Après le déjeuner, ils se retrouvèrent entouré par la portée Royale, Renard et Meisner faisait cette fois partie du voyage. Les enfants se montèrent un peu mieux élevés et n'attrapèrent personne par la main pour les tirer derrière eux, et deux serviteurs armés de sacoches, en plus des gardes du corps des enfants, participaient à la sortie. Il traversèrent la rue pour se rendre dans le parc du vieux Versailles, passant sous les arbres pour s'installer dans un coin plus tranquille. Les sacoches furent ouvertes et les jouets passèrent de main en main, pour être promptement laissé tomber lorsque Lucille, qui semblait être la chef de meute, poussa vigoureusement Renard en criant:

"Chat! C'est toi qui y est!"

Avant de s'enfuir aussi vite que lui permettait ses petites jambes. Il y eu un léger moment de flottement de la part du semi-zauberbiest, pour le moins surpris par ce développement, que les enfants mirent à profit pour s'éparpiller en poussant des cris excités. L'ancien capitaine esquissa un sourire amusé et se lança dans un petit jogging derrière eux, avant de se rendre compte qu'il allait devoir s'y mettre un peu plus sérieusement; les petits monstres étaient rapides. Il finit par mettre la main sur Alphonse, qui protesta vigoureusement avant d'être reposé au sol. Renard ne le laissa pas avoir par le petit monstre essayant de lui redonner le rôle du chat et le gamin parti comme une flèche derrière ses frères et soeurs tandis que le semi-zauberbiest rejoignait ses co-conspirateurs. Wu souriait largement, mais retint in-extremis son commentaire. Nick, quand à lui, était concentré sur l'objectif.

"Donc, votre droit au trône?"

"Comme je vous l'avait expliqué, reconnaître un bâtard n'est pas exactement du jamais vu."

"Mais Frédéric…"

"Se serait plutôt coupé le bras plutôt que de me reconnaître. Ce n'était pas moi qui l'intéressait, c'était Diana."

"Pourquoi? Elle est tout aussi wesen que vous. Si ce n'est pas plus."

"Les Kronenberg ont un problème de fertilité. Victor est stérile, mais il n'est pas le premier."

"… Il voulait Diana pour renouveler sa lignée?"

"Exact." le visage du semi zauberbiest était froid tandis qu'il exposait ce fait. Il enchaîna, "Les documents de reconnaissance sont authentique, avec quelques détails modifié, bien entendu."

Wu fronça les sourcils.

"Mais il faut pas genre un sceau ou je ne sait quoi?"

Le semi zauberbiest lui sourit et releva la main, attrapant les rayon du soleil d'après-midi sur la chevalière que les anciens policiers avait toujours vu à son doigt. Wu inspira entre ses dents.

"Vous l'aviez pendant tout ce temps? Mais votre père…?"

"Une imitation, faite après que l'original ait disparu."

"Alors c'était bien vous," remarqua Meisner d'un ton désinvolte, "Éric a porté le chapeau pendant très longtemps."

Renard eu un sourire carnassier.

"C'était le but."

Rosalee et Monroe échangèrent un regard avant de reporter fermement leur attention sur la portée royale.

"Vous étiez un sale gosse alors?" Demanda Hank avec un sourire amusé. A sa surprise, le sourire de son ancien capitaine disparu et il paru presque gêné.

"Pas vraiment. C'est une longue histoire."

Sentant un moment embarrassant, Wu commença à ouvrir la bouche, mais un regard de Renard lui cloua le bec. Le philippin grommela mais se tint coi.

Ils n'eurent pas le temps d'épiloguer; la portée royale leur tomba dessus en poussant des cris, et ils se retrouvèrent entraîné dans une jeu de 1,2,3 soleil, hormis Eve, qui alla stoiquement attendre à côté de Meisner et des autres garde du corps d'un air vaguement amusé. Quand ils réussirent à suffisamment épuiser les enfants pour rentrer, le soleil était presque couché. Au dîner, Louis-Philippe glissa à Renard qu'il avait pris la liberté de leur arranger un rendez-vous avec son tailleur; après tout, il voulait parler à Victor au plus tôt.

Renard emmena ses anciens flics avec lui chez le tailleur; Eve lui avait indiqué qu'elle avait ce qu'il fallait, et il avait choisi de la croire. Il s'occupa de re-contacter Victor, et reçue une invitation officielle à sa court une semaine plus tard, ce qui aurait été un problème si Louis-Philippe n'avait pas glissé un mot à son excellent tailleur. Le roi confirma nonchalamment à l'ancien capitaine que ce genre de tactiques étaient typique du roi d'Autriche, peu avant leur départ pour la réception que donnait Victor pour recevoir son cousin; comme Renard s'y attendait, le roi avait décidé d'en faire une grande affaire, et "voulait le féliciter de son travail avec le conseil wesen". Meisner avait bien rit en entendant ça. Ils prirent l'avion le matin du jour prévu, laissant la famille royale française sous la garde de Trubel, Monroe et Rosalee. Avec un peu de chance cette dernière limiterait les dégâts. Nick était nerveux; cette histoire sentait le piège. Il fit part de son sentiment à Renard, qui haussa les épaules.

"C'est très probablement un piège, mais comme je l'ai dit, c'est un acte politique."

"Je déteste la politique."

"Ça on le savait," dis joyeusement Wu, s'incrustant dans la conversation, "donc on a un plan pour s'en sortir?"

"Cette réception est extrêmement publique; faites un scandale si l'on essaye de vous traîner quelque part."

Hank fronça les sourcils.

"Cap- votre majesté," l'afro-américain fit la moue, peu habité à ce nouveau titre qu'il devait employer, "ça ne me parait pas très solide quand même."

"Ça ne l'est pas, mais je doute qu'il y est moyen de faire mieux."

"Super…" Conclut le grimm, de moins en moins motivé. Il atterrirent sans incident à l'aéroport de Vienne-Schwecha et furent accueilli un quatuor d'agents du Verrat; l'un d'entre avait un visage irrésistiblement familier.

"Monsieur Renard, nous sommes prêt à vous accompagner au château…"

"Non," contra tranquillement le semi-zauberbiest, qui toisa celui qui venait de parler, "nous avons réservé des chambres d'hôtel, je suis certain que Victor comprendra. Vous êtes libre de nous y accompagner."

Hank et Wu se chargèrent de leur quelques bagages; ils n'avaient pas prévu de passer la nuit à Vienne et n'avaient guère emmené que de quoi se changer pour la réception. Nick était mal à l'aise de devoir laisser ainsi ses affaires à ses amis, mais il savait que cela faisait partie de la mascarade du protocole. Renard prit la tête et les guida vers la sortie de l'aéroport, hélant un taxi pendant que les agents du Verrat se précipitaient derrière eux. Une voiture s'arrêta devant le semi-zauberbiest et en quelques minutes ils partaient à l'hôtel, le verrat sur leur talons. Une fois arrivé sur place, ils prirent possession du salon attenant à la suite de Renard, et celui-ci ferma sa porte au nez du verrat avec une jubilation qu'il ne prit pas la peine de dissimuler.

"Premier piège évité?" demanda Wu d'un air vaguement dubitatif.

"Sans doute," Fut la réponse de Renard, qui roula des épaules en retenant un soupir, "nous avons quelques heures avant de devoir repartir pour le château."

"Il serait plus sage de manger ici." Fit remarquer Eve, qui n'avait pas encore ouvert la bouche du voyage. Les hommes durent en convenir, et se résoudre à utiliser le room service, une grande souffrance, surtout pour Wu qui fit un vaillant efforts pour essayer le plus de plats possible. Renard toucha à peine à sa propre assiette, occupé par les derniers préparatifs; tout garder pour la dernière minute lui avait permit d'être certain que Victor ne pouvait pas y fourrer son nez. L'heure du départ approchant, il envoya tout le monde se changer. Nick arriva le dernier, n'ayant pas voulu appeler à l'aide pour s'occuper de son noeud de cravate. Il pensait avoir été audacieux en choisissant de porter un vert très sombre plutôt que du noir, mais il n'aurait pas du sous-estimer ses amis… Et le capitaine. Le costume de Hank était coupé dans un tissu chatoyant très sombre, rappelant une nappe de pétrole; à chaque mouvement il semblait d'une nuance différente. Wu, plus simplement, portait une chemise écarlate sous son costume noir à la coupe ample, et lui sourit de toute ses dents. Nick secoua la tête sans pouvoir s'empêcher de sourire à son tour. Renard, quand à lui, portait un costume crème à la coupe italienne, avec une chemise et une cravate d'un bleu presque noir, créant un contraste saisissant. Le grimm déglutit bruyamment en voyant Eve. Elle était en cuir noir de la tête aux pieds, les cheveux tirés en arrière. Des mots tel que "féline" "élégante" "dangereuse" et surtout "sexy" lui virent à l'esprit, et il se détourna précipitamment avant que le rouge ne lui monte au visage. Ce qui lui fit manquer le sourire en coin de l'hexenbiest. L'ancien capitaine observa ses trois anciens flic d'un oeil critique, ne pouvait retenir un sourire amusé.

"Vous êtes bariolé tout les trois."

"Vous avez dit qu'on devait faire impression," lui répondit Wu d'un air hautain, "on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a." Hank ne pu s'empêcher de ricaner. Le semi-zauberbiest ne se laissa pas démonter.

"J'apprécie beaucoup vos efforts. Tout le monde est prêt?"

Ils hochèrent la tête, et l'ancien capitaine alla ouvrir la porte, trouvant derrière des membres du verrat à la patience bien entamée.

"Notre limousine sera là dans quelques minutes. Nous apprécions votre travail d'escorte, messieurs."

Le chef de bande ravala ce qu'il allait dire et se contenta d'un sec hochement de tête. Le petit groupe, dûment encadré par les hunjeagers, descendirent dans l'atrium et montèrent dans la limousine que Renard avait louée à la dernière minute, et ils rejoignirent la réception donné par Victor avec un retard protocolaire d'une quinzaine de minutes; quand à faire sensation, autant y aller jusqu'au bout. La limousine passa l'impressionnant portail et se gara majestueusement au bas des marches de l'entrée. Renard jeta un regard à Nick et au autres;

"Prêt?"

Wu déglutit difficilement, mais Nick hocha la tête avant que quiconque n'ait le temps de se raviser. Le chauffeur de la voiture ouvrit la porte et Eve se glissa dehors, ouvrant la voie pour Renard. Nick pu les voir ainsi cote à cote quelques secondes; ils avaient tout les deux l'air dangereux, chacun à sa manière; le contraste entre le costume crème et le cuir noir lui semblait menaçant dans ce décor opulent. Il descendit à son tour, fermant la marche, se forçant à se tenir droit Wu et Hank l'encadrèrent, un pas en arrière. Renard lui fit un imperceptible hochement de tête et ils montèrent les marches avant d'entrer dans le vaste hall du château. Un homme en livrée se précipita devant eux, avant de s'arrêter tout aussi vite en reconnaissant l'ancien capitaine.

"Suivez moi je vous prie."