Et le voilà enfin, le chapitre dédié à Mustafar et au retour d'un personnage que j'apprécie tout particulièrement. Alors oui je sais, ce chapitre est bien plus long que les autres, mais je n'avais aucune envie de le couper en deux, malgré quelques essais.

J'en profite pour vous remercier, nous avons dépasser les 450 vues hier, et je ne sais pas comment vous remerciez vous qui me lisez, vous êtes formidables et je suis ravi de continuer cette aventure en votre compagnie !

Cette information étant transmise, je vous souhaite à tous une bonne lecture ! ^^


Chapitre X : Mustafar

Alors qu'il observait sans vraiment les voir les étoiles défiler devant ses yeux, Jacen repensait aux derniers événements : Dark Sidious s'était révélé et avait éliminé à lui seul près de la moitié du Conseil ; Anakin avait prêté allégeance au Sith et était désormais un traître aux yeux des Jedi. Un pincement au cœur, le jeune homme se rappela le pourquoi du comment : le Conseil ne voulait pas que la trahison de l'Élu ne s'ébruite, et avait ainsi présenté le Jedi comme mort au Sénat, dans le but d'éviter les questions indiscrètes.

Revenant à lui, il regarda rapidement le petit transport qu'il avait récupéré avant de filer vers Mustafar. Assit derrière lui se trouvait son fidèle capitaine Blanco, accompagné par une poignée de soldats. Connaissant l'urgence de la situation, Blanco ne lui avait pas posé de question quand il l'avait informé de leur départ précipité vers la planète de lave. Le Conseil ne sera sans doute pas du même avis, étant parti sans même les informer. Mais il faisait confiance à Theron pour ça.


Au sein de la capitale de la République, l'ambiance était particulièrement pesante au Temple Jedi, alors que l'on présentait les corps des maîtres tombés face à l'ombre des Sith. Revenus en urgence ds fronts de la Bordure Extérieure, les membres restants du Conseil présidaient la cérémonie. La tête baissée, et l'esprit encore embrouillé par les derniers événements, Obi-wan ne perçut pas tout de suite que Theron s'adressait à lui.

– Maître Kenobi, je dois vous parler. C'est urgent…

– Theron, pourrais-tu me dire où se trouve Jacen ? Que fait-il ?

– C'est à propos de lui que je venais vous parler.

Tout de suite, Obi-wan se raidit. Quand Jacen envoyait Theron pour lui donner une information, c'était souvent parce que le padawan savait que son maître s'opposerait à ce qu'il voulait lui dire.

– Que se passe-t-il ? demanda le maître d'un ton prudent.

– Bah… quand on a fait irruption dans le bureau du chancelier hier soir, on l'a surprit discuter avec… vous-savez-qui.

Le cœur d'Obi-wan se serra à la mention de son ancien élève. Anakin avait rejoint les Sith. C'était un fait irrévocable, mais il se refusait toujours à l'avouer. Il ne pouvait se l'avouer. Car se l'avouer ne pouvait que le mettre face à l'évidence. Il n'avait pas tenu sa promesse, celle qu'il avait faite à son ancien maître sur Naboo il y a près de treize ans maintenant.

– Et on les a entendu dire que le Conseil Séparatiste se trouvait sur Mustafar et que les Sith projetaient de se débarrasser d'eux après nous avoir éliminés. Seulement voilà… Ils savent que nous savons où ils sont. Et Jacen pensait qu'il fallait agir rapidement, avant les Sith. Et donc il…

– …Il est parti sur Mustafar seul, compléta Obi-wan.

– Non il n'est pas seul, précisa Theron. Blanco et une escouade de clones l'accompagnent. Et il n'est pas sans défense face à Dark V…

– Ne l'appelle pas comme ça, gronda le Jedi.

– Vous l'avez bien formé, poursuivit le padawan. Il s'en sortira.

Mais Obi-wan ne pouvait que douter. Si un combat devait avoir lieu entre Jacen et Anakin, il doutait que l'issue de ce duel soit bonne, dans un cas comme dans l'autre.

– C'est trop risqué. Il faut que je le rejoigne, répondit le Jedi en se dirigeant vers le spatioport.

– C'est trop tard, annonça le jeune homme. Il est parti il y a plusieurs heures déjà. Il sera là-bas sous peu.

Obi-wan s'immobilisa, comme frappé de plein fouet par un sabre-laser. Jacen était donc seul face à un ennemi qu'il aurait espéré ne jamais avoir à affronter.


Bien installé dans le petit chasseur qu'il avait trouvé dans leur transport, Dark Vador contempla le paysage désolé de la planète volcanique alors qu'il pénétrait dans l'atmosphère. Une planète inhospitalière et pourtant si importante en cet instant précis.

Car il n'en doutais pas, Jacen viendrait, et ce le plus vite possible. Peut-être était-il déjà en route. Vador connaissait trop bien son ancien allié pour qu'il en soit autrement. Mais malgré toute l'affection qu'Anakin avait pour lui Vador saura se montrer sans pitié lors de l'inévitable confrontation.

Alors que son vaisseau se posait sur la plateforme d'atterrissage de la base séparatiste, le jeune Sith réajusta sa lourde capuche sur sa tête. Puis, d'un pas lourd et pressant, il quitta son chasseur et se dirigea vers le sas d'entrée. En y réfléchissant bien, Vador trouvait que ce lieu hostile était en effet la cachette idéale pour quelqu'un ne souhaitant pas être débusqué. Une bonne cachette… sauf pour qui en connaissait l'emplacement.

Comme prévu, ils étaient tous là. Les leaders séparatistes. Ceux contre qui il se battait depuis trois longues années. Ces aliens répugnants et faibles, qui se croyaient suffisamment puissant pour le faire plier. Ils vont avoir une drôle de surprise quand ils découvriront la vérité. Si tous se tournèrent vers lui à son arrivée, l'un d'eux s'adressa à lui.

– Vous… vous êtes le Seigneur Vador ? demanda le Vice-Roi Gunray d'un ton apeuré. Votre… votre maître nous avait prévenu de votre arrivée. Je tiens à ce que vous sachiez que nous sommes honorés de…

Le neimoidien s'interrompit net alors que le jeune Sith utilisait la Force pour verrouiller les portes de la salle de commande. Des murmures inquiets se firent entendre. Plus il sentait la peur les envahir, plus Vador se sentait puissant. Sans un mot de sa part, mais avec un hoquet de surprise de la part de ses cibles, il dégaina son sabre-laser. L'heure était venue de se débarrasser de témoins gênants.


Le voyage jusqu'à la capitale s'était bien passé. Malgré les récents événements survenus sur Coruscant, le siège de Mandalore s'était soldé sur une victoire mando-républicaine. Victoire en demi-teinte cependant, car Maul s'était à nouveau échappé. Cela faisait donc deux Seigneurs Sith dans la nature en comptant Dark Sidious. Devant un tel tableau, il était évident que la République et ses protecteurs Jedi n'étaient pas prêts de se reposer après une guerre qui durait depuis trop longtemps.

Mais malgré tout cela, malgré tous leurs soucis, malgré toutes ces menaces rôdant dans l'ombre, elle ne pensait qu'à une seule chose : Jacen. Voilà maintenant plusieurs mois qu'elle était partie sans lui dire au-revoir, et elle le regrettait depuis le jour de son départ. Son départ avait dû le peiner, sans aucun doute, mais elle le savait assez fort pour survivre à leur rupture forcée.

La main du fraîchement promu commandant Rex sortit Ahsoka de ses pensées.

– Générale, nous venons d'arriver en orbite de Coruscant.

– Merci Rex, allons-y, lui répondit-elle joyeusement.

Sans répondre, Rex suivit la togruta qui lui semblait de plus en plus joyeuse alors que la distance qui les séparaient de Coruscant rétrécissait. Et il savait bien pourquoi. Depuis tout le temps qu'il combattait aux côtés de Jacen et d'Ahsoka, il savait que tous deux étaient profondément amoureux, bien que ce soit en désaccord totale avec le Code Jedi. Mais n'étant pas un Jedi, le commandant se moquait bien de ce qu'il se passait entre eux, du moment qu'ils étaient efficaces au combat et en bonne santé. Cependant, Rex n'avait pas trouvé le courage d'avouer à la jeune togruta que le padawan avait depuis quelques temps développé une liaison avec une autre Jedi.

Arrivés dans la navette, Ahsoka se tourna vers lui, un sourire nerveux déformant ses traits.

– Rex, je… comment me trouvez-vous ? demanda-t-elle nerveusement.

Avec un sourire, Rex détailla l'ancienne padawan qui se trouvait face à lui. Elle était très belle, malgré quelques blessures résultants du siège et de son combat contre Maul. Sa tenue bleu nuit mettait parfaitement en valeur sa peau orange claire, et n'importe quel homme la trouverait superbe. Mais Rex savait pourquoi elle lui posait cette question.

– Je suis sûr qu'il vous trouvera magnifique, Générale, ne vous inquiétez pas pour ça.

Sa réponse amena un sourire moins crispé sur les lèvres de son interlocutrice.

– Et… croyez-vous que, après tout ce qu'il s'est passé…

– Oh je vous arrête tout de suite. Jacen n'est pas un idiot, et il vous a déjà pardonné, nous en avons parlé plusieurs fois, vous vous souvenez ?

Puis avec un petit rire, il ajouta :

– Vous sembliez moins inquiète quand il nous fallait affronter Dark Maul.

Cette remarque acheva la mauvaise mine d'Ahsoka, qui se mit à rire.

– Oui, vous n'avez pas tord.

Au même moment, un voyant rouge s'alluma et la voix du pilote se fit entendre.

– On y est Générale, bon retour sur Coruscant !

La rampe de la navette s'abattit alors, et Ahsoka, suivit de près par Rex, se retrouva à nouveau sur la capitale après plusieurs mois loin de tout ce qu'elle connaissait. Un sourire amical lui échappa alors qu'elle reconnu Theron qui se dirigeait vers elle.

– Theron, comment vas-tu mon vieux ?

– Très bien, comme un padawan qui a vaincu un Seigneur Sith et toi ? répondit le padawan avec un grand sourire.

– Très heureuse d'être de retour. Où est Jacen ?

Après cette question, le sourire du jeune homme s'effaça brutalement, ce qui ne manqua pas d'inquiéter la togruta. Connaissant bien son ancien amant et son meilleur ami, le visage trop sérieux de Theron ne lui inspirait rien de bon. Que se passait-il ? L'absence de Jacen lui semblait tout d'abord surprenante, mais maintenant, elle avait l'impression que quelque chose de grave s'était produit, ou pire encore, se produisait en ce moment-même.

– Que… qu'est-ce qu'il y a ?

– Il vaudrait mieux que… que vous me suiviez. Tous les deux.

Perplexes et un peu inquiets, Rex et Ahsoka emboîtèrent le pas à Theron qui semblait soudainement très mal à l'aise. La togruta était à présent certaine que son ami en savait plus qu'elle, et cela l'agaçait et l'inquiétait à parts égales. Quant au commandant clone, il en était venu à la même conclusion : entre les derniers informations reçues et leur arrivée dans la capitale, quelque chose s'était passé. Que leur avait-on caché ?


Des hurlements de terreur. Une odeur de chaire brûlée. Voilà ce qui parvenait à Dark Vador alors qu'il découpait un autre neimoidien sans aucune pitié. Et plus il en tuait, plus il aimait ça. Le plaisir d'ôter la vie. Le droit de vie ou de mort. C'était un pouvoir délicieux. Mais il ne voyait pas ces aliens faibles et pathétiques qui imploraient sa pitié alors qu'il les massacrait. Il voyait le jeune Jedi qui avait détruit son avenir. Le jeune Jedi qui l'avait privé de Padmé en le contraignant à devenir un criminel. Le jeune Jedi qui laissait Padmé mourir en l'empêchant de la sauver.

Alors que son sabre découpa le géonosien Poggle le Bref, une odeur immonde d'insecte brûlé emplit ses narines. Une odeur désagréable, aussi il se déplaça bien vite pour trancher en deux un droïde de combat dont le blaster coupé en deux ne lui était d'aucune utilité. Bien qu'étant une odeur plus satisfaisante, le métal fondu lui était trop familier. Lorsqu'il coupa net les jambes d'un autre neimoidien, l'odeur en résultant lui paru bien plus agréable, aussi il enfonça son sabre dans la colonne vertébrale de sa malheureuse victime, et l'odeur s'en dégagea de plus belle.

Tombant nez à nez avec Wat Tambor, le représentant du Techno-Syndicat, celui-ci reçut la lame bleue en plein visage dans un hurlement aussi horrible que bref, et s'écroula au sol. Un à un, Vador massacra les leaders séparatistes, comme un chat jouant avec des souris alors que ces derniers ne pouvaient fuir une base ironiquement considérée par ses bâtisseurs comme imprenable.

Mais Vador ne se souciait nullement des états d'esprits de ses victimes. Il sentait son pouvoir grandir à chaque meurtre qu'il commettait. Le Côté Obscur affluait dans ses veines. Tournant ses yeux jaunes vers une nouvelle cible, il décapita au passage un misérable droïde qui tentait vainement de lui barrer le passage.

Devant lui se trouvait maintenant Shu Mai, la présidente de la Guilde du Commerce. À genoux, pleurant comme une enfant, la gossam faisait presque pitié si Vador ne la considérait pas aussi pathétique.

– Pitié Seigneur, pitié ! Je peux vous rendre riche, je ferais ce que vous voulez !

Interrompant son geste, Vador la toisa, un sourire mauvais aux lèvres.

– À quatre pattes, et plus vite que ça !

Son sourire malsain s'élargit alors qu'il la vit s'exécuter avec empressement. Lentement, il se plaça derrière elle, puis usant de la Force pour l'immobiliser, il enfonça lentement son sabre-laser entre ses cuisses, insensible au hurlement de souffrance pure qui émanait de la présidente.

– Merci pour votre argent, mon Maître et moi en aurons grand besoin.

Si Anakin Skywalker aurait été horrifié par tant de violence, Vador s'en délectait. Car il n'y avait plus d'Anakin. Le jeune Jedi naïf et confiant envers l'Ordre Jedi avait disparut, et il n'était pas prêt de revenir. Avec un sourire amusé, il réalisa qu'il avait imaginé torturer Jennica, la nouvelle chienne de Jacen, lorsqu'il tuait Shu Mai. Jennica. Encore une traîtresse Jedi.

Ses pensées s'interrompirent alors qu'il entendit des pas précipités vers le couloir à l'opposée de la salle de réunion. Encore des rats à tuer.


En orbite de la planète, le petit transport de Jacen émergea de l'hyper-espace. Sans s'en rendre compte, le jeune homme frissonna en contemplant le paysage désolé et chaotique qui s'offrait à lui.

– Commandant, nous y sommes.

– Oui, et j'ai peur de savoir ce que nous allons y trouver, répondit Jacen.

Se concentrant sur le pilotage, le jeune homme mena le transport dans l'atmosphère et activa les capteurs du vaisseau. Mais maintenant qu'ils étaient là, il se demandait comment il allait s'y prendre. Anakin était comme son grand frère. Ils avaient combattu ensemble, gagné ensemble, perdu ensemble. Ils se connaissaient très bien, et si duel il devait y avoir, Jacen savait qu'il serait rude.

S'étant souvent entraînés ensemble, ils connaissaient chacun les mouvements de l'autre, chaque coup, chaque faille. Peut-être pourraient-ils discuter au lieu d'en venir à la violence, mais le padawan doutait que cela soit possible, bien qu'il espérait de tout son cœur pouvoir convaincre son ancien ami de repartir avec lui. Mais alors qu'il réfléchissait à ce qu'il pourrait lui dire pour le convaincre, Blanco désigna un point rouge sur l'holo-map.

– Ici, les capteurs indiquent une grosse structure. C'est probablement la base séparatiste.

D'un signe de tête, le jeune Jedi lui fit comprendre qu'il avait entendu, et se dirigea vers les coordonnées en question, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Bientôt, il saurait si Anakin Skywalker pouvait être sauvé de lui-même.


Les neimoidiens étaient-ils tous des lâches ? Telle était la question que se posait Dark Vador alors que le dernier survivant séparatiste se trouvait devant lui.

– La… la guerre est finie, tenta Gunray. Le Seigneur Sidious nous avait promit la paix…

– La guerre est loin d'être finie Vice-Roi. Mais vous, votre utilité touche à sa fin.

Et sans un mot de plus, le jeune Sith frappa le dernier membre du Conseil Séparatiste, qui mourut avant même de toucher le sol. Ainsi il acheva la Guerre des Clones. Non pas en tant que Jedi, faible et idéaliste, mais en tant que seigneur Sith, fort et pragmatique. Après tout, pourquoi négocier avec des gens quand on peut les tuer ?

Cette tâche accomplit, Vador se tourna vers les ordinateurs de la salle de contrôle, d'où il transmit l'ordre de désactiver la totalité des droïdes de combat sur tous les fronts de la Bordure Extérieure, ordre à effet immédiat. Une montée de haine lui rappela que si Jacen n'était pas intervenu dans la bureau du chancelier, il serait actuellement le Héros de la République, ou de l'Empire Galactique à partir duquel il était sensé régner avec Padmé à ses côtés.

Mais tout cela lui avait été arraché par un de ceux qu'il croyait être ses amis. Plongé dans sa colère, il ne remarqua pas les cadavres des droïdes détruits qui se compressèrent soudainement, ainsi que certaines parties de la pièces qui se mirent à grincer alors que le duracier se tordait violemment tout autour de lui.

Il réussit cependant à reprendre le contrôle de ses émotions alors que l'un des écrans explosa. Il avait encore quelque chose à faire. Grâce aux codes contenus dans une clé cryptée, il eut accès à la totalité de l'argent des séparatistes. Ces derniers avaient en effet eut la bonne idée de mettre leur argent en commun. Très bien, sa mission ne s'en retrouvera que simplifiée. Pianotant sur sa console, le jeune Sith transféra la totalité des fonds vers un compte masqué. Alors qu'il observait le transfert s'effectuer, il s'autorisa un sourire. Maintenant ils avaient l'argent nécessaire pour mener leur guerre. Les Jedi seront anéantis, et leur précieuse République avec eux.


Bien loin de se douter des plans machiavéliques de son ancien maître, Ahsoka ne put s'empêcher de bondir dans les bras d'Oi-wan alors qu'elle l'aperçut.

– Oh Maître Kenobi, je suis si heureuse de vous revoir !

– Mais moi de même Ahsoka, répondit le maître Jedi en recevant son accolade avec plaisir.

Après ces derniers événements, le maître Jedi était en effet ravi de revoir la belle togruta, dont il avait toujours regretté le départ. Mais difficile de voir Ahsoka sans qu'elle ne lui rappelle la triste décision de son maître. Décision qu'il n'avait pas eu la force de lui communiquer par message, pensant que ce serait plus facile face à face. Cependant, maintenant qu'elle était là, si radieuse d'être de retour, difficile pour Obi-wan de briser la joie qu'elle rapportait en lui annonçant que l'homme qu'elle aimait était parti affronter son ancien maître devenu apprenti Sith.

Comme si elle savait qu'il s'apprêtait à lui parler de choses difficiles, elle s'écarta lentement et reprit plus doucement :

– Je suis… désolée pour ce qu'il s'est passé ici.

Le visage d'Obi-wan devint soudainement plus grave.

– Je dois t'informer de certaines choses. Suivez-nous Commandant.

Tous les quatre entrèrent dans les quartiers du Jedi, qui s'assit sur son lit en tailleur. Ahsoka en fit de même. Rex et Theron restèrent debout. Après un long silence, Obi-wan se décida.

– Il y a certaines choses que vous ignorez, à propose de ce qu'il s'est passé au Sénat.

– Nous vous écoutons Général, l'encouragea Rex.

– Quand Jacen est allé confronter Dark Sidious… il n'était pas seul.

– Que voulez-vous dire ? demanda prudemment la jeune togruta.

Devant le silence d'Obi-wan, c'est Theron qui poursuivit.

– Quand nous avons pénétré dans le bureau du Sénat, Anakin était avec Sidious. Il a prêté allégeance à Palpatine et s'est échappé de Coruscant avec lui.

Remerciant mentalement Theron pour parler à sa place, Obi-wan sentit son cœur se serrer en croisant le regard bouleversé de la jeune togruta.

– Quoi ? C'est… C'est impossible…, murmura Ahsoka.

Elle se sentait soudainement très mal, comme si l'on venait de lui arracher une part d'elle-même avec une extrême brutalité. De son côté, Rex en avait lâché son casque de stupeur, et accusait la surprise comme il le pouvait.

– Et… où sont-ils maintenant ? demanda-t-il d'une voix mal assurée.

– On ignore où se trouve Sidious, mais Anakin est sans doute en route vers Mustafar. En fait il se pourrait qu'il y soit déjà depuis un moment.

– Quoi, mais pourquoi ? demanda la togruta, surprise.

– C'est la planète où se terrent les leaders séparatistes, expliqua Theron. Sidious y a envoyé Vador… Anakin, pour les éliminer avant qu'on ne puisse les capturer.

– Et… Jacen y est aussi, n'est-ce pas ?

Un simple coup d'œil vers Obi-wan confirma ce que pensait Ahsoka. Une boule lui monta à la gorge. Si Anakin avait effectivement basculé, un duel entre les deux semblait inévitable.

– Et bien alors, qu'attend-t-on pour l'y rejoindre ? s'exclama Rex.

– Tout d'abord, il faut informer Padmé de la situation, annonça Obi-wan. Je ne me sentait pas capable de le faire seul, mais si elle te voit elle se sentira peut-être un peu mieux, dit-il en se tournant vers Ahsoka.

L'ancienne padawan acquiesça. De plus, elle voulait vraiment voir la sénatrice qui elle s'en doutait, devait mal supporter la perte d'Anakin.

– Très bien, dans ce cas, allons-y.

– Quant à moi je vais vous laisser là, annonça Theron. Je vais voir Jennica, expliqua-t-il à l'attention d'Obi-wan.

Devant l'air surprit de la togruta, le padawan s'expliqua. Il oubliait que Jennica était apparue dans leurs vies peu après le départ de l'ancienne apprentie d'Anakin.

– C'est une amie… proche.

– Maître Kenobi ! s'écria une voix bien particulière derrière lui.

Theron se retourna et aperçu l'intéressée qui se précipitait vers eux.

– Est-ce vrai ? Est-ce que Jacen est parti affronter Anakin sur Mustafar ?! Je vous en prie, dites-moi que nous partons le chercher !

Toute à sa peur de perdre l'homme qu'elle aimait, la jeune fille ne remarqua même pas Ahsoka, qui de son côté remarqua que la padawan semblait beaucoup s'intéresser au sort du jeune Jedi… un peu trop même.


Il avait senti sa présence dès son entrée dans l'atmosphère de la planète. Il savourait déjà le combat épique qui allait suivre. Alors qu'il transmettait l'ordre de désactiver tous les droïdes de combat de la Confédération des Systèmes Indépendants à travers la galaxie, il sentit son ancien allié se poser. Il était là, tout près. Et il était près d'obtenir réparation pour tout ce que le jeune homme lui avait pris. Grisé par son sentiment de revanche qui allait bientôt s'accomplir, le jeune Sith sortit de la salle de contrôle et se dirigea vers la plateforme d'atterrissage.

Sur cette dernière, le vaisseau du jeune Jedi venait tout juste de se poser que Jacen se tourna vers ses fidèles soldats clones, Blanco en tête.

– Messieurs, je vous remercie de m'avoir accompagné jusqu'ici, mais cette fois je devrais y aller seul. Si je veux pouvoir convaincre Anakin que je ne suis pas venu ici pour le tuer, je dois y aller sans personne à mes côtés. Restez à bord du vaisseau, je reviendrais vite, assura-t-il.

En réalité, il était bien loin d'être certain de pouvoir convaincre l'Élu de revenir vers la lumière, mais il se devait d'essayer, comme Jennica l'avait fait pour lui. Observant le regard de ses hommes, il se tourna vers la base séparatiste. Devant l'entrée, sur la plateforme, Dark Vador l'attendait.

– Bien, on peut tirer un trait sur les leaders séparatistes, commenta Blanco.

Indifférent à cette remarque de son capitaine, Jacen ne voyait plus que l'homme qui l'attendait sur la plateforme.

– Bien, plus question de faire demi-tour maintenant.

Sur ces mots il s'engagea sur la rampe d'accès, et avança de quelques pas pour se retrouver face à son ancien allié, qui portait sur lui un regard féroce.

– Anakin, tout cela est absurde, et tu le sais ! Sidious se sert de toi, il te manipule pour atteindre ses objectifs !

– Tout comme le Conseil te manipule pour ses propres intérêts, Jacen. Le Conseil ne me faisait pas confiance. Ils me traitaient comme une menace, ou un parasite. ILS N'ONT JAMAIS CRUS EN MOI ! hurla le jeune homme avec rancœur.

Malgré tout, Jacen savait que c'était vrai. Plus d'une fois il avait entendu Mace Windu et Yoda discuter de la dangerosité d'Anakin.

– Pas tous, c'est vrai, admit le padawan. Mais crois-tu que Sidious est différent ? Crois-tu qu'il peut apporter la paix et la justice sous un règne tyrannique ?

– Il peut sauver Padmé, et c'est tout ce qui m'importe ! Peu m'importe qu'il détruise cet Ordre Jedi décadent ou qu'il remodèle la République comme il l'entend si Padmé survit.

– Je te comprend. Sincèrement, je te comprend. Je sais que tout ce qui t'importe c'est Padmé, mais crois-tu vraiment qu'elle soit heureuse en ce moment ? Que crois-tu qu'elle pensera en découvrant ce que tu es devenu ?

Le rire froid qui lui répondit le fit frissonner.

– Tu me prends pour un monstre, comme tous les autres. Il est facile de qualifier de monstres ceux qui sont différents, mais je ne suis pas différent de ce que tu risquais de devenir il y a quelques mois à peine. Après le départ d'Ahsoka, tu étais une vraie bombe à retardement, prête à exploser.

– Oui en effet, reconnu le jeune Jedi.

Il ne pouvait oublié ce qu'il avait été proche d'être, et ce qu'il avait risqué de faire alors qu'il avait eut l'impression d'être trahit par le Conseil. Il avait lui aussi ressenti cette colère sourde, cette haine envers l'Ordre Jedi. Cette même haine qui dévorait son ami en ce moment-même.

De son côté, Vador sourit en voyant les émotions se succéder sur le visage de son ancien ami. Petit à petit, une nouvelle forme de vengeance lui vint en tête. Quelle meilleure forme de revanche sur le jeune homme, qu'en le convertissant pour qu'il l'aide à détruire ces Jedi qui les avaient trahis tous les deux ?

Fort de cette idée, Vador se détendit et tendit son bras ganté de noir, paume vers le ciel.

– Jacen, tu sais comme moi que l'Ordre Jedi a échoué. Ils ont tenté de brider notre potentiel pour nous garder sous leur contrôle. Mais tu le sais tout comme moi : nous ne sommes pas faits pour suivre, nous sommes nés pour régner. Joins-toi à moi, et nous sauverons la galaxie de cette corruption qui la gangrène depuis trop longtemps.

L'intéressé ne sut quoi répondre. Il est vrai qu'il avait souvent ressenti de la frustration à l'idée de ne pas pouvoir nettoyer le Sénat de toute cette corruption, ou de remodeler l'Ordre Jedi pour qu'il soit moins strict et arbitraire. Mais pouvait-il rejoindre les Sith pour cette cause ?

– Je ne rejoindrais jamais Sidious !

Vador sourit à la mention de son "maître". Sidious avait prouvé son inefficacité pour diriger. Il avait été vaincu par un padawan. Un padawan qui, formé au Côté Obscur, ferait un allié formidable.

– Qui te parle de Sidious ? Je veux que nous travaillons main dans la main pour sauver ceux que nous aimons ! Laissons Sidious sauver Padmé, puis tuons-le pour régner à sa place ! Imagine un peu, toi et moi à la tête de la galaxie… aucune force ne pourrait nous défier !

Anakin était-il sérieux ? Comptait-il réellement tuer Sidious après qu'il ait sauvé la sénatrice Amidala ? Rien n'était sûr, mais si tel était le cas, alors Jacen ne parlait plus à Anakin, mais bel et bien à un seigneur Sith, un de plus parmi ceux qu'il avait déjà affronté.

– Je… Je ne peux pas, Anakin. Je suis navré.

Les traits de Vador se froncèrent de colère.

– Alors tu compte rester l'esclave du Conseil ? Ce même Conseil qui t'as lavé le cerveau comme à tous les autres pour que tu ne réalise pas ton vrai potentiel ?! Ce Conseil qui t'empêche d'être heureux avec celle que tu aimes ?

– J'ai sauvé la République de Dooku plusieurs fois pendant la guerre. J'ai sauvé la République de Dark Sidious une fois. Et si tu me force à le faire, je la sauverais de toi, bien que je préfère te sauver de toi-même. Je ne suis peut-être pas un Jedi parfait, mais j'essaie de faire ce qui est juste. Pas pour moi, mais pour le plus grand nombre. Anakin… penses à Padmé.

– Je ne fais que ça de penser à elle, répondit froidement Vador. Je pense à ce qui risque de lui arriver si je ne peux pas la sauver. Et j'étais si près du but… Mais tu es arrivé.

Sur ces mots, Vador laissa glisser sa bure sur le sol de duracier.

– Et tu as tout gâché.

Jacen le regarda longuement, une expression désolée au visage. Ainsi Vador le tenait pour responsable.

– Mais… est-ce que tu t'écoutes ? Tu me prends pour responsable de tes malheurs ?!

– Mais TU es responsable ! Tu m'as empêché de sauver la République, à cause de toi je ne peux plus revoir Padmé ! Je ne peux savoir si elle va bien, alors qu'elle a besoin de moi ! Je vais retourner sur Coruscant et la retrouver, puis Sidious pourra la sauver.

– Je ne peux te laisser faire ça, Anakin.

L'intéressé se retourna, et contempla les étoiles sur lesquelles il comptait régner un jour.

– Si tu n'es pas avec moi, alors tu es contre moi.

Ainsi Jacen comprit qu'il ne pouvait pas sauver Anakin. Il ne pouvait sauver quelqu'un qui ne voulait pas être sauvé de lui-même. Mais il pouvait sauver la galaxie en supprimant la menace qu'il représentait.

Il n'eut pas le temps de retirer sa bure que Vador fonçait sur lui, son sabre à lame bleue en main, prêt à frapper. Le jeune home eut tout juste le temps de dégainer son propre sabre pour parer le premier coup.

– Tu as choisis ton camp… tout comme moi, annonça Vador.


Sur Coruscant, la sénatrice Amidala accueillit avec plaisir Ahsoka qu'elle n'avait pas revue depuis son procès, plusieurs mois plus tôt. La journée avait été longue pour la jeune femme. Depuis la trahison du chancelier, les débats faisaient rage au Sénat pour déterminer qui endossera la lourde charge de chancelier. Aussi la sénatrice était heureuse de pouvoir se reposer maintenant que le vote était fait, et qu'il incombait à la nouvellement nommée chancelière Mon Mothma de diriger la République. Et, revoir Ahsoka lui permettait de retrouver un peu d'Anakin dans son appartement trop silencieux depuis le début de son deuil.

– Ahsoka, quel plaisir de te revoir !

– Merci Padmé, je suis très heureuse d'être de retour parmi vous tous.

Le sourire qu'elle affichait disparut lorsqu'elle croisa le regard triste d'Obi-wan. Le voir ici lui fit remonter une boule dans la gorge. La disparition d'Anakin était toujours trop difficile pour elle, et elle se doutait bien qu'Obi-wan ne devait pas se porter beaucoup mieux qu'elle.

– Padmé, il faut que nous parlions. Je sais que vous êtes en deuil, à propos d'Anakin mais…

Il fut incapable de finir sa phrase en voyant la lueur d'espoir qui brillait dans les yeux de la jeune femme. Une lueur d'espoir qu'il allait anéantir, au nom de la vérité. Mais Padmé méritait de savoir pour l'homme qu'elle aimait, aussi il se décida.

– Si… si nous nous asseyions ?

Bien qu'ils ne firent aucun commentaire à ce sujet, la sénatrice remarqua bien vite qu'avec la robe légère qu'elle portait, il n'y avait aucun doute sur sa condition physique. Cacher sa grossesse au Sénat était de plus en plus compliqué, mais avec la disparition d'Anakin, elle n'avait plus à faire semblant avec les Jedi, surtout ceux qui étaient le plus proche d'elle.

– Je vous écoute, Maître Kenobi.

– Cette fameuse nuit, au Sénat… Jacen m'a rapporté ce qu'il avait vu.

Inconsciemment, Padmé lia ses doigts à ceux d'Ahsoka, qui se trouvait assise à ses côtés. Bien que la togruta connaissait maintenant la vérité, l'entendre à nouveau lui faisait mal. Anakin n'était pas seulement son maître, il était également son confident, son ami. D'une certaine façon, ils étaient aussi liés que l'étaient un frère et sa sœur.

– Anakin n'est pas mort cette nuit-là, annonça Obi-wan, qui se maudit en voyant un sourire illuminer le visage bien trop pâle de la jeune femme.

– Où… où est-il ?

– Nous ne savons pas, malheureusement. Padmé… Anakin a basculé du Côté Obscur.

Comme il s'y attendait, son visage se marbra de rouge.

– Vous vous trompez, comment pouvez-vous dire une chose pareille ?! Ahsoka, dis-lui… dis-lui qu'il ne ferait jamais ça…

Devant le silence plein de pitié de la togruta, Padmé se tourna vers le maître Jedi.

– Il a aidé Palpatine à s'échapper de Coruscant, nous ne savons pas où ils sont allés. Padmé, il a été abusé, il a cru à un mensonge et ça nous arrive à tous. Palpatine est le Sith que nous recherchons depuis des années, c'est un maître dans l'art de la manipulation… ce n'est pas la faute d'Anakin.

Padmé garda le silence pendant un instant, puis sembla se souvenir de quelque chose.

– Il y a quelques semaines, ses cauchemars ont reprit. Ils l'obsédaient, il ne pensait plus qu'à ça, à trouver comment me sauver… Plus tard, il m'a dit qu'il avait trouvé un moyen, un moyen de m'empêcher de mourir…

– Sidious a dû l'embrouiller pour qu'il lui prête allégeance, comprit Ahsoka.

– Oh Anakin, pourquoi… pourquoi…

S'en était trop pour la jeune femme. Son mari avait vendu son âme à celui qui n'était rien d'autre que le Mal incarné pour pouvoir la sauver de ses cauchemars. Il s'était sacrifié pour elle. Mais elle ne pensait pas mériter cela. Sa vie ne méritait qu'Anakin en brise des centaines comme Sidious le faisait. Alors que des larmes coulaient sur ses joues, elle porta ses mains à son ventre arrondit par plusieurs mois de grossesse. Alors les deux Jedi comprirent instantanément. Ils comprirent pourquoi Anakin avait fait ce choix. Ce n'était pas seulement pour sauver sa femme, mais aussi leur enfant à naître.

– Je… je suis désolé, j'aimerai… être seule s'il-vous-plaît.

– Bien-sûr Padmé, nous partons, acquiesça Ahsoka avant de se relever.

Obi-wan l'imita et porta une main sur l'épaule de la jeune femme, qui leva son regard humide vers lui.

– Je suis vraiment désolé Padmé, j'aurais dû être plus présent avec lui.

La jeune femme vit dans ses grands yeux bleus que le maître Jedi ressentait un immense regret, une intense culpabilité.

– Ce n'est pas votre faute Obi-wan. C'est celle de Palpatine.

– Je sais, mais je ne m'en sens pas mieux pour autant.

Sur ces mots, le Jedi se détourna et se dirigea vers l'entrée.

– Obi-wan ? Je vous en prie, ne lui faites pas de mal, supplia la sénatrice.

– Je ferai mon possible, répondit le Jedi avant de quitter les lieux.


Jacen se sentait en difficulté sur Mustafar. Malgré sa connaissance des techniques d'Anakin, Vador était bien plus agressif dans ses attaques. En effet le jeune Sith attaquait aussi vite et aussi fort qu'il le pouvait, faisant sans cesse reculer son adversaire. Les voilà qui s'engageaient maintenant sur la passerelle menant à la base séparatiste.

Dans les fins couloirs, les coups de leurs sabres projetaient des dizaines et des dizaines d'étincelles dont certaines commençaient à brûler le cuir et le tissu de leurs tenues. Mais aucun des deux adversaires ne s'en préoccupaient tant ils étaient concentrés l'un sur l'autre.

Aucun des deux n'avait jamais vécu un tel affrontement contre un ancien être aimé qui était devenu un ennemi, excepté ce moment étrange sur Mortis, où Jacen et Ahsoka, corrompus par le Fils, s'étaient vus contraints d'affronter leurs maîtres respectifs. Mais si Ahsoka n'en avait heureusement gardé aucun souvenir, le padawan lui s'en souvenait parfaitement, et espérait bien que tout cela ne se reproduirait pas.

Revenant au présent et aux yeux jaunes pleins de colère de son adversaire, Jacen bloqua une énième attaque de son opposant avant d'être violemment projeté en arrière d'un coup de poing vicieux. Se relevant rapidement, il rejoignit son adversaire au centre de la pièce et enchaîna les attaques et les parades avec une rapidité surnaturelle. Mais rapidement tous deux eurent la même idée : se servir de la projection de Force. L'idée était bonne, mais tous deux furent alors projeter dans la salle de contrôle. Jacen atterrit contre une console de commande.

Se redressant avec difficulté, il esquiva au dernier moment le coup de sabre que lui destinait Vador, qui pulvérisa la commande avec violence. Le duel reprit sans attendre, et aucun des deux combattants ne fit attention à l'alarme qui venait de se déclencher : Vador avait détruit la console des bouclier qui protégeaient la base…


Suivit de Jennica et d'Ahsoka, Obi-wan se dirigea d'un pas pressé vers le spatioport militaire où l'attendait sa flotte, comme il l'avait demandé à Cody. En effet Obi-wan comptait bien retrouver Jacen sur Mustafar et récupérer Anakin si c'était encore possible.

– Commandant, vous êtes prêt ?

– Oui Général, répondit Cody. Nous pouvons partir dans la minute.

– Parfait, parce que nous partons sans attendre ! lança le Jedi en embarquant.

Sans attendre, les deux Jedi le suivirent immédiatement dans le vaisseau, puis Jennica arrêta sa consœur.

– Ahsoka, est-ce que… est-ce que je peux te parler, en privé ?

Devinant aisément le sujet de cette discussion, la togruta répondit par l'affirmative, tandis qu'Obi-wan prenait la direction du pont. Se rendant sans attendre vers la cabine qu'occupait habituellement Jacen, Ahsoka ne put s'empêcher de remarquer avec un petit pincement au cœur que la jeune fille semblait parfaitement connaître l'itinéraire en question.

Une fois toutes les deux dans la cabine de leur amant, Jennica ferma la porte et se tourna vers l'ancienne Jedi. Et semblait chercher ses mots, et une certaine tension se fit rapidement sentir dans la pièce.

– J'imagine que tu es au courant que…

– Que tu es avec Jacen ? demanda Ahsoka un peu plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu.

Un silence tendu s'en suivit, mais Jennica voulait expliquer la situation à la togruta. Aussi, elle lui répondit tout aussi doucement.

– Et bien… oui. Je suis désolé, que tu ais l'impression que…

– Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, expliqua Ahsoka plus doucement. Je ne peux pas lui en vouloir, ni t'en vouloir. Je suis partie après tout. J'imagine que ça a dut être difficile pour lui, après mon départ.

– Tu ne lui avais même pas dit au revoir, se souvint la jeune femme.

L'intéressé leva un regard surprit sur son interlocutrice. Il n'y avait aucun reproche dans la voix de Jennica, seulement un constat.

– Oui, dit-elle simplement. Parce que si je l'avait vu une dernière fois, je n'aurais pas eu la force de partir loin de lui.

Jennica sourit tristement en l'écoutant. Elle l'aimait encore, même un aveugle le verrait.

– Quand j'ai décidé de revenir, j'ai demandé à Obi-wan de ne rien lui dire. J'avais peur qu'il m'en ait voulu d'avoir quitté l'Ordre. De l'avoir quitté.

– Il était très en colère, annonça la jeune Jedi. Mais pas envers toi. En fait il était en colère contre à peu près tout le monde. Il était devenu très sombre après ton départ.

Ahsoka sentit une boule remonter dans sa gorge à cette évocation. Elle s'était toujours doutée que Rex ne lui disait pas tout lorsqu'elle demandait des nouvelles, mais elle ignorait que Jacen avait flirté avec le Côté Obscur.

– Il éprouvait une haine féroce pour le Conseil, et restait au mieux indifférent, au pire hostile avec les autres Jedi. Le Conseil ne savait pas quoi faire pour le calmer, et après une mission qui a mal tournée, il fut rapatrié sur Coruscant et consigné au sein de ses quartiers.

– Que s'est-il passé ? demanda Ahsoka, qui malgré le mal que ça lui causait, voulait savoir ce qu'avait fait Jacen durant son absence.

Jennica la regarda, visiblement gênée.

– Tu ne veux pas le savoir, crois-moi.

– Non mais je dois le savoir. Dis-moi tout, supplia la togruta.

Jennica hésita. Ahsoka n'avait pas besoin de connaître les horreurs commises par Jacen, mais elle comprit qu'elle se punissait pour ne pas avoir été avec lui.

– Il a… il a massacré toute une ville alliée aux séparatistes. Il n'a laissé aucun survivant.

Ahsoka eut un mouvement de recul, horrifiée par ce que lui annonçait sa consœur. Comment Jacen, l'homme le plus bon et chaleureux qu'elle connaissait, pouvait être capable d'une telle cruauté ?

– Et… et après ?

– Peu de temps après j'ai pris mon courage à deux mains et je lui ait parlé. Il me faisait un peu peur au début, mais quand il a comprit qu'il pouvait me parler de ce qu'il ressentait, il s'est confié à moi, de plus en plus. Je ne comptais pas m'en mêler plus que ça à ce moment-là, mais plus il se confiait, plus je l'appréciait… et plus encore.

Malgré sa surprise, la togruta fut heureuse de savoir que Jacen avait rencontré quelqu'un qui l'avait aidé à sortir de l'emprise du Côté Obscur.

– Et finalement, vous êtes devenus amants.

– Pas au début, nous étions juste amis, mais il me fascinait. Et un soir, après qu'il ait présenté ses excuses au Conseil pour ses actes, j'ai osé l'embrasser. Après ça… euh, je crois que tu sais comment ça marche.

– Oui j'ai ma petite idée, répondit Ahsoka en riant.

Mais malgré elle, savoir que Jacen était avec une autre lui faisait mal. Elle était revenue parce qu'elle était née pour être Jedi, mais aussi parce qu'elle souhaitait le retrouver. Son cœur s'allégea quelque peu en songeant que dans quelques heures, elle pourrait enfin le revoir.

Jennica de son côté ressentait une certaine forme de peur. Jacen avait presque sombré du Côté Obscur pour la belle togruta, et il y avait fort à parier qu'il l'aimait encore après tout ce qu'ils avaient partagé. Mais Jennica n'avait pas peur d'être remplacée par Ahsoka, après tout elle était à ses côtés avant elle. Non elle avait peur que son histoire avec Jacen ne soit en fait qu'une simple transition entre deux parties de leur histoire.

Elle avait peur d'être délaissée par celui qu'elle avait apprit à connaître comme personne. Mais ce qui lui faisait le plus peur, c'était de savoir que dans le cœur de Jacen, elle ne faisait pas le poids contre Ahsoka.


Ils se battaient dans cette salle depuis presque une demi-heure, et aucun ne semblait prendre l'avantage sur l'autre, malgré la haine de l'un, et l'espoir de l'autre. Malgré les coulées de laves qui fendaient la grande structure en divers parts, Jacen ne comptait pas partir sans Anakin, ou du moins, sans être sûr que la menace qu'il représentait serait active.

Un coup bien placé de Vador le mit à terre. Essoufflé, il resta au sol quelques instants.

– Tu es vaincu Jacen. Tu ne peux rien face à mes nouveaux pouvoirs.

En réaction Jacen tenta d'attraper son sabre, mais le Sith fut plus rapide et le saisit à l'aide de la Force, avant de le dégainer.

– Ne t'en fais pas, je veillerai à ce que ce soit rapide, et qui sait, peut-être retrouvera-t-on ton cadavre et celui de tes hommes…

Mais Jacen ne répondit pas. Vador le vit porter la main à sa ceinture et se saisir d'un ancien masque, qu'il plaça rapidement sur son visage.

– Allons, tu ne crois quand-même pas qu'un masque peut te sauver ? demanda-t-il avant de frapper.

À sa grande surprise, la main de Jacen se leva et immobilisa les bras du Seigneur Sith. Le jeune homme se tourna vers son adversaire, le masque de Revan au visage, et rabattit sa lourde capuche sur sa tête.

– Celui-là, si.

Puisant dans la Force qu'il sentait parcourir ses veines, il récupéra son sabre, et dégaina également le vieux sabre violet qu'il avait également emporté discrètement avant de partir pour la planète de lave. Ainsi armé, le jeune Jedi sentit ses forces lui revenir, et passa à l'attaque.

Il frappait de plus en plus fort, et de plus en plus vite, tant et si bien que Vador fut obligé de reculer, pas après pas. Jacen dominait désormais très clairement le combat alors qu'autour d'eux la base séparatiste tombait en morceau, fragilisée par les nombreuses giclées de laves qui rongeaient la structure. Vador sentait son pouvoir décroître. Que lui arrivait-il ? Il était Dark Vador, il ne pouvait pas échouer !

– Tu… tu ne peux pas me vaincre ! Tu ne peux pas me tuer !

– Je ne peux pas tuer Anakin, répondit la voix froide de Jacen. Mais je peux tuer Vador.

Et alors les espoirs de victoire du jeune Sith s'évanouirent. L'ombre masquée frappa, encore et encore, inlassablement. Elle semblait inarrêtable.

D'un habile coup de pied, Jacen fit voler le sabre de son adversaire, qui le récupéra bien vite dans sa main gauche. Mais l'ouverture dans sa garde lui suffisait. D'un coup, la lame violette trancha le bras armé, projetant le sabre d'Anakin à l'autre bout de la pièce. Sans attendre, la lame verte sectionna les jambes de l'ennemi, un peu au-dessus des genoux.

Dans un hurlement de souffrance, Dark Vador s'effondra au sol. Le sol commença à pencher dangereusement, alors Jacen s'éloigna de son adversaire vaincu qui gémissait, ses yeux jaunes plantés dans les siens.

– Tu… tu m'as tout pris !

Enhardi par le pouvoir du masque, Jacen ne se calma pas. Il ne réalisait pas qu'il était allé trop loin, que le Côté Obscur avait peut-être plus d'emprise sur lui qu'il ne le croyait.

– Épargne-moi tes lamentations Anakin. Tu étais l'Élu ! Tu devais amener l'équilibre dans la Force, pas l'abandonner aux Ténèbres ! Tu as trahis tout ce que tu incarnais !

Jacen observa les yeux de Vador. Il y voyait de la colère, du ressentiment. Mais tout à sa propre colère et son amertume, il ne décela pas l'étincelle de regret dans les yeux du jeune Sith.

– Tu étais mon frère, je t'aurais confié ma vie sans hésiter… tu étais sensé être le meilleur d'entre nous ! Mais tu n'es qu'un monstre de plus. Cette voix, ce chemin de destruction, de peine et de mort, c'est TOI qui as choisit de l'emprunter, toi et toi seul !

Sur ces mots, le jeune Jedi rengaina ses sabres, et se tourna vers celui d'Anakin, qu'il attrapa avec la Force. Que devait-il faire maintenant ? Quel avenir pour son ancien frère d'arme ? La réponse lui vint sous la forme d'un grincement qui n'augurait rien de bon. Alors que le sol s'effondrait sous le corps de Vador, ce dernier eut juste le temps d'adresser un regard suppliant à son adversaire.

Toute une partie de la structure venait de s'effondrer, et le seigneur Sith Dark Vador devait maintenant se trouver sous plusieurs tonnes de duracier chauffé à blanc par la lave en fusion. Avec un dernier regard chargé de regret, le padawan retira son masque et quitta la base, le cœur lourd après ce rude combat.


Sur le pont de son vaisseau, Obi-wan parvint finalement à établir une connexion avec le capitaine Blanco.

– Général Kenobi, ici le capitaine Blanco.

– Capitaine, où se trouve Jacen ?

Le clone semblait embarrassé. Se grattant nerveusement la nuque, il répondit finalement après quelques instants.

– Et bien… il vient d'engager le combat avec Skywalker, Général.

Aussi Obi-wan sentit une boule lui monter dans la gorge. Ses deux apprentis, les jeunes hommes qu'il avait formé et dont il était si fier, étaient désormais livrés dans une lutte sans merci l'un contre l'autre.

– Capitaine, nous nous dirigeons vers votre position, nous arrivons aussi vite que possible, mais nous ne serons pas là avant quelques heures, j'en ai bien peur.

– Je comprends Général. Ne vous inquiétez pas, nous avons la situation bien en main. Le Commandant compte bien ramener Skywalker avec nous.

Bien-sûr le maître Jedi savait que Jacen ne comptait pas blesser Anakin, mais il savait que son padawan comprendrait que si Anakin était désormais disparut, il ne fallait pas laisser Vador semer la terreur et la destruction dans la galaxie.

– Je sais. Je dois vous laisser Capitaine, contactez-moi si vous avez du nouveau.

Bien reçu Général.

Sur ce, la transmission se coupa, laissant un Obi-wan plus perplexe que jamais.


Le retour au vaisseau lui avait semblé extrêmement pénible. Il avait à peine réagit quand Blanco lui avait apprit avoir contacté son maître, et qu'ils étaient supposés le retrouver dans une certaine zone de la galaxie entre ici et Coruscant. Il s'était contenté de décoller et de lancer l'hyper-espace jusqu'au lieu de rendez-vous, déjà indiqué par son fidèle capitaine.

Durant les quelques minutes d'hyper-espace, le jeune Jedi réfléchit à ce qu'il venait de faire sur cette planète hostile. Lorsqu'il était réapparu, le sabre de Vador en main, les clones avaient tout de suite contacté Obi-wan pour lui annoncé que le Sith avait été neutralisé. Mais Jacen n'avait pas parlé à son maître. Il ne se sentait pas heureux après ce qu'il avait fait.

Il avait tué Anakin Skywalker.

Non, pas Anakin. Dark Vador.

Mais cela faisait-il une différence ? Il avait agit avec colère, ressentiment. Un vrai Jedi aurait essayé de sauver un confrère. Un ami. Le masque de Revan dans les mains, le jeune homme se demanda si le pouvoir qu'il lui donnait ne le rendait pas plus agressif également. Il avait besoin de parler avec quelqu'un. Quelqu'un qui ne le jugerait pas pour ses agissements. Une conversation avec le Sith masqué ne serait pas de refus.

Mais alors qu'il se concentrait pour que le masque lui donne une vision, chose qui de toute façon était stupide, les visions ne fonctionnaient pas sur demande, leur transport sorti de l'hyper-espace, face au croiseur d'Obi-wan.

Mais à son bord, il sentit une présence familière. Une présence bien particulière, qu'il n'avait pas senti depuis plusieurs mois et dont l'absence avait été insupportable.

Ahsoka.

Tous ses doutes envolés, il retrouva soudainement tout son enthousiasme alors qu'ils approchaient du hangar principal.


Elle était bien là, plus belle que jamais. C'est avec un sourire comblé que Jacen se dirigea vers la belle togruta, qui se jeta dans ses bras avec un soupir de soulagement.

– Oh Jacen, tu m'as… tu m'as tant manqué !

Il ne répondit pas tout de suite, humant avec délice son parfum alors qu'il savourait le fait de pouvoir la serrer contre lui. Car lui aussi, elle lui avait manqué. L'annonce de son départ, puis cette séparation de plusieurs mois lui avait paru insurmontable. Mais elle était là maintenant. Lorsque leurs corps se séparèrent, il plaça ses mains autour de son visage, se perdant dans ses grands yeux bleus qu'il avait tant désiré revoir.

– Ahsoka, je… j'ai du mal à croire que tu sois vraiment là. J'avais peur de ne plus jamais… te revoir.

– Alors… je suis pardonnée ? demanda-t-elle d'une petite voix.

Pardonnée ? Mais pardonnée de… de son départ ?

– Mais je ne t'en ais jamais voulu, répondit le jeune homme en souriant. Je ne pourrais jamais t'en vouloir pour quoique ce soit.

Devant cette réponse, la jeune togruta se sentit soudain plus légère, et enfouit son visage dans le cou de son ancien amant, humant avec plaisir son odeur. Il était en sueur, mais cette odeur elle la connaissait bien, entre les combats pour la République, et leurs affrontements sous la couette.

– Jacen ! s'écria une voix féminine d'un ton joyeux.

S'écartant rapidement du padawan, Ahsoka put s'empêcher de ressentir une pointe d'amertume mêlée de jalousie lorsque Jennica se lova amoureusement contre Jacen, avant de l'embrasser comme si sa vie en dépendait.

– Tu es sain et sauf… tu es vraiment un imbécile ! cria-t-elle avant que sa main ne s'écrase sur la joue de son amant, à la surprise de la togruta.

Jacen la reçu plutôt bien, malgré la fatigue provoquée par son combat.

– Hé, tu sais que je ne l'aurai pas fais si ça n'était pas important. Et de plus nous en avons déjà parlé l'autre-jour.

La jeune femme se calma quelque peu, mais se préparait à répondre lorsqu'Ahsoka lui coupa la parole.

– Jacen, Obi-wan t'attends sur le pont.

Inspirant grandement, le padawan se dirigea d'un pas soudain plus lourd vers le pont du destroyer. Il allait devoir exposer les derniers événements, et il y avait fort à parier que son maître soit anéanti par cette nouvelle.

Et voilà, fin de ce long chapitre ! Et oui je sais qu'il était long, mais comme dit plus haut je n'étais pas vraiment satisfait des coupes que j'avais essayé donc... Enfin bref, j'espère qu'il vous auras plu quand-même, et que si c'est le cas je recevrais rapidement vos reviews positives comme négatives et qui m'encourage beaucoup à continuer cette aventure avec vous, sachant que je réponds à tout le monde.

Juste avant de vous quitter, une petite annonce : j'ai écris il y a quelques mois un one-shot Star Wars qui devrait sortir dans le courant de la semaine, mais attention il n'est pas pour les enfants ! ^^

Bref, j'espère que l'action de Mustafar vous as plu, on se retrouve prochainement pour la suite des aventures de Jacen ! ^^