"Contentez vous de nous annoncer Albert."
"Je- Oui monsieur. Comment voulez vous…?"
Renard sourit et le lui dit. L'homme s'enfuit avec dignité vers une porte sur la droite, qu'il ouvrit d'un geste large; les larges panneaux de bois massif ne permettait rien de moins. Le groupe d'américains purent entendre le bruit des conversations mourir peu à peu, et le serviteur prendre une profonde inspiration avant d'annoncer d'une voix sonore:
"Le Prince Sean Renard de la maison Kronerberg et monsieur Nicholas Buckhardt, Grimm de Portland"
Il fit un respectueux pas de côté et le semi-zauberbiest et son grimm entrèrent de front dans un silence assourdissant. L'ancien capitaine parcouru la foule des yeux, prenant note des visages qu'il reconnaissait. Nick, quand à lui, se concentrait pour ne pas se recroqueviller.
"Mon cousin!"
La vois chaleureuse de Victor résonna au dessus de la foule encore sonnée, brisant le moment. Les conversation reprirent dans un chuchotement pressé alors que le roi d'Autriche se rapprochait de Renard d'un pas raide, un sourire agrafé au visage. Il lui tendit la main qui n'était pas occupée par une coupe de champagne, accordant un peine un regard à Nick.
"Je suis… surpris que tu ait choisi cette annoncement."
"J'ai pensé que tu préférais l'apprendre en personne." Fut la réponse de l'auto-proclamé prince, un sourire de requin sur le visage. "Je suis certain que tu te demande d'où cela vient."
"Et bien pour tout dire oui!" ils avancèrent de quelques pas dans la pièce, le roi gardant une certaine distance entre lui et son cousin; ou bien peut-être se méfiait-il de la garde du corps silencieuse de celui-ci. "Après la perte tragique de feu sa Majesté Frédéric, nous avons étudié les droits de succession et bien…" Victor esquissa un geste de la main, comme pour montrer le résultat.
"Mon père n'était pas certain de sa sécurité de son retour depuis l'Amérique, aussi il m'a confié mes propres documents de légitimités."
"Vraiment? Je n'en savait rien… Sean," commença le roi d'un ton raisonnable, "tu ne peux pas me demander de croire-"
"Je ne te demande rien, Victor," le coupa L'ancien Capitaine d'un ton tout aussi artificiellement plaisant que celui utilisé par le roi d'Autriche, "je l'affirme. Mon père," il appuya sur ce dernier mot, "m'a aussi confié ceci."
Il montra délibérément sa chevalière, à laquelle Victor accorda un regard dédaigneux.
"Le sceau royal n'a jamais quitté l'Autriche."
"Son imitation, je n'en doute pas."
"Pardon?"
Le Roi se hérissa, le ton de sa voix jetant un nouveau froid dans la pièce. Renard n'avait pas perdu son sourire aussi plaisant que froid.
"Il y a toujours eu deux sceaux, depuis qu'Eric a tenté de le voler quand nous étions enfants. Tu te souvient de cette incident, je présume?"
"Il n'y…"La prise de Victor sur sa flûte de champagne se serra assez pour faire blanchir ses jointures. Il se força à sourire, "Dans ce cas tu ne verras pas de mal à le faire authentifier."
"Ça ne devrait pas être difficile."
Nick dû se retenir de tiquer; quelque chose dans la voix de Victor lui semblaient étrange. Le roi d'Autriche fit un geste discret vers l'un des serviteurs posté près d'une porte, au fond de la pièce. Nick rajusta sa position; Renard lui jeta un regard d'avertissement. La tension s'était répandue dans la pièce, qui semblait chargée d'électricité.
"Tu comprendra que je ne veuille pas te la laisser cependant."
"Tout à fait cousin, mais ça ne sera pas nécessaire. En attendant, si tu me remettait les documents?"
Le semi-zauberbiest fit signe à Eve, qui sembla sortir une mince pochette de nul part avant de lui tendre sans un mot. Renard la prit avec un sourire de remerciement et la tendit à Victor, qui l'ouvrit rapidement pour parcourir son contenu. Il pinçait les lèvres assez fort pour qu'elle soit aussi blanche que ses jointures.
"Je n'apprécie guère de ne pas avoir été prévenu, Sean."
"J'en suis terriblement désolé". Lui répondit l'ancien capitaine d'un ton léger. Nick avait l'intime conviction que le semi-zauberbiest s'amusait beaucoup.
"Un homme moindre pourrait croire que tout cela a pour unique but de me mettre dans l'embarras" insista le roi d'Autriche, les yeux toujours fixé sur les papiers.
"Mais tu est un homme d'exception, mon cousin." La voix de Renard était si onctueuse qu'elle en était ronronnante. Nick trouvait ça absolument terrifiant.
"Tout à fait." Fut la réponse agacée de Victor, qui fourra le dossier dans le bras du courageux serveur qui s'était rapproché d'eux. Un autre serviteur fendit la foule vers le petit groupe et s'arrêta à distance respectueuse, attendant le feu vert de son roi avec fébrilité. Le roi lui fit un signe de tête rapide et le serviteur se glissa à son côté.
"Nous l'avons trouvé monsieur."
"Et?"
Le serviteur déglutit et lui présenta une fiole de verre ambré, fermée par un compte-gouttes. Victor pinça à nouveau les lèvres avant de se tourner vers son cousin.
"Présente donc ta main."
"Tu ne verras d'inconvénients à faire de même?"
Victor plissa le yeux, sentant le piège; mais il était trop tard pour reculer. Les deux hommes présentèrent leur chevalières au serviteur; pour Nick, les deux bagues étaient identiques; celle du capitaine peut-être un peu plus usée, mais elle avait sans doute vécu plus de choses que celle qui était au doigt de Victor. Le serviteur déposa délicatement une goutte du liquide clair et visqueux qui se trouvait dans la fiole qu'il avait apporté. Le liquide tomba lourdement au fond de la profonde gravure du chaton de chaque bague, et le roi d'Autriche fronça les sourcils; avant de hurler de douleur. Le métal de sa bague avait cédé sous le liquide, qui lui dévorait la peau. Renard s'écarta souplement d'un pas pour éviter d'être touché par les gestes désordonnés de Victor; Hank toucha l'épaule de Nick, lui désignant du menton les membres de la foule qui convergeaient vers eu avec une expression peu amène. Nick recula vers la porte, entraînant Wu et son ancien partenaire avec lui. Il siffla entre ses dents.
"Capitaine…"
Eve toucha le coude du semi zauberbiest et il cessa de fixer son cousin pour se rendre compte que le Verrat approchait. Il recula à son tour et ils franchirent la double porte, dont les battants claquèrent derrière eux en s'arrachant au main du serviteur interloqué. Nick n'eut pas besoin de vérifier le visage de la jeune femme pour savoir que c'était le travail d'Eve; La porte d'entrée s'ouvrit comme sous l'effet d'une poussée invisible. Leur limousine était garée un peu plus loin, le conducteur assis derrière le volant avec un livre. Ils rejoignirent le véhicule et Hank toqua à la vitre. Le conducteur sursauta et déverrouilla les portières.
"Nous partons."
