Adalind parla; elle parla de Sean et de ses plans, de sa paranoïa rampante et de son besoin de sécurité, de contrôle; elle parla de Nick, brillant et innocent et impulsif, de ses amis, de son besoin de faire ce qui était juste, de protéger. Bonaparte sourit comme son oncle préféré, questionnant adroitement la jeune femme, laissant à Rachel la tache ingrate de prendre des notes. Il fut rapidement clair que l'ancienne hexenbiest était obsédée par l'idée de retrouver ses enfants, et Black Claw étaient prêt à lui rendre, si cela s'avérait utile. Mais plus Le zauberbiest écoutant la jeune femme, plus il était clair qu'elle n'était pas le pion le plus important de l'échiquier. Les liens qu'elle avait pu entretenir avec les deux hommes avaient été tranché, et en l'absence de ses pouvoirs, que lui restait-elle? Sous son sourire bénin, Conrad Bonaparte calculait, soupesait.
Adalind Shade parlait trop pour son propre confort.
Mais pour le moment, cette effusion de paroles lui était utile. Ils parlèrent jusqu'à tard dans la nuit, et ils se séparèrent bon amis, le représentant de Black Claw promettant de la recontacter dans les plus brefs délais.
Quand Adalind rencontra Conrad Bonaparte à nouveau, il était seul, sans Rachel ni son silencieux garde du corps. Il lui avait donné rendez-vous dans un restaurant qu'elle ne connaissait pas, elle avait été heureuse de porter ses perles; l'endroit était largement au dessus de ses moyens, mais à voir l'élégance de sa robe, on s'y serait trompé. Le zauberbiest était passé la prendre chez elle, et l'apéritif comme l'entrée avait été consacré à des banalités, jouant avec la patience de l'ancienne hexenbiest, qui dissimulait son impatience sous ses sourires. Elle ne s'attendait pas à ce qu'une vieille connaissance ne réapparaissent avec la sole meunière.
"Adalind Shade, quelle surprise. Je vois que mon cadeau n'aura pas fait long feu."
La jeune femme leva les yeux vers Stefania Vaduva Popescu, la reine romani qui lui avait rendu son woge. Elle était venue avec ses deux fils, qui l'encadrait comme ils semblaient toujours le faire. L'ancienne hexenbiest avait l'impression que ça faisait un siècle que tout cela était arrivé. La jeune femme attrapa le bord de la table, se tournant comme avec une rapidité de vipère vers Conrad Bonaparte.
"Vous m'avez piégée!"
"Adalind ma chère…"
Stefania attrapa l'épaule de l'ancienne hexenbiest, la forçant à rester assise.
"Ne faite pas de scandale."
"Ne me touchez pas!"
Bonaparte fit la grimace, comme dégoûté par cet étalage. La reine romani haussa un sourcil dans sa direction et retira sa main de l'épaule d'Adalind avec dédain. L'un de ses fils, Adalind n'aurait pas été capable de se souvenir de leur nom, lui tira une chaise et elle s'assit à leur table comme une vieille amie, et avec le sourire qui allait avec. La jeune femme n'avait jamais apprécier ce sourire, et quelque chose lui disait que ça n'allait pas commencer maintenant.
"Cela fait longtemps Adalind. Vous m'aviez promis quelque chose je crois…"
"Et vous m'avez trahi auprès de la famille royale, je pense qu'on est quittes."
"Ce que vous pensez m'importe peu. J'ai respecté les termes du contrat, pas vous."
Sentant qu'elle n'aurait pas gain de cause avec Stefania, Adalind se tourna vers le représentant de Black Claw.
"Conrad, pourquoi faites vous cela?"
"Adalind, ma chère… Il faut que vous compreniez quelque chose. Mon organisation exige beaucoup de ses membres. L'une des choses que nous exigeons est une loyauté sans faille et si je puis être franc… Ce n'est pas l'une de vos qualités premières, je me trompe?"
Adalind n'aimait pas le ton de sa voix, si raisonnable, si calme.
"Je suis loyale à mes enfants."
Il leva les sourcils sous le regard goguenard que la reine romani.
"Vos enfants? Celui que vous n'avez jamais vu ou celle que vous avez vendue?"
"Je n'ai pas..," Adalind jeta un regard venimeux à Stefania, qui souriait légèrement, appréciant visiblement le spectacle qu'offrait l'ancienne hexenbiest.
"Je n'ai pas vendue Diana. Je suis partie avec elle!"
La reine romani se tourna vers Bonaparte avec l'expression de la parfaite femme d'affaires.
"Elle a admit la brèche du contrat, vous êtes prêt à en témoigner?"
"Vous m'avez trahi auprès des royaux! Conrad ne vous laissez pas avoir."
L'intéressé garda une expression plaisante, neutre.
"Je vous entend toutes les deux Adalind. Stefania Vaduva Popescu est une femme d'affaire parfaitement honorable."
Adalind eu un éclat de rire incrédule.
"Honorable? Elle?"
Il haussa légèrement les épaules.
"Ne vous a elle pas apporté ce que vous vouliez?"
Adalind fronça les sourcils, mal à l'aise.
"Oui mais…"
"N'était-ce pas un des termes du contrat qu'elle disposerait de votre enfant à naître?"
"Ce n'est pas…"
Il continua, inexorable.
"N'est-ce pas alors son droit d'en disposer comme elle le souhaitait?"
"Elle allait me faire tuer!"
Stefania dissimula un éclat de rire derrière sa paume, son expression se faisant peu à peu plus sérieuse.
"Ne soyez pas mélodramatique."
Adalind la fixa, outragée.
"Mélodramatique?! Vous vous fichez de moi."
La jeune femme voulu à nouveau se lever, mais l'un des fils de la reine se glissa souplement derrière sa chaise et la força à se rasseoir. Elle grogna, rajustant sa prise sur sa pochette.
"Je pourrait hurler."
Conrad Bonaparte hausse les sourcils en souriant.
"Mais vous ne le ferez pas, pas tant que vous pensez pouvoir vous en sortir."
Quelque chose, sur son visage, glaça l'ancienne hexenbiest jusqu'au tréfonds de son être. Elle ouvrit la bouche pour mettre sa menace à exécution, mais Stefania Vaduva Popescu lui jeta une fiole au visage et le corps de la jeune femme devint flasque, ses yeux roulant dans sa tête alors qu'elle s'écroulait sur sa chaise.
"Dragomir?"
Le fils de Stefania récupéra efficacement Adalind dans ses bras tandis que Conrad Bonaparte interceptait le serveur inquiet qui approchait, le convaincant que la situation était sous contrôle, et qu'il souhaitait finir son dîner; ses amis allaient raccompagner la pauvre jeune femme. La reine romani fit ses adieux et ils quittèrent le restaurant.
Adalind se réveilla sur un matelas, la tête lourde. Cette salope l'avait droguée.
"Oh ma chère, vous auriez vraiment dû restée endormie."
La jeune femme jeta un regard venimeux à Stefania, assise dans une chaise pliante comme sur un trône non loin du lit.
"Qu'est ce que vous me voulez, après tout ce temps?"
"Je voulais votre fille. Mais elle ne vaut plus grand chose, maintenant."
Un frisson glacé courra le long du dos de l'ancienne hexenbiest. Est-ce que quelque chose était arrivé à sa fille?
"SI vous avez touché à un cheveux-"
"Gardez-vous de faire des menace que vous ne pouvez pas mettre à exécution."
"Je n'ai pas besoin de mes pouvoirs pour vous tuer."
Stefania rit, un son dur et tranchant comme un éclat de verre.
"Ce n'était pas ce que vous disiez quand vous étiez prête à l'échanger contre eux."
Adalind serra les dents, se redressant lentement. Sa tête s'éclaircissait rapidement, mais elle ne voulait pas que la romani le sache. Elle recula jusqu'à avoir le dos au mur sans la lâcher des yeux.
"Vous ne l'avez pas."
"Je ne sais même pas où elle se trouve. Même si je sais qui l'a."
"Comment ça? Qui?"
Elle ne pouvait pas cacher l'espoir dans sa voix.
"Le Résistance. Vous les connaissez je crois."
"De nom."
Adalind était prudente. Elle pouvait encore s'en sortir, mais ça ne serait pas facile. Si seulement elle savait où se cachait les fils de la romani…
Stefania se leva et frappa dans ses mains, convoquant ses deux fils. L'un d'entre eux avait un couteau courbé à la ceinture.
"Voyez vous Adalind, vous non plus, vous ne valez plus grand-chose. Vivante en tout cas, vous ne valez rien pour moi," La reine remonta ses manches, repoussant ses cheveux dans son dos, "mais votre chair et vos os sont encore gorgés de la magie qui vous a rendu vos pouvoirs. Vous ne pouvez pas y accéder, bien sur," elle se rapprocha de la jeune femme, tout en étant sure de garder une marge de sécurité; ses yeux brillaient d'une leur indéchiffrable, "mais une fois correctement préparé, les morceaux pourrons être vendu à un prix correct."
Adalind bondit brusquement, non pas en direction de Stefania Vaduva Popescu, ni même de ses fils, mais droit sur la porte, de l'autre côté de la porte. L'adrénaline courait dans ses veines, transformant ce qu'elle voyait en amas de lames de rasoirs, tout en reliefs acérés. Elle réussi à traverser la moitié de la pièce avant qu'un des deux fils ne l'attrape à bras le corps, la soulevant du sol et coinçant ses bras contre son corps. Elle hurla et tenta de le frapper à coup de pieds, mais il se contenta de la jeter au sol, le crâne de la jeune femme rebondissant douloureusement et lui faisant voir des étoiles. Stefania Vaduva Popescu lança un ordre, peut-être en allemand; le fils qui avait attrapé Adalind lui écrasa la main, provoquant un autre hurlement alors qu'elle essayant de se relever. L'ancienne hexenbiest rampa sur ses genoux et coudes pour lui échapper, seulement pour être interceptée par le second fils, qui lui asséna un coup de pied vicieux au creux des rein. La douleur fusa, intense comme la foudre, et elle repoussa son envie de vomir en roula sur le côté, sa main blessée serrée contre sa poitrine.
"Assez," la voix de la reine romani claqua dans la pièce, coupant court à l'approche des deux hommes, "ne gâchez pas la viande."
Adalind tenta de se relever, le corps glacé et la tête brûlante.
"Non, non non non non…"
Stefania se rapprocha, attrapant le lame qui pendait à la ceinture de son fils.
"Apportez le seau."
La jeune femme réussi à se mettre sur ses pieds et s'élança à nouveau vers la sortie, pour être impitoyablement intercepté par un coup de pied qui l'envoya violemment au sol. Sa tête cogna à nouveau, et elle vit des étoiles. Quand elle revint à elle, une poignée de secondes plus tard, l'un des romani était en train de la traîner vers le centre de la pièce, où un large seau en métal trônait. L'autre fils et Stefania Vaduva Popescu s'y trouvait aussi; le fils avait une solide corde à la main. Adalind se remit à envoyer des coupe de pieds et à hurler, essayant désespérément de se dégager de la prise de fer de l'homme. Il fit un commentaire dans ce qu'elle pensait être de l'allemand, faisait rire son frère. Il avait le même rire rauque que sa mère. Celui qui la tenait la fit pivoter avec rudesse, bloquant ses bras dans son dos. Adalind ne se rendait même plus compte qu'elle hurlait; seulement qu'elle avait du mal à respirer. La reine romani lança un ordre à chacun de ses fils et celui qui tenait la jeune femme la força à se pencher au dessus du seau, les cris qu'elle poussait se changeant en supplications incohérentes. Stefania rajusta tranquillement sa prise sur le manche du couteau et lui trancha la gorge d'un geste fluide, le sang jaillissant comme d'une fontaine avant de frapper le fond du seau en pluie. Plus de sang s'accumula dans la bouche de l'ancienne hexenbiest alors qu'elle essayait désespérément de parler, ses yeux se voilant déjà. Le second fils enroula la corde autour de ses cheville tandis que l'autre maintenant le corps; ils allaient devoir la suspendre pour la vider convenablement. La reine romani s'était assurée qu'elle avait ce qu'il fallait pour assurer la conservation de ce qu'ils allaient récolter; après tout il n'était pas question de gâcher. Conrad Bonaparte serait son premier client. Il lui avait fourni la matière brute, aussi elle était plus que prête à lui offrir son choix des meilleurs morceaux. Elle ne s'inquiétait pas de ce qu'il allait en faire; elle ne comptait pas rester en Amérique suffisamment longtemps pour ça, et même Black Claw n'oserait pas s'en prendre à sa communauté, pas avec les liens qu'elle avait pris soin d'entretenir avec les wesens européens.
