La clochette de la porte tinta, les faisant sursauter. Nick leur fit signe de ne pas faire de bruit et lui comme Hank portèrent lentement la main à leur armes… Pour voir surgir Trubel, son casque sur le bras et une liasse de papiers dans les mains.

"Je savais bien que vous seriez là. J'ai pensé que ça serait plus rapide que d'aller au QG. M'dame L, vous êtes au téléphone?"

"Oui Thérésa," l'hexenbiest ne semblait pas s'offusquer du surnom, "et vous avez des papiers qui m'intéresse."

"Yep, j'ai pris de l'avance et je suis allée directement au sous-sol, et j'ai trouvé un dossier coincé dans un tiroir. Bon j'y comprend pas grand chose, " elle fit la grimace, posant la pile sur la table, "mais je suis assez sure que c'est un compte-rendu d'expérience. J'veux dire, c'est codifié pareil que ceux que j'ai déjà vu au QG."

Rosalee attrapa le tous et les feuilleta rapidement avant d'en extraire un feuillet.

"J'ai trouvé quelque chose d'intéressant. Ça parle de différentes quantités de wechselbalg. J'ai déjà vu ce mot quelque part…"

"C'est un wesen."

"Pardon?"

Le petit groupe fixa le téléphone, tous à des niveaux variable de stupeur.

"Un wesen?"

Le ton d'Elizabeth était devenu plus rapide, presque urgent; ils pouvaient entendre des bruits de verres qui s'entrechoquent et le souffle de bec bensen.

"Une espèce rare. On les appellent aussi doppelgänger."

"Des doubles maléfiques?"

"Ils sont à l'origine de la légende oui. Thérésa," La grimm sursauta en attendant son prénom, "il y avait-il dans ce laboratoire n'importe quoi contenant un liquide argenté, qui ressemblerait à du mercure?"

"Honnêtement je ne sais pas, j'ai dû chercher à la lampe de poche."

"Allez vérifier. Sinon, prenez tout ce qui ressemble de près ou de loin à un morceau d'être humain et ramenez-le moi aussi vite que possible."

"Uh, okay. J'y vais."

La jeune femme salua le reste du petit groupe et reparti en enfilant son casque. Le reste s'entre-regarda, Monroe articulant sans bruit les mots "morceau d'être humain" avec une expression incrédule.

Les quatre amis se remirent à leur recherches, après que Rosalee et Elizabeth aient comparé leurs notes sur l'erstewoge avec les ingrédients utilisé par Black Claw. La facilité avec laquelle ils avaient transformé un traitement médical en arme leur faisait froid dans le dos.

La jeune grimm retourna à l'ex-quartier général de Black Claw, se glissant par derrière pour limiter les risques d'attirer l'attention des voisins. La plus grande part de leur cellule de l'organisation phénix était présente, bourdonnant comme une ruche de mellifers. Trubel sourit pour elle-même, satisfaite de l'à-propos de sa comparaison. Elle salua Meisner d'un coup de menton et se glissa dans le dos de Chavez, ne voulant pas lui avouer ses arrangements avec les ordres stricts de sa nouvelle directrice. La grimm retourna au sous-sol, ressortant sa torche avec un soupir. Il aurait quand même pu utiliser les interrupteurs au lieu d'exploser les néons. Elle balaya le mur de sa lampe, la lumière jouant sur les profondes balafres que le semi-zauberbiest avait fait dans les murs. Bon, il aurait peut-être eu du mal. Trubel secoua la tête en recommença à fouiller les laboratoires, inspectant les frigos et retournant les étagères en grommelant dans sa barbe. Elle trouva des tubes à essais visiblement oubliés dans la hâte de l'évacuation, et remonta discrètement pour emprunter une petite glacière. Elle devinait que l'équipe allait descendre et y retourna rapidement. La grimm savait qu'ils travaillaient tous ensemble, mais en même temps… Elle glissa les tubes dans sa glacière et recommença sa fouille, s'enfonçant de plus en plus dans les profondeurs du sous-sol. Finalement, elle remarqua une porte fermée par une serrure électronique.

"Gagné…"

Trubel examina la serrure avec une grimace pensive; c'était un modèle récent, avec un clavier à code. Elle rumina quelque secondes avant d'examiner les gonds de la porte, mais elle n'allait pas s'en tirer si facilement. Elle souffla plus fort et photographia la serrure avant de remonter pour envoyer la photo à Mac. La jeune femme n'eut pas à patienter longtemps; l'esbieber lui renvoya une liste d'instructions détaillées et elle redescendit rapidement. Gardant un oeil sur la liste et sa lampe entre les dents, elle utilisa son couteau de chasse pour trifouiller la serrure jusqu'à ce qu'elle cède, pour sa plus grande satisfaction.

"Merci Mac…"

Elle entra dans la pièce, et appuya sur l'interrupteur avec un petit sourire. La pièce où elle se trouvait était à peine plus grande qu'un placard et tapissée de réfrigérateurs. La grimm en ouvrit un au hasard, et le trouvant rempli de récipients soigneusement étiquetés. Elle prit les étiquettes en photo et changea de frigo.

Elle fut chanceuse au troisième coup, tombant nez à nez avec un alignement de bocaux en verres au contenu allant du morceau de chair non identifiés aux doigts aux ongles encore vernis. Trubel leva les sourcils sans plus de commentaire et rempli sa glacière de son butin avant de remonter. Elle intercepta Meisner sur le chemin de la sortie, lui signalant ce qu'elle avait trouvé avant de prendre la poudre d'escampette.

Eve cessa provisoirement de broyer du romarin, levant les yeux vers la paillasse face à elle et l'hexenbiest qui y travaillait. Sur une impulsion, elle coupa le haut parleur du téléphone avant de prendre la parole.

"Elizabeth, Il y a un autre solution."

"Pardonnez moi?"

"Nick et sa mère… ils ont trouvé le moyen de retirer le woge de Diana. D'après eux, c'est temporaire."

Son interlocutrice reposa soigneusement ses instruments et souleva son bêcher pour vérifier sa suspension avant de répondre.

"D'après eux."

"J'ai confiance en Nick."

Elizabeth reposa le récipient sur la paillasse et repoussa ses cheveux avec un soupir si léger qu'Eve se demanda si elle l'avait réellement entendu.

"Ce n'est pas à moi de décider."

"Je vais lui parler."

L'ancienne vétérinaire sortit du laboratoire et franchit la courte distance qui les séparaient de la salle où le semi-zauberbiest était installé. Elle toqua à la porte, et Mac vint lui ouvrir, repoussant ses lunettes de vision nocturne sur son front. Il s'était mit en tête de bricoler un système qui permettrait au capitaine d'accéder au système de communication de l'organisation, histoire de le distraire. Il fit entrer l'hexenbiest, qui referma la porte derrière elle avec soin. Le semi-zauberbiest marchait de long en large; il ne s'arrêta pas mais ralentit en l'entendant.

"Eve?"

"Bonjour Sean."

Les os de Renard cliquetèrent sur le sol, à peine audible au dessus du bruits des outils de Mac.

"Vous avez des nouvelles informations?"

"J'ai une autre solution."

Il arrêta de marcher, et elle eut l'impression d'apercevoir une lueur verdâtre face à elle; son oeil valide.

"Comment ça?"

Eve prit une courte inspiration, l'odeur douceâtre qui régnait la pièce étrangement confortable.

"Nick et sa mère on trouver un moyen de retirer le woge de Diana."

"Quoi?!"

"C'est temporaire. J'ai pensé-"

"Non."

"Sean, c'est la solution la plus-"

"NON!"

Le semi zauberbiest gronda sourdement.

"Vous ne comprenez pas ce dont vous parlez."

"Je sais de quoi je parle."

Renard gronda à nouveau; Eve pouvait sentir son haleine brûlante. Elle wogea, faisant un pas en arrière, prête à se défendre. Elle sentit plus qu'elle entendit Mac se glisser à ses côtés, et il prit la parole d'une voix apaisante.

"Capitaine, Eve ne cherche qu'à vous aider, même si c'est maladroit. Nous respectons votre décision, quelle qu'elle soit."

Le grondement du semi-zauberbiest s'apaisa lentement, mais il se remit à marcher de long en large, ignorant les deux autres occupants de la pièce. Mac tira doucement l'ancienne vétérinaire par la manche et la fit sortir de la pièce avec lui.

"C'était une bonne idée."

"Mh."

Eve retrouva apparence humaine et se passa une main sur le visage.

"Il va mourir de faim, si ne n'est pas de déshydratation."

"Notre docteur est plus têtu que ça, et lui aussi."

Eve soupira et retourna au laboratoire sans ajouter un mot; Elizabeth l'évalua d'un regard et sembla deviner le ton de la conversation. Elles travaillèrent quelques minutes en silence, mais l'ancienne vétérinaire avait besoin de comprendre.

"Je ne comprend pas pourquoi il refuse."

"Je ne m'attendait pas au contraire."

"C'est le plus raisonnable, sans parler de praticité."

"Sean est né comme ça."

Elizabeth leva les yeux de son travail pour fixer son interlocutrice d'un regard aigu mais compréhensif.

"Vos situation sont plus différentes que vous le pensez. Et je suis désolée de ce qui vous êtes arrivé."

"Vous ne pouviez pas savoir que ça irait aussi loin."

"Personne n'aurait pu deviner, mais je vous présente tout de même mes excuses."

Eve resta silencieuse, troublée.

"J'ai… Juliette a été en colère très longtemps. Elle a fait des choses… Impardonnables." elle tendit un tube à essai à son aînée avant de retourner à sa paillasse.

"Alors vous êtes devenue Eve."

"C'est tout ce que j'avais."

Elizabeth l'observa un instant, le visage adouci par la compassion.

"Vous ne pensez pas que c'est à ceux qui ont été blessé de décider de la gravité de la faute?"

Eve déglutit douloureusement et s'absorba dans son travail. Au bout de quelque minutes, elle murmura, comme pour elle-même:

"J'ai été blessée aussi."