. C'est important.
Devant le silence de la Gardienne des Archives, le jeune homme continua.
- Est-il possible de sentir la présence de quelqu'un de manière très précise ? Comme une sorte de lien ?
La vieille dame le regarda, interdite.
- Que veux-tu dire par lien ? De maître à élève ?
- Non, pas exactement.
Elle réfléchit quelques instants avant de finalement le regarder d'un œil réprobateur.
- Je vois.
- Le Conseil pense que le lien qui me lie à Barriss nous permettra peut-être de la retrouver, expliqua l'apprenti. Elle est toujours sur la planète et il faut absolument l'empêcher de s'échapper à nouveau.
Devant sa sincérité, Jocasta consentie à lui expliquer comment utiliser ce lien grâce à ses connaissances des Archives.
Quelques instants plus tard, Jacen se trouvait en pleine méditation, se focalisant sur Barriss, puisant dans la Force pour trouver son emplacement actuel. La méditation n'était pas son fort, mais il fallait bien essayer s'il voulait la retrouver, et la reconduire en cellule.
Au début, il ne perçut pas grand-chose, une odeur de rouille et… d'encens ? Puis vint une image. Un hangar délabré, de la rouille à divers endroits. Par l'ouverture dans le mur il pouvait voir d'autres bâtiments abandonnés. L'ancien quartier industriel de Coruscant. Quant à savoir quel bâtiment exactement, il se fierait à son instinct.
Elle était en pleine méditation lorsqu'elle sentit sa présence à travers la Force. Une présence lumineuse, presque aveuglante tant elle était forte. Était-ce dû à sa réelle puissance ou à leur lien qui durait depuis trop longtemps, elle ne pouvait le dire, mais elle savait qu'il l'avait localisée, et donc que d'autres jedi allaient venir. Qu'importe, elle était prête et déterminée. Elle avait hésité à tuer Jacen dans le pénitencier, elle n'hésiterait pas cette fois-ci. Durant les quelques heures de répit après son évasion, Sidious lui avait expliqué son plan pour les jedi et la République. Une partie d'elle avait été horrifiée de découvrir ce plan machiavélique mis en place depuis trois ans déjà, mais cette partie était si faible en comparaison de l'autre partie… Une partie qui pensait que les jedi étaient devenus faibles, et vulnérables. Ils perdaient cette guerre, et cette partie voulait rejoindre le camp des vainqueurs.
Son chasseur venait tout juste de se poser. Il ne tarderait pas à arriver. Ce qui allait suivre l'excitait et l'effrayait en même temps, mais elle savait qu'elle ne pouvait plus reculer. Son temps parmi les jedi était révolu.
Il n'avait pas de temps à perdre. Elle était là, au bout de ce couloir, il la sentait. Un abîme de noirceur et de tourments. Une partie de lui était désolé pour elle. Il l'avait aimé, pendant un temps du moins. Mais l'autre partie savait qu'elle était allée trop loin désormais, aussi Jacen était prêt à faire le nécessaire pour la conduire devant la justice.
D'une impulsion de la Force, il ouvrit la porte, et entra dans cette grande salle qu'il avait aperçu pendant sa méditation. Et elle était là, à genoux au milieu de la salle, en posture de méditation. Mais le padawan ne se leurrait pas, elle savait qu'il était là avant même que son vaisseau ne se pose.
- Sidious tenait tant que ça à se que le Comte ne le trahisse pas ?
Il posait la question pour la forme, mais il connaissait déjà la réponse.
- Évidement, répondit-elle toujours dos à lui. Dooku avait fait son temps. Et j'étais disposée à quitter cette effroyable cellule par tous les moyens possibles.
En repensant à cette cellule, une vague de peine passa sur le visage du jeune homme.
- Je suis désolé pour tout ce qu'ils t'ont fait.
Un rire hystérique lui répondit.
- Tu es désolé ? Tu es désolé ?! C'est à cause de toi si je me suis retrouvée là-bas ! explosa-t-elle en se retournant pour lui faire face, le visage hargneux. Sais-tu seulement tout ce que Fox m'a fait subir ? À quel point j'ai souffert par ta faute ?!
- Je le sais, répondit calment le jedi. Mais je ne l'ai su qu'après ton évasion. Et sache que malgré tous nos différents, je n'aurais jamais laissé ça se produire si j'avais été au courant.
- J'avais oubliée que tu adorais te dédouaner de tes fautes, et les rejeter sur les autres. Alors, à qui la faute si j'ai croupie dans cette prison maudite ?
Jacen savait qu'il ne pouvait pas la calmer. Elle ne ressentait plus que de la haine pour lui maintenant. Tout ça ne pouvait se finir que d'une seule façon.
- Mais c'est ta faute, Barriss. C'est toi qui a provoqué cet attentat au Temple jedi. C'est toi qui a tué tous ces gens. C'est toi qui a piégée Ahsoka.
À la mention de la togruta, le visage de Barriss devint encore plus emprunt de haine que jamais.
- Alors nous y voilà, c'est pour ta précieuse salope que tu m'a envoyée en Enfer ?!
- Elle était innocente !
- Non, elle était coupable, aussi coupable que toi ! s'écria-t-elle avant de dégainer les sabres qu'elle avait volée à Ventress.
En réaction, Jacen saisit immédiatement son arme, toujours accrochée à sa ceinture, et se mit en garde. Il n'eut pas à attendre longtemps, Barriss se jeta sur lui telle une furie, portant de violents coups que le jeune jedi eut bien du mal à parer. Malgré l'absence d'entraînement pour manier deux lames en même temps, Barriss se débrouillait plutôt bien dans ses attaques, usant de sa colère pour compenser son manque d'expérience. Jacen l'aurait même complimentée si elle ne tentait pas de le tuer. Mais en dépit du déluge de coups qu'il recevait, le jedi tenait bon. Une projection de Force utilisée au bon moment projeta son adversaire contre le mur à l'autre bout de la salle, qu'elle heurta violemment. Profitant de son ouverture, il puisa dans la Force pour se projeter contre son ancienne amante, qui para le coup destiné à briser l'un de ses sabres.
- Je ne suis plus la novice que tu as connu, Jacen.
- Pour moi tu es toujours la traîtresse qui a commit un attentat monstrueux au Temple. Et tu payeras pour ce que tu as fais !
- J'ai déjà payé pour ça ! s'écria Barriss en projetant violemment Jacen à plusieurs mètres, lui permettant de se dégager.
Se redressant rapidement, le jedi eut à peine le temps de parer les deux lames rouges qui se précipitaient vers lui, mais la violence des coups ainsi que leur cadence le força à perdre du terrain. Rapidement il se retrouva acculé contre le mur, obligé d'esquiver les coups de sabres portés par Barriss, entaillant le mur autour de lui dans un vacarme assourdissant. Profitant d'une faille dans l'attaque ennemie, Jacen réussit à se dégager, contre-attaquant par de violents coups de sabres, dominant Barriss de toute sa hauteur. Cette dernière, dépassée, battit en retraite, fuyant vers les passerelles extérieures. Sans attendre le jedi se lança à sa poursuite, mais fut obligé de stopper sa progression : la jedi noire avait verrouillé la porte. Qu'à cela ne tienne, le jeune homme se concentra, puisant dans la Force, et d'un mouvement de la main, la porte s'ouvrit.
Sans attendre il s'élança à la poursuite de la mirialan sur la passerelle extérieure qui, longue d'une trentaine de mètres, menait vers une autre partie du bâtiment. La rattrapant rapidement, il effectua un saut vers l'avant afin de stopper sa progression.
- Ça suffit Barriss, tu ne peux pas t'échapper ! Rends-toi !
- Jamais, je ne laisserais plus jamais personne me toucher comme ils l'ont fait ! Répliqua Barriss en relançant l'attaque contre le jedi.
Celui-ci para les coups, mais avec de plus en plus de difficulté, compte tenue de la hargne de la jedi noire qui lui donnait une force nouvelle. Mais malgré toute sa force, elle se fatiguait vite. Jacen sourit intérieurement en se disant que l'endurance n'avait jamais été son fort. Il se reprit bien vite, l'heure n'était pas à la plaisanterie. Reprenant en assurance, le padawan d'Obi-wan reprit le dessus dans le combat, forçant son adversaire à reculer sur la passerelle rouillée. Coup après coup, il regagnait le terrain perdu. À l'aide d'un habile coup de sabre, il réussit à mettre quelques mètres entre eux, lui laissant le temps de souffler un peu.
- Je ne compte pas te tuer Barriss, je tiens à ce que tu sois jugée. Mais ne m'oblige pas à appliquer la sentence moi-même.
- Je ne me rendrais pas Jacen. Tu le sais, et tu sais comme moi que seul l'un de nous deux quittera ce bâtiment.
Il le cachait, mais au plus profond de lui-même, cette dernière phrase lui faisait mal. Il le savait, elle pensait ce qu'elle disait. Alors, il prit sa décision. Celle qu'un jedi ferait.
- Dans ce cas, que le meilleur gagne.
Se remettant en garde, Jacen repensa aux moments qu'ils avaient passés ensemble. Leur première rencontre pendant les cours de Maître Yoda, leur rapprochement au fil du temps, la première fois qu'il avait osé l'embrasser, leur première fois peu après la bataille de Géonosis…
La jedi qu'il avait connu était gentille, et pleine de vie.
La jedi noire qu'il avait sous les yeux n'était plus rien de tout ça.
La guerre changeait les gens, le jeune homme le savait bien, mais il avait du mal à réaliser à quel point elle avait changée son ancienne amante. Avait-elle succombée à la violence et la noirceur de ce conflit qui semblait ne plus finir ? C'était fort probable, mais une chose était sûre : la mirialan que Jacen avait connu n'était plus.
Celle-ci relança l'attaque, espérant briser la garde de son adversaire qui recula prudemment, sa garde toujours en place. Mais en déviant ses coups, le padawan n'avait pas prévu que la passerelle encaisserait si mal les coups de sabre-laser. Mais il n'était pas le seul à l'avoir remarqué. Barriss en profita pour sectionner la passerelle, entraînant une perte soudaine d'équilibre entre les deux belligérants. Après un grincement sinistre, la passerelle s'affaissa avant de complètement céder dans un vacarme assourdissant. Si l'ancienne jedi réussit à quitter la partie endommagée de la passerelle, Jacen n'eut pas cette chance, et faillit bien chuter de plusieurs centaines de mètres s'il ne s'était pas raccroché in extremis à la passerelle, désormais penchée à quatre-vingt-dix degrés, prête à céder.
En relevant la tête, il la vit, juste au-dessus de lui, ses deux sabres en l'air prêts à s'abattre sur lui alors qu'il était ainsi sans défense. Mais il n'y avait pas de peur en lui. Il avait fait son possible, et il n'y aurait pas de renforts pour cette fois. Il était seul.
- Quelle ironie, tu vas mourir ici, au sein même de la capitale de ta précieuse République, là où sont concentrés tous les jedi. Et où sont-ils en cet instant précis ? Ils ne sont pas là. Mais ne t'inquiètes pas, tu ne seras pas le seul à mourir. Bientôt, il n'y aura des jedi que dans le passé, ton seul refuge désormais, annonça-t-elle avant de découper violemment le reste de la passerelle, qui commença immédiatement sa longue descente vers le sol.
Pour cette fois, Jacen s'autorisa légèrement à paniquer. Il avait plusieurs fois imaginé ce qui arriverait si une mission venait à mal tourner, mais il n'avait certainement pas imaginé mourir ainsi, et encore moins de la main de Barriss. Mais c'est alors qu'une canonnière débarqua avec à son bord le lieutenant Boil ainsi que quelques hommes du 212ème. Puisant dans la Force, le jeune jedi attendit le moment où la canonnière arriva à sa hauteur pour sauter, tout en étant récupéré par ses hommes.
- Vous nous avez fait une belle frayeur Commandant. Est-ce que tout va bien ? s'enquit rapidement Boil.
Le padawan porta un regard rassurant sur le lieutenant. Boil et lui avaient combattus ensemble à de nombreuses reprises pendant la guerre, et une solide amitié s'était créée entre eux. Les choses étaient devenues difficiles pour Boil après l'invasion de la planète crépusculaire Umbara, où le coéquipier de Boil, Waxer, avait trouvé la mort lors d'une fusillade entre clones. Une bien triste histoire, qui avait dévoilé l'existence d'un traître dans les rangs jedi, le Général Krell. Depuis, Jacen avait ordonné que Boil soit toujours placé sous ses ordres, afin de garder un œil sur lui. Le lieutenant s'est donc retrouvé sous le commandement du capitaine Blanco, un clone vétéran puisqu'il avait déjà combattu lors de la première bataille de Géonosis, trois ans plus tôt. S'il était nommé ainsi, c'était parce qu'il avait la particularité d'avoir gardé une armure intégralement blanche, contrairement au orange traditionnel des troupes du 212ème.
- Ça va, merci Boil. Vous êtes arrivés vite.
- On se doutait que vous alliez foncer bille en tête, alors on s'est tenus prêts, et on est partis dès que votre droïde nous a confirmé votre atterrissage.
- Je vois. Bien, assez parlé. Il faut absolument mettre la main sur Barriss avant qu'elle ne s'échappe encore.
Elle était partie à la minute où elle avait vu la canonnière arriver. Dans le petit chasseur monoplace laissé par Sidious, il y avait des coordonnées pré-enregistrées. Elle n'avait donc qu'à décoller. Elle ne connaissait pas les coordonnées entrées dans l'ordinateur, mais elle ne comptait pas rester ici et attendre de se faire capturer de nouveau. Le petit vaisseau décolla alors, et quitta rapidement l'orbite de Coruscant, encore parsemé de milliers de restes de l'impressionnant piège orchestré par Sidious afin de garder la confiance des jedi. Un enlèvement était l'idée parfaite, simple mais efficace. Activant le mode furtif, Barriss pu ainsi fuir la capitale galactique, au nez et à la barde des nombreux destroyers de classe Venator, disposés autour de la planète pour contrer une éventuelle contre-attaque qui ne viendra jamais. Se calant dans son siège, la jedi noire soupira d'aise alors que son chasseur passait en vitesse-lumière sans autres témoins que les étoiles silencieuses.
Après avoir échoué à capturer Barriss, Jacen et ses hommes retournèrent au Temple Jedi, où un rapport de mission s'imposait. Le padawan n'était pas vraiment fier de lui, surtout lorsqu'il croisa le regard réprobateur de son maître.
- Jeune Lorek, je crois que tu nous dois des explications, sonna la voix froide de Maître Windu.
Le jeune homme s'appliqua donc à expliquer les derniers événements aux jedi présents dans la salle de projection, annonçant entre autre que Barriss avait définitivement succombé au Côté Obscur, qu'elle s'était allié avec Sidious et que l'assassinat de Dooku était le prix de sa liberté. Bien-sûr Maître Luminara lui fit beaucoup de peine, mais la jedi restait forte en encaissant les derniers événements. Une fois le rapport de mission terminé, on autorisa le jeune homme à quitter la salle de briefing, ce qu'il fit sans se faire prier. Regagnant rapidement ses quartiers, il renonça bien vite à une méditation pour se calmer et prit la direction des Jardins du Temple. S'accoudant à la passerelle, il observa pendant plusieurs minutes le trafic de la planète-capitale.
- Je savais que tu te trouverais ici, lui dit son maître alors qu'il s'accoudait à ses côtés. Tu veux en parler ?
- Je sais que j'ai agis comme une tête brûlée, et j'en suis désolé Maître. Je pensais… Je pensais avoir une chance de la ramener.
- Je sais, répondit simplement Obi-wan.
Un silence de plusieurs minutes passa entre le le maître et son padawan, tous deux occupés à contempler le ciel rosé de Coruscant.
- Oh j'ai oublié de te dire quelque chose d'important. Sait-on jamais, cela pourrait égayer ta soirée, et t'empêcher de t'en vouloir pour Barriss.
Ayant attisé sa curiosité, le jeune homme se tourna vers son maître, une lueur d'interrogation dans le regard, sans comprendre où il voulait en venir.
- Tu te souviens de notre dernier champ de bataille avant de sauver le chancelier ?
- Et comment, répondit immédiatement Jacen. Nous étions sur Mandalore à la poursuite de Dark Maul.
Et il avait encore du mal à y croire. Dark Maul, le guerrier sith que son maître avait vaincu il y a de ça treize ans, était toujours en vie après sa terrible défaite sur Naboo. Son retour avait été confirmé voilà maintenant près de deux ans, lorsqu'il fit son grand retour avec son apprenti et frère, Savage Opress. Déterminé à aider son maître à éliminer cette menace une bonne fois pour toute, le jeune jedi avait longtemps été écarté par ce dernier, qui craignait de perdre son padawan comme il avait perdu son maître lors de la bataille de Theed.
Réalisant l'importance qu'Obi-wan accordait à son apprenti, Maul fut déterminé à l'affronter et le tuer. Mais malgré cette menace qui pesait sur lui, Jacen n'était que peu inquiet, Maul n'étant pas le premier sith qu'il avait combattu.
- Comme nous avons tous trois quitté le combat pour sauver Palpatine, un autre jedi nous a remplacé. Ahsoka.
- Que… quoi ?
Jacen était abasourdi. Ahsoka était de retour ? Pourquoi n'était-il prévenu que maintenant?
- Oui je sais, j'aurais dû te le dire avant, mais nous étions occupés. D'abord avec le sauvetage, puis tu as voulu gérer l'interrogation de Dooku, et avec cette histoire avec Barriss, je pensais qu'il valait mieux te laisser souffler un peu.
- Je comprends Maître, et je vous en remercie.
Avec un sourire sincère, Obi-wan posa une main paternelle sur l'épaule de son apprenti.
- Je suis ton maître depuis maintenant près de trois ans Jacen, et je suis extrêmement fier de voir tout ce que tu as appris et ce que tu es devenu en si peu de temps. Tu seras très probablement un bien meilleur jedi que moi dans quelques années. Mais n'oublie pas que tu peux compter sur les autres, moi le premier.
- Je tâcherais de ne pas l'oublier, répondit le jeune homme en s'éloignant, avant de soudain se retourner. Maître ?
- Oui ?
- Merci.
Le maître jedi répondit par un clin d'œil, avant de sourire en voyant son apprenti quitter les Jardins, le cœur un peu plus léger. Mais l'esprit d'Obi-wan n'était pas plus léger. Malgré lui, il repensait à la discussion qu'il avait eu avec Mace Windu et Yoda, juste avant le départ du Grand Maître. Il semblait qu'ils avaient de plus en plus de soucis avec Anakin, qui n'avait pas du tout apprécié la mission confiée par le Conseil. Mais comme il l'avait dit, le jeune homme ne le décevrait pas, du moins l'espérait-il de tout son cœur.
Et voilà, prochain chapitre dans... pas longtemps, promis ! J'essayerais de le finir avant la fin du mois prochain. En attendant, n'hésitez pas à poster des reviews pour me dire ce que vous en pensez, ça fait toujours très plaisir !
