Nick resta figé sur place, sa tête emplie de bruit blanc. La première pensée qui fit surface dans le brouillard qui avait envahi son cerveau exprimais un sentiment qui ne semblait exister qu'en français.
Déjà-vu.
Ce qui était absurde, bien entendu, sauf que c'était la seconde fois qu'il apprenait que sa mère faisait encore partie du monde des vivants contre toutes attente, et il ne savait pas s'il devait hurler de rire ou casser quelque chose. Meinser le regardait toujours, sourcils froncés, comme s'il savait exactement ce qui se passait dans sa tête.
"Quoi?"
"Elle est vivante, en tout cas au dernière nouvelles."
"Je ne comprend pas."
Meisner soupira lourdement et croisa les bras, carrant les épaules sans même s'en rendre compte.
"Ce serait plus simple si elle était là. Votre mère a survécu à sa rencontre avec le verrat. Nous sommes venu-"
"Vous?"
"L'organisation Phénix, nous-"
"Pourquoi? Qu'est ce que vous veniez faire chez moi?"
Meisner avait l'air d'avoir envie d'être ailleurs, mais il garda un ton égal en continuant comme s'il n'avait pas été interrompu.
"Nous venions faire du nettoyage. Votre mère était encore vivante à notre arrivée."
Nick digéra l'information, avant que l'implication de la phrase ne lui saute au visage.
"Juliette. Juliette était là?!"
"Buckhardt…"
Nick le fixa, envahi par un mélange de sentiments confus où la rage dominait.
"Dite moi de me calmer et je vous jure que je vous en colle une."
Meisner décroisa les bras pour mieux lever les mains, recula d'un pas pour mettre de l'espace entre lui et le grimm.
"Compris," L'homme de l'organisation laissa ses bras retomber, sa posture changeant subtilement pour lui permettre de réagir rapidement, "Buckhardt- Nick, il faut que vous compreniez que ce n'était plus la femme que vous connaissiez…"
"VOUS L'AVEZ TUÉE?!"
Avant que Meisner ait pu réagir, le détective avait tourné les talons, s'éloignant vers l'ascenseur à grands pas, la mâchoire aussi serrée que ses poing. Meisner se lança à sa poursuite, le rattrapant alors qu'il ralentissait devant l'ascenseur. Il lui attrapa l'avant-bras pour le retenir, se position de manière à éviter un coup s'il prenait à Nick l'envie de le faire lâcher.
"Bon sang vous et votre mère vous êtes aussi émotifs l'un que l'autre. Non, je ne l'ai pas tuée."
L'expression du grimm passa par un arc en ciel d'émotion, du désespoir à la rage, la surprise, l'incrédulité et enfin, un soupçon d'espoir.
"Elle est vivante…?"
"Oui," L'homme retint le grimm alors qu'il se lança presque dans le couloir, sans doute avec en tête l'idée de trouver son ancienne fiancée, "Buckhardt, elle n'est pas ici, elle est trop dangereuse."
La tension qui animait le détective disparu lentement, et il vacilla, se dégageant de la prise de Meisner pour s'appuyer contre l'ascenseur, se passant une main sur les yeux. Il n'avait pas de contre-argument pour ça.
"Mais elle est vivante."
"Elle est vivante, et elle fait des progrès."
"Par rapport à… L'hexenbiest?"
"Par rapport à ses pouvoirs oui. C'est l'une des plus puissante que j'ai jamais vu."
"Parce qu'elle a été crée…" Nick soupira, se redressant avec effort, "elle reviendra ici?"
"Je n'en suis pas sûr," Meisner ignora le regard aigu que lui jeta le grimm, "nous ne somme qu'une cellule de l'organisation Phénix, et pas la mieux financée. Jusqu'à présent le coin était plutôt tranquille."
"Jusqu'à l'arrivée de Black Claw."
"Un peu avant ça," L'homme jeta à Nick un regard peu amène, "votre tante avait déjà foutu le bordel. On aurait pu finir d'essuyer les plâtres si Black Claw n'était pas arrivé."
"Vous êtes en train de me dire que c'est de notre faute?" répliqua le détective, piqué au vif. Il avait à peine l'énergie de s'indigner; trop d'émotions en trop peu de temps.
"Je dirai que les Buckhardt sont un symptôme, comme…," il se frotta le visage, cherchant une analogie, "comme une migraine."
"Sympa."
Nick sentait la fatigue lui tomber dessus. S'il ne partait pas maintenant, il ne serez plus en état. Il pivota sur son talon et commença à ouvrir l'ascenseur. Meisner s'interposa, l'air vaguement inquiet.
"Vous êtes sur de pouvoir conduire?"
Nick considéra prudemment la question, avant de carrer les épaules.
"J'ai besoin de réfléchir."
Meisner inclina la tête, lui accordant ce point. Il finit d'ouvrir la porte pour Nick et monta avec lui, croisant les bras dans son dos alors qu'ils montaient. De retourne à la surface, il passa devant Nick et ouvrit un casier d'acier que Nick n'avait pas remarqué à son premier passage, récupérant rapidement quelque chose à l'intérieur avant de claquer la porte. Il se tourna ensuite vers le grimm, lui tendant un petit boîtier en plastique noir.
"Pour ouvrir le portail. C'est à usage unique, j'apprécierai que vous le détruisiez ensuite."
"Okay…" Nick récupéra le boîtier, le tournant entre ses doigts. Il n'y avait aucun signe distinctif; on aurait dit un étui pour carte de visite. Il glissa le boîtier dans la poche de sa veste tandis que Meisner ouvrait la lourde porte qui barrait l'entrée du bunker. Nick avança jusqu'à l'entrée avant de se tourner avec l'homme de l'organisation.
"Comment pourrai-je vois recontacter?"
Meisner parut réfléchir un instant.
"Vous avez le numéro de Trubel?"
Nick plongea sa main dans sa poche, repêchant son portable. Il vérifia rapidement avant de répondre par l'affirmative.
"Dans ce cas elle sera votre contact, c'est encore le plus simple."
"Mh."
Le grimm rengainant son portable et commença à s'éloigner vers sa voiture.
"Faite attention en rentrant."
Nick esquissa un geste de la main et ouvrit sa portière, se glissant derrière le volant avec un soupir. Il regarda Meisner le surveiller dans son rétroviseur jusqu'à ce qu'il s'engage dans la courbe qui déroba le bunker à sa vue. Juliette était vivante. Il testa cette pensée, tournant autour comme si c'était un petit animal craintif. Il ne savait pas ce qu'il ressentait. C'était encore trop récent, et il était trop crevé pour vraiment réaliser. Tout ce qui surnageait était un soulagement las. Il commençait déjà à accepter que sa mère l'était aussi; après tout, Kelly Buckhardt- Senior à présent, à moins que le bébé ne soit junior, il ne savait pas trop- était déjà revenue d'entre les morts une fois, et c'était sa mère -bien qu'il ne l'admettrait jamais, Nick avait conservé une parcelle de l'esprit de l'enfant qui était persuadé que ses parents étaient des super-héros, et Kelly était ce qui se faisait le plus proche. Le grimm gloussa à l'idée saugrenue de sa mère en costume de lycra, avant d'admettre à lui-même qu'elle partageait avec Batman l'amour du noir, même si elle n'avait pas sa réticence face au meurtre. Il secoua la tête, essayant de rassembler ses pensées. Il n'aimait pas beaucoup l'organisation Phénix, si c'était bien leur nom. Les mots "para-gouvernementale" envoyait tout un tas de signaux d'alarmes dans sa tête, et l'attitude d'ancien militaire de Meisner lui avait tapé sur les nerfs. L'homme avait été membre de la résistance, Nick supposait que c'était un bon point pour lui, de s'être ainsi opposé aux Royaux. Et son organisation avait recueilli Juliette plutôt que de la tuer, ce qui Nick avait été près à faire, après tout ce qui s'était passé entre eux. Maintenant, il ne savait plus. Il se passa une main sur le visage, se reconcentrant sur la route; S'il ne faisait pas attention, il allait se foutre dans le décor. Le grimm décida qu'il ferait mieux de recontacter Trubel dès le lendemain, après une nuit -il jeta un regard à l'heure- après un peu de sommeil. Il réussi à retrouver son chemin vers la ville et sa maison et alla s'écrouler dans le sofa, trop fatigué pour escalader les escalier vers la chambre.
