Et voilà le chapitre 7 ! Il est enfin là, avec quelques jours de retard je vous l'accorde mais j'ai enfin trouvé du temps pour pouvoir le publier. J'espère que comme pour les autres il vous plaira, enjoy !
Chapitre VII : Sidious se révèle au grand jour
Dans la salle de briefing situé en plein cœur du Temple Jedi, Mace Windu, aux côtés d'Anakin et des hologrammes des Maîtres Yoda, Ki-Adi-Mundi et Aayala Secura, observait l'avancée des Séparatistes sur les divers fronts de la Bordure Extérieure. Globalement, les nouvelles étaient bonnes. La fin de la Guerre des Clones approchait à grands pas, et avec la fin de Grievous sur Utapau, les combats ne continueront pas longtemps.
En parlant d'Utapau, le Temple reçut un appel des forces républicaines engagées à Pau City, et l'hologramme du commandant Cody ne tarda pas à apparaître.
- Maître Windu, puis-je vous interrompre ? Le général Kenobi a engagé le combat avec le général Grievous, et nous avons lancés notre attaque. Grievous ne devrait plus nous poser de problème très longtemps.
Bien qu'ayant pleinement confiance en son ancien mentor, Anakin ne pouvait s'empêcher de penser que si lui ou Jacen avait accompagné Obi-wan, la fin du général cyborg ne serait plus une estimation, mais une certitude. Qui assurerait ses arrières pour cette ultime bataille s'ils n'étaient pas à ses côtés ?
- Merci Commandant, le congédia Windu. Anakin, donne cette information au chancelier. Sa façon de réagir nous éclairera sur ses intentions. Je veux tout savoir.
- Oui Maître, acquiesça l'intéressé avant de se mettre en route.
À peine le jeune homme parti, le maître Jedi se tourna vers ses pairs, une lueur inquiète dans le regard. Associer le jeune Skywalker avec le chancelier était une très mauvaise idée. Il n'avait confiance ni en l'un, ni en l'autre et était persuadé que cette association ne donnerait rien de bon pour l'Ordre Jedi.
- Je sens qu'un complot se trame contre les Jedi. Le Côté Obscur de la Force émane du chancelier.
Depuis maintenant plusieurs mois, les Jedi soupçonnaient le vieil homme d'être le Seigneur Sith qu'ils cherchaient depuis des années. Windu en était d'ailleurs arrivé à l'idée que l'enlèvement de Palpatine avait été mis en place dans le seul but de relâcher la vigilance du Conseil à son égare.
- Si jamais il ne renonçait pas à ses pouvoirs d'exception une fois que Grievous aura été mis hors d'état de nuire, il faudra l'obliger à abandonner ses fonctions, exposa le Céréen, depuis Mygeeto. Sa prise de pouvoir légitimée par la guerre couplée à la majorité dont il dispose au Sénat en fait un danger pour la démocratie de la République.
- Notre Conseil devra prendre le contrôle du Sénat pour qu'une transition pacifique soit assurée, confirma Windu. Bien que cela me déplaise, c'est notre seule solution. Il semblerait que Dooku avait raison : sauver la République revient à la détruire telle que nous la connaissons.
- À de sombres extrémités un tel raisonnement nous conduirait, prévint Yoda. D'une grande prudence il nous faut faire preuve. Le Sénat corrompu est en effet. Très peu de sympathisants nous avons aujourd'hui. Garder espoir il nous faut. Une fois les Sith éliminés, plus claire sera notre avenir.
Le vieux maître ne savait que trop bien quelles seraient les réactions des politiciens corrompus qui gangrenaient le Sénat si les Jedi venaient à en prendre le contrôle. Beaucoup n'auraient pas peur de crier au complot, ou au coup d'État. Hélas, le Conseil avait-il le choix ?
Il avait sentit son trouble avant même qu'il ne pénètre dans son bureau. Le doute, l'incertitude, la peur. De telles émotions étaient magnifiques lorsque le Jedi qu'il cherchait à corrompre était si près de basculer. Trois ans, cela faisait maintenant trois ans que Dark Sidious avait des vues sur le jeune Skywalker, et même si tout ne s'était pas passé comme prévu, Anakin n'avait jamais été aussi proche de céder au Côté Obscur.
La mort de sa mère, la perte de son apprentie injustement condamnée par un Conseil aveuglé, Conseil qui lui faisait de moins en moins confiance depuis quelques temps… Il ne manquait plus que de provoquer quelques visions cauchemardesques dans lesquelles Anakin perdait la chose qui lui tenait le plus à cœur : sa femme, la belle sénatrice de Naboo. Palpatine savait qu'Anakin était paradoxalement le meilleur Jedi de par ses capacités, et le pire selon le Code Jedi. Pas d'attachements. C'était une chose difficile pour un jeune homme qui avait rejoint tardivement l'Ordre Jedi. L'Élu, celui qui devait apporter l'Équilibre dans la Force selon ses pairs, sera l'auteur de leur destruction. Ironique.
- Chancelier, nous venons de recevoir un message du général Kenobi. Il a engagé le combat avec le général Grievous.
Malgré ses efforts, sa voix ne parvenait pas à cacher son inquiétude pour son ancien maître. Sidious ne put s'empêcher d'enfoncer un peu plus le clou.
- Croisons les doigts pour que Maître Kenobi se montre à la hauteur…
- Je devrais être près de lui, se lamenta le jeune Jedi. Moi ou Jacen. Mais j'ai l'impression que le Conseil ne tient pas trop à ce que je quitte Coruscant pour l'instant.
Il avait confiance en lui. Il s'était toujours confié à lui. Cela ne faisait que faciliter la tâche du Seigneur Noir : dresser l'Élu contre l'Ordre Jedi.
- Je suis désespéré de constater que le Conseil ne semble pas prendre conscience de l'étendue de tes talents. Sais-tu pourquoi ils te refusent le titre de Maître Jedi ?
- J'aimerais le savoir. Plus le temps passe, plus j'ai l'impression qu'on voudrait m'exclure du Conseil. J'ai l'impression de… de ne pas faire partie de l'Ordre Jedi comme je le devrais. Comme si on voulait me mettre à l'écart.
Palpatine sourit intérieurement. Comment remercier Anakin de lui mâcher le travail ?
- Ils n'ont aucune confiance en toi. Tu le sais déjà, n'est-ce pas ? Mais le dire à haute voix te ferais trop souffrir, je ne peux que te comprendre. Ce n'est pas facile d'être rejeté parce que l'on est différent. Oh bien-sûr, ce n'est pas seulement parce que tu es plus puissant qu'ils te rejettent.
Le chancelier marqua un temps d'arrêt afin de s'assurer d'avoir la pleine écoute de son futur disciple. Ce dernier semblait suspendu à ses lèvres.
- Il ne te semble pas étrange que le Conseil soit distant avec toi au moment même où tu obtiens un siège parce que je te voue une confiance aveugle ? Ils se servent de toi pour m'atteindre, et par-là même atteindre notre précieuse République. Lorsque Grievous sera éliminé, plus rien n'empêchera le Conseil de s'en prendre physiquement à moi. Que fera ce cher maître Windu une fois les Séparatistes vaincus ? Il viendra pour moi, lui et ses complices Jedi. Je serai le premier arrêté sur leur ordre, mais ne te leurre pas Anakin, je ne serais pas le dernier, loin de là.
Le jeune homme semblait estomaqué.
- Chancelier, vous ne pensez quand-même pas que…
- Mais je ne pense pas, mon cher ami, je le sais ! Pourquoi penses-tu qu'ils te font des cachotteries alors que tu es un membre du Conseil ? Pourquoi te tenir éloigné quand tu dois leur rapporter mes moindres faits et gestes ? Tu le sais, au fond de toi. Les Jedi ont l'intention de renverser la République, et cela commencera ce soir par mon arrestation, puis mon exécution.
- Non, c'est… c'est impossible. Le Sénat ne laisserait jamais…
- Anakin, ne cherche pas à t'aveugler de la sorte. Le Sénat ne sera pas en mesure de contester le Conseil. C'est du Sénat que je tiens mon pouvoir. Et contrairement aux Jedi, je ne reste au pouvoir que par nécessité. En ces temps de guerre, les populations ont besoin d'un symbole. Toi comme moi incarnons ce symbole : moi je suis le chancelier incorruptible, et toi le Héros sans Peur, celui qui protège les institutions de notre précieuse République. Et ce simple fait te différencie des Jedi, Anakin. Tu n'es pas un Jedi, tu es un homme. Tu ressens des émotions, tu te bats pour ce que tu crois juste, pas pour un Ordre en pleine décadence. Voilà pourquoi tu ne seras jamais un Maître Jedi, parce que tu n'es pas ce qu'ils veulent que tu sois. C'est pour ça qu'ils te mettront à l'écart ce soir, pendant qu'ils s'en prendront à moi, et au Sénat.
- Mais… mais les Jedi sont au service du Sénat ! protesta le jeune homme.
Ce que lui disait Palpatine semblait… surréaliste. Jamais les Jedi ne pourraient commettre un tel acte envers la République ! À moins que…
- Sa façon de réagir nous éclairera sur ses intentions. Je veux tout savoir.
Serait-il possible que…
- Vraiment ? Moi je pense que les Jedi ne sont maintenant plus au service que de quelques sénateurs, répondit Sidious d'un ton attristé.
- Chancelier c'est… pardonnez-moi mais j'ai… j'ai du mal à croire que…
- Tiens, fit le chancelier en sortant d'un tiroir secret de son bureau un dossier qu'il tendit à son jeune interlocuteur. J'imagine que tu sais ce que c'est.
Bien-sûr qu'il savait : c'était le Manifeste des Deux Mille, qui comme son nom l'indiquait, comportait les noms des deux mille sénateurs à s'opposer au pouvoir de Palpatine.
- Vois-tu, ce n'est pas seulement un stupide manifeste, non. C'est également le nom des conspirateurs alliés aux Jedi. Quand le Sénat subira l'occupation des Jedi, sois sûr qu'aucun des sénateurs sur cette liste ne sera arrêté.
Anakin n'arrivait plus à parler. Il n'arrivait plus à penser. Padmé. Son nom figurait sur cette pétition. Des jours durant elle lui avait expliqué l'importance que cette pétition avait pour elle. Mais cela ne se pouvait… Padmé ne pouvait pas se rendre complice d'un coup d'État, cela lui semblait aussi crédible qu'un général Grievous faisant une collection de tapis plutôt que de sabres.
Satisfait de voir le conflit intérieur du jeune homme, Sidious poursuivit sur sa lancée.
- Ne t'avais-je pas prévenu Anakin ? Ne t'avais-je pas dis que les actions du Conseil n'étaient pas ce qu'elles semblaient être ? Ils sont tous complices, tous !
- Pas Padmé, s'entendit dire Anakin avant de se reprendre. La sénatrice Amidala…
- …Compte me trahir comme tous les autres, poursuivit Palpatine. Mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas vivre heureux ensemble.
Le cœur du Jedi rata un battement.
- Quoi ? Je ne comprends pas…
Le sourire de Palpatine se fit chaleureux.
- Anakin, je l'ai toujours su. Si je ne disais rien, c'était avant tout pour ne pas t'embarrasser. Naboo est mon monde natal souviens-toi. J'ai de nombreuses relations là-bas. J'ai toujours été très heureux pour vous, depuis le jour où j'ai appris pour votre mariage.
La tête d'Anakin tournait. Ou était-ce le sol qui se mouvait sous ses pieds ?
- Tu devrais t'asseoir mon garçon, tu ne semble pas très bien… Là, c'est bien. Tu es très pâle, tu es sûr que tout va bien ?
- Oui, oui oui je… je vous remercie chancelier. Je suis juste un peu fatigué.
- Les mauvais rêves, à nouveau ? s'enquit le vieil homme avec un air concerné.
- Cette fois, c'est Padmé, confirma l'Élu. Je ne sais pas quoi faire.
Il réalisa seulement à cet instant à quel point cela lui faisait du bien de parler de ses cauchemars, de se confier à quelqu'un en qui il avait pleinement confiance. Palpatine savait pour son mariage. Il savait également pour ses cauchemars à propos de sa mère et le massacre du village Tusken qui avait suivit sa mort. Avec Palpatine, il n'avait pas besoin de faire semblant.
- Il faut absolument que tu franchisse cet écran de fumée mensonger que les Jedi ont tissés autour de toi. Laisse-moi t'apprendre toutes les subtilités de la Force.
- Vous ? Mais… comment ? demanda Anakin, surprit.
- Tu te souviens de la légende dont je t'ai parlé l'autre jour à l'opéra ?
Bien-sûr qu'il s'en souvenait. L'histoire de Dark Plagueis, le Sith qui avait vaincu la mort…
- Oui… oui je m'en souviens.
Sidious ne put s'empêcher de savourer cet instant par un bref moment de silence. Enfin, il pouvait se révéler aux Jedi.
- Plagueis n'est pas une légende. Enfin, n'était.
Il se pencha vers l'Élu de la prophétie.
- C'est moi qui l'ait tué dans son sommeil, murmura-t-il à l'oreille de son jeune interlocuteur. Juste après mon élection au poste de chancelier.
Ce dernier se redressa, comme revigoré par ces paroles, et dégaina son sabre laser.
- Vous ! Vous êtes le Seigneur Noir des Sith !
Contrairement à ce qu'il croyait, Palpatine le regarda tristement, comme déçu de sa réaction. Il soupira lourdement, avant de croiser le regard du Jedi.
- Je devrais vous tuer sur-le-champ !
- Non, c'est ce que les Jedi voudraient que tu fasse. Mais je doute que tu veuille vraiment tuer un ami. Quelqu'un qui a toujours été là pour toi, quelqu'un qui a toujours prit ton parti. Mais si tu souhaite agir en pantin du Conseil, libre à toi. Je ne t'en empêcherait pas.
Sidious arborait un regard affable, mais triste. Anakin remarqua facilement qu'aucune aura maléfique n'émanait de lui, aucune intention hostile à son encontre.
- Vous… nous ne m'en empêcherez pas ?
- Anakin, tu es mon ami et tu dois prendre une décision. Je compte bien respecter ta décision, quelle qu'elle soit. Mais tu dois savoir une chose : si je meurs ce soir, tout mon savoir disparaîtra avec moi. Tu n'as que deux options : soit tu me tue, comme le voudrait le Conseil qui est tant hostile à ton égard, soir tu me laisse vivre, et je t'enseignerai le moyen de sauver ta femme d'une mort certaine.
Le jeune homme ne pouvait détacher son regard des prunelles chaudes et rassurantes du vieil homme. Il s'était toujours fié à son instinct, mais cette fois il était perdu.
- Je… je ne sais pas quoi faire…
Anakin Skywalker, le Héros sans Peur, était littéralement pétrifié par l'incertitude. Se pouvait-il que Palpatine ne soit pas le masque de Dark Sidious ? Se pouvait-il que cet homme soit réellement sincère ? Que le Seigneur Sith qu'il avait sous les yeux soit réellement un homme qui s'inquiétait pour lui, et qui voulait vraiment l'aider quand tous le monde semblait lui tourner le dos ?
Il éteignit sa lame, incertain.
- Je dois quand-même vous dénoncer au Conseil, je suis désolé.
- Ne le sois pas Anakin, lui sourit Sidious. Tu agis selon ta conscience, je ne peux te le reprocher. Mais n'oublie pas ce que je t'ai dis : ce soir se décidera du sort de la vie de Padmé. À toi de voir à quel point elle compte pour toi.
Inconscient de la terrible découverte qu'était en train de faire Anakin, Jacen entrait dans les appartements de la sénatrice Amidala, qui se faisait toujours un plaisir d'accueillir l'un des meilleurs amis de son mari.
- Bonjour Sénatrice, j'espère ne pas vous déranger.
- Oh non Jacen, absolument pas, sourit l'intéressée. Et combien de fois t'ai-je déjà dis de m'appeler Padmé ?
- Une fois de plus, je le crains.
Jacen avait toujours apprécié la sénatrice de Naboo. Il avait toujours trouvé que c'était l'une des politiciennes les plus honnêtes qu'il connaisse. Mais ce n'était pas pour des raisons professionnelles qu'il avait demandé à la voir.
- Alors, que puis-je faire pour toi Jacen ? Est-ce que je peux t'offrir quelque chose ?
- Oh, volontiers Sén… Padmé, sourit le jeune homme.
La jeune femme sourit en se rendant dans sa cuisine. Pas de servantes pour aujourd'hui, elle savait au fond d'elle-même pourquoi le Jedi était ici. La même raison qu'Obi-wan.
Elle revint rapidement avec un plateau contenant deux coupes de thé ainsi que quelques biscuits de Naboo dont Jacen était très friand.
- Je vous remercie Padmé, il n'y a qu'ici que j'ai un minimum le droit de grignoter. Jennica fait la chasse aux biscuits quand elle vient dans mes quartiers.
La sénatrice ne put s'empêcher de rire. Elle savait que le départ d'Ahsoka fut très rude pour le jeune Jedi, aussi elle était très heureuse qu'il ait rencontré Jennica.
- Mais assez plaisanter, je suis ici à la demande d'Obi-wan. Vous savez pourquoi je suppose.
- Oui, répondit Padmé en retrouvant son sérieux.
Bien qu'elle était quelque peu inquiète quand Jacen lui avait révélé être au courant pour elle et Anakin, le jeune homme avait fait le serment de ne rien dire, considérant Anakin comme un grand frère. Il avait du reste couvert Anakin plus d'une fois.
- Obi-wan, et moi par la même occasion, sommes inquiets à propos d'Anakin. Il est très… préoccupé. Je sais que c'est normal avec les responsabilités qu'il a depuis quelques temps mais… je crois qu'il y a plus. Et j'aimerais beaucoup l'aider, vous le savez, seulement j'ai peur d'être quelque peu démuni.
- Nous avons parlé de cela un peu plus tôt, Obi-wan et moi. Il ne t'a rien dit ?
- Et bien, disons que j'étais quelque peu préoccupé ce matin, sourit Jacen en rougissant légèrement.
La sénatrice ne pu s'empêcher de sourire également, parfaitement consciente de ce dont parlait le jeune Jedi.
- Je vois.
- Tout ce que je sais, c'est qu'il m'a demandé de rester sur Coruscant pour garder un œil sur Anakin, et pour l'aider si besoin est. Et quitte à choisir, Obi-wan préférait que ce soit moi plutôt que Palpatine.
- Le Conseil n'accorde plus sa confiance au chancelier ?
- Plus depuis quelques temps. Je ne sais pas exactement ce qu'il se passe entre eux, mais ça ne me dit rien qui vaille. Maître Obi-wan est resté très vague sur le sujet, et Maître Yoda m'a dit qu'ils avait un plan mais sans m'en dire plus.
- Ils ne te disent pas tout pour que tu ne fasse pas de bêtises sans doute, tenta la jeune femme.
- Peut-être, acquiesça Jacen après un temps de réflexion. Mais je n'aime pas ça. Être tenu dans l'ignorance c'est l'une des pires choses que je connaisse. Mais je ne suis pas venu ici pour vous ennuyer avec mes soucis, excusez-moi.
- Tu n'as pas à t'excuser de quoique ce soit Jacen. Tu sais que si tu as besoin de parler je suis toujours à l'écoute.
- C'est gentil Padmé, je vous remercie. Bien, et si vous me disiez ce qui perturbe tant Anakin ? S'il avait vraiment un gros problème, il vous en aurait parlé, non ?
Padmé ne savait que dire à son jeune ami. Elle savait qu'il ne dirait rien au Conseil. Mais elle ne savait pas si son mari voulait recevoir une quelconque aide extérieure. Finalement, elle se décida.
- Anakin fait… des cauchemars.
Elle n'eut pas besoin d'en dire plus en voyant le visage de son interlocuteur.
- Comme ceux où il voyait sa mère ? Et cette fois c'est vous ? devina-t-il.
Ne sachant que répondre, elle se contenta de hocher la tête en détournant le regard. Peut-être Jacen pouvait-il le convaincre qu'elle n'était pas en danger, que tout allait bien se passer.
- Est-ce… tu pourrais l'aider ?
- Je vais faire de mon mieux. Qui sait, peut-être ne sera-t-il pas trop têtu ? plaisanta le jeune homme avant de se lever.
Maintenant qu'il savait ce qui torturait son ami, il était en mesure de l'aider. Et il fera tout son possible pour que la situation s'améliore.
Alors qu'il se dirigeait vers la sortie la sénatrice le retint par le bras. Son regard était inquiet.
- Jacen ? Tu es sûr que tout va bien de ton côte ?
Évidemment Obi-wan lui avait confié qu'il avait quelques soucis avec avec ses deux élèves, et Padmé appréciait suffisamment le jeune Jedi pour s'enquérir de son état. Mais sa réponse fut loin de la rassurer.
- Honnêtement ? Je n'en sais rien.
Les combats ne perdaient pas en intensité sur Utapau. Toujours à la poursuite du diabolique cyborg séparatiste, Obi-wan parcourait les rues maintenant très agitées de Pau City. Les clones de Cody avaient bien travaillés, comme à leur habitude : la moitié des quartiers près du spatioport étaient débarrassés des droïdes de la CSI. Mais pour l'heure, un seul ennemi préoccupait le maître Jedi : Grievous.
Esquivant les nombreux tirs ennemis grâce à la rapidité et l'agilité de Boga, le Jedi réussit à rattraper le général droïde. Ce dernier s'empara d'un bâton électrique et tenta plusieurs fois sans succès d'atteindre son ennemi. S'aidant de la Force, Obi-wan esquiva sans mal les attaques ennemies, et parvint même à s'emparer du bâton du général.
Ceci fait, il tenta de détruire le véhicule de Grievous, mais ce dernier semblait bien déterminé à empêcher cela. Tirant l'arme vers lui de toutes ses forces, il emporta le Jedi avec lui, qui se retrouva derrière son siège. Trop occupés à tenter de se blesser, les deux combattants ne faisaient plus attention à la route, et ce n'est qu'au dernier moment qu'ils quittèrent le speeder lancé à pleine vitesse. Les deux ennemis roulèrent sur la plateforme d'atterrissage privée de Grievous, tandis que son speeder alla s'écraser plusieurs centaines de mètres plus bas.
Obi-wan se releva prestement, le bâton électrique en main, tandis que le cyborg s'empara du blaster qu'il avait fait tombé quelques secondes plus tôt. D'un coup bien placé, le-dit blaster vola des griffes du général, avant de s'écrouler suite aux attaques du maître Jedi. Mais Grievous ne comptait pas périr aujourd'hui. D'un violent coup de patte, il fit voler son adversaire de deux mètres en arrière, avant de se redresser rapidement pour l'écraser sous ses griffes.
Obi-wan se défendit héroïquement, mais le corps en duracier du cyborg ne lui donnait pas vraiment l'occasion de porter des coups à mains nues. D'un revers de la main, il fut expédié contre le vaisseau de son adversaire, lequel tenta ensuite de lui broyer le crâne à coup de poing. Mais se faisant, Grievous avait exposé son torse. Profitant de l'ouverture, le Jedi en profita pour ouvrir les plaques de duracier, révélant les restes organiques du guerrier kaleesh.
Ce dernier éjecta son adversaire d'un violent coup de patte, qui manqua de faire chuter Obi-wan de la plateforme. Heureusement pour lui, ce dernier eut le réflexe de se rattraper in-extremis. Mais il constata avec peu de surprise que Grievous n'en avait pas finit. Ce dernier, équipé du bâton électrique, se dirigeait vers le maître Jedi en mauvaise posture pour finir le travail. Mais c'était sans compter la Force.
Puisant dans cette dernière, Obi-wan se saisit du blaster du tueur de Jedi, et visa ses organes exposés. Et il tira. Un coup. Puis un deuxième. Ainsi qu'un troisième, rapidement suivit d'un quatrième et d'un cinquième. Le cyborg commença à brûler. Tel un pantin désarticulé, il commença à bouger par coups saccadés, avant que finalement son cerveau ne s'embrase, expulsant des flammes par les orbites de son masque.
Après un dernier cri de douleur, Grievous, le tueur de Jedi et diabolique général des Séparatistes, s'écroula dans un bruit sourd.
Son ennemi abattu, Obi-wan se releva avec difficulté avant de s'approcher du cadavre du cyborg.
- Quel manque d'éducation, commenta-t-il tout en jetant son blaster.
Grievous mort, la Guerre des Clones ne tarderait pas à se finir. Mais le Jedi ne savait absolument pas que ce qui allait se passer maintenant sur Coruscant changerait l'histoire de la galaxie. La fin de Grievous sonnait la fin d'une époque, mais ça Obi-wan ne le savait pas encore.
Jacen discutait tranquillement avec certains de ses clones dans les hangars du Temple Jedi alors qu'il vit les quelques membres du Conseil qu'il restait sur Coruscant se rassembler dans le hangar, l'air grave. Apercevant Mace Windu, le padawan se précipita vers lui.
- Maître Windu ! A-t-on des nouvelles de Maître Kenobi ?
L'intéressé se tourna vers lui avec un regard bienveillant.
- Oui Jacen. La Guerre des Clones vit ses dernières heures, le général Grievous vient d'être éliminé par Obi-wan.
Bien qu'ayant entièrement foi en les capacités de son maître, Jacen ne put s'empêcher de pousser un petit soupir de soulagement. Il n'aimait pas beaucoup savoir Obi-wan seul sans renfort à l'autre bout de la galaxie. Mais tout à sa joie, il remarqua cependant que Windu ne semblait pas plus serein pour autant.
- Mais dans ce cas… pourquoi semblez-vous si grave ?
- Moi et les autres Maîtres allons nous assurer que le chancelier va bien remettre ses pleins pouvoirs au Sénat.
- Je peux vous accompagner ? J'en ai assez de tourner en rond au Temple, expliqua le jeune homme.
- Non, je préfère te savoir ici, à garder un œil sur Skywalker.
Tout en mentionnant Anakin, Windu le regarda s'approcha d'un pas rapide mais incertain.
- Maître Windu, puis-je vous parler une minute ?
- Skywalker. Nous venons d'apprendre qu'Obi-wan a éliminé le général Grievous. Nous allons donc nous assurer que le chancelier remettra bien ses pleins pouvoirs au Sénat.
Anakin resta silencieux un moment, les paroles du chancelier lui revenant en tête.
- Lorsque Grievous sera éliminé, plus rien n'empêchera le Conseil de s'en prendre physiquement à moi. Que fera ce cher maître Windu une fois les Séparatistes vaincus ? Il viendra pour moi, lui et ses complices Jedi. Je serai le premier arrêté sur leur ordre, mais ne te leurre pas Anakin, je ne serais pas le dernier, loin de là.
Se pourrait-il que le Conseil compte en effet arrêter le chancelier ce soir ? Une fois sa troublante révélation avouée, rien n'en serait moins sûr.
- Il ne renoncera pas à ses pouvoirs, je viens de faire une terrible découverte.
Le maître Jedi s'immobilisa. Il pouvait sentir le trouble et la crainte émaner de l'Élu. Mais de quoi avait-il si peur ?
- Je crois que le chancelier Palpatine est un Seigneur Sith.
Il l'avait dit d'une traite, comme si ça lui faisait mal de le dire. Il avait encore du mal à y croire. Pour lui tout cela semblait si irréel.
Windu quant à lui avait reçu la révélation comme on reçoit une gifle. Le chancelier Palpatine, un homme qu'ils avaient côtoyés durant tant d'années, était en fait ce Seigneur Sidious qu'ils cherchaient depuis tout ce temps ? Comment avaient-ils pu être aussi aveugles ?
- Un Seigneur sith… Tu es sûr ?
D'une certaine façon, Anakin était le confident de Palpatine pour déterminer si oui ou non il était une menace pour la République. Il semblerait que le jeune homme avait parfaitement remplit son rôle auprès du chancelier.
- Absolument sûr, confirma l'Élu.
Il en était sûr. Pour en être aussi sûr Sidious avait dû lui faire une proposition, ou au moins il lui avait révélé sa vraie identité. Et si Anakin était là, c'est qu'il savait encore faire le bon choix.
- Cette nouvelle dépasse nos pires craintes. Il faut agir au plus vite si l'on veut que l'Ordre des Jedi survive, déclara-t-il en se dirigeant vers la canonnière prête au départ pour le Sénat.
- Maître, le chancelier est extrêmement puissant. Vous aurez besoin de mon aide pour l'arrêter, exposa Anakin, qui espérait pouvoir arrêter Sidious sans le tuer.
Mais malheureusement pour lui, Windu ne voyait pas des choses de cette façon.
- Dans ton intérêt il vaudrait mieux que tu reste ici. Je sens énormément de confusion en toi jeune Skywalker, il semble que la crainte altère ton jugement.
- Il faut que je vienne, persista l'intéressé.
- Non.
Windu s'arrêta, son regard planté dans celui du jeune Jedi.
- Si ce que tu m'a dit se confirme, tu auras gagné ma confiance. Mais pour l'instant, il faut que tu reste ici. Attends notre retour dans la chambre du Conseil. Jacen, accompagne-le ! lança-t-il à l'attention du padawan quelques mètres plus loin.
Puis il monta à bord de la canonnière, accompagné par ses pairs du Conseil. Une fois les maîtres partis, Jacen s'approcha d'Anakin.
- Que se passe-t-il ?
L'Élu tourna son regard incertain vers celui qu'il considérait comme son petit frère, et se força à lui sourire.
- Rien, c'est juste que je devais parler à Windu à propos d'Obi-wan.
- Ah je vois… et depuis quand Obi-wan ne renoncera pas à ses pleins pouvoirs au Sénat ?
Le sourire d'Anakin s'effaça lentement.
- Désolé, je n'étais pas assez loin pour ne pas vous entendre. Hé, parle-moi, tu es comme un frère pour moi, tu sais que tu peux tout me dire ! demanda Jacen.
Il commençait à en avoir assez des cachotteries, assez des mensonges. Cette fois, le jeune padawan avait besoin d'entendre la vérité. Devant sa détermination, le chevalier rendit les armes.
- Pas ici. Suis-moi.
Et voilà, fin du chapitre 7 ! J'espère que vous l'avez apprécié, moi j'ai pris énormément de plaisir à l'écrire, surtout la fameuse séquence entre Sidious et Anakin, où je me suis vraiment lâché dans le texte.^^
Vous l'aurez deviné, dans le prochain chapitre (qui est déjà écrit) nous aurons enfin l'affrontement entre Mace Windu et Sidious, mais vous en saurez plus dans quelques jours ;)
Si ce chapitre vous a plus, n'hésitez pas à lâcher une petite review, ça fait toujours plaisir et ça m'encourage beaucoup à continuer !
