Lorsqu'elle se retrouva à nouveau à l'ancien QG de Black Claw, Trubel ne put dépasser le vestibule; Meisner s'y tenait en embuscade et la traina avec lui dans ce qui avait été un salon, où l'agent Chavez et l'envoyé du conseil, Alexander, essayaient très civilement de ne pas se hurler dessus. La grimm freina des quatre fers et tira Meisner pour un aparté.
"Qu'est ce qui se passe là?"
"L'un des agents de Black Claw a travaillé pour le conseil wesen."
"Oho…"
"Ouais."
La jeune femme essaya de ravaler son sourire amusé; au vu de l'expression du mercenaire, ce n'était pas une réussite.
"J'ai l'impression que tu ne prend pas la situation au sérieux, Trubel."
Elle soupira silencieusement, repoussa sa frange d'un geste rapide.
"Je prend la situation très au sérieux, mais ça m'amuse de voir Chavez engueuler quelqu'un d'autre que toi."
Meisner secoua la tête avec fatalisme avant de se tourner vers les deux autres occupants de la pièce. Chavez les fixait d'un air peu amène.
"Vous avez fini?"
"Oui madame."
"Bien," elle attrapa un dossier vide et commença rapidement à le remplir d'un mélange de documents et de photos, "Thérésa, tout cela doit être délivré à nos analystes au plus vite. Prenez Alexander avec vous. Tout cela va bien plus loin que nous le pensions."
La grimm fit la grimace mais hocha la tête avant de se tourner vers Meisner.
"Est-ce que vous avez trouvé d'autre morceaux en bas?"
"Dans les frigos que tu as trouvé? Rien d'identifiable. C'est Madame Lascelles qui te l'a demandé?"
La grimm roula des yeux, comme si quelqu'un d'autre allait lui réclamer des bouts d'être humain -ou wesen, en l'occurence.
"Oui. Est-ce que vous pourriez vérifier? Ça pourrait vraiment aider."
"Je m'en occupe, ne perd pas de temps."
Elle hocha la tête et récupéra le dossier et le Pflichttreue, qui jeta un rapide regard à la moto de la grimm avant de prendre sa propre voiture d'un air vaguement offensé. Trubel roula des yeux et pris la tête, le traitant à mi voix de poule mouillée.
Trubel se gara devant l'entrée du bunker en se disant que ça ne lui ferait pas de mal de se poser une minute. Alexander ne tarda pas à la rejoindre, l'air soucieux.
"Vous devriez faire venir le grimm, tout cela le concerne aussi."
"Oh ne vous inquiétez pas," elle déverrouilla la porte et le fit entrer, "Nick et les autres sont en contact avec la mère du capitaine depuis qu'on l'a récupéré, on aura juste à transmettre l'appel depuis la salle de contrôle."
"Mh."
Ils montèrent dans l'ascenseur et la jeune femme escorta sa charge jusqu'à sa destination avant d'aller prévenir les deux hexenbiests de son retour. Elle s'excusant de ne pas avoir trouvé ce qu'Elizabeth voulait, mais la mère du capitaine repoussa ses excuses sans prendre de gants; elle n'avait pas le temps pour ce genre de chose, et son fils encore moins. Trubel prévint aussi le reste du groupe à travers le téléphone de la demande de l'envoyé du conseil wesen, et finalement attrapa Mac pour qu'il mette en place la conférence. L'eisbiber venait de finir de mettre un place de système pour le capitaine, et le branchant sur la conférence sans hésiter.
"Okay, tout le monde entend tout le monde?"
Après que tous aient répondu par l'affirmative, la grimm jeta à Alexander un regard interrogatif, et le Pflichttreue s'éclaircit la voix avant de tapoter le dossier qu'il tenait, plus par habitude qu'autre chose.
"Durant la fouille jointe dans le manoir de Bonaparte, l'organisation et moi avons découvert quelque chose d'inquiétant. L'un des membres de ce groupe-"
"le groupe formellement connu sous le nom de black claw" marmonna Trubel dans un chuchotement de théâtre. Alexander pinça les lèvres avant de reprendre d'un ton sec.
"J'ai reconnu un des membres comme état une ancienne employée du conseil."
Nick fut le premier à réagir, Rosalee le suivant de près.
"Comment ça?"
"Qui ça?"
Renard conclut la rafale de questions avec la sienne:
"A quel niveau?"
Alexander soupira doucement; il semblait vexé, même si ce n'était pas par ces questions parfaitement justifiées.
"Une ancienne secrétaire, mademoiselle Wood."
"Ah," le capitaine gronda doucement en reconnaissant ce nom, "elle faisait partie du groupe qui m'a contacté. Elle semblait être le bras droit de Bonaparte."
"Ça ne me surprend pas."
"Vous avez dit qu'elle était une ancienne employée," commença Monroe avec un rien d'hésitation, "elle a démissionnée ou…?"
"Non, elle a été renvoyée."
"Excusez moi si je me trompe mais… Je ne pensait pas qu'il était possible de quitter le conseil Wesen autrement que les pieds devant."
Le Pflichttreue se hérissa.
"Je ne sais pas d'où cette impression vous vient, mais c'est une fausse idée. Madmoiselle Wood était la secrétaire d'un de nos membres et quand un doute dans ses allégeances a été porté à notre connaissance, elle a été renvoyée, avec une l'indemnité de circonstance."
"Ses allégeances?" remarqua froidement Elizabeth. Alexander soupira silencieusement, posa le dossier devant lui et le lissant doucement.
"Elle avait des contacts réguliers avec un agent du Verrat," avant que quiconque ait pu produire plus qu'un bruit de surprise scandalisé, il enchaîna, "nous n'avions aucune raison de croire à autre chose qu'une relation strictement personnelle, mais nous avons préféré ne pas prendre de risques."
"Saviez vous depuis combien de temps cette relation existait?"
Le Pflichttreue se passa la langue sur les lèvres avec nervosité.
"Quelques mois, à notre connaissance. Il n'y avait pas eu de fuites significatives, sans quoi nous aurions pris des mesures."
Trubel leva un sourcil dans sa direction.
"Quel genre de mesures?"
Le wesen ne la gratifia pas d'une réponse, préférant prendre une inspiration stabilisatrice.
"Soyons clair, je ne cherche pas d'excuses. Je présente simplement les raisons qui nous ont mené à conclure que mademoiselle Wood n'était pas une menace."
Monroe reprit nerveusement la parole.
"Dooonc… Le Verrat hein. Je ne voudrait pas paraître paranoïaque, mais…"
"Nous savons d'où ils prennent leur ordres."
La voix d'Elizabeth était froide, tranchante.
"Mais ils en ont pas marre à la fin?!"
Le grimm en avait assez, des royaux et de leur magouilles.
"Nick, je ne crois pas-"
"Ça peut pas toujours être cette histoire de clefs, c'est pas possible…"
Le capitaine intervint froidement.
"Ce sera toujours présent, mais non, bien sur qu'il n'y a pas que ça. Nous les avons- je les ait défié ouvertement plus d'une fois ces dernières années. Anton, Erik, Kenneth… Sans parler de mes liens avec la résistance."
"Alors ils envoient une organisation terroriste?"
Le grimm semblait estomaqué, tout comme Trubel. Alexander secoua la tête, mais il ne paraissait pas trouver l'idée si surprenante.
"Ils mettraient l'Oregon à feu et à sang pour se venger d'une seule personne?"
"Connaissez-vous un tant soit peu l'histoire de l'Europe?"
Le ton du capitaine était tellement pince-sans-rire qu'il était impossible de savoir s'il était sérieux ou non. Trubel pris mentalement note de jeter un oeil à cette fameuse histoire, juste au cas où.
"Okay, admettons."
La frustration de Nick était palpable à travers le combiné. Il soupira lourdement.
"Bon, ça ne nous laisse plus tellement de solution."
"Uuuuh Nick, mec, à quoi tu pense exactement?"
"Monroe, L'escalade doit s'arrêter d'une façon où d'une autre."
"Je suis pas certain de te suivre…"
"Pour tout dire, je me sens l'esprit révolutionnaire."
Trubel trouvait ça tout à fait raisonnable. A l'expression que faisait Alexander, il ne partageait pas son avis.
"Mr Buckhart-"
"Nick, il n'y aura pas de renversement de la royauté d'Autriche-Hongrie."
"Capitaine…"
"Non pas que je n'en ai pas envie," nuança Renard d'un ton patient, "Mais Nous ne pouvons pas être sur que leur remplacement n'aura pas comme premier intérêt de nous éliminer."
"Il ne serait pas content d'avoir le champ libre?"
Alexander ne put s'empêcher de rouler des yeux.
"Les royaux n'ont que peu d'appréciation pour les régicides."
Nick grommela indistinctement.
"Si vous avez une meilleur solution, je suis preneur."
"Quelque chose qui n'implique pas de mettre l'Europe à feu et à sang?"
proposa Hank d'un ton conciliant.
"C'est l'Europe qui a commencé." Fit remarquer Trubel avec un rien de perfidie. L'envoyé du conseil lui jeta un regard dépourvu d'aménité, et elle se passa une main dans les cheveux sans pour autant revenir sur ce qu'elle venait de dire. La voix d'Eve s'éleva à son tour depuis le combiné, parfaitement dépourvu d'émotion.
"Il n'y a aucun moyen de négocier avec le nouveau roi? Victor c'est bien ça?"
"Pas avec la mort de Fréderic." Fut la réponse catégorique d'Elizabeth. Monroe poussa un petit soupir vaincu.
"Tout ça commence sérieusement à me filer mal au crâne. Je suis le seul? Rosalee?"
"Je vais faire du thé."
Même le thé de Rosalee ne pouvait être miraculeux à chaque fois. Après une généreuse tasse, Nick était toujours aussi remonté et le reste du groupe ne pouvait que lui donner raison sur le coeur du problème: ils devaient faire quelque chose pour faire comprendre au familles royales qu'ils feraient mieux de s'occuper de leur affaires. Seul Trubel était vocalement pour l'option révolutionnaire proposée par le grimm, mais les protestations d'Elizabeth était plutôt molles. Elle semblait plus intéressée par les livres de la fuchsbau, qui était retournée à ses recherches sur les wechselbalg. La voix de l'apothicaire résonna au dessus des autres, triomphante.
"Adrénaline."
"… Bien sur."
Eve fronça les sourcils.
"Pardon?"
"Un woge involontaire est typiquement le fruit d'une décharge d'adrénaline, Je ne vais pas vous faire un cours sur le stress," l'hexenbiest s'éloigna de la paillasse pour aller fouiller les frigos mit à leur disposition par l'organisation, "court-circuiter le système pourrait suffire à permettre un retour à la normale."
Eve s'était elle aussi mise en mouvement dès qu'elle avait compris de quoi la mère du capitaine parlait.
"Vous pensez à un axiolytique?"
"Tout ce qui pourrait bloquer les récepteurs."
"Béta-bloquants donc."
Le docteur Davis surgit dans la laboratoire, l'air peu amusé.
"Et comment vous comptez déterminer la posologie toutes les deux?"
Elizabeth lui jeta un regard rapide.
"Avec votre aide bien entendu."
Il roula des yeux.
"Et vous allez l'ajouter à votre brouet, comme ça?"
Elizabeth cessa de chercher et l'épingla d'un regard glacé.
"Docteur, croyez-vous réellement que je mettrais ainsi la vie de mon fils en danger si j'avais d'autre choix?"
"… Non, bien sur que non," il soupira doucement, mal à l'aise, "J'ai des béta-bloquants dans une armoire fermée."
"Merci."
Il s'esquiva pendant que l'hexenbiest filtrait le mélange qu'elle avait préparé. Il revint quelques minutes plus tard avec une boite de pilules.
"Okay, c'est 480mg par jour chez l'adulte…," Le médecin rejoignit Elizabeth à sa paillasse et fixa un instant la boite avant de commencer à mettre des pilules dans un mortier en secouant la tête, "je suppose qu'en triplant la dose…"
Eve se passa la langue sur les lèvres, le visage tendu.
"Quel sont les effets secondaires?"
"Le plus gênant? Tachycardie. J'ai un chariot d'urgence avec un défibrilateur et de l'épinephrine. Contre-productif, mais ça pourrait lui sauver la vie si on en arrive là."
L'ancienne vétérinaire hocha la tête, les lèvres pincées.
"Je vais chercher le chariot."
Ils se retrouvèrent quelques minutes plus tard devant la porte de la salle où se trouvait le semi-zauberbiest. Elizabeth toqua avant d'entrer, suivie de près par les deux autres.
"Sean, nous avons peut-être la solution."
"Je sais."
L'hexebiest resta un instant interdite avant de comprendre.
"Nous étions toujours en ligne…" elle secoua la tête, "pas la peine de perdre de temps en explication alors."
Renard s'accroupit docilement, ouvrant la bouche pour permettre à sa mère d'y verser la potion. Elle recula d'un pas tandis qu'il déglutissait, l'observant attentivement.
La capitaine se mis à frissonner, ses mâchoires claquant convulsivement. Il se replia sur lui-même, respirant par à-coup; il vacillant et tomba sur le flanc, le corps parcouru de violent soubresauts.
"Il convulse!"
Eve attrapa le médecin par le bras avant qu'il ne puisse décrocher les palettes du défibrillateurs. Elle pouvait sentir qu'il se passait quelque chose avec le woge du capitaine, et elle avait peur qu'intervenir ne gâche sa chance de retrouver visage humain.
"Eve bordel!"
"Laissez lui le temps."
"Le temps de quoi? De s'évanouir et s'étouffer?!"
"Il ne va pas s'évanouir."
Les soubresauts qui agitaient le corps du capitaine se précisèrent; il poussa un gémissement sourd, arquant le dos sous l'effet de la douleur.
Quelque chose se brisa avec un craquement humide. Elizabeth se figea.
"Sean…"
La forme prostrée du semi-zauberbiest ondula, se recroquevillant sur elle-même, les muscles rampant sur les os; des plaques de peau apparurent, se répandirent comment de l'eau, redéfinissant les formes, jusqu'à ce que la silhouette monstrueuse ne soit remplacé par celle du capitaine, le souffle court, encoure couvert de l'épais fluide qui avait envahi la pièce. Il resta au sol un instant avant de se redresser sur les genoux, fixant ses mains.
"Sean?"
"Mon coeur va trop vite."
ELizabeth attrapa un serviette sur le chariot d'urgence et se rapprocha de son fils pour lui essuyer le visage.
"Ça va passer…"
Eve relâcha légèrement son emprise sur le bras du médecin, mais le tira tout de même en dehors de la pièce.
Yep, le dernier chapitre de la partie 1 du Conte est finalement publié! Quoi, la partie 1? Oui, cette fanfiction ne m'a pas lachée et la suite devrais arriver sous peu _ peut-être pas la semaine prochaine, mais avant la fin du mois de juillet. Ami(e) lecteur, on se revois à ce moment là!
