Le dîner se passa sans accrocs, si l'on ne comptait pas la crise de nerf de l'un des jumeaux; visiblement, l'excitation de la journée avaient rendu les plus jeunes irritables. Maude mangea avec eux, et glissa un dossier à Renard à la fin du dîner. Le prince pris le temps de la remercier avant de le transmettre à son garde du corps sans même l'ouvrir. Le roi invita Renard pour un digestif, et la reine et ses soeurs partirent coucher les enfants, laissant le reste des américains désoeuvrés. Trubel prit son courage à deux mains et s'approcha d'un des domestique pour lui demander où était la télévision, dans cette baraque. Le domestique les guida poliment vers un salon, lui confia la télécommande et s'éclipsa, laissant la jeune femme se dépêtrer avec la télévision française. Rosalee et Monroe décidèrent de rattraper le serviteur pour se faire guider vers leur quartier, laissant le trio de policiers avec la grimm et Eve, qui semblait avait décider de suivre Trubel pour le moment. La jeune femme se laissa tomber dans un canapé en zappant mollement, rattrapée par le jet-lag.
"Quelqu'un parle français ici?"
Wu vint lui prendre la télécommande, trouvant rapidement le menu.
"Ils ont bien le satellite…"
Hank roula des yeux en s'asseyant à son tour.
"On a quand même pas traversé l'atlantique pour regarder Fox new…"
"Ce n'est pas ce que j'allais mettre!" protesta le philippin, outré. Nick regarda son petit monde en souriant, amusé. Il se posa dans un fauteuil beaucoup trop confortable et se retrouva à somnoler sur fond de dispute sur le programme télé. Après une heure de ce régime, même Eve s'avoua vaincue par la fatigue et secoua Trubel, qui ronflait légèrement à côté d'elle, et ils entreprirent de retrouver leur quartier. Une ou deux indications plus tard, ils arrivèrent enfin à aller se coucher.
Le lendemain, après un copieux petit déjeuner, Renard les réunit dans la même pièce que la fois précédente, mais seulement après que la potée royale ne lui ait arraché la promesse de leur participation à la sortie au parc de l'après-midi.
Ils s'installèrent autour de la vaste table en chêne, le dossier confié par la soeur du Roi posé sur la table pour ceux qui voudraient le consulter. Eve l'attrapa d'un geste vif de serpent et se plongea dans sa lecture. Meisner avait passé la nuit à lire ces rapports , écrit par le neveu du roi infiltré au sein du verrat, et n'était pas exactement optimiste.
"Je vais avoir besoin de temps."
"Temps que nous n'avons sans doute pas," enchaîna Renard, "La France a ses espions en Autriche, mais l'inverse est aussi vrai, et je- nous ne pouvons pas nous permettre de donner l'impression de rester inactifs à la cours de Louis-Philippe."
Nick se passa la langue sur les lèvres.
"Qu'est-ce que vous avez prévu alors?"
L'ancien capitaine de police prit une discrète inspiration.
"Nous rendre à la cours d'Autriche pour exprimer mon intention de faire valoir mon droit au trône."
Comme il s'y attendait, il y eu un petit silence. Ce n'était pas comme s'il ne leur avait pas dit et répété pourtant. Monroe fut le premier à briser le silence, d'un air vaguement ahuri.
"Mec, okay, mais comment vous comptez faire ça exactement?"
"Contacter Victor officiellement et dans les formes pour lui faire savoir que j'ai à lui parler, ce dont il se doute déjà, même s'il ne sait sans doute pas exactement pourquoi; je n'ai donné ma raison qu'à Louis-Philippe et maintenant sa soeur."
"Okay…"
Nick se frotta les yeux avant de poser ses mains à plat sur la table.
"Je ne suis pas sur de tout comprendre, mais je ne suis pas sur que ce soit une bonne idée de vous expliquer ici. Comme vous l'avez dit, il y a des espions des deux côtés."
Renard sourit, ressemblant tellement à son patronyme qu'on aurait pu le croire fuchsbau.
"Nous en parlerons plus tard, ne vous en faites pas."
Nick ne put se retenir de plisser les yeux avec suspicions, mais il accepta cette réponse. Wu décida d'enchaîner.
"Donc, une fois qu'on est dans la geule du loup, c'est quoi le plan?"
"Présenter devant la cours de Victor mon droit au trône, et mettre sa destitution au vote, comme j'y ai le droit. Il y aura sans doute un moment de scandale," l'ancien capitaine souriait toujours, ayant visiblement hâte de votre l'expression de son cousin lorsqu'il présentera ses exigences, "et Victor exigera que je justifie mon droit," avant que quiconque ne puisse sauter sur l'occasion, il ajouta," ce que je peux faire facilement, et ils nous sera demandé de nous retirer de la cours le temps que le processus se mette en place. Ce sera à ce moment que Victor tentera sans doute de ma tuer, donc nous reviendrons temporairement en France."
"Ce qui fera savoir aux autres familles royale que vous avez déjà commencé à forger des alliances." Remarqua Eve.
"Et jettera une toute autre lumière sur ma présence ici maintenant, oui. Nous ne sommes pas exactement en train de nous faire de nouveaux ennemis, cela dit."
Meisner eu un sourire amusé, roulant des yeux en entendant le ton presque distrait du semi-zauberbiest quand il dit cela.
"Désolé de revenir toujours sur la même chose," commença Hank, "mais nous pouvons vraiment juste arriver en Autriche comme ça?"
"Non," admit Renard, "mais j'ai d'ors et déjà demandé à Victor de me recevoir, et je sais qu'il le fera, surtout si Nick m'accompagne."
"Et pourquoi ça?"
"Parce qu'il pense que je viens me venger-"
"Et pense pouvoir se débarrasser de vous pour de bon." Compléta Nick à sa place.
"Victor s'est toujours pensé plus intelligent qu'il ne l'était." Conclu l'ancien capitaine avec un demi sourire. Nick se retint de soupirer, se sentant pris dans les filets d'une dispute qui avait du commencer en maternelle. Au moins il ne se sentirait pas coupable d'intervenir si tout cela montait à la tête du semi-zauberbiest.
"En attendant, c'est nous qui nous rendons vulnérable." Fit remarqué Eve d'un ton dépourvu d'inflexion. Renard inclina la tête dans sa direction.
"J'en suis conscient. Il s'agit de prendre l'initiative. L'ensemble des familles royale d'Europe, et sans doute d'ailleurs, a le regard fixé sur nos fait et gestes."
"Donc on fait du spectacle?" Hank ne semblait pas totalement convaincu.
"C'est l'idée oui." Renard se renfonça dans son fauteuil, "nous devons faire impression."
Il y eut un petit silence.
"Vous voulez vraiment que je viennes?" demandant Monroe d'un air pour le moins incertain. Rosalee n'arriva pas à ravaler son sourire et lui tapota le bras avec affection. Le semi-zauberbiest leva un sourcil amusé.
"Vous n'êtes pas obligé de venir. En fait, si vous ne pensez pas pouvoir supporter les ronds de jambes, je préférerait que vous vous absteniez."
Le blutbad rumina cette réponse, les sourcils froncés.
"J'viens pas." Décida Trubel, croisant les bras. "J'ferait un 'incident diplomatique'", elle jeta un rapide regard à Meisner pour s'assurer qu'elle avait choisi le bon terme, "et on se fera virer d'Autriche avant même de mettre en place votre plan."
Renard sourit.
"Dans ce cas, nous vous confions les français."
Trubel lui rendit son sourire, et Meisner sentit monter la migraine. Eve reprit la parole.
"Je pense que Nick et moi devons venir, et Meisner ne doit pas se présenter."
"Je ne comptais pas apparaître officiellement," répondit le mercenaire, "mes liens avec la résistances sont un peu trop connu en Autriche."
"C'est pour cela que je reprendrait votre rôle de garde du corps."
"Ça me va," répondit Renard d'un ton égal. Il se tourna vers le Grimm, "Nick?"
"Je viens, bien sur. Nous faisons front."Quelque chose passa sur le visage d'Eve, mais il aurait eu du mal à deviner quoi, exactement. Le grimm se tourna vers ses deux ex-collègues.
"Wu? Hank?"
"Ça pourrait être drôle," lui répondit le philippin avec un sourire de chat. Nick se demanda si c'était vraiment une bonne idée, se passant une main sur la barbe, avant qu'il n'ait pu formuler ses idées, Wu enchaîna, "comme garde du corps de Nick. J'veux dire, on peut pas tous avoir Eve."
"Il n'y en a qu'une." Répondit intéressée, d'un ton tellement plat que le reste du groupe aurait été incapable de dire si c'était une blague. Si c'en était une?
"Ce serait notre ambassade alors. Nick, Hank, Wu, Eve et moi." Même si ce n'était pas exactement une question, le ton du semi-zauberbiest était vaguement interrogateur, laissant la porte ouverte. Rosalee hocha la tête.
"Je ne pense pas que La famille royale Française apprécie de tous nous laisser partir et revenir comme ça, mais s'ils seraient poli à ce propos. Et si Trubel reste avec nous, nous ne craignons pas grand choses."
Monroe se frotta le bras.
"Qu'est-qu'on fera, en attendant?"
"Tissez des liens ici." La réponse de Renard fut rapide, et sincère. "Avec la cours, ceux qu'ils appellent "les petits gens"*."
La fuchsbau hocha pensivement la tête, se doutant de la raison pour laquelle Renard les encourageait à faire ça.
"Et si la portée royale nous apprécie…"
"Ne vous laissez pas enrôler dans du babysitting." Lui répondit le semi-zauberbiest avec un sourire amusé. Elle secoua la tête en riant.
"Ça serait un bon exercice, mais ne vous en faite pas."
Monroe fronça les sourcils, avant de comprendre le sous-entendu et de regarder sa chère et tendre avec de grands yeux. Elle lui tapota le bras.
"Ce n'est pas pour tout de suite."
"Non… ah bah non."
Le blutbad semblait tout de même tout retourné. Eve recentra le débat.
"Je suppose que nous allons devoir faire impression?"
"Vous supposez bien."
L'ancienne vétérinaire eu un sourire en coin aussi soudain que court qui fit flotter des papillons dans l'estomac de Nick.
"Qu'est ce que vous entendez par 'faire impression'? Arriver avec des feux d'artifices?"
"Quelque chose d'un peu plus sobre."
Le philippin ricana, avant de réaliser quelque chose.
"… Je vais devoir porter un costume?"
"Très probablement," répondit Renard avec une expression soigneusement lisse, "dois-je en déduire que vous n'avez pas emmené ce qu'il fallait?"
"Capitaine, j'ai jamais eu de costume. J'ai fait le bal du lycée en t-shirt."
"Étrangement, je ne suis pas surpris."
"On fait quoi alors?"
"Louis-Philippe sera sans doute assez généreux pour nous prêter un tailleur. Il ne faudrait pas arriver dans quelque chose de démodé."
Hank pinça les lèvres.
"Capitaine, sauf votre respect, on dirait que vous vous amusez beaucoup."
"Hank, je ne suis plus votre capitaine." Répondit sereinement Renard, qui ne commenta pas le reste de la remarque de l'afro-américain, "J'irai lui demander quand nous aurons fini."
Meisner profita de la pause dans la conversation.
"Je passerai par mes propres canaux pour arriver en Autriche et profiter de la confusion de votre entrée. Est-ce que je dois contacter l'espion français?"
"Si vous le croisez, vous pouvez vous identifier. Sinon, ne mettons pas tout nos oeufs dans le même panier."
Le mercenaire hocha la tête.
"Quand-est-ce que votre mère reviens en Europe?"
"Si je me souviens bien, elle m'a dit que ce serait le cas quand j'aurais fini de brûler les affaires de la femme de Frédéric."
Meisner se mordit les lèvres et baissa la tête pour se retenir d'éclater de rire devant l'expression parfaitement impassible de Renard lorsqu'il lui répondit. Le groupe décida que c'était un bon moment pour terminer cette réunion et se dispersèrent dans le château, l'ancien capitaine partant demander audience auprès du roi pour leur problèmes vestimentaire.
