Le grimm se réveilla le lendemain avec la langue parcheminée et l'impression d'être passé sous un camion. Il grommela sous la douche, grommela en faisant du café, et décida de grommeler à qui de droit en attendant qu'il passe. Rosalee décrocha rapidement, le mettant en haut parleur à en juger par les bruits ambiants.
"Bonjour Nick, il y a une problème?"
"Mhf," il pensa à argumenter que ce n'était pas toujours la raison de ses appels, mais ça l'était bien trop souvent, "C'était quoi exactement ce que tu m'as donné hier?"
"Tu voulait un coup de fouet non?"
"Moui…"
"C'est normal d'avoir un contre coup." La fuchsbau semblait particulièrement contente d'elle.
"Merci d'avoir prévenu!"
"Tu était pressé," Nick entendit les protestations molles de Monroe face à l'injustice que subissait le grimm et ne pu retenir un sourire. Rosalee reprit la parole, un sourire dans la voix, "Hydrate toi bien, avec autre chose que du café, et ça ira très bien."
"Mouais." Nick se versa quand même une tasse, coinçant le téléphone sous son menton.
"Alors ce zaubertrank?"
"Quand je suis parti la mère du capitaine se penchait dessus."
Monroe ne pu retenir son exclamation.
"Vous l'avez faite revenir?!"
"On avait pas trop le choix," répondit calmement Nick entre deux gorgées de café, "On avait besoin de quelqu'un qui en savait plus sur les potions que Rosalee."
"Je ne sais pas si je devrait me sentir flattée." Se demandât l'intéressée.
"Je dirait que oui…?" Monroe ne semblait pas totalement convaincu. Le portable de Nick bipa et il consulta l'écran avec une grimace.
"Wu m'appelle, je vais devoir raccrocher."
"Bonne journée mec."
"Bonne journée à vous deux."
Le détective répondit au sergent en finissant sa tasse.
"Hey Wu."
"Nick," le ton du phillipin était rapide, urgent, "Le capitaine a disparu."
"Comment ça, disparu?" Le grimm passa automatiquement à l'action, vérifiant son holster et enfilant sa veste.
"Il n'a pas fait son check-in ce matin, ni auprès de Meisner ni auprès de moi. Vu l'endroit où il est-"
"Tu as bien fait de m'appeler. Tu as la moindre idée d'où il peut être?"
"Je vais localiser son portable. J'attends le bon moment, avec ces histoires de taupes…"
"Soit prudent."
"Ouais. Il vaut sans doute mieux que tu ne viennes pas tout de suite au commissariat."
"Je vais me rapprocher du centre-ville, au cas où," Le grimm attrapa ses clefs, "et retrouver Hank, et prévenir l'organisation. Attend," Il verrouilla sa porte et ouvrit sa voiture.
"Nick?"
"Oui désolé. Tu as toujours le numéro que je t'avais donné, celui-"
"oui, je l'ai."
"Demande-leur de localiser le capitaine pour nous."
Il y eu un petit silence au bout du fil.
"Bonne idée. Je te rappelle."
"Okay."
Nick s'installa derrière le volant et démarra en appelant son partenaire, lui expliquant la situation en roulant.
Les deux hommes se retrouvèrent rapidement, dans un parking peu fréquenté à cette heure de la journée, Nick marchant nerveusement de long en large en attendant l'appel du sergent. Hank était resté contre sa voiture, les yeux fixés sur son ami. Il se frottait la barbe par intermittences, retenant des jurons. Toute cette histoire avait été une dangereuse improvisation de bout en bout et voilà où ils en étaient rendu. Il se refusait à la dire à voix haute, mais il en sentait le poids dans son estomac.
Le portable du grimm sonna enfin, faisant sursauter les deux hommes.
"Wu?!"
Le philippin leur donna l'adresse d'une maison cossue en banlieue sans même prendre le temps de respirer. Les deux détectives avaient démarré avant même qu'il ait fini.
Ils rattrapèrent la voiture de Wu à mi-chemin, puis, Au coin de la rue avant d'arriver sur place, ils furent intercepté par l'organisation phénix, représentée par Meisner, Trubel, une Eve déjà woge et Elizabeth Lascelles, qui avait troqué son élégant tailleur pantalon pour l'un des treillis de l'organisation. L'ancien de la résistance leur tendit des gilets en kevlar, les lèvres tellement serrées qu'elles en étaient blanches. La jeune grimm se balançait sur ses talons, une main jouant nerveusement avec le manche du couteau de chasse niché sur sa hanche.
"Ça crains."
Nick finit de s'harnacher et attrapa l'arme que lui tendait Eve avec une grimace. Elle était en tout point identique à la sienne, hormis qu'elle n'était pas fichée par la police de Portland.
"Tu peux le dire."
Wu refusa l'arme et sorti son fusil à pompe de son coffre, faisant signe à ses deux collèges d'y mettre leur plaques.
Trubel se passa la langue sur les lèvres en fronçant les sourcils.
"J'aurai jamais cru qu'on se retrouverait à devoir sauver votre capitaine. J'veux dire…"
Meisner lui fit un geste impératif avant de jeter malgré lui un regard furtif à Elizabeth, qui semblait ne pas faire attention au paroles de la grimm, toute sa concentration sur la maison dont ils pouvaient apercevoir le toit. L'ancien de la résistance déglutit avant de prendre la parole.
"On ne va pas perdre de temps. Restez groupé, Nick avec Hank et Wu, Trubel avec Eve et Elizabeth avec moi. Il y a un système de communication dans les gilets, vous pouvez activer le micro en appuyant sur le côté du col," il fit une démonstration, s'assurant que tout le monde avait trouvé le bouton, "On part du principe que black claw nous a déjà grillé, ils vont tirer pour tuer, faites de même," il jeta un regard significatif aux trois policiers en disant cela. Hank serra les lèvres mais ne fit aucun commentaire. Wu déglutit difficilement, mais raffermit sa prise sur son fusil.
"Allons y."
Nick se demandait comment Meisner comptait leur faire parcourir les cinq cent mètres qui les séparaient encore de leur cible alors qu'ils étaient tous armés jusqu'au dents, lorsque Eve se plaça en tête et leva les mains, le visage plissé de concentration. L'air autour d'eux sembla s'altérer, miroiter, et elle se mit à avancer, les entraînant à sa suite.
"Qu'est ce que…?"
Trubel lui jeta un regard par dessus son épaule, esquissant un sourire devant l'ébahissement de son aîné.
"Télékinésie, mais super super précis, genre molécules."
Elizabeth Lascelles leva un sourcil, son visage ondulant alors qu'elle inspectait le travail de l'ancienne vétérinaire.
"Manipulation de la réfraction. Impressionnant."
Wu se tourna à demi vers elle, l'air septique.
"Un effet similaire au principe des mirages?"
"Exactement."
Le philippin se rapprocha du centre du groupe avec nervosité.
"Ouais, gardez bien les mains et les pieds à l'intérieur de l'appareil hein."
L'interrogation était visible sur le visage de Hank, mais il préféra reporter les explications à plus tard. Ils étaient arrivé devant la maison. Les quatre hommes dégainèrent, gardant le canon de leur armes vers le sol. Elizabeth se glissa au côté d'Eve et tira d'une de ses poches un assemblage d'os, une ribambelles de phalanges accrochées ensemble pendant d'un radius à l'extrémité affinée. L'ensemble était jauni, usé. Elle approcha le radius de la serrure et l'extrémité ramollit, entrant dans le trou de serrure avec facilité. Il y eu un déclic et la porte s'entrebâilla. Usant de télékinésie, Eve poussa la porte sans bruit, dévoilant un vestibule au sol parqueté couvert d'un luxueux tapis et des murs couverts d'une élégante tapisserie crème. Le guéridon de bois verni qui devait habituellement trôner au centre de la pièce était renversé au sol, accompagné d'un vase brisé. Un arche s'ouvrait au fond, laissant voir un escalier monumental. Deux portes plus discrètes s'ouvraient sur les côté, fermées. La maison semblait silencieuse. Le groupe avança en faisant attention à ne pas marcher sur les éclats, le tapis étouffant le bruit de leur pas. Trubel repoussa le battant de la porte avec soin avant de rejoindre Eve. Meinser parcouru rapidement le groupe du regard avant de leur faire signe de se disperser. La grimm et l'ancienne vétérinaire prirent la première porte, qui s'ouvrit sans résistance. Les trois policiers s'avancèrent vers l'arche et l'escalier derrière celle-ci, laissant à Elizabeth et Meisner la seconde porte. Déjà, la voix de Trubel sortait de leur gilet, les informant qu'ils n'y avaient rien à signaler. Nick s'en doutait. D'après son expérience, les laboratoires illégaux étaient plutôt dans les sous-sol, pour l'accès facile au égouts et l'absence de fenêtres. Il attirant l'attention de ses amis et désigna le sol. Les deux hommes hochèrent la tête avant de reprendre leur inspection de la pièce. Elle était tapissé comme l'entrée, dans des tons crèmes, et tout aussi vide et silencieuse. Deux couloirs s'ouvraient sur les côtés, s'enfonçant dans la maison. Suivant leur instinct et expérience, ils ignorèrent l'escalier et s'enfoncèrent dans un des couloirs, signalant leur décision au reste du groupe. Wu pris la tête, son fusil à pompe bien calé sur son épaule. Ils tombèrent rapidement sur une large porte en chêne, l'un des battants ouvert. Un odeur douceâtre s'exhalait de l'ouverture. Nick se rapprocha précautionneusement pour jeter un coup d'oeil; le sol au delà de l'ouverture était bétonnée, portant des traces humides et un escalier s'enfonçait vers un sous-sol. Un téléphone portable gisait au sol.
"Bingo," il enfonça le bouton sur son col, "On a trouvé l'entrée du sous-sol. Il y a une odeur bizarre, et la porte est ouverte."
La voix de Meisner crépita dans l'émetteur, "position?"
"Dans le couloir à gauche de l'escalier par rapport à l'entrée."
Il y eu un bruit derrière eux et les trois hommes pivotèrent en levant leur armes. Trubel et Eve les avaient rejoints.
"Rien de notre côté. On a trouvé un espèce de dortoir cela dit," la grimm plissa le nez en se rapprochant de la porte, "c'est quoi cette odeur?"
"Décomposition." Fut la réponse de Eve. Ils n'eurent pas le temps d'épiloguer; Meinser et Elizabeth était là. L'ancien résistant et Nick échangèrent un regard avant de prendre la tête ensemble, se couvrant mutuellement. Nick se baissa; l'odeur semblait provenir du liquide qui tachait encore le sol. Il ramassa le portable; l'écran était brisé et aveugle. Il le glissa dans sa poche et repris son avancée. Ils descendirent lentement l'escalier de béton,l'odeur s'intensifiant et la luminosité diminuant à mesure qu'ils descendaient. Les murs étaient humides sur quasiment deux mètres de hauteur. Tout deux atteignirent sans encombre le bas des marches; les murs de placo étaient couverts de griffures et de trou assez large pour y passer le poing, et taché de coulées brunes. Le reste du couloir était plongée dans une pénombre entrecoupée de néons clignotant. Le grimm pouvait entendre un grondement rythmique; une machine était encore au travail quelque part. Meisner tira deux lampes torches de ses poches et en tendit une à Nick avant d'allumer la sienne, balayant le plafond; le néons au dessus d'eux avait été brisé.
"Qu'est ce qui c'est passé ici…"
"Plus tard."
Nick hocha la tête et ils donnèrent le signal pour le reste du groupe de les rejoindre.
