Deux semaines plus tard, Renard invita formellement Nick, Hank, Wu, Rosalee, Monroe; ainsi que Meisner, Trubel et Eve à le rejoindre chez lui pour reprendre leur discussion à propos de leur projet visant à le remettre sur le trône. Le grimm ne savait toujours pas trop quoi en penser, mais il était assez sûr du fait que Sean Renard ferait un meilleur roi que Victor Renard, ne serait-ce que parce que ce dernier n'avait toujours pas réussi à se débarrasser du premier, et ce n'avait pas été faute d'essayer. Quand il se gara devant la maison du capitaine, il constata qu'il était le dernier arrivé. La réunion presque informelle avait lieu dans le salon du semi zauberbiest, et le grimm se fit la réflexion qu'il ne manquait que la mère de ce dernier. Il était presque sûr que la marque de bière était la même que la dernière fois; pas exactement une surprise, avec Monroe présent. Les saluts furent échangés, le grimm se retrouva doté de sa propre bouteille, et l'attention se tourna vers le capitaine.

"Merci d'être venus. Vous tous," Il marqua un temps d'arrêt, semblant presque gêné, "Je pense que la première question est savoir si vous tenez toujours à cette idée."

"Oui," La voix de Trubel résonna dans le silence, claire et sûre d'elle. Nick lui jeta un regard surpris et intrigué, mais la jeune femme n'avait pas quitté Renard des yeux, "J'ai passé du temps en Europe, plus que vous, plus que Nick. J'y connais peut-être pas grand chose en politique, mais j'ai assez fréquenté le Verrat pour savoir que c'est la seule solution."

"Je suis d'accord avec elle," appuya Meisner d'un ton prudent mais définitif. Renard hocha la tête, pensif, avant de reporter son regard vers Nick et ses amis. Wu fut le premier à prendre la parole, faisant inconsciemment un pas en avant.

"Franchement, je pense que ça sera une perte pour les forces de l'ordre de Portland de plus vous avoir, mais on aura tout à gagner à plus avoir à gérer des tentatives d'assassinat et autres joyeusetés."

Hank marmonna qu'il était d'accord sur ce dernier point, avant d'hausser un peu plus la voix pour être entendu de tous.

"J'aurai jamais cru être pour le renversement d'un roi, et pourtant…"

Cela tira quelques rires de l'assistance. Nick devinait que le capitaine attendait son avis, et dans une moindre mesure, Monroe et Rosalee aussi. C'était le moment de vérité pour lui. Il repensa au choix qu'avait fait Renard; au coup de fil qu'il avait reçu en pleine nuit, après que Bonaparte ne soit venu faire son ultimatum au Capitaine.

"Je vote pour."

Il échangea un regard avec le semi zauberbiest, qui inclina imperceptiblement la tête.

"Nous venons aussi, si vous voulez bien de nous," glissa Rosalee d'un ton léger, après avoir échangé un regard avec Monroe. Ce dernier bougonna que rencontrer un grimm avait définitivement été la pire chose qui lui soit jamais arrivé dans la vie, faisant rougir Nick et ricaner Wu. Trubel se tourna vers Eve en repoussant sa frange d'un coup de menton.

"Et toi, t'en pense quoi?"

Eve leva les sourcils.

"Cela m'est indifférent. Si je peux être utile, je viendrait."

Trubel fit la moue et haussa les épaules. Le capitaine réfléchit un instant avant de reprendre la parole.

"Dans ce cas…," il regarda brièvement Nick, avant de reprendre, "cela n'a pas de répercussion sur ce que nous nous apprêtons à faire, mais je suppose que certains d'entre-vous ne sont pas au courant. L'esterwoge a laissé des séquelles, impressionnantes mais sans gravité."

Rosalee fronça les sourcils.

"Votre woge est…"

"Altéré, mais sous contrôle."

"Uh," commença Monroe, avant de trouver ses mots, "altéré comment?"

Visiblement inconfortable, le semi zauberbiest inspira profondément et wogea. Trubel fit un pas en arrière en voyant les bois s'allonger au dessus de la tête du capitaine, marmonnant un vigoureux "merde!" dans sa barbe. Wu ouvrit des yeux comme des soucoupes; il avait été prévenu, mais le voir était autre chose. Le froncement de sourcils de Rosalee s'accentua, mais ce fut Monroe qui commenta.

"Eh ben mon vieux…"

Renard secoua la tête, retrouvant son visage habituel.

"Bon résumé."

Meisner décida d'enchaîner.

"Je me suis moi aussi rendu en Europe pour renouer avec la résistance et faire du repérage. Victor n'est pas très aimé."

"Je suis surpris." marmonna Wu. Le mercenaire l'ignora.

"Il néglige ses alliances, et n'as pas de problèmes pour se faire des ennemis, à l'extérieur comme à l'intérieur du royaume d'Autriche. Ce n'est pas tant sa politique en elle-même que la manière de l'appliquer."

"Victor n'a jamais eu là," Renard marqua une légère pause, le temps de trouver le mot qui convenait, "bonhomie, de Frédéric."

"Le patriarcat lui convenait bien."

Les deux hommes échangèrent un regard chargé, laissant le reste du groupe vaguement mal à l'aise sous le poids des non-dits.

"Tout ça pour dire que sa position est précaire, et il le sait."

"Qu'en pense la résistance?"

"Ils pensent qu'un allié potentiel et mieux qu'un ennemi déclaré. Officiellement, la résistance est toujours considérée responsable de la mort du roi précédent."

Renard hocha la tête.

"Un point pour nous. Quid de nos alliés potentiels?"

"L'Angleterre refusera officiellement; ils portent toujours le deuil de Kenneth."

"Et officieusement?" Remarqua Hank.

"Ils ne compte pas mettre des bâtons dans les roues de quiconque cherchant à déposer Victor."

"C'très sain tout ça." Remarqua Monroe d'un ton inconfortable.

"Certes," lui accorda Renard, avant de faire signe à Meinser de continuer. Le mercenaire fronça les sourcils, cherchant où il s'en était arrêté.

"La France serrait ouverte à une alliance, ne serait-ce que pour contrarier l'Angleterre. Cela nous donnerait le soutien de l'Italie et l'Espagne en sus."

"Et la Belgique restera avec l'Angleterre." Conclut pensivement Le capitaine.

"Excusez moi si je me trompe," commença Wu d'un ton prudent, "mais il y a pas un peu plus de pays que ça en Europe?"

"C'est exact, mais l'agenda de la politique royale ne correspond pas exactement à celle de la politique tout court. Ces pays sont indépendants des familles principales, parce que leur royauté a coupé les ponts ou parce que ce sont devenu au fil du temps des républiques."

"Oh. Okay."

"Notre but n'étant pas de déclencher une guerre, ils devraient rester neutre. Enfin c'est ce que nous espérons."

"Qu'est ce qu'on fait alors?," demanda Monroe d'un air incertain, "On va en France et on leur demande de nous filer un coup de main?"

Renard sourit, amusé.

"Plus ou moins. En y mettant plus de formes en tout cas."

"Et en leur offrant quelques choses en retour." Souligna Meisner.

"Comme quoi?" Demanda Nick.

"Avantages commerciaux, promesses d'aide militaires et humanitaires." Répliqua Renard sans prendre le temps de réfléchir. Pendant une fractions, il parut lui-même surpris de la rapidité de sa réponse. Il eu un petit sourire presque embarrassé.

"Certaines choses restent on dirait."

Meisner eu un hochement de tête approbateur. Wu fut plus… expansif.

"Ça explique tellement de choses sur vous capitaine."

"Je n'en doute pas," Répondit l'intéressé, pince-sans-rire. Il retourna rapidement à des considération plus sérieuses, "Je ne saurait pas vous dire combien de temps cela prendra. C'est un autre point à considérer pour ceux parmi nous qui ont un métier à responsabilités ici. Je vais devoir démissionner, et si vous décidez de me suivre, vous devrez sans doute le faire aussi." Il disait cela plus particulièrement à l'attention des trois policiers de l'assemblée. Rosalee haussa les épaules pendant qu'ils considéraient la question.

"En venant à Portland je n'aurait jamais cru y rester aussi longtemps… Mais je n'aurait pas de problème à vendre la boutique si l'on décide de partir, Monroe et moi."

Le blutbad parut un instant désemparé, avant de se redresser, sa résolution ferme dans son regard.

"Je pense… En tout cas pour moi," il rougit d'embarras mais enchaînait courageusement, "que c'est un moment pour choisir entre ce qui est confortable et ce qu'il faut faire, et j'ai du prendre beaucoup de décisions de ce genre depuis que je connaît Nick," il jeta un regard faussement assassin au grimm, "et choisir le devoir m'a toujours réussi. Éventuellement." Il regarda tendrement sa femme en disant cela. Nick sentit son regard glisser irrémédiablement vers Eve et se força à fixer ses mains le temps de se ressaisir.

"Ils acceptent les chats, en France?" Le ton était léger, mais Wu paraissait réellement inquiet. Meisner sourit sans pouvoir s'en empêcher.

"Ça doit pouvoir s'arranger."

Le sergent haussa les épaules.

"Alors il n'y a rien de mal à prendre une année sabbatique. Ou deux." De tous, Hank paraissait le plus réticent. Il regarda autour de lui et soupira doucement.

"Ce n'est pas tant le boulot… Une de mes ex-femme dépens encore de la pension que je lui verse."

"Je ne compte pas vous demander de vivre sur vos économies," lui répondit calmement Renard, "Ce que je vous demande reviens à vous faire travailler pour moi. Bien que je doute pouvoir être au niveau du chiffre d'affaires de votre boutique." Il inclina la tête vers Rosalee en disant cela. Monroe eut un petit geste indifférent. "Sauf votre respect, je n'aurait pas besoin d'aide au niveau financier, pas avec ce que je sais faire." Le semi zauberbiest lui accorda gracieusement ce point, avant de conclure, "A terme si vous décidez de rester avec moi en Autriche, nous en reparlerons."

Wu sourit.

"Ça me convient assez de travailler pour le gouvernement…"

Sa blague ne provoqua pas de vrai rires, mais la tension qui était montée dans la pièce se dissipa en partie. Aucun d'entre eux ne s'était vraiment rendu compte à quel point les liens qui les rattachaient à Portland pouvaient être ténus. Renard balaya le groupe du regard.

"Je ne vous demande pas une réponse dès maintenant; Je vais devoir entamer les discussions avec la France et cela ne se mettra pas en place immédiatement. Réfléchissez-y, et donnez moi votre réponse."

Une vague de réponses positives montaient du groupe, et le petit rassemblement ne tarda pas à se disperser, Monroe et Rosalee partant les premiers, suivi de près part Eve et Trubel.