Le message suivant du mercenaire fut bref: il resterait où il était pour tenter de trouver plus d'information sur ce fameux tertre, ne serait-ce que parce que Victor semblait inquiet à ce propos, et s'il avait une ouverture pour éliminer le roi d'Autriche, il ne se priverait pas, mais la présence massive du Verrat risquait de l'obliger à se replier et à quitter le pays avant qu'il n'ai pu mener sa mission à bien. Les recherches menées par Rosalee n'avait pas été très fructueuses; bien que les premières populations d'Autriche aient été Celtes, et auraient pu construire des tombes comme celle qui les intéressaient, ils se heurtaient à l'oubli que seul une histoires plus ancienne que la chrétienté pouvait créer. Si l'Amérique était grande, l'Europe s'avérait terriblement vieille. Aucun d'entre eux ne voulaient baisser les bras, mais la frustration était palpable. Tous étaient aussi conscient du fait que la couronne française n'aillait pas les héberger éternellement; le retour probable de Meisner, preuve de son échec et donc de celui de Renard, signerait sans doute la fin de l'hospitalité de Louis-Philippe. Nick s'inquiétait aussi de ce qui pouvait se trouver sous le tertre; il se souvenait très bien que la chose qui les avait poursuivi, sa mère et lui, quand ils étaient allé récupérer le trésor des grimms dans la forêt noire. Un soir, après le dîner, il rattrapa le semi-zauberbiest avant qu'il ne puisse partir de son côté.
"Cap- Sean?" Le grimm grimaça intérieurement, se refusant à donner à Renard du 'votre altesse" mais tout de même gêné par la familiarité d'utiliser son prénom. Cela avait eu le mérite d'arrêter net l'intéressé.
"Oui Nick?"
"Je peux vous parler une minute?"
"Bien sur…"
Nick se rendit sans réfléchir dans la pièce désormais familière où trônait la table en chêne et toute ses chaises. Il les dédaigna, préférant marcher de long en large.
"C'est à propos du tertre."
"Vous avez trouvé…?"
"Non, c'est ces épreuves…," le grimm se passa la main sur la nuque, cherchant ses mots, "quand ma mère et moi sommes allé chercher le… enfin vous savez, c'était dans une espèce de catacombes, et il avait un genre de… je sais… gardien?"
Le semi-zauberbiest inclina la tête sur le côté en plissant les yeux, visiblement perplexe.
"Je ne vous suit pas…"
Nick se frotta le visage et arrêta de déambuler nerveusement.
"Je me demande ce que sont ces fameuses épreuves. Ce truc… Je ne l'ai pas vu, mais je l'ai senti…"
Renard parut considérer le problème un petit moment.
"Qu'est ce que vous avez sentit?"
"Euh, c'était comme… Quelque chose de vraiment énorme. Une espèce de chien? Ça aboyait en tout cas, et ça avait une haleine de charogne," le grimm fit la grimace, se souvenant du souffle fétide qui avait balayé ses chevilles alors que sa mère le tirait vers la surface, "sans ma mère j'aurais sans doute perdu un pieds, si je n'aurait pas été tout simplement dévoré."
"Je ne pense pas que cela soit ce qui m'attend," commença le semi-zauberbiest d'une voix lente, "si ce qu'il y a sous le tertre tuait systématiquement tout ceux qui s'aventuraient en dessous, ce ne serait pas un très bon moyen de choisir un roi."
"Je sais," le grimm croisa les bras, encore mal à l'aise, "mais quand même. Vous n'êtes pas exactement un candidat habituel."
"Si cette épreuve était conçue pour des kehrseite, c'est plus un avantage pour moi qu'un inconvénient." Lui répliqua Renard avec un mince sourire.
"Et si c'est conçu pour n'accepter que des kehrseites?" rétorqua l'ancien policier sans changer d'expression. Son ancien capitaine paru désarçonné avant de se reprendre comme si de rien n'était.
"Ça m'étonnerait beaucoup, vu l'âge qu'est sensé avoir ce tertre."
"Mais vous ne pouvez pas en être sur."
Renard inclina la tête sur le coté.
"Nous ne pouvons être sur de rien avant d'avoir trouvé le tertre."
Le grimm soupira lourdement.
"C'est tellement… compliqué."
A la surprise du grimm, le semi-zauberbiest éclata de rire.
"On vois que c'était moi qui m'occupait de l'administration du commissariat. Chaque chose en sont temps Nick."
Le grimm sentit qu'il rougissait et piqua du nez.
"Bon. Vous avez l'air d'avoir les choses en mains…" Il se détourna vers la porte, mais Renard lui attrapa le bras pour l'arrêter avant qu'il n'ait pu l'ouvrir.
"Ce n'est pas le cas, mais nous ne pouvons pas nous permettre de perdre le sommeil à propos de quelque chose qui est encore hors de notre contrôle. Vous comprenez ça?"
L'ancien capitaine fixait Nick droit dans les yeux, mortellement sérieux. Le grimm se mordit la lèvre et hocha la tête avant de s'esquiver, perturbé. Il faillit percuter Eve, qui se tenait de l'autre côté de la porte, les bras croisé.
"Attention où tu va Buckhardt."
"Désolé je-" l'ancien policier s'interrompit, oubliant temporairement ce qu'il allait dire devant l'expression de l'ancienne vétérinaire. Est-ce qu'elle était en train de sourire? De lui sourire?
"Rosalee t'attend."
Nick cligna des yeux et se remit en marche, encore tout retourné. Quand il arriva dans le salon que leur groupe squattait, Trubel l'informa que Rosalee était entre temps partie en balade avec Monroe, mais qu'il était bienvenue dans la partie de cache-cache qui n'allait pas tarder entre elle et la portée royale. Nick pesa le pour et le contre, et décida que décompresser un peu ne lui ferait pas de mal. Bien entendu, ce fut ce soir là que Meisner surgit au nouveau Versaille, avec l'air d'avoir vécu dans une oubliette et portant une pochette plastique opaque qu'il refusa catégoriquement de lâcher malgré les demandes de plus en plus pressante des serviteurs du palais. Sentant venir un problème, Trubel fila comme un flèche pour prévenir Renard et Maude de Bourbons, les deux arrivant presque simultanément sur le lieu des festivités. Maude toisa le carphanaeum d'un air dangereux.
"Un problème?"
"Votre majesté! Cet homme.."
"Fait partie de nos invités, malheureusement. Meisner, c'est bien cela?"
"Oui votre majesté."
"Peut-on savoir ce que vous avez là?"
Votre majesté, avec tout le respect qui vous ait dû, j'ai prêté allégeance au Prince Sean Renard et non pas à la couronne de France."
Le regard du mercenaire se détourna vers Renard, qui était resté silencieux.
"Est-ce que ces documents impliquent la couronne française d'une quelconque manière?"
"Non."
"Dans ce cas, votre altesse," commença le semi-zauberbeist en se tourna vers la princesse de bourbons, "je me porte garant de ce fait, et vous demande de retirer vos hommes."
Maude fixa Renard un long moment, avant de se tourner à nouveau vers Meisner.
"Mon fils?"
"En bosse santé et le moral haut, la dernière fois que je l'ai vu. Il semble naviguer le Verrat avec facilité, votre majesté."
La soeur du roi soupira doucement.
"Vous pouvez disposez."
Renard fit signe au mercenaire de le suivre et les deux hommes s'éloignèrent vers leur salle de réunion informelle, l'ancien capitaine prenant le temps de demander à la jeune grimm de rassembler tout le monde.
